Le Zinc du photographe

Ai-je fini de tâtonner ?

En novembre 2021, je vous signalais une petite révolution dans mes appareils.

Et en relisant cet article aujourd’hui, je me rends compte qu’il n’y a plus grand chose de bon dans ce que je présentais.

Tout d’abord, je quitte – à regret – l’univers Canon. Pourquoi ?

Mon Canon Eos 5D Mark III était devenu définitivement trop lourd, équipé qui plus est des optiques en série L qui l’accompagnaient.

Et je n’ai rien trouvé chez eux pour le remplacer car les full frame n’existent quasi pas en occasion (Canon et Nikon ont attendu longtemps avant de réagir à l’offensive de Sony, puis de Lumix) et les neufs sont hors budget.

Même en APS-C hybride, ils sont largués : le Canon Eos 50M, qui est un chouette petit appareil, n’a jamais – et n’aura jamais – d’optiques intéressantes. Fuji a pris toute la place, avec des appareils compétitifs et performants, plus des objectifs qui suivent.

En compact expert, idem : aucun de leurs boitiers ne proposent un viseur intégré (sauf le GX5, mais il n’est pas vraiment compact). Là aussi, Fuji, Sony, Lumix ont tout raflé.

Finalement, je ne garde (pour l’instant) que le Canon Eos 70D, … et l’Eos 30, le Canon AE-1, le Canon AV-1, le Canon FTb QL, qui sont des argentiques de la belle époque de Canon !

Par quoi ai-je remplacé les Canon ?

J’ai sauté le pas de l’hybride car j’ai trouvé qu’il était à maturité : les viseurs sont vraiment en temps réel maintenant et ne sont plus sensibles au soleil.

Grâce à ces progrès, je n’ai plus l’impression désagréable de viser à travers une image qui ne soit pas réellement ce que je vois.

Un ami utilise depuis longtemps des Olympus et son travail est splendide (c-à-d que ses appareils suivent fidèlement sa créativité).

J’ai donc repris mon Olympus OM-D M-1 (première génération) : petit, léger (même si avec une coque en magnésium), tropicalisé, avec une large gamme d’optiques performantes.

C’est un micro 4/3, avec ses avantages et ses limites : rapidité de l’autofocus, précision de celui-ci mais limite dans les hautes sensibilités.

Je l’avais doublé d’un Lumix G7, de même génération, avec les mêmes avantages, sauf la tropicalisation, encore plus léger. Puis je me suis rendu compte qu’il était inutile d’avoir deux appareils en micro 4/3 car le plein format me manque pour certaines choses : je vais tenter un Sony A7 et son 24-70mm.Si je résume tout ça en numérique :

  1. en reflex :
  • un Sony A7 hybride full frame
  • un Olympus OM-D EM-1 hybride en micro 4/3
  • un Canon Eos 70D reflex en APS-C

2. en compact « expert » :

  • un Lumix GX9 en micro 4/3
  • un Lumix TZ100 en un pouce (1″)

Même exercice en argentique :

  1. en réflex :
  • un Canon Eos 30
  • un Canon AE-1
  • un Canon AV-1
  • un Canon FTb QL

2. en compact :

  • un Leica M5
  • un Rollei R1
  • un Lomo (russe) LC-A

3. en moyen format :

  • un Mamya 645 Super
  • un Meopta Flexaret V

4. en appareils instantané :

  • un Lomo Instant Wide
  • un Kodak Classic Smile

Et là, je me rends compte de quelque chose qui me perturbe depuis un moment, que je résume en un mot, trop ! (et chez nous, on dit « trop is te veel » – jeu de mots bilingue).

Trop envie de tout essayer, trop envie de tester, de comprendre … et pas assez de temps pour tout ça.

Mais pas – encore – envie de rationaliser, … pourtant il faudra que je m’y mette car mes choix, j’en suis conscient, vont orienter ma pratique, que je n’ai pas encore suffisamment définie.

Argentique

Le Kodak Instamatic 233

Alors cet appareil, je voulais vous le présenter comme un grand clin d’œil à quelqu’un que j’apprécie – et qui se reconnaîtra.

Quand j’ai eu l’occasion non seulement d’acquérir le boitier mais aussi son emballage d’origine et ses accessoires d’époque, je n’ai pas résisté.

J’ai donc la chance de vous présenter l’appareil de quelqu’un qui a débuté la photographie avec cet Instamatic 233 et qui est devenu … photographe pour son – et notre – plus grand plaisir.

Si vous vous en souvenez, j’ai déjà tracé, rapidement tant l’histoire est riche, la genèse des Instamatic lorsque je vous présentais le Kodak Instamatic 28, l’Instamatic 154 et le 324.

Le Kodak Instamatic 233 fut fabriqué par Kodak Allemagne de 1968 à 1970, parallèlement au 133, qui était le prolongement du 33, un Instamatic tout simple (sorti en 1964) qui évolua peu, sauf en 33 X pour pouvoir utiliser le « Flashcube ».

Source : Photography Flashback Ici un Instamatic 104 avec un Flashcube.

Le 133 évolua aussi en 133 X pour pouvoir utiliser les « Magicubes », c’est à dire un Flashcube qui n’a plus besoin de pile pour fonctionner.

J’en profite pour une petite digression (vous me connaissez) à propos de ces flashs.

En effet, j’avais deux boites de flashs carrés, des Sylvana et des Osram. La première contenait 4 Flashcubes et la seconde, 4 Magicubes. Lorsque j’ai voulu installer les seconds sur le 233, ça ne collait pas tandis que les Sylvana entraient sans soucis.

J’ai donc voulu comprendre.

Auparavant, les flashs étaient constitués d’ampoules (ou lampes) flashs, que l’on insérait dans un support, parfois attaché à l’appareil.

Les premiers Instamatic utilisaient cette technique, comme l’explique cette vidéo :

Assez efficace mais pas pratique.

Toujours dans l’optique de rendre la photographie « facile » pour le plus grand nombre, la firme Eastman Kodak remplace, en 1965, ces anciens flashs par une invention de la société Sylvania Electric, le Flashcube.

Idée de génie que de réunir 4 ampoules flash dans un petit cube, divisé en quatre partie égales et munies chacune d’un réflecteur. Elles sont toutes montées à 90°. En actionnant le levier d’armement, on fait avancer le cube d’un quart de tour, exposant à chaque fois une ampoule neuve.

Cette technique supposait un contact électrique et une alimentation par une pile, insérée dans l’appareil.

Grâce à ce Flashcube, vous pouviez prendre 4 photos à la suite, avant de monter un nouveau cube et de repartir pour quatre autres photos. Vous pouviez aussi interrompre une série et reprendre ensuite le Flashcube pour terminer ensuite les ampoules non utilisées.

Très facile d’utilisation, propre et relativement économique, ce procédé ne souffrait que d’une contrainte : la pile dans l’appareil.

Pouvait-on aller plus loin et se libérer de cette pile ?

La réponse sera donnée en 1970 par l’invention du X-Cube ou Magicube. Si ce flash garde le même principe des 4 lampes dans un cube, qui tourne successivement à chaque armement, la mise en fonction de chaque ampoule est faite en libérant un ressort en fil de fer armé dans le cube. Le ressort percute une amorce à la base de l’ampoule flash (amorce en fulminate, qui détone sous l’effet d’un choc violent). Celle-ci enflamme une feuille en zirconium déchiqueté qui est en fait la source de lumière.

Si extérieurement les deux systèmes sont assez proches, ils différent notamment par leur base, les rendant impossible à interchanger dans les appareils.

Source : Photography Flashback : à gauche flashcube, à droite magicube.
Source : Lightstalking. Notez que l’auteur de l’illustration explique le mécanisme du Magicube mais l’intitule Flashcube. 1. le mécanisme qui asservi l’avancement du film à l’avancement des ampoules; 2. la collerette du flash; 3. le cran d’arrêt; 4. le cube qui contient les ampoules et les amorces de fulminate; 5. l’amorce de fulminate; 6. le percuteur qui viendra frapper les ressorts qui percuteront les amorces.

Voilà, j’espère comme moi que vous comprenez un peu mieux comment cela fonctionne et que vous aurez moins de difficultés pour trouver celui qui convient à votre appareil.

Pour en revenir à notre 233, il utilise les Flashcubes et passera aux Magicubes en devenant 233 X (1970 – 1971).

Deux modèles ont été proposé : le premier avait une molette pour ré-armer l’appareil tandis que le second héritera d’un levier, compact mais plus agréable à utiliser.

source : Philcameras

C’est un appareil en apparence simple mais qui révèle quelques belle surprises.

A commencer par son objectif, un Reomar de 41mm ouvrant à f6,6 (et non plus une lentille ménisque en plastique).

Ensuite, le 233 possède deux vitesses : le 1/40s pour la synchro flash et 1/80s pour le reste.

Puis, l’échelle des distances est couplée au diaphragme pour contrôle automatiquement l’exposition au flash. Sur le fut de l’objectif, 5 pictogrammes : soleil brillant sur sable clair ou neige, soleil brillant (ombres nettes), soleil faiblement voilé (ombres douces), nuageux clair (pas d’ombres), nuageux sombre ou ombre découverte (?!) et flash

Selon les conditions de lumière, il est recommandé de se tenir à 1m au moins de son sujet (soleil) ou 1,5m si la lumière est moindre

Une pile doit être insérée sous une trappe, à gauche du boitier, sous le viseur. Ces piles « Microdyn-Anode » 6V n’existe plus. On peut essayer de la remplacer par une 4LR44. N’oubliez pas que cette source d’énergie ne sert qu’à alimenter le flash et en son absence, vous pouvez parfaitement utiliser l’appareil.

Juste un mot encore sur l’objectif, qui est un »fix focus », c-à-d un objectif à focale fixe qui est un système sans dispositif de mise au point réglable. Ce type d’objectif est généralement utilisé dans les appareils photo compacts économiques tel celui-ci. Il a une très petite ouverture (f6,6 pour rappel) pour maintenir une mise au point confortable, ce qui donne des photos nettes dans une large plage. Cependant, une petite ouverture signifie également moins de lumière entrant dans la chambre, c’est pourquoi elle dispose de cinq réglages d’éclairage (les pictogrammes) et d’un flash pour les cas extrêmes.

Quant aux films, il s’agit des cassettes en 126 chères à Kodak et aux Instamatic.

Même s’il existe un mode d’emploi (dont vous trouverez le lien, ici plus bas), l’utilisation de l’appareil est simple : vous insérez la cassette dans la chambre, refermez le dos et armez plusieurs fois jusqu’à sentir un blocage, vous êtes à la première vue du film, vous réglez le diaphragme en fonction de la luminosité et vous visez pour placer votre sujet au milieu du cadre brillant qui est dans le viseur et vous appuyez doucement sur le déclencheur.

Et vous recommencez jusqu’au terme du film (maximum 24 vues), que vous devrez enrouler jusqu’à ce que le papier qui protège la pellicule soit « absorbé » dans la cartouche. Alors seulement vous pourrez ouvrir le dos de l’appareil, ôter la cassette pour la remettre à votre labo. Il est conseillé de ne pas exposer la dite cassette à trop de lumière lorsque le film est terminé (l’idéal étant de garder la pochette en papier pour l’y remettre quand vous le porterez au labo).

Si vous avez placé un Flashcube sur le boitier, vous devrez régler, sur l’objectif, le symbole du flash et placer votre sujet entre 1,2m et 4m. Notez que fonction de la distance, que vous réglez sur l’objectif, l’ouverture sera modulée par l’appareil.

Le viseur ne comporte aucune indication sauf un cadre brillant pour pouvoir composer votre image, en plaçant le sujet à l’intérieur de celui-ci.

Dans les années septante – et même encore à l’aube des années quatre-vingt – c’était typiquement un appareil que l’on offrait en cadeau aux plus jeunes, pour les anniversaires, les communions, par exemple.

Et les modèles plus « sophistiqués » étaient réservés aux dames !

J’ouvre ici une parenthèse car je ne voudrais pas me faire vilipender par la moitié de l’humanité : dans les publicités (surtout) des années cinquante et soixante, les as du marketing considéraient que les dames n’avaient pas besoin d’appareils photo compliqués, que les reflex 24×36 étaient réservés aux messieurs, « plus au fait de la technique ».

Oui, je sais, c’est très machiste comme réflexion mais replaçons la chose dans son temps (il y a soixante ans) et réjouissons-nous que cet état d’esprit ne soit plus de mise, …. enfin, j’ose l’espérer …

L’accroche de la pub dit  » si vous pouvez regarder, vous pouvez photographier »

Leur (apparente) simplicité permettait, selon les publicités, de se concentrer sur le cadrage et la prise de la photo, s’en s’embarrasser de « technique » puisque l’appareil s’occupait de tout !

En fait, avec un objectif de 41mm, finalement très proche de la vue humaine, et une ouverture de f6,6, couplée à une vitesse (hors flash) de 1/80s, votre mise au point est bonne de 1m à l’infini par temps clair.

Pour les autres situations, le recours au flash est utile.

Rappelons-nous que c’est un appareil principalement utilisé pour les vacances (dans l’esprit du constructeur) par temps ensoleillé !

La sensibilité des Kodapak était limitée à deux possibilités : du 64 Asa ou du 400. En gros, par temps ensoleillé, le 64 Asa et pour tout le reste du 400.

Ceci étant – et notre ami confirmera ou pas – l’Instamatic Kodak 233 ne s’en sortait pas si mal que ça, la plupart des photos étant tirées en 10x15cm maximum ou dans un charmant format carré de 9×9 si mes souvenirs sont exacts.

Je suis persuadé que dans vos albums de famille il se trouvent des photos faites avec cet appareil, ou ceux de sa génération (il y eut jusqu’à 80 modèles différents entre 1963 et 1970).

Ces appareils ont accompagné tant de personnes qu’il serait dommage de ne pas les ressortir, tout en étant conscient de leurs limites (nous sommes à des années lumières de la précision chirurgicale de nos appareils modernes) mais c’est ce qui fait leur charme, après tout !

De fait, j’ai trouvé chez un vide grenier des cartouches en 126. J’espère qu’elles n’ont pas été trop mal conservées car j’ai bien envie de tester ce Kodak Instamatic 233. Sinon, il restera la solution des cassettes rechargeables que j’ai expliquée dans l’article sur l’Instamatic 28

Et je me rappelle une anecdote, laissée par Salvatore, un ami, ancien photographe professionnel, qui possédait un labo : une de ses clientes faisait de magnifiques photos (composition, cadrage) avec un petit appareil identique. Un jour, on lui offrit un appareil sophistiqué, pour quelle puisse « aller plus loin » dans sa pratique. Et là, patatras, ses photos n’avaient plus aucun « sens » ! Tout simplement parce que son petit Kodak, elle le connaissait par cœur et il correspondait à sa manière de voir, le plus important en somme.

Alors, si comme notre ami, un jour, ce petit Kodak Instamatic 233 vous a amené vers la pratique de la photographie, il aura pleinement rempli son rôle.

De nos jours, vous trouverez des Instamatic dans tous les greniers, les armoires, les brocantes, les vide-greniers, … pour quelques euros. Et pourquoi pas tenter l’aventure ? Vous replongerez dans les années de votre enfance ou celle de vos parents, sans nostalgie, juste pour le plaisir !

J’espère que ce petit clin d’œil donnera envie à notre ami de trouver le moyen d’y glisser un film (ou une cassette, soyons fou) pour remonter le temps, celui de l’enfance et des plaisirs simples de la photographie d’alors.

D’autres publicités d’époque :

source : Philcameras
source : Collection-appareils, Odéon-Photos 1968-1969
Source : Collection-appareils, Manufrance 1969.
Source : Collection-appareils, Grenier-Natkin 1970

Petite video d’illustration

Production1968 – 1970      –     Kodak Germany / UK
Type de film126
Format image28x28mm
BoîtierPlastique, façade en métal
ObjectifREOMAR f:6,6 41mm, réglable à partir de 1,2m
ViseurOptique avec cadre lumineux
Obturateur1/40 (flash) – 1/80s
FlashFlashcube
DiversAlimentation par 1 pile « Microdyn-Anode » 6V ou une 4LR44 en 6v alkaline

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Des références : https://mattlovescameras.com/kodak-instamatic-233-with-126-cartridge-film/, https://filmphotography.eu/en/kodak-instamatic-233/ https://kodak.3106.net/index.php?p=207&cam=1177, https://www.lightstalking.com/flashcubes/ https://medium.com/the-grain/photography-with-tiny-explosives-dd7e6e4ffef6, https://eu.usatoday.com/story/tech/2013/03/29/instamatic-camera-50-years/2034585/ en anglais, https://www.philcameras.be/collection/collectionm/ijk/kodakm/instamatic126m.html, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-123-Kodak_Instamatic%20233.html, http://glangl1.free.fr/Liste-KodakInst.html, http://kaftafex.free.fr/ampoulesflash.html, http://glangl1.free.fr/Pel-Form.html#126 en français

Argentique

Le Minolta Vectis S100

Je savais bien que j’en avais un, enfoui dans ma « caisse à brol » que j’aime ouvrir quand il fait moche dehors.

Vous allez voir, c’est un drôle de coco mais il a son charme …

Tout d’abord, il est la version dépouillée du Minolta Vectis S1 que je vous présenterai plus tard.

Aussi étrange que cela paraisse, c’est bien un reflex mais sans prisme, plutôt un jeu de lentilles et de miroirs, ce qui permet de réduire le volume. Car ce boitier fut le plus léger et le plus petit des appareils APS à monture V de Minolta.

Ce qui ne l’empéchait pas d’être « all weather » soit résistant aux éclaboussures et à la poussière, de pouvoir – moyennant des bagues d’adaptation – accepter les objectifs des Minolta Alpha/Dynax/Maxxum (selon l’endroit du monde où l’on se trouve).

Sorti en 1997, soit un an après son grand frère, il se veut encore plus simple d’utilisation, tout en offrant un « système » complet, à savoir des objectifs dédiés pour faire face à toutes les situations du photographe.

Ce qui sonne – à mon avis – comme une contradiction : autant ce système a une légitimité avec le S1, autant il semble saugrenu pour un appareil qui se veut destiné à des photographes qui ne veulent s’embarrasser d’aucuns réglages. Donc, changer un objectif ne me semble pas leur priorité. C’est – en partie – pourquoi seuls des zooms ont été proposé en kit.

Donc, partant du postulat que vous vous adressez à des photographes amateurs qui veulent se compliquer le moins possible la vie mais qui désirent obtenir de bons résultats photographiques, les ingénieurs de Minolta vont édulcorer la fiche technique du S1 et garder le meilleur :

  • le chargement du film se fait par le dessus
  • la trappe est verrouillée une fois le film inséré
  • l’appareil se charge d’entrainer le film, de régler la sensibilité, d’armer l’obturateur pour la première photo
  • il y a un flash intégré haute puissance qui se met automatiquement en route quand nécessaire
  • le boitier est tout automatique vous visez, l’appareil fait le reste
  • mais vous avez la possibilité de choisir des programmes en fonction de ce que vous voulez capter (portrait, macro, photo de nuit, etc.)
  • le boitier vous donne même la main pour contrôler l’ouverture et la vitesse

N’oublions pas les trois lettres magiques « APS » … ça vous rappelle quelque chose ?

Ben oui, c’est la base de ce que nous connaissons de nos jour avec les APS-C. En effet, si le film APS est un 135mm classique, il est cependant plus « petit » car une partie de sa surface est utilisée pour que l’appareil puisse enregistrer toutes une série de données utiles, tels la date de prise de vue, le type de film, le format choisi, la vue en cours, etc.

APS pour Advanced Photo System : une idée que, personnellement, je trouvais géniale mais qui n’eut que le mauvais goût de ne pas être supportée par les magasines spécialisés et, surtout, d’être trop proche d’un nouvel avènement, celui du numérique.

Avec ces films, vous pouviez choisir le format de votre photo (panoramique, normal, carré) – que vous pouviez faire varier tout en restant sur la même pellicule, les données que vous vouliez exploiter ensuite (dates, …), vous pouviez retirer le film en cours de route, sans danger, et le remettre ensuite et le faire repartir là où vous l’aviez laissé – utile lorsque vous vouliez changer de sensibilité, de type de pellicule (couleur, N/B)..

Présenté en deux couleurs (anthracite ou gold), il arbore une silhouette proche du S1 et pourtant il en diffère par des détails, comme la poignée, plus petite car il n’y a plus de sabot pour un flash supplémentaire, l’écran LED est moins large et la roue codeuse est maintenant sous le pouce droit.

Pas mal, non ?

Et pourtant, ce Minolta S100 n’a pas eu grand succès, pour plusieurs raisons.

La première, son prix, encore trop proche du S1, mieux fourni en fonctionnalités. Ensuite, la disparition du MRC (pour Middle Roll Change, soit la possibilité de changer le film en cours de route), l’affichage dans le viseur, très réduit pour les informations, le fait de ne pouvoir monter un flash externe, au cas où.

Pourtant, il offre encore des attrait particuliers : sa vitesse, certes réduite au 1/1000s mais bien suffisante (avec une synchro flash au 1/90s), son poids plume , l’interchangeabilité des objectifs, ses modes programmes ultra faciles mais performants, son viseur, confortable

C’est une expérience que de photographier avec ce drôle d’appareil. Et les résultat sont bons, Minolta était quand même un des grands constructeurs historiques.

Ceci dit, si vous en trouvez un, sachez que son espérance de vie est réduite ! Non pas à cause de l’appareil, bien construit, mais parce que le format APS n’existe plus. Sauf à trouver des cartouches, forcément périmées, point de salut.

J’en possède encore quelques unes, au frigo. Et je sais que le labo où je vais peut les développer, pas les tirer (ils n’ont plus les rails utiles pour le faire). Mais je vais les réserver au S1, quand j’aurai réussi à remettre la main dessus, il est dans le fourbis des parents !

Source : Collection-appareils, Porst 1997-1998.

Les données techniques

TypeReflex APS
AutofocusPlage large
Anticipation multidimensionnelle
Illuminateur AF par flash
ExpositionMesure sur 2 plages
Programme Expert
Modes P,A, S
5 programmes résultats
Obturateur : 1/1000sec.
Fonctions APSSystème CHP ( 3 formats d’image)
Système PQI (amélioration de la qualité des tirages)
Impression de la date / heure au verso des images
FlashSynchro-flash : 1/90sec.
Flash intégré : nombre guide 17 pour 200 ISO
Compatible avec les flashes Dynax
Commande à distance et sans cordon des flashes TTL
FilmChargement automatique
Réglage sensibilité auto (DX) ou manuelle
Avance continue : 1 image/sec.
Rembobinage auto ou manuel
DiversTout temps
Commande à distance infrarouge
Retardateur 10s
Alimentation2 piles type CR2
Taille124,5 x 78,5 x 55,5 mm
Poids315 g
source : magic-photo

Pour le mode d’emploi, c’est par LA (cliquer sur le fichier PDF)

Quelques références : https://camerapedia.fandom.com/wiki/Minolta_Vectis_S-100, https://tammesphotography.weebly.com/minolta-vectis-s100.html, http://www.submin.com/aps/collection/minolta/cameras/vectis_s100.htm en anglais, https://www.mes-appareils-photos.fr/Minolta-Vectis-S-100.htm, https://www.suaudeau.eu/memo/collection/divers/Minolta_Vectis_S100.html, http://www.magic-photo.com/minolta/vects100.htm, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-2284-Minolta_Vectis%20S-100.html, en français

Argentique

Le Kodak Instamatic 28

Alors, celui-là, je l’ai (re)trouvé dans ma « caisse à brol » !

Entendez par là une grande caisse dans laquelle je retourne parfois car j’y ai entassé toutes sortes d’appareils recueillis souvent par hasard (des lots, des appareils reçus, trouvés, etc.).

Et donc, dans cette grande caisse, une boité jaune me fait de l’œil : celle d’un Kodak Instamatic 28.

Elle est neuve et ce qu’elle contient aussi : l’appareil n’a jamais été utilisé !

-« Kodak, mais c’est pas la firme qui faisait des films dans le temps ? »

Il n’y a sans doute que les moins de vingt ans pour ne pas connaître la célèbre marque jaune.

Je ne vais pas vous raconter l’histoire de la marque, vous en trouverez des résumés très bien faits ICI et LA.

Retenons simplement que c’est grâce à Monsieur George Eastman et son génie des affaires que la photographie est devenue, très tôt, accessible au plus grand nombre.

J’écris « très tôt » car nous sommes en 1888, lorsqu’il crée le nom KODAK, qui ne veut rien dire mais fonctionne partout dans le monde. Grâce à l’invention du film « facile » – c-à-d. un film photographique sec, transparent et flexible, en rouleau – simple à utiliser mais aussi de l’appareil photo qui va avec, un appareil en carton, préchargé de 100 expositions, facile à transporter et à manipuler, résumé par un slogan publicitaire génial « You press the button, we do the rest » (Vous appuyez sur le bouton, nous faisons le reste), il invente la photographie amateur.

source : Histoire des inventions

L’idée fantastique c’était de rendre le client « captif ». Par exemple, reprenons le premier appareil chargé de 100 vues : lorsque vous les aviez terminées, il suffisait de retourner l’appareil chez Kodak à Rochester, New York, où on développait le film et on vous renvoyait les photos tirées et l’appareil, rechargé. Le cycle recommençait.

Tout au long de l’histoire de l’entreprise, le même principe sera gardé : mettre à la disposition des clients des appareils simple d’utilisation, en grand nombre, pour diminuer les coûts, rendre accessible au plus grand nombre et pouvoir vendre des pellicules.

Cela a tellement bien fonctionné que même des appareils « bon marché » comme le Diana, distribué comme cadeau avec des produits ou services, ont été supplanté par les Kodak, notamment les Instamatic, vendus à des millions d’exemplaires.

Le premier Instamatic a été le 50, vendu en Angleterre en février 1963, soit un mois avant le modèle 100, lancé lui aux USA, qui sera le plus connu (et vendu).

La vitesse est de 1/90s, fixe, tout comme l’ouverture et la mise au point. Un système de flash sera ajouté au 100.

D’année et année, les appareils évolueront, par (toutes) petites touches. Il y aura même des modèles automatiques (série 800/804) vers la fin.

Pour vous donner une idée, un ordre de grandeur, plus de 50 millions d’Instamatic seront vendus entre 1963 et 1970, sous 80 modèles différents.

Et là, je ne vous parle que des appareils à cassette 126 car les Instamatic auront encore une longue carrière, jusqu’en 1990, avec les pockets (1972) qui utiliseront les films en cassette 110mm. 23 autres millions d’appareils seront vendus.

Si vous avez suivi – et je sais que vous êtes attentifs – Kodak a toujours voulu développer des appareils simplifiant la vie des photographes amateurs. Il a inventé le film souple en 135mm, en rouleau puis en bobine (les cartouches jaunes que tous les photographes de plus de 30 ans ont connu).

Et pour les Instamatic, il a développé un film en cassette, encore plus simple à utiliser : la cassette en 126 .

Une cassette en plastique dans laquelle un film en 135mm, dont on a modifié les perforations et doublé d’un papier qui reprend les données utiles (flèches indicatives, numéro de photo), permet de faire des photos au format 28x28mm. Avec elle, plus besoin d’insérer une amorce dans une bobine réceptrice, plus ou moins facilement : on ouvre le dos de l’appareil et on place la cassette dedans, on referme et c’est tout.

Kodak 126 open dropin shoot 700
source : Philcameras

La conception de la cassette protège parfaitement le film. Lorsqu’on arrive au bout, il est « absorbé » dans la partie où il s’enroule, pour éviter les fuites de lumière qui voileraient le film.

Au labo, il faudra casser la cassette pour en extraire la pellicule et la traiter.

L’appellation originale, sous laquelle la cassette 126 a été enregistrée par Kodak est le Kodapak.

C’est Hubert Nervin qui est à l’origine de cette invention, qu’il céda ensuite à Kodak. Elle fut inventée pour simplifier à l’extrême le chargement du film dans l’appareil, chose qui semblait effrayer les plus néophytes et les photographes vraiment amateurs (ceux qui ne faisaient que quelques photos par an).

Le film de 135mm est enroulé dans la cassette, avec un papier protecteur qui autorise la fenêtre prévue dans la cassette pour voir le nombre de vues effectuées (pas de compteur sur les appareils dès lors). L’avantage, puisque la cassette est asymétrique, c’est qu’on ne peut pas la monter à l’envers et que si, par inadvertance, on ouvre l’appareil, seule la photo « en cours » sera voilée, les autres étant protégées par la cassette et le papier qui est enroulé autour.

source :Kodak

Pour simple que cela paraisse, cette cassette a également incorporé l’un des premiers systèmes de détection de vitesse de film mécanique largement utilisés : à l’aide d’encoches sur la cassette, une vitesse de 64, 80, 125 ou 160 ASA est indiquée au boitier et permet de régler le mécanisme d’exposition de l’appareil photo. Soyons de bons comptes, toutes les appareils n’ont pas profité de cette fonctionnalité.

source : Kodak

Si la formule est attrayante, elle a quand même un grand inconvénient : la planéité du film ne peut être assurée car, prisonnier dans la cassette, il ne peut avoir de presse film efficace qui « plaque » la pellicule devant la fenêtre de la chambre.

Cette particularité n’avait pas trop d’importance dans les appareils Instamatic, extrêmement simplifiés (peu de réglages de vitesses, d’ouvertures). La « qualité » relative de ces appareils ne souffrait pas des inconvénients de la cassette 126.

Pour être complet, 4 reflex ont tenté l’aventure de la cassette 126 : le Contaflex 126, le Ricohflex, le Rollei SL 26, et le Kodak Retina Reflex Instamatic. Si les défauts de planéité étaient gommés par la faible qualité des optiques des Instamatic, avec des appareils plus « haut de gamme », ce n’était pas le cas. Ces appareils n’ont pas eu de succès.

Kodak a fabriqué cette cassette 126 de 1963 à 1998. Mais les dernières ont été fabriquées jusqu’en 2008 par la société Ferrania avec des pellicules Solaris.

Donc, à moins de tomber sur un stock, forcément périmé, de cassette 126, si vous voulez réutiliser vos vieux appareils – et ce serait dommage de ne pas le faire – vous devrez vous tourner vers des adaptateurs qui utilisent une pellicule en 135mm (il s’en vend sur Ebay p.ex. ou vous pouvez les « fabriquer » avec une imprimante 3D).

Ce qui a précipité la fin de la cassette 126 fut d’une part que les appareils photos des années quatre-vingt étaient pour la plupart pourvu de motorisation qui « chargeait » automatiquement les films et ensuite la mise sur le marché d’appareils jetables, préchargés d’une pellicule 24×36, qui avaient les mêmes qualités, sinon plus, que les appareils Instamatic ou Agfamatic.

Voilà, voilà … vous en savez plus maintenant sur ce « drôle » de film qui alimentait les Instamatic , et les Agfamatic, le concurrent de toujours qui dut faire « allégeance » au géant américain pour ce film.

Bon, et cet Instamatic 28 alors ?

Il est apparu en Grande-Bretagne en 1972 et il a sévit jusqu’en 1974.

Au pays des appareils simples, il est simplissime !

Un viseur sans aucune marque, un objectif ménisque (une seule lentille) de 43mm ouvrant à f11 avec mise au point fixe. Pas de griffe flash ni possibilité de greffer un flash cube comme sur ses petits camarades.

La seule chose que vous pouvez régler, c’est le diaphragme avec deux positions : soleil et soleil voilé.

Vous pouvez rarement vous tromper même si Kodak a prévu un mode d’emploi !

Un petit loquet en bas sur la tranche droite de l’appareil libère le dos, dans lequel vous glisserez la cassette. Vous armez avec le gros levier, au dessus. Selon la luminosité, vous réglez le diaphragme, vous visez et vous appuyez sur le bouton (une barrette) au dessus de l’appareil : clic-clac, c’est dans la boite !

Voilà, voilà … avouez que si je n’avais pas (un peu) brodé avant la présentation de cet Instamatic 28, je n’aurais pas eu grand chose à vous écrire.

Notez qu’il y a plus fort que moi, c’est le gars qui a tourné une video de plus de 5 minutes sur cet appareil !

A la question légitime « cet appareil est-il intéressant si on veut l’utiliser ? », je suis très tenté de vous répondre « non ». A moins d’en découvrir un dans l’état de celui que je vous montre, avec sa boite et neuf, ce qui peut faire le bonheur d’un collectionneur (d’un musée ?), cet appareil est très limité.

La gamme des Instamatic est suffisamment large que pour y trouver son bonheur. Voyez les 233, les 154 et leur drôle de moteur à ressort, les 324 et leur objectif ouvrant à f2,8, les 104 sur lesquels vous pouvez au moins adapter un cubiflash, ou les 355 X avec cellule CdS, par exemple (liste non exhaustive).

Le mode d’emploi

Si vous voulez tenter l’aventure de mettre du 135 en cassette 126, voici deux videos d’exemples (à faire en chambre noire bien évidemment).

La maison ne recule devant aucun bricolage pour que vous puissiez utiliser vos anciens Instamatic !

Les données techniques

Période de production : 1972-1974 – Angleterre
Type : compact
Format : 28×28 mm sur chargeur 126
Viseur : clair non collimaté
Objectif : ménisque 1:11 f=43 mm – mise au point fixe
Mesure de l’exposition : sans
Réglages : diaphragme soleil et soleil voilé
Sensibilité du film : 25 à 125 ASA
Obturateur : central à une seule vitesse
Déclencheur : sur l’obturateur
Flash : sans
Griffe : sans
Ecrou de pied : non
Armement : levier à une seule manœuvre
Ouverture du dos : par poussoir sur le côté
Dimensions : 108 x 67 x 52 mm
Poids : 177 g

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Kodak_Instamatic_28, https://filmphotography.eu/en/kodak-instamatic-28/, https://kodak.3106.net/index.php?p=207&cam=1185, http://Cet appareil photo fabriqué au Royaume-Uni est le seul modèle européen de la gamme à ne disposer d’aucune installation de flash, bien qu’il existe des paramètres « ensoleillé » et « nuageux ». https://kodak.3106.net/index.php?p=207 en anglais, http://fexmania.fr/picture.php?/1146, http://www.cameraboussat.fr/dossier_collection/cible_g.php?id=9&type=Instamatic, https://www.philcameras.be/collection/collectionm/ijk/kodakm/instamatic126m.html, https://www.mes-appareils-photos.fr/Menu-Intamatic.htm en français

Argentique

Le Canon AL-1 présenté par Olivier

Comme je l’ai déjà signalé par ailleurs, ce site est entièrement à ma charge (pas de sponsors ni de pubs) et donc je ne sais pas toujours acheter tous les appareils qui me font de l’œil ou m’intriguent.

Aussi, quand j’ai un lecteur fidèle qui me propose de faire l’analyse de ce genre d’engin, je dis « oui » avec enthousiasme.

Et donc, aujourd’hui, c’est Olivier qui vous fait la présentation de ce Canon AL-1, un appareil assez atypique et attachant. Mais je lui laisse le clavier …

            J’ai presque toute la gamme CANON A.. Sauf, l’AT-1 que je considère comme un AE-1 bridé. D’après mes souvenirs, l’AT-1 est basé sur la mécanique de l’AE-1 en ayant seulement le mode manuel d’activé.

            Dans cette série, il y a une étrangeté… Le CANON AL-1 , un appareil avec une aide à la mise au point. C’est le premier appareil de CANON ayant cette assistance. Il existe en deux versions, une version alu et une version noire qui est, comme d’habitude, bien plus rare. Il se trouve que par chance, c’est cette version que j’ai fini par trouver. Cet appareil peut utiliser tous les accessoires de la gamme, flash, moteur , objectifs…Sauf le dos dateur car l’appareil n’a pas un dos amovible et n’a pas non plus de prise synchro flash. Enfin, l’étui de protection sera spécifique.

Bien qu’il soit sorti en 1982, il ne fait pas son âge ( 40 ans ).

            Il a des particularités qu’il convient de souligner. Il utilise des piles AAA ( 2 piles ) et la trappe à pile est hélas très fragile et beaucoup de ces appareils sont proposés à la vente en ayant cet élément manquant ou « bricolé » avec les moyens du bord. Heureusement les imprimantes 3D viendront certainement à notre secours.

La « fragile » trappe à piles

Au niveau vitesses d’obturation, c’est un appareil avec une priorité diaphragme. Vous pouvez toutefois sélectionner des vitesses manuellement du 1/15 au 1/1000. La synchro flash se fera au 1/60 .

Le sélecteur de vitesses

        

    Il portera un petit symbole qui vous indiquera de manière discrète sa spécificité. Le symbole « qF » pour Quick Focus. Ce n’est donc pas un auto focus mais seulement une assistance pour la mise au point.

Le discret symbole qF ( Quick Focus )

            Sa durée de production réduite explique pourquoi il n’est pas évident à trouver. Il a été fabriqué de 1982 à 1984. En 1985, le T80 apparait et avec lui les premières générations d’appareils autofocus. J’ai eu le T-80 en main et franchement, il vous fait faire des haltères  !

Juste une petite photo d’un T-80 pour mémoire.

            Allons enfin faire un tour du coté de l’assistance de mise au point. Un article de la revue « Science Et Vie » lui était consacré. A cette époque, il y avait deux grandes catégories de système de mise au point, la première utilisait deux miroirs ( dont l’un était mobile ) et la deuxième, une détection de contraste faite par un capteur placé derrière le miroir qui devait être, de ce fait, semi-transparent. C’est cette dernière solution qui a été retenue par CANON pour son AL-1. Avec un peu de chance, vous retrouverez sur le net un site ou sont archivés les anciens numéros de « Science et Vie ».

Le miroir semi transparent. ( vous pouvez voir la nouvelle mousse amortisseur )

Le capteur de détection de contraste. Celui-ci sera, bien sûr, escamoté quand vous prenez la photo.

Bref, c’est terminé pour la technique pure et voyons un peu son utilisation.

            Il fut généralement livré avec un 50 mm f:2. J’ai eu le mien sans objectif et quand je vois le prix d’un 50 mm ouverture f:2. par rapport à un 50 mm f:1.8, je ne trouve pas très logique que celui qui a la plus petite ouverture soit aussi le plus cher sur le marché de l’occasion. Alors, c’est peut-être dommage, mais mon AL-1 ne retrouvera pas sa version « sortie de boite ». Peut-être la rareté de cet objectif fait-elle son prix… De toutes les façons, le système d’assistance demande de la lumière, alors pourquoi proposer cet appareil avec un 50 mm f:2. …

            Le système d’assistance vous introduit trois nouvelles diodes électroluminescentes dans le viseur.  vous trouverez deux diodes ayant la forme de deux flèches et une diode ronde. La diode ronde s’allume quand la mise au point est faite et les deux autres diodes vous indiquent dans quel sens il faut tourner l’objectif. ATTENTION, la mise au point est faite sur une zone centrale qui est identifiée dans le viseur. Si vous voulez décentrer votre sujet principal, il faudra d’abord faire la pise au point en le centrant dans la zone de mise au point. Enfin, classiquement, une aiguille ( à droite ) vous indiquera la vitesse que l’automatisme va sélectionner. En mode manuel, aucun rappel de la vitesse que vous avez sélectionnée sur le barillet n’apparait. Vous allez vite comprendre que le mode manuel n’est pas son point fort.

Informations présentées dans le viseur ( doc CANON AL-1 )

            Il peut arriver qu’aucune diode ne soit allumée dans le viseur. Cela veut dire que la capteur n’arrive pas à faire la détection de contraste ( ou que vos piles commencent à être faibles ). Il vous faudra faire la mise au point sur le dépoli. Parfois, en tournant un peu la bague de mise au point, vous faites apparaitre suffisamment de contraste et les diodes se réveillent.

            Finalement, c’est un appareil bien conçu. L’excroissance liée au logement des piles facilite la prise en main. Le fait que le mode manuel ne soit pas particulièrement facile à utiliser n’est pas rédhibitoire car il a surtout été acheté par des amateurs qui ne voulaient pas forcément le mode manuel. Bien que le miroir soit semi-transparent, la luminosité de la visée n’en est pas affectée. En utilisation courante, c’est toujours amusant de se laisser guider par les petites flèches rouge jusqu’à l’allumage de la diode ronde verte. Je l’ai déjà vu en vente en occasion à des prix tout à fait acceptables ( moins de 50 Euro ) et si vous voulez un appareil qui sort de l’ordinaire et que vous avez encore une bonne réserve d’objectif en monture CANON FD, alors il devrait trouver une place dans votre mallette photo.

Le CANON AL-1 est autant à l’aise avec un téléobjectif qu’avec un grand angle.

AL-1 équipé avec un téléobjectif CANON 300 mm f:5.6

AL-1 équipé avec un grand angle PANAGOR 28 mm f:2.5

Argentique

Le Lomo Instant Wide

Encore un tour dans les appareils à développement instantané.

Car aussi étrange que cela paraisse, ce sont des appareils qui « donnent à voir » immédiatement l’intention du photographe, sans passer par un développement long puis un tirage (argentique classique) ou un travail devant un PC (postproduction).

Auparavant, la vedette incontestable de cet art de faire s’appelait Polaroïd, inventeur du principe dans les années quarante.

Kodak a essayé, ça lui fallut un procès retentissant et très onéreux contre Polaroïd. Fujifilm ensuite est entré dans la course avec plus de discernement et il a, par après, développé la gamme des Instax avec ses formats Mini, Square (carré) et Wide (large, celui qui se rapproche le plus du format Pola).

Les plus jeunes raffolent de ces minis photos, qu’ils peuvent échanger rapidement et – surtout – garder précieusement, donner à voir. Tout un système s’est développé autour de ces films : des albums, des séries de films aux couleurs différentes, des accessoires pour le monter à ses amis, …

J’omets volontairement les encres Z et leurs applications, reprises par exemple par Canon avec ses Zoemini car si la technologie est un peu différente, le résultat est très proche de celui des Instax Mini, notamment la taille de la photo.

Fuji a encore développé un concept hybride, qui permet à quelques uns de ses appareils de développer instantanément les photos captées mais aussi de le faire a posteriori car l’appareil est un appareil numérique qui enregistre les photos sur une carte mémoire.

Des imprimantes nomades ont aussi vu le jour, qui permettent d’imprimer le trop plein d’images stockées sur les téléphones intelligents, sans espoir d’être vues ou partagées réellement.

Bref, en quelques mots, le tour d’horizon de ce qui existe, sans entrer dans les détails des uns et des autres mais pour bien marquer que la photo instantanée n’est pas morte avec l’arrivé du numérique, même si l’acteur principal est exclu de la manne : c’est Fujifilm qui se taille la part du lion cette fois, pas Polaroïd. Et Lomo est en embuscade.

Mais venons en justement à notre Lomo Instant Wide. Pourquoi ai-je choisi celui-là ? Pour la taille des photos, des Wide, soit le format du film : 108(L) x 86(H) mm et le format de l’image : 99(L) x 62(H) mm

Un sujet, trois formats différents. De gauche à droite, une photo au format Instax Mini, une seconde au format Square, et la troisième au format Wide.
source : Instanmaniac, de gauche à droite, le format Mini, le Square, le Wide.

Et puis parce que cet appareil offre une grande liberté créative, que les autres appareils peinent à proposer.

Par exemple, il possède un flash débrayable si besoin, une prise PC pour y connecter des flashs externes ou – le luxe ! – un kit d’éclairage studio; un kit avec des objectifs pour photographier en gros plan ou en ultra grand angle, avec son viseur dédié; une astucieuse télécommande cachée dans le bouchon d’objectif j’y reviendrai); le Splitzer, un accessoire à viser sur l’objectif qui permet de créer des expositions multiples sans superposition d’image, en masquant successivement différentes parties de celle-ci; des filtres colorés à glisser sur le flash

Pas mal non ?

La télécommande, donc cachée dans le bouchon d’objectif, elle permet de déclencher l’appareil à distance (premier bouton) et à actionner le mode Bulb (pause longue) grâce au second bouton (le premier appui ouvre le diaphragme, le second le referme).

Quant aux compléments optiques, ils viennent se fixer, par vissage, sur le devant de l’objectif de base, un 90mm (distance mini de mise au point de 60cm). Vous bénéficiez alors d’un ultra grand angle qui possède son propre viseur, que l’on fixe sur le boitier à la place du viseur par défaut. Et avec le second, vous passez à la photo « close-up » (10cm) mais sans recevoir ici un viseur dédié.

-« Et c’est tout ? »

Mais non mon bon Monsieur, ma bonne Dame. Ce boitier possède des modes créatifs, un mode tout auto, des fonctions pour faire des pauses longues ou des surexpositions.

Bon là, il y a moyen de s’amuser, non ?

Je reviens un instant sur les modes de l’appareil : le mode auto devrait vous garantir des photos toujours correctement exposées, le mode Bulb est idéal pour les effets en light painting ou en photos de nuit, tandis que le mode « vitesse fixe » est plutôt destiné aux prises de vue en studio.

Tout ça à l’air trop beau que pour ne pas nous cacher quelques défauts, non ?

Ah ! le monde parfait n’existe pas.

Voyons ses défauts. Tout d’abord son encombrement : il est grand ce boitier et donc pas évident à déplacer. Et si vous avez la bonne idée de l’acheter dans une des nombreuses déclinaisons colorées « série limitée », on ne verra que vous !

Ceci étant, si l’appareil est grand, il reste léger. Construit tout en plastique, on ne peut pas dire qu’il respire la solidité, mais c’est une impression. L’avantage du plastique, à défaut de le rendre discret, vous apportera la satisfaction de shooter dans une des nombreuses déclinaisons proposées chaque année et souvent signées par des artistes du Street Art.

Son ergonomie est étrange, en tout cas pour ceux qui n’ont jamais travaillé avec un télémétrique et son viseur placé en façade, surtout qu’ici ledit viseur est dans l’angle supérieur droit. Mais on s’y fait, à la longue.

Et tant qu’à faire dans ce que les autres ne font pas, on place le déclencheur en façade, façon Praktica : il faut appuyer dessus alors qu’il est placé près de l’objectif et non pas au dessus, comme chez les autres.

Ah oui, son viseur, très décalé sur la droite, sans correction pour rétablir ce décalage, risque de vous donner des surprises entre ce que aviez vu et ce qui sort réellement. Il va falloir un petit moment pour appréhender cette « distorsion ».

Soyons aussi réaliste : lorsqu’un appareil vous propose des solutions dites créatives, cela suppose que vous allez faire pas mal d’essais/erreurs pour arriver à ce que vous voulez. Tout ça a un coût, tenez en compte.

Pour le reste, c’est presque du classique avec les boutons et commandes regroupés au dos, à droite.

Comme si ça ne suffisait pas, l’appareil offre plein de fonctions utiles/futiles mais en tout cas amusantes :

  • le flash se déclenche par défaut, mais vous pouvez le désactiver (touche ON/OFF). Mais surtout, Lomo vous livre des « vignettes » en plastique de toutes les couleurs, que vous glissez contre le flash et ça donne des teintes délirantes à vos photos
  • une fonction qui semble un incontournable chez les lomographistes, la multi exposition. C’est vrai que cette manipulation apporte souvent des résultats étonnants. Il faut juste y penser avant de se lancer dans l’exercice en appuyant sur la touche MX au dos de l’appareil. Vérifiez que le voyant passe bien à l’orange, puis faites vos expositions et ré-appuyez ensuite sur le bouton MX pour éjecter l’image (enfin, les images superposées) prise. Si vous avez une idée de composition précise en tête, vous pouvez aussi appuyez sur la touche MX, prendre votre première photo et ensuite éteindre l’appareil. Lorsque vous le rallumerez, vous pourrez prendre une nouvelle photo sur la même image.
  • le boitier propose encore une possibilité de compensation d’exposition de -1/+1, toujours accessible au dos du boitier

Il n’est pas inutile de lire le mode l’emploi de l’appareil pour vous familiariser avec tout ce qu’il vous propose, pas que ce soit difficile, mais on n’a pas l’habitude de ce type d’offres avec un appareil instantané.

Quelques exemples LA.

Que retenir de cet appareil ?

Il n’est pas donné : comptez entre 149 et 199€ chez Lomography.

Si vous cherchez juste un appareil instantané, je trouve que c’est cher – sauf si vous tombez sur une bonne occasion, comme j’ai pu le faire. Si vous voulez expérimenter, ça reste cher car il faudra ajouter le coût des films mais soyez raisonnable, faites vous plaisir et foncez, ce n’est pas tous les jours qu’on nous propose quelque chose d’amusant !

La pratique de l’instantané a toujours été onéreuse, mais c’est le prix de la liberté !

Comme chez Lomography ils sont sympas, ils mettent à votre disposition un tuto intéressant, que vous trouverez ICI

Et un résumé de « Comment s’en servir ? »

  • Première étape: Chargez la pellicule
    1. Ouvrez la porte arrière de l’appareil en appuyant sur le bouton d’ouverture
    2. Installez une pellicule neuve de Fujifilm Instax Wide à l’intérieur. Assurez-vous que le marquage jaune disposé sur l’appareil soit aligné avec la marque sur la pellicule.
    3. Fermez la porte arrière de l’appareil.
    4. Allumez l’appareil.
    5. Appuyez sur le déclencheur afin d’éjecter le premier film de protection de la pellicule. Assurez-vous que la fente d’éjection ne soit pas bloquée quand le film sort.
  • Étape 2: Sélectionnez votre mode préféré Le Lomo’Instant Wide est équipé de trois modes de prise de vue différents à utiliser selon vos envies photographiques. Vous pouvez facilement choisir parmi les trois modes grâce au loquet de sélection. En plus, vous pouvez choisir d’activer ou non le flash, peu importe le mode utilisé.
    1. Mode automatique (A) : Le mode automatique est parfait pour toutes les situations du jour et de la nuit. Peu importe ce que vous êtes en train de faire, vous réaliserez grâce à ce mode instinctif des photos parfaitement exposées. En plus, vous pouvez activer et désactiver le flash.
    2. Mode Bulb (B) : Vous êtes à la recherche de scènes surréalistes et incroyables pour votre Lomo’Instant Wide ? Alors passez en mode Bulb et laissez-vous aller à une expérience « lumineuse ». L’obturateur restera ouvert aussi longtemps que le déclencheur est maintenu enfoncé afin de capturer les lumières s’animer. Et puisque vous pouvez également choisir d’utiliser ou non le flash, c’est parfait pour créer des photos nocturnes éclairées au flash ou bien des photos d’ambiance en intérieur !
    3. Mode Vitesse d’Obturation Fixe (1/30) : Voici un nouvelle exemple de la polyvalence du Lomo’Instant Wide : le mode vitesse d’obturation fixe. Un mode idéal pour les photos en studio lorsque l’appareil est associé avec des flashs externes et à une ouverture fixe à f/8.
  • Étape 3: Prenez une photo
    1. Une fois que votre pellicule est installée correctement, que vous avez choisi votre mode de prise de vue, vous êtes prêt !
    2. Déterminez la distance qui vous sépare avec votre modèle et sélectionnez-la sur l’objectif.
    3. Regardez à travers le viseur pour composer votre prise de vue.
    4. Pressez le bouton du déclencheur et prenez une photo. Une fois que vous avez relâché le déclencheur, la photo sera immédiatement éjectée.
    5. Maintenant, attendez que l’image apparaisse entre vos mains !

Source : Micro site, Lomography

Petite video d’illustration

Spécificités techniques

  • Format des pellicules: Fujifilm Instax Wide Film
  • Zone d’exposition: 62mm x 99mm
  • Focale de l’objectif: 90mm (équivalent 35mm)
  • Type d’exposition automatique: automatique programmée
  • Ouverture: f/8, f/22
  • Gamme des vitesses d’obturation: Bulb (Mode Bulb), 8s-1/250s (Mode automatique), 1/30 (Mode vitesse d’obturation fixe)
  • Compensation d’exposition: Valeurs d’exposition +1/-1 (ambiant)
  • Mécanisme d’éjection: Motorisé
  • Expositions multiples: Oui
  • Nombre guide métrique du flash intégré: 13 (m)
  • Flash intégré: Mode flash automatique & Flash mode Off
  • Distance de mise au point minimum: 0.6m (0.1m avec l’objectif amovible gros plan)
  • Zones de mise au point Setting: 0.6m / 1-2m / infini
  • Emplacement pour trépied: Oui
  • Transmission de la télécommande: Infrarouge
  • Portée de la télécommande infrarouge : Par temps clair: 1-2m, Intérieur: 5m
  • Piles: 4 x piles AA (4 x 1.5V)
  • Piles de la télécommandeSupply: 1 x pile 2025 (3V)
  • Diamètre du pas de vis pour filtre: 49mm

Des références : https://shop.lomography.com/fr/cameras/lomo-instant-wide?country=be, https://microsites.lomography.com/lomo-instant-wide-camera/fr/technical-information/, https://www.pixfan.com/lomoinstant-wide/, https://www.instamaniac.com/test-avis-lomo-instant-wide-lomography/, https://www.instamaniac.com/comparaison-films-instax-mini-wide-square/ https://www.instamaniac.com/fujifilm-instax-impossible-polaroid-comment-choisir/ en français

Infos utiles ou futiles

La porte du cache-pile de mon Canon AE-1 est cassée, suite.

Décidément, il y a un mot que j’aime bien, c’est « partage ».

Le premier article consacré à ce petit souci, assez récurrent sur les Canon AE-1 a inspiré plusieurs lecteurs attentifs, qui ont eu la gentillesse de partager leurs connaissances pour que cette mésaventure soit passagère.

Phil, Olivier, Gaël et Fred se reconnaitront et je les remercie encore.

Car grâce à eux, vous aurez accès aux infos pertinentes pour réparer proprement votre fidèle compagnon de sorties argentiques.

Reprenons dans l’ordre chronologique :

  • pour démonter correctement l’appareil, voici le lien vers les plans pour le faire proprement,
  • pour faire reconstruire la porte cassée, voici le lien vers les plans et conseils pour une impression en 3D
  • pour découvrir les facettes de la photo argentique avec les conseils avisés d’un photographe Lillois, c’est par ICI

Voilà, voilà … à vos boitiers et à bientôt pour de nouvelles aventures … partagées.

Argentique

Le Zeiss Ikon Super Ikonta 531/2

Une fois n’est pas coutume, dit-on, je plonge cette fois dans du vraiment vieux !

Aujourd’hui je vais vous présenter un appareil dit « folding », c-à-d avec un soufflet reliant l’objectif à la chambre.

C’est daté me direz-vous !

Oui, en l’occurrence, ce modèle a débuté sa carrière en 1936 et il l’a poursuivie jusqu’en 1955, preuve que le concept était bon et l’appareil excellent.

Car il s’agit d’un Zeiss Ikon, le Super Ikonta.

Mais commençons par le commencement. Qui était Zeiss Ikon ?

Elle fait partie des plus vieilles maisons européennes actives dans la photographie. Elle est le résultat de la fusion, en 1926, des sociétés Ica, Ernemann, C.P. Goerz et Contessa-Nettel – celles qui fabriquaient le célèbre Contax, à Dresdes. En 1929, la nouvelle société rationalise la production et ne seront gardés que quelques modèles, des nouveaux verront le jour, dont le fameux Ikonta, qui porte le nom de l’entreprise.

C’est en 1933 que la gamme Ikonta s’étend et s’améliore avec la gamme Super Ikonta, qui introduit une petite merveille de précision et de mécanique : un télémètre couplé, très précis.

Le premier modèle sera appelé Super Ikonta 530/2. Il utilise du film en 120 et produit des négatifs en 6x9cm.

En 1936, ce sera le Super Ikonta 531/2, toujours équipé du fabuleux télémètre couplé mais qui propose dorénavant 2 formats d’image : le 6x9cm (8 photos sur un rouleau de 120) et, moyennant un cache spécial, le 6×4,5cm (16 photos sur le même rouleau).

Disons le tout de suite, c’est un bel appareil, même si celui que j’ai acheté a perdu un peu de sa superbe, le noir brillant du cadre s’écaille.

Voyons cela de plus près : le corps de l’appareil est un alliage d’aluminium moulé sous pression, la porte de l’objectif et celle du dos sont en acier embouti. Le tout est recouvert de cuir noir (du vrai cuir) et les bords sont peints en noir brillant. L’ensemble tient dans une poche, mais il faut qu’elle soit solide car il fait dans les 800gr avec un film !

Sur le haut du boitier, c’est le télémètre, avec ses deux « petits » yeux en façade et un viseur escamotable au milieu. A l’arrière, un seul oculaire, assez petit (4mm) mais utilisable – et courant en 1933, Leica ne fait pas mieux. Les deux petites fenêtres à l’avant sont un peu plus grandes (7mm). Ce télémètre est couplé à l’objectif, grâce à une fenêtre portée en bout de celui-ci.

-« Tiens, pourquoi un viseur pliant alors qu’il y a un télémètre ? »

Excellente question, passez à la suivante …

En fait, c’est l’équivalent, me semble-t-il des viseurs dits sportifs des tous premiers appareils. A ceci près que celui-ci est quand même perfectionné : lorsque vous appuyez sur le bouton en haut à droite, il se libère dans un beau « clac » ferme. La plaque métallique qui vient de se lever porte au milieu une lentille rectangulaire gravée (qui est l’oculaire réel) de 6x4mm, alors que l’autre partie est un verre concave de 16x11mm. Les deux combinés donnent une image réduite comme un viseur galiléen inversé.

Ce viseur, vous l’aurez compris, est conçu pour les images en 6×9. Si vous utilisez le format 6×4,5, pas de panique, Zeiss a prévu des grilles sur le verre de la première lentille.

Vous pourrez donc cadrer « à la volée » en ayant présélectionné la distance, ou utiliser la visée avec le télémètre. Cela dépendra de votre temps et du style de photos que vous faites.

Le viseur (inventé par le Néerlandais Albada) est, disons-le, tout sauf clair. Pour contraster clairement les lignes de dessin pour les formats d’image 6 × 9 et 6 × 4,5 dans le verre, un revêtement jaune a été appliqué qui devient clairement flou au fil des ans. Et je ne parle pas du verre concave, qui a dû recevoir un traitement de surface qui s’altère avec les ans.

Pour installer le film dans la chambre, il suffit de faire glisser le bouton qui est sur la tranche droite de l’appareil, sous la lanière de portage, ce qui libère la porte arrière. La charnière se trouve à gauche. Près de celle-ci, gravé dans le cuir, vous trouverez le numéro de série de l’appareil alors qu’à droite, près du loquet d’ouverture, vous trouverez le nom et le type du modèle.

531 pour le modèle, /2 lui fait référence au format du négatif, le 6×9. D’autres inscriptions désignent d’autres combinaisons de film (4,5×6 p. ex.)

Au dos de l’appareil, vous voyez deux fenêtres rouges (rouge dit inactinique). Selon que vous utilisez l’appareil avec le format 6×9, vous utiliserez la fenêtre de gauche pour lire les signes sur le papier support de la bobine. Et forcément, si vous êtes en 4,5×6, ce sera la fenêtre de droite (rassurez-vous, c’est noté dessus).

Comme je l’ai écris plus haut, le Super Ikonta 531/2 permet d’utiliser deux formats d’image, le 6×9 « classique » et le 4,5×6, moyennant l’utilisation d’un cache, aimablement fourni par le constructeur (et qu’il convient de ne pas perdre car introuvable !).

Cet appareil est un « Klappkameras » comme disent les Allemands, ou folding pour les anglais et « à soufflet » pour les francophones.

Ce fameux soufflet peut faire peur car beaucoup le considère comme fragile. Mais il a été fabriqué en cuir et il est fait pour durer 100 ans au moins. D’ailleurs, la plupart des vieux Ikonta fonctionnent toujours, avec leur soufflet d’origine.

L’autre pièce incassable et remarquable de ces Ikonta, c’est l’obturateur : un Compur rapid, sans doute le meilleur obturateur jamais conçu et un des plus anciens, produit à partir de 1912 ! La grande bague des vitesses n’est pas crantée mais elle est « ferme ». L’obturateur est même équipé d’un retardateur, il est vrai un peu caché : il s’agit d’un petit bouton qu’il faut pousser vers le bas pour armer le décompte (8 à 10 secondes). Ces obturateurs sont réputés pour leur précision et leur solidité.

N’oublions pas, évidemment, les objectifs Zeiss. Les plus utilisés étaient le Novar et le Tessar. Pour les appareils au format 6×9, il s’agit d’un 105mm.

Le mien est un Tessar 105mm ouvrant à f4,5.

Ceci étant, il n’est pas très rapide ce Compur: 1/250s (certains iront jusqu’au 1/400s).

Quant à la distance de mise au point, elle commence à 1m environ. Cette mise au point peut se faire avec le télémètre, en actionnant la petite molette qui est à côté de l’objectif. Celle-ci le fait tourner, dans un sens ou l’autre (mais elle ne fait pas un tour complet). La vitre ronde, relevée, s’ajuste automatiquement et elle est visible à travers le télémètre. Les deux images doivent se superposer pour que la photo soit nette. Ça demande un peu d’habitude, mais ça fonctionne très bien.

Comment ça fonctionne un Super Ikonta 531/2 ?

Tout d’abord, il faut introduire un film dans la chambre. Du grand classique si ce n’est qu’il ne faut pas oublier quel format on a choisi (6×9 ou 4,5x6cm).

Puis, il faut ouvrir l’appareil en veillant à tirer le loquet du cache objectif vers l’avant. Appuyez sur le petit bouton sur le dessus de l’appareil, à côté du viseur escamotable : clac, il sort de son logement comme un beau diable et en même temps, l’objectif se déploie automatiquement (faut parfois un peu l’aider), les charnières chromées se bloquent d’elles-même en fin de course. Du bel ouvrage mécanique, vraiment.

Vous réglez la distance selon ce que j’ai expliqué plus haut, la vitesse avec le petit levier sur le côté gauche du Compur (utilisez une cellule à main pour les réglages).

N’oubliez pas d’armer le déclencheur en tournant, dans le sens de la flèche, la molette au dessus à gauche, près du déclencheur. Un point rouge apparaitra quand celui-ci est armé, derrière la molette. cette molette fait aussi avancer le film, vérifiez dans la fenêtre rouge ad hoc l’avancement de celui-ci.

Pour la première photo, vous aller armer l’obturateur avec le petit bouton sur le côté droit de l’obturateur Compur (il faut le remonter). Ensuite il vous reste à cadrer et appuyer sur le déclencheur !

Si ça vous semble compliqué, je vous ai trouvé une petite vidéo ici en dessous.

Que penser de cet appareil, finalement ?

C’est un magnifique exemple de ce qu’on l’on fabriquait au début du XXème siècle : solide et beau à la fois, fait pour durer, ingénieux et simple, avec des matériaux de qualité.

De nos jours, cet assemblage permet de bénéficier d’un grand format (6×9) dans un appareil somme toute très compact (enfin, quand il est replié).

Mais est-il pour autant pratique à utiliser ?

Sa prise en mains est assez déconcertante car je ne sais pas comment bien le tenir : le poser sur la main gauche n’a pas de sens car le déclencheur est à gauche. Le poser sur la main droite n’est pas évident car il ne reposerait alors que sur le soufflet, donc instable. Il n’est pas possible non plus de glisser la main droite sous la lanière de portage pour assurer une bonne prise.

Reste alors à le tenir fermement entre les deux mains, profitant du creux entre le soufflet et le cadre métallique pour affermir la main droite et essayant de tenir le côté gauche avec l’index posé sur le déclencheur.

Tenue qu’il faudra reprendre si on doit changer les réglages, que l’on ne peut faire en le tenant ainsi en mains.

A moins de le tenir verticalement ? Mais si la tenue sera meilleure, ici aussi se pose alors le problème de la visée, pas du tout « intuitive » dans ce sens-là !

Clairement, c’est un appareil qui demande du temps avant de déclencher.

Mais la qualité des négatifs en vaut, parait-il, la peine. De part leur taille bien sûr mais surtout grâce à la qualité de l’objectif Zeiss qui assure une foule de détail.

Vous trouverez quelques exemples de photos prises avec ce type d’appareil ICI

Je pense que je vais tenter l’aventure …

Ce n’est pas un appareil bon marché, vous l’aurez compris (à moins de faire une bonne affaire : celui qui me l’a vendu pensait qu’il s’agissait d’un Zeiss Ikon Nettar 515). La qualité et l’âge ont un prix.

Petites videos d’illustration

Des références utiles : https://vintage-photo.nl/perfection-from-the-thirties-zeiss-ikon-super-ikonta/, https://oldcamera.blog/2021/05/01/zeiss-ikon-super-ikonta/, http://camera-wiki.org/wiki/Super_Ikonta_531/2 , http://www.elekm.net/zeiss-ikon/sikonta530-2/ en anglais, http://www.lumieresenboite.com/collection2.php?l=1&c=Zeiss_Ikon_Super_Ikonta_531, http://www.lumieresenboite.com/collection2.php?l=1&c=Zeiss_Ikon_Super_Ikonta_530/2, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-9783-Zeiss%20Ikon_Super%20Ikonta.html, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-2402-Zeiss%20Ikon_Super%20Ikonta.html, http://www.cameraboussat.fr/dossier_collection/cible.php?id=330&marque=Zeiss-Ikon en français, https://bleckedermoor.de/fotomuseum/sui531-2.htm, https://paul-neugebauer.de/2020/zeiss-ikon-super-ikonta-531-2/ en allemand

Le Zinc du photographe

Le Canon PowerShot S70

C’est en cherchant les papiers de la voiture de mon père que je suis tombé (sans me faire mal) sur ce petit compact Canon, dans la boite à gants (ancien terme bien désuet, non ?).

J’essaie de le mettre en route, batteries mortes (oui, il y en avait une de réserve dans le petit sac), il fallait s’y attendre ! Heureusement que j’ai toujours un chargeur universel pour ce type de situation et je « regonfle » les batteries en quelques heures.

Voyons voir ce que donne l’engin …

Sorti en août 2004, il succède au Canon PowerShot S60, présenté lui en juin de la même année.

En gros, il garde la plupart des spécifications du S60 comme le capteur CCD 1/1,8″ de 7,1 mégapixels (celui qui équipait à l’époque le Powershot G6, le « pro » de la bande), comme le « même zoom optique grand angle 3,6x que le S60, qui, réalisant une plage de zoom équivalente à 28-100 mm au format 35 mm, permet aux utilisateurs la flexibilité de tout photographier, des paysages panoramiques aux portraits en gros plan. Doté d’un objectif asphérique à indice de réfraction ultra élevé (UA) moulé en verre, qui possède l’indice de réfraction le plus élevé au monde  » (dixit le Musée Canon).

Mais alors, me direz-vous, pourquoi avoir sorti un nouvel appareil ?

Il faut bien vendre mon bon Monsieur …

Voyons un peu ce qu’il apporte de mieux : en fait, il est une évolution du S60 qui permet – enfin – de prendre en charge la sélection de la zone AF dans les modes de prises de vue Programme, Tv (time value ou priorité vitesse), Av (aperture value ou priorité ouverture) et Manuel même si le cadre AF est fixé au centre lorsque vous photographiez. Ensuite la mise au point et le bracketing AE sont présents, ainsi qu’un réglage de la puissance du flash.

Les ingénieurs – qui n’avaient sans doute pas eu le temps de fourrer tout ça dans le S60 – ont ajouté une fonction macro jusqu’à 4cm, une vitesse d’obturation maximale de 1/2000 de seconde, un préréglage de balance des blancs « sous-marin » (eh, gaffe, il est pas étanche !), l’enregistrement de clips vidéo VGA (640 x 480 pixels) et, lors de la prise de vue au format RAW, la possibilité de sélectionner la résolution de l’image d’aperçu JPEG qui est enregistrée simultanément avec le fichier RAW.

Le S70 pouvait aussi se mettre en branle un peu plus vite que son prédécesseur, soit un peu moins de 3 secondes (on prenait le temps à l’époque, maintenant on râle quand on compte en millisecondes !).

Ça c’était le côté technique de la présentation, passons au côté « je le prends en main ».

C’est un petit bloc rectangulaire qui inspire confiance. Il est dense sans être lourd (un peu moins de 300gr) et il est construit comme Canon sait le faire, sérieusement.

Un volet coulissant cache l’objectif, qu’il protège. C’est aussi « l’interrupteur » pour allumer l’appareil et déployer l’objectif.

Les commandes tombent assez naturellement sous les doigts, comme celles du zoom qu’on manipule du pouce, la molette de sélection PSAM et les quelques boutons autour de la roue, qui agit comme le « trèfle » que nous connaissons de nos jours.

Les menus sont clairs, dans la tradition Canon, faciles à appréhender et suffisamment complets que pour tirer le meilleur de l’appareil.

Le viseur n’est pas le plus grand que j’ai pu voir, mais il y a un viseur. C’est quand même toujours plus facile de viser ainsi qu’avec un écran qui devient illisible au moindre rayon de soleil !

J’avoue que j’ai encore du mal de comprendre pourquoi les différents constructeurs ont abandonné cette idée. Il n’y a qu’a voir l’engouement des Fuji X10 et X20, puis leurs successeurs pour se rendre compte que les photographes attendaient que le viseur revienne sur les compacts !

Mais c’est là un autre débat …

Revenons à notre Powershot S70. A-t-il encore un avenir ?

De prime abord, nous pourrions nous dire qu’avec ses 7,1Mp c’est cuit !

Ben non, car avec une telle résolution vous pouvez quand même imprimer un 20x30cm sans soucis, mais vous ne pourrez pas recadrer, à moins de choisir de faire du 10x15cm

Pour Internet, c’est encore largement suffisant.

Dès lors, à qui destiner cet appareil, que vous trouverez pour une bouchée de pain de nos jours ? A vos enfants, par exemple, qui auront là un bon compact pour apprendre, à vous aussi, qui pourrez l’utiliser comme bloc-notes ou aide-mémoire (usage auquel il était destiné dans la boite à gants du paternel)

-« Mais j’ai mon GSM pour ça ! »

Peut-être, mais sur votre téléphone intelligent, vous n’aurez pas un vrai zoom 28-100 mm, un vrai viseur pour cadrer correctement, des modes vraiment intelligents pour prendre de vraies photos, na !

C’est du bon, de l’éprouvé, du Canon (simplicité d’utilisation) et du … pas cher.

Une petite vidéo d’illustration

Tiens et s’il vous prenait l’envie de connaître les capacité d’impression des appareils, voilà un site fort bien fait : https://avecunphotographe.fr/resolution-et-definition-de-limage/

Quelques références : https://global.canon/en/c-museum/product/dcc500.html, https://www.dpreview.com/reviews/canons70, https://www.photoreview.com.au/reviews/other-cameras/canon-powershot-s70/ en anglais

Lomographie

Le Polaroïd Supercolor 600

Alors celui-là, je l’ai « sauvé » d’un vide grenier vraiment, comment dire, …bordélique ?

Perdue au milieu d’un amoncellement des plus hétéroclite, j’ai aperçu cette boite encore un peu « flashy » malgré l’épaisse couche de poussière qui la recouvrait.

Je l’ai ouverte et y découvert un Polaroïd quasi neuf, avec ses papiers et dans son emballage d’origine (y avait encore les insert en « frigolite » dedans !).

Je n’ai même pas négocié les 4€ (!?) que le vendeur me demandait pour l’emporter ….

Et à la maison, gros nettoyage du tout pour pouvoir vous le présenter décemment.

Avant tout, je vous précise que je n’ai jamais eu de Polaroïd ! Parce que – déjà à l’époque – les films coutaient chers et que je trouvais que la qualité n’était pas top, en tout cas avec les appareils d’entrée de gamme, comme celui-ci. C’est donc vraiment l’occasion d’une (re)découverte.

Acheté le 17/09/1986 à Peronne (en France), je me demande encore comment il a atterri chez un vide grenier en Belgique !

Ça fait quand même quelques kilomètres pour un si petit appareil !

Si je vous dit : « j’ai acheté un Polaroïd », je suis persuadé que vous voyez de quoi je parle immédiatement car ce modèle, produit entre 1980 et 1990, est l’archétype de l’appareil à développement instantané que tant de familles ont un jour possédé.

Il s’agit de la fameuse gamme des « 600 », ceux qui utilisaient un pack film avec batterie intégrée.

Le film 600 donne des photos de 79x79mm (carrées donc) avec une bordure blanche tout autour, aussi célèbres que l’appareil. Elles se développaient en plus ou moins 3 minutes (à 21°C).

La sensibilité du film est de 640 ISO. Lui aussi a été décliné sous plusieurs noms différents au fil des ans, comme « Extreme 600 » et « Notepad », et il y eut même une pellicule « professionnelle » haute définition nommée « 779 » dans la série 600.

Plusieurs appareils ont été déclinés autour du même thème : Polaroids “OneStep 600”, “Pronto 600”, “SuperColor 600”… Ils sont les premiers modèles d’entrée de gamme fabriqués par Polaroïd, simplifiés à l’extrême, si on les compare à d’illustres prédécesseurs comme le SX-70 ou les séries 300. Mais ils étaient destinés aux amateurs désireux de se simplifier la vie.

Le modèle standard fut le Polaroid OneStep 600, qui avait une simple lentille en plastique à 1 élément à focale fixe et sans l’adaptateur de gros plan, initialement seulement présenté en noir.

Votre seul contrôle est le curseur de compensation d’exposition utilisé pour éclaircir ou assombrir les images.

La mise au point est fixe, à 1,2m environ.

La grande astuce marketing est d’avoir vendu le même modèle sous des carénages, des noms et des autocollants différents selon les régions de vente. Produit « blanc » par excellence, il fut même édité sous les couleurs de quelques sociétés d’envergure ou en reprenant l’engouement vers des icônes alors populaires comme les Spice Girls, Barbie, Elite, Esprit, …

Si ces boitiers restent avares en fonctionnalités, ils font le bonheur des collectionneurs pour leur rareté.

Que nous propose-t-il ce Supercolor 600 ?

Outre l’indigence de son optique, il n’a pas de flash intégré. Toutefois, une fois le capot ouvert, on peut clipser une plaquette de flash dans la griffe prévue à cet effet.

GE 600 POLAROID FLASH BAR / FLASH ARRAY for Polaroid 600 Amigo Cameras
la barre de flash prévue pour le Polaroïd 600

Or sans cet accessoire, il vaut mieux éviter les photos en intérieur car l’appareil va se régler sur des temps de pause trop long, et vous ne pourrez pas éviter les flous de bougé. A réserver à l’extérieur donc.

Notez cependant que cet absence de flash lui permet d’être plus compact que ceux avec flash intégré : on ne peut pas tout avoir !

Il ne propose pas de mise au point, ni manuelle ni par sonar. Il faut convenir qu’à partir d’un mètre vingt ça commence à être net jusqu’à trois mètres environ. Disons que l’appareil est plus fait pour des portraits que de grands paysages ou de l’architecture.

Ah, il y a quand même la possibilité d’éclaircir ou obscurcir l’exposition si vous constatiez une sur ou sous exposition lors du premier « tirage »

A-t-il encore un intérêt de nos jours ?

Paradoxalement, je dirais que oui !

Pourquoi ? Mais parce qu’au prix que vous allez l’acheter, vous aurez moins de remords à utiliser les films d’Impossible Projet qui ont repris la fabrication de ceux-ci. Heu …. pardon, les films s’appellent de nouveau Polaroïd et vous les trouvez – enfin – chez les grands distributeurs (comme chez Retrocamera par exemple).

Comptez environ 18€ pour un pack contenant 8 photos (soit 2,25€ la prise de vue). Il va s’en dire que l’on peaufine sa composition à ce tarif là.

Et pensez à photographier dehors, par beau temps, pour éviter trop de déconvenues (sauf si vous trouvez encore des flipflash fonctionnels !)

Mais ce qui fait tout le charme de cette manière de photographier, c’est que l’on est certain que la photo sera – réellement – unique : imparfaite, imprévisible et impossible à reproduire.

Et ça, ça n’a pas de prix !

Ensuite, le format est bien plus qualitatif que les mini de chez Instax (pour mémoire, la taille image est de 86 x 54 mm pour le Mini contre 79x79mm pour le Pola 600) et cela permet toutes les audaces créatives.

Quelques exemples sont sur le Net, comme les œuvres de Chris Mettraux, Maurizio Galimberti ou de Nicolas Poizot vous donneront peut-être des pistes, des idées pour vous lancer ensuite (heu, soyons précis pour les esprits chagrins, ces artistes n’utilisent pas un Supercolor 600, leurs œuvres sont à titre d’exemples !).

Le plaisir de la découverte n’a pas de prix !

Des petites videos d’illustration et de bons conseils :

Et une petite aide pour s’y retrouver avec les films

Des références : https://www.instamaniac.com/le-polaroid-600/, https://polaroid-passion.com/polaroid-600.php?id=270 en français, https://momentsinseconds.wordpress.com/2016/02/25/polaroid-supercolor-600/, en anglais

Le Zinc du photographe

L’Oeil du photographe, John Szarkowski

Il aura fallu attendre 40 ans pour que cet ouvrage, classé dans les ouvrages de références aux USA, traverser l’Atlantique et soit traduit en français.

John Szarkowski est photographe et directeur émérite du département photographie au MONA, New York.

Ce n’est pas un livre bien épais mais il mérite la lecture.

C’est une vision très concise de la vision photographique, des débuts (1839) aux années septante, suite à une exposition de 1964, qui fut la base de cet ouvrage.

Que nous démontre l’auteur ?

Il analyse avec une rare intelligence la vision des peintres et celle des photographes, qui ont dû construire ex nihilo une acuité visuelle qui allait devenir spécifique et évoluer avec les progrès techniques des appareils et des films.

Il résume sa recherche en ces termes « [la différence entre la peinture et la photographie]… a soulevé un problème créatif d’un genre nouveau : comment faire pour que ce procédé mécanique et sans âme produise des images porteuses de sens en termes humains – des images dotées de clarté et de cohérence et qui dénotent un point de vue ? »

Il propose une classification en cinq sections, qui correspondent à l’un des cinq choix décisifs qui s’imposent au photographe : la chose photographiée en elle-même, le détail, le cadrage, le temps, le point de vue.

Illustrées, pour chacune des sections, de photographies pertinentes, choisies chez des photographes de renom ou d’illustres inconnus, c’est une manière de découvrir notre médium sous un regard qui ouvre des perspectives intelligentes et une réflexion sur l’acte photographique.

L’Oeil du photographe, John Szarkowski, éd. 5 Continents, Diffusion Seuil, ISBN978-88-7439-601-6, titre original Photographer’s Eye, Moma 1966-1980-2007.

Et grâce à l’ami Phil (Filimages), voici le lien si vous désirez le commander : Eyrolles

info utiles ou futiles

La porte cache-pile de mon Canon AE-1 est cassée (valable aussi pour la famille A)

J’en avais écris un mot lors de la présentation du Canon AE-1 si vous vous en souvenez.

Olivier a eu la gentillesse de m’envoyer le schéma de démontage, je l’en remercie encore ici.

Mais lors de mes recherches, je suis tombé sur un chouette site, en français qui plus est, qui va faire le bonheur de pas mal de personnes, je pense.

Il s’agit d’Hostophoto qui vous explique, en images et en son, comment démonter (et remonter, hein !) quelques boitiers connus qui ont des petits soucis tout aussi connus.

Allez faire un tour sur ce site, il en vaut la peine.

Et je résiste pas au plaisir de vous mettre la vidéo pour le changement de porte du Canon AE-1 (ici un modèle AE-1 Program)

Bon, à vos tournevis et pinces, y a un peu de boulot …

Pour le mien, en fait, j’ai collé un morceau de gaffer dessus.

-« Non mais, quel fainéant celui-là ! »

Ben oui … et non.

Si vous vous souvenez du parcours de cet appareil, celui retrouvé chez les parents était complet mais semblait ne pas fonctionner. Toutefois j’en possédais un second dont la porte arrière était cassée (verrou) et la porte de la pile aussi et lui fonctionnait. J’ai donc pris la porte du dos de l’exemplaire intact pour la mettre sur le second (ça va, vous suivez toujours ?).

Mais entre temps, j’ai acquis pour une bouchée de pain un troisième AE-1 en panne, sans porte de pile mais avec un dos en excellent état. Porte de dos que j’ai greffée sur l’exemplaire de mes parents qui – en plus – semble avoir repris goût à la vie au moins une fois sur deux !

En résumé, j’ai donc :

  • un AE-1 complet qui fonctionne parfois (et je ne trouve pas la panne)
  • un AE-1 complet sauf la trappe à pile, cassée, qui fonctionne
  • un AE-1 épave, qui ne déclenche plus.

Me reste encore à trouver une porte de pile intacte, je ne désespère pas.

Voilà, voilà, j’espère que ce petit article pourra vous être utile.

info utiles ou futiles

Les photos oubliées, suite 2 …

Comme je l’expliquais précédemment, c’est toujours émouvant de découvrir dans un appareil qu’il y a un film dans la chambre.

Mais c’est toujours un risque de vouloir le faire développer car je ne sais pas si l’appareil à déjà été ouvert par mégarde (=film voilé), si l’appareil a été conservé dans de bonnes conditions (chaleur/humidité), si le labo va pouvoir faire quelque chose vu l’âge certain de quelques films …

Ainsi, j’avais trouvé un Kodak Brownie Starlet avec un film 127 dedans depuis …. un temps certain mais au développement, de vagues ombres seulement (temps de développement pas assez long, film vraiment trop vieux, …?).

Récemment encore, j’ai déposé un film APS, retrouvé chez les parents avec un mot dans la capsule en plastique « terminé 02/2009 ». Hélas, le labo m’a prévenu que le film était vierge !? Mauvais développement ou mauvais « étiquetage » des parents ?

Bref, tout cela pour vous expliquer que cette petite manie a un coût et que c’est très aléatoire.

Mais quand ça marche, c’est souvent de bonnes surprises et en tous cas des moments de découvertes émouvantes …

Numérique

Le Sony Alpha 200

Il y a quelques années, lors d’un voyage au Portugal, dans le cadre d’un projet européen (projet d’implantation des couveuses en Europe, projet Leonardo – PAACE) , un ami (Jean-Pierre, qui se reconnaîtra) était équipé d’un Sony Alpha 100.

Et j’avoue que j’avais été agréablement surpris par les images prises avec cet appareil, que je ne connaissais pas. Bien plus léger que le Canon Eos 40D qui m’accompagnait (bon, ok, ce n’était pas la même catégorie, mais sous le soleil portugais !).

Aussi, quand mon père m’a demandé de lui trouver un appareil facile, léger et efficace, j’ai pensé à cette gamme de chez Sony. L’occasion s’est présentée pour un Sony Alpha 200, que je vous présente aujourd’hui.

Mais avant tout sachez que cette gamme de Sony Alpha ou Sony α, lancée en juin 2006, reprend les technologies développées par Minolta, dont sa célèbre monture AF, inaugurée sur le Minolta 7000 AF en … 1985 !

La gamme α actuelle reprend toujours la monture Minolta AF, rebaptisée Sony A pour l’occasion tandis que les hybrides sont équipés de la monture E, créé spécialement pour eux en 2010.

Apparu sur le marché en 20008, il était considéré comme un entrée de gamme et il succèdait à l’Alpha 100.

Sa philosophie est simple : être un bon appareil pour le débutant qui veut pouvoir progresser en entrant dans un « système » évolutif. L’Alpha 200 se glisse dans la gamme des Sony Alpha dont il est le basique et qui se chapeaute par l’Alpha 700 au moment de son apparition sur le marché.

Techniquement, il est équipé d’un capteur CDD de 10,2 Mégapixels, d’un écran LCD de 2,7 pouces (6,8cm) et il utilise des cartes Compact Flash.

Proposé à l’époque à un prix attractif, il n’est pas dépourvu de « technicité » comme par exemple la stabilisation optique mécanique, un système anti-poussières et son autonomie est confortable (750 photos avec une charge).

Vous retrouverez les classiques mode P (automatique multiprogrammes), le S (automatique à priorité vitesse), A (à priorité ouverture) et M (manuel) et des « vari-programmes » comme l’automatisme complet, le portrait, le portrait de nuit, le paysage, le coucher de soleil, la macro, le sport. Tout ce qu’il faut pour ne pas (trop) rater ses photos de vacances.

L’ergonomie de l’appareil est simplifiée pour ne pas se perdre dans les réglages : une grosse molette pour régler les modes et quelques boutons pour le reste.

En fait, deux touches d’accès direct pour choisir la sensibilité ISO ou la motorisation (retardateur, rafale…). Pour le reste des réglages, il faut passer par la touche Fn qui affiche alors un sous-menu pour paramétrer les principales options : flash, mesure de la lumière, autofocus, balance des blancs et optimiseur (DRO).

DRO ? Le système de DRO (Dynamic Range Optimizer) permet de retrouver des détails dans les zones sombres et les hautes lumières en modifiant la courbe de contraste, un procédé qui fonctionne plus ou moins bien selon les conditions de prise de vue.

Son capteur est au format APS-C. Sa plage de sensibilités s’étend de 100 à 3 200 ISO ce qui n’est pas mal pour l’époque, même si les critiques d’alors considère qu’il vaut mieux ne pas dépasser les 800 Iso car ensuite le « bruit » numérique risque de dégrader trop fortement l’image.

Pour les vitesses, l’obturateur vous propose 30s à 1/4000s avec une synchro du flash au 1/160s.

Son autofocus est rapide, constitué de 9 collimateurs, ce qui lui permet de prendre 3 images par seconde en mode rafale, jusqu’à ce que la carte mémoire soit pleine. Ah oui, et vous pouvez shooter en RAW, JPEG ou RAW+JPEG. Donc, la rafale, c’est 100 vues en continu si vous êtes en JPEG, sinon c’est 8 vues en RAW.

La mesure de l’exposition est assurée par une cellule en silicium, qui mesure la lumière dans 40 segments en nid d’abeilles. En basse lumière, il est plutôt réactif, une bonne chose.

Autre bon point, la mise au point est rapide. Mieux, elle est couplée au système d’activation de la mise au point quand on approche son visage (ou autre chose) de l’œilleton de visée. Un petit rien qui accentue la réactivité de l’appareil, ce qui est appréciable car pendant que vous cadrez, la netteté est faite..

Le boitier est équipé d’un flash intégré, parait-il bien dosé mais qui pourrait être placé un peu plus haut pour éviter des ombres avec certaines focales. Il y a aussi une griffe flash mais attention, elle est « propriétaire », c-à-d. que ce doit être un flash Sony (de fait, elle me rappelle furieusement la griffe des Minolta !).

Tiens, parlons-en des objectifs : d’origine, le boitier était proposé en kit avec un 18-70 (eh non, pas avec un 18-55 comme les autres !). Correct, sans plus mais la gamme est vaste et rien ne vous empêche, à moindre coût, de replonger dans le catalogue Minolta AF, avec sans doute d’agréables surprises.

Le viseur est large, agréable et – surtout – accompagné d’un correcteur dioptrique, toujours bien venu.

Dernier point, les menus. Si Sony nous a habitué depuis 2010 à des menus à rallonge, souvent touffus et pas très « ergonomique » ni toujours cohérents, ici, ils sont presque faciles (bon, c’est pas encore du Canon).

Alors, que retenir de cet appareil ? Est-il toujours dans le coup ?

Oui … et non.

Ne vous focalisez pas sur les 10,2 Mp du capteur. Pour des productions sur le Net, c’est amplement suffisant et si vous voulez tirer vos photos, elles pourront atteindre le 30x40cm sans soucis.

Cela vous obligera à soigner vos cadrages car le recadrage des photos sera limité.

Toutefois, si vous voulez évoluer dans la gamme, aujourd’hui, c’est difficile, à moins de rester dans l’occasion car Sony a fait le choix, depuis 2010, de l’hybride. Il n’a pas réellement abandonné le reflex mais il a choisi une autre formule, qui rend rapidement obsolètes les appareils plus anciens.

Maintenant, à qui destiner cet appareil ? A tout ceux qui désirent découvrir le reflex à prix (très) contenu sans mauvaise surprise, quelque soit leur âge.

Le prix dépassera rarement 150€, avec le zoom du kit. A ce prix là, vous ne serez pas volé, c’est du Sony quand même !

Une petite video d’illustration

Des données techniques :

• Capteur CCD 10,2 mégapixels
• Monture Sony Alpha (compatible avec la monture A Minolta/Konica-Minolta)
• Stabilisation par déplacement du capteur (système Super SteadyShot)
• Système anti-poussière : revêtement antistatique et mécanisme de décalage CCD
• Viseur optique
• Ecran de 2,7 pouces (6,9 cm) et 230.400 pixels
• Sensibilité ISO : AUTO, 100-3200 ISO
• Mémoire : emplacement Compact Flash et adaptateur MemoryStick en option
• Format d’image : Raw, Raw+JPEG, JPEG
• Alimentation par batterie BP-511
• Dimensions : 130,8 x 95,5 x 71,3 mm
• Poids : 650 g
• Logiciels de la suite Sony : Picture Motion Browser, Image Data LightBox 1 et Image Data Converter SE

Des références : https://www.lesnumeriques.com/appareil-photo-numerique/sony-alpha-200-dslr-a200-p2951/test.html, https://fr.wikipedia.org/wiki/Sony_Alpha_200, https://www.gralon.net/articles/photo-et-video/photo-et-video/article-sony-alpha-200—presentation-et-caracteristiques-1971.htm, https://www.01net.com/tests/sony-alpha-dslr-a200k-fiche-technique-6093.html en français.

info utiles ou futiles

Diana, Diana F, Holga, Lubitel ou autre chose ?

Si vous vous en souvenez, j’ai commis un article sur ces drôles d’appareils. Vous les retrouverez ICI, LA et LA

Pour tester Le Diana, à l’époque Covid où les magasins « non essentiels » (dont le labo qui développe mes films) étaient fermés, j’avais placé le dos Instax mini.

Qu’en penser ?

Honnêtement, il faisait beau et j’avais envie/besoin de sortir. J’ai donc fais des tas d’essais, plus ou moins réussis avec le dos Instax.

Quelques remarques toutefois : c’est difficile à appréhender quand on a l’habitude d’appareils avec un minimum de réglages car ici, c’est encore plus basique. Mais on s’y fait …

Les résultats sont – vraiment – aléatoires et on en arrive vite à se dire que le coût de l’Instax va devenir un frein, à moins de faire plus attention.

Et puis, c’est du « mini ». Franchement, j’aurais plus apprécié du « wilde » ou du « square » (large ou carré) plus proche dans l’esprit à la pellicule destinée au Diana, à savoir le rouleau de 120, qui donnera des photos en 4,2×4,2 (16 vues) ou 4,65×4,65 (12 vues).

J’ai d’ailleurs acheté ensuite un Lomo Instant Wide… qui sort du papier large. Prochain article en vue.

Et puis, il y eut le Holga, tout aussi basique, que je n’ai pas encore eu l’occasion d’essayer. Autre article en vue …

Mais j’en suis venu, in fine, à me poser une question finalement essentielle : et si je mets quelques euros de plus, n’aurais-je pas un meilleur résultat ?

Parce que, soyons réaliste, un Diana F+ c’est quand même 79€, le Holga 120, c’est 34,90€ et le Lomo Instant Wide, 170€, le Lubitel 2+, 169€.

Avec la certitude que les résultats seront tous aléatoires et donc parfois coûteux en film car tout ne sera pas exploitable.

J’ai donc été faire un tour sur la grande Toile pour essayer de trouver des alternatives, abordables, qui devraient donner de meilleurs résultats.

Il n’y a pas foule, d’accord, mais les brocantes vont revenir et ce sont des appareils qu’on y voit souvent.

Voici ma petite liste. Tous ces appareils utilisent le format 120.

  • Agfa Clack, tout métallique et super léger, bien construit, que vous pouvez trouver pour 20€
  • Agfa Isola II, très bien construit, avec 3 vitesses et 2 ouvertures, peu encombrant (l’objectif se replie rapidement) lui aussi à trouver pour une vingtaine d’euros
  • Ultra Fex, tout en bakélite, avec 2 vitesses plus pause B, l’objectif se rétracte aussi, encore une vingtaine d’euros
  • Bilora Bella 66 Standard, en métal et plastique, 2 ouvertures, une vitesse et un amusant déclencheur sur le côté de l’objectif, pas plus de 15€
  • Agfa isoly I et II, en plastique, 2 vitesses plus pause B, une ouverture, un guide film qui assure de très bonnes photos (planéité), pas plus de 15€
  • Zeiss Ikon Ikonta, un folding (avec soufflet) doté d’un objectif Novar-Anastigmat de 75 mm f/3,5 dans un obturateur Prontor-S capable d’atteindre des vitesses allant jusqu’à 1/300 s, prévoir maximum 60€
  • Franka Solida Record T, tout en tôle, mise au point par zones, deux vitesses, pas plus de 15€
  • Kodak Retinette IA, en tôle, avec un objectif Angénieux et un astucieux réglage de la vitesse, aussi autour des 20€
  • Lubitel 2, un appareil bis-objectifs, en bakélite, le vrai. Pas si mauvais qu’il en à l’air mais vérifier qu’il ne soit pas fendu. Prix maximum 40€
  • Lubitel 166, Lubitel 166B et Lubitel Universel, en plastique, certain avec compteur de vue et couplage de l’obturateur, possibilité d’utiliser des caches pour changer les prises de vue. Prix 100€
  • Sem Semflex Standard, un autre appareil bis-objectifs, avec un objectif Berthiot, vitesses de 10s à 1/250s, autour des 120€
  • Zeiss Ikon Ikoflex, tout métal, très bien construit, optique à formule Tessar, du très beau. Compter dans les 150€
  • Meopta Flexaret V, tout métal, lui aussi très bien construit, moins connu. Autour des 125€
  • Voigtländer Vitoret, tout métal, une carrosserie en rondeurs, l’entrée de gamme chez un constructeur prestigieux. Autour des 15€
  • Voigtländer Vio CLR, tout métal, un magnifique télémétrique avec une cellule, construit pour durer. Pas plus de 40€
  • … la liste est loin d’être exhaustive et en cherchant bien, vous trouverez d’autres références, je n’en doute pas.

Que vous dire de plus ?

Soyez curieux et « écologiques » : pourquoi refabriquer des appareils en plastiques alors qu’il en existe encore de milliers en très bon état, souvent en métal, qui ont fait le bonheur de vos grands-parents ou parents et qui n’attendent que votre envie pour reprendre vie.

Pas de pile, pas de cellule (ou presque), rien que de la mécanique qui a fait ses preuves. En n’oubliant toutefois pas que certains ont plus de 60 ans et que vous ne savez pas comment ils ont été traité, avant. Un minimum d’attention lors de l’achat vous évitera toutefois bien des désagréments et vous offrira encore des années de plaisir.

Vous le savez, j’aime bien les gens de chez Lomography car ils décomplexent la photo argentique et vous donnent envie d’essayer des tas de combinaisons amusantes, par exemple avec leurs films aux couleurs audacieuses ou aux rendus spécifiques.

Mais laissons leur les films, les appareils, il y en plein à essayer. Même si je reconnais qu’ils « améliorent » souvent les appareils copiés, pour offrir plus de possibilités (surimpression p.ex.). Toutefois – ils vont m’en vouloir – quittons un peu l’esprit « bobo » et lançons-nous de vrais défis : faire revivre les appareils des années soixante et septante (au moins) qui n’attendent que nous pour remplir de nouveaux albums aux charmes discrets mais efficaces, qui donnent envie de partager des bons moments, entre amis, en famille.

Soyez raisonnable, faites-vous plaisir et tentez l’aventure avec un matériel peu onéreux et qui a fait ses preuves.