Chères lectrices, chers lecteurs du site, ces quelques mots pour solliciter votre … patience.
En effet, dès lundi prochain, je vais mettre le site en pause quelques semaines, le temps pour mon médecin de réparer de petites usures et pour mon kiné de remettre la machine en route.
Malheureusement, comme il s’agit du côté droit, je ne pourrai plus écrire mes petites analyses subjectives, et celles qui sont en préparations devront attendre elles aussi des jours plus en forme.
Rassurez-vous, j’ai encore en magasin quelques chouettes trouvailles à partager avec vous mais … patience.
Eh oui, quand on tente de nouvelles aventures, souvent il convient d’essayer plusieurs formules …
Dans le même style de démarches, si je peux me permettre, je vous signale le site de « Lafillerenne », qui explore aussi les possibilités de ces vieux appareils. Un site à visiter : http://lafillerenne.fr/blog/562/
Quelques mots pour vous présenter d’autres appareils anciens que j’ai testés et revendus car ils ne me convenaient pas, ou moins qu’espéré, ou parce que je n’avais plus de place…
Ah, vous ne verrez pas toujours les images de ces appareils, je les ai vendus avant d’avoir fait les photos, ou je les ai malheureusement effacées. Mais quelques recherches sur la grand toile vous permettrons de vous faire une idée.
Un Minolta Hi-Matic 7S : excellent appareil, avec lui aussi un objectif de légende ouvrant à f1:1.8. Facile d’utilisation, très beau esthétiquement en livrée argentée, il est déconcertant à l’usage à cause d’un déclencheur avec une course longue comme un jour sans pain et qui émet de drôles de bruits dont on ignore la provenance.
Un Yashica Electro 35 GT, un GS en livrée noire. Je vous ai déjà parlé de lui dans une autre page. Si je l’ai revendu, c’est parce que je voulais trouver le GTN et – mon petit graal à moi – le GX. En tout cas, esthétiquement très beau en noir, c’est aussi un fabuleux appareil, avec un objectif ouvrant à f1:1.7, très doux à l’usage et discret. Idéal en Street Photography.
Un Yashica Electro 35 GTN, l’équivalent du GSN mais en version « pro », c.-à-d., selon les critères de l’époque, en livrée noire. Au fait, la différence entre les GS/GT, GSN/GTN, c’est la synchro flash qui n’existait pas sur les GS et GT. Sinon, mêmes remarques que ci-dessus : un très chouette appareil, que j’ai cédé à mon frère lorsque j’ai – enfin – trouvé mon GX.
Petite remarque : tant pour le Minolta que pour les Yashica, le problème des piles, autrefois au mercure, peut être résolu avec un peu d’astuces (que vous trouverez facilement sur la Toile) et des SR ou LR 44, parfois ajoutées (Yashica) à une CR123, piles que l’on trouve facilement dans le commerce. Les Yashica sont moins sujet à des soucis de différence de voltage (6v contre 5,6 v à l’origine) et cela n’altère pas la justesse des cellules.
Des Minox 35 EL, GL et GT, tout petits, qui se glissent dans une poche de chemise sans faire de plis. De petites merveilles de concision et d’usinage allemands. Mais – pour moi – un gros défaut : sans mes lunettes de vue (ben oui, je vieilli) impossible de faire la mise au point ni de régler les vitesses. Dommage. J’aurais bien aimé les garder, mais je ne suis pas collectionneur, ma vue n’allait pas s’améliorer et ils ont fait le bonheur de trois autres personnes.
Là aussi, au niveau piles, un petit bricolage pour empiler 4 LR44, et le tour était joué pour leur rendre vie. La cellule étant toutefois plus sensible à la différence de voltage, il faut compenser en sous exposant un peu.
Un Canon Eos 1N RS, parce qu’il m’avait fait rêver en son temps, et que je n’ai jamais eu les moyens de me le payer alors. C’est un Eos, donc je pouvais y monter les optiques de mon Canon 5D. Et au niveau ergonomie, c’est quand même le précurseur donc pas trop de changements au niveau manipulations. Mais, finalement aussi lourd et encombrant que le 5D. Mes vertèbres étant ce qu’elles sont, il a fait le bonheur d’un autre étudiant en photographie.
Petite remarque en passant. Au moment où j’ai acheté mes premiers appareils (début 2018), la plupart se négociaient sur un site de seconde main entre 30 et 50€, pour les plus performants. Aujourd’hui, les prix s’envolent. Un Minolta X700 se vend aux alentours des 90€ et un Canon A-1 atteint les 100€. J’en ai même vu s’envoler au delà des 200€. Et je dis stop ! Tous ces appareils ont vécu, et même bien vécu pour certains qualifiés de pro ou semi pro. Pour tous il faut revoir les mousses d’étanchéité, bricoler pour la plupart des astuces pour remplacer les piles d’origine par des équivalentes modernes, nettoyer les télémètres, vérifier les cellules, etc. Et il n’y a plus de service après-vente ni pièces à trouver (sauf à cannibaliser des modèles hors service). Si c’est pour le plaisir de « photographier à l’ancienne », gardons un prix raisonnable pour apprécier leur découverte et leur usage raisonnable. Bon, je termine mon « coup de gueule » contre la spéculation.
Un Ricoh 500 G bi-color , puis son aîné, le 500 GX, en livrée noire, magnifique. J’avais refait toutes les mousses (le point noir des Ricoh – comme des Canons d’ailleurs), trouvé le truc pour remettre des piles modernes. De magnifiques objets et bons appareils. Mais, pour moi, l’objectif ouvrant à f1:2.8 était un peu juste niveau luminosité, et la vitesse était limitée au 1/500ème de seconde. J’ai fait deux heureux en les leur cédant.
Un Voïtlander Vitoret. Sans cellule, très simple d’utilisation – pour autant que vous ayez acheté aussi une cellule à main. Une esthétique passée sans trop de charme. En fait, je l’ai acquis un peu par hasard, il était dans un lot acheté pour obtenir le Canon 17 QL GIII. Je me n’en suis jamais servi, bien que tout fonctionne correctement, il ne m’inspire pas. Pourtant, il possède sans doute la fenêtre de viseur la plus grande de tous mes appareils, très claire.
Un Canon A35 F, un petit télémétrique compact (bien plus petit que les Yashica), avec un flash intégré. Un 40 mm ouvrant à f1:2.8 mais des vitesses limitées à 1/320ème de seconde. Lui non plus, provenant du même lot, ne m’inspirait pas, bien que tout fonctionnât parfaitement. Seules les mousses étaient à refaire (classique). Je l’ai cédé à une demoiselle qui allait l’embarquer au loin.
Canon A35F
Encore un russe, pour compléter cette petite revue : un Zorki 6. Je l’ai acheté sur un site bien connu et il est venu d’Ukraine par la poste. Livré avec sa gaine en cuir (comme déjà dit quelque part, les cuirs « russes » sont assez particuliers : épais, avec une odeur un peu étrange, pas désagréable), il était propre et j’ai tout de suite eu envie de l’essayer. Bizarre, lorsque j’arme l’appareil, aucun bruit, un mouvement « onctueux » en tournant la grosse molette qui fait avancer le film, et un « flop » discret lorsque l’on déclenche. Il est équipé d’un Hélios 103 qui va bien avec l’appareil (c’est l’objectif d’origine). Gros avantage du Zorki 6, le dos s’ouvre normalement avec une charnière et la bobine réceptrice est fixe (vous ne risquez pas de la perdre). Enfin, si vous voulez vous laisser tenter (et je vous y encourage), essayez d’en trouver un des années ’64 à ’66, ce sont parait-il ceux qui ont été le mieux assemblé. Bon, pour ceux qui ont les cervicales fragiles, pensez à prendre une sangle confortable, le Zorki 6 fait son poids, mais il est très équilibré et agréable à prendre en mains. Et en rue, interpellation assurée : c’est quoi comme appareil ?… Ah, c’est Russe ! Mais il est beau, … jamais vu, il en jette….
Ah, celui-ci trainait dans une vitrine poussiéreuse (j’ai fait les photos sans le nettoyer, pour vous donner une idée) de Jemeppe- sur-Sambre (La Belle Brocante) mais heureusement à l’abri de l’humidité.
Ce qui m’a frappé, c’est le côté tank russe de l’engin : tout en métal et taillé à la faucille !
Et aussi, je l’avoue, parce que je n’avais jamais vu un tel modèle de Praktica, et pourtant, il y en a quelques uns sur le site.
Tout à coup, le sac à dos m’a paru plus lourd, d’autant que celui-ci rejoignait une chambre Cambo (j’en parlerai un jour), certes incomplète, mais bien là,
Je sens que je vais faire quelques recherches sur ce costaud …
Un peu d’histoire
Cette fois, je vais essayer de retracer l’histoire de la photographie allemande à travers celle de cet appareil en particulier. Ce sera un résumé qui servira pour tous les Praktica, Zeiss Ikon, Balda, Welta, Contax, etc. qui apparaitront sur le site ultérieurement.
Alors, allons-y car nous commençons en 1756, en Autriche, avec Johann Christoph Voigtländer qui fonde la première société d’optique allemande.
En 1850, il est le plus grand fabricant d’appareils photo et accessoires de son pays.
Comme vous le savez, ces années sont propices aux développements de ce qui touche à la photographie, toute neuve : Joseph Nicéphore Niépce, première photographie en 1824 ; Louis Jacques Mandé Daguerre, daguerréotype en 1839 ; William Fox Talbot, premier négatif en 1840 ; Richard Leach Maddox avec le Gélatinobromure d’argent en 1871 ; Charles Cros et Louis Duco du Huron pour la première photographie couleur en 1871 ; Georges Eastman et John Carbutt pour l’invention et la commercialisation du film souple en 1888.
Mais revenons en Allemagne, pour une autre énumération, certes un peu longue (pour moi aussi), mais fondamentale pour ce qui va suivre :
1862, Richar Hüttig fonde sa société à Berlin,
1886, Paul Rudolph construit Abbe à Jena, une entreprise spécialisée dans l’optique
1886, fondation de l’Optik Anstalt C.P. Goerz à Berlin
1888 , le Dr. R. Krügener à Frankfurt am Main fonde aussi sa société
1889, Emil Wünsche ouvre sa boutique d’appareils photo et accessoires à Dresde
1889, fondation de Ernemann & Matthias à Dresde
1897, fondation de la Emil Wünsche AG, toujours à Dresde, la fabrique d’appareils photo
1898, Richar Hüttig fonde la Fabrik phtografischer Apparate R Hüttig & Sohn à Dresde
1898, changement de nom pour Heinrich Ernemann AG à Dresde
1899, fondation de Ernst Herbst & Firl Görlitz
1900, Abbe devient Palmos AG toujours à Jena
1902, elle change de nom pour devenir Carl Zeiss Jena Palmos AG, à Jena
1902, création de Süddeutsch. Camerawerk Körner & Mayer GmbH à Sontheim
1903, fondation de l’Optische Anstalt C.P. Goerz AG à Berlin
1908, création de Drexler et Nagels à Stuttgart
1909, le Dr Krügener, Emil Wünsche et Palmos fondent ICA AG à Dresde
1909, création de Nettel-Camera- Werk GmbH à Sontheim
1917, création de Contessa Werke August Nael à Stuttgart
1919, fondation de Contessa-Nettel Werk A. Nagel à Stuttgart
1920, changement de nom en Contessa-Nettel AG toujours à Stuttgart
1926, création de Zeiss Ikon AG, à Dresde, qui absorbe ICA, Erneman, Görlitz
1927, absorption de Goerz et Contessa-Nagel par Zeiss Ikon
1928, absorption de Nettel par Zeiss Ikon
Premier constat, un concentration très forte de ces industries à Dresde. Or, pendant la nuit du 14 et 15 février 1945, la ville va disparaître sous un déluge de feu : l’aviation américaine et anglaise embrasent toute la région et détruisent quasi toutes les entreprises, photographiques aussi.
Au terme de la Seconde Guerre Mondiale, Dresde se retrouve dans la zone sous contrôle Soviétique. Les usines encore debout en partie sont vidées de leur contenu et transférées à Jena, d’autres sont reconstruites sur place. Vous connaissez l’histoire de Contax, de Fed et les tribulations de la marque Zeiss Ikon qui deviendra Carl Zeiss Jena à l’Est.
Ces entreprises deviennent des VEB ou entreprises du peuple, c’est-à-dire qu’elles sont nationalisées par l’URSS, qui va imposer ses plans de développements.
Je reprends ma petite liste pour mieux saisir la suite :
1946, le VEB Welta – Kamerawerk
1951, le VEB Belca-Werk (l’ancien Balda Werk de Dresde)
1952, le VEB Altissa-Kamera-Werk de Dresde
1953, le VEB Kamerawerk Niedersedlitz de Dresde
1956, le VEB Aspecta (les anciens Müller & Wetzig et Filmosto Projektion, de Dresde)
1958, le VEB Kinowerke Dresden (le nouveau nom de Zeiss Ikon)
1959, création du VEB Kamera- und Kinowerk Dresden, qui absorbe toutes ces entreprises d’optiques et de photographies/cinéma
Finalement, en 1964 cet immense empire s’appellera VEB PENTACON DRESDEN Kamera- und Kinowerke. L’ogre russe aura tout avalé et mis à sa sauce, car il continue manger le VEB Feinoptisches Werk Görlitz (1968) et enfin Ihagee (Exakta et Exa) en 1969 . Ce mastodonte s’effondrera en 1990, à la suite de la chute du Mur de Berlin. Les 5700 employés de l’entreprise seront remerciés et l’usine de Dresde fermée.
De nos jours, Pentacon GmbH est devenue propriété de la société Schneider Optische Werke GmbH, installée à Bad Kreuznach, dont le nom est souvent abrégé en Schneider Kreuznach tandis qu’une autre partie s’est tournée vers la haute technologie, sous la bannière de Kamera Werk Dresden. Elle produit notamment les panoramiques Noblex et des appareils à usage industriel sous la marque Loglux.
Toutes ces dates pour resituer dans l’histoire contemporaine ce Praktica IV, né en 1959 lors de la Foire de printemps de Leipzig, encore sous la marque KW (Kamera-Werke Dresden-Niedersedlitz), un des derniers, car ensuite il sera marqué Pentacon.
Tiens, le saviez-vous ? Le nom de Pentacon viendrait de la contraction de pentaprisme, en référence au premier réflex mis au point à Dresde, et de Contax-Zeiss Ikon.Le premier Praktiflex fut inventé en 1939 par Alois Hoheisel, le premier a recevoir un pentaprisme. Ensuite, le premier Praktica sortira en 1949, fabriqué par la Mechanik Kamera Werkstätten VEB Niedersedlitz (KW) à Dresde.
Si je récapitule maintenant la gamme des Praktica, il y a la série des FX, construite entre 1949 et 1965, avec un prisme qui se retire et la possibilité d’y poser un viseur tunnel et les Praktica avec chiffres romains, qui ont eux un prisme fixe, qui sont basés sur les FX ; puis la gamme Nova, de 1965 à 1970 ; et enfin la gamme L, la plus connue, de 1970 à 1990.
Plus spécifiquement, entre 1959 et 1964, sept itérations verront les évolutions du Praktica IV. Outre quelque modifications esthétiques, il gagnera une cellule au sélénium, un télémètre, puis un à coïncidence et une lentille de Fresnel.
Présentation du Praktica IV
Incontestablement, il en impose dans son sac tout prêt que je vais devoir un peu réparer. Et quand on ouvre le sac, c’est encore plus impressionnant !
Ça, c’est du lourd, du costaud !
Voyons cela de plus près …
Si je tiens compte du sac tout prêt, celui-ci ferait partie des premiers appareils (1959 -1960) car il est encore estampillé KW et non Pentacon (environ 15.500 exemplaires produits). Mais si je regarde le cuir au dos du boitier, c’est déjà le logo Pentacon qui y apparait (1960 – 1964, environ 30.500 exemplaires produits). C’est donc une version deux du Praktica IV. Le plus frappant étant que le premier modèle possède un large bandeau noir sur le prisme alors que celui-ci a disparu sur le second, laissant un prisme tout métallique, qui fait très massif.
la tour Ernemann – le logo de Pentacon
Vu du dessus, l’appareil est presque classique : une roue à droite, qui porte le compteur de vue, une double roue à côté du prisme, qui sert à régler les vitesses rapides et les lentes et de l’autre côté, un roue un peu spéciale car elle permet de rebobiner le film et elle sert de mémo pour le film utilisé.
Le compteur de vue doit être réinitialisé manuellement, puis il incrémente jusqu’à la fin du film (ici, le marquage est un peu effacé)
Voyez ci-dessous :
Vu en vrai :
Le dessous est intéressant, car le levier d’armement est placé en dessous, comme sur le Kodak Retina. Mais à la différence de ce dernier, il existe sur ce boitier un système de double armement. Ce qui ressemble à un bouton de l’autre côté n’est en fait là que pour porter le filetage pour un trépied et assurer l’équilibre de l’appareil lorsqu’il est posé à plat, avec le pied sous l’objectif. Par contre, le gros bouton, sur le capot, à droite, permet d’armer l’obturateur et de faire avancer le film (comme le levier du dessous). Disons que le levier du dessous est un peu plus rapide à actionner.
Lorsque vous utilisez le bouton, vous sentirez d’abord l’armement de l’obturateur et puis le mouvement vers le bas du miroir, ce que l’on ne ressent pas avec le levier rapide.
Ce système de double armement est complexe, gageons qu’il ne tombe pas souvent en panne !
Je reviens un moment sur la gros bouton de gauche car, comme je le notais plus haut, c’est aussi la manivelle pour rebobiner le film
Il faut lever un peu le plateau supérieur et le faire pivoter pour obtenir une manivelle tout à fait fonctionnelle et solide. Original et efficace. Le reste, c’est un mémo pour le type de film utilisé.
Pour ouvrir l’appareil, c’est tout simple, il y a un verrou sur le flanc gauche. Attention toutefois, c’est tout le dos qui tombe, il n’y a pas de charnière.
C’est toujours gênant ces dos qui tombent car on se demande toujours comment faire car on n’a que deux mains pour charger le film, armer, déclencher et tenir ce f… dos qui ne demande qu’à se faire la belle !
Le rideau est en tissu caoutchouté, qui fait peu de bruit lors du déclenchement, c’est un bon point.
Par contre – et nous sommes pourtant au seuil des années soixante – le miroir n’a pas de retour automatique. Concrètement, pour ceux qui n’auraient pas l’habitude, cela veut dire que la vision à travers l’objectif n’est possible que lorsque vous avez armé l’appareil. En d’autre temps, le miroir reste collé au dessus et vous ne voyez rien.
Pour les Pratktica à miroir avec retour instantané, il faut attendre les numéros V F et V FB, vers 1965.
En façade, deux prises pour la synchro flash. Il faut bien regarder sur le cuir car celui du dessus est marqué X (flash électronique) et celui du dessous, F flash à combustion). La synchro X est notée par un éclair sur le sélecteur des vitesses, mais sans préciser celle-ci, qui est de 1/40s.
Un mot bien sûr de l’objectif. Ici, c’est un Car Zeiss Jena Tessar de 50mm ouvrant à f2,8 (diamètre de 49mm) mais le tableau ci-dessous nous renseigne que d’autres options étaient possibles :
C’est un objectif à diaphragme automatique, comme le précise la brochure dont je m’inspire :
Lorsque vous voulez régler l’ouverture du Carl Zeiss Jean, vous devez impérativement pousser sur l’anneau du réglage, vers le boitier, et puis faire votre modification. L’anneau revient automatiquement à sa place.
La distance se règle elle, classiquement, avec la grosse bague à encoches, derrière, de 50cm jusque l’infini (la course est longue).
J’allais oublier deux choses : le petit bouton coincé entre la roue de droite et le sélecteur des vitesses : il sert à débrayer l’appareil pour pouvoir rebobiner le film et, accessoirement, à vous permettre de faire des doubles expositions.
Et la seconde chose, très importante, c’est justement le sélecteur de vitesses : si vous regardez bien quand vous armez l’appareil, le sélecteur tourne en même temps que l’armement. C’est comme sur les Fed et les Zorki. J’en conclu donc que le mécanisme doit être le même et dans ce cas, gravez quelque part cette maxime : toujours armer AVANT de modifier la vitesse pour éviter une salade de pignons, bien que le manuel indique que l’on peut sélectionner les vitesses avant ou après avoir armé !
Ceci étant, il existe donc deux gammes de vitesses sur le sélecteur : en rouge, de 1/2s à 1/10s et en noir de 1/25s à 1/1500s. Mais puisqu’on fait dans le compliqué, continuons car l’ordre des vitesses dans les chiffres noirs n’est pas arithmétique. En effet, l’ordre est 1/25, B, 1/500, 1/200, 1/100, 1/50 et 1/40 (ce qui est indiqué par un éclair plutôt que 1/40s pour indiquer la vitesse de synchronisation du flash).
Sur le sélecteur, il y a un second anneau, qui sert à sélectionner la gamme rouge ou noire. Il doit être soulevé et tourné pour aligner la flèche rouge avec la vitesses choisie. Autre chose surprenant, le sélecteur tourne lors du déclenchement, tout comme il le fait quand vous armez.
Sans égaler les Ihagee, ni le Nikon, le Canon, et d’autres plus tard, ce Praktica s’inscrit presque dans la tradition des systèmes, c’est-à-dire tout un ensemble d’accessoires dédiés, comme des tubes allonges, des trépieds, des bagues, des déclencheurs souples, des bans de reproduction, des œillères à baïonnette, par exemple (regardez le viseur ci-dessous).
Mais, me direz-vous, où est le déclencheur ?
En façade, le bouton qui dépasse, et qui est fileté. Ici encore, le fait d’appuyer vers le boitier éviterait, en cas de vitesses lentes, le flou de bougé.
Bon, ai-je fait le tour des choses étranges de ce boitier ?
Non, il reste un point rouge, sous le miroir, que je n’ai pas encore évoqué.
L’appareil possède un piston d’ouverture automatique pour que la photo puisse être composée avec le diaphragme ouvert à son maximum, pour plus de luminosité dans le viseur. Lorsque vous déclenchez, l’ouverture revient à celle que vous aviez déterminée. Le petit bouton rouge que vous apercevez sous le miroir engage le piston s vous le poussez vers la gauche et le dégage si vous le poussez vers la droite, ce qui peut-être utile avec une optique non automatique.
Que penser de cet appareil ?
Franchement, c’est plus un appareil destiné à la collection qu’à l’usage.
En effet, son poids, son miroir sans retour automatique, ses objectifs à piston, l’ordre des vitesses et la manière de les régler, le dos qui ne tient pas, … si tout cela pouvait en 1959 -1960 être justifiable eut égard au prix de l’engin, de nos jours, ce n’est vraiment guère pratique pour un usage courant.
Ceci étant, si vous avez envie de constater comment faisaient nos parents et grands-parents avec ce type d’engin, c’est une curiosité à tenter.
Pour ma part, il ne me tente pas mais je trouvais qu’il était intéressant à découvrir puisque j’ai déjà écris pas mal d’articles sur la marque, en tout cas sur les boitiers de la série L, plus modernes et qui sont les plus connus.
Enormément de photographes ont débuté avec un Praktica dans les années septante et quatre-vingt, car ils étaient des appareils simples, solides, faciles à utiliser et, surtout, très abordables financièrement, bien plus en tout cas que les excellents boitiers japonais qui avaient conquis tous les marchés.
Et lorsque les photographes avaient bien progressé et fait quelques sérieuses économies, ils passaient chez Canon, Nikon, Minolta, Pentax, Olympus, etc.
Le dernier appareil acheté lors de la brocante au profit de l’Unicef, à Ath. Il est très beau, intéressant, mais … en panne. Une panne classique mais rédhibitoire pour cet appareil me prévient de Monsieur collectionneur, car l’appareil est complexe.
En toute connaissance de cause donc, je l’acquiert car ses spécificités en font un appareil qui reste intéressant.
Et, vu son poids, un presse-papier intéressant, ou un serre-livre costaud et original …
Un peu d’histoire
C’est une marque que j’ai déjà pas mal rencontrée, un des fleurons de l’industrie allemande, au sens large car Voigtländer est autrichien (Vienne).
Historiquement, elle est aussi la plus ancienne car c’est en 1756 que Johann Christoph Voigtländer crée sa société. D’abord spécialisée dans l’optique de précision, elle plongera dans l’aventure photographique grâce à Peter-Wilhelm von Voigtländer, le petit fils du créateur, dès 1840.
C’est à cette date que le professeur Jozeph Petzal (université de Vienne) met au point le premier objectif permettant de réduire considérablement le temps d’exposition des daguerréotypes. Et Peter-Wilhelm von Voigtländer sera le premier à fabriquer cet objectif, ce qui fera connaître la société dans toute l’Europe, puis au delà avec l’avancée des appareils à travers le monde.
L’entreprise se lance aussi dans la fabrication d’appareils photo. Ce sera elle qui fabriquera le tout premier appareil tout métallique de l’histoire, en 1846.
Toujours dans les premières mondiales, sautons quelques années, car en 1959, la société fabrique le tout premier zoom au monde, le Zoomar.
Mais les années septante deviennent compliquées, l’avancée des marques nipponnes tuent lentement l’industrie photographique allemande. Dans une dernière tentative, Voigtländer s’associe à Zeiss Ikon en 1970.
Las, en 1972, l’entreprise jette le gant et ferme ses usines. La marque sera rachetée d’abord par Rollei (1974) puis la société allemande Plusfoto GmbH la reprend en 1996 et confiera à Cosina (Japon, ironie du sort !) la fabrication d’un télémétrique très haut de gamme, le Zeiss Ikon MZ équipé d’objectifs Voigtländer.
De nos jours, Voigtländer GmbH est toujours active dans la fabrication d’optiques de haut vol, concurrençant directement Zeiss pour les objectifs.
Ceci étant établi, Voigtländer a fabriqué un peu tout ce qu pouvait exister en termes d’appareils photo : des appareils à plaques de verre (Alpin), avec film 116 (Inos), avec film 120 à soufflet (Bessa), à soufflet et télémètre (Prominent), des TLR (Billiant), avec film à cassette 126 (Bessys), à soufflet avec film 135 (Vito), avec boitier compact et film 135 (Vito CD/Vitoret), des télémétriques (Prominent II/Vitessa), des réflex (Bessamatic/Ultramatic).
On peut écrire sans trop de risques qu’ils auront tout essayé, souvent avec succès car la réputation de sérieux, de solidité, de qualité de construction sera toujours indissociable de la marque.
Mais ce sera aussi souvent au prix d’une ingénierie complexe, couteuse à fabriquer, d’où les prix élevés des appareils à leurs époques respectives. Et une certaine réticence, semble-t-il aux technologies nouvelles, telle l’électronique. Alors que l’industrie japonaise standardisait, rationalisait et produisait en masse avec de hauts standards de fabrication des appareils moins coûteux et plus modernes.
Présentation du Voigtländer Ultramatic
Ce réflex, automatique, sera fabriqué à 35.500 exemplaires entre 1961 et 1965.
Il sortira en même temps que le Bessamatic mais à la différence de celui-ci, l’Ultramatic possède un miroir à retour automatique.
Ils sont contemporains du Praktica IV que je vous soumettais il y a peu. Histoire de voir l’écart entre les deux concepts !
Tous deux sont équipés d’un posemètre au sélénium et d’un obturateur de chez F. Deckel, obturateur central, similaire à celui utilisé par le Kodak Retina Reflex, le Zeiss Ikon Contaflex. Pour mémoire, à la même époque, le Nikon F et le Pentax Spotmatic utilisaient un obturateur à plan focal, bien mieux adapté aux réflex à objectifs interchangeables (par exemple pas limité au 1/500s comme les obturateurs centraux!).
Seul luxe de l’Ultramatic, un mode d’exposition automatique à priorité vitesse.
L’obturateur Synchro-Compur est donc monté derrière l’objectif dont seule une partie se détache. Ces objectifs utilisent la monture DKL (aussi de chez Deckel).
Le saviez-vous ? Les objectifs des Bessamatic sont compatibles avec l’Ultramatic, mais la plupart perdent alors l’automatisme. La monture DKL du Bessamatic n’accepte que les objectifs Voigtländer. Seuls les objectifs avec une vis peinte en jaune à l’arrière sont compatibles totalement.
Revenons un instant encore sur cet obturateur. Il dispose de deux jeux de lames, distincts : un pour contrôler le temps d’exposition et l’autre pour contrôler l’ouverture. Comme ils sont tous les deux maintenus à leur plus grande ouverture pendant la composition de votre sujet, une séquence d’opérations complexes va se dérouler quand le déclencheur sera enfoncé à fond.
l’obturateur et l’ouverture sont fermés
le miroir se relève
l’obturateur s’ouvre le temps d’exposer le film
il se referme, l’ouverture revient à la grande ouverture
Ce processus est lent et induit un décalage d’ouverture inévitable (on parle d’une seconde !).
Et lorsqu’on fait avancer le film à la vue suivante, ça continue :
le miroir s’abaisse
l’obturateur est armé et ouvert
Ces complications rendent, in fine, l’appareil fragile et, surtout, difficile à réparer (que ce soit le Bessamatic ou l’Ultramatic) car les mécanismes sont constitués de petits composants et si on a forcé, bonjour la galère. Sinon, ils sont assez agréables à utiliser.
L’Ultramatic CS, proposé en 1965,remédie à quelques uns de ces soucis et est considéré comme plus fiable, mais il perd le miroir à retour automatique.
A côté de ces mécanismes, il y avait aussi quelques trouvailles, comme ce petit périscope, sur la face avant, qui permet de voir les réglages de l’ouverture et de la vitesse dans le viseur.
Ceci étant, l’Ultramatic était parmi les appareils photo les plus chers de son époque.
Le viseur est agréable, clair et à champ coupé pour faciliter la mise au point, avec ce petit plus de voir à l’intérieur la vitesse et l’ouverture.
La cellule, au sélénium, située de façade, allège un peu l’esthétique du boitier mais si elle tombe en panne, difficile de continuer à travailler avec l’appareil.
Au point de vue ergonomique, le boitier est lourd (860gr) mais agréable avec ses coins arrondis et, sur le capot, les touches affleurantes. Il s’inscrit aussi dans toute la gamme d’accessoires prévus pour le Bessamatic et lui-même, notamment la large gamme d’objectifs réputés de chez Voigtländer, dont le fameux zoom Zoomar (36-82mm f2,8) et le Septon 50mm ouvrant à f2.
Descendons vers l’objectif pour remarquer d’abord que les commandes sont sur l’appareil et non sur l’objectif puisque la tête de celui-ci se détache pour être remplacée par une autre focale.
Si vous regardez bien, il y a une espèce de bouton poussoir sous l’objectif : c’est lui qu’il faut actionner pour déverrouiller la baïonnette de l’objectif.
Au niveau des choix, il est assez vaste mais toujours propriétaire (baïonnette DKL-Voigtländer). Soyons de bon compte, les objectifs Voigtländer ont une excellente réputation.
Voici un résumé des optiques possibles :
Les commandes pour régler la sensibilité de la cellule (de 12 à 3200Asa), celle de la vitesse (avec le poussoir en plastique) est au dessus, la distance, elle, se règle effectivement sur la tête de l’objectif.
Par dessous, vous voyez trois lettres V – X – M et le sélecteur de couleur verte : le V est la lettre pour le minuteur que l’on ne peut engager qu’après avoir appuyé sur un bouton de l’autre côté du combiné objectif/obturateur ; le X est la synchronisation du flash électronique et le M celle pour les flashs magnésiques (à ampoules).
Vous voyez ici la lettre A, en rouge, qui permet de placer le boitier en mode tout automatique.
Si vous regardez bien, vous verrez deux petits triangles rouges de part et d’autre du témoin de distance. En fait, ils matérialisent l’échelle de netteté de la distance focale. Comme chez Voigtländer on aime la complication, lorsque vous tournez l’objectif, les flèches suivent le mouvement. Belle illustration de la profondeur de champ.
Vu d’en haut, le capot est dépouillé, les touches sot affleurantes comme cité plus avant.
A droite, l’aide mémoire pour les films utilisés et à gauche, un bouton qui a plus d’un tour dans son sac, je vais y revenir. Pas de compteur de vue ? Si, mais il est en dessous du boitier. Il faut le réinitialiser manuellement.
Pour ouvrir l’appareil, il faut pousser sur le bouton de gauche, au dessus, qui va se soulever et sur lequel ensuite il faut tirer.
Pas de difficulté majeure pour installer un nouveau film, la bobine réceptrice est large et bien accesible.
Voilà, voilà, nous avons fini le tour de cet appareil.
Que penser de cet appareil .
En l’état, celui-ci est un magnifique presse-livres ou presse-papiers … et je ne compte pas le démonter.
Car ce qui est vexant avec ce type de boitiers, c’est qu’ils sont beaux, superbement finis mais, comme je l’écrivais, inutilement complexes et quasi irréparables.
Maintenant, imaginons un instant que celui-ci fonctionne encore, aurais-je envie de m’en servir ?
Réflexion faite, non. Déjà, je n’aime pas ces demi-objectifs à interchanger, c’est moins facile à utiliser, aussi bons soient-ils.
Ensuite, le poids de l’engin fait réfléchir, près de 900gr nu, ça compte, surtout pour les cervicales.
Enfin, encore une fois, si j’apprécie la qualité de l’ensemble, je ne le trouve absolument pas pratique à utiliser. Trop de contraintes et de choses étranges à manipuler pour que la photographie reste un plaisir avec lui. Si je le compare à un appareil nippon de la même époque (le Miranda Sensorex, le Nikon F, le Pentax Spotmatic), il est très en retard et peu convaincant. D’autant que son prix le réservait à une élite.
L’éternel malentendu entre la Mercedes et la Renault : toutes les deux vous emmènent où vous voulez, assez confortablement, mais la première coute deux fois le prix de la seconde !
Bref, ce peut être un magnifique objet de collection et sans doute quelques esthètes vont-ils l’utiliser avec plaisir, mais pour la pratique photographique, on a fait plus simple et plus efficace.
Voigtländer Ultramatic Reflex mono-objectif (reflex) Film 24 x 36 mm Armement et avance du film manuelle Posemètre intégré, accouplé Contrôle de l’exposition manuelle Objectif interchangeable Voigtländer Color-Skopar 50 mm f2.8 – f22 Monture d’objectif baïonnette propriétaire Mise au point manuelle Obturateur F.Deckel, Munich, Allemagne, central Vitesses pose B, 1s – 1/500s, synchro flash par câble sur prise PC Cellule au sélénium Période de production à partir de 1962 jusque 1965 Quantité de production 35.500 Poids 880 gr
C’est encore un appareil acheté lors de la brocante de l’Unicef, à Ath, chez ce Monsieur qui, petit à petit, liquide une partie de sa collection.
Je n’ajouterai donc pas qu’il est en parfait état et tout à fait fonctionnel.
Comme d’habitude, je ne résiste pas au plaisir de vous présenter un appareil qui approche des ses ans et qui semble encore neuf : on construisait solide à ce moment là !
Un peu d’histoire
Rassurez-vous, je ne serai pas long car j’ai déjà souvent évoqué cette marque, incontournable de l’histoire de la photographie allemande et de la photographie tout court.
Retenons simplement que Zeiss Ikon, au début du siècle passé, fondé par August Nagel, sera un ogre en Allemagne et il absorbera les marques historiques de l’Allemagne de l’Ouest et de l’Est (Ica, Ernemann, C.P. Goerz et Contessa-Nettel) avant la seconde guerre mondiale .
Les appareils fabriqués seront de qualité, avec des objectifs et/ou des obturateurs parmi ce qui se faisait de mieux à leur époque ; des boitiers de toute une vie comme on le disait (et le pensait à l’époque – l’obsolescence programmé, c’est dans les années quatre-vingt !).
Cependant, revers de la médaille, ces appareils sont chers car construits avec des matériaux de qualité et avec une complexité qui confine parfois à l’excentricité (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué). Mais surtout, les lignes d’appareils issus des différentes fusions n’ont jamais été rationnelles, trop nombreuses, se recoupant parfois Un déficit structurel en marketing et en gestion n’arrangera rien Il est même étonnant que l’entreprise ait tenu si longtemps.
Ils seront incontournables pendant les années trente et quarante, fragilisés dans les années cinquante et dépassés dès les années soixante, balayés par les produits japonais. Ces derniers avaient compris que les boitiers devaient être facilement reproductibles, fabriqués avec soin, avec de bons matériaux, sans faire l’impasse sur les innovations telles l’électronique et la miniaturisation des éléments. Surtout, ils ont lancé un appareil qui allaient reléguer aux oubliettes les modèles que je vous présente ici, le réflex. Un appareil ultra polyvalent.
Au début des années septante, la messe était dite …
Présentation du Zeiss Ikon Contessa Matic E
D’emblée l’appareil est ambigu car s’il est bien noté Contessa sur le pourtour de l’objectif, un Carl Zeiss Tessar de 50mm ouvrant à f2,8, il n’est écrit nulle part qu’il s’agit d’un Matic E.
On comprend vite que c’est un appareil télémétrique et qu’il possède une cellule au sélénium. En regardant à travers le viseur, on se rend compte (quand cette cellule fonctionne encore, comme ici) que la mesure de la lumière est couplée au jeu du diaphragme, une petite aiguille, au dessus du cadre, bouge quand on modifie l’ouverture.
Est-ce là l’automatic du nom ? De fait, il a existé aussi un Contessa Matic, similaire à celui-ci avec une cellule au sélénium dont on lit la valeur sur le capot, mais sans télémètre
C’est donc le couplage du posemètre au diaphragme qui justifie cet automatic. Et le E me direz-vous ? il s’agit du E de Entfernungsmesser, télémètre en allemand.
Ajouté au télémètre couplé, cela fait de ce Contessa Matic E la Rolls Royce de Zeiss Ikon à cette époque (1960). Car l’appareil offre ce qui se fait de mieux alors et est construit selon les standards de la marque, c’est-à-dire fait pour durer.
C’est en fait un boitier semi-automatique si vous optez pour le contrôle de l’exposition couplée à la cellule ou le mode manuel si vous voulez tout contrôler vous-même. Ce compact vous offre le même confort que le Contaflex Super (un réflex) dans un gabarit réduit et très transportable.
Son objectif, un Carl Zeiss de formule Tessar, un 50mm ouvrant de f2,8 à f22 est réputé excellent. C’est le même que celui du Contaflex Super B.
Le viseur, très grand et clair, avec un cadre collimaté et correction de la parallaxe, possède une petite fenêtre, en haut au milieu, qui montre l’aiguille de la cellule. Celle-ci oscille de gauche à droite selon l’exposition, qui est correcte lorsque celle-ci se stabilise au centre. Une seconde fenêtre, sur le capot, peut aussi être consultée.
Puisque nous sommes sur le dessus de l’appareil, restons-y pour constater qu’il est dépouillé. A droite, une large molette, encastrée, qui entoure le déclencheur : c’est le compteur de vue, qu’il faut positionner manuellement sur le nombre de vues du film. Attention, il décompte les images prises.
Au centre, la griffe dite froide (sans contact) pour des accessoires ou un flash non dédié, avec le prise PC à l’extrémité gauche.
Juste à côté de la griffe, la seconde fenêtre de la cellule. Et tout contre, deux trous (qui devraient être cachés par un bouchon en plastique) : ceux-ci servent à fixer le flash Ikoblitz 4 Spécial (sa s fil) ou le Ikoblitz 4 Standard (avec fil). Et c’est tout.
Par dessous, au centre, le filetage pour fixer l’appareil sur un trépied. A droite, le bouton pour autoriser le rebobinage et qui a une seconde fonction quand on appuie dessus : il libère la manivelle pour rebobiner le film.
Le dos de l’appareil s’ouvre avec un discret verrou, sur le flanc gauche, découvrant la chambre, classique. Sur la porte arrière, un disque aide-mémoire pour la sensibilité du film, en Asa/Din.
Le levier d’armement est très discret car seule la partie que le pouce accroche fait saillie, le reste étant caché sous le capot.
Et puis venons-en au cœur de l’appareil, son objectif et son obturateur. L’objectif est magnifique, nous l’avons vu. L’obturateur est un Gauthier, un Prontor SLK Spezial. C’est un obturateur à lamelles, situé au centre de l’ensemble. Il donne des vitesses de 1s à 1/500s, la pose B et même un minuteur, plus la synchro flash.
Trois lettres, sur le côté droit, vers le bas : V – X – M. La première est la position du minuteur, la seconde la synchro flash électronique et la troisième, la synchro flash à ampoules. Ne pas forcer, pour les faire bouger, il faut appuyer sur la languette juste au dessus.
Contre la façade, un anneau avec deux grosses poignées de préhension facilitent la mise au point, de 90cm à l’infini. Une échelle de profondeur de champ est gravée sur le fut.
L’avant dernier anneau, lui aussi muni de poignées pour un usage rapide, est celui des ouvertures, de f2,8 à f22. Vous constaterez que sous certaines conditions, il tourne avec le dernier anneau, celui des vitesses, et inversement. C’est le fameux couplage ouvertures/vitesses sensé nous simplifier la vie. Heureusement, c’est débrayable.
Par dessous, un discret bouton coulisse pour indiquer la sensibilité du film, de 12 à 33Din (de 12 à 1600 Asa).
Comme l’objectif est fixe, il était possible de fixer des compléments optiques, tels les Z E I S S P R O X A, qui permettaient de descendre jusqu’à 20cm.
Pour une fois, je n’ai pas de sac tout prêt avec le boitier. Ce qui pose problème si on veut le transporter car il ne possède pas d’attaches pour y fixer une dragonne ou une sangle. Restera à le déposer dans un sac (oubliez la poche, il est trop lourd, près de 700gr avec un film).
Dernier point. Ce modèle est le second produit. Au jeu de différences entre son ainé et lui, notons que les deux trous du flash étaient couvert par une petite plaque métallique pivotante, absente du second ; la lecture de la cellule par au dessus se faisait à travers une loupe, disparue ici aussi ; le compteur de vue portait aussi une roue supplémentaire qui était le mémo de sensibilité du film, relégué sur la porte arrière ici. C’est tout mais ça vous permet de voir quel type d’appareil vous avez sous les yeux.
Que penser de cet appareil ?
Contemporain du Kodak Retina IIF que je vous présentais sous peu, personnellement, je trouve qu’il manque de ce petit je ne sais quoi qui charme dans le Kodak.
Ici nous avons un beau rectangle, sans fantaisie, rationnel, très bien construit, efficace mais … terne (je sais, c’est subjectif).
Au delà de ces considérations esthétiques, force est de reconnaître que c’est un bel engin. Avec ou sans cellule fonctionnelle, il est toujours partant si vous vous munissez d’une cellule à main ou si vous pratiquez la règle du Sunny 16.
C’est un télémétrique efficace pour la photo de rue, grâce notamment à son grand viseur, très clair et à la facilité de réglage de celui-ci.
Peut-être un peu plus discret que le Kodak, il attirera quand même les regards car on en voit peu. Non pas qu’il soit rare mais l’absence d’identification aisée fait qu’on l’oublie trop souvent. Pourtant à son époque, il était un bel appareil haut de gamme.
Si vous voulez sortir des sentiers battus, pourquoi pas le faire avec lui ?
Transport de films manuel, levier d’armement couplé (avance du film et obturateur)
Télémètre à coïncidence
Compteur de vue intégré et couplé
Cellule au sélénium, sensibilité de 12 à 1600 Asa (12 à 33 Din)
Contrôle de l’exposition manuel et semi-automatique avec utilisation de la mesure EV (couplage vitesse/ouverture)
Objectif fixe Zeiss Carl, Oberkochen, 50mm ouvrant à f2,8 jusque f22, filtre à visser 28,5mm
Obturateur Alfred Gauthier, Calmbach, Allemagne, Prontor SLK Spezial
Vitesses 1s à 1/500s plus pose B, minuterie et synchro flash; flash dédié Ikoblitz 4 Special sans fil ou flash Ikoblitz 4 Standard avec prise PC sur le dessus
Second appareil acquis lors de la brocante Unicef de Ath. Il est tout beau, tout propre, comme tous les appareils de ce Monsieur.
Il manque le couvercle de la pile, en dessous, je peux donc vous faire un prix. Mais avec plaisir ! Et voilà ce magnifique Kodak Retina II F qui va rejoindre les quelques uns que j’ai encore.
Car si souvent la marque ne m’inspire pas parce que la plupart de ses appareils sont de piètre qualité (produit de masse), force est de reconnaître que les Retina sortent du lot.
Une chose m’intrigue cependant : pourquoi m’a-t-il parlé d’une pile alors que l’appareil possède bien une cellule (toujours active) mais au sélénium ? Trop tard pour lui poser la question, ce sera l’occasion de quelques recherches …
Un peu d’histoire
Ce chapitre ne sera pas très long car je vous ai déjà présenté quelques Kodak Retina, comme le Retina type 149, le Retina IIC ou le Retina IIIC.
Pour mémoire, Les Retinette et Retina seront parmi les plus grands succès de Kodak. Peut-être parce que ce ne sont pas vraiment des Kodak ?
En effet, il faut aller voir chez August Nagel pour trouver l’origine de ces appareils. Rappelez-vous, en 1926, Contessa et Nettel intègrent le groupe Zeiss Ikon. Las, August aime trop son indépendance et il se lance dans une nouvelle entreprise et crée en 1928 la Nagel Werke ou Dr-August Nagel-Factory.
Seulement voilà, les années noires de 1929 passent par là et il doit trouver des fonds pour continuer son activité. Car il a commencé à développer un appareil en 135 capable de rivaliser avec Leica et Contax, tout en restant abordable : c’est la naissance des Retinette et Retina. Il développe aussi une autre évolution, celle de la cartouche préemballée de film 24×36 (celle que nous connaissons encore de nos jours !)
Il négocie le rachat de son entreprise avec Kodak, qui voit là un moyen d’élever la qualité de ses appareils (fabriqués aux USA) et de casser l’image de bas de gamme qui leur collait à la peau. La Kodak AG devient la filiale allemande de Kodak, avec à sa tête ce cher August Nagel, qui pourra alors développer les deux appareils, qui seront commercialisés pendant plus de trente ans sous de multiples versions : boitier avec viseur simple, avec télémètre, avec objectifs fixes, puis interchangeables et enfin des réflex mono-objectif. Le film en bobine sera là encore une autre réussite, que Kodak déclinera en centaines de versions.
Cependant, dès les années cinquante, les appareils japonais ont commencé à laminer l’industrie photographique allemande. Kodak AG ne fut pas épargnée et les derniers Retina seront de pâles descendants des Retina des débuts (par exemple, le Kodak Instamatic Reflex – 1968 – 1972 – n’est autre qu’un Retina Reflex à objectifs interchangeables mais qui utilise le film en cassette 126).
Les Retinette sont la version simplifiée et moins chère des Retina. Elles utilisent aussi le film 135 en bobine. Elles sont essentiellement avec un petit soufflet, comme les Retina, qu’elles perdront au début des années cinquante.
Rappelons encore que cet appareil est le premier à avoir utilisé le film 24×36, en 1934. On peut penser que celui-ci fut créé pour lui, ou inversement.
La gamme s’étend donc de 1934 à 1969 (belle longévité), avec cette qualité de fabrication qui fera bien défaut plus tard.
Bien évidemment, sur les 35 ans de carrière du Retina, les améliorations ont été nombreuses et progressives : on passe du simple viseur au télémètre (Retina I vers Retina II) ; puis la synchronisation du flash, le remplacement des boutons d’avance et d’armement par un levier (plus rapide et agréable à utiliser) ; l’adjonction d’une cellule au sélénium, non couplée puis couplée ; des objectifs fixes out interchangeables ; pour certains modèles, couplage de la commande d’ouverture et de vitesse sur base de la valeur d’exposition (EV).
Petit résumé des appareils à simple viseur (type I) :
Et de la série avec télémètre (type II)
Bien que très bien construits et équipés, les Kodak se vendaient (un peu) moins chers que leurs concurrents, les Zeiss Ikon et les Voigtländer, les Leica et les Contax, bien évidemment.
L’année 1963 sera celle – a mon avis – du basculement car c’est à cette époque que Kodak lance le film en cassette 126, qui simplifie à l’extrême le chargement du film. La marque va alors privilégier des appareils plus simples (ce qui ne veut pas dire simplistes car de belles trouvailles s’y trouvaient aussi – voir les Instamatic sur le site) et fabriqués en masse. Car rappelez-vous, si Kodak a raté le coche de la photo numérique, dont elle était pionnière, c’est parce que les actionnaires de l’époque ont voulu garder la manne extraordinaire que représentait la vente des films et, accessoirement, des appareils (dans les années 80, plus de 80% des bénéfices de l’entreprise étaient issu de la vente des consommables).
Les Retina S1 et S2, produits à la suite de celui que je vous présente, seront (déjà) en plastique. On peut considérer que ce modèle sera un des derniers construit pour durer !
Présentation du Kodak Retina II F (type 047)
Vous vous en doutiez, si c’est un Retina avec le chiffre deux, c’est qu’il en eut un chiffre un avant. En l’occurrence, le Retina IF, qui n’était pas télémétrique. Une partie du châssis vient de la Retinette, la version plus abordable des Retina (pas de petite économie chez Kodak) dont la version sans soufflet est apparue en 1954.
Donc, notre Retina IIF est un appareil avec télémètre, couplé à l’objectif. Il sera mis sur le marché en 1963-64 et le quittera en 1967.
Outre le télémètre, il est équipé d’une cellule au sélénium (qui n’a donc pas besoin de piles), couplée à l’ouverture et à la vitesse.
Une aiguille, visible dans le viseur, en dessous du cadre collimaté et qui possède des marques pour la correction de la parallaxe. Un viseur bien clair et grand, avec le patch du télémètre au milieu, sous forme d’un rond (télémètre à coïncidence).
Vu de haut, le Retina II F est très dépouillé : une roue aide-mémoire pour le film utilisé – je vais y revenir – jouxte une griffe porte-accessoire sans contact, puis un grand rectangle qui porte le nom du modèle.
Tiens, il n’y a pas de déclencheur ?
Si, bien certainement, mais celui-ci est en façade, vous verrez un peu plus loin.
Car je reviens sur la roue aide-mémoire : en fait, elle a deux fonctions, celle déjà décrite et la seconde lorsque l’on appuie dessus, ce qui la fait jaillir, permet de rembobiner le film terminé dans la chambre. Si vous tirez plus fort, vous n’ouvrirez pas le dos de l’appareil mais cela vous aidera à insérer une nouvelle bobine.
Pour ouvrir le dos de l’appareil, il faut faire tourner la roue qui est sous le boitier. C’est elle le verrou, ne tirez donc pas sur la tige au risque de l’abimer.
Le montage est très bien fait et les rainures sont gage d’une bonne étanchéité à la lumière.
Venons-en à la face avant, elle aussi très sobre : au centre, une pièce métallique qui porte l’objectif. Et sur le côté de cette pièce, à droite, le levier du déclencheur.
Si la position ne nous semble pas habituelle, d’autres appareils faisaient pareil, comme les Praktica, les Voigtländer Vito CD, les Bilora Bella, par exemple. Lorsque ce type de déclencheur est doux, il génère moins de mouvement vers le bas que le déclencheur sur le capot et éviterait ainsi les flous de bougé en cas de vitesse lente.
Vient ensuite le bloc optique avec un objectif Schneider-Kreuznach Retina-Xenar de 45mm ouvrant à f2,8 et l’obturateur, un Compur-Special, qui donne des vitesses de 1s à 1/500s, plus une pose B. La synchronisation du flash (X) se fait à 1/30s et une prise PC est située au dessus du déclencheur sur le plastron métallique.
Le saviez-vous : le 45mm est plus large que le 50mm, même si ça se voit peu. Mathématiquement, il est plus proche que la lentille de 50mm (dite normale) pour la taille du cadre, car il est plus proche du champ de vision de l’œil humain. Il se rapproche aussi du 43mm qui est la diagonale du film 24×36.
On a souvent considéré les Schneider-Kreuznach Xenar comme moins bons que les Zeiss mais ils tirent quand même très bien leur épingle du jeu et à f8 ils sont excellents. Ici donc l’objectif, un Xénar de 45mm ouvrant f2,8, est un quatre lentilles de type Tessar, qui n’a pas à se cacher derrière le xénon à six lentilles 50mm f2 des modèles III-er en termes de performance d’images.
Ces objectifs acceptent les filtres Kodak à viser en 32mm. Comme l’objectif est fixe, on peut ajouter des compléments optiques comme les lentilles pour grands angles NI et NII (kit Model C) ou mini télé avec les lentilles R (3 modèles).
Et là, je vous sens curieux : qu’y a-t-il sous la plaque qui porte le nom et le modèle ?
C’est l’implantation astucieuse du flash à ampoule, la plaque ainsi relevée servant alors de réflecteur pour l’éclair (et accessoirement de protection car ces ampoules pouvaient parfois éclater). Les lampes doivent être des types AG-1.
Vous aurez donc deviné que le F du Retina IIF est là pour le flash !
Le saviez-vous/vous en souvenez-vous ? Pour calculer la portée d’un flash, les constructeurs donnent une indication : le nombre-guide. Il s’agit du produit de l’ouverture multiplié par la distance en m sur un objet gris neutre.Soit pour une distance de 5m avec une ouverture de f 8, la formule NG = D x F = 40 ; autrement dit, pour trouver l’ouverture en fonction du nombre guide du flash NG/distance = f (ouverture).Un exemple : NG 50/2,5m (distance) = f6,3. Dans ce cas précis, il faudra utiliser l’ouverture la plus proche, soit f5,6
Ces ampoules sont généralement dans une boite qui reprend les caractéristiques du flash.
Le saviez-vous ? Les ampoules sont en verre, remplies de gaz d’oxygène et de filaments de magnésium. Elles sont allumées électriquement par un contact dans l’obturateur de l’appareil photo ou une source d’alimentation externe basse tension (entre 5v et 21v). Une telle ampoule ne peut être utilisée qu’une seule fois puisque les filaments, très fins, brûlent. Attention, elle est très chaude et ne peut être manipulée immédiatement après utilisation. Certains flashs sont munis d’une protection car il peut arriver que l’ampoule explose. Il existe deux types d’ampoules, les AG1 et les AG1B. La différence est un film plastique bleuté qui recouvre les ampoules AG1B. Ces ampoules sont utilisées pour simuler la lumière du jour quand on utilise un film couleur équilibré pour la lumière du jour.
Cet agencement particulier du flash oblige alors le compteur de vue à migrer sous l’appareil ainsi que le bouton pour le régler.
C’est là dessous aussi que se situe le levier d’armement rapide. C’est d’ailleurs une des particularités des Retina.
Si cet emplacement est surprenant, là encore d’autres l’ont fait avant Kodak (comme le Ricoh 35) et, finalement, avec un peu d’habitude, on s’y fait très vite et cela reste assez discret comme manœuvre.
Ah, au fait, et ce couvercle manquant pour une pile ?
Vous ne l’aviez pas oublié, tant mieux. De fait, ce couvercle est sous l’appareil, entre le levier d’armement et la verrou. Cette pile, une antique PX-13 au mercure, que l’on peut remplacer par une PX625A, ne sert qu’à alimenter le flash, qui a besoin de courant pour fonctionner et faire brûler l’ampoule. Ce n’est pas l’élément le plus important mais si je trouve un bouchon compatible, pourquoi ne pas l’y fixer.
Prendre une photo avec ce Retina suppose 5 actions : armement avec le levier à course rapide, réglage de la vitesse, réglage de l’ouverture en regardant l’aiguille du posemètre dans le viseur, réglage de l’image avec le télémètre et déclenchement.
Avec un peu d’entrainement, tout se fait très vite.
Mais je reviens un instant sur le combiné objectif/obturateur.
Comme l’appareil est muni d’une cellule, il faut en régler la sensibilité (de 25 à 1250 Asa) pour ajuster celle-ci.
Le réglage de la sensibilité du film se fait avec un anneau autour de l’objectif, par dessous (chiffres rouges).
Un second anneau, celui du réglage de la vitesse est presque à l’extrémité du fut. Il est bien cranté, sans être dur.
Ensuite, l’anneau pour régler l’ouverture est plus près du corps de l’appareil, fluide, sans crantage.
Bien que ce soit un télémétrique, il y a une échelle de profondeur de champ, pour les photos que l’on prépare à l’avance (comme en photo de rue).
Ce que j’apprécie sur cet appareil, c’est qu’il évite le système EV, qui couple l’ouverture à la vitesse et que ses concurrents utilisaient encore.
Pour le reste, il est magnifique dans son sac tout prêt en excellent état.
Que penser de cet appareil ?
C’est toujours subjectif mais je le trouve beau.En tout cas, il a traversé les ans avec panache : les cuirs sont impeccables, les chromes aussi et toute la mécanique fonctionne parfaitement, même la cellule au sélénium.
Et lorsque des personnes vous abordent, elles sont sidérées que ce soit un Kodak.
C’est un appareil que l’on peut porter dans son sac tout prêt, car il y a des crochets pour attacher une lanière. Par contre, le fait de ne pas l’utiliser fait que la cellule est alors toujours exposée à la lumière et donc – si elle est encore fonctionnelle comme ici – va s’user plus vite. L’entre deux serait de le porter dans un petit sac, avec un dragonne toute simple.
L’appareil fait son petit poids mais ce n’est pas désagréable et ça assure une bonne stabilité.
Pas de soucis majeur pour charger (et pourtant, Kodak a bien inventé les cassettes 126 et 110 pour le simplifier ce chargement !). Juste ne pas oublier de régler ensuite le compteur de vue.
Se promener avec lui offre un confort d’utilisation certain et, surtout, il n’est pas commun ! Produit seulement à environ 30.000 exemplaires, ce n’est pas un appareil rare mais suffisamment que pour qu’on s’y intéresse, et pas seulement pour la collection.
Nous sommes le 08 mars 26 et dehors il fait près de 18°C !
Nous, nous sommes enfermés à l’intérieur car nous avions réservés pour une des premières dates de brocante – couverte – sur Ath et au profit de l’Unicef. Bien nous en a pris – enfin en tout cas pour moi – car j’ai retrouvé là un Monsieur à qui j’ai déjà acheté des appareils, collectionneur qui essaie de liquider doucement ses nombreux appareils, car ni ses enfants ni nombreux petits enfants ne montrent d’intérêt pour la chose photographique.
Cela n’a pas manqué, j’ai trouvé sur son stand de quoi alimenter encore le site de quelques petites perles intéressantes.
La première tient dans une poche de pantalon ou de manteau, sans soucis. C’est un modèle inédit pour moi et je sens que je vais devoir chercher des infos à son sujet. Vous allez les découvrir.
Un peu d’histoire
Honnêtement, ce ne fut pas facile car la société à l’origine de cet appareil n’a, semble-t-il, pas laissé beaucoup de traces dans l’industrie métallurgique allemande.
La Metalfabrik Eugen Ising, Bergneustadt (Rhénanie, Allemagne) a fait l’objet d’un livre, en 1996 mais ma connaissance de l’Allemand va me dispenser d’en faire et la lecture et l’acquisition.
En résumé, Eugen Ising a créé une fabrique de produits métalliques, vers 1890, qui produisait essentiellement des trépieds (y compris pour l’armée allemande, trépied pour système optique), des flashs, des projecteurs de films, des engins pour visualiser les images animées, des trépieds à boule et douille pour Agfa et, in fine, quelques appareils photo, dont un Pucky fabriqué en … bakélite (cherchez l’erreur !) au tournant des années vingt et jusqu’au seuil des années trente. Elle produisait quand même 130.000 unités par an.
Dans les appareils photos, outre donc le Pucky en bakélite, elle fabriquera aussi :
des Puck, appareils télescopiques avec objectif Steinheil München Cassar de 50mm ouvrant à f2,9 et obturateur Compur-Rapid B 1-/500 sec ou des Rodenstock Trinar de 45mm ouvrant à f3.5 et obturateur Prontor II B 1-/250 sec, voire un mélange des deux (celui que je vais vous présenter, image de 4×3). Vers 1948 – 1950, produit à environ 10.000 exemplaires.
des Isis, appareils télescopiques en 6×6 (1954)
des Pucky, 6×6 pseudo TLR (différents modèles – 1950) ou des Isoflex, 6×6 pseudo TLR (une variante sous un autre nom du Pucky 1)
Il semblerait que l’entreprise ait produit quelques articles accessoires jusqu’en 1970, puis elle s’est recentrée sur son cœur business, les ateliers mécaniques et s’est retirée du monde de la photographie.
Les appareils qu’elle a fabriqué ne sont pas sophistiqués, sans être mauvais. Ils étaient sans doute destiné à un public d’amateurs.
Elle a toutefois produit assez que pour l’exportation car on retrouve des Pucky sous le nom de Bolsey-Flex (importateur Bolsey) et Tower 120 Flash (importateur Sears).
Ici nous allons voir ce que cache un Puck, tout petit, tout mignon, en film 127.
Présentation du Puck
Le Puck n’est guère plus grand qu’un Rollei 35 et, comme lui, propose un objectif sortant.
La comparaison s’arrête là car les 2 appareils sont diamétralement différents.
De prime abord, ce petit boitier semble très simple mais il nous réserve quelques surprises.
Comme son obturateur, un Gauthier Prontor II qui offre quand même des vitesses de 1s à 1/250s, plus une pose B et une synchro flash (prise PC). La vitesse se règle grâce à la roue dentée sur le pourtour. On arme l’obturateur avec un levier et on déclenche avec un second, placé plus bas. Il y a même un minuteur. Cet obturateur étant central, j’en déduis que la synchro flash se fait à toutes le vitesses.
Le combiné objectif/obturateur est donc télescopique. Bon, c’est pas gagné pour le faire sortir, sans doute un peu d’oxydation.
Sur ce combiné, un objectif Steinheil München Cassar de 50mm ouvrant à f2,8. La mise au point minimale est à 1,2m jusque l’infini.
Bon, génial, j’ai réussi à sortir l’objectif et à le bloquer en position mais depuis, il refuse de revenir en place. Au lieu de cela, je me retrouve avec le combiné obturateur/objectif en main !
Je vais en profiter pour nettoyer les lentilles, c’est déjà ça de gagné. Cela m’a encore permis de débloquer le petit levier, plaqué contre le corps du combiné et qui permet de régler l’ouverture, de f2,8 à f16.
Finalement, une ouverture à f2,8 n’est pas courante à cette époque. Pourtant, c’est un design de lentille anastigmate de base à trois éléments en trois groupes. Ici, il est monté sur une rampe hélicoïdale, très fluide, sans arrêt. En monture M42, cette optique est réputée, pourquoi serait-elle mauvaise ici ?
Evidemment, pas de traitement anti-reflets, il faudra y faire attention.
Pour le reste, un discret verrou sur la tranche gauche permet d’ouvrir le dos monté sur charnière et découvre la chambre. N’oublions pas que ce Puck utilise du film en bobine 127 (appelé A8 chez Agfa), ce qui dispense le boitier d’avoir un compteur de vues puisque le papier qui protège le film porte les nombres de photos. Sur la porte d’ailleurs il y a deux fenêtre, que l’on peut occulter. Ce film a une largeur de 46mm et il était destiné aux appareils compacts.
Les formats habituels étaient le 4×6,5cm (8 photos par film) ou 4x4cm (12 photos). Mais ici aussi (comme en 135), il existe du demi-format et la chambre du Puck fait 28x37mm. D’où les 2 fenêtres : le chiffre 1 apparait à droite (comme en plein format) et le chiffre 2 à gauche ensuite (parce que c’est un demi-format, les images 1 et 2 sont sur une même longueur de film).
Malin, non ? Ensuite, une plaque de pression incurvée (ressort très souple) est fixé sur le dos du boitier, percée elle aussi pour les deux fenêtres.
Et enfin, il y a une troisième ouverture, celle du viseur, qui traverse la chambre et tout le corps du Puck. Il est minuscule mais donne une idée assez approximative de ce que l’on veut capter, en vertical bien sûr.
Que dire de plus ? En dessous, un filetage pour installer l’appareil sur un trépied et autour, un pied repliable qui permet au Puck de rester bien à plat sur une surface plane, sans piquer du nez.
Sur le capot, deux molettes : celle de gauche fait avancer le film que l’on place à droite et celle de droite est simplement une aide à la mise au point avec une échelle de profondeur de champ. Comme le 127 se déverse d’une bobine sur une autre, pas besoin de rebobiner, il suffira de retirer le film terminé et de coller la languette pour éviter que la bobine ne s’ouvre (comme pour le film 120).
Que penser de cet appareil ?
C’est sa taille et sa bouille sympathique qui m’a attiré vers lui en premier.
Ensuite, au fur et à mesure des recherches, je me suis aperçu que ce petit boitier était, finalement, bien intéressant et relativement rare.
A la réflexion, je me dis quand même qu’au temps de l’argentique il y avait des appareils qui, sous des dehors très simples, cachaient des solutions techniques originales et performantes, à coût raisonnable.
De plus, dans ce gabarit réduit, ils avaient trouvé le moyen de placer un viseur, certes riquiqui mais suffisant.
Vais-je utiliser ce Puck ? Non car hélas le labo avec lequel je travaille ne peut plus traiter les films 127, ils leur manque une pièce, introuvable, sur leur machine.
Tant pis, il reste une belle pièce collectionnable, que je proposerai à la vente lors d’une Foire, par exemple.
Un peu de technique
Appareil compact demi-format (3×4) pour film 127 en rouleaux
Objectif Rodenstock-Trinar 4,5 cm f/3,5 ; Steinheil Cassar 5cm f/2.8, ou Staeble Kata 50mm f/2.8.
Obturateur Prontor II à fermeture centrale, B-1-2-5-10-25-50-100-250. Également avec le Compur-Rapid (jusqu’à 1/500 s) ou le Vario (B-25-75-200).
Mise au point manuelle sur l’objectif (à partir de 1 m ou 1,2m) en ajustant l’objectif avant
Viseur simple, très petit viseur
Prise flash sur l’obturateur.
Transport du film avec bouton rotatif, double fenêtre rouge pour le demi-format
Minuteur automatique
Bouton de profondeur de champ sur le dessus (sabot d’accessoires sur les versions ultérieures)
Filetage de trépied 1/4′
Support pliant
Accessoire : sac tout prêt
Dimensions, poids environ 100x70x47 mm, 360 g
Année(s) 1948-1950, probablement moins de 10 000 exemplaires au total.
Encore un que j’ai trouvé sur la brocante de Bois de Villers, un peu avant le Minox 35 AF que je vous présentais il y a quelques jours.
Autant ce dernier pouvait encore se glisser dans une poche, autant celui-ci demandera un petit sac et une bonne sangle pour le porter. Pas qu’il soit aussi lourd que le Mamiya C33 déjà vu sur le site, mais il est de cette école où le plastique était encore utilisé avec parcimonie et le métal majoritaire.
Il est en très bon état et me crée d’emblée un cas de conscience : vais-je le garder ou plutôt le Rolleiflex T type 3 ?
J’entends déjà quelques uns qui frémissent de cette question, mais vous allez comprendre pourquoi elle se pose …
Un peu d’histoire
Yashica est une marque que j’ai déjà beaucoup évoquée, en réflex (le FX-3 comme bel exemple), en compacts (le MF-2 me vient, entre autre, à l’esprit), en télémétriques (Le Lynx 5000 par exemple) et en moyens formats (ah, le Mat 124 G).
Je vais donc plutôt approfondir leur gamme en moyen format, qui mérite bien un historique.
Leur premier appareil fut le Pigeonflex (1953), très, très inspiré du Rolleicord II mais bien plus abordable financièrement. C’est lui qui donna le goût de la photographie au TLR à grand nombre de Japonais.
En 1957, Yashica améliore son premier opus et sort le Mat : un appareil très époque, car il propose l’avance du film et l’armement de l’obturateur couplé grâce à une manivelle. Ce Mat sera le premier d’une longue série qui se clôturera avec le Yashica Mat 124 G, un excellent TLR à prix encore doux pour des prestations de haut niveau.
Puisque j’évoque le terme de séries, accrochez-vous : il y eut deux grandes familles dans les reflex à double objectifs, les 66 (pour 6×6 en film 120) et les 44 (pour le 4×4, en film 127). Dans ces familles, on compte environ (parce que tous les auteurs ne sont pas d’accord) 31 modèles pour les premiers et 4 pour les seconds, mais 81 variations pour les 2 séries. Amis collectionneurs, bon amusement …
Tiens, au fait, pourquoi Yashica MAT ? Deux hypothèse se côtoient : la première dit que c’est une contraction comme une autre d’automatique alors que la seconde dit que cela serait une énième copie du terme utilisé par Rolleiflex pour son Rolleiflex Automat, … lui -même contraction d’automatique.
Rassurez-vous, je ne vais pas tout reprendre, alors voici les grandes lignes de la gamme 66 (les 44 sont plus anecdotiques et je n’en ai plus sous la main) :
les YashicaFlex, l’équivalent des Rolleicord chez Franke & Heidecke (exemple YashicaFlex S), de 1953 à 1959
les Yashica avec bouton pour l’avancement (Yashica C et D en exemples), de 1957 à 1965
les Yashica avec manivelle pour l’avancement et l’armement (celui-ci et le Yashica Mat 124 G), de 1957 à 1983
Ce qui est important à retenir, me semble-t-il, c’est la distinction entre ceux à boutons et ceux à manivelles, distinction reprise aussi chez Rolleicord et Rolleiflex . Ceux avec les boutons sont (un peu) plus simples au niveau mécanique mais n’en sont pas moins aussi bien équipé que leurs frères tant en ce qui concerne les objectifs que les obturateurs.
Encore une fois, comme chez Rolleiflex, avec même – comme là aussi – parfois des appareils à bouton qui peuvent en remonter à ceux à manivelle (combinaison objectif/obturateur plus évoluée (un bel exemple est le Yashica 635 équipé d’un obturateur Copal MXV qui monte au 1/500s et d’un objectif Yashinon de formule Tessar ouvrant à f2,8).
Que ce soit en formule avec boutons ou manivelles, ces TLR sont majoritairement en métal, très bien ajustés, et pensés pour être faciles d’utilisation.
Sans doute n’ont-ils pas l’aura du précurseur allemand mais ils ne déméritent pas en terme de qualité d’images et de fonctionnalités.
Car au fur et à mesure de l’évolution des boitiers, ceux-ci vont bénéficier de vitesses en expansion, de minuteur, de synchronisation flash, de cellule non couplée puis couplée, de compteur de vue, de griffe porte-accessoire, de baie de tailles différentes (bay 1, bay2, etc.) et de toutes une série d’accessoires utiles.
Si je devais résumer ici les TLR de Yashica, je dirais qu’ils sont un excellent choix pour débuter et/ou pratiquer le moyen format car ils sont moins onéreux que certaines marques et tout aussi efficaces à caractéristiques égales (là, je sens que je vais susciter des commentaires !).
Pour en revenir à notre Yashica Mat, premier du nom, il sera d’abord équipé d’objectifs Lumaxar de 75mm ouvrant à f/3.5, ainsi que d’un Lumaxar de75mm ouvrant lui à f/3.2 comme objectif de vision, suivis plus tard d’objectifs similaires bien qu’en version 80mm. Là encore, il existe une petite polémique car d’aucuns disent que les objectifs étaient livrés à Yashica par l’Allemagne de l’Ouest et assemblés à Nagano alors que d’autres disent qu’ils étaient fabriqués et livré par Tomioka (Japon).
Ces objectifs sont de type Tessar, composés de 4 éléments répartis en 3 groupes. Ils changeront ensuite de nom et deviendront des Yashinon
On estime que 95% de la production sera en 80mm. Autre différence, selon l’âge des appareils, les vitesses d’ouverture auront deux échelles différentes : l’ancienne échelle de vitesses – B, 1, 2, 5, 10, 25, 50, 100, 250 et 500 – puis la nouvelle échelle des unités – B, 1, 2, 4, 8, 15, 30, 60, 125, 250 et 500)
Ceci étant, l’obturateur est un Copal d’excellente réputation (MX, MXV et SV par la suite).
Le Yashica Mat et le Yashica MAT 124-G seront les deux appareils les plus vendus, tant en termes de quantité que de durée (plus de 16 ans chacun). Voilà deux maîtres achat à ne pas négliger.
Présentation du Yashica Mat
Celui que je vous présente aujourd’hui est un modèle équipé du Luxamar de 75mm ouvrant à f3,5 et f3,2 pour la visée et d’un obturateur Copal MXV. Il est sans doute issu des premières séries de 1957.
Sa présentation est on ne peut plus classique : un beau rectangle vertical, tout en métal, avec une platine qui avance selon un système à crémaillère, très fluide et assez court. Gainé de cuirette noire, celle-ci est sensible dans le temps et il n’est pas rare d’en trouver avec un revêtement un peu abimé. Ce qui n’empêche en rien l’appareil de fonctionner parfaitement, c’est juste une question d’esthétique.
Le plus intéressant sur cet appareil est bien évidemment la manivelle qui fait donc avancer le film d’une vue et arme l’obturateur : il faut la faire tourner dans le sens anti-horaire jusqu’à ce qu’elle bloque, puis revenir dans l’autre sens jusqu’au niveau du compteur de vue, où elle cale de nouveau et vous permet de remettre la manivelle dans son encoche. Vous êtes prêt à déclencher.
Mais avant, réglons la distance : vous ouvrez le viseur et regardez dans le tunnel l’image renvoyée par le miroir sur le dépoli, assez clair je trouve, et quadrillé pour une meilleure composition. Soit vous travaillez en regardant uniquement là, en tournant la molette de gauche, et arrêtez votre réglage dès que l’image est nette (et vous pouvez vous aider de la loupe fournie dans le couvercle), soit vous regardez l’échelle de mise au point situé sur le côté gauche de l’appareil (mise au point minimale de 1m à l’infini). Le diaphragme compte 10 lamelles.
Le dépoli contient une lentille de Fresnel avec un quadrillage de lignes rouges (5×5) aidant la composition. Pour une mise au point plus précise, on peut toujours sortir la petite loupe qui est sous le capot. Petite remarque en passant : la visée est de 5,5×5,5cm sur un film de 120. Les photos captées seront au format 55x55mm (dite 6×6). Le viseur est donc à 100% de la vision.
Il reste maintenant à régler la vitesse et l’ouverture. Ici le conseil est d’utiliser une cellule à main que vous réglez grâce à l’aide mémoire fourni par l’appareil (réglage de la sensibilité Asa/Din – de 5 à 400 Asa – sur la grosse molette de gauche, pour mémoire).
Ensuite, avec le petit bouton rond de gauche, judicieusement placé entre les objectifs, vous réglez l’ouverture. Petit plus non négligeable de l’appareil, le petit écran au dessus des objectifs qui reprend l’ouverture (f) et la vitesse (sec) que vous aurez choisies.
Plus besoin ici de quitter le viseur des yeux, vous voyez immédiatement les réglages prévus, juste en regardant par dessus l’objectif.
La vitesse, vous l’aurez compris, se règle avec le bouton de droite, du bout des doigts, vous permettant d’assurer une bonne stabilité à l’appareil, niché au creux de vos paumes.
Le déclencheur est situé en bas à droite du boitier. Une légère pression suffit pour déclencher et vous serez surpris du bruit très contenu de cet appareil (ce n’est pas un Praktica ni un Zenit).
Au milieu des 2 objectifs toujours, sur la gauche, le sélecteur pour la position de la synchro flash : M ou X. M étant réservé aux anciens flashs et X aux flashs plus modernes. L’obturateur étant central, il y a synchronisation à toutes les vitesses.
Attention toutefois à un point important : mettez toujours la synchro flash en position X si vous voulez utiliser le minuteur, minuteur que l’on arme après avoir tourné la manivelle d’avance et d’armement. L’obturateur possède une protection pour éviter les mauvaises manœuvres mais que vous pourriez passer (= casser) en forçant. Second conseil utile (et ça c’est LE conseil à ne jamais oublier) : si ça résiste, si ça coince, on ne force pas !
Je résume : on cadre, on ajuste la distance, on règle la vitesse et clic !
Cet appareil accepte des accessoires B1, comme le pare-soleil, utile à très utile car l’objectif n’est pas traité anti-reflet. Il existe aussi des filtres, moins courant.
Le déclencheur n’est pas fileté pour y ajouter un câble de déclenchement. En fait, il faut une petite pièce qui se vise dessus et sur laquelle vous pourrez fixer le câble.
Le chargement de l’appareil est aussi très facile : il suffit de faire tourner le verrou, en dessous, qui libère la porte, que l’on soulève vers les haut.
La bobine réceptrice se place en haut, en tirant sur la petite molette sur la gauche de l’appareil afin de bien placer le film. On tire sur l’amorce pour la glisser dans la fente de la bobine et on fait avancer le film jusqu’à la flèche marquée sur le papier du film, qu’il faut faire coïncider avec les 2 flèches rouges sur le bord de la chambre. Ensuite, on referme et on tourne la manivelle jusqu’à ce qu’elle se bloque sur le chiffre 1. Le boitier est prêt pour ses premières photos.
Lorsque vous refermez la porte, vérifiez toujours que le petit ergot fixé sur le boitier est bien pris dans la lame du verrou.
L’appareil ne possède pas de griffe porte-accessoire et pourtant, il y a bien une prise pour un flash et une discrète tirette pour la synchro de celui-ci : M pour les anciens flashs à ampoules, et X pour les nouveaux. Il faudra trouver une planchette à fixer sous l’appareil et qui portera le flash, déporté.
Et sous l’objectif qui prend la photo, une discrète tirette avec un point rouge : c’est celle de la minuterie (+/+-10sec).
Enfin, sur le flanc droit, une petite fenêtre ronde, en haut, celle du compteur de vue. Et sous l’appareil, un filetage pour le fixer sur un trépied ou pour y attacher un porte-flash.
En résumé, un bel appareil, simple, pas trop onéreux et qui offre de très bonnes prestations photographiques.
Que penser de cet appareil ?
Eh bien, j’en reviens à ma question existentielle du début : vais-je le choisir plutôt que le Rolleiflex T que j’avais mis de côté ?
En termes de fonctionnalités, ils se valent, avec – pour moi – une préférence au Yashica qui utilise un système simple de réglage de la vitesse et de l’ouverture, alors que le Rolleiflex T utilise un couplage basé sur l’indice de lumination (EVS), débrayable mais que je n’aime pas.
Ensuite, le Luxamar avec formule Tessar offre les meilleures prestations, quasi au même niveau que le Tessar et le Xénar du cousin allemand.
Finalement, j’aurais peut-être dû garder le Mat 124-G, encore un cran au dessus et avec une cellule au CdS et un objectif plus lumineux. Mais, franchement, celui-ci évite les soucis de cellules parfois capricieuses et avec un peu d’entrainement, donne d’aussi bons résultats.
Car ces appareils ne sont pas faits pour travailler dans l’urgence. Plutôt dans le moment, en réfléchissant à ce que l’on fait : cadrage, composition (le carré est une belle surface mais il faut l’apprivoiser), réglages de la vitesse, de l’ouverture. Et puis ce déclic typique, tout en douceur.
Un film de 120 autorise 12 poses sur une bobine. Il faut les savourer comme il convient et, en cas de longue sortie, prévoir son petit stock. Ensuite, quel plaisir que de découvrir les détails dont fourmillent les images captées et qui reviennent du labo !
Enfin, cerise sur le déclencheur, ces appareils n’ont pas la grosse tête et restent abordables : comptez environ 180€ pour un bel exemplaire, idéalement avec son sac tout prêt en cuir. De quoi vous laissez des sous pour acheter une bonne sangle de portage et quelques bobines de film.
Essayez, vous y reviendrez …
Vidéos d’illustration
Un peu de technique
Reflex bis-objectifs avec viseur de poitrine
Film 120 (B2-4 / B2-6 / B2-8 de 1932)
Format négatif 6 x 6 cm
Transport de films : manuel
Objectifs Luxamar 75mm f3,2 et f3,5 (prise de vue)
Obturateur Copal MVX
Vitesses : B, 1s – 1/500s
Synchro flash à toutes les vitesses, positions M et X, prise PC, pas de griffe porte-accessoires
Un matin humide de février. La météo nous promet un peu de soleil pour la fin de matinée, mais là, nous l’attendons avec impatience, il fait frais et même les plus endurcis des brocanteurs ne sont pas nombreux …
En passant devant un stand, je vois cet appareil, qui m’intrigue. Mais je constate qu’il est en mauvais état ; passons, je verrai bien si je ne trouve rien d’autre, c’est un des premiers vendeurs.
Finalement, je reviens car je n’ai trouvé que ce bel ensemble que je vous ai déjà proposé, une chambre F. Deckel et son trépied.
Je prends le petit appareil en mains et j’essaie de l’ouvrir ; impossible, il est bloqué ou il y a une manœuvre que je ne connais pas. Je me tourne vers le vendeur pour lui demander comment faire, mais lui non plus n’en sait rien. Ou plutôt, il fait les mêmes gestes que les miens pour un résultat identique : il ne s’ouvre pas.
Je lui propose que je fasse un dernier tour, le temps qu’il trouve … et un quart d’heure plus tard, il n’a pas avancé d’un iota : c’est bien le moment de négocier un tout petit prix pour ce boitier récalcitrant, et ça marche, il me le cède car il ne réussira pas à le mettre en état de vente.
Pour ma part, j’ai bien une petite idée et mon canif Suisse en poche, qui va encore débloquer la situation loin des regards …
Un peu d’histoire.
Ici encore je ne vais pas m’étendre trop longtemps, c’est une marque que j’ai déjà souvent analysée sur le site, du minuscule et moderne Vitoret EL 110 à l’ensemble exceptionnel du Bessamatic De Luxe, en passant par plusieurs déclinaisons des Vito (le Vito CD par exemple) et quelques folding de légende comme le Bessa I ou le populaire Perkeo I.
Juste rappeler que Voigtländer est sans doute une des plus anciennes marques actives dans l’optique et la photographie puisqu’elle fut créée par Johann Christoph Voigtländer à Vienne, Autriche, en 1756.
En 1850, il est un des plus grands fabricants et vendeurs de matériel photographique en Allemagne. Jusqu’au seuil de la Grande Guerre (1914 – 1918), les appareils sont des chambres portables à plaques de verre et des pliants avec film 120.
Il faut attendre les années trente pour qu’un nouveau format prenne petit à petit le contrôle du marché, le 24x36mm. Ce film répond à la demande du marché des Leica (1925), des Contax (1932), des Kodak Retina (1935). Trois formats de films vont donc encore cohabiter : les 127, le 120 et le 135. Notons qu’ils existent encore tous les trois de nos jours.
Comme d’autres fabricants, Voigtländer va peu à peu diminuer la taille de ses appareils et favoriser leur portabilité. En effet, longtemps réservé à une élite, l’appareil photo entre dans les mœurs, notamment grâce à Kodak, Agfa, Balda, Franka, Iloca, etc. qui produisent des boitiers de qualité à des prix plus démocratiques, favorisant l’achat non seulement des appareils mais aussi des films, de la chimie.
Les premiers boitiers vraiment de poche seront le Bessa (1929) et le Perkeo (1950), tous deux en format 120. Ce sont encore des pliants et lorsqu’ils sont fermés, on peut réellement les glisser dans une poche ou un petit sac. De quoi les avoir tout le temps sur soi.
Et pour répondre à la nouvelle tendance des appareils à film 135, face au Contax, ils vont proposer le Prominent (haut de gamme), les élégants Vitessa face aux Leica. Avec une bonne dizaine d’années de retard sur leurs concurrents, toutefois.
C’est donc comme une solution temporaire que ce Vito sort : il ne se positionne pas comme un haut de gamme mais comme un appareil capable de rivaliser avec les appareils 24×36 de la concurrence, comme l’Agfa Silette, les Zeiss Contessa et Contina, le Beirette, le Paxette de Braun, le Franka, etc. Des appareils de moyenne gamme destinés à répondre à la demande des amateurs toujours plus nombreux au sortir de la seconde guerre mondiale.
Ils n’ont rien révolutionné et plutôt pris le même chemin que leurs concurrents, à savoir un appareil pliant mais au format 135. Une sorte de Bessa et Perkeo mais en modèle réduit.
Maintenant, pour avoir choisi ce nom ? Vito signifie éviter en latin. Quoi, une perte financière, une aura, … on ne le saura sans doute jamais mais c’est finalement un nom qu’ils vont utiliser une bonne vingtaine d’années, avec toutes les déclinaisons ultérieures du Vito premier du nom.
De fait, il y a deux grandes catégories chez les Vito : les pliants, introduits dès 1939, marqués ensuite en chiffres romains de II, IIa à III (et non, il n’y a pas de Vito I car à l’époque, étant le premier, il ne devait pas être nommé comme tel).
Le tout premier Vito était prévu pour le film 828 de Kodak (voir le Kodak Pony), qui était un film non perforé au format 28x40mm. Seulement, la guerre est passée par là et ce type de film a été abandonné par Kodak et … Voigtländer, qui a opté pour le 135.
Les Vito II et IIa étaient encore forts proches du premier du nom, seule l’esthétique changeait mais ils étaient tous les deux des appareils avec un simple viseur. Par contre, le Vito III était un télémétrique.
Le premier Vito et les numéros deux étaient équipés d’un objectif Skopar ouvrant à f3,5 tandis que le troisième recevait un objectif Ultron ouvrant à f2.
Quant à la seconde catégorie, c’est celle des Vito compacts et rigides dont je vous ai déjà présenté quelques exemplaires (comme le Vito CLR, le Vito CSR, le Vitoret, le Vitomatic IIa, par exemple)
Les Vito étaient les appareils destinés aux amateurs, même s’il y en eut de très beaux et complets, tandis que les Vitessa étaient des milieux de gamme et les Prominent, hauts de gamme, destinés aux professionnels. Il y eut encore des réflex mono objectif comme les Bessamatic et Ultramatic.
Finalement, en 1956, Voigtländer sera racheté par Carl Zeiss AG et Zeiss Ikon, qui cessera la production d’appareils photo en 1971. La gamme Vito, sous toutes ses appellations, sera sous licence, ce qui permettra de la relancer dans d’autres formats comme le 110 par Rollei (Vitoret 110) ou dans l’éternel format 135 par Balda (1980) et même Samsung (1990).
Présentation du Vito, premier du nom
Les premiers Voigtländer Vito sont produits en 1939 et lorsque la guerre éclate, tout s’arrête. Il faudra attendre 1947 pour que les appareils reviennent sur le marché, avec quelques modifications, notamment l’obturateur qui passe du Compur initial au Prontor. L’objectif de 50mm possède une particularité : un filtre jaune est monté autour de lui, avec une charnière, qui permet de le relever si on n’en a pas besoin. Cette formule n’existe que sur les appareils d’avant guerre.
L’objectif reste un Skopar, dérivé du Zeiss Tessar (ça pouvait être pire !). On peut classifier les modèles de cette manière :
Voigtländer Vito (appareils photo en chiffres romains) 1939 – 1947 Vito II (1950) Vito III (1951) Vito IIa (1955)
Le deuxième du nom se distingue par un capot plus large où le viseur est intégré (plus de saillie). L’objectif était alors un 50mm ouvrant à f3,5 qui reçoit la mention Color-Skopar et il reçoit soit un obturateur Prontor, Prontor II, Prontor S (vitesse maximale de 1/300s) ou un Synchro-Compur, voire un Compur-Rapid (vitesse maximale de 1/500s). Il recevra par la suite une griffe porte-accessoire dite froide (sans contact).
Le Vito IIa reprend l’objectif du II mais il ne garde qu’un bouton sur le capot (au lieu de deux) et son viseur est agrandi.
Le Vito III opte pour un plateau rabattable au lieu de deux charnières latérales pour l’ouverture/fermeture pliage. Cette fois, il est un télémétrique, couplé avec un objectif Ultron de 50mm ouvrant à f2, qu’il partage avec le Vitessa et le Prominent.
Comme signalé plus tôt, l’appareil initial est prévu pour le film 828, qui donne un négatif de 30x40mm, négatif qui n’est pas perforé et donc il n’y a pas d’engrenage d’entrainement sur le pignon.
Celui que je vous présente a, semble-t-il bien, souffert :
la cuirette, qui n’était déjà plus d’origine (les noms embossés dedans n’apparaissaient plus) et elle était décollée un peu partout quand pas tout à fait disparue. Je l’ai remplacée par un cuir synthétique coupé sur mesure
l’objectif est un Skopar de 50mm ouvrant à f3,5
l’obturateur est un Prontor II mais la vitesse maximale est de 1/200s
Il faut absolument l’aider pour faire sortir le combiné objectif/obturateur
le déclencheur est débranché (et impossible de démonter car tout est riveté)
il faut lui demander très gentiment pour le rentrer dans le boitier et il ne le fait pas de bonne grâce
il manque un minuscule ressort de rappel, impossible à remettre sans démontage
Bref, je vous le montre mais il n’est plus fonctionnel (j’en ai profité pour le démonter, au cas où, mais impossible de le réparer).
Sa forme n’est pas sans rappeler le Weltix (deux articles) ou le Zeiss Ikonta 522/24, voire le Kodak Retina IIIc : ils ont tous sensiblement la même compacité, le même système d’ouverture et l’unité de film, le 135.
Mais commençons par le début :
Sa forme est assez épurée : un petit capot avec de chaque côté une roue (à droite, l’avance du film ; à gauche, le rebobinage du film, l’avance rapide, l’éjection de la cartouche) et au milieu, le viseur légèrement en saillie. Entre la roue de droite et le viseur, le compteur de vue.
Le viseur est de type galiléen inversé, vraiment pas grand (5mm x 2,5mm) mais lisible (mais on n’y voit que la moitié de l’image réelle). Vous aurez remarqué qu’il n’y a pas de griffe porte-accessoires, pourtant il y a une prise PC sur le combiné objectif/obturateur, un clip était en option. A partir du numéro deux, deux rivets ajoutés à la face avant vont permettre de clipser l’accessoire particulier.
Passons au dos du Vito. Sous la pièce basculante, vous verrez une roue dentée. C’est elle qui permet de régler le compteur de vue et si cette pièce est soulevée, elle vous permet de rebobiner le film dans sa cartouche.
Voyez le petit pont, sous la roue d’avance : il sert à fixer une dragonne, l’appareil n’étant pas muni d’œillets pour le faire.
Par dessous, un filetage pour un trépied, un petit bouton, celui qui sert à déverrouiller la porte avant. Notez bien que même si tout va bien, elle ne s’ouvre pas complétement, il faut l’aider à aller jusqu’au bout et tirer sur l’ensemble pour le verrouiller à sa juste place.
Si vous regardez bien, vous verrez aussi 3 petits pieds (le 3ème est sur le bas de la porte) qui permettent de placer l’appareil bien à plat sur une surface solide. Utile, en combinaison avec le minuteur, pour les photos de groupe.
Une fois la porte ouverte avec votre aide, le combiné objectif/obturateur sort et se place en bonne position.
L’objectif est bien marqué Skopar, de 50mm et d’ouverture f3,5. L’obturateur est un Gauthier (voir le logo en face du nom) Prontor II. Au sujet de la lentille, quelques remarques utiles je pense : elle n’est pas traitée contre les reflets et est plus spécifiquement prévue pour le N/B. La mise au point minimale est de 1m jusque l’infini. Deux repères pour l’hyperfocale sont notés sur le pourtour : à f5,6, net de 5m à l’infini et à f16, net de 2,5m à l’infini).
L’obturateur propose des vitesses de 1/5, 1/10, 1/25, 1/50, 1/100 et 1/200s, plus une pose B et une prise PC mais sans indication de la vitesse de synchronisation, sauf ce tableau :
Le petit levier avec un point rouge est celui du minuteur, qui fait ce qu’il peut et est assez fantaisiste pour le temps, quand on arrive à l’actionner. Petit rappel à ce sujet : d’abord armer l’obturateur (le levier au dessus, à faire basculer vers l’avant) puis actionner le minuteur (à pousser dans le sens horaire), puis déclencher. Normalement, on peut déclencher l’appareil en appuyant sur la barre fixée au dessus de la porte, ou avec un câble fileté. Ici, rien ne fonctionne, à cause de ce f … ressort qui a mis les bouts !
Le dos de l’appareil s’ouvre en tirant vers l’arrière le bord noir, qui est le verrou. Bien le soulever et le rabattre quand vous fermez le boitier pour éviter les mauvaises surprises.
La chambre de cet appareil est déjà au format 24×36 mais les pignons ne sont pas munis de roue pour le guidage du film. Seule la fente de la bobine, large, va guider celui-ci, aidée par la plaque de pression sur la porte.
J’ai aussi lu chez quelques auteurs qu’il était bien possible que l’on ait utilisé du film en cassette rechargeable (comme chez Zeiss Ikon et Leica par exemple). Dans ce cas, il ne faut pas rebobiner le film, celui-ci entrant dans la cassette réceptrice au fur et à mesure. La molette se soulève d’ailleurs pour permettre de glisser soit une cassette, soit une bobine dans la chambre.
Puisqu’il n’y a pas de roue d’entrainement du film, le compteur de vue fonctionne avec un palpeur rattaché, je pense, à la roue d’avance du film.
Ce qui me fait aussi me poser une question, n’ayant pas de boitier de 1939 sous la main : si on pouvait utiliser du film 828, c’est-à-dire un film enrobé par un papier, comme le film 120, un compteur de vue n’est pas nécessaire mais il devait y avoir une fenêtre rouge au dos pour lire les numéros de vues. Qu’en pensez-vous ?
Que penser de cet appareil ?
Honnêtement, je suis déçu, car j’aime bien ces petits boitiers qui se glissent dans une poche. Mais ici, rien à faire, je ne sais pas le réparer : outre le petit ressort qui a pris la clé des champs, le mécanisme du déclencheur est usé et abimé au point qu’il faudrait refaire la pièce pour le réutiliser.
Comme je le soulignais ci-avant, je l’ai démonté pour essayer de trouver une manière d’atteindre le mécanisme du déclencheur ou, à tout le moins, voir comment cela fonctionnait Je vous livre ici les images :
Reste que la valeur de ce Voigtländer Vito ne vaut pas tout ce travail. Par contre, il fait un joli et peu encombrant presse-papier sur un bureau.
Ceci étant, pour ceux qu ont la chance d’en avoir un fonctionnel, c’est un chouette petit appareil typique des années 40 et 50 (pour les suivants), facile à employer et donnant de bons résultats, nous sommes quand même chez Voigtländer !
Vidéo d’illustration
Un peu de technique
Viseur : Simple viseur newtonien inversé – montre l’image à environ la moitié de la taille naturelle. Pas de lignes de cadre ni de marquages de parallaxe.
Mise au point aidée par l’échelle de profondeur de champ gravée sur le fut de l’objectif
Objectif : Skopar de 50mm f/3.5 (4 éléments répartis en 3 groupes). Sans revêtement contre les reflets
Filtres à pression de 31 mm ou 29 mm selon le modèle
Mise au point minimale : 1m.
Diaphragme : f3.5 à f16. Dix lames.
Obturateur : obturateur Prontor II (B, 1/5, 1/10, 1/25, 1/50, 1/100 et 1/200s). Minuteur et prise flash
Prise filetée standard à côté du déclencheur d’obturateur.
Taille : 125 x 71 x 39 mm (L x H x D) lorsqu’il est fermé.
Première journée printanière ce 1er mars 2026, avec du soleil en plus ! L’idéal pour faire l’une ou l’autre brocante extérieure, même si celles-ci sont encore rares.
Sur la brocante permanente de Bois de Villers, j’ai trouvé quelques appareils intéressants, que je vous réserve sous peu mais ici, c’est à Jemeppe-S-Sambre que je l’ai trouvé.
Il trônait dans une vitrine à côté de quelques Minolta 16 et d’autres plus classiques, dont un Canonet 28 première génération mais qui ne m’inspirait rien.
J’ai donc jeté mon dévolu sur ce petit appareil. Après avoir manipulé une chambre, c’est reposant.
Un peu d’histoire
Cette partie a déjà été abordée lorsque je vous ai présenté les Minox B, LX et le Minox 35 GT. Car non content d’avoir fait des trous dans les poches des espions avec les 2 premiers cités, ces personnages de l’ombre vieillissant aussi, on leur à construit des appareils plus adaptés à leur vue déclinante, les 35 qui utilisaient du film 24x36mm.
Les deux premiers utilisent un film toujours produit, le 8x11mm, très petit, alors que les Minox 35, comme je l’écrivais, utilisent du film classique, le 24×36. Dès lors, les appareils ont pris de l’embonpoint, quoique, parlant d’un Minox, c’est presque une insulte !
Ces derniers se glissent toujours dans une (plus grande) poche mais restent étonnamment petits dans le monde de l’argentique. Leur grand rival étant le Rollei 35, tout aussi compact une fois fermé mais qui les dépassait lorsqu’il fallait sortir l’objectif pour le mettre en batterie.
Bref, de 1974 (Minox EL, le premier de la gamme) jusque 2004 (Minox GT-S), ils sont restés les lilliputiens du film 135.
Toutefois, si à l’époque ils étaient des concentrés de technologie, celle-ci les a rattrapé et dépassé avec, par exemple, l’autofocus. Que Minox a tardé à faire entrer dans ses petits appareils. Il faudra attendre la Photokina de 1988 pour qu’ils sortent celui que nous allons découvrir, le Minox 35 AF (soit près de dix ans après Konica, Minolta, Canon et consorts).
C’est aussi le premier de la gamme 35 a perdre sa porte basculante et son objectif sortant.
Disons le tout de suite, ce modèle est le mal aimé de la bande car son design change et il n’est plus considéré comme un sub miniature du fait de son élargissement dû au module autofocus. Oh, il n’est pas beaucoup plus grand (107.5x68x41 mm contre 100x61x31mm), mais que voulez-vous, les histoires de famille … Ils ont été jusqu’à l’exclure de l’arbre généalogique !
Il ne démérite pas, toutefois on ne retrouve pas la compacité solide des modèles 35 avec abattant, qui sont construits dans un plastique spécial, très résistant (le makrolon renforcé de fibres de verre) alors que l’autofocus est dans un autre plastique (Novodur renforcé par fibre de verre).
Tiens, au fait, savez-vous pourquoi la majorité des Minox 35 est de couleur noire matte ? Tout simplement à cause de la fibre de verre incluse dans le Makrolon ou le Novodur. Car celle-ci est brillante et peut refléter la lumière. C’est pourquoi on ajoute une teinte noire matte afin de contrer ces effets indésirables.
D’autres Minox autofocus seront produits, le Minx AF-90 (1990) et le Minox AF Mini (1994), mais leur design sera tout à fait différent de celui des originaux et – mais c’est très subjectif – nettement moins attrayants.
Avant de vous présenter ce 35 AF plus en détail, sachez que Minox sera repris par Leica en 1996.
Présentation du Minox 35 AF
Hormis les puristes qui lui reprochent ses 0,0007×0,0007×0,0010m de plus que ces frères, il reste compact et facilement mettable dans une (grande) poche ou un petit sac.
Et si on peut regretter que l’objectif ouvre maintenant à f3,5, on gagne quand même en profondeur puisqu’il passe au 32mm (quatre éléments en 3 groupes, avec filtre lumière intégré pour réduire le flare). En photo de rue, c’est toujours utile. S’il est 1cm plus épais, c’est aussi parce que l’objectif ne sort plus, le mouvement étant remplacé par le travail de l’autofocus.
C’est un appareil fait pour vous simplifier la vie : le sigle DX signale qu’il lit le codage des bobines et règle la sensibilité de la cellule en fonction (de 100 à 640 Iso. A défaut de codage, réglage à 100 Iso) ; c’est un appareil à exposition automatique, avec des vitesses de 1/30s à f3,5 et 1/500s à f11 ; en cas de faible luminosité, l’obturateur se verrouille si on descend sous le 1/30s ; la plage de réglage de l’autofocus est matérialisée par un petit cercle au milieu du viseur. L’autofocus est fiable mais moins rapide que ce à quoi nous sommes habitués de nos jours, sans être rédhibitoire.
Petit détail, celle de la petite fenêtre ronde à côté de l’objectif, qui est celle de la cellule. Comme il est possible de viser des filtres devant l’objectif (discret filet devant), elle ne tiendra pas compte des effets de ceux-ci, qu’il faudra compenser d’une manière ou d’une autre.
Pour gérer l’électronique embarquée, il faudra le nourrir de 4 piles LR44 (soit 6v). Le compartiment demande un peu d’habitude pour l’ouvrir facilement et le marquage n’est pas clair car on pourrait penser qu’il suffit de mettre une pile alors qu’il faut bien 4 LR 44, à moins que vous n’optiez pour deux CR1/3 de 3v (plus chères)
Ensuite, si la lumière est vraiment trop faible, vous pouvez toujours utiliser le flash qui lui est dédié, le Minox AF-F : il se fixe sur le dessus en glissant d’abord les griffes dans leurs encoches puis le clip à ressort de l’autre côté. Comme il est assez haut au dessus de l’objectif, on évite généralement les yeux rougis de vos sujets.
Que peut-on ajouter ? Que le boitier possède un minuteur de 10 secondes, un testeur de batterie (la lampe verte à droite du viseur) et d’une diode rouge qui signale si la vitesse est trop faible et qu’il faut recourir au flash.
Le viseur est grand et clair pour un si petit appareil, avec cadre lumineux et correction de la parallaxe. Au centre, le rond qui indique si la mise au point est bonne. Presque du luxe.
Autre changement dans cet appareil : le dos ne s’escamote plus en entier mais il est monté sur charnière. Un discret verrou, sur la tranche gauche permet de libérer celui-ci. La chambre est inchangée si ce n’est que le compartiment des piles est maintenant en dessous du boitier.
Le déclencheur, toujours rouge ici, a une forme un peu étrange car elle épouse l’arrondi du dessus, ce qui le rend moins agréable au toucher. Ce dernier est toujours aussi léger et il n’est pas rare d’avoir l’impression que l’on n’a pas appuyé assez fort.
Dernier point à ne pas négliger cependant, l’interrupteur qui se trouve sur le côté droit de l’objectif, à remettre sur OFF en fin de session de photos, pour économiser les piles, quoique l’appareil s’éteigne automatiquement après 10 minutes d’inactivité.
Que penser de cet appareil ?
S’il ne se glisse plus dans une poche de chemise, il nous offre l’autofocus et ça me va bien. En effet, comme ma vue baisse, je ne sais plus utiliser un 35 classique sans mes lunettes, ce qui n’est guère pratique, ni discret en photo de rue.
Il pourrait être un peu moins bruyant mais ce n’est pas encore catastrophique (on est loin du Zenit 122 !).
Et même si les puristes de la marque ne l’aiment pas, il n’est pas si moche que ça (c’est toujours subjectif), on a déjà vu pire.
Au niveau fonctionnalité, je préfère utiliser des piles CR1/3 car elles demandent moins de manipulation (rien de plus agaçant qu’une LR44 qui se place systématiquement à l’envers !).
Ici, pas besoin de correction puisque le boitier était prévu pour des piles alcalines.
Ce qui peut être pénalisant, c’est qu’on ne sait pas ce que l’appareil choisit comme combinaison pour capter une photo, mais comme il le fait bien et que je pars du principe qu’il ne faut pas toujours essayer de tout comprendre, cela me convient.
Bref, un petit compact original, moins connu que ses frères et/ou cousins, mais qui fait le job pour lequel on l’a créé : faire des photos, et bien.
Pour vous donner une idée de ce dont il est capable, voyez ICI.
Objectif : Minoxar 32 mm ƒ/3,5 (4 éléments, 3 groupes, style Tessar). Mise au point : Autofocus actif à 4 zones, de 0,7 m à l’infini. Déclencheur : 1/30 à 1/500 s. Mesure : EV 8 à 16 avec film ISO 100. Si la vitesse d’obturation requise est inférieure à 1/30 s, l’obturateur est verrouillé jusqu’à ce que le flash soit fixé. Flash : Flash dédié à clip AF-F. Minuteur 10 secondes. Film codé DX de ISO 100 à 640. Film non-DX réglé à ISO 100. Transport du film : levier manuel, manivelle de rebobinage Alimentation : 2 x cellules CR1/3. Dimensions : 107x68x41 mm, 190 g. Fabriqué en Allemagne en 1988
Cette chambre, c’est à la braderie d’Amiens que je l’ai trouvée, un peu seule sur un stand où grouillait plein d’objets sans rapport avec la photographie.
Il lui manque la partie avec le dépoli arrière mais j’ai un beau magasin pour plaque de verre. Peut-être chercherais-je la partie manquante, si elle présente un intérêt.
Car c’est souvent l’enjeu d’un tel achat : découvrir par après son histoire, son intérêt pour l’histoire de la photographie.
Un peu d’histoire.
Je pense pouvoir me dispenser d’encore vous présenter Zeiss Ikon, pour lequel j’ai déjà écris quelques articles, sur des folding ou des réflex.
Juste revenir sur un point : La Zeiss Ikon AG est le résultat d’une fusion industrielle des plus grands acteurs allemands de la photographie, de l’optique et de la mécanique de précision.
C’est Carl Zeiss qui en est l’instigateur et l’actionnaire majoritaire. Celle-ci se fera sur plusieurs années et débute en 1909 avec la fusion de Hüttig (Hüttig AG, fut pendant un certain temps le plus important fabricant européen d’appareils photographiques – 1860 – 1909), Krügener (Dr Rudolf Krügener, Laboratoire photochimique et usine d’appareils photographiques Frankfurt-Bockenheim. Un atelier interne de meulage de lentilles et un département de production de photochimiques complétaient l’usine – 1887 – 1909), Wünche (fabriquant d’appareils photo à Dresde – 1887 – 1909) et Carl Zeiss, dans une entité appelée ICA (Internationale Camera Actiengesselschaft).
Ensuite, en 1926, ICA (Dresde) fusionne avec l’Institut d’optique CP Goerz AG (Berlin), Contessa-Nettel AG (Stuttgart) et Ernemann-Wercke AG (Dresde).
La société est fondée par un transfert d’actifs à Goerz AG, qui prend le nom de Zeiss Ikon AG et établit son siège social à Dresde.
Pourquoi Zeiss Ikon ? Puisque la société sera active dans la photographie, elle emprunte au mot grec eikon (εἰκών) ou ikon en allemand, qui veut dire image ; et Zeiss pour rappeler le rôle de Carl Zeiss dans l’aventure.
Le premier catalogue des produits sera proposé dès 1927 et on y retrouve encore de nombreux produits des sociétés fusionnées. Fusion qui sera terminée en 1928 avec l’intégration des anciennes filiales de Goerz.
Tout ceci pour expliquer pourquoi cette chambre s’appelle Simplex, que Zeiss Ikon a souvent utilisé pour des appareils différents mais bien souvent destinés à être des entrées de gamme. C’est un nom qui est hérité de chez Ernemann en fait.
Cette chambre est un véritable exercice de style pour réduire les coûts de fabrication et de vente (leur prix sera inférieur à celui des box Kodak de même format) :
le corps est en bois
l’abattant est en métal
pas de ciseaux pour l’ouverture de l’abattant mais bien deux replis simples
un goujon glisse dans une rainure creusée dans le corps en bois.
Zeiss Ikon corrigera rapidement cette construction, peu fiable et ajoutera de vrais ciseaux pour tenir l’abattant et deux rainures seront posées sur le métal pour faire glisser le combo objectif/obturateur. Un levier, en bout de course, permet de régler la distance.
Le chariot qui supporte le combiné objectif/obturateur est en une seule pièce de métal embouti. La surface sous le combiné porte le logo de la marque, lui aussi embouti dans la tôle et bien visible.
Enfin, les objectifs – des Frontar ou Novar – et les obturateurs – ici un Zeiss Ikon ou des Derval – sont tous des bas de gamme. Tout est bon pour diminuer les coûts et maintenir le prix de vente très attrayant.
La chambre Simplex est déclinée en 6,5 x 9cm et en 9 x 12cm. Elle est essentiellement destinée aux débutants et aux amateurs.
Mais même si on a rogné sur les coûts de fabrication, la réputation de Zeiss Ikon ne saurait souffrir un appareil qui n’inspire pas la solidité, ce qui explique le plastron massif qui porte le combiné objectif/obturateur et le célèbre logo, sans oublier le gros viseur orientable.
Présentation de la chambre Zeiss Ikon Simplex 112/7.
Comme souvent avec ces anciennes chambres, on à l’impression d’avoir devant soi une boite rectangulaire, toute noire, du moins quand elle est fermée. Hormis la discrète lanière en cuir sur le dessus, tout est quasi lise, un brin mystérieux car si on n’a pas l’habitude, on cherche longtemps comment ouvrir cette boite à secrets.
Si vous regardez bien, presque sous la lanière de portage, il y a un léger renflement dans le cuir noir. C’est le très discret bouton qui permet de libérer le verrou qui tient l’abattant.
Ici, il ne faut pas aider celui-ci à s’ouvrir, preuve que la chambre est propre. On tire l’abattant bien à plat, jusqu’au clic des deux ciseaux qui assurent le blocage de l’ensemble. Et dans le fond de la boîte, on aperçoit le fronton noir, avec l’objectif au centre.
Première micro crainte : comment bien placer les bords du combiné sur les deux rails chromés ? Avec un peu de patience, c’est vite chose faite et il reste alors à tirer sur le soufflet jusqu’à ce que ce dernier se bloque, un tenon s’étant pris dans un ressort posé à l’extrémité de l’abattant.
Pour refermer l’ensemble, il faudra bien évidemment tout débloquer et rentrer jusqu’au bout la chambre dans sa boite avant de repousser l’abattant à sa place.
Sur cet exemplaire, l’objectif est un Frontar de 14cm ouvrant à f9, dont la mise au point minimale est de 2m jusque l’infini. Les ouvertures sont limitées au f9 -16 -32. On règle celles-ci avec le curseur sous le combiné.
L’obturateur doit être un Derval quoiqu’il soit marqué Zeiss Ikon. Les vitesses sont elles aussi réduites : 1/25 – 1/50 – 1/100 plus une pose B et une T. Autre particularité : comme pour les box Kodak (par exemple), il n’y a pas d’armement préalable. Lorsque vous actionnez le levier, l’obturateur s’ouvre à la vitesse choisie, directement.
Sur le dessus du plastron métallique, un gros viseur, orientable, autorise une visée, heu … approximative. Mais qui me fait penser qu’il n’y avait sans doute, in fine, pas de dépoli sur ce type de chambre simplifiée et que la visée se faisait à hauteur de poitrine. Cependant, chez Collection-appareils ils mentionnent un dépoli pour la visée, en plus de ce viseur redresseur. Quelques exemplaires auraient aussi eu droit à un petit niveau à bulle, placé sur l’abattant.
L’ajustement de la distance se fait avec le bouton situé sur le demi-cercle au bout du rail. Là aussi, les distances sont inhabituelles : 2m – 3 – 4 – 7 – 15 – infini.
Passons à l’arrière de la chambre maintenant. D’abord, ce qui frappe, c’est l’espèce de boite métallique accolée à l’arrière, avec ce panneau qui ressort, invitant à tirer dessus.
C’est en fait une simple feuille de métal noir, qui sépare la chambre (soufflet) du châssis dans lequel était déposé une plaque de verre enduite d’une substance sensible à la lumière.
Cet ensemble peut s’ôter en dégageant un verrou, sur le côté gauche, et c’est tout le dos qui se retire, dégageant l’intérieur du soufflet. Deux autres verrous, à pousser, permettent d’ouvrir le couvercle métallique pour y introduire une plaque de verre.
Celle-ci est au format 9x12cm, qui généralement se tirait par contact, la taille du négatif étant assez grande que pour restituer sans agrandissement l’image captée.
Si le soufflet de la chambre est en parfait état, je vais remplacer les bandes de feutrines qui préservent de la lumière le dos. Après autant de temps, c’est normal.
Ah oui, parce que je ne vous ai pas encore précisé que cette chambre Zeiss Ikon Simplex date de 1929. Elle est presque centenaire … et toujours fonctionnelle. Parfois je me demande ce que ferons nos arrières-arrières petits enfants en découvrant nos hybrides d’aujourd’hui !
Que penser de cette chambre ?
Des appareils bas de gamme comme ça, j’en veux bien tous les jours !
Bien évidemment, ce n’est pas un appareil facile, au sens où vous devrez tout faire vous-même pour en tirer le meilleur, y compris porter un trépied car c’est délicat à utiliser à main levée.
Pourtant, c’est un appareil simple : une bonne cellule à main pour déterminer l’ouverture et la vitesse fonction de la sensibilité de vos plaques, quelques réglages et hop, c’est dans la chambre.
Ensuite, c’est là que ça se complique car il faut retirer la plaque, la mettre à l’abri de la lumière jusqu’à son complet développement, puis remettre une plaque vierge dans le châssis pour la prochaine image.
Je vous joins une petite vidéo qui illustre comment préparer le support de la plaque de verre. Et comme nous en parlions lors de la Foire de Villers Bretonneux, le plus simple est de récupérer d’anciennes plaques devenues illisibles, que vous aller nettoyer parfaitement avant de l’enduire de solution photographique. Les plaques peuvent être réutilisées à l’envi mais n’oubliez pas alors de scanner vos négatifs (vos plaques développées). £Trouver des plaques n’est plus choses aisée de nos jours.
Vidéo d’illustration.
Je n’en ai pas trouvé sur cette chambre en particulier mais cette vidéo est assez instructive :
Un peu de technique.
Chambre Zeiss Ikon Simplex 112/7
Objectifs : Novar 13cm ouvrant à f6,3 avec mise au point de 80cm à l’infini ou Frontar de 14cm ouvrant à f9 avec mise au point minimale de 2m jusque l’infini.
Obturateur : Derval 1/25 – 1/50 – 1/100s plus poses B et T, sans armement préalable
Diaphragme en iris
Viseur redresseur de poitrine et dépoli sur châssis arrière
Mise au point par déplacement sur rail
Format 9×12 ou 6,5 x 9cm
Fabrication : bois recouvert de cuir et plaque métallique pour l’abattant ; métal pour le fronton porte combiné
Aïe, je vieilli … je ne me souviens plus où je l’avais acheté celui-là !
A le voir, c’est sans doute son apparence très propre qui m’a fait me pencher sur lui et dans un second temps, le nom de l’appareil, que je ne connaissais pas.
Et puis, ayant ouvert le beau sac tout prêt en cuir, presque neuf, il y avait le nom de son propriétaire inscrit au Dymo, ce qui pour moi ajoute toujours un certain charme à ces découvertes car c’est bien la trace qu’il aura permis à quelqu’un de faire des photos.
Mais partons à sa découverte …
Un peu d’histoire.
C’est un certain Illing, de Hambourg (Allemagne) qui initie l’histoire de ces appareils. D’abord connue sous le nom de Ilca (Illing Camera contracté en Ilca – 1948), elle fabriquait des appareils 35mm.
Dès 1949, elle est reprise par un autre hambourgeois, Wilhelm Witt, qui change le nom en Iloca Kamera Werk (on trouve parfois des appareils siglés Jloca, la lettre J permettant de distinguer le l minuscule qui suivait).
Au début, elle fabrique toujours des appareils photo en 35mm, équipés d’objectifs eux aussi construits par la firme dans son usine de Göttingen. Ensuite, elle fera appel à des opticiens tiers comme Steinheil München et Rodenstock.
A ses débuts la société fabriquait encore essentiellement des appareils stéréo, qui avaient connu de beaux jours avant guerre mais n’étaient plus trop d’actualité dans les années cinquante.
De fait, on peut essayer de classer en trois catégories les appareils produits par Iloca :
des appareils à simples viseurs et des télémétriques (Iloca, Iloca Rapide et Quick). L’avance du film se faisait à l’aide d’un gros bouton rond qui, parfois, armait aussi l’obturateur (Iloca Quick). Le Rapid introduit un levier d’armement, plus facile à utiliser.
des appareils stéréo, aujourd’hui très recherché mais décalés à l’époque. Les clients préféraient acheter des appareils plus modernes
les modèles électriques comme le Iloca Electric, l’Iloca Aut-O-Matic et l’Iloc Auto-Electric. Ceux-ci étaient équipés de moteur électrique pour l’avance des films et il y eut même un posemètre embarqué. Trop en avance sur leur temps et, surtout, l’entreprise n’avait plus la surface nécessaire pour percer dans ce domaine
Sa production était tournée vers l’exportation ou la fabrication en produit blanc pour d’autres marques et/ou de gros importateurs comme Roebuck Company (gamme Tower), Sears, Montgomery Ward, Agfa, Graflex et Argus.
On retrouve ainsi les modèles sous d’autres noms :
Iloca Rapid B devenu Sears Tower 51
Iloca Rapid IIL devenu Tower 52 et 53
Iloca Stereo IIa dans le rôle de Sars Tower Stereo
Iloca Electric comme Graflex Graphic 35 Électrique
Iloca Rapid pour David White Realist
Iloca IIL comme Argus V-100
Iloca rapide IL comme MPP Iloca
Iloca Quick dans le rôle de Kaufhof Reporter
Un mélange de modèles pour les distributeurs Richard en Suisse et Atlantique en Suède.
La marque Photrix lui est propre, même si elle fut, semble-t-il, considérée comme une marque du distributeur Montgomery Ward, car elle se retrouve aussi associée à un autre distributeur, Suisse celui-là, Richard.
L’entreprise ne s’en tirait pas trop mal et de 1950 à 1959, elle a produit quelques beaux boitiers, dont une première mondiale avec le Graphic 35 Electric, le premier 35mm avec moteur électrique intégré (1959). Un appareil qui eut beaucoup de succès outre atlantique.
Hélas, elle fut la victime collatérale (un mot à la mode de nos jours) d’un conflit entre Zeiss Ikon et Voigtländer pour l’obtention de nouveaux obturateurs automatiques. Une grosse commande de 3.000 exemplaires lui fut refusée car ces grands groupes firent sans doute pression sur la F. Deckel GmbH afin qu’elle ne livre pas ces nouveaux obturateurs Compur automatique.
C’est dommage car l’entreprise adoptait des méthodes modernes pour la fabrication de ses produits. Son éthique d’entreprise était de produire en masse des produits en utilisant des matériaux aux meilleures propriétés pour obtenir la meilleure qualité au coût le plus bas.
Elle avait investi de grosses sommes pour la recherche et le développement de ses produits et dans la mesure du possible, elle fabriquait tout en interne pour éviter, justement, les soucis d’approvisionnement et pour réduire ses coûts (frais de transport et de livraison). Cela lui permettait aussi d’éviter les problèmes de qualité et de fixer elle-même ses propres contrôles. La seule exception fut celle qui lui fut fatale, celle des obturateurs.
L’inévitable se produisit et la faillite fut prononcée au printemps 1960, période à laquelle Agfa acquit la société.
Fin de l’histoire …
Présentation du Photrix B Richard.
Dans la pochette liée au sac tout prêt, un pare-soleil
C’est un télémétrique fabriqué en 1955, très proche du Quick B de chez Iloca. En fait, le nom Richard y était ajouté et son objectif était différent du modèle original.
Ce qui est intéressant sur ce modèle, c’est la juxtaposition des noms Photrix et Richard : le premier était réservé à l’exportation US et le second est un distributeur Suisse. Quelques uns l’assimilent à un Rapid B mais sa structure est bien celle d’un Quick B.
En effet, si le Quick B partage son boitier de base avec le Rapid B, très différents des précédents Quick et Quick A, le bouton d’avance du film est dépourvu d’un levier d’avance rapide typique du Rapid B. Le télémètre est celui du Rapid B mais son objectif est un objectif anastigmat asymétrique à 4 éléments Ilitar 50mm ouvrant à f2,8 de style Tessar (Cassar habituellement sur Rapid B, qui a eu pourtant quelques montes dans cette configuration).
Le Quick B intègre aussi le nouveau mécanisme de déplacement de l’objectif : la mise au point se fait grâce à une vis hélicoïdale plutôt qu’un élément tournant des modèles précédents.
Ce Quick B est une révolution plutôt qu’une évolution des Quick antérieurs : outre ce que nous venons de voir, l’image du télémètre est plus grande mais ne bénéficie toujours pas de cadre gravé. Mais à côté de cela, il ne bénéficie que du Prontor avec une vitesses maximale de 1/300s, qui lui offre cependant une synchro flash M et un minuteur.
C’est étrange d’écrire cela en 2026 mais les acheteurs de cet appareils le préférait au Rapid-B, jugé pour l’époque trop en avance avec son levier d’armement. Pour certains, il était vraiment représentatif des appareils tels qu’on les concevait dans les années cinquante. Ah, l’éternelle querelle des Anciens et des Nouveaux …
Remarquez le nom de son propriétaire, marqué au Dymo. Un petit détail comme je les aime.
Son boitier, en métal moulé, ses garnitures en cuir, son sac tout prêt en cuir lui donne un aspect rassurant, solide. Il était d’ailleurs très bien construit.
Son télémètre est couplé et il et assez clair, avec un beau carré jaune/orangé pour le réglage de la coïncidence des images.
Vu du dessus, on peut constater qu’il offre ce qu’il faut comme commande, sans plus :
la grosse molette de droite sert à faire avancer le film et à armer l’obturateur et le compteur de vue est en son centre
le déclencheur est juste devant, fileté
la bosse, légèrement décalée vers la droite, est celle du viseur
la griffe porte-accessoire est dite froide car il n’y a pas de contact pour la synchronisation d’un flash
la molette de gauche est un aide mémoire pour le film et sert à déverrouiller la porte arrière
A ce sujet, petite précision utile, car je ne fus pas le seul à chercher comme s’ouvre cet appareil.
Comme vous pouvez le voir sur l’image ci-dessus, il y a deux axes sous cette grosse molette gauche : le premier est l’axe pour la tenue de la bobine du film tandis que le second est celui du déverrouillage de la porte arrière, en tournant d’un demi-tour anti-horaire l’ensemble. Cela fait, un déclic se produit et le dos se soulève, discrètement.
Car c’est toute la partie arrière qui s’enlève et comme elle est symétrique, les deux points rouges permettent de la repositionner dans le bon sens. Notez qu’il faut d’abord placer la partie vers la droite puis aligner les deux points et clipser le tout pour bien refermer le boitier. Voyez sur l’image la rainure profonde, qui assure une bonne étanchéité à la lumière, grâce aussi à un très bon assemblage.
La bobine de droite (réceptrice) est fendue sur un coté, pour y glisser l’amorce du film.
L’objectif est un 50mm ouvrant à f2,8, un triplet Ilitar-Super avec un obturateur Prontor-SV offrant des vitesses de 1 à 1/300e de seconde plus la pose B. Le V en rouge signifie qu’il est traité contre les reflets
Le levier avec le bouton rouge, en bas, est le minuteur (+/-10s).
Autour de ce combiné objectif/obturateur, j’avoue que j’aime bien les deux plaquettes qui permettent de modifier rapidement la position de l’objectif, l’échelle de profondeur de champ intégrée.
Vous avez vu la prise PC pour la connexion du flash, synchronisé au 1/30s si vous placez la tirette sur la lettre M, sinon, il l’est à toutes les vitesses pour les flashs électroniques..
Le bord de l’objectif est fileté pour accueillir des filtres.
Comme le précise cette publicité, c’est un appareil présenté comme étant de qualité mais à un prix très raisonnable (même si cette publicité se rapporte au Photrix B II, qui propose déjà un levier d’armement).
Que penser de cet appareil ?
Pour être tout à fait honnête avec vous, je serai bref car je l’avais pris avec moi pour la Foire de Villers Bretonneux et il est parti assez vite, ayant intrigué plus d’un chaland.
Je l’ai donc manipulé avant pour faire les photos, mais sans plus.
Ce que j’en retiens, c’est cette impression de qualité des assemblages et, comme il avait été très bien conservé, cette impression qu’il est fait pour traverser le temps sans trop de soucis.
Avec son sac tout prêt qui semblait encore neuf, il faisait un magnifique ensemble, d’où l’intérêt suscité, outre sa gravure Richard sur un Photrix qui était en fait un Quick-B (si vous n’avez pas suivi, il faut relire ce qui précède).
Appareil photo compact 35 mm Obturateur : Prontor–SV avec des vitesses B – 1 – 1/2 – 1/5 – 1/10 – 1/25 – 1/50 – 1/100 – 1/300 s, avec minuteur et réglages de synchronisation du flash M Objectif : Ilitar 1:2,9 / 50 mm, plage de mise au point de 3 pieds (0,9 mètre) à ∞ ; ou Ilitar Super 1:2,8 / 50 mm Tessar Style, plage de mise au point de 90cm à l’infini Ouverture : F2.9 à F22 ou F2.8 à F22 (Ilitar Super) Action différée : Environ 10 secondes (modèle Prontor uniquement) Capacité flash : socket de contact flash Compteur de vues : 0 à 36 Télémètre : Oui Filtres et accessoires : a enfiler, diamètre de 32mm ; à viser, diamètre de 30mm
Olivier nous a fait l’amitié, comme les années précédentes, de venir nous faire une visite sympathique sur le stand lors de la 10ème Foire photo de Villers-Bretonneux.
Du coin de l’œil, je l’ai vu fureter à la recherche d’un objectif à réparer, d’un beau réflex ou de quelques cailloux à ajouter à son petit parc. Car notre ami compte aussi sa future belle-fille au rang des photographes qui aiment piocher dans ses réserves quant le besoin s’en fait sentir.
Quand j’ai enfin pu lui parler plus de 5 minutes sans être interrompu par un amateur arrêté sur le stand, je lui ai remis un objectif et deux appareils qui allaient avoir besoin de ses doigts agiles et de ses compétences : un zoom Sigma qui était tombé de haut, un Fujica AX-3 qui a décidé de ne plus donner signe de vie il y a un (long) moment déjà et un Minolta XG-2 dans le même état.
Vous dirais-je que j’ai vu ses yeux briller ?
Le soir même il me livrait déjà ses diagnostiques : l’AX-3 était en mort clinique assurée, un imprudent lui ayant déjà ouvert les entrailles et avait eu l’idée saugrenue de modifier la carte électronique ; il réservait son diagnostique pour le zoom car il semblait bien touché tant à l’avant qu’à l’arrière ; enfin, le Minolta XG-2 avait toutes les chances de revenir au pays des photographes.
De fait, ce pauvre hère était bloqué parce qu’un maladroit avait eu l’idée absurde de lui imposer un objectif tiers avec une bague Adaptal non … adaptée, qui avait ainsi bloqué le mécanisme de sélection et l’électronique.
Un retrait judicieux de la mauvaise bague et l’ajout de celle prévue pour Minolta avec un bon objectif réanime le Minolta, enfin libéré. Il est sauvé, ouf !
Mais tant qu’à redonner vie à l’engin, autant le faire bien : les mousses du miroir et internes sont changées afin d’assurer une parfaite étanchéité à la lumière et, comme le revêtement donnait des signes de fatigue, un beau vrai cuir vient lui servir de costume chic.
Là, je ne résiste pas au plaisir de vous le présenter dans ses nouveaux habits :
Franchement, il est magnifique comme ça et finalement unique.
Bravo Olivier, c’est du très beau travail.
C’est agréable de voir un passionné passionnant apporter autant de soin à un sauvetage et de savoir que ce bel appareil est reparti pour un (bon) tour.
Comme son confrère, il est en mauvais état. Pas que ces appareils soient foncièrement mauvais mais ils ne sont pas faits non plus pour résister aux brutes qui vident les greniers à la hussarde et tentent de faire fonctionner ce qu’ils ne connaissent pas au marteau, ou presque !
Ceci étant, le miroir bouge et ne reste pas collé mais impossible de le réarmer ni de le déclencher. Je n’ai d’ailleurs pas trouvé d’explications ou manuels pour comprendre mieux la mécanique que j’ai découverte sous la semelle. Qui, soit dit en passant, n’est pas mal faite.
Voici dont une présentation a minima car Petri n’a pas produit tant de réflex que pour en ignorer un.
Un peu d’histoire.
Inutile de reprendre ce que j’ai déjà écrit lors de l’article sur le Penta V, juste resituer celui-ci dans la chronologie des appareils de la marque.
Le Petri FTX, aussi appelé Petri TTL et sous d’autre marque selon les distributeurs (Argus, Kmart, Spiratone, JCPenney entre autres), est apparu sur le marché en 1974.
Pour mémoire, Petri, d’abord connu sous le nom de Kuribayashi Shashin Kōgyō ou Kuribayashi Camera Industry, inc. Japan, avant de devenir Petri Camera Ltd en 1962, a produit de nombreux modèles d’appareils : des folding à ses débuts, puis des compacts, des télémétriques, des TLR et des réflex.
En ce qui concerne ces seuls réflex, le premier fut le Penta (1959) et il sera suivi par quelques autres : Pétri Flex Pétri Flex V (1961), Pétri Flex 7 (1964), Pétri V et VI, Pétri V et VI II, Pétri FT (1967), Pétri TTL, Pétri ETP (1973), Pétri FTX (1974), Pétri FT II, Pétri FT EE, Pétri FT 1000 (1976), Pétri FA-1 (1975), Pétri FT 500 (1976) ), Pétri MF-1 (1977), Pétri TTL-2.
Il y en eut d’autres mais fabriqués par Cosina, l’entreprise ayant fait faillite en 1977.
Si les premiers appareils utilisaient la monture universelle M42, à partir du Penta IV, les Flex et FT utiliseront la baïonnette propriétaire à verrouillage de culasse de la marque.
Même si des adaptateurs ont permis d’utiliser les anciennes optiques, avec perte de certaines fonctions parfois, ils n’ont pas produits beaucoup de nouvelles optiques destinées à la baïonnette nouvelle et ils sont revenus, dès le modèle Petri FTX à la monture en M42.
Ce qui ouvrait un vaste choix de focales, à prix abordables, ce qui correspondait mieux aux appareils et surtout à ceux d’entrée de gamme comme les FT1000/500 ainsi que les boîtiers compacts MFT1000 et Micro MF-1.
De fait, le FTX est une reconduction du Petri FT II de 1967 mais en monture M42. Il y eut quelques variations sur le même thème car les appareils que vous trouverez peut-être ne sont pas forcément identiques à ceux décrit dans le mode d’emploi que vous trouverez sous la rubrique un peu de technique.
Présentation du Petri FTX ou TTL.
Incontestablement, c’est un appareil des années septante, où le métal prime, dedans et dehors.
Lorsqu’on le voit pour la première fois, impossible de ne pas penser aux Praktika. En effet, la carrosserie est très proche avec sa forme rectangulaire assez anguleuse et, surtout, son déclencheur en façade et non pas sur le dessus du capot.
Voyons ça de plus près.
Sur le capot, à droite, le levier d’armement et d’avance du film ; juste devant, une fenêtre avec le compteur de vue (remise à zéro automatique) ; juste à côté, une grosse molette avec les vitesses, graduée de 1s au 1/1000s, plus pose B et synchro flash au 1/60s. Au milieu, le prisme avec une griffe flash intégrée avec contact de synchronisation, bien qu’il y ait encore une prise PC pour les plus anciens flashs sur la tranche gauche. A gauche, une petite molette pour le réglage de la sensibilité des films, de 25 à 1600Asa et au bout du capot, la manivelle de rebobinage.
Sur la face avant, à droite, sous le nom du modèle, le déclencheur saillant et en dessous, le levier du retardateur (plus ou moins 10 secondes) ; contre le fut de l’objectif, un bouton pour le contrôle du diaphragme. Sur le côté gauche, un rond strié qui est en fait la trappe pour une pile autrefois au mercure mais que l’on peut remplacer par une PX625 alcaline.
Au dos, le viseur et en dessous, le pas de vis pour le fixer sur un trépied et le petit bouton chromé de déverrouillage en fin de film.
Dépouillé mais il vous offre le minimum syndical nécessaire.
L’objectif est ici un Petri CC Auto de 55mm ouvrant à f1,8, qui possède cette position Auto – Manuel typique.
La marque A (pour automatique), en vert et une marque M (pour manuel) en rouge sont gravées sous l’objectif. Lorsque l’on déplace le commutateur A/M vers la gauche, le diaphragme est réglé en position A, qui est la position normale la plupart du temps. En position A, le diaphragme se ferme à l’ouverture présélectionnée juste avant le déclenchement de l’obturateur et s’ouvre à nouveau après chaque exposition pour une mise au point facile et précise.
Lorsque vous souhaitez utiliser le diaphragme manuel, déplacez le commutateur A/M vers la droite. L’avantage du fonctionnement manuel est que vous pouvez prévisualiser la profondeur de champ et voir dans le viseur la zone de netteté de l’objectif avec n’importe quelle ouverture. Le fonctionnement manuel peut également être obtenu simplement en appuyant sur le bouton du diaphragme.
L’autre appellation, TTL, du FTX est plus explicite quant au fonctionnement de sa cellule : à travers l’objectif. De fait, deux cellules au CdS à l’intérieur du pentaprisme analyse la lumière passée à travers l’objectif. Un indicateur, en forme d’aiguille, doit se situer au centre d’un autre indicateur en forme de sucette comme l’appellent certains auteurs. Ce second indicateur se déplace en fonction du choix de la vitesse d’obturation.
Assez classique mais déjà un peu dépassé car l’objectif doit être fermé à l’ouverture de prise de vue (le bouton à côté du fut de l’objectif) pour activer le posemètre.
Rien de transcendant mais du classique qui a fait ses preuves.
Que penser de cet appareil ?
Quand ils ne sont pas maltraités, ces boitiers sont de bons appareils écoles, comme les … Praktica.
Son avantage est de proposer une vitesse de 1/1000s et sa cellule en TTL, sans oublier que celui-ci accepte tous les objectifs en monture M42 dont les excellents Takumar, par exemple.
Cependant, ce n’est pas un appareil sexy, plutôt un dur au labeur, avec des limites tout de même,en témoigne mon exemplaire hors service. Que j’arriverai peut être à relancer si je trouve quel engrenage coince !
Point de vue coût, c’est un appareil très abordable. Comptez moins de 50€ pour un exemplaire en très bon état et avec un objectif d’au moins 50mm. De quoi vous payer quelques bobines pour l’essayer.
On a plus l’habitude de voir des Petri sous forme d’appareils compacts, dont d’excellents télémétriques (Petri 7S) mais il y eut aussi quelques réflex, dont celui-ci.
Il n’est pas très courant, sans être rare.
Si vous en trouvez un et que vous cherchiez un appareil école, prenez-le, s’il est en bon état, il ne vous décevra pas.
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