Recherche rapide : Préambule – Un peu d’histoire – Présentation du Konica Lexio 70 – Que penser de cet appareil ? – Vidéos d’illustration – Un peu de technique – Des références
Préambule.
Un beau dimanche d’hiver en Belgique, ensoleillé et chaud (12°C !), sec – ça, c’est plus rare – et une brocante permanente, peuplée d’irréductibles vendeurs et … acheteurs.
Des stands à même le sol, quelques tables, un grand hangar pour les plus riches et dans cet endroit improbable on trouve de tout, absolument de tout ! Aussi ce que j’appelle de la belle brocante (de l’antiquariat).
Où est-ce ? Brocante de Les Bons-Villers (6210), rue des Français 43, sur le site Van Damme.

Voilà, le décor est planté. Et je vais vous présenter les quelques appareils que j’y ai glané, dont ce petit Konica Lexio 70.
Un peu d’histoire.
Si de nos jours le nom de Konica est associé à celui de Minolta, il n’en a pas toujours été ainsi.
L’histoire commence à Tokyo, en 1873, lorsque Rokusaburo Sugiura, qui détenait une pharmacie, ouvre une boutique spécialisée dans les produits photographiques et lithographiques, la Konishiya Rokubeiten.
Dès 1885, la Konishiya Rokubeiten établit une usine à Tokyo pour y fabriquer des appareils photographiques et de lithographies pour concurrencer ceux qui étaient jusque là importés. Elle fabrique aussi des montures et autres accessoires.
En 1902, l’entreprise fabrique des plaques en verre et du papier photographique
Il ne faut pas attendre longtemps (1903) pour que Konica fabrique son premier appareil photo, qui sera aussi le premier appareil photo japonais de marque fabriqué au Japon, le Cherry Handbag Camera. Konica devient le principal fabricant d’appareils photo japonais.
L’entreprise fusionne avec le fabricant de lentilles Chiyoda Kogaku Seiko, donnant ainsi naissance à Chiyoda Kogaku Seikosho. Cette fusion permet de diversifier les activités de Konica dans le domaine de l’optique. Son premier grand succès sera la production de l’objectif Hexar, destiné aux appareils Leica, qui assureront sa diffusion mondiale.
Comme souvent au japon, la société change de nom en 1921 car la Konishiya Rokubei est réorganisée et devient la société par actions Konishiroku Honten.
C’est sous ce nom que l’entreprise propose sa première pellicule couleur fabriquée au Japon (Sakura Natural Color Film – 1940).
En 1948, elle lance le Konica I, un télémétrique qui utilise du film 135.

Cet appareil sera décliné sous plusieurs versions et c’est lui qui donnera son nom, in fine, à l’entreprise (en 1987 !).
Elle produira encore un moyen format, en 1949, le Pearl. Celui-ci est un folding (pliant) comme il en existait pas mal autour des années cinquante. Il sera aussi décliné en plusieurs versions, modernisées (le Pearl 3 possédait par exemple un moteur à ressort).


Toujours dans le domaine du moyen format, de 1964 à 1975, Konica propose l’Omega, bien connu sous le nom de Koni-Omega Rapid M. C’est un appareil destiné à la presse et muni d’une foule de sécurités bien pensées. Ces appareils sont équipés d’objectifs Konica Hexanon réputés.
Au début des années soixante, Konica propose des réflex, comme le Domirex (1963) qui a un objectif fixe, puis des Auto-reflex (objectifs interchangeables) à partir de 1965. La particularité de ces reflex est qu’ils sont parmi les premiers à être dotés d’un mode d’exposition semi-automatique et d’un obturateur à plan focal : ils possèdent une cellule externe qui permet de régler le diaphragme automatiquement selon la vitesse choisie par le photographe. Ici encore, l’appareil bénéficie de nombreuses itérations visant à l’améliorer. Ainsi, en 1968, il sera doté de la mesure TTL, en primeur sur le marché des reflex.
Parallèlement, la Nichi-Doku Shashinki Shōten (Maison Nippo-Germanique d’appareils photographiques) est fondée à Osaka en 1928.
Le nom Minolta apparait pour la première fois en 1933 sur un appareil moyen format, une copie du Plaubel Makina.
Elle aussi produit des premières, comme le Minolta Flex, le premier réflex bi-objectifs japonais (1937). Elle commence aussi a fabriquer ces propres objectifs, les futurs Rokkor (1940), alors qu’elle se fournissait chez Asahi Pentax auparavant.
Son premier appareil 35mm sera aussi un télémétrique en 35mm, le Minolta 35.

S’en suivront toute une série d’autres télémétriques jusqu’à la fin des années septante (1958 – 1980), dont un Hi-Matic 7s spécial, qui a accompagné John Glenn en 1962 pour son voyage dans l’espace (vol spatial Friendship 7) .
Le premier reflex avec mesure de la lumière TTL, le fameux Minolta Srt 101 sortira lui en 1966.
Si vous vous en souvenez, le nom de la société voulait dire Maison Nippo-Germanique d’appareils photographiques. Vous ne serez alors pas étonné de savoir que Minolta a collaboré avec Leica pour la mise au point d’appareils et d’optiques.
Le Leica CL sortira en 1973, fabriqué par Minolta (qui aura le CLE). Puis, en 1976, le réflex Leica R3 sera construit sur base du Minolta XD-7.
Pendant ce temps-là, Konica développe depuis le début des années soixante sa ligne de photocopieur et toute une série d’appareils photo compacts, dérivés du Konica S (1959), dont le célèbre Konica C 35.


Il comptera encore à son actif deux premières : un flash intégré sur un compact (le Konica C35 EF dit aussi Pikkari – 1976) et l’introduction du premier autofocus au monde sur un appareil photo avec le Konica C 35 AF (1977).
N’oublions pas la série des Konica Pop de toutes les couleurs (1982), les Z-UP (de 1986 à 1991), les Big Mini (1993 – 1996), les Hexar (1991 – 2000)
Minolta ne reste pas les bras croisés et propose le Minolta X-700 (1981 – 1999), un appareil multi-expositions (automatique, manuel, priorité vitesse, priorité ouverture) très performant.

Puis ce sera au tour du premier réflex autofocus grand public, le Minolta 7000 AF (1985).
Dix ans plus tard, Minolta sort son premier réflex numérique, le Minolta RD-175 (1,75 Mpx) alors que Konica sortira en 1997 son compact numérique, le Konica Q-M 100.
Si ces deux-là étaient fait pour se rencontrer, en août 2003, Konica fusionne avec Minolta pour former le duo Konica-Minolta. La nouvelle entité se retire du marché des appareils photographiques en 2006, Minolta ayant cédé ses brevets à Sony, qui utilisera la monture Minolta sur ses premiers réflex Alpha
Deux entreprises avec comme moteur l’innovation, ça ne peut pas produire de mauvais appareils photo. Je vous ai déjà présenté quelques Minolta et Konica. Aujourd’hui, c’est le tour d’un petit compact fort sympathique, le Lexio 70.
Présentation du Konica Lexio 70.
Ce qui frappe d’abord, c’est sa taille, sans doute un des plus petit appareil à fil 24×36 au moment de sa sortie. Je pense que seuls quelques APS ont pu faire mieux à l’époque.



Petit et léger (180gr nu), celui-là ne va pas froisser vos poches et vous pourrez l’emporter partout.
Ensuite, son offre technique : comme nous l’avons vu dans l’histoire de la marque, ils aimaient l’innovation et les challenges.
Au moment de sa sortie, en 2000, il allait avoir fort à faire car la concurrence restait féroce dans le segment des compacts.

Puis le numérique commençait à s’implanter. Oh, avec des résolutions encore bien faibles face à l’excellence de ces appareils à film, mais les APN (appareil photo numérique) pointaient le bout de leur nez.
Petite remarque, en passant : tous ces appareils possédaient un viseur, couplé aux mouvements des objectifs, avec marques de cadre, de la parallaxe. Certains poussaient même la coquetterie à proposer une correction dioptrique. Quelques années plus tard, les APN faisaient l’impasse sur cet accessoire pourtant si utile et de nos jours encore, la plupart des numériques compacts n’ont que des écrans, totalement inutilisables en cas de soleil. A quand un sursaut qui tienne compte des besoins des clients ?
Allez, après ce petit aparté, voyons voir ce que nous propose ce Lexio 70.
Un zoom tout d’abord, caché sous le volet qui sert aussi d’interrupteur lorsqu’on le tire vers la droite de l’appareil, ce qui découvre l’objectif et met l’appareil en position ON.
Ce zoom est signé Konica, un 28 – 70mm ouvrant de f3,4 à f 7,9. Il aurait pu être plus lumineux mais il était dans la moyenne du moment. Il est construit en 6 éléments répartis en 6 groupes et les lentilles sont en verre. la mise au point minimale est de 70cm en mode normal et 35cm en mode macro.

La focale est intéressante car elle couvre le grand angle et le mini télé, de quoi répondre à bien des besoins lors des balades et des vacances. Ce à quoi était destiné ce petit appareil.
Son viseur est très lumineux, avec plusieurs marques : celle du cadre, de la correction de la parallaxe et, au centre, l’endroit où se verrouille la mise au point. En dessous, des LED vous indique si le flash est nécessaire, lorsqu’il se recharge, si l’autofocus a fait la mise au point, le mode choisi. Rien de plus mais c’est le nécessaire. Et il est couplé à un correcteur dioptrique toujours bienvenu.



Le flash est intégré, sur le côté gauche. On peut le couper, le forcer pour un fill-in (débouchage des ombres en cas de contre-jour, par exemple) et il y a une protection contre les yeux rouges. Sa conception électronique permet d’économiser l’énergie de la pile, une CR2 sans dénaturer son efficacité.
Un petit écran, sur le capot, permet de voir les choix des modes proposés. Petit plus intéressant, il est éclairé. C’est là que vous verrez le nombre d’images.


Puisque j’évoque les modes de l’appareil, il se choisissent avec le bouton mode, à côté du viseur. Il y a le mode auto (l’appareil fait tout tout seul, et il le fait bien), la réduction des yeux rouges, le retardateur/télécommande, le flash forcé, le flash à syncro lente, le flash désactivé, la compensation d’exposition (+1,5), la mise au point sur l’infini (pictogramme montagne) et la macro (pictogramme fleur).
Petit plus utile : lors de la mise en route, le flash revient sur la position automatique (comme c’est le cas sur la plupart des concurrents), sauf si vous l’aviez mis sur OFF lors de la précédente utilisation car dans ce cas, une pression sur le bouton mode remet le boitier à la configuration que vous aviez quittée.
Pas mal quand même dans un si petit boitier.



N’oublions pas l’action du zoom, qui se règle du pouce droit avec le bouton gris qui pivote de W = wide, large à T = télé-objectif.
Le chargement du film est simplifié, il suffit de déposer la bobine avec l’amorce sortie au dessus de la grosse bobine et de refermer le capot. Le film s’enroule automatiquement et l’appareil est prêt pour la première photo. D’autant que les contacts à l’intérieur de la chambre ont permis de lire le codage DX de la pellicule et de régler la sensibilité de la cellule (de 25 à 3200 Iso). Il n’y a pas de réglage manuel de celle-ci, la plupart des films modernes ayant ce codage inscrit sur la bobine.

Le déclencheur est très doux, presque affleurant, ce qui est pratique pour éviter les flous de bougé en cas de faible lumière.
Car les vitesses de travail vont de 1s à 1/500s, ce qui est encore dans la moyenne des appareils de ce type à l’époque.
Un petit appareil simple, efficace, compact. Si vous voulez voir ce qu’il est capable de produire, je vous invite à suivre ce lien sur Lomography.
Que penser de cet appareil ?
J’aime bien les petits boitiers, faciles à emporter. Celui-ci offre encore quelques belles astuces, qui le rendent bien agréable à utiliser, sans prise de tête (à tel point qu’un mode d’emploi est presque superflu).
Sa carrosserie en plastique couleur argent (il a aussi existé en noir) résiste bien à l’usure du temps, mais les micro-griffes sont inévitables, surtout s’il voyage dans une poche avec des clés ou un sac un peu encombré.
C’est là qu’on apprécie la porte coulissante, qui protège de ce fait l’objectif. Mais il faut y faire attention car elle peut être fragile en cas de mauvais traitements et elle peut alors provoquer des faux contacts à l’ouverture ou la fermeture (poussières qui se glissent dessous, épingle à cheveux baladeuse, etc.)
Sa taille est assez similaire à un autre petit compact que j’aime beaucoup, le Canon Prima 90 U , même si ce dernier est un peu plus épais. Ce sont des appareils qui aiment voyager avec vous et qui savent se faire discrets si besoin mais restent toujours disponible au cas où.
Question prix, hormis quelques délires que j’ai pu voir à plus de 100€, vous devriez pouvoir le trouver, avec son petit sac dédié, autour des 30 à 40€ maximum.
N’hésitez pas à vous munir d’un film voilé pour tester l’entrainement de la pellicule, la capacité à rembobiner sans heurts et le déclenchement, on ne sait jamais comment il a été (mal)traité si vous en trouvez un.
Vidéos d’illustration.
Un peu de technique.
Appareil photo compact à objectif film 35 mm avec exposition automatique à mesure CdS et objectif zoom autofocus.
Objectif : Konica 28-70mm zoom, ouverture maximale f3.4 à f7.9. Six éléments répartis en six groupes.
Autofocus de 0,7 m à l’infini.
Vitesses d’obturation : de1s à 1/500s.
Mode de correction du contre-jour : +1,5EV.
Vitesse du film : ISO 25-3200, lecture du codage DX.
Viseur : Zoom automatique avec des lignes de cadre, rappels de parallaxe, alertes via LED.
L’écran LCD rétroéclairé affiche le nombre d’image, la batterie restante, et les icônes pour plusieurs modes : auto, réduction des yeux rouges, retardateur/télécommande, flash forcé, flash nocturne à synchronisation lente, flash désactivé, compensation +1,5EV, mise au point à l’infini, macro.
Flash intégré : système automatique de flashmatic pour une alimentation correcte. La plage de fonctionnement du flash à une focale de 28 mm est de 0,7 à 5,4 m à ISO 100. et de 0,7 à 2,3 m à 70 mm. Temps de recharge de 5 secondes.
Avance du film : Chargement automatique, remontage et rembobinage. Le rembobinage manuel est également disponible.
Alimentation : Une pile CR2.
Dimensions : 108,5×59,5×34 mm.
Poids : 180g (sans batterie).
Des références.
https://focusargentique.fr/appareils-photo/konica/, https://www.konicaminolta.ch/fr-ch/150-jahre-konica-minolta, https://umvie.com/150-ans-konica-minolta-une-histoire-dinnovation-et-de-succes/, https://fr.wikipedia.org/wiki/Konica, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-12451-Konica_Lexio%2070.html, en français ; https://camera-wiki.org/wiki/Konica_Lexio_70, https://www.135compact.com/konica_lexio_70.htm, en anglais








































































































































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