Le Ricoh KR-5

Parce que je veux être cohérent avec mon article précédant, je continue mes explorations d’appareils intéressants et qui ne doivent pas coûter, objectif compris, plus de 50€.

Appelons ça « ma » croisade contre les prix fous que l’on voit ces derniers temps …

Et donc, aujourd’hui, je vais vous présenter un appareil qui a eu pas mal de succès dans les années quatre-vingt, le Ricoh KR-5.

Celui-ci fut présenté à la PMA de Chicago en 1979, en même temps que le Richo FF-1 (un tout petit compact, très – trop ? – semblable au Minox 35).

Il est issu de la série XR (il s’appelle d’ailleurs XR-500 au Japon). Cette série utilise la monture K de Pentax, adoptée par Ricoh en 1977, qui voyait en elle la future monture trans-marques (ou monture universelle).

Le Ricoh KR-5 était le moins cher de la gamme, mais pas le plus pauvre. Il sera suivi par le KR-5 Super, le KR-5 Super II, etc.

C’est donc un appareil semi-automatique avec deux photocellules CdS à mesure TTL (c.-à-d. à travers l’objectif) à ouverture totale pour une lecture de la lumière moyenne pondérée centrale couplée aux vitesses d’obturation (que vous réglez avec le barillet des vitesses), la sensibilité des films (que vous indiquez avec la molette à gauche) et aux diaphragmes (que vous réglez sur l’objectif). La cellule est alimentée par 2 piles SR ou LR 44, très communes.

L’obturateur est un Copal métallique permettant des vitesses de 1/8 à 1/500s plus pause bulb. La vitesse de synchronisation du flash est le 1/60ème. Croyez moi, vous ferez face à la plupart des situations de prises de vue, sauf si vous mettez un Ilford Delta 3200 Iso pour photographier en plein soleil !

Petite particularité bien pensée, le levier d’armement est à deux positions : la première (à 30°) met sous tension le posemètre, la seconde permet l’armement. Lorsque le levier est rabattu, la cellule n’est plus alimentée (ce qui économise les piles) et s’il est contre le capot, vous ne pouvez pas déclencher l’appareil armé. Judicieux aussi pour économiser du film.

L’appareil était vendu avec un Riconar 55mm ouvrant à f2,2 mais, comme dit plus haut, toute la gamme des objectifs en monture K vous tend leur baïonnette !

Le viseur est clair, assez grand et sur le côté gauche, entre deux encoches, une aiguille qui monte et descend en fonction de la lumière reçue, le but étant de la stabiliser au milieu pour avoir une bonne exposition. Le stigmomètre (le rond brisé au milieu) est entouré de micro primes pour assurer la mise au point facilement

source : Mes appareils photos

Vous l’aurez compris, le Ricoh KR-5 est ce que j’appelle un appareil école qui vous fait entrer sans avoir besoin d’aspirines dans la famille des reflex argentiques.

Honnêtement, tout noir, il en jette avec son design sans prétention, fait pour durer et donner des sensations.

C’est un appareil reconnu pour sa fiabilité, ce qui en a fait l’appareil de pas mal de débutants, sans les contraindre à lire un mode d’emploi indigeste et inutile, ici on applique la bonne vieille règle du triangle d’exposition : sensibilité – vitesse – ouverture, à la main, avec l’aide judicieuse de la cellule pour vous permettre d’être au plus juste.

En résumé, les caractéristiques de l’appareil :

Monture d’objectif: baïonnette de type «  K  »
Obturateur à déplacement vertical à commande mécanique avec des vitesses de 1/8 à 1/500 seconde plus B (ampoule); La synchronisation du flash X était de 1/8 à 1 / 60e de seconde
Viseur: pentaprisme fixe
Mise au point par stigmomètre, lentille de Fresnel
Deux photocellules CdS, mesure TTL à ouverture totale pour une lecture de lumière moyenne pondérée centrale couplée aux vitesses d’obturation, aux sensibilités des film et aux ouvertures du diaphragme.
Gamme de vitesse de film: ASA 12 ~ 3200 (DIN 12 ~ 36)
Alimentation de la cellule par deux piles de 1,5 V (deux LR44)
Contact flash: contact «  X  » sur la griffe flash pour un flash électronique sans fil
Compteur de vue avec réinitialisation automatique.

C’est un boitier que l’on a plaisir à prendre en main, pas très gros, maniable et qui est attrayant dans sa robe noire. Sa monture permet de lui adjoindre quantité d’optiques de qualité si besoin

Si vous en trouvez un, partez avec lui si vous cherchez un premier appareil ou si vous voulez remettre le pied à l’étrier sans prise de tête.

Un mot encore sur le prix, je continue à défendre que cet appareil, comme ceux que je vous ai suggéré ces derniers jours, ne doit pas se vendre plus de 50€ avec un 50mm (celui d’origine ou un autre 50mm en monture K raisonnable). Vous trouverez d’ailleurs celui que je vous présente ici dans la rubrique à vendre à ce prix là, tout à fait fonctionnel.

Quelques photos d’illustration avec cet appareil ICI

Petite video d’illustration

pour bénéficier de sous-titres dans votre langue, aller sur paramètres, cliquez sur « anglais généré automatiquement », puis traduire automatiquement et choisissez parmi celles offertes

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Ricoh_KR-5, https://www.lomography.com/magazine/182234-my-fathers-camera-ricoh-kr-5, https://latedeveloper.blog/2018/03/20/the-ricoh-kr-5-slr-minimalism/, https://filmisback.blogspot.com/2014/06/ricoh-kr-5-super.html en anglais, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11186-Ricoh_KR-5.html, https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Ricoh/Ricoh_KR-5, https://www.mes-appareils-photos.fr/Ricoh-KR5.htm en français

4 commentaires sur “Le Ricoh KR-5

  1. Bonjour JP, C’est fait, je viens d’acheter un RICOH KR-5 avec son objectif ( un 50 mm f 1:2 ) pour 20 Euro. Je vais l’utiliser pour mes sorties en reconstitution historique. Je fais généralement du N&B et parfois de la couleur. Le RICOH trouvera sa place à coté de mon OLYMPUS OM-1n qui a eu droit à une opération en profondeur ( réglage de la cellule pour utiliser des piles PX625 de 1.5 V … Test sur le terrain dans quelques semaines ). Bref, grâce à ton site et à la description de ta passion, je me remet à la photo car j’ai moins l’impression d’être un E.T. qui arrive d’une autre planète quand j’utilise mon matériel .

    • Bonjour Olivier, mais non, nous ne sommes pas des E.T. mais des connaisseurs en bonnes choses ! Tu sais, lors de la dernière bourse photo que j’ai faite (Bruxelles en décembre), j’ai été étonné du nombre de personnes, surtout des jeunes et pas seulement qui étudient la photo, qui se baladaient avec un « vieux machin » autour du cou, et qui étaient avides d’informations sur l’argentique, qu’ils découvrent avec gourmandise. La pratique n’est pas morte; elle correspond aussi (outre un effet de mode, soyons réaliste) à un besoin de revenir à l’essentiel en photographie : le triangle d’exposition, qui a fait le bonheur des plus grands avant qu’on nous invente des tas de réglages abscons et fastidieux ! Amuses-toi bien. Mes amitiés.

  2. bonjour JP, Superbe article sur le KR-5, un appareil simple qui doit avoir du potentiel. Bien que j’ai déjà un OLYMPUS OM-1, la présentation est tellement bien faite que j’ai maintenant l’intention d’en trouver un pour l’utiliser en concurrence avec mon olympus. L’aiguille dans le viseur ( vintage à souhait ) est un élément qui lui donne une petite touche de précision extrême ( on tourne la bague des diaphragmes jusqu’ à mettre l’aiguille au centre ). Toujours de très bonnes présentations qui donnent l’envie de lire les autres.

    • Merci Olivier. Le KR-5 est un appareil qui est parti étonnamment vite (le jour même de sa mise en vente). De fait, simple mais fait pour durer et surtout, grâce à sa monture K, qui accepte quantité de bonnes optiques pas trop onéreuses. Et ce petit côté « vintage » qui lui v si bien … Bien cordialement.
      PS Merci de vous être abonné au site ;-).

Vos commentaires sont les bienvenus, ils aident à faire avancer nos réflexions.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :