Alors celui-là, je l’ai « sauvé » d’un vide grenier vraiment, comment dire, …bordélique ?

Perdue au milieu d’un amoncellement des plus hétéroclite, j’ai aperçu cette boite encore un peu « flashy » malgré l’épaisse couche de poussière qui la recouvrait.

Je l’ai ouverte et y découvert un Polaroïd quasi neuf, avec ses papiers et dans son emballage d’origine (y avait encore les insert en « frigolite » dedans !).

Je n’ai même pas négocié les 4€ (!?) que le vendeur me demandait pour l’emporter ….

Et à la maison, gros nettoyage du tout pour pouvoir vous le présenter décemment.

Avant tout, je vous précise que je n’ai jamais eu de Polaroïd ! Parce que – déjà à l’époque – les films coutaient chers et que je trouvais que la qualité n’était pas top, en tout cas avec les appareils d’entrée de gamme, comme celui-ci. C’est donc vraiment l’occasion d’une (re)découverte.

Acheté le 17/09/1986 à Peronne (en France), je me demande encore comment il a atterri chez un vide grenier en Belgique !

Ça fait quand même quelques kilomètres pour un si petit appareil !

Si je vous dit : « j’ai acheté un Polaroïd », je suis persuadé que vous voyez de quoi je parle immédiatement car ce modèle, produit entre 1980 et 1990, est l’archétype de l’appareil à développement instantané que tant de familles ont un jour possédé.

Il s’agit de la fameuse gamme des « 600 », ceux qui utilisaient un pack film avec batterie intégrée.

Le film 600 donne des photos de 79x79mm (carrées donc) avec une bordure blanche tout autour, aussi célèbres que l’appareil. Elles se développaient en plus ou moins 3 minutes (à 21°C).

La sensibilité du film est de 640 ISO. Lui aussi a été décliné sous plusieurs noms différents au fil des ans, comme « Extreme 600 » et « Notepad », et il y eut même une pellicule « professionnelle » haute définition nommée « 779 » dans la série 600.

Plusieurs appareils ont été déclinés autour du même thème : Polaroids “OneStep 600”, “Pronto 600”, “SuperColor 600”… Ils sont les premiers modèles d’entrée de gamme fabriqués par Polaroïd, simplifiés à l’extrême, si on les compare à d’illustres prédécesseurs comme le SX-70 ou les séries 300. Mais ils étaient destinés aux amateurs désireux de se simplifier la vie.

Le modèle standard fut le Polaroid OneStep 600, qui avait une simple lentille en plastique à 1 élément à focale fixe et sans l’adaptateur de gros plan, initialement seulement présenté en noir.

Votre seul contrôle est le curseur de compensation d’exposition utilisé pour éclaircir ou assombrir les images.

La mise au point est fixe, à 1,2m environ.

La grande astuce marketing est d’avoir vendu le même modèle sous des carénages, des noms et des autocollants différents selon les régions de vente. Produit « blanc » par excellence, il fut même édité sous les couleurs de quelques sociétés d’envergure ou en reprenant l’engouement vers des icônes alors populaires comme les Spice Girls, Barbie, Elite, Esprit, …

Si ces boitiers restent avares en fonctionnalités, ils font le bonheur des collectionneurs pour leur rareté.

Que nous propose-t-il ce Supercolor 600 ?

Outre l’indigence de son optique, il n’a pas de flash intégré. Toutefois, une fois le capot ouvert, on peut clipser une plaquette de flash dans la griffe prévue à cet effet.

GE 600 POLAROID FLASH BAR / FLASH ARRAY for Polaroid 600 Amigo Cameras
la barre de flash prévue pour le Polaroïd 600

Or sans cet accessoire, il vaut mieux éviter les photos en intérieur car l’appareil va se régler sur des temps de pause trop long, et vous ne pourrez pas éviter les flous de bougé. A réserver à l’extérieur donc.

Notez cependant que cet absence de flash lui permet d’être plus compact que ceux avec flash intégré : on ne peut pas tout avoir !

Il ne propose pas de mise au point, ni manuelle ni par sonar. Il faut convenir qu’à partir d’un mètre vingt ça commence à être net jusqu’à trois mètres environ. Disons que l’appareil est plus fait pour des portraits que de grands paysages ou de l’architecture.

Ah, il y a quand même la possibilité d’éclaircir ou obscurcir l’exposition si vous constatiez une sur ou sous exposition lors du premier « tirage »

A-t-il encore un intérêt de nos jours ?

Paradoxalement, je dirais que oui !

Pourquoi ? Mais parce qu’au prix que vous allez l’acheter, vous aurez moins de remords à utiliser les films d’Impossible Projet qui ont repris la fabrication de ceux-ci. Heu …. pardon, les films s’appellent de nouveau Polaroïd et vous les trouvez – enfin – chez les grands distributeurs (comme chez Retrocamera par exemple).

Comptez environ 18€ pour un pack contenant 8 photos (soit 2,25€ la prise de vue). Il va s’en dire que l’on peaufine sa composition à ce tarif là.

Et pensez à photographier dehors, par beau temps, pour éviter trop de déconvenues (sauf si vous trouvez encore des flipflash fonctionnels !)

Mais ce qui fait tout le charme de cette manière de photographier, c’est que l’on est certain que la photo sera – réellement – unique : imparfaite, imprévisible et impossible à reproduire.

Et ça, ça n’a pas de prix !

Ensuite, le format est bien plus qualitatif que les mini de chez Instax (pour mémoire, la taille image est de 86 x 54 mm pour le Mini contre 79x79mm pour le Pola 600) et cela permet toutes les audaces créatives.

Quelques exemples sont sur le Net, comme les œuvres de Chris Mettraux, Maurizio Galimberti ou de Nicolas Poizot vous donneront peut-être des pistes, des idées pour vous lancer ensuite (heu, soyons précis pour les esprits chagrins, ces artistes n’utilisent pas un Supercolor 600, leurs œuvres sont à titre d’exemples !).

Le plaisir de la découverte n’a pas de prix !

Des petites videos d’illustration et de bons conseils :

Et une petite aide pour s’y retrouver avec les films

Des références : https://www.instamaniac.com/le-polaroid-600/, https://polaroid-passion.com/polaroid-600.php?id=270 en français, https://momentsinseconds.wordpress.com/2016/02/25/polaroid-supercolor-600/, en anglais