Les nouveautés en un lieu

Tout fout l’camp mon bon Monsieur, ma bonne Dame …où l’histoire improbable d’un Leica M9

Mon ami Pierre m’envoie, pour le plaisir, cette offre sur Ebay :

Le vendeur ajoute dans ses commentaires « En BON ÉTAT et EN BON ÉTAT DE FONCTIONNEMENT, mais avec une CORROSION DU CAPTEUR. Photos réelles de l’appareil. Boîte complète, avec tous les accessoires et manuels. »

Il illustre ses dires par cette image :

Heu … est-il certain qu’il fonctionne correctement ?

Lancé en septembre 2009 après les peu convaincants M8 et M8.2, le M9 était présenté comme « le vrai et l’unique Leica numérique […] » avec capteur full frame (source Les numériques).

Le testeur du magasine soulevait bien quelques points discutables : « Certains resteront sans doute un peu déçus par l’absence de système antipoussière ou la petite taille et la faible définition de l’écran, mais le M9 reste un Leica avec sa qualité de fabrication légendaire et un système de visée et de mise au point télémétrique manuelle qui rend certains photographes complètement accros… » mais, in fine, il estimait que cet appareil était dans la lignée des M3 et suivant, de par sa qualité d’usinage.

Je vous laisse satisfaire votre curiosité en lisant l’intégralité du test, si vous en avez envie.

En 2011, révision du modèle avec deux versions : le M9 dit classique, avec la pastille rouge bien devant et, plus discret, le M9-P qui abandonne pastille et nom voyant.

Ensuite, en 2012, ce sera le M9 Monochrom, qui devient l’aïeul des Leica M9 actuels.

Lancé au prix de 5500€ nu en 2009, il est dans la « norme » Leica de ce point de vue.

Et donc, voir cet appareil, en occasion, autour des 350€, ça peut donner des envies …

Mais voilà, comme je suis curieux, je me dit que son prix va encore grimper (il reste 5 jours d’enchères) et donc qu’il serait intéressant de voir quel coût engendrera le remplacement dudit capteur.

Et là, je tombe sur le site officiel Leica, où l’on nous annonce que les Leica M9 – M9-P – M9 Monochrom et M-E ne sont plus réparables !

En effet, la production des capteurs CCD pour ces modèles a été arrêtée et donc les capteurs défectueux ne peuvent plus être remplacés.

Dernières informations concernant la réparation des capteurs des modèles Leica M9 / M9-P / M9 Monochrom / M-E

La production des capteurs CCD pour les modèles Leica M9 a été arrêtée. Par conséquent, il n’y aura plus aucune livraison de capteurs CCD ; les capteurs défectueux ne peuvent donc plus être remplacés.

Bien entendu, toute autre réparation peut encore être effectuée sur les modèles M9 jusqu’à nouvel ordre.
Au lieu de changer les capteurs, nous proposons de nouvelles conditions intéressantes aux clients, pour échanger leur boitier doté d’un capteur défectueux et acheter un modèle d’appareil photo Leica actuel.

Alors que la marque se targue de pouvoir encore réparer et entretenir ses mythiques M3 et consorts (apparu en 1953), elle est incapable d’aider ses clients « numériques ».

Pire, je les cites « …Au lieu de changer les capteurs, nous proposons de nouvelles conditions intéressantes aux clients, pour échanger leur boitier doté d’un capteur défectueux et acheter un modèle d’appareil photo Leica actuel ».

Cynique jusqu’au bout quand on sait qu’un Leica M11 Monochrom est vendu, nu, 9.450€ !

Ici, je me pose quelques questions :

  • est-ce courant qu’on doive changer son capteur chez Leica ?
  • comment se fait-il qu’il se corrode à ce point ?
  • pourquoi ne peut-on envisager un échange avec un autre capteur ?

J’imagine, à la dernière question, que les évolutions tant du capteur que de ce qui l’entoure doivent rendre cette solution compliquée (il faut changer trop de pièces ?) mais quand on pense aux mises à jour successives que font les concurrents – qui ne concernent bien souvent que la partie « software » – je me prends à rêver qu’un capteur d’une autre génération peut encore être compatible.

Bref, que dire de plus devant cette lamentable découverte ?

Tout d’abord qu’avant d’acheter un Leica numérique d’occasion, il faut s’assurer qu’il soit encore réparable (et à quel coût).

Que la marque n’a aucun scrupule v.-à-v. de sa clientèle (là, je ne suis pas certain que les autres fassent mieux !), surtout eu égard aux tarifs pratiqués.

Si vous avez envie de craquer pour un télémétrique d’occasion, rappelez-vous qu’il existe aussi les Fuji (le X-E4 ou le X-Pro2) et l’Olympus Pen F qui sont excellents et … abordables, même s’ils ne sont pas plein format et qu’ils n’arborent pas un cercle rouge vif.

Addendum : le 04 juillet 2023 ce boitier virtuellement en panne s’est vendu 1230€ plus 39€ de frais de port. Ça laisse pensif …

Des références : https://fr.wikipedia.org/wiki/Leica_M9, https://leica-camera.com/fr-FR/service-support/repair-maintenance, https://www.01net.com/tests/leica-m9-fiche-technique-11955.html, en français; https://www.dpreview.com/products/leica/slrs/leica_m9, en anglais.

Argentique

Le Brownie Six-20 « art déco »

Une des premières brocantes d’importance (300 exposants annoncés) de l’année, à Ohey, jolie commune rurale du namurois.

Pour une fois, nous sommes arrivés tard (près de 8h30) et donc je ne m’attendais pas à trouver d’appareils intéressants, les « pirates » et les amateurs étant sans doute déjà passés par là.

Mais voilà, c’était sans compter sur un peu de chance, qui me fit découvrir l’appareil que je vais vous présenter, et un second, autrement plus petit, dans quelques temps.

Je l’ai déjà écris, d’habitude, je ne regardais pas spécialement ces box, parce que souvent dans des états lamentables : rouillés, cabossés, incomplets dans le meilleur des cas. Finalement, c’est celui d’Isabelle qui m’a fait craquer …

Mais ici, j’ai été attiré par sa boite, en cuir, en bel état, qui laissait présager un boitier n’ayant pas trop souffert : j’ouvre et je découvre un Brownie Six-20 avec une belle façade de style « art-déco » en très bel état, on dirait qu’il est neuf !

Je m’enquiers du prix, tout à fait raisonnable, et hop, dans le sac à dos.

Allons-y donc pour une présentation de ce bel objet à faire des photos.

Je ne reviendrai pas sur l’histoire déjà comptée des Brownie’s, que vous pourrez lire ICI.

Cet appareil est le digne descendant du Brownie Six-16, apparut aux Etats-Unis entre mai 1933 et avril 1941, qui donna naissance au Brownie Six-16 Junior. Mais comme il utilise du film 620, c’est l’appellation Six-20 qui est embossée sur la lanière de portage.

Heu, … pour vous donner une idée de la complexité pour s’y retrouver dans les dénominations et âges de ces box, allez voir ICI et LA.

S’il est plus simple que le Brownie Six-20 Model F que je vous ai présenté, il bénéficie déjà de quelques améliorations, que nous allons découvrir au fur et à mesure.

Il s’agit d’un Kodak fabriqué aux Etats-Unis et en Angleterre mais, s’ils ont la même dénomination, il sont singulièrement différents, tant dans la construction que dans la façade art déco. Par contre, tout les deux prendront huit photos de 6x9cm sur un film de 620 (ou un 120 modifié).

L’objectif du modèle US comporte deux zones de mise au point, exprimées en pieds : 5-10 pieds et 10 pieds et au delà pour le marché américain mais traduit en mètres pour les marchés d’exportation : 1,5m – 3m et 3m – infini.

C’est en bougeant un petit levier, situé sous l’objectif, de gauche à droite, que l’on modifie la distance. Ce qui n’est guère commode car la pièce ne tient pas, il faut maintenir le levier dans la bonne position sinon le ressort de rappel la remet à sa place initiale.

En fait, comme vous le voyez sur les photos ci-dessus, le mouvement du levier entraine le déplacement d’une lentille qui travaille comme une loupe.

Ensuite, sur le côté, une tirette et une languette.

La tirette (plié vers l’intérieur) sert à passer en pause B si vous la tirez vers vous, tandis que la languette, en dessous, c’est le déclencheur. La vitesse est le 1/50s, vitesse unique.

Attention, le déclencheur ne revient pas à une position initiale, en haut comme on le prévoit. Ce qui implique que si vous les descendez ou le remontez, il ouvre l’obturateur. Double expo garantie si on est distrait !

A noter encore, sur le côté droit, la manivelle pour faire avancer le film, au chargement et entre chaque prise de vue. Toujours pas de compteur de vue, mais une petite fenêtre en rouge inactinique pour voir défiler les signes et chiffres de l’avancement du film (et toujours pas facile à voir).

Sur le dessus de l’appareil, une troisième tirette :

Celle-ci modifie l’ouverture qui sera de f22(tirette en bas) ou f11 (tirette en haut).

Comme écrit plus haut, cet appareil utilise du film 620, en fait une bobine de 120 dont la taille de la tige est plus fine et plus petite, je l’ai expliqué dans l’article sur le Six-20 Brownie Model C. Il délivrera dont 8 photos de 6x9cm.

Autre particularité, les viseurs sont ici « clairs », ce ne sont pas des verres dépolis comme le Six-20 Brownie Model C mais plutôt comme le Brownie Six-20 Model F (ça va, vous suivez toujours ?). Honnêtement, ça aide pour la visée, même si celle-ci relève toujours plus du « au pif » que de la visée chirurgicale et précise.

Maintenant, question cruciale : et on l’ouvre comment pour y mettre un film ?

Excellente question … au début, je pensais qu’il fallait soulever la fameuse tirette du haut, mais quand je ne suis aperçu de son action, je me suis trouvé fort dépourvu …

Et puis, en tirant sur tout ce qui dépassait, je l’ai fais avec le gros bouton chromé à l’avant, celui qui retient la lanière de portage, et là, ô surprise, en tirant sur la face avant, celle-ci s’est dégagée entièrement, libérant du coup tout le corps et la chambre de l’appareil.

Ce bouton est en fait une espèce de pointeau, monté su ressort, qui bloque la chambre dans son logement. Mais attention, pour pouvoir ôter toute la chambre, il faut impérativement aussi tirer la molette d’avancement vers l’extérieur (deux précautions valent mieux qu’une pour éviter les ouvertures accidentelles).

Une fois cette manipulation effectuée, vous vous retrouvez avec la chambre complète à l’extérieur. Toute en tôle fine, elle porte aussi sur le devant toute la mécanique de l’obturateur rotatif, des objectifs à glissement, les viseurs et autres joyeusetés que l’on vient de découvrir.

Ici, pas moyen de démonter quoique ce soit, tout est soudé.

Une étiquette, collée sur le métal, vous explique ensuite comment remettre les bobines dans le bon ordre, quels films utiliser et vous déconseille fermement d’essayer de mettre du 120 dedans. Et bien sûr, ne vous dit pas de mettre de l’Agfa dedans, mais du Kodak uniquement (on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même).

Le corps de l’appareil, qui semble bien vide tout à coup, est en carton. Peint en noir et recouvert d’une espèce de simili cuir, il faut y faire attention pour ne pas briser les arrêtes, fines, qui tiennent finalement tout ensemble.

En fait, c’est aussi simple qu’un … sténopé, mais en plus évolué : une boite noire avec une surface sensible éclairée le temps dune prise.

Si cet appareil s’est vendu presque sans changements pendant près de huit ans (1933 – 1941), c’est qu’il rendait les services auxquels on s’attendait.

Pas ruineux à l’achat (la force du géant Kodak et les faibles coûts de fabrication), facile à utiliser, même pour des enfants, comme d’autres box, ce type d’appareil a ouvert la voie vers la démocratisation de la photographie.

-« Ouais, mais plus personne n’utilise ce truc pour faire des photos ! »

Détrompez-vous et allez donc voir le compte Flickr des fans de box et de Brownie, vous serez étonné.

Si vous avez, finalement, envie de les rejoindre, dites-vous bien qu’il est aisé de trouver ces box, qu’ils soient Kodak ou d’autres marques (elles s’y sont toutes mises à un moment comme Agfa, Voigtländer, Zeiss, …) et à des prix encore ridicules.

Faites toutefois attention à ces quelques remarques :

  • vérifiez que les viseurs soient clairs
  • que l’obturateur fonctionne
  • éventuellement aussi les lentilles accessoires (comme ici, elles doivent coulisser facilement, sans heurt et se mettre bien en place)
  • si la boîte est en carton, qu’elle ne soit pas fendue, recollée
  • si elle est en fer, qu’elle ne soit pas tordue
  • et dans tous les cas que les parties s’emboitent parfaitement pour assurer une étanchéité complète
  • qu’il s’agisse bien de Six-20 (film 620) ou, mieux, utilisant directement du film en 120. Il a existé des formats aujourd’hui disparus qui rendraient inutilisables l’appareil (six-16, film 616 par exemple)
  • que la chambre soit intacte, avec au moins une bobine dedans (120 ou 620). Si elle était un peu rouillée, il faut la décaper et la repeindre en noir mat
  • bien évidemment, que tous les accessoires soient présents ou réparables

Reste à faire le pas de sortir avec un tel appareil, mais, finalement, c’est le plus accessoire et dites-vous bien qu’il créera du lien car les personnes rencontrées seront étonnées/amusées/intriguées de vous voir utiliser un appareil qu’elles ont peut-être dans un grenier, une armoire et qui a, sans doute, alimenté les vieux albums photos familiaux.

Photographier avec un box, c’est toute une aventure, toute simple …

Laissez-vous tenter.

Petite pub d’époque (merci Collection-appareils)

Central Camera Co, 1936

Pour le mode d’emploi (mais en faut-il bien un ?), c’est par ICI.

Un peu de technique :

Type : Boîte de film en rouleau (box avec rollfilm)
Introduit: mars 1933
Arrêté: avril 1941
Taille du film : 620
Taille de l’image : 2 1/4 X 3 1/4′ (6x9cm)
Fabriqué : États-Unis
Objectif : Diway avec un objectif gros plan
Obturateur : Rotatif
Prix ​​d’origine : 2,50 $

Des références : http://www.artdecocameras.com/cameras/kodak/six-20-brownie-e/, https://www.brownie-camera.com/index.shtml, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Kodak_Six-20_Brownie, https://www.brownie-camera.com/65.shtml, https://www.brownie-camera.com/manuals.shtml (si vous cherchez des infos pour démonter et réparer) en anglais; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-290.html, http://www.appaphot.be/fr/brands/kodak/kodak-six-20-brownie/, en français

Les nouveautés en un lieu

300.000 visiteurs au 25 juin 2023, MERCI !

Parfois je doute de ce travail, amusant mais parfois fastidieux, et puis je me souviens de vos commentaires et je regarde les statistiques du site.

Alors quand je découvre qu’au 25 juin vous avez été 300.021 personnes à me faire l’honneur de lire ces pérégrinations, je me dis que ce qui est fait n’est pas vain.

Vous le découvrez aussi sans doute, la plupart des explications et vidéos qui m’aident à préparer les articles sont en anglais (majoritairement). Le français étant bien minoritaire, c’est une petite manière de rééquilibrer la balance linguistique !

Juste pour vous donner envie de continuer, sachez que j’ai encore environ 45 articles à vous présenter cette année, issus de mes balades en brocantes, en vide-grenier et autres trouvailles (les dons sont rares ;-)).

Bref, j’espère encore pouvoir vous divertir et vous donner les informations utiles sur des appareils que vous ne connaissez pas, que vous découvrez, que vous avez envie d’utiliser ou tout simplement par curiosité.

300.000 mercis en tout cas.

Les nouveautés en un lieu

Nikon bat l’AI à son propre jeu ! Photographes de tous bords, faites de même …

C’est un très bel article, lu sur Phototrend qui m’inspire cet article, je vous encourage à le lire.

Ce que je retiens surtout de cet article c’est qu’effectivement, la nature n’a pas besoin d’une quelconque « intelligence artificielle » pour nous montrer des choses étonnantes, qu’elles soient microscopiques ou monumentales, sa fantaisie innée supplée à la pauvreté de l’imagination de certains.

Depuis des millénaires elle sculpte les roches, façonne les paysages, enrichit sa palette de couleurs, pousse les fleurs ou les animaux à se parfaire pour offrir le plus beau des spectacles qui soit.

Mais il faut de la patience, du talent, quelques connaissances, de l’humilité pour le voir et le montrer aux autres.

Abonnez-vous à National Geographic ou Geo si vous en doutez encore, relisez « Vu du ciel » de Yann Artus-Bertrand, entre autre, pour vous en convaincre.

S’il faut reconnaître une vraie intelligence aux personnes qui inventent ces algorithmes, je pense aussi qu’il leur manque cette part d’intelligence émotionnelle qui fait ressentir les vrais besoins de l’humain, qui ne sont pas forcément qu’on lui mâche la besogne pour tout, qu’on réfléchisse à sa place, qu’on l’infantilise au point de considérer que seul un monde « irréel » ou « augmenté » peut répondre à ses besoins fondamentaux.

Ce dont les humains ont besoin, c’est de la solidarité, de l’entraide, de la tolérance, d’un monde où il fait bon vivre, où tout le monde a un toit sur la tête, mange à sa faim, s’instruit et peut aimer à sa manière.

L’humain est un animal grégaire, qui a besoin des autres pour s’épanouir et avancer. Il peut s’amuser, un temps, de fantasmagories, de monde irréel, mais pas s’en contenter.

Alors, oui, si l’AI permet de détecter plus vite et mieux des maladies, aider à résoudre des problèmes complexes.

Mais non à une AI qui viserait à supprimer des centaines de milliers d’emploi pour augmenter le capital de certains.

D’ailleurs, je me pose souvent cette question : si demain des milliers d’employés ou d’ouvriers se retrouvent au chômage parce qu’une certaine intelligence artificielle les remplace, qu’adviendra-t-il ?

Certes, les coûts sociaux seront réduits à la portion congrue mais qui va consommer s’il n’a plus d’argent ? Et qu’en sera-t-il de la différentiation des produits et services, toutes les intelligences artificielles s’abreuvant aux mêmes sources pour « enrichir » leurs connaissances ? Quelle sera la qualité décisionnelle de ces AI qui remuent toujours les mêmes thèmes pour aboutir à quel résultat ? Qui croira encore l’information distillée par des journaux ou autres médias quand on sait que le pire, manipulé, partagera avec le vrai, non contrôlé.

Si l’humain a eut l’intelligence de créer celles-là, c’est encore et toujours lui qui doit rester le maître du jeu et tout doit être mis en place pour cela perdure.

Et à notre échelle d’humbles photographes, allons chercher ses merveilles, captons-les pour les offrir aux autres et les faire rêver eux aussi.

Elles ne sont pas forcément au bout du monde car comme le chante Benabar, « C’est le complexe du sédentaire, Tête en l’air et pied à terre, Mais pour quelqu’un de tout là-bas, Le bout du monde, t’y es déjà » (in le Complexe du Sédentaire, album Le début de la Suite).

Argentique

Le Chinon 35

Voici le second appareil que j’ai acheté à la foire de Villers Bretonneux, à la suite donc du Konica C 35 V.

Celui-ci est tout noir mais … il m’intrigue !

En effet, pour préparer mes articles, je fouille la Grande Toile pour y trouver des explications un peu plus techniques que mes seules observations, afin d’essayer d’être le plus complet et le plus juste possible. Et là, rien !

Ah, j’ai bien trouvé ceux-là :

Mais ils ne ressemblent pas à celui-ci :

Alors, au jeu des différences :

Chinon 3538mm f2,7 anastigmatdéclencheur champignonpoint and shot
Chinon 35EE38mm f2,7 Chinonex Colordéclencheur tube chrométélémétrique
Chinon38mm f2,7 Chinonex Color Chinon Industriedéclencheur tube noirpoint and shot
Je pense qu’il s’agit là d’un modèle tardif de Chinon 35 : la sérigraphie est différente, le déclencheur aussi, l’objectif celui du 35EE mais en plus moderne (lettrage) car j’ai fini par trouver une autre illustration qui se rapproche nettement plus de celui que j’ai trouvé.
Source : Camera-Wiki

Sniff, fin du suspens …

Bon, reprenons le cours de notre présentation.

Ce petit Chinon est un « point and shoot » basé donc sur le Chinon 35EE, auquel on a enlevé le télémètre et le retardateur.

J’ai trouvé une page amusante chez « mes appareils photos » qui recense toutes une série de petits appareils dont on se demande qui clone qui. A voir, pour le plaisir.

Produit au milieu des années septante (1977), le Chinon 35 garde l’objectif de 38mm ouvrant à f2,7, avec des variations de dénominations mais c’est toujours bien le même objectif.

Ensuite son système de mesure est identique : réglages en mode automatique (A), du flash ou le mode bulb (comme il perd le retardateur, le déclencheur est fileté pour y fixer un déclencheur souple).

Encore, il partage le même viseur avec les marques de cadre et de correction de la parallaxe, et l’affichage en échelle de la vitesse d’obturation et d’ouverture.

La cellule est une CdS montée sur le haut de l’objectif, derrière le filtre éventuel, pour mieux en tenir compte.

Les deux appareils sont si proches que le mode d’emploi les présente tous les deux ensembles.

Vous le trouverez ICI.

Comme pour le Konica C 35 V, l’objectif offre une grande profondeur de champ et autorise quelques approximations de distances (raisonnables, on s’entend bien !).

Mais contrairement au Konica, il n’y a pas de pictogrammes mais bien une échelle de distance (en pieds ou mètres) gravée sur le fut. Ce qui revient au même mais en moins « parlant » que les symboles du premier. Pour faire plus pro ?

Pour le reste, c’est un tout automatique : lorsque vous avez réglé la vitesse de votre film (de 25 à 500 Asa), et donc la sensibilité du posemètre, l’appareil se débrouille pour vous donner le meilleur résultat tant en vitesse (du 1/30s au 1/650s) que d’ouverture (f2,7 à f22). Et il le fait bien !

Quelques exemples de photo LA pour vous en convaincre.

Résumé en images :

La question traditionnelle : ce petit Chinon 35 vaut-il la peine ?

Oui car il est suffisamment doté que pour vous donner du plaisir à photographier, sans chichis, sans complications.

En plus, il est chouette dans sa belle robe noire. Petit compact, majoritairement en métal, il vous suivra partout.Comme son confrère, le Konica C 35 V, n’oubliez pas de lui adjoindre un bouchon d’objectif s’il n’en a pas (diamètre 46mm), ça économise la pile.

Il n’est pas foncièrement rare même s’il faut chercher un peu pour en trouver un en bel état. Si vous en trouvez un, comptez quand même au moins 50€ pour l’emporter.

A ce prix-là, vérifiez que les mousses ont été changées. Comme pour tous les appareils de cette époque, c’est absolument nécessaire de le faire pour éviter des fuites de lumière.

Exceptionnellement, il n’y a pas de video sur cet appareil, les youtubeurs étant obnubilés par le Chinon 35-EE et 35F-EE semble-t-il.

Un peu de technique :

Lentille couleur Chinonex 38mm 1:2.7
Cellule à capteur CdS sur la monture d’objectif (46mm)
Mise au point d’1 m à l’infini
Modes : Automatique (A), Bulb (B) et nombres guides du flash
Réglage Bulb avec ouverture fixée à f/2.7
Vitesse du film que l’on règle sur l’anneau à l’avant de l’objectif en ASA (25-500) ou DIN
Pile Px 625A pour remplacer celle au mercure de l’époque
Griffe pour flash avec vitesse d’obturation de 1/30s (synchro)
Pas de vis pour trépied.

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Chinon_35, http://camera-wiki.org/wiki/Chinon en anglais; https://www.mes-appareils-photos.fr/Chinon-35.htm, en français

Argentique

Le Nikkormat FTn

Un (petit) matin ensoleillé à Rixensart (Belgique) et une belle brocante.

Et là, sur un stand, deux Nikkormat noirs, bien patinés comme je les aime. Sauf qu’il n’y en a qu’un qui fonctionne, le second est bloqué.

J’échange quelques mots avec le vendeur, un passionné passionnant, qui aime les vieux appareils et, en gros, tout ce qui touche à l’image, fixe ou animée.

Petite digression à son sujet, d’ailleurs, car Pascal Becker (notre sympathique vendeur) a décidé d’ouvrir … un petit musée privé consacré à la télévision, le son, l’informatique, la photo et le cinéma !

Moi j’aime bien ce genre d’initiative et donc, je partage.

« Le Matos Museum » ou « musée des médias et des technologies obsolètes » se situe à Bierges (1301), rue Provinciale 171. L’entrée est gratuite et les visites se font sur rendez-vous soit par téléphone, soit via le mail. Si vous voulez un avant goût du musée, l’adresse du site est ICI.

Quand j’écrivais qu’on rencontrait des gens formidables sur les brocantes …

Pourquoi ai-je craqué pour ces 2 appareils ?

Eh bien parce que je trouvais que le site était un peu pauvre en matériel Nikon, que l’on ne peut négliger dans l’histoire de la photographie. Et tant qu’à en parler, autant le faire avec les plus dignes représentants (quand mon portefeuille est d’accord aussi, soyons raisonnable !).

Mais revenons à l’appareil qui nous préoccupe, le Nikkormat FTn.

Impossible de l’évoquer sans écrire sur celui par qui tout a commencé, le Nikon F, présenté en 1959. Ce reflex a longtemps été LA référence, de part la qualité de sa fabrication, sa simplicité d’utilisation, sa conception d’ensemble, pensée pour affronter les pires conditions d’utilisation. Essentiellement destiné aux photographes professionnels, il avait un coût, celui de la qualité.

Et pourtant, la genèse du Nikkormat (ou Nikomat au Japon) est le Nikkorex.

Un appareil étonnant que celui-là : un reflex à objectif fixe et obturateur dans l’objectif, comme le Mamiya 528 TL p. ex. Nous sommes alors en 1960.

Peu coûteux, ils ont été conçus pour montrer aux amateurs les avantages du format reflex, relativement nouveau et qui débarquait dans un monde photographique alors occupé par les foldings (pliants) comme ceux de chez Zeiss Ikon, les TLR (bis-objectifs) comme chez Rolleiflex, les télémétriques nippons et allemands.

Mais Nikkon n’a pas percé avec cet appareil, finalement encombrant, peu versatile : objectif fixe, auquel on a adjoint ensuite des compléments tels des lentilles grand angle, des télé, etc. Ils ont même tenté de modifier la gamme pour y placer – enfin – des objectifs interchangeables avec la monture F, le Nikkorex F. Ce fut un échec commercial.

Tiens, et pour la petite histoire, cet appareil ne fut pas fabriqué par Nikkon mais par … Mamiya , qui a vendu le design à Ricoh en 1966 (date de l’abandon du Nikkorex au profit du Nikkormat), Ricoh qui produira les Ricoh Singlex et Sears SL11 associés !

Source : Wikipedia

Pourtant cette expérience a fourni de précieuses informations à Nikon pour la fabrication d’un reflex à objectifs interchangeables peu coûteux. Et il gagnait un obturateur en métal à déplacement vertical fabriqué par Copal, le Copal Square. Un obturateur solide, fiable, qui proposait une synchro flash rapide, le 1/125s.

Un nouveau cahier des charges prévoit que le futur reflex devra être une alternative de qualité au Nikon F : moins chère, plus dépouillée, avec un posemètre interne et couplé, une monture F et ce très bon obturateur Copal Square.

Le Nikkormat était lancé.

Commercialement, c’est un appareil milieu de gamme afin de séduire le plus grand nombre de consommateurs, ceux qui ne pouvaient se payer le Nikkon F mais suffisamment éclairés que pour gérer un appareil de qualité.

La bataille sera rude, ces consommateurs-là ayant déjà le Pentax Spotmatic, les Canon FT à leur disposition. Nikon devait se montrer à la hauteur et/ou faire mieux.

Ils feront mieux.. Pour casser l’image éculée de l’appareil grand public fragile et mal fichu, Nikon crée une filiale, la Miton Nikon, pour superviser le développement et la production du Nikkormat.

Pour la petite histoire, Miton Nikon, outre qu’elle réussira son pari, fabriquera pendant près de 50 ans quelques uns des meilleurs appareils argentiques de Nikon. Notamment les F3, F4, FM3a, le S2 Millennium Limited Edition et SP 2005 Limited Edition.

C’est en 1965 qu’est lancée une des plus grande campagne de promotion pour ce nouvel appareil, le Nikkormat : des foires sont organisées à travers le Japon, des films sont diffusés dans les cinémas, la télévision nationale diffusent des publicités, même les trains sont utilisés comme supports publicitaires : Nikon lance un reflex pour les photographes amateurs exigeants !

Quelques exemples de publicités de l’époque (sorry, impossible de retrouver mes sources)

Toute cette énergie pour le présenter, lui :

Les premiers FT et FS offrent la même qualité de construction à toute épreuve, le même design anguleux qui ont rendu le Nikon F si célèbre.

Nikon veut gagner son projet et ils y mettent le paquet : les Nikkormat proposent la monture F, l’obturateur Copal Square (qui propose maintenant des vitesses de 1s à 1/1000s), un bouton pour la prévisualisation de la profondeur de champ, un curseur pour verrouiller le miroir, un posemètre interne couplé visible dans le viseur avec une fenêtre de rappel sur le capot.

Il faut, je pense, reconnaître que si Nikon a toujours su communiquer avec les professionnels à qui il proposait des outils bâtis sur mesure, avec le grand public, ce n’était pas aussi évident et même parfois franchement maladroit.

Le Nikkormat devait lever cette ambiguïté : moins cher que le Nikon F destiné aux pro de l’image, il offrait la même qualité de fabrication, quasi les mêmes spécifications et, surtout, offrait un point d’entrée au système des objectifs F.

Les amateurs allaient pouvoir utiliser les mêmes objectifs que les pro comme Tim Page, David Douglas Duncan, Gordon Park, Larry Burrows, Don Mc Cullin (qui eut la vie sauve grâce à son Nikon F qui encaissa la balle de AK-47 qui lui était destinée), ….

Le succès fut au rendez-vous, non seulement au Japon mais aussi dans le reste du monde. Et il n’y eut pas que les amateurs qui crurent en cet appareil, des photojournalistes, des photographes de studio se sont ajoutés aux photographes de tous les jours.

La simplicité et la fiabilité à toute épreuve, la compatibilité totale avec les objectifs du Nikon F en ont souvent fait un appareil de secours, monté d’une autre optique, en cas de besoin, par les pros eux-mêmes.

La guerre du Vietnam fut leur consécration, à côté du Nikon F, ou seul sur le terrain des opérations.

Quelques réalisateurs les ont mis au menu pour rappeler ces épisodes mouvementés: Stanley Kubrick dans « Full Metal Jacket » .

Ou Dennis Hopper, photojournaliste dans « Apocalypse Now ». Dennis Hopper qui fut d’ailleurs un photographe reconnu, d’autre part.

Lorsque Eric Reguly revisite les lieux qu’a parcouru son père, Robert Reguly, correspondant de guerre au Vietnam, il cite :  » Trois objets précieux dans mon bureau à domicile à Rome exigent mon attention alors que mes sacs se remplissent – oui ou non. La première est la machine à écrire portable Olympia de fabrication allemande que papa – connu sous le nom de Bob par sa famille et ses amis – traînait au Vietnam. Il a quelques bosses, mais fonctionne parfaitement. Le second est un appareil photo Nikkormat lourd en briques, noir, l’un des deux qu’il a utilisé comme correspondant étranger aux États-Unis, en Indochine, au Moyen-Orient et en Afrique. Lui aussi fonctionne parfaitement. Le troisième est le sac à dos de l’armée américaine, avec des bouteilles d’eau en plastique vertes isolées, qu’il a achetées au marché noir le lendemain de son arrivée à Saigon en mai 1967 et emportées à la guerre« , in « Ghosts of war : My journalist father’s Vietnam odyssey, revisited », The Globe and mail, 31/03/2018.

Le Nikkormat sera produit de 1965 à 1978. Il connaîtra quelques évolutions, bien évidemment.

Les deux premiers, le FT et le FS sont des reflex tout en métal, entièrement mécanique (avec plein de ressorts, d’engrenages, de leviers métalliques à l’intérieur – il accuse 760gr nu sur la balance), disponibles en deux couleurs, noir et chrome ou tout noir. Le FT possède un posemètre intégré et couplé, pas le FS. Ils seront fabriqués de 1965 à 67.

A partir de 1967, apparait le Nikkormat FTn qui simplifie la synchronisation des ouvertures avec le « Nikon Shuffle », un adroit montage pour synchroniser l’ouverture de l’objectif avec la cellule.

Sous la plaque nominative vous voyez apparaître une partie du mécanisme, qui sera actionné par la butée fixée au pourtour du fut de l’objectif.

Il modifie aussi la mesure de lumière, autrefois moyenne sur toute la surface, elle devient centrale pondérée avec une répartition 60/40, mesure qui sera la norme sur tous les reflex Nikon ensuite.

Une légère variante, le FTns a glissé un bout de plastique sur le levier d’armement et le levier du retardateur (comme sur le F2) et la possibilité de choisir entre un microprisme ou des écrans de mise au point télémétrique.

Le Nikkormat FTn sera le best-seller de la gamme. Il sera produit jusqu’en 1975, donnant enfin à Nikon une place stable sur le marché « grand public ».

Dès 1976, son successeur, le Nikkormat FT2, apporte quelques améliorations, comme le sabot pour le flash fixe, le stignomètre à coïncidence, un réglage des Asa plus simple et l’adoption d’une pile non plus au mercure mais alcaline de 1,5v. Rien de révolutionnaire mais de quoi rester dans la course.

Dans les années septante, le rythme des innovations était pour le moins soutenu et les constructeurs nippons ne se faisaient pas de cadeau.

La taille des reflex, leur poids allaient rapidement évoluer. Dès lors, le Nikkormat FT3 (1977) sera le dernier représentant tout mécanique de cet « ancien monde », d’autant qu’il n’apportait qu’une simplification le rendant compatible avec les objectifs Nikkor AI.

Nikon ayant senti le vent tourner préparait la succession de ces appareils tout mécanique et a commencé, dès le début des années septante, une gamme à commande électromécanique Le premier sera le Nikkormat EL (1972), le tout premier appareil photo à commande électronique de chez Nikon.

Si l’appareil était toujours grand et lourd, construit pour durer, il était cependant doté d’un mode priorité à l’ouverture. Il inaugure aussi le système à aiguilles (cellule) qui sera utilisé par Nikon sur la série des FE.

La série de Nikkormat EL aura aussi droit à quelques évolutions, comme le ELW ou le EL2, ce dernier recevant la même mise à jour que le FT3 pour accepter les objectifs AI. Il gagne aussi un posemètre avec une photodiode à base de silicium, plus rapide.

Mais surtout, le EL2 s’appellera dorénavant Nikon EL2. Les Nikkormat deviennent « officiellement » des Nikon à part entière !

Le nom disparaîtra complètement pour accueillir les boitiers Nikon FM, destinés eux aussi aux « amateurs » (1977).

Ces nouveaux boitiers rompent avec la ligne habituelle des Nikon : ils sont petits, élégants et légers, conçus pour rivaliser avec l’Olympus OM-1, le Pentax ME et le Canon AE-1.

Cette nouvelle gamme, la série FM, dépassera les ventes des Nikkormat avec, sans doute, un grand avantage, le « prestige » de porter officiellement le nom de Nikon.

Pourquoi avoir « re badgé » les Nikkormat ?

Nikon était fier de ces appareils, solides, faciles d’emploi, digne de la meilleure qualité de la marque, mais pour le marketing, ça faisait « too cheap ».

Par exemple, le Nikon L35AF possédait sans doute le meilleur objectif jamais dédié à un appareil compact, mais il était noté Nikkor car l’appareil était destiné aux amateurs. On supprima le nom.

De fait Nikon a toujours eu un problème face aux produits destinés au grand public, se concentrant exclusivement sur les pros avec la marque phare Nikon.

Avoir créé une « marque dans la marque » pour répondre à ce marché est symptomatique : le fait d’acheter un Nikkormat ne vous permettait pas d’entrer réellement dans la famille Nikon même si les standards de qualités y étaient aussi élevés. Un Nikon F était un appareil destiné aux pro, à tel prix. Le Nikkormat s’adressait au grand public, à un autre prix.

Ce n’est qu’au basculement du Nikkormat EL2, rebaptisé Nikon EL2, que l’on put assimiler les deux marques. Mais c’était tard, très/trop tard.

Pour en revenir au fonctionnement, le Nikkormat FTn n’a besoin d’une pile (une WeinCell pour respecter le 1,35v ou une PX 625A de 1,5v) que pour alimenter le posemètre.

Les objectifs sont des Nikkor mais on peut monter dessus les objectifs prévus pour les Nikon F. Celui de dotation était un Nikkor H 50mm f2. Il utilise tous les objectifs Ai (pour auto indexing) et non Ai de Nikon.

Attention, le montage de l’objectif requiert un peu d’habitude. La liaison entre les objectifs et le posemètre se fait grâce aux « oreilles » qui sont sur l’objectif et la broche qui est sur un anneau fixé au corps du boitier.

La broche du réglage de l’objectif, qui se glisse entre les « oreilles » de ce dernier.

Pour monter l’objectif sur le boitier, il faut mettre ce dernier à l’ouverture de f5,6. Puis il faut impérativement tourner la bague vers l’ouverture minimale (grand f) puis vers l’ouverture maximale (petit f) afin d’indexer l’ouverture maximale de l’objectif pour l’appareil.

En haut à gauche de la bague, l’ouverture maximale de l’objectif est indiquée par un petit point rouge le long d’une échelle marquée de f/5.6 à f/1.2. Une fois le Nikon Shuffle exécuté, le point doit correspondre à l’ouverture maximale marquée sur l’objectif, sinon l’objectif devra être retiré et remonté.

Notons que le Nikkormat FTn simplifie un peu le principe.

Contrairement aux Nikon, la bague des vitesses est sur un anneau derrière l’objectif (comme sur l’Olympus OM-1 p. ex.), pas un bouton sur le capot.

L’obturateur est un obturateur plan focal à lames métalliques se déplaçant verticalement. La plage de vitesse va de 1s à 1/1000s et la pose B.

Il propose deux prises de synchronisation de flash, une pour les flashs électroniques (prise X) avec une vitesse maximale de 1/125s, et une autre (prise M) pour les vieux flashs à ampoules. Dans ce cas, la vitesse d’obturation dépend du type d’ampoule.

Mais l’appareil ne propose pas de griffe/sabot pour un flash. Elle se monte grâce à une bague à fixer sur le viseur. Il faut toujours un câble pour la synchro flash, la griffe étant dite « froide », il n’y a pas de synchro via la griffe.

La plage de sensibilité de la cellule va de 12 à 1600 Asa. Comme signalé plus avant, le système de mesure est du type à pondération centrale, à travers l’objectif (TTL), avec une répartition 60/40 %. C’est une cellule au sulfure de cadmium (CdS).

L’appareil hérite du système de contrôle d’exposition du F, le Photomic T : mesure intégrale à pleine ouverture.

Dans le viseur, sur votre droite, se trouve un système à aiguille, c.-à-d. qu’il utilise un pointeur qui indique la quantité de lumière reçue (visée et mesure à travers l’objectif – TTL) par rapport aux réglages réels faits sur l’appareil. Le but est de centrer l’aiguille dans le cadre limité par un « – » et un « + » (notez que le signe « – » est en haut).

Le témoin de la cellule est dupliqué sur le capot, à côté de la manivelle de rembobinage. Pratique si l’appareil est sur trépied.

La cellule s’active dès que vous armez et s’éteint lorsque vous ramenez le levier vers le corps du Nikkormat FTn.

Toujours dans le viseur, au centre il y a un microprisme central (4mm) sur une surface de mise au point mate. Le reste du verre est un dépoli fin.

Au bas du viseur, la vitesse d’obturation sélectionnée est visible en blanc (transparent) avec les vitesses supérieures et inférieures suivantes vues de chaque côté avec une teinte jaune. Le viseur offre une couverture de 92 % de la zone d’image.

Qu’écrire de plus sur ce bel appareil ?

Petit résumé en images

En fait, sur les 2 Nikkormat que j’ai acquis ce jour-là : l’un est un FTn et le second un FTns (avec les petits accessoires plastiques en sus). C’est ce dernier qui est en panne, car oui, même un Nikkormat peut tomber en vrac (à mon humble avis, ce dernier a dû souffrir).

Comme je les ai acheté nus, je cherchais un 50 mm pour tester celui qui fonctionne. Grâce à l’ami Pierre, j’ai pu trouver ce bel objectif AI Nikkor 50mm f2 qui accompagne désormais le boitier.

Je ne désespère pas trouver un jour un vrai F et/ou l’une de ses déclinaison mais les prix restent himalayens !

Ceci étant, cet appareil est très facile à utiliser (au moins quand on a réussi à y placer un objectif), peut-être moins « glamour » qu’un Canon A-1 ou F-1 mais nous ne sommes pas dans la même catégorie ni la même époque.

Si vous comptez en trouver un en bon état, comptez quand même pas loin des 100€ avec un objectif, et gardez un peu de monnaie pour vous payer une bonne sangle solide et confortable, avec son objectif vous ne serez pas loin du kilo autour du cou (1.194 gr avec un Nikkor 50mm f2 et un film 36 vues).

Reste que cet appareil fait partie des mythes que l’on a envie une fois dans sa vie de toucher, d’essayer, au même titre que les Canon que j’ai cité, que le Pentax LX, que le Minolta MX ou le Monilta 9 (que je ne désespère pas de trouver, aussi, un jour).

Publicités et illustrations d’époque (merci Collection-appareils)

Grenier-Natkin, 1966, avec les explications du principe des cellules CdS qui équipent le boitier
Grenier-Natkin, 1966. Il est toujours intéressant de voir les forces en présence à une époque donnée. Et – je pense – c’est ici que l’on voit pourquoi Zeiss Ikon était déjà dépassé par les appareils japonais !

Videos d’illustration et si vous deviez effectuer des réparations.

Des références : https://en.wikipedia.org/wiki/Nikkormat, https://www.bhphotovideo.com/explora/photography/hands-review/classic-camera-review-nikkormat-ft-2-poor-man%E2%80%99s-nikon-f, https://lens-db.com/camera/nikkormat-ft-1965/, https://filmphotography.eu/en/nikkormat-ft/, https://casualphotophile.com/2020/04/08/nikon-nikkormat-retrospective/, https://www.35mmc.com/29/07/2019/nikkormat-ftn-review/, http://camera-wiki.org/wiki/Nikomat/Nikkormat_FTN, https://www.destoutz.ch/nikkormat_ftn_bodies.html, https://www.ne.jp/asahi/japan/manual-camera/ftn1.htm, https://www.destoutz.ch/nikon-f.html, https://camarasclassicas.blogspot.com/2010/10/nikkormat.html, https://schneidan.com/2017/04/28/nikkormat-ftn-competent-companion-consumer/, https://en.wikipedia.org/wiki/Nikkorex#/media/File:Nikkorex_F_with_NIKKOR-S_Auto_1_-_2_f=5cm_lens.jpg en anglais; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1174-Nikon_Nikkormat%20FT.html, http://www.appaphot.be/fr/brands/nikon/nikon-nikkormat-ft/, https://forum.nikonpassion.com/index.php?topic=136527.0, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-12501-Nikon_Nikkormat%20FT2%20.html, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=11615, https://lemag.nikonclub.fr/focus-nikon-f/, https://lemag.nikonclub.fr/photographes-nikonistes-celebres/, https://www.collectiongeven.com/piwigo/index.php?/category/1228, en français

Argentique

L’Olympus XA 2

Ohlala, celui-là je devais vous le présenter depuis … juin 2022 !

Il fait partie de ces petits appareils qui ont un succès fou dont on se demande pourquoi et dont les prix ne cessent de grimper …

S’il a trainé dans mes « brouillons » c’est que je ne l’ai pas trouvé amusant : trop petit pour une utilisation avec mes doigts gourds et ma vue qui baisse. Même si cela n’enlève rien aux qualités de l’engin, soyons bien clair.

Je vais donc tenter de me rattraper à son sujet …

On ne peut pas parler de cet appareil sans parler de son génial concepteur, Yoshihisa Maitani l’inventeur du Pen F, du Pen E, du OM-1 et du XA (entre autre).

Remettons-nous en 1979. Outre la miniaturisation de l’ensemble, il a eu l’idée le premier de ce design inédit, avec ce clapet coulissant devant le bloc optique, qui protège ce dernier efficacement, comme la commande de mise au point, le sélecteur Iso/Asa, mais aussi assure la cohérence de l’ensemble. Puis il y avait l’obturateur vertical, le déclencheur à commande électromagnétique, le retardateur enchâssé et le télémètre.

Selon la légende, il a été conçu pour tenir dans une poche de chemise (tiens, comme le Minox EL) en conservant des fonctionnalités de « grand ». Tout a été conçu pour garder cette taille minimaliste et le design du boitier est un trésor d’ingéniosité.

Et tant qu’à faire preuve d’inventivité, Maitani a reformulé la forme de l’objectif, un Zuiko 35mm f2,8 avec le mécanisme de mise au point à l’intérieur, ce qui éliminait le besoin d’un objectif plus long et de l’action télescopique associée au mouvement de l’objectif.

Pari réussi, le XA sera le premier d’une série d’appareils qui aboutiront au Mju au tournant des années nonante, un autre succès. Les années quatre-vingt seront Olympus pour tout ce qui touche aux petits appareils performants et de taille (très) réduite, puis celles des années nonante avec leurs successeurs !

Le modèle original, le XA, sera vendu de 1979 à 1985 et donnera, comme tous les appareils bien nés, une descendance active. Petit résumé :

  • Olympus XA : petit télémètre avec objectif Zuiko 35mm f/2.8 en 6 éléments à priorité ouverture
  • Olympus XA1 : appareil photo mécanique simple avec une cellule au sélénium
  • Olympus XA2 : appareil photo à mise au point par zone, obturateur automatique programmé, objectif Zuiko 35 mm f/3,5 à 4 éléments
  • Olympus XA3 : Identique au XA2 avec reconnaissance automatique de la vitesse du film « DX », un peu plus grand que les précédents
  • Olympus XA4 : appareil photo à mise au point autofocus, objectif macro large de 28 mm mais aussi plus grand que les XA – XA1 – XA2

Mais arrêtons-nous sur le Olympus XA 2 qui nous intéresse aujourd’hui.

Il remportera le premier prix du « Good Design Mark » en 1981 au Japon. Il était considéré comme l’ultime niveau de la technologie de précision japonaise du moment, rien que ça !

Voyons voir ce qu’il nous réserve …

S’il abandonne le complexe et efficace objectif Zuiko 35mm f2,8 du XA, il gagne un Zuikon 35mm à 4 éléments ouvrant à f3,5 qui reste de très grande qualité.

Comme il n’est plus télémétrique, il propose un système de mise au point par zones, trois en fait. Vous réglez la distance grâce à un petit levier sur l’avant de l’appareil. Sa mise au point minimale est de 1,2m.

Petit point d’attention, un peu comme avec le LC-A si mes souvenirs sont bons, s’il fait bien clair, avec le réglage à 1,2m, vous serrez bien net. Par contre, si la lumière est plus chiche, mettez-vous sur la position « montagne », vous gagnerez en netteté. Le reste, c’est le XA 2 qui le réglera pour vous, car l’appareil est devenu automatique.

Autre petit détail utile : à chaque fois que vous fermez le boîtier, la distance se remet sur celle du milieu, il faut y penser. Maintenant, dites-vous que c’est sur cette distance-là que vous travaillerez essentiellement. Comme ça, il suffit de pointer et appuyer sur le déclencheur !

Sous l’objectif, le réglage pour la sensibilité de la cellule, de 25 à 800 Asa.

Par en dessous, un tout petit levier vous permet de vérifier l’état de la batterie et d’enclencher le retardateur, plus ou moins 12 sec. Lorsqu’il fonctionne, une lampe LED rouge sur la face avant clignote et un bip se fait entendre.

La trappe pour la pile est aussi par dessous, à côté du pas de vis pour la fixation d’un trépied.

Rationnellement, il utilise le même module flash que le XA, le flash A11, qui se fixe sur le côté de l’appareil grâce à un mécanisme intelligent de vis moletée qui permet de le fixer fermement au corps et assure un bon contact de couplage.

Ainsi attaché, on a l’impression d’un autre appareil, un peu plus long mais dont le design ne souffre par trop de cette extension, le flash étant finalement petit (et peu puissant). Il est alimenté par une pile AA classique.

Si je compare avec le Minox, le dessin de l’Olympus XA2 est mieux préservé car le flash du Minox se fixe sur le dessus et rompt toute la forme du boitier.

Pour y placer un film, il suffit de tirer sur la bobine de rembobinage et le dos s’ouvre pour découvrir la chambre.

Le dos est équipé d’un presse film et de … mousses qu’il vous faudra changer si cela n’a pas été fait entre temps.

L’armement s’opère avec la grosse molette, en haut à droite du boitier.

Notez l’emplacement inhabituel du viseur, dont on voit le « tunnel » lorsque la chambre est ouverte. Gain de place à tout prix !

Tout est en plastique. Ce qui ne signifie pas que c’est fragile, mais l’usure peut s’avérer la pire ennemie : engrenages fatigués et usés vous feront payer rapidement leur âge en bloquant l’appareil. Autre problème, qui sera repris sur les Mju : si un film s’est coincé dans la chambre, pour l’enlever, certains ont tiré dessus de toutes leurs forces alors qu’il était encore engagé dans la bobine réceptrice. Si le film est fichu (exposé), cette manœuvre a toutes les chances d’avoir aussi « flingué » le moteur de l’appareil.

Si donc vous en trouvez un et que vous avez envie de vous l’offrir, mettez deux piles LR 44 dedans et prenez un film test avec vous pour vérifier que l’appareil est encore capable d’entrainer celui-ci normalement.

Comme je le compare souvent au Minox, j’ai trouvé sur le site de Collection-appareils ce petit résumé efficace :

Cette comparaison pourrait aussi s’appliquer au Chinon Bellami que je vous ai présenté il y a un moment, lui aussi champion de compacité.

En résumé, tous ces petits appareils sont mignons, on peut les emporter partout (heu, la poche de chemise doit être assez grande quand même) et ils sont performants.

L’Olympus XA 2 ne fait pas mentir la légende du premier du nom et son prix s’en ressent actuellement. Sa cote grimpe, grimpe …

Si vous arrivez à en trouver un sous la barre des 150€, c’est que vous avez de la chance !

Les vaut-il ? Avec les remarques que j’ai pu faire ici et là, oui, pourquoi pas, mais c’est quand même un appareil qui fête ses quarante ans, en plastique, avec un peu d’électronique embarquée … il peut vous abandonner à tout moment, comme les autres aussi d’ailleurs.

Mais il est craquant …

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Petites pubs d’époque (merci Collection-appareils)

Grenier-Natkin, 1981.
Camara, 1981, avec les « lilliputiens » de l’époque en lice.

Video d’illustration

Quelques données techniques :

Produit 1980-86 Olympus Optical Co. Ltd., Tokyo, Japon
Type de pellicule 135 (35 mm)
Taille de l’image 24 mm x 36 mm
Poids 200g
Objectif D.Zuiko 35mm 1:3.5-22 (4 éléments en 3 groupes)
Plage focale de 1,3 m à l’infini en 3 zones
Taille du filtre n/a
Obturateur Olympus inter-objectif
Vitesses d’obturation 2s-1/750 automatique à priorité ouverture
Viseur Viseur de lignes lumineuses de type Albada
Posemètre CdS
Pile deux bouton oxyde d’argent SR44/S76
ASA 25-800
Retardateur
Enrouleur à molette

Des références : https://www.35mmc.com/12/04/2023/olympus-xa2-a-brief-guide-to-my-every-day-carry-camera-by-sean-arntz/, https://www.kenrockwell.com/olympus/xa.htm, https://kosmofoto.com/2018/12/kosmopedia-olympus-xa2/, https://www.35mmc.com/27/03/2016/olympus-xa2-review-love-camera/, https://en.wikipedia.org/wiki/Olympus_XA, https://mattsclassiccameras.com/rangefinders-compacts/olympus-xa2/, https://casualphotophile.com/2018/06/20/olympus-xa-review-35mm-film-camera-rangefinder/, https://www.diaxa.com/xastart.htm en anglais; https://www.lomography.fr/magazine/172650-29-39-olympus-xa-the-perfect-camera-to-capture-people-on-the-street, http://www.appaphot.be/fr/brands/olympus/olympus-xa-2/, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-24-Olympus_XA2.html en français

Argentique

Les Polaroid Land 1000, 2000 et 5000 Sonar Autofocus.

Bon, j’avais émis l’hypothèse de ne plus acheter de Polaroid mais quand l’occasion se présente et qu’ils sont en bon état, je craque (encore).

Ces deux-ci viennent de brocantes, celle du Grand Large à Mons le 29 avril et celle de Haversin, le 1er mai (ben oui, quand il y a du soleil et qu’il ne pleut pas, il faut en profiter en Belgique).

Bref, je ne vais pas être très long, ces deux appareils ne sont pas très différents de ceux de cette gamme que je vous ai présentée (voir Polaroid Land 1500).

Juste une présentation rapide car le Land 1000 est accompagné d’un flash Polatronic 1, qui donne une certaine allure à l’ensemble.

Et pour le Land 2000, vous le présenter dans sa boite d’origine, avec le mode d’emploi.

Quant au troisième, le Polaroid Land 5000 Sonar Autofocus, il est très semblable au Supercolor Autofocus 3500.

J’ai eu la chance de l’acquérir avec sa sacoche d’origine, assez pratique, le mode d’emploi et une rampe de flashbar. Et, surtout, les explications d’époque pour en tirer le meilleur parti.

C’est aussi un appareil utilisant les films SX-70. Son objectif est un 116mm ouvrant à f9,4, avec une mise au point minimale de 90cm.

Il possède le système Ligth Meter (gestion du flash) et reste un tout automatique.

Sorti en même temps (1978) que le célèbre SX-70 pliant, il restait plus abordable car sa construction solide le rendait moins cher à fabriquer. La « mécanique interne » est identique à celle du SX-70 pliant. Et lui possédait déjà un système d’autofocus grâce au sonar qui se cache derrière la lentille dorée en nid d’abeille. Le SX-70 pliant attendra encore 2 ans pour ce perfectionnement (qui l’alourdit au point de vue design).

Trois beaux Polaroid, encore utilisables (film SX-70) qui ont, je vous l’avoue, déjà trouvé preneurs au moment où je clôture ces lignes.

Comme quoi, je pense que j’achèterai bien encore l’un ou l’autre Pola, ils plaisent toujours !

Argentique

Le Canon Prima Super 115

Vous vous en doutez, je l’ai extirpé d’une caisse lors d’une brocante et il ne payait pas de mine, ce qui m’a permis de bien négocier son prix, mais sans certitude qu’il allait se ranimer.

De fait, les premières piles (2 CR123) m’ont fait craindre le pire : l’écran arrière s’allumait mais pas de déclenchement !

Zut me suis-dit, on verra plus tard …

Et voilà que je remets un nouveau jeu de CR123 dedans et là, oh joie, tout fonctionne ! Comme quoi, même des piles « neuves » peuvent être capricieuses (maintenant, je les contrôle systématiquement, même au sortir de la boite, na !).

Alors, ce petit Canon qui fleure bon les années nonante (sorti en août 1993 de fait, en même temps que l’Eos 500), que nous réserve-t-il ?

Déjà le choix entre deux couleurs, celle « champagne » de cette exemplaire, ou en noir.

Ensuite, un zoom qui, à l’époque, tranche avec la concurrence car il offre un 38 – 115mm, là où les autres s’arrêtent à 105mm.

Il vous offre une large gamme de possibilité, de la macro (si, si) au paysage et le portrait.

Entièrement automatique, il vous offre un rare confort d’utilisation : vous ouvrez le dos, placez le film dans la chambre, il lit le codage DX et règle sa sensibilité, charge la première vue et, au fur et à mesure, fait avancer le film grâce à son moteur assez peu bruyant qui plus est, et au terme, il rembobine le tout, rapidement.

Il bénéficie d’un autofocus avec 3 capteurs, qui offre, comme je l’écrivais plus haut, un mode macro (40cm), sinon, il démarre à 60cm la mise au point minimale. Cet autofocus est AI, c’est à dire qu’il est capable de suivre un sujet en mouvement, comme les reflex de la marque à l’époque.

Sa cellule, précise et fiable, prend sa mesure sur 3 zones.

Il est, bien évidemment muni d’un flash, utile pour le fill-in, éclairer une pièce sombre, avec possibilité de réduire les « yeux rouges » et que vous pouvez débrayer lorsque c’est nécessaire.

Mais ce qui étonne, c’est sur le dos de l’appareil où se niche une roue de sélection de programmes, encore une fois comme ses cousins reflex de la marque.

Au menu : mode sport, mode auto, silencieux (S-Auto) – et pourtant il n’est pas bruyant – prise de vue à 1image/seconde, macro, autofocus prédictif (le fameux AI por autofocus intelligent), mesure Spot (mesure précise au centre de l’image), mode RT (pour réduire le temps entre 2 prises de vues), etc.

Ce qui lui permet d’être prêt pour de nombreuses situations. C’est d’ailleurs dans votre poche ou un petit sac que vous vous rendrez compte de sa polyvalence et de ce fait, vous aurez difficile de le laisser à la maison !

Si on ajoute à cela un retardateur, les fonctions du flash, sa légèreté (250gr), sa polyvalence et la qualité de son optique, vous n’aurez, réellement, pas d’excuses si vous l’oubliez lorsque vous êtes en balade !

Allez, petite revue en images.

Notons encore que l’objectif est protégé par un « rideau » qui s’efface lorsqu’il est mis sous tension.

Et puisque je parle de l’objectif, voyez ce dont il est capable ICI.

Donc, je résume : un compact léger, performant, à l’aise dans nombre de situations photographiques, discret et efficace. Que demandez de plus ?

Ah oui, son prix, qui ne devrait pas dépasser les 30€ avec sa gaine et en excellent état.

Si vous en trouvez-un, prenez-le, il ne devrait pas vous ruiner mais il vous accompagnera partout.

Petite pub d’époque (merci Collection-appareils)

Photo-Quelle, 1994.

Une video d’illustration

Un brin de technique

TypeCompact
Format de pellicule135
Format d’image24 × 36 mm
Objectif35-115mm f3,5-8.5
Temps de poseAutomatique
Modes d’expositionAutomatique
Mise au pointAutofocus
Chargement du filmAutomatique
Alimentation1 x 1.35 V
Dimensions (l × h × p)14 x 7 x 5 cm
Poids325 g

Des références : http://www.appaphot.be/fr/brands/canon/canon-prima-super-115/, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-15046-Canon_Prima%20Super%20115.html

Argentique

L’Echoflex

Celui-ci, c’est lors de la brocante d’Andenne que je l’ai trouvé, chez un ancien photographe qui liquidait des appareils, certains lui ayant appartenu, d’autres étant des achats faits pour tester de drôles de machines.

De fait, je lui en ai acheté deux, un Haking que vous verrez bientôt, et ce TLR Echoflex.

Pas en grande forme ce dernier : un badaud a réussi à bloquer le retardateur et tout le mécanisme de déclenchement. Petite négociation pour les deux, et hop, dans le sac à dos où ils vont rejoindre leurs petits camarades de la journée.

De retour à la maison, grand nettoyage de tout ce petit monde (certains comme d’habitude en avait grand besoin) et arrêt sur ce drôle de bis-objectifs (d’où le nom de TLR pour twin lens reflex).

Peut-être un mot à ce sujet, pour ceux qui découvrent ce nouvel univers.

Les reflex binoculaires ont donc deux objectifs, l’un par dessus l’autre. Celui du dessus sert à la visée reflex, celui du bas, à la prise de vue.

Il y a donc deux chambres, celle du haut accueille un miroir réfléchissant l’image sur un verre dépoli, qui est placé dans cette espèce de cheminée qui sert à regarder l’image. Un certain ombrage est nécessaire pour bien voir l’image, mais de fait, celle-ci est toujours sombre, quelque soit la marque, prestigieuse (Rolleiflex) ou d’entrée de gamme (Lubitel). C’est la construction qui veut ça.

Attention, l’image est reflétée à l’envers, dans le sens gauche-droite (mon cauchemar). La mise au point se fait donc sur le dépoli, parfois avec l’aide de la loupe, escamotable, que la plupart des appareils proposent.

Comme les deux chambres sont séparées, lors de la prise de vue, l’image ne s’escamote pas, comme sur un reflex, lors du déclenchement (pas de miroir qui se relève).

Afin que la visée corresponde à la prise de vue (ou l’inverse en fait), les deux objectifs sont sur la même platine : ils avancent ou reculent ensemble, avec des moyens mécaniques différents d’un modèle à l’autre.

C’est un système ancien, les premiers TLR, à plaques ceux-là, datent de 1885. Ils présentaient une erreur de parallaxe, qui a été corrigée par la suite, en inclinant l’optique de visée en rapport avec la mise au point.

De fait, c’est vers 1939 que ce type d’appareil connait le succès, grâce notamment aux avancées techniques de la firme Franke & Heidecke, ceux qui fabriquaient le Rolleiflex.

L’avantage de ces appareils est le format de leur image : du 6×6, parfois du 4×4 sur film appelé 120.

La taille du négatif demande moins d’agrandissement que le film 135, ce qui est tout profit pour la qualité de l’image.

Dès lors, ces appareils ont connu un beau succès, tant auprès des reporters que des amateurs (fortunés pour l’acquisition de certains modèles).

Ils ne céderont que devant l’avancée des SLR (single lens reflex ou reflex monoculaire), plus polyvalents (objectifs interchangeables). Même si certains constructeurs ont essayé le mix entre le reflex et le film 120, comme les Pentax ou Kiev, par exemple, mais c’est une autre histoire …

En résumé, de la fin des années trente au milieu des années soixante, les reflex binoculaires ont eu de (très) beaux jours.

Celui-ci est japonais et c’est une copie assez réussie de Rolleicord II. Il date de 1955.

La marque est assez particulière et il n’est pas facile de la découvrir. Car à l’époque, au Japon, celui qui fabriquait ne vendait pas forcément sous son propre nom et donc, dans ce cas précis, il semble que les premiers Echoflex, tout manuels, aient été fabriqué par Tōyō Seiki Kōgaku, tandis que les semi-automatiques le seront par Lustre Kōki ou Lustre Optical Works.

Lustre a également fabriqué le Lustreflex, dont certaines versions semblaient pratiquement identiques à l’Echoflex, mais étaient équipées d’objectifs Tri-Lausar et d’obturateurs Chy-FB à la place du Echo Synchro-Super. Ensuite, il y avait le Chelicoflex identique, qui a également un objectif Echor et un obturateur Synchro-Super, et même des plages de numéros de série correspondantes. Encore, il y avait le Beautycord, dont certaines versions sont identiques à l’Echoflex et avaient des objectifs Tri-Lausar et des obturateurs Synchro-Super. Ce qui est déroutant, c’est que le Beautycord a été fabriqué par Taiyodo Koki, pas par Lustre, et ils ont fait toute une série d’autres copies, comme le Wardflex, le Gen-Flex, le Photoflex et le Fodorflex.

-« Ça va, je ne vous ai pas perdu ? »

La présence, sur la griffe porte-flash de mon exemplaire, des lettres LKK serait le témoin de ces péripéties.

Pour faire (plus) simple, il est similaire au Lustreflex S, un semi-automatique de chez Lustre sorti aussi en 1955.

L’avance est semi-automatique, avec une fenêtre ronde sur le côté droit, qui est le compteur de vue. La position de la première exposition est définie en alignant la marque de départ du papier d’amorce avec une marque rouge à l’intérieur de l’appareil photo. Derrière le bouton de mise au point, un autre est utilisé pour démarrer le mécanisme d’avance, une fois le film chargé. Au centre de ce dernier, un mécanisme permet de déverrouiller l’avance après chaque exposition.

Ici c’est toute la platine avec les objectifs qui avance ou recule lors de la mise au point (comme les Mamiya C220 notamment). C’est le gros bouton, à droite, qui commande le mouvement. Il est entouré d’une échelle de profondeur de champ, toujours bien utile quand on est soi-même en mouvement.

Les objectifs sont des Echor, un Anastigmat de 75mm ouvrant à f3,5, légèrement traité (petit reflet bleuté de surface) et le second appelé Viewer. Si on veut leur adjoindre des filtres ou pare-soleil, c’est via une baïonnette.

L’obturateur semble « maison » lui aussi, c’est un Echo Synchro-Super qui propose une pose B, 1s jusque 1/300s. Ce serait une copie assez conforme du Prontor SV qui équipait le Rolleicord II.

Sur mon exemplaire, malheureusement, il est pour l’instant bloqué.

En effet, pour armer le retardateur, il faut d’abord abaisser le levier de l’obturateur puis celui du retardateur. C’est l’inverse que le maladroit a fait, sans s’excuser ni prévenir de sa bévue, partant sans remords sur la pointe des pieds …

Sur la gauche du boitier, juste deux boutons qu’il faut tirer vers soi lorsqu’on introduit un nouveau film, et la griffe porte-accessoires.

A ce sujet, la prise PC pour le flash est elle sur la platine, en bas à gauche.

Le déclencheur, lui, est en bas à droite.Il faut d’abord armer le levier qui court derrière la roue crantée des vitesses puis déclencher. Je note au passage qu’il n’y a pas de filetage pour y fixer un déclencheur filaire. La commande du retardateur est située à l’opposé du levier d’armement.

L’ouverture de l’objectif se règle elle avec le curseur situé sous l’objectif, de f3,5 à f22.

Je reviens un instant sur le viseur, qui a la particularité d’avoir une position « sport ». C.-à-d. que vous pouvez faire basculer la plaque avant vers l’intérieur de la « cheminée » et vous aurez alors un viseur basique avec vue au niveau de l’œil et non plus de la poitrine. Ce qui peut induire une vision différente.

Pour charger un film dans la chambre, il faut d’abord tirer la chevillette, heu … pardon, le loquet de fermeture et soulever le verrou puis faire basculer l’ensemble vers l’avant.

Il faut placer la nouvelle bobine de 120 en dessous en tirant sur le bouton à ressort puis en le relâchant quand celle-ci est à sa place. Ensuite, il faut fixer la bobine vide en haut, de la même manière. Comme d’habitude, on glisse la pointe de l’amorce dans la bobine du haut et on l’enroule en tournant lentement le bouton d’enroulement. Lorsque le trait noir, ou la marque S (start) apparait au trait rouge tracé dans la chambre, refermer la porte arrière et verrouiller la chambre.

Puis, il faut appuyer sur le bouton d’arrêt automatique du film (10), pousser le bouton de remise à zéro vers le bas (13) et vous verrez apparaître la lettre « S », qui est le repère du départ pour le compteur de vue.

Il faut encore tourner le bouton d’enroulement un peu, jusqu’à ce qu’il s’arrête automatiquement et que le numéro « 1 » apparaisse dans la fenêtre du compteur.


Le bouton de remise à zéro, entre les deux grosses molettes, en haut celle de l’avancement du film, en bas celle pour le réglage de la distance.

Nous voilà prêt pour la première photo : on règle la distance, on ajuste la vitesse, on cadre, on arme l’obturateur et clic-clac, c’est dans la chambre noire !

Lorsque nous avons exposé notre première vue, il faudra appuyer sur le bouton d’arrêt automatique et tourner la molette d’avancement jusqu’à ce qu’elle s’arrête automatiquement au chiffre 2. L’opération sera à répéter 12 fois, soit le nombre de vues sur le film. Après ce dernier chiffre, le repère « 0 » apparait dans la fenêtre du compteur, ce qui veut dire que tout le film a été exposé. Il suffit d’enrouler la pellicule autour de l’axe, puis ouvrir la chambre et sortir le film. Ne jamais oublier de bien serrer celui-ci sur lui-même et de coller le bout de papier prévu à cet effet pour sceller la bobine avant de la remettre au labo.

Voilà, voilà …

Un dernier petit résumé en images

Que penser de cet appareil ?

Outre un coup sur le viseur – ce qui ne l’empêche pas de fonctionner correctement – les revêtements ont tendance à se faire la malle. Ce sont des espèces de feuille en plastique rigide, qui cassent comme du verre. Je pense que je vais devoir tout enlever et remplacer.

Sinon, il est dans la veine des appareils de ce genre. Son viseur est assez clair finalement. J’ai dû nettoyer le dépoli (le dessus) car il était plein de poussières et c’est là que j’ai découvert qu’il était marqué d’un quadrillage simplifié (carreau divisé en 4 parties égales).

Comme je devais démonter la platine pour essayer de réparer l’obturateur, j’en ai profité pour nettoyer les lentilles des 2 côtés.

L’avantage, me semble-t-il, du système d’avancement de toute la platine c’est que je peux démonter l’objectif sans trop de craintes, je ne devrai pas le remettre en place en tenant compte d’un hélicoïdal capricieux et retors.

Je devrai remettre à leur juste place les minuscules rondelles d’épaisseurs prévues (j’en frémis d’avance !).

Car voilà, j’ai enfin compris comment démonter cette f… platine.

Pas que les vis soient difficiles à trouver, une fois le revêtement ôté (et il ne faut pas trop insister, il ne tient plus que par habitude !).

Les grandes vis sont celles qui maintiennent la platine et les minuscules rondelles qui sont derrière sur les attaches en fer. Les plus petites, elles, retiennent l’ensemble objectifs/obturateur au bloc métallique.

Le bloc optique/obturateur vu à l’envers : on y voit le câble du contact flash à la prise PC, le cône qui pousse sur une languette qui déverrouille l’obturateur et l’intérieur des deux objectifs (en haut le viewer, en bas le « vrai »).

Le plus compliqué, ce n’est pas non plus de démonter les deux objectifs (2 vis sur les côtés pour chacun) et une garniture sous celui du haut, mais reste le problème de comment ouvrir l’obturateur pour accéder à ce maudit retardateur, bloqué.

En fait, il faut arriver à faire pivoter la petite cale puis à faire tourner l’ensemble des deux plateaux : celui dont le bord est rainuré (réglage de vitesses) et le plateau avec les indications des vitesses, des ouvertures et la marque.

Si vous regardez bien, il y a trois encoches sur le centre de l’axe, qui calent l’ensemble.

Donc, dès que l’on a réussit à faire pivoter la cale, il faut faire tourner l’ensemble de la plaque afin qu’elle revienne au dessus des encoches. Et si, comme moi, vous n’avez pas pris de repères, vous allez galérer pour remettre tout en place ensuite (ben oui, j’en étais encore à me demander comment faire lorsque les plateaux ont bougé !).

Mais lorsque le tout est enlevé, on découvre alors le mécanisme de l’obturateur.

La vue d’ensemble des pièces démontées : en haut à gauche, le collier autour de l’objectif de visée, à son côté, le tour de l’objectif du bas, l’objectif proprement dit (en fait, j’aurais pu le laisser en place, mais c’était l’occasion de tout bien nettoyer), puis le cerclage de l’objectif de visée et enfin les deux plaques enfin retirées (la roue des vitesses et la plaque avec les informations)

J’avais retiré une vis sur le côté du fut de l’objectif, pensant qu’elle libérerait quelque chose. Je l’ai bien vite remise, car elle est fixée à une petite pièce électrique, nécessaire au flash.

Et en dessous, la platine qui maintient le mécanisme interne du retardateur.

La platine qui abrite 4 minuscules engrenage et maintient aussi en partie le ressort de rappel et, au bout, le levier pour armer le déclencheur (ici déjà en position haute, j’ai remis la plaque en place).

Ici je vous avoue ne pas avoir fait de photos, trop occupé à retenir les minuscules engrenages qui sont en dessous et qui ont tendance à prendre la poudre d’escampette. Patience, patience … pour débloquer le levier puis réussir à les remettre en place et à re viser le tout.

Un constat, le mécanisme a été forcé et il restera inutilisable, tant pis. Reste que grâce à cette intervention, maintenant je peux armer et déclencher sans souci. Finalement , c’est le principal.

Vient ensuite le cauchemar de remettre la roue des vitesses en place puis la platine avec les indications. Ça m’a pris deux heures de tâtonnements, d’essai/erreur avant d’y parvenir ! Si vous avez bien vu, j’ai pratiqué 2 petits trous sur la platine, afin de pouvoir la faire pivoter avec un spanner, sans forcer.

Ouf, remontage des optiques et de la garniture, re fixation du bloc sur la platine métallique et enfin, remontage de toute la platine sur les supports.

Et là, je concède que j’ai eu de la chance, j’ai su tout remonter sans perdre ni vis ni rondelles d’épaisseur.

Tant que j’étais à tout démonter, j’en ai profité pour refaire le revêtement abîmé, que j’ai remplacé par du cuir synthétique autocollant, en laissant cette fois les vis apparents.

Au fur et à mesure, je remplacerai le revêtement par ce même « cuir » bleu nuit.

D’habitude, je ne me lance pas dans ce genre d’opération, très risquée, mais ici, l’appareil était de toute manière inutilisable sans intervention et je ne voyais pas ce boitier finir en presse livres de luxe !

Voilà, voilà … reste à l’essayer maintenant.

Suite au prochain rouleau de 120.

Finalement, c’est un bel appareil. Comme souvent, ces modèles ont une espèce « d’aura », sans doute due à la forme et au fait que tant de photographes s’en sont servis, avec brio (de Cappa à Sabine Weiss ou Viviane Maier pour faire court).

Je me souviens avoir lu quelque part une réflexion qui m’avait interpellée quant à l’utilisation de ce type de boitier : face à votre sujet, il vous donnait une posture « d’humilité » car le photographe a la tête baisée (pour regarder dans le viseur de poitrine), ce qui est moins « agressif » que l’œil noir du reflex qui vous vise en direct.

A méditer ?

Sabine Weiss et Rollei, 1953 © Sabine Weiss

Il ne propose rien de transcendant : deux objectifs de 75mm ouvrant de f3,5 à f22, un obturateur offrant des vitesses de 1s à 1/300s (et une pose B), obturateur à lames, un retardateur (qui fonctionne normalement), une prise PC, déjà un mécanisme semi-automatique pour l’avancement du film, avec un compteur (un vrai plus ça), un viseur confortable et finalement assez clair, un presse film et un guide interne pour assurer une bonne planéité et un bon guidage de la pellicule.

Mais ce qu’il propose était dans la norme des appareils de l’époque (on aurait apprécié une vitesse un peu plus rapide, comme le 1/500s p. ex.). Il est bien construit (tout métallique) et agréable à prendre en mains. Seuls les gauchers seront frustrés, toutes les commandes étant à droite du boitier (mais bon, il n’est pas le seul dans le cas, voir l’article sur les Yashica C et D).

Bref, un bon appareil qui devrait vous permettre d’entrer dans le monde merveilleux du 6×6 sans vous ruiner.

Question prix, un Echoflex en pleine forme devrait se négocier autour des 150€ mais le marché, de nos jours, peut révéler des surprises car l’appareil est peu courant, pour ne pas écrire rare.

Une pub d’époque

Source : Other TLR Cameras

Pour le mode d’emploi, c’est à télécharger :

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Echoflex, http://www.cjs-classic-cameras.co.uk/other/tlr.html, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Echoflex, http://www.tlr-cameras.com/Japanese/Lustre.html, http://www.tlr-cameras.com/japanese/slides/Echoflex.html, http://www.tlr-cameras.com/index.htm, http://camera-wiki.org/wiki/Sources:_English_language#The_Collector.27s_Guide_to_Japanese_Cameras, http://www.cjs-classic-cameras.co.uk/other/tlr.html#echoflex, http://www.tlr-cameras.com/Japanese/Lustre.html, http://camera-wiki.org/wiki/Lustreflex, en anglais; http://www.appaphot.be/camera-types/reflex-2-objectifs-tlr/(pour voir un panel de TLR de toutes les époques), en français.

Argentique

L’Olympus OM-1 vu par Olivier

Voilà, comme je vous l’avais annoncé, l’article d’Olivier sur cet appareil qu’il utilise. Et comme il en a offert un à sa fille (c’est celui avec le bel habillage en cuir brun clair), c’est donc leur double vision qu’ils partagent avec nous aujourd’hui.

Mais je leur laisse le clavier …

              C’est en 1973 qu’Olympus sort son futur cheval de bataille pour la gamme reflex 24×36, L’olympus OM-1. Même si plusieurs versions ont existé, les évolutions n’ont pas remis en cause la structure de l’appareil. Ainsi, il a été doté d’une semelle acceptant le moteur d’entrainement, un verre de visée standard ( micro-prisme et télémètre ) et une diode de rappel de la charge du flash dans le viseur. Il arrive tard sur le marché du reflex 24×36 et il évoluera peu ce qui nous montre que sa conception et les choix techniques faits étaient pertinents. Il ne souffre pas de défauts graves qui ne peuvent être corrigés. Bien classiquement, les mousses d’étanchéité à la lumière seront les rares éléments qu’il faudra remplacer. Par contre, le plus gros problème viendra de l’alimentation électrique. En effet, cet appareil était prévu pour fonctionner avec des piles au mercure de 1.35 V, pile interdite depuis bien longtemps. Toutefois, un article publié sur ce site vous explique comment vous pouvez adapter cet appareil aux piles PX-625 de même géométrie mais de tension de 1.5 V. Cette solution est bien plus pertinente que la solution des piles Zinc-Air qui ne donne pas, de toute façon, la bonne tension d’alimentation.

              Passons aux motivations qui feront que certains d’entre nous rechercheront un Olympus   OM-1 et pas un autre appareil argentique.

              Quand on décide du choix d’un appareil, celui-ci doit être immédiatement couplé à d’autres recherches. Va-t-on trouver des objectifs ou des accessoires facilement et surtout à des prix abordables ? Pour les accessoires, les flashs Olympus de type T-20 ou T-32 ne seront pas très difficiles à trouver et à des prix, certes un peu plus chers que des flashs adaptables mais sans pour autant vous obliger à casser votre tirelire. Par contre inutile d’espérer trouver le flash annulaire T-10… Là vous allez tousser un  peu… De plus le T-10 n’est que le tube à éclat, il vous faudra aussi l’unité de contrôle N°1 qui se fixe sur la griffe porte-accessoire. 

              Mais qui aura vraiment besoin d’un tel équipement qui ne servira que 1 ou 2 fois pas an ? Alors proposer des prix de plus de 100 euro en occasion pour un tel flash n’a aucun intérêt. Trop peu de client potentiel et un prix qui fera fuir le moindre néophyte qui désire débuter dans la macrophotographie. Bref, une brique qui restera pendant des années sur l’étagère et qui finira à la poubelle après quelques déménagements. Par contre, se laisser tenter par un T-20 ou un T-32  ( voir même un vieux Quick Auto-310 ) n’est pas dénué d’intérêt car les flash Olympus couvrent l’angle de prise de vue d’un 24 mm sans accessoire complémentaire. La plupart des flashs adaptables se limitent au 28 mm. Alors acheter un flash adaptable qui ne pourra vous satisfaire si vous avez la chance de trouver un 24 mm, c’est quand même dommage !

              Les autres accessoires que vous trouverez et parfois pas toujours utiles, seront bien souvent proposés à des tarifs acceptables. C’est le cas des dos-dateurs, des poignées de déport pour les flashs ou des moteurs ( Winder 1 et 2 ).

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              Pour vous donner une idée des prix « raisonnables » qui sont pratiqués, une poignée de déport se vend entre 20 et 30 euros (et parfois, vous avez le T-32 en prime!), un moteur est dans la même gamme de prix et pour un dos dateur, qui est quand même un accessoire d’un intérêt très limité, ne donnez pas suite à des offres de plus de 25/30 euros.  Ainsi, choisir un Olympus, c’est aussi choisir un appareil qui a été prisé par des amateurs exigeants qui ont aussi acheté les accessoires associés.  Pour  des marques moins cotés, ces accessoires sont introuvables ! J’ai un ancien CHINON CE-4 et je n’ai toujours pas trouvé de moteur d’entrainement.

              Ces équipements restent des accessoires  pas toujours indispensables, mais comme me disait un ami, cela ne vaut pas le coup de l’acheter, mais c’est bien utile de l’avoir…  Le plus important, ce sont bien évidement les objectifs.  Là aussi, vous trouverez très facilement et pour moins de 50 euro, des zooms 35-70 ou encore de 75-150 de Zuiko ( Zoom Olympus/Zuiko ). Pour le reste, les 200 mm restent abordables et hélas vous pouvez oublier les  100 ou 135 mm qui eux sont proposés à des prix stratosphériques ! Les grands angles, 24 ou 28 mm restent rares et vous pouvez avantageusement vous tourner vers des marques comme TAMROM ou VIVITAR pour vous les fournir avec la monture Olympus OM. Vous pourrez en plus, avoir des ouvertures bien supérieures à l’ouverture proposée par Olympus ( f 2.8 en général).

              Bref, vous l’avez compris, si vous optez pour un reflex Olympus, il ne sera pas très longtemps seul dans votre sacoche et vous n’allez pas vous ruiner (surtout si vous savez attendre) pour le rendre un peu plus versatile. Alors passons maintenant au vrai sujet de cet article, le fonctionnement de l’OM-1…

              Si un OM-1 ( OM-1 ou OM-1n ) vous tente, alors soyez bien attentif à certains points.

a) La griffe porte accessoire ( griffe flash ) doit être présente et non détériorée. En effet, celle-ci est amovible ( on peut la perdre ) et elle est aussi très fragile ( se casse facilement ). De plus, elle est très difficile à trouver en pièce détachée.

b) le couvercle du moteur d’entrainement. L’Olympus possède un couvercle qu’il faut retirer si vous voulez fixer le moteur ( encore une action qui vous invite à perdre des pièces ! ). Trop souvent des vendeurs pressés séparent le boitier du moteur pour les vendre séparément et oublient que le couvercle de la semelle  a été rangé dans le boitier du moteur !

              Si l’appareil qui vous est proposé n’est pas complet, vous prenez le risque de ne pas trouver très facilement les pièces qui manquent.  Parmi nos lecteurs, nous avons très certainement des photographes ayant des CANON A-1 et ils savent tous qu’un CANON A-1 qui n’a pas son bossage pour les piles est un appareil qui sera dévalorisé ( c’est la même chose du coté de Olympus ). Le dernier point que vous vérifierez sans qu’il soit utile de vous le rappeler… Bien sûr, il doit fonctionner !  Et si un vendeur vous dit qu’il faut mettre des piles pour qu’il déclenche et qu’il n’en a pas avec lui… tournez les talons… L’OM-1 a un déclenchement MECANIQUE.

L’ergonomie de l’Olympus OM-1

              Ce boitier a des particularités qu’il convient de souligner. Sa taille et son poids le classe parmi les plus petits et plus légers boitiers en 24×36. Pour les fans de PENTAX, l’OM-1 est aussi compact qu’un PENTAX-ME.

                                                        

Gardons aussi à l’esprit que le Pentax est sorti après l’OM-1 ( 1976 ).

              Pour le réglage des vitesses ainsi que pour le réglage de l’ouverture, tout se situe sur l’axe de l’objectif.  Cette situation se rencontrait assez couramment sur les boitiers télémétriques ou les premier PENTAX reflex 24×36.

              Finalement,  Olympus n’a pas innové dans le positionnement des organes de réglage, bien au contraire, les ingénieurs japonais ont gardé les solutions proposées sur des appareils plus anciens. Par contre, ils ont doté ce boitier de verres de visée interchangeables et d’un relevage manuel du miroir pour diminuer les vibrations dans le cas de la macrophotographie. Le remplacement du verre de visée n’est plus vraiment un élément déterminant pour le choix d’un boitier car ceux-ci sont assez difficiles à trouver et souvent onéreux. Il faudra chercher ailleurs les éléments qui feront que vous mettrez ce boitier dans votre sacoche. La mécanique de l’OM-1 est particulièrement douce et lors du déclenchement, le bruit du miroir et la vibration associée sont très bien atténués. Pour les amoureux de l’argentique, ces éléments là sont particulièrement importants. Un peu comme une voiture de sport que l’on choisi au bruit de son moteur ! Gardons à l’esprit que l’OM-1 est un semi-automatique et qu’en conséquence, il ne faut pas le comparer à des appareils automatiques ( aussi bien diaphragme que vitesse ). Si des comparaisons doivent être faites, nous devrions mettre en face des appareils tels que le FUJICA STX-1, Le CANON AT-1, Le NIKON FM et même le RICOH XR-1.

              Bon et bien maintenant que l’on sait pourquoi il est dans notre sac, nous pouvons passer à son utilisation.

a) Le viseur. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est dépouillé !

              Beaucoup d’appareils de cette génération ont gardé l’aiguille comme indicateur d’exposition. Celui de l’OM-1 permet de régler celle-ci en sur ou sous-exposition sans avoir à modifier la couronne de la sensibilité. Tous les modèles qui ont évolué vers un affichage à diode perdent cette possibilité. Ainsi chez FUJICA, le STX-1 est doté d’une aiguille qui disparaitra dans la version STX-1n et ne reviendra pas avec le STX-2.  Toutefois, à la décharge d’Olympus, la couronne de réglage de la vitesse décale la couronne de réglage de l’ouverture vers l’avant et pénalise l’utilisation d’un miroir pour renvoyer la valeur de l’ouverture. Cette disposition ne permet pas d’avoir un rappel de vitesse et de diaphragme dans le viseur.  Ainsi, l’OM-1 est l’un des rares appareils semi-automatiques qui n’a AUCUN rappel d’information dans le viseur alors que des boitiers moins emblématiques comme le FUJICA STX-1 a les deux informations dans le viseur.  Mais finalement, on s’y fait….   Par contre, il est indéniable que le bruit de l’OM-1 est une référence, très peu de vibration et aucun claquement qui trairait une mécanique faite à l’économique ( il suffit de comparer un OM-1 et un OM-10 pour se rendre compte que l’OM-10 est un appareil d’entrée de gamme ). Il faut aller vers des appareils haut de gamme pour avoir ce confort de déclenchement ( CANON A-1 par exemple ).

              Mais revenons un peu sur notre aiguille… Elle permet de régler l’exposition sur +/-  1/2 diaphragme à +/- 1 diaphragme rien qu’avec deux repères.

              Ainsi, vous pouvez ajuster votre exposition sans avoir à quitter le sujet des yeux. Un œil habitué sera capable de déterminer si une surexposition ou une sous-exposition est souhaitable et de combien. Bien évidement, il vous faudra bien plus qu’une ou deux pellicules de pratique pour savoir que faire, mais si vous avez pris un tel boitier, ce n’est pas pour faire une ou deux pellicules par an… La pratique finira par venir. Je crois bien que cette possibilité est spécifique à l’Olympus OM-1 ( L’OM-2 le permet aussi en mode manuel ).

Le tuning…..( et oui, cela existe aussi chez nous )

              Nos amis japonais ont la chance d’avoir un de leur compatriote (Aki-Asahi ) qui leur propose de changer le gainage de leur boitier favori. Bien sûr vous pouvez aussi le faire avec les KIT qu’il vous proposera. Finalement, quoi de plus agréable que de rendre son appareil photo unique….