Argentique

Le Mamya NC 1000

Voilà encore une entreprise qui mérite un petit détour car plus connue pour ses moyens formats que pour ses reflex en 135.

Mais commençons par le commencement …

Il était une fois (ben oui, les histoires commencent souvent comme ça) Messieurs Seichi Mamiya et Tsuneiiro Sugawara qui décident, en 1940, de fonder une société, Mamiya, qui se spécialise dans la production d’appareils moyen format, après avoir commencé (comme d’autres) dans l’optique (le nom complet de la société est Mamiya Kōki Seisakusho, c’est-à-dire Fabrications optiques Mamiya.)

Leur premier appareil fut le Mamiya Six (1940), un pliant en 6×6 (ben oui), déjà muni d’un télémètre avec une petite particularité : la mise au point se fait par le déplacement du film. Cet appareil fut produit huit ans, avec quelques variantes, avant que la société ne diversifie un peu son offre.

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source : camera-wiki; image by Dirk HR Spennemann (Image rights)

Notamment, Mamiya commença la production de ses propres obturateurs et optiques à partir de 1947. Puis, en 1948, elle diversifie son offre d’appareils photos en présentant les Mamiyaflex, des réflex 6×6 à deux objectifs. La mode alors étant à ce genre d’appareil dont le plus connu était le Rolleiflex, quoiqu’ici l’inspiration vint d’un Kodak, sans doute très visible lors de l’occupation américaine au sortir de la seconde guerre mondiale.

source : Mike Eckman

Décidément en veine d’inspiration, en 1949 la société présente des Mamiya 35, télémétrique, et des Mamiya 16, qui utilisent les films cinématographiques 16mm.

Nous retiendrons surtout qu’en 1957, outre un appareil à doc interchangeable en 35mm (Magazine 35), l’entreprise lance le Mamiyaflex C, un 6×6 dont les objectifs sont permutables. Il sera le précurseur d’une longue série à succès, mais c’est une autre histoire.

Revenons au 35mm. En 1960, Mamiya lance le Prismat, son véritable premier reflex.

source : http://herron.50megs.com/prismat.htm

Quoique la même année, ils lanceront aussi – incorrigibles – le Mamiya Press, un moyen format inspiré des chambres Linhof. Les années soixante seront celles d’une certaine rationalisation des produits : les télémétriques sont abandonnés et il ne restera que le Mamiya Press, le Mamiyaflex C et les reflex en 35mm.

Accélérons un peu pour noter que les appareils reflex mono-objectifs pro en 6×7 avec le RB67 (1970), 4,5×6 avec le M645 (1975), 6×6 avec le Mamiya C et 6×7 avec le RZ67 (1982) ont clairement orienté la production vers les marchés professionnels alors que la production des reflex en 35mm, destinés aux « amateurs » cessera en 1984, après des soucis financiers. Le tournant numérique fut négocié en 2004 avec le Mamiya ZD, alors muni d’un capteur de 22Mpx.

Finalement, le département photo de Mamiya fut racheté en 2006 par Cosmo Scientific System Inc.. La production est désormais au sein du département Cosmo Digital Imaging.

Venons-en à notre Mamiya NC 1000, présenté au monde en 1978.

En fait il succède au NC1000 S sorti en 1977, avec quelques « simplifications » comme p. ex. le verre de visée qui n’est plus interchangeable ou, plus bêtement, la perte du cadre aide-mémoire au dos de l’appareil.

Mais surtout cet appareil représente un changement assez radical par rapport aux anciennes gammes.

Tout d’abord, il est fabriqué en aluminium, ce qui le rend plus léger et bien plus facile à manipuler que les générations précédentes, tout métal. Il est de plus très compact.

Ensuite, son obturateur est à plan focal électronique, à déplacement vertical, donnant des vitesses de 1s à 1/1000s, plus pause B et synchro flash au 1/60s. L’apport de l’électronique permet un meilleur contrôle des temps et une plus grande régularité de ceux-ci.

La cellule est une CdS pondérée centrale, précise, dont le rappel est fait dans le viseur.

Appareil du changement, il introduit une nouvelle série d’objectifs à baïonnette reconnus comme très nets (la série Mamya CS), qui offre des focales de 14 à 300mm. Mais cette baïonnette n’est pas compatible avec la précédente (XTL) ni avec celle qui suivra (la Z). C’est dommage car la qualité de ces nouveaux objectifs est vraiment excellente.

C’est donc un appareil à mesure automatique (AE) avec priorité à la vitesse. Vous sélectionnez la vitesse en fonction du type de photo envisagé et l’appareil sélectionne automatiquement l’ouverture idéale. C’est un système de mesure à pleine ouverture avec donc cette prépondérance centrale qui n’exclut pas de recadrer son sujet en gardant la mémoire de la mesure, il suffit de garder le doigt appuyé à mi-course sur le déclencheur

Autre particularité de l’appareil : la bague des vitesses est positionnée contre le boitier, pas sur l’objectif. L’argument était que cela permettait de régler plus rapidement l’appareil. Heu … d’accord, mais il faut s’y habituer …

Le réglage de la sensibilité (Asa et Din) se fait aussi sur une couronne attachée au support de l’objectif, avec un petit bouton pour bloquer la position choisie. La sensibilité est de 25 à 3200 Asa (15-36 Din)

De ce fait, l’objectif est particulièrement compact, on dirait un pancake moderne.

Le viseur est très clair, avec un grossissement de 0,94 (avec un 50mm), ce qui rend l’image très proche de sa taille normale vue à l’œil nu. Il comporte une zone à microprismes autour du stigmomètre, incliné à 45°. Et vous savez maintenant que je trouve cette position très pratique notamment pour certains sujets placés à l’horizontale ou la verticale et qu’il est parfois difficile de mettre au point.

Autre particularité : le bouton du déclencheur peut être bloqué pour économiser les piles (2LR44 font l’affaire) et empêcher tout déclenchement intempestif. Il suffit d’appuyer dessus pour le caler et il faut alors que le levier d’armement soit collé contre le boitier. Pour le débloquer, on ré-appuie dessus en tirant doucement sur le levier d’armement et un cercle orange est dès lors visible, signifiant qu’il est prêt à l’emploi (photos 4 et 5 ci-dessous).

Je reviens un instant sur l’énergie nécessaire : 2 piles LR44 font l’affaire mais sachez que l’appareil ne fonctionnera pas sans. N’oubliez pas, c’est un obturateur électronique et il n’y a pas ici de position mécanique de « sauvetage » comme c’est parfois le cas en se mettant sur la position synchro flash (1/60s ou 1/90s). Même si l’appareil n’est pas « gourmand », prévoyez toujours d’en avoir une paire avec vous. Et idéalement, je prendrais des piles Zinc-air (comme on en met dans les appareils auditifs) pour être au plus proche de la tension initiale de 1,3v x 2 mais sachez que ces piles, si elles ne sont pas coûteuses, ont une durée de vie de max. trois mois (on les achète en général par dix sous blister).

La cellule ne s’active que lorsque vous écartez le levier d’armement d’un demi centimètre environ du boitier et elle ne s’éteindra que lorsque vous aurez verrouillé le dit levier.

vous pouvez vérifier l’état des piles en appuyant sur le petit bouton sous le numéro 27

Pour utiliser l’appareil en tout auto, il vous faut aligner le bouton orange visible sur la bague d’ouverture de l’objectif avec le repère central orange. Une fois en position AE, la bague d’ouverture se verrouille.

Une petite précaution à prendre : ne jamais appuyer sur le bouton de profondeur de champ quand la bague est sur la position AE, au risque d’endommager le mécanisme.

Si vous pouvez utiliser l’appareil en mode automatique, il est aussi possible de l’utiliser en mode tout manuel. Il vous suffit d’appuyer sur le bouton AE pour désengager la bague. Vous bénéficiez toujours de l’indication d’exposition donnée par la cellule pour vous guider dans vos réglages.

Que vous dire de plus ? Ah oui, il y a un retardateur de 9 secondes (faudra courir un peu plus vite que d’habitude pour être sur la photo !) Et sous l’appareil, un pas de vis pour y fixer un trépied. Il est possible de fixer un câble pour déclencher à distance sur le bouton du déclencheur (vous aurez remarqué qu’il est indépendant du levier d’armement). La possibilité de faire des expositions multiples est simple : vous appuyez sur le bouton destiné à préparer le rembobinage ( en dessous) et réarmez l’appareil, ainsi le film n’avance pas d’une vue.

Et je ne vous ai pas non plus parlé du flash. De fait, vous pouvez utiliser un flash électronique via la griffe (contact et sans fil), ou un flash plus ancien, avec un câble que vous raccordez à la prise FP ou X présentes sur le bord du support d’objectif.

Le mode d’emploi, dont vous trouverez le lien ci-dessous, indique une grille peu courante mais fort bien faite pour l’utilisation des objectifs : en fonction de leur ouverture, cette grille vous indique la meilleure ouverture à utiliser.

Alors, concrètement, que penser de l’appareil ? Eh bien, c’est une chouette machine, un peu déconcertante au début, notamment avec la particularité des réglages avec cette bague collée au boitier et non pas sur l’objectif mais on l’a bien en mains et il est bien compact (bon, ce n’est pas encore un Pentax ME ou un Fuji AX-1 mais il est déjà bien plus contenu qu’un Mamiya MSX 500 p. ex.)

Les commandes sont douces et tout tombe bien sous les doigts. Le bruit du déclenchement est assez bien amorti et reste discret. Avec sa position dite « rapide », le levier d’armement permet d’aller vite dans l’enchainement des prises de vue.

Tout semble bien ajusté et solide mais la mécanique de précision demande toujours un minimum d’attention, il faut y penser.

C’est un bel appareil et si Mamiya a fait sa réputation dans le moyen format, il n’en a pas pour autant bradé la qualité de ses reflex.

Ils ne sont pas courants et il vaut mieux en acheter un avec au moins un 35 ou un 50mm mais vous pouvez le trouver à 50€ et à ce prix là, vous aurez la satisfaction d’un appareil de qualité qui sort un peu des sentiers battus. Et pourquoi pas ?

Une petite pub d’époque (1977)

source : Collections-appareil, distributeur Sears

Tant qu’à parler de ce distributeur, notons qu’ils vendaient le Mamiya NC 1000 sous le nom de Auto CS 1000 MXB (pour black) ou Auto CS 1000 MX (pour la version argentée).

Enfin, l’appareil est au cœur d’un véritable système composé d’objectifs et autres accessoires spécifiques

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI et par LA

Des références : https://camerapedia.fandom.com/wiki/Mamiya, https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Mamiya, https://www.caswane.photo/, http://herron.50megs.com/NC1000.htm en anglais, http://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=11452, https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Mamiya en français

Argentique

Minolta 505 si Super

Oui, encore un Minolta 505 si Super, mais celui-ci est le premier du nom, qui date de 1994. Il est le successeur du 505 si que je vous présentais il y a peu.

Je ne vais donc pas reprendre toute la présentation du boitier mais insister sur les différences (s’il y en a ) et voir ce qu’elles apportent de plus (ou moins !).

Et tant que j’y suis, je vais faire un double comparatif, avec le 505si de 1994 et le 505 si Super de 1998, comme ça j’aurai épuisé le sujet.

Fonctionnalités505 si 1994505 si Super 1994505 si Super 1998
mise au pointMise au point automatique à détection de phase TTL 1-CCDMise au point automatique à détection de phase TTL 1-CCDcapteur central de mise au point automatique croisé avec deux capteurs verticaux.
baïonnetteplastiquemétalmétal
déclencheur à distanceouiouioui
programmessport, paysage, portrait, macro, nuit; tout auto, manuel, priorité vitesse, priorité ouverturesport, paysage, portrait, macro, nuit; tout auto, manuel, priorité vitesse, priorité ouverturesport, paysage, portrait, macro, nuit; tout auto, manuel, priorité vitesse, priorité ouverture.
vitesses d’obturation30s à 1/2000s + B30s à 1/2000s + B30 s à 1/4000 s + B
énergie2CR52CR52 x CR2
mémorisation d’expositionouiouioui
sensibilité ASA25 à 500025 à 500025 à 5000 (ou 6 à 6400 en réglage manuel)
flashauto ou manuel, peut commander d’autre flashauto ou manuel, peut commander d’autre flashauto ou manuel, peut commander d’autre flash
fonction anti yeux rougesouiouioui
retardateurouiouioui
mesure de la lumièreMesure par 2 photodiodes Si, une pour le contrôle TTL du flash, posemètre travaillant sur 8 zones en nid d’abeilleMesure par 2 photodiodes Si, une pour le contrôle TTL du flash, posemètre travaillant sur 8 zones en nid d’abeilleMesure de l’exposition TTL à 14 zones en nid d’abeille, commutable spontanément en mesure spot via le champ central
correcteur d’expositionouiouioui
prise pour déclencheur à distancenonouioui
en italique, les modifications notables

Si le Minolta 505 si Super de 1998 a évolué – notez, c’est normal – il ne rend pas ses prédécesseurs complètement obsolètes, loin de là. Parce qu’ils étaient des appareils « bien nés ».

A la lecture du tableau, vous conviendrez que les différences sont minimes et qu’elles ne disqualifient vraiment pas les 505 si, premiers du nom.

Quant aux différences entres les deux premiers 505 si, elles ne sont pas fondamentales si vous voulez juste vous (re)mettre à l’argentique : la baïonnette en métal est un pur produit marketing et la possible télécommande à distance, si elle pouvait être pertinente en 1994, n’a plus vraiment de sens de nos jours car vous aurez difficile d’en trouver une ! Il reste toujours le retardateur en tout cas …

Juste que ça vous donnera l’occasion de négocier le prix si besoin …

Voici deux publicités, la première de 1996, le seconde de 1998, illustrant la gamme et les concurrents de l’époque

Vous constaterez qu’ils se tiennent tous dans un mouchoir tant au niveau qualité que prix … la belle époque !

Bref, si vous en trouvez un avec un objectif, souvent le zoom de dotation, n’hésitez pas, il ne lui manque rien pour (re)découvrir la photographie à l’ancienne mais avec déjà toutes les fonctions qui vous simplifient la vie.

Notez que je parle de photographie à l’ancienne parce qu’il s’agit de l’argentique mais je qualifie aussi ces boitiers de « modernes » car ils offrent toutes les fonctionnalités que nous connaissons aujourd’hui, … sauf l’écran à l’arrière !

Quant au prix, soyez rassuré, vous devriez en trouver dans les 40€, tout complet. Vous n’avez plus aucune raison de résister …

Deux références (les autres étant dans les articles précédents) : http://collection-appareils.fr/x/html/appareil-12534.html, http://collection-appareils.fr/x/html/appareil-2011-Minolta_Dynax%20500si%20Super.html

Enfin, pour les curieux d’histoire de la marque : http://collection-appareils.fr/x/html/historique.php?marque=Minolta

Argentique

Praktica B100

Cet appareil fait partie de la quatrième génération de Praktica, initiée par le B200 en 1978, toujours fabriqué par le Combinat Pentacon, à Dresden (alors en RDA).

Que proposait de mieux cette nouvelle génération de Praktica ?

  • tout d’abord, ces appareils utiliseront la nouvelle baïonnette maison
  • une cellule plus efficace
  • la priorité à l’ouverture en mode automatique
  • les vitesses sont gérées électroniquement par circuit intégré soit maison soit japonais (NEC)
  • mesure TTL à l’ouverture
  • possibilité de monter un moteur (connexion sur la semelle)
  • vision de l’ouverture sélectionnée dans le viseur
  • levier d’armement dit à « avance rapide » – vous pouvez l’écarter du capot pour l’accrocher plus vite
  • sabot et prise de flash auxiliaire
  • luminosité du viseur multipliée par un facteur de 1,92 par rapport à la série L

Nous sommes bien face à des appareils qui rompent avec la génération précédente, et pas qu’au niveau esthétique.

De fait, Praktica a voulu se réinventer pour faire face à la déferlante japonaise, leader absolu de l’époque en matière d’appareils photos. Et si, auparavant, les reflex nippons étaient plus chers que la production de Pentacon – ce qui lui permit de vendre tant d’appareils des deux côtés du rideau de fer aux amateurs peu fortunés – la rationalisation de la production de masse, le passage progressif aux matériaux de synthèse rendait leurs appareils nettement plus abordables et donc concurrents de ceux de Praktica.

Ce Praktica B100 est sorti en 1981, d’abord avec un revêtement gaufré (peu courant), ensuite avec un revêtement lisse, plus « moderne ». On estime qu’environ 220.000 appareils en version « cuir lisse » sont sorties de janvier 1983 à décembre 1986. Dans cette version, il y eut quelques modifications esthétiques (rationalisation des coûts ?) avec par exemple un levier d’armement en plastique et non plus en métal, une manivelle de rembobinage elle aussi devenue en plastique pour la dernière génération.

Et pour éviter les impairs, entre 1985et 1986 il fut aussi exporté sous le nom de BC Auto, ne vous faites pas avoir, c’est le même appareil !

Contrairement au B200 qui l’a précédé, il est le premier appareil tout automatique de la série Praktica B.

Car en y regardant de près, on s’aperçoit que c’est (presque) un B200 mais à automatisme non débrayable (en effet sur le B200, on peut encore passer en mode manuel). Cela se voit au niveau du barillet des vitesses où il ne reste plus que les positions Auto -un éclair – B – batt. Plus simple que ça !

Donc, sur la mollette des vitesses, nous avons l’option automatique (Auto), l’option flash (l’éclair) et la pause B, plus une position pour tester la batterie. Ex æquo avec le Canon T50 dans le dépouillement !

-« Et il n’y a rien d’autre ? »

Si, de l’autre côté, sur la molette de rembobinage, vous pouvez régler la sensibilité du film (en DIN et ASA) et la compensation d’exposition (de -2 à + 2 par demi-crans), avec un bouton de sécurité pour ne pas modifier vos réglages par inadvertance.

Ça fait chiche n’est ce pas ?

Mais à part ce dépouillement minimaliste, je note que la monture de baïonnette est la fameuse Praktica maison, avec trois contacts électroniques pour permettre au système de lire l’ouverture définie sur l’objectif.

En cherchant encore un peu, je trouve un compteur de vues qui se remet à zéro automatiquement lorsqu’on ouvre le dos de l’appareil.

Et puis la griffe du flash a des contacts électriques. Elle est même marquée d’un X rouge qui indique qu’il y a synchronisation avec un flash électronique. Et bizarrement, il y a aussi une prise PC, près de la monture d’objectif, pour connecter un flash plus ancien. La synchronisation du flash se fait au 1/90s lorsque vous mettez la molette de sélection sur le symbole de l’éclair.

Petite particularité de cette « double » monte pour les flashs : comme ils ont chacun un circuit électrique distinct, vous pouvez les utiliser tous les deux en même temps, un sur l’appareil et un second déporté par exemple.

N’oublions pas le retardateur d’environ 10s

Le déclencheur mérite un mot aussi : il est souple et un appuis à mi-course lance les calculs de la partie électronique. En fonction de l’ouverture de l’objectif, de la sensibilité du film, l’appareil sélectionnera la meilleure vitesse possible.

Si l’appui sur le déclencheur est souple, le bruit du déclenchement est encore prononcé. Bien moins que sur les précédents Praktica mais il ne rivalise pas encore avec un Leica M5 !

Autre raffinement, sur l’avant du pentaprisme, vous verrez une petite fenêtre (comme sur le BX20) afin de pouvoir lire l’ouverture choisie sur le fut de l’objectif.

Et puisque je vous parle du pentaprisme, sachez que c’est un vrai, c.-à-d. un bloc de verre taillé, pas un pentamiroir (miroirs collés)

Le reste, vous ne le verrez que si vous démontez l’appareil : en effet, le B200 bénéficie d’un circuit intégré NEC, le B100 se « contente » d’un maison (GDR)

Bien que cet appareil ne puisse fonctionner sans pile, en cas de panne vous pouvez toujours déclencher en mettant le sélecteur sur le symbole éclair du flash. Votre vitesse mécanique sera alors de 1/90s et vous n’aurez pas le secours de la cellule.

Puisque nous parlons énergie, le B100 est alimenté par une pile en 6v, une 4LR44. Celle-ci se place dans la semelle.

Tant qu’à être sous lui, sachez que c’est sur la semelle que vous trouverez aussi un emplacement pour fixer un trépied et le petit bouton pour libérer le mécanisme de rembobinage du film. Enfin, comme je le signalais plus haut, il est motorisable et c’est donc sur la semelle que vous trouverez les connecteurs.

Remettons le sur ses pieds et retournons le : un petit truc très utile est ce « mémo » qui vous permet de glisser le carton de votre bobine dedans afin de vous souvenir de que film il est chargé.

Bon, jusqu’ici quel constat ? L’appareil est simplifié à l’extrême mais il se destine aux personnes qui veulent « juste faire des photos » sans se compliquer la vie (et il rejoint encore une fois la sobriété du Canon T50). Il est agréable à tenir en main, toutes les commandes (?!) sont facilement accessibles et bien pensées, avec de petits raffinements bienvenus (la fenêtre pour voir l’ouverture choisie sur l’objectif p. ex.) ou la plaque mémo à l’arrière.

C’est déjà pas mal. Et le confort de visée ?

Eh bien, le viseur est large et clair, bien fourni en indications (vision à 95% de la scène)

notez le côté « glamour » et dans le vent pour présenter le viseur !

Vous avez en un coup d’œil la vitesse sélectionnée (échelle de droite) en fonction de l’ouverture choisie sur l’objectif. Sur l’affichage des vitesses, le 125 correspond aussi à la valeur à atteindre lorsque vous faites le test de la charge batterie.

Et, ce qu j’aime bien vous le savez maintenant, un stigmomètre triple et incliné, pour mieux faire la mise au point quelque soit la position du sujet.

Si vous cherchez quelque chose de facile, le B100 est fait pour vous.

Finalement, que retenir de cet appareil ?

Si vous cherchez un reflex facile, qui prend la main pour vous simplifier la prise de vue, il est largement suffisant et il ne vous décevra pas. Tout « électrique » il offre quand même encore une solution de dépannage en autorisant une prise de vue toute mécanique au 1/90s si votre pile vous lâche.

Petit, compact, il tient facilement en main et ne demande qu’à sortir avec vous.

Son parc optique en Prakticar (baïonnette propriétaire) est suffisant pour couvrir presque tous les besoins et si vous avez pu trouver une bague de conversion vous autorisant à monter le parc des anciens objectifs Pentacon, c’est Byzance !

A quoi faire attention pour négocier éventuellement le prix ? La cuirette, qui a parfois tendance à se décoller (sans gravité, un point de colle est c’est reparti); la petite tige de la molette de rembobinage en plastique qui a tendance à casser (ça n’empêche pas de rembobiner ni d’ouvrir le panneau arrière mais c’est moins confortable); emportez une pile 4LR44 avec vous pour le tester si vous pouvez car les traces d’oxydations ne sont pas vite visibles (sauf si ça a coulé dedans des années !).

Sinon, le prix, avec au moins un objectif Prakticar et une pile est légèrement sous les 40€.

Honnêtement, je n’ai pas « accroché » avec cet appareil, pas plus qu’avec le Canon T50 auquel je le compare d’ailleurs, mais ça c’est toujours affaire de goût personnel. Sans doute parce que j’aime bien pouvoir maîtriser un peu plus mes prises de vue et faire « ce que j’ai envie » sans trop tenir compte des calculs savants de l’appareil.

L’exemplaire que j’ai reçu, en toute connaissance de cause, était défectueux : il déclenche mais parfois le miroir reste en position haute et il se débloque si je le mets sur B; j’ai beau y mettre une pile neuve, il ne s’anime pas. Il me servira de « banque d’organes » au besoin.

Les caractéristiques techniques

  • obturateur à lamelles métalliques à commande électronique avec temps d’exposition continu entre 1/1000 et 1 seconde
  • retardateur mécanique de 10s
  • temps fixe mécanique de 1/90 s
  • connexion à baïonnette Praktica, EDC (contrôle électronique de l’ouverture) pour la mesure d’exposition TTL
  • vitesse du film réglable de ASA 12 – 3200 ou DIN 12 – 36
  • viseur pentaprismique avec champ de vision de 95%,
  • mise au point par stigmomètre triple et incliné, bague microprismique et écran de mise au point, aiguille pour afficher le temps d’exposition mesuré
  • griffe flash et connexion flash coaxiale supplémentaire avec synchronisation X (1/90 s)
  • possibilité de connexion pour un moteur
  • compteur de vues qui se réinitialise lorsque le panneau arrière est ouvert
  • déclencheur avec prise filetée pour flexible
  • batterie 4xLR44 (V 28PX, 6 volts)
source : Collections-appareils

Petite video de présentation

pour bénéficier de sous-titres dans votre langue, aller sur paramètres, cliquez sur « anglais généré automatiquement », puis traduire automatiquement et choisissez parmi celles offertes

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Quelques références : http://www.praktica-collector.de/225a_Praktica_B100.htm, https://cameragx.com/2020/06/26/the-other-carl-zeiss-cameras/, https://oldcamera.blog/2017/05/28/praktica-b100-electronic/, https://simonhawketts.co.uk/2014/09/13/praktica-b100-electronic-camera/ en anglais, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-12579-Pentacon_Praktica%20B100%20Electronic%20.html en français, https://www.dresdner-kameras.de/praktica/praktica.html#B en allemand

Argentique

Minolta Dynax 500 Si

Je vous ai présenté il y a un moment le successeur de cet appareil, le Minolta Dynax 505 si Super et comme quatre ans séparent les deux boitiers, il m’a paru normal de vous parler du premier du nom.

Notons cependant que dans la numérotation des Minolta, le 3 indique un entrée de gamme, le 5 un milieu de gamme, le 7 la gamme expert et le 9 la gamme Pro. A part ça, le nom change selon l’endroit où il est vendu, à savoir les marchés européens (Minolta plus un chiffre), américains (Maxxum plus un chiffre) ou japonais (Alpha plus un chiffre) … pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué car je ne vous parle pas de chiffres intermédiaires comme le 8000i ou le 2Xi.

Rappelons nous plutôt que le Minolta 7000 AF fut le premier reflex motorisé avec autofocus efficace au monde (1985), puis il y eut le 9000, appareil Pro qui pouvait monter au 1/4000s, ensuite la série des « i » (p. ex; le 7000i) sortie de 1988 à 1991 et qui proposait la programmation grâce à des cartes à puces pour diverses fonctions (multispot, intervallomètre, mémoire des données de l’exposition, menu hautes ou basses lumières, programmes portraits ou paysages etc..), encore que le 8000i proposait un obturateur travaillant jusqu’au 1/8000s, tandis que de 1991 à 1993, les Xi (comme le Dynax 7Xi) proposait un flash monté sur le prisme qui est capable de piloter un flash distant, y compris en mode TTL, ensuite le 9Xi proposait la vitesse d’obturation la plus vertigineuse en 1992 : 1/12.000s, en plus, dès 1993, le Minolta 7000 si possède un flash synchro à haute vitesse (l’obturateur monte au 1/8000eme de seconde avec une synchro flash au 1/200eme de seconde), enfin en 1998, le 505 si tout en étant un moyen de gamme, propose un obturateur 1/4000s avec synchro flash au 1/200eme, un posemètre 14 segments, spot 2.7%, les modes P A S M, plus toutes les autres fonctions flash et il est le réflexe le plus compact de son époque. La fin de l’histoire sera écrite entre 1998 et 2006 avec le vaisseau amiral, le Minolta Dynax 9/Maxxum 9/Alpha 9, le reflex le plus complet jamais produit par Minolta : corps en magnésium tropicalisé, motorisation interne à 5.5 images par seconde, posemètre multizones 14 segments, spot 2.7%, obturateur 1/12.000s synchro flash au 1/300s et tout les raffinements flash de Minolta présents sur les modèles précédents. Un modèle spécial en titane sera produit en 1999. Un baroud d’honneur en beauté !

Franchement, Minolta a posé des jalons importants dans l’histoire de la photographie argentique et même numérique puisqu’en 1995 ils ont été les premiers à sortir un appareil digital (le Konica Dynax 5D pour l’Europe ou Konica Minolta Maxxum 5D aux USA et α-5 Digital/α Sweet Digital au Japon).

Ensuite, souvenons-nous de la monture inaugurée avec le Minolta 7000 AF, la fameuse monture A, qui rompait avec l’ancienne MD à cause, notamment, de l’introduction de l’autofocus.

Le système à monture A Minolta a d’abord été commercialisé sous le nom de Maxxum en Amérique du Nord et α (Alpha) au Japon et dans le reste de l’Asie. En Europe, les premiers appareils photo à monture A Minolta étaient initialement identifiés par un numéro à 4 chiffres suivi de l’AF. Le nom Dynax a été introduit plus tard avec les caméras «i», la deuxième génération de caméras Minolta à monture A.

Lorsque Sony a acquis les technologies d’appareils photo de Konica Minolta en 2006, ils ont choisi le nom de marque «α» (utilisé par Minolta en Asie) pour leur nouveau système reflex numérique «Sony α». La monture d’objectif Dynax / Maxxum / α (qui a été conservée des anciens appareils photo) fait désormais officiellement partie du «système de monture α» de Sony

Je vous confesse qu’il n’est pas toujours simple de s’y retrouver chez Minolta, je vous montre :

Et dire que les nouveaux photographes (qui découvrent l’argentique) boudent cette marque !

Mais revenons à notre Minolta 505 si de 1994.

Pour les débutants, il est si facile à utiliser : vous avez la roue PASM, quelques autres modes prédéfinis, une double exposition, la mise au point automatique assez rapide et il tient bien en mains … tout simplement proche de la perfection de l’époque !

Toutes les infos sont visibles sur le large écran LCD

Et le viseur est super complet

Ce qui m’a toujours amusé, c’est l’ingéniosité que les constructeurs ont développée pour que les photographes amateurs ne se sentent pas démunis lorsqu’il fallait remettre un film dans l’appareil. Kodak avait ouvert la voie avec ses premiers Brownie : une fois le film terminé, vous renvoyiez l’appareil au fabricant, qui le rechargeait pour vous et le renvoyait avec les tirages. Puis, plus tard, en inventant la cassette 126, la 127 puis la 110. Mais sans recourir à ces extrêmes, dès la fin des années soixante, Canon par exemple, proposait son système QL (Quick load = chargement rapide). Même des appareils plus « rustres » comme les Praktica avaient un système de chargement rapide. Mais le pom-pom sera atteint avec les appareils compacts, puis les reflex motorisés, qui chargent seuls le film et l’entrainent jusqu’à la première vue, pour enfin le rembobiner au terme et lisent le codage DX (sensibilité) au passage.

Chez Minolta donc, ils ont équipé leurs reflex de cette technologie, dans laquelle ils ont – encore – été des pionniers et le 505 si en bénéficie bien évidemment.

Son autofocus est rapide, précis, nerveux; son habillage le rend discret; ses dessous sont un condensé de technologie pensée photographe, bref, une belle réussite qu’il serait dommage d’oublier.

C’est un boitier automatique, avec priorité à l’ouverture en Mode A, priorité à la vitesse en Mode S, semi-automatique en Mode M : dans ce mode vous avez la totale maîtrise de votre prise de vue en modifiant l’ouverture et la vitesse, la cellule de l’appareil vous indique si vous risquez une sur ou sous exposition, ou si les paramètres sont corrects. Enfin le Mode blub vous autorise les pauses longues.

Si vous hésitez sur la mise au point, pas de panique, c’est prévu, il suffit d’appuyer sur le déclencheur à mi-course

Et bien évidemment, il y a la mémorisation de l’exposition, qui permet de recadrer si besoin en gardant les données.

Si toutefois le sujet était particulièrement difficile, vous pouvez là aussi reprendre la main et faire la mise au point manuellement en appuyant sur le bouton M Focus en n’oubliant pas de débrayer l’autofocus de l’objectif.

Enfin, cerise sur le flash, ce dernier peut commander des flashs sans cordon de la marque ou compatibles

Le Minolta Dynax 500si a donc été introduit en 1994. De fait, c’est la version économique du Minolta Dynax 700si quoique cette fois les programmes sont intégrés au lieu de cartes programme (modification inaugurée par ce dernier) comme cela était le cas pour les séries Xi précédentes.

Récapitulatif des caractéristiques techniques

  • Sensibilités des films de 25 à 5000 Asa, reconnaissance de la vitesse du film par lecture du codage DX
  • Monture d’objectif: Monture Minolta AF
  • Mesure par 2 photodiodes Si, une pour le contrôle TTL du flash, posemètre travaillant sur 8 segments
  • Mise au point automatique à détection de phase TTL 1-CCD
  • Programmes incorporés paysage, sports, macro, portrait et portrait de nuit
  • Modes : programme, entièrement automatique, priorité à l’ouverture, priorité à l’obturateur, réglages manuels
  • Vitesse d’obturation de la synchronisation du flash 1/90 sec
  • Flash anti-yeux rouge
  • Appareil pilotable à distance
  • Obturateur à plan focal vertical avec des vitesses de 30sec à 1 / 2000sec + pause B, « rafale » d’1 image / sec
  • Correcteur d’exposition +/- 3 par incréments de tiers
  • Retardateur de 10 s
  • Avance du film et rembobinage entièrement automatiques
  • Affichage sur écran LCD
  • Batterie au Lithium 6V 2CR5
  • Poids de 380 gr boitier nu (sans pile)

Comme j’ai eu les deux en mains, difficile de les départager. Le 505 si Super de 1998 est un bis-tons argent et noir, le 505 si est tout noir, mais cela est toujours affaire de goûts personnels. Au niveau manipulation, pas de différences, même si l’esthétique du second est plus anguleuse que le premier.

Pourrait on préférer la montre métallique du 505 si Super ? A ce niveau d’appareil, ça n’apporte rien de plus, c’était un argument marketing; la prise pour une télécommande, oui, un certain confort supplémentaire mais contournable avec le retardateur à 12s. Finalement, rien de transcendant.

Un dernier point, et non des moindres : son prix de nos jours ne dépasse pas les 45€ avec un objectif.

Soyez raisonnable, faites vous plaisir et embarquez en un avec vous lors de vos prochaines sorties photographiques, vous ne le regretterez pas.

Quelques images prises avec cet appareil sur le site Lomography

Petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par LA

Et si vous désirez voir en images les meilleurs boitiers jamais produits par Minolta

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_Dynax_500si, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Minolta_Dynax_500si, http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_Dynax_500si_Super, https://www.cnet.com/products/minolta-dynax-500si-slr-camera-35mm/, https://www.35mmc.com/25/05/2019/5-frames-with-minolta-dynax-500si-super-by-matt-krajewski/,https://en.wikipedia.org/wiki/Minolta_A-mount_system, en anglais, https://fr.wikipedia.org/wiki/Minolta_AF, http://www.minolta.suaudeau.eu/histoire/Histoire_AF_Minolta/Histoire_Minolta_Autofocus.html, en français

Argentique

Nikon F60

Après les Nikon F 50 et F 65, voici le F 60

Chronologiquement, ce Nikon F 60 est le successeur du F 50. Introduit en septembre 1998 et jusqu’en mai 2001, il était destiné, lui aussi, aux photographes amateurs.

Comme d’habitude, la dénomination change un peu selon que l’on se trouve d’un côté ou l’autre de l’Atlantique : Nikon F 60 pour l’Europe et l’Asie, Nikon D60 pour les USA. Auxquels on peut ajouter un F 60 D et un N 60 D lorsqu’ils étaient dotés d’une fonction d’impression de date/heure (dos dateur).

Esthétiquement, ce que l’on peut retenir de fondamentalement différent, c’est que le nouveau venu reprend les molettes pour les réglages en lieu et place des boutons poussoirs du précédant.

Il sera finalement remplacé par le F 65 en 2001, qui sera proposé à l’époque au quasi même prix.

Ce Nikon F 60 est doté de la mise au point automatique, de deux systèmes de mesure de la lumière TTL (à travers l’objectif) et de programmes qui vont du tout manuel au tout automatique.

Bien que « entrée de gamme », il est fabriqué sérieusement : son corps est composé de polycarbonate et métal (squelette et baïonnette), disponible en bis-tons champagne-noir ou tout noir. Il est compatible avec la plupart des anciens objectifs Nikkor F, j’y reviendrai dans un tableau en bas de page.

Comme ses concurrents, mais en changeant les noms, il offre donc différents programmes :

  • un mode automatique
  • cinq programmes spécifiques (paysage, portrait…)
  • programme (P)
  • priorité ouverture (A)
  • priorité vitesse (S)
  • manuel (M)

Vous ne serez pas dépaysé si vous passez à l’argentique avec ce genre de boitier car il est très semblable aux appareils numériques d’aujourd’hui.

A ce sujet, il faut savoir que le reflex numérique Fuji S1 Pro, sorti en 2001, a été bâti sur la base de ce Nikon F 60. Les modifications ont porté sur l’ajout d’un écran LCD couleur, un compartiment pour la carte mémoire et un second pour la batterie. Comme quoi, « rien ne se perd, tout se transforme » eut dit Lavoisier !

Mais revenons à notre appareil encore argentique. Comme son prédécesseur, il garde la fonction « Time ». Rappelez-vous, celle-ci permet de garder l’obturateur ouvert aussi longtemps que besoin (première pression sur le déclencheur ouvre,seconde pression ferme) – un mode « bulb » moderne en somme ! Il garde aussi le suivi de l’autofocus en mode « sport ».

Par contre, il propose la prise en charge de 5 modes flash, y compris un mode « lent » pour éclairer le plus délicatement possible les scènes à faible éclairage.

C’est un appareil très léger, vous n’aurez pas peur de l’emmener même pour de longues balades, il sait se faire oublier.

Nikon a voulu avec ce F 60 renouer avec la tradition d’un appareil « simple » à comprendre, et contrairement au F 50, on en revient au « un bouton, une fonction ». Je vous avoue que, personnellement, je préfère ça. C’est sans doute aussi pourquoi je n’ai pas accroché avec les Pentax SFX ou PZ mais que j’adore le P 30.

Vous mettez la molette sur la fonction que vous voulez actionner et vous la modifiez, si besoin, avec la roue dentée

Son viseur est très confortable, avec des indications claires qui s’inscrivent avec des cristaux liquides sur fond jaune.

L’écran LCD reprend, bien évidemment, toutes les infos utiles pour la prise de vue

Cet appareil n’est pas sans défauts et si vous êtes un peu expérimenté, ils vont vous agacer. Par contre, si vous êtes quelqu’un qui veut prendre le temps de la découverte, c’est un appareil pensé pour vous.

Son autofocus est précis, tout comme la mesure d’exposition mais son moteur est lent. Considérez le plus comme un ré-armeur que comme un moteur à rafale.

Pour le reste, c’est comme d’habitude : chargement du film simplifié avec lecture automatique du codage DX (sensibilité), que vous pouvez modifier ensuite si besoin, rembobinage automatique en fin de film, possibilité de rembobiner anticipativement; mémorisation de l’exposition par appuis à mi-course sur le déclencheur; le flash est a extraction manuelle quand l’appareil vous signale que vous pourriez en avoir besoin, ou si vous voulez le « forcer » pour un fill-in.

En résumé :

Fonctionnement facile avec le sélecteur de mode d’exposition
Système AF avancé avec illuminateur d’assistance AF
Programme polyvalent (P) pour un contrôle entièrement automatique
Mesure matricielle 3D (avec objectif Nikkor de type D / G)
Flash intégré qui couvre jusqu’à un objectif de 28 mm
Capacité Matrix Balanced Fill-Flash
Programmes à 5 variantes
4 modes d’exposition : P = tout auto, S = vitesse, A = ouverture, M = manuel

Bon, soyons un brin chauvin : son grand concurrent de l’époque était le Canon Eos 300 (Rebel 2000 pour les USA) qui offrait 7 zones de mise au point, 3 modes d’expositions (centrale, pondérée, évaluative), le testeur de profondeur de champ, une télécommande, une synchro flash haute vitesse avec les flashs de la marque, etc.

Sinon, que penser de cet appareil ?

Je le préfère au F50 pour sa simplification d’utilisation. Et il ne lui manque rien pour réussir de bonnes photos dans la quasi majorité des situations.

Rappelons nous qu’il s’agit d’un appareil abordable mais Nikon n’a jamais renié la qualité au profit de la simplicité.

C’est un très bon appareil pour apprendre et progresser à son rythme.

Enfin, dernier argument, et non des moindres, son prix : comptez moins de 50€ avec un objectif (souvent le 35 – 80 de base). Ce serait dommage de ne pas en profiter.

les données techniques

  • Programme à usage général, système Vari-Program (Portrait / Paysage / Gros plan / Sport / Scène de nuit), modes Auto-Multi Program [P], Auto à priorité vitesse [S], Auto à priorité ouverture [A] et Manuel [M]
  • Vitesse d’obturation de 30s à 1/2 000s plus le mode « time » (le bulb d’avant mais contrôlé électromagnétiquement)
  • Mesure de l’exposition, qui fonctionne uniquement avec les objectifs Nikkor de type AF et AI-P, Matrice, pondérée centrale
  • Alimentation par une pile au lithium 3V CR123A
  • Dimensions (L x H x P) 148,5 x 96 x 69 mm
  • Poids environ. 575 g nu

Petite video d’illustration

Pour vous y aider à retrouver les objectifs compatibles, voici un petit tableau récapitulatif car ils ont beau dire chez Nikon que depuis 1959 la monture n’a pas changé, elle n’est pas toujours compatible :

source : compatibilité boitiers/objectifs Nikon

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Des références pour les curieux : https://wikimonde.com/article/Nikon_F60 , http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-12282.html en français, https://en.wikipedia.org/wiki/Nikon_F60, https://web.archive.org/web/20060820093739/http://www.nikonlinks.com/unklbil/bodylens.htm, https://web.archive.org/web/20060902093937/http://www.bythom.com/n65.htm, https://web.archive.org/web/20060907035240/http://nikonimaging.com/global/products/filmcamera/slr/1995-1999/f60/index.htm,https://www.kenrockwell.com/nikon/n60.htm en anglais

Les nouveautés en un lieu

Le format 120 fête ses …120 ans

Au début de la photographie, de multiples formats ont vu le jour et – surtout – une grande variété de supports : du verre, du métal, du papier, du celluloïd

Autant vous dire que chacun y allait de son invention et il devait y avoir autant de formats que d’appareils.

Mais après les temps incertains des découvreurs, le besoin de « normaliser » un peu ce gentil foutoir a commencé à se faire sentir, notamment parce que des constructeurs commençaient à fabriquer des séries d’appareils.

Si vous vous en souvenez, les premiers appareils photos étaient lourds, encombrants, souvent en bois et laiton et nécessitaient de manipuler des plaques de verre ou de métal, sans oublier toute la chimie qui suivait pour développer ces plaques.

C’est là qu’intervient le génie de Georges Eastman qui a popularisé un film flexible dans les années 1880, qui supprimait ces plaques lourdes et délicates à manipuler. Il développa son premier appareil photo Kodak en 1888.

La particularité de cet appareil était d’être vendu pré-chargé avec assez de pellicules pour prendre 100 photos. Lorsque le film était terminé, on renvoyait l’appareil chez Kodak pour le développement et la firme vous réexpédiait vos tirages avec un appareil prêt à refaire ses 100 photos.

L’appareil était très simple mais il coûtait 25€, une somme qui le réservait encore à une certaine élite

Or pour faire du business, il faut toucher le plus grand nombre, c’est pourquoi ce cher Georges voulait créer un appareil le plus simple possible, le moins couteux possible mais permettant de réussir ses photos à (presque) tous les coups. Son designer de l’époque, Frank Brownell, imagina donc ce cube insolite, que tout le monde connait.

Cette curieuse boite rectangulaire, à l’origine, recouverte de simili-cuir utilisait en effet le film en rouleau, le film Eastman. Les premiers Brownies sont apparus en 1900, avec des films au format 117.

La vente de ces appareils au prix de 1$, avec le film chargé, incitait nombre de photographes à illustrer sans complexe leur quotidien. Ces Brownies ressemblaient aux premiers appareils Kodak a la différence que cette fois ci le photographe, en fin de film, le retirait lui -même pour le déposer ou l’envoyer à un laboratoire … Kodak où le développement coûtait 2$.

Le Brownie était on ne peut plus simple : une boîte de 13x9x9 cm, fabriquée à partir d’une planche de jute, renforcée de bois et couverte de simili cuir. Des matériaux bon marché, une production de masse et des techniques de fabrication raisonnées faisaient que le coût de l’appareil était minime.

Il avait un simple obturateur rotatif à une seule vitesse et un objectif ménisque f / 14. Il n’y avait pas de viseur, mais un viseur à clip était disponible en option. Six négatifs carrés de 57×57 cm pouvaient être pris sur ce qui sera plus tard le film en rouleau 117.

source : https://blog.scienceandmediamuseum.org.uk/a-z-photography-collection-b-is-for-brownie/

Eastman a baptisé sa nouvelle caméra «The Brownie», non pas d’après Frank Brownell, mais d’après des personnages créés par le célèbre auteur et illustrateur pour enfants canadiens, Palmer Cox.

Bien que d’autres sources semblent dire que le nom de « Brownie », qui est un gentil lutin du folklore écossais, seraient le véritable fondement de l’appellation, l’appareil donnant autant de joies que le lutin.

Kodak avait vu juste : une production industrielle, un réseau de fournisseur dense, des chimistes capables de traiter les volumes, tout était réuni pour que ce procédé soit une réussite.

source : https://www.bbc.com/news/magazine-30530268

Un appareil peu couteux, capable de fournir de bonnes photos, un « système » de vente performant rendait la photographie accessible quelque soit votre classe sociale et votre niveau de compétences en photographie.

Le Brownies fut aussi soutenu par une gamme d’accessoires qui allaient des albums photo aux kits pour développer soi-même, à domicile. Tout cela installait l’idée que la photographie était « pour tout le monde ». Des clubs photos, des compétitions ont eu lieu, ce qui renforçait encore le sentiment d’accessibilité pour le grand publique

Un slogan célèbre de l’époque disait : «Plantez le gland Brownie et le chêne Kodak poussera»

Le Brownie était initialement destiné aux enfants, de par sa simplicité, mais finalement tout le monde en voulait un. Il était robuste, conçu pour accompagner les gens dans leur vie quotidienne. Il fut produit pendant presque cinquante ans et on peut en déduire que cet appareil a illustré plus que tout autre appareil le XXème siècle naissant.

Le Brownie n ° 2, sortait 18 mois plus tard, en 1901. Il utilisait un format de film légèrement différent, le fameux 120 qui nous occupe, ou film moyen format – qui est toujours fabriqué aujourd’hui.

Imaginez que des millions de brownies n ° 2 sont sortis des chaînes de production – le dernier en 1935 – et beaucoup sont encore capables de prendre des photos aujourd’hui.On estime que 2.500.000 ont été vendu avant 1921. Le prix était de 1$ pour ceux en carton, 2, 75$ pour ceux en aluminium et 2,5$ pour ceux en couleur

Cette fois l’appareil est en carton recouvert de similicuir. Il ne deviendra métallique qu’en 1924. Son obturateur est fiable, mais quelque part entre 1 / 25e et 1 / 30e de seconde, vous devez donc être sûr de maintenir l’appareil photo stable. Il possède deux viseurs, un pour les prises de vue verticales et l’autre pour les horizontales

Grâce à cet appareil, la photographie est devenue quotidienne, presque instinctive. Toute la vie pouvait être captée, contrairement aux anciens appareils où il fallait rester statique pour que la photo soit nette. La plupart des gens en avait un et il était le compagnon de voyage idéal.

Une anecdote souligne cette capacité à être là au bon moment, à travers l’histoire :

« En 1912, Bernice Palmer, 17 ans, voyageait de New York à la Méditerranée sur le SS Carpathia – le navire qui a été détourné pour récupérer les survivants du naufrage du Titanic. Palmer avait avec elle une caméra Brownie – ses photos des survivants transportés à bord du Carpathia et de l’iceberg qui avait scellé son destin sont parmi les seules images enregistrées de la catastrophe. Son brownie et les photos qu’il a prises font désormais partie de la collection Smithsonian du National Museum of American History. » source : https://www.bbc.com/news/magazine-30530268

Voilà un peu d’histoire, je pense utile à se remémorer quand on veut utiliser un appareil ou un film qui a un « vécu » intéressant.

Pour en venir à la pellicule en 120 proprement dit, voyons quelles sont ses différences par rapport au film 135mm (ou 24×36) que tout le monde connaît ?

Outre sa taille – nous y reviendrons – le conditionnement est différent. Si le film 135mm est conditionné dans une bobine hermétique à la lumière, faite en plastique ou en métal, la bobine du 120 … n’existe pas !

De fait, c’est le film, recouvert d’une bande de papier protecteur à l’arrière qui est enroulé serré autour d’une tige, autrefois en bois ou en métal, aujourd’hui en plastique. Le papier protecteur porte plusieurs indications utiles sur son verso : des flèches, qui servent de repères lors de l’installation dans l’appareil, des numéros, disposés à des endroits différents pour être lus à travers de petites fenêtres avec une vitre à la couleur généralement rouge, dite inactinique en fonction des formats qui seront utilisés par l’appareil, en tout cas pour les vieux appareils. Les plus modernes ont un compteur.

Car avec un film au format 120, vous pourriez faire des photos en 6×4,5 (16 vues sur un film), 6X6 (12 vues) ou 6×9 (9 vues). Il existe aussi des appareils en 6×7 mais dans ce cas ils possèdent leurs propres systèmes de compteur interne.

Pour vous donner une idée de taille

source : Wikipedia

-« Mais, me direz-vous, quel avantage à utiliser un si grand film ? Parce que qui dit grand film dit gros appareil, n’est-ce pas ? »

Imaginons une analogie avec un capteur numérique (si, si, j’ose) : sur un petit capteur de type APS-C tous les photons qui composent la lumière vont devoir se serrer pour couvrir toute la surface, tandis qu’avec un capteur plein format 25×36 (et je parle pas des capteurs moyens format qui ont la surface d’un film 120 à peu près), les mêmes photons auront plus d’aise pour couvrir la surface. L’image sera mieux définie et comportera plus de détails.

La taille plus grande du film 120 permet d’avoir un grain plus fin, plus de détails et autorise des recadrages si nécessaires lors des agrandissements.

La grande taille du négatif était surtout un atout auparavant car ceux-ci pouvaient être tirés par contact, sans passer par un agrandisseur. C’est pourquoi vous trouverez souvent des photos de petite taille dans les vieux albums de famille qui, par soucis d’économie, faisaient faire des « contacts » plutôt que des agrandissements.

De nos jours, quel intérêt pour le 120 ?

Mais la possibilité de capter des images de grandes qualités avec un minimum de moyen.

Heu, là, je m’explique : plus la surface d’un film est grande;, plus la qualité est au rendez-vous, nous sommes d’accord. Mais, franchement,t, se déplacer avec une chambre photographique, ce n’est guère facile.

Le compromis reste donc les appareils appelés « moyen format ».

Ce seront des appareils plus grands qu’un 24×36 mais encore très portables. Citons quelques exemples : les Yashica C ou D ou le Flexaret, qui restent abordables, le Rolleiflex nettement plus cher, un Mamiya M645, une valeur sûre, un Koni-Omega Rapid M, qui est un télémétrique en moyen format qui reste accessible, le Mamiya C330, le seul avec des objectifs interchangeables mais cher.

Enfin, si vous vous sentez l’âme aventureuse, vous pouvez essayer de vieux folding comme le Kodak modèle 66 II ou l’Ikon Nettar; des appareils dits lomographiques comme un Holga Diana voire un Holga 120 CFN, voire même un Kodak Brownie Bull’s – Eye, un bon vieux Agfa Clack

Pour clôturer enfin, sachez qu’il existe, autour de ce format 120, le 220 qui double le nombre de photos possibles mais il faut un appareil qui le permette, puis le 620 plus ancien, qui est un 120 sur une bobine spécifique dont j’ai parlé ICI

Au niveau prix, ce sera plus cher qu’un 24×36 mais en cherchant bien, vous pouvez trouver de petites perles abordables.

Le film est quasi au même prix, le développement aussi mais n’oubliez pas que le nombre de vue est moindre, mais quel qualité.

A tester, pour le plaisir de photographier différemment.

Video d’illustration du chargement d’un film 120

Quelques références : http://www.brownie-camera.com/53.shtml, https://blog.scienceandmediamuseum.org.uk/a-z-photography-collection-b-is-for-brownie/, https://www.bbc.com/news/magazine-30530268, https://blog.scienceandmediamuseum.org.uk/a-z-photography-collection-b-is-for-brownie/

Argentique

Le Praktica Super TL 1000

Entre 1949 et 1990, 8.500.000 appareils sont sortis des ateliers de Praktica à Dresde. Vous n’auriez aucune excuse pour me dire que vous ne connaissiez par la marque, elle aussi à l’origine une entreprise spécialisée dans l’optique.

Mais, pour vous rafraichir la mémoire, je vous fais un petit récapitulatif de leur historique :

Depuis 1830, Dresde (Dresden) en Allemagne de l’Est (alors en Allemagne tout court, la guerre n’étant pas encore passée par là) est le berceau de la fabrication d’appareils photos et d’optiques de qualité.

Un ensemble de fabricants se sont regroupés en 1926 pour former l’entreprise Zeiss Ikon, la plus grande de son époque, qui sera absorbé en 1959 par le conglomérat Pentacon VEB, qui deviendra le Kombinat Pentacon Dresden en 1968..

Et pour enfoncer encore un peu le clou voici la liste des appareils appartenant au groupe ayant obtenus une médaille d’or à la Foire de Leipzig

source : Praktica-collector

C’est à Dresde que fut inventé, en 1936, le premier appareil photo reflex 35 mm à double objectif avec objectif interchangeable et posemètre intégré.

Le Praktiflex 35 mm SLR a été lancé en 1939. Le concept s’est avéré un succès et, grâce à un développement continu, le nom Praktica est devenu l’une des marques de reflex 35 mm les plus populaires pendant plusieurs décennies.

source : Wikipedia

Puis, en 1949, le premier appareil photo reflex à objectif unique Praktica est proposé avec une monture d’objectif M42.

source : Camera-wiki

Les nouveaux modèles seront les séries FX, IV, V, Nova et L . Ce sont elles qui ont donné l’impulsion du succès et la reconnaissance mondiale à la marque.

source : Retina rescue

La seconde guerre mondiale est terminée. Dresden est rasée et tout est à reconstruire. Cette partie de l’Allemagne est passée sous le régime communiste de l’URSS et finalement, tous les fabricants d’appareils photos et d’optiques sont « priés » de fusionner pour fonder la société Pentacon.

En 1978, les appareils Pentacon et Praktica ont été les premières caméras et reflex à rejoindre un programme spatial habité, menés par les Russes.

Finalement, en 1985, Pentacon fusionne avec Carl Zeiss Jena et présente une gamme d’appareils photos et de jumelles de sport modernes.

En 1989, à l’effondrement du communisme et la chute du mur de Berlin, le partenariat entre Pentaon et Carl Zeiss prend fin. C’est alors le groupe Schneider qui investit massivement dans Pentacon et les aide à continuer la fabrication des appareils Praktica.

De nos jours,, la marque existe toujours est s’est spécialisée dans des produits d’imagerie photographique (appareils numériques et caméras) et l’optique sportive (jumelles).

Depuis que j’ai commencé à analyser ces appareils, je suis toujours surpris à la fois par la richesse (méconnue, avouons le) de cette histoire et par le nombre d’innovations (elles aussi peu reconnues) sorties par Praktica.

Qui eut le tort de privilégier des prix abordables pour ses appareils – mais n’oublions pas non plus que l’entreprise était soumise aux règles de productivité des entreprises communistes du bloc de l’Est.

Cependant, cette politique, qui avait surtout pour but de faire entrer des devises, a eu un impact tout à fait positif pour de nombreux amateurs, qui voyaient là le meilleur moyen d’acquérir un appareil performant et abordable. Les Praktica – je l’ai déjà écris maintes fois – ont fait le bonheur de milliers de photographes.

Ceci étant posé, venons en à l’appareil du jour, le Praktica Super TL 1000, apparu pour la première fois en février 1980. De fait, il se situe entre le Praktica MTL 3 et le Praktica MTL 5. Les boitiers sont, comme toujours, très similaires et la plupart des spécifications des deux premiers se retrouvent dans le Praktica Super TL 1000.

Notamment la mesure TTL (à travers l’objectif) de la cellule, une CdS alimentée par une pile, un indicateur à aiguille pour le réglage de la luminosité, une griffe flash et la célèbre monture en M42 à viser.

Par contre, il n’a pas de retardateur ni de contact flash PC (c.-à-d. avec un cordon de raccordement).

Les premiers exemplaires, dont l’appareil que j’ai acheté fait partie, ont un recouvrement en similicuir synthétique réticulé, avec une molette des vitesses chromée, et ce jusqu’en 1984. Après cette date, le revêtement devient lisse et la molette des vitesses est noire, ceci pour faire « plus moderne ».

Sa fabrication à été arrêtée en décembre 1986, après qu’environ 400.000 exemplaires aient été produit.


Selon Michael Sorms, le Praktica super TL 1000 a été vendu au Royaume-Uni sous de nombreux noms différents tels Praktica TL 3, Nova II, PM 3, MTL 3 ou MTL 5, mais il ne faut pas les confondre avec le vrai MTL 3 ou MTL 5. Ces caméras re badgées peuvent être identifiées facilement car le nom était généralement placé sur un autocollant. Ce qui me fait penser que je vais vérifier mon MTL 5, … avec un autocollant … (qui s’est avéré être donc un Super TL 1000 anglais !)

Ce petit tableau reprend la genèse des modèles, le nombre d’appareils produits et leurs différences

appareildatesnombre produitdifférences
Praktica Super TL 10001980-1986400.000pas de contact PC flash, pas de retardateur
Praktica Super TL 50019818000idem ci dessus mais limité au 1/500s
Praktica MTL 51983-1985591.000retardateur, contact PC flash
Praktica MTL 5B1985-1989568.000plus de contact PC flash, retardateur, stigmomètre en diagonale
Praktica MTL 501985-1989200.000plus de contact PC flash, LED pour évaluer la luminosité
Jolie la pub de Pentacon …

Si l’appareil est lourd (mais pas plus que certains de ses concurrents japonais de l’époque finalement), il est stable, fiable, le déclencheur est vraiment confortable malgré sa position sur la façade et la molette de vitesse d’obturation est très facile à tourner même avec un seul doigt.

Et puis, c’est une tranche d’histoire que vous tiendrez en mains … plus vintage que ça …!

Pour le reste, c’est du connu : si vous avez lu les articles sur le MTL 3 et le MTL 5 vous savez comment il fonctionne :

source : Flikr
  • vous actionnez le posemètre en appuyant sur le bouton au dessus du déclencheur. Comme ce bouton arrête le diaphragme, vous effectuez la mesure à l’ouverture prévue et il vous donne une idée de la profondeur de champ
  • la sensibilité du film peut-être réglée de 12 à 1600 Asa
  • le viseur est clair et les données sont limpides à comprendre : un signe + et un signe – dans lequel vous faites évoluer l’aiguille en modifiant la vitesse ou l’ouverture de l’objectif; pour la mise au point, c’est un stigmomètre (rond brisé) entouré de microprismes sur verre dépoli circulaire. Ah oui, à gauche, toujours ce sympathique indicateur qui vous prévient si l’appareil est armé on non.
  • l’obturateur est toujours métallique, à plan focal vertical qui autorisent des vitesses de 1s à 1/1000s plus une pause B, avec la synchro du flash au 1/125s. Ce n’est pas l’obturateur le plus discret mais dans un concert de hard métal norvégien personne ne vous dira quoi que ce soit; si c’est de la musique de chambre, par contre …
  • le déclencheur est toujours placé sur la façade, en oblique. Il est relativement doux et sa position originale est censée éviter les flous de bougé
  • la cellule fonctionne avec une pile PX 625 ou une LR44 dans un adaptateur (ou bricolée avec un joint torique et 2 rondelles métalliques pour compenser l’espace libre). Elle ne sert qu’à alimenter la cellule, ce qui veut dire qu’en cas de pile HS vous pouvez toujours photographier (prévoir une cellule à main dans le sac est toujours un bon conseil)
  • la monture est toujours la M42 et le parc est large, pas seulement chez Praktica mais aussi chez Pentax, Hellios, Zeiss, etc.

source : Collection-appareils.fr

La pub de l’époque

source : Collection -appareils.fr

Au niveau de la prise en mains, pas de surprise, c’est du connu. Il manque la prise PC flash ? Ben oui, mais vous utilisez encore souvent de si vieux flashs alors que les électroniques sont plus confortables et mieux dosés. Il manque le retardateur ? c’est très bien, vous aurez le loisir d’essayer de capter votre reflet dans les vitres, les flaques d’eau, les surfaces brillantes, etc. et vous laisserez les « selfies  » aux amateurs de smartphone.

Ce qui importe c’est d’avoir une bonne cellule, précise, des réglages faciles pour les vitesses (je le rappelle, vous pouvez les changer du bout des doigts, sans quitter le viseur des yeux), un vaste choix d’objectifs pour vos envies photographiques, abordables, et – cerise sur le déclencheur – un appareil fiable qui fonctionne par tous les temps (de -10°C à +40°C sans faillir).

Ne vous y trompez pas, si autant d’exemplaires ont été vendu, et pas seulement à l’Est, c’est que cet appareil répondait aux besoins des personnes désireuses de s’initier à la photographie sans se ruiner.

Car de nos jours, un bel exemplaire se négocie, avec un objectif (au moins un 50mm), autour des 50€ maximum.

Faites-vous plaisir, laissez-vous tenter.

Cet appareil est le dernier que je vous présente de cette troisième génération des Praktica issus de la série commencée par le L et j’en profite pour vous présenter le résumé des appareils que j’ai eu le plaisir de vous montrer

Pour en terminer, je vous dirais que quelque soit celui que vous choisirez, vous ne serez pas déçu car, in fine, les différences entre un MTL3 et un Super TL 1000 sont plus cosmétiques (et encore !) que fonctionnelles. Les modifications, vous ne les voyez pas, elles sont à l’intérieur avec une cellule qui passe du 4,5v (LLC) au 1,5v (Super TL 1000) en passant par le 6v du MTL 50, ou des miroirs qui évoluent, mais pour le reste, c’est kif-kif.

Si vous ne sentez pas l’âme bricoleuse, évitez le LLC car la pile initiale n’existe plus et pour atteindre les 4,5v demandés, il faut un minimum de débrouille : personnellement, j’ai installé une CR2 (3v), un ressort en spirale réalisé avec du fil de fer de 0,5mm à la largeur de la pile, une pile LR44 (1,5v) et une rondelle métallique pour assurer d’occuper tout l’espace du logement de la PX21 d’origine. Ça fonctionne parfaitement, le tout étant bien bloqué avec le ressort.

Video d’illustration

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Attention, ne tenez pas compte de sa façon de mettre une LR 44 dans le compartiment pile, ça ne marche pas si vous n’ajoutez pas 2 petites rondelles métalliques pour compenser l’espace libre. Le mieux est d’utiliser une PX 625 A ou un adaptateur avec une LR 44 à l’intérieur.

L’adaptateur pour remplacer la PX 625A dans lequel vous glissez une LR44 (prix : +/- 4€ pour 2 sur Ebay)

Quelques exemples de photos prises avec le Praktica Super TL 1000 par LA

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Enfin, si vous voulez avoir une vue d’ensemble de la production des Praktica, le site incontournable est par LA

Des références pour les curieux : https://sites.google.com/site/fromthefocalplanetoinfinity/prakticasupertl1000, http://www.praktica-collector.de/207_Praktica_Super_TL1000.htm, https://filmphotography.eu/en/praktica-super-tl-1000/ https://www.praktica.com/pages/heritage, https://www.dresdner-kameras.de/praktica/praktica.html en anglais, https://www.philcameras.be/collection/collectionm/opqr/prakticam.html, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11118-Pentacon_Praktica%20Super%20TL1000%20.html en français, https://www.dresdner-kameras.de/, http://www.praktica-collector.de/, https://www.dresdner-kameras.de/praktica/praktica-export/praktica-export_english/praktica-export_english.html, en allemand

Argentique

Après le Chadt CAM watch M1 voici le Wristcam

-« Ca y est, il est encore parti dans ses élucubrations et ses trucs improbables ! »

Oui … et non. Le Chadt CAM watch M1 était bien un appareil espion digne des idées loufoques des années quatre-vingt, tandis que le Wristcam est tout droit sorti des bureaux marketing de chez … Apple. Et ça fait toute la différence (de prix, notamment !)

Allez, je résume, le Chadt CAM wacht M1 est un minuscule appareil photo (23gr) qui utilise le film Minox 8x11mm et qui, pour l’anecdote, porte une petite montre digitale sur le bracelet.

Si vous en trouvez un, il coûte dans les 20€

ok, c’est pas vraiment discret …

Le second, par contre, se veut sérieux (MDR) car produit par Apple, qui a déjà fait moins pire.

Le Wristcam est un module de 23 gr qui s’attache à une Appel Watch. C’est un fait le nouveau bracelet de celle-ci, compatible avec les montres de la marques du modèle 1 au 6 et avec les iPhone depuis le 6.

… mais ça non plus !

Ce module en fait contient 2 minuscules appareils photo, basés sur des capteurs Sony. Pourquoi 2 appareils ?

Ben un tourné vers vous et le second vers l’extérieur pour, je cite « […] se photographier soi-même, donne[r] accès à la diffusion en Live Streaming (via l’application dédiée sur son iPhone) ou encore à la fonction « Walkie Talkie » qui permet d’enregistrer des messages vidéo jusqu’à deux minutes, à synchroniser ensuite avec son téléphone ».

Autrement dit un formidable appareil à selfies continus – Narcisse est en pâmoison là ! – et un appareil photo espion à peine déguisé.

Quand je pense qu’il y a encore des gens qui demandent aux (vrais) photographes de ne pas leur prendre le portait, je me marre !

Techniquement, le premier appareil est un 2Mpx et le second un 8Mpx avec la possibilité de capturer des images en 3840 x 2160 px et des vidéos en Full HD. Le Live streaming est également possible via ce capteur. Pour capturer et stocker ces images, le bracelet est doté d’une mémoire interne de 8 Go (environ 2000 photos ou 1 heure de vidéo).

Je ne résiste pas à la beauté des slogans de la marque :

Where Life + Style Meet

Wristcam is designed to match your style,
no matter what life throws your way.

Là où la vie et le style se rencontrent

Wristcam est conçu pour correspondre à votre style,
peu importe ce que la vie vous réserve.

See It, Snap It, Share It.

Go without your phone and stay in the moment.

Le voir, le capter, Partagez-le.

Allez sans votre téléphone et restez dans l’instant présent.

Surtout pas de recul, surtout pas de contexte, restez dans « l’instant présent », aussi inutile soit-il …

Franchement là on touche le fonds … s’ils continuent à creuser, ils trouveront peut-être du pétrole.

Attendez, je ne vous ai pas encore donné le prix : 250€, en plus du prix de la montre (429€ celle tout en plastoc, sinon c’est 750€) et de l’iPhone (900€).

A ce prix là (pas loin de 1500€en version minimaliste), je m’achète un vrai appareil photo et je n’ai pas honte de photographier ce que je veux

Je ne sais pas vous, mais là, ils m’agace …

Argentique

Nikon F 50

Je continue ma petite exploration des appareils aux alentours de 50€ et je reviens chez Nikon.

Après le F65 que je vous ai présenté il y a peu, voici le Nikon F 50.

Cet appareil est une version moins chère du F90 dont le prix, costaud, freinait les ventes. Malgré cela, le F50 restait généralement assez cher par rapport à ses concurrents de l’époque

source : collections-appareils.fr

Il a été produit de 1994 à 1999 et se vendait souvent en kit avec un Nikon AF 35 – 80

Depuis l’introduction du reflex autofocus grand public en 1985 (avec le Minolta 7000 AF, pour mémoire) et jusqu’à sa disparition au début des années 2000, le marché était incroyablement compétitif et tous les appareils photo se sont radicalement améliorés pendant près de 25 ans à tous égards : fonctionnalités, vitesse de l’autofocus, menus sur LCD, informations multiples dans le viseur, pilotage des flashs, etc. Toutefois, vers la fin des années nonante, comme on dit par ici « trop is te veel  » (trop c’est trop) et à force d’ajouter des modes dits « intelligents », les constructeurs en sont arrivés à rendre leurs appareils trop compliqués et rébarbatifs pour le néophyte et même le pro qui perdait un temps précieux à paramétrer son boitier (tiens, ça ne vous rappelle rien ?).

À partir de 1986 avec le N2020, Nikon a produit une série d’appareils photo autofocus très efficaces – le N4004 (1987), le N8008 (1988), le N4004S (1989), le N6006 (1990), le N4004S (1991) et le N8008S (1991). Ceux-ci ont été suivis par le F90 / N90 appareil « expert » en 1992, suivi par le F90x / N90 mis à jour en 1994. En 1994, le F90x / N90 était le meilleur de la bande et était à peu près le tremplin entre le Nikon F4 (1988) et le F5 (1996), appareils pro.

En 1994 donc, parallèlement à l’introduction du F90x, Nikon a lancé deux appareils photo grand public : le F70 et le F50. Le F90X était le sommet de la pyramide, le F70 représentant le milieu de gamme et le F50 était une offre d’entrée de gamme. Le F50 est considéré comme le successeur spirituel des N4004 de 1989.

Le F50 était souvent livré avec deux objectifs zoom «en kit» – un AF-D 35-80 / 4-5,6 et un AF-D 80-200 / 4,5-5,6. De quoi commencer avec un bon bagage.

Voilà pour la présentation « historique ». Mais que penser de cet appareil ?

Généralement, Nikon ne brade pas sa technologique et même s’il la « simplifie », il ne retire pas les éléments essentiels aux photographes, fussent ils « amateurs ».

Honnêtement, hormis l’absence d’écran à l’arrière, cet appareil est fort proche de nos boitiers modernes.

Sauf que vous devez y mettre un film ! Ceci étant, comme pour ses concurrents, la chose est aisée : vous ouvrez le dos de l’appareil, glissez la cartouche dans le logement ad hoc, tirez l’amorce jusqu’au repère rouge, vérifiez que le film est bien face aux molettes d’entrainement et vous refermez. Le boitier va lire le codage DX (sensibilité) du film, charger le film et l’avancer à la première vue. Du grand classique.

Bon, vous y avez mis le film et vous voudriez commencer à photographier, c’est très bien … alors partons à sa découverte.

D’origine, l’autofocus est réglé sur « autofocus ponctuel ». Ce qui signifie qu’une fois le sujet correctement mis au point, celle-ci reste mémorisée tant que vous maintenez le déclencheur à mi-course. Cela permet de recadrer le sujet si besoin et celui-ci restera net (pour autant que vous gardiez la même distance avec le sujet, évidemment). Si le sujet à changé de place, relâchez le déclencheur et refaites la mise au point.

En mode « évolué », en plus du mode autofocus ponctuel, vous bénéficiez de l’autofocus en continu. Ce qui veut dire que l’automatisme de mise au point reste continuellement activé temps que vous maintenez le déclencheur à mi-course. Ce mode est particulièrement recommandé pour les sujets mobiles et le sport.

L’appareil vous propose quatre modes d’expositions : programme auto = P, automatique à priorité vitesse = S, automatique à priorité ouverture =A et enfin le mode manuel = M.

Ces quatre modes « auto » s »ajoutent à ce que Nikon appelle les modes simples (ou programmes résultats), symbolisés par des pictogrammes représentant le mode universel, paysage, portrait et gros plan.

Et puis il y a les modes « évolués », qui sont aussi au nombre de quatre : sport, silhouette, scène nocturne et effet de filé.

Le micro processeur de l’appareil détermine automatiquement la meilleure combinaison de vitesse et d’ouverture pour obtenir une exposition correcte.

Ici il n’y a plus de molettes de réglages mais des boutons, le plus important étant celui de sélection des modes (c’était très moderne pour l’époque). Pentax s’y était attaché aussi et avait lancé le mouvement dès 1987 (voir le Pentax SFX)

Une fois vos réglages faits, vous vérifiez le témoin de mise au point (un rond en bas de l’écran) puis il ne vous reste qu’à appuyer sur le déclencheur.

Le viseur est clair et il vous donne toutes les informations utiles pour la prise de vue

Le flash intégré n’est pas de style « pop up » (qui se déclenche seul) si la lumière est trop faible, vous devez l’actionner par le petit bouton près du prisme si l’appareil signale un risque de trop faible lumière et vous pouvez le solliciter pour un contre jour (technique du fill in) où si vous estimez la lumière trop sombre.

Comme je l’écrivais, ici tout se règle avec les boutons disséminés autour de l’écran LCD, en suivant les indications de cet écran.

Un petit truc astucieux à relever, comme le mode Time, qui vous permet de régler le retardateur pour faire des pauses longues pour le temps que vous désirez. Le déclencheur ne se meut qu’après 0,5 seconde pour éviter tout risque de flou (à n’utiliser que sur trépied, évidemment).

Par contre, un autre petit truc, mais plus agaçant (peut-être) : lorsque vous voulez garder l’exposition sur un sujet, vous appuyez à mi-course le déclencheur pour effectuer la mise au point et la mesure de l’exposition mais si vous devez décaler votre sujet, pour garder en mémoire l’exposition, vous devrez appuyer sur un petit bouton – AE-L, derrière l’écran LCD et le maintenir enfoncé lors de la prise de vue ! Pourquoi ne pas avoir confié cette fonction au déclencheur ?

La mise au point se fait en tout automatique ou manuellement, nous l’avons vu. Il suffit de faire basculer le petit curseur, près de l’objectif, sur la position M. Ne pas oublier dans ce cas de faire la même chose sur l’objectif si lui aussi peut être débrayé.

En résumé, que retenir de ce boitier, déclaré d’entrée de gamme mais déjà bien fourni si vous voulez vous lancer dans l’argentique avec un « grand » nom ?

L’appareil est bien doté, il est léger, facile à prendre en mains et suffisamment performant que pour vous inciter à le sortir souvent.

D’autant que son prix ne vous freinera pas : vous pourrez le trouver généralement sous les 50€, avec un des objectifs du kit de base (le 35 – 80) car souvent les personnes qui continuent en Nikon gardent leurs objectifs, autres que ceux « de base », puisqu’ils sont réutilisable sur quasi tous les autres boitiers de la marque (et ce depuis 1959 !)

Donc, si vous voulez vous lancer avec un boitier de marque, ce Nikon F 50 sera sans doute votre premier Nikon.

Résumé technique :

  • Vitesses d’obturation de 30 s à 1/2000 s
  • Comme tous les reflex de l’époque, le F50 est motorisé effectue le chargement automatique du film, l’avance et le rembobinage automatique.
  • Si vous utilisez une bobine de film codée DX, l’appareil photo va régler la sensibilité de 25 à 5000 Iso et si vous voulez la régler manuellement, ce sera de 6 à 6000 Iso
  • Autofocus / Mise au point manuelle se fait via un interrupteur situé à l’avant de l’appareil photo, on peut basculer de l’autofocus à la mise au point manuelle.
  • L’Autofocus est le module AM200 de Nikon. C’est le même que celui du Nikon F4 de 1988. Les performances de l’autofocus sont donc à peu près les mêmes que celles du F4
  • La mesure est matricielle à six segments. En mode de prise de vue manuelle, seule la mesure pondérée centrale fonctionne. Le verrouillage de l’exposition n’est pas activé en enfonçant à moitié le déclencheur, mais en appuyant et en maintenant enfoncé un bouton à l’arrière – là, on aurait pu rêver plus simple
  • Le flash est synchronisé au 1/125 et plus lent. Le F50 peut utiliser toute la gamme de flashes Nikon TTL disponibles à l’époque et même ceux fabriqués ultérieurement.
  • Une seule batterie au lithium 2CR5 assure l’alimentation du boitier
  • Poids: 580 grammes.

Petit récap des flashs utilisables :

Comme d’habitude, une petite video d’illustration

pour bénéficier de sous-titres dans votre langue, aller sur paramètres, cliquez sur « anglais généré automatiquement », puis traduire automatiquement et choisissez parmi celles offertes

Quelques idées de photos prises avec cet appareil chez Lomography

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI et par LA en français (chouette le mode d’emploi, seulement 71 pages et les traditionnels « attention » ou « précautions » sont illustrées de petits dessins sur seulement 3 pages)

Quelques références : https://davidde.com/2020/02/23/review-the-nikon-n50-f50/, https://www.mir.com.my/rb/photography/companies/nikon/htmls/models/specroom98/f50/f50spec.htm, https://en.wikipedia.org/wiki/Nikon_F50, https://imaging.nikon.com/lineup/filmcamera/slr/f50_f50d/, http://camera-wiki.org/wiki/Nikon_F50_%28N50%29, https://radojuva.com/en/2019/05/nikon-f50-obzor/ en anglais, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-15379-Nikon_F50.html en français

Argentique

Miranda Sensomat

Ah, voilà encore une marque comme je les aime : relativement peu connue mais qui désirait développer une certaine excellence dans ses produits et qui connu une fin trop rapide parce qu’elle avait la perfection pour mantra.

Un peu d’histoire donc …

La Miranda Camera Corporation a été fondée en 1946 sous le nom d’Orion Seiki Sangyō Y.K. En anglais, cela se traduirait par Orion Precision Products Industries Co. Ltd. Elle a été fondée par Ogihara Akira (1920–1992) et Ōtsuka Shintarō (1921-2005), tous deux formés en génie aéronautique à l’Université impériale de Tokyo (plus tard l’Université de Tokyo).

À la fin de la guerre, toutes les recherches militaires ont été interrompues au Japon, vaincu, et Ogihara a ouvert un petit atelier d’appareils photo dans une salle de l’ancien centre de recherche aéronautique. Il proposait des réparations et des modifications pour les appareils photo professionnels, notamment en fabriquant des barillets à monture Leica pour des objectifs plus anciens ou des objectifs d’appareils photo militaires. À l’époque, Ōtsuka travaillait sur des turbines à gaz pour des applications civiles (après avoir développé, comme Ogihara des turbines pour les avions de chasse). Dès qu’il eut pris connaissance des activités d’Ogihara, ils se sont associés

La société Orion Precision Products Industries Co. Ltd. a ainsi été nommée d’après la constellation d’Orion, car Ogihara avait un intérêt particulier pour l’astronomie. Son premier logo se composait d’ailleurs du mot ORION avec trois étoiles et un arc (les trois étoiles correspondent à la ceinture d’Orion et l’arc est souvent associé à la figure du chasseur mythologique Orion dessinant la constellation) Ensuite, son intérêt particulier pour les caméras Exakta l’a amené à être influencé par le logo Ihagee du fabricant d’Exakta.

A la fin de la guerre, les deux hommes ont commencé à réfléchir au développement d’un appareil photo reflex en 35mm. Leurs travaux ont commencé dès 1950 et leur première idée était de combiner un système basé sur le Leica avec un système reflex comme l’Exakta Varex. Ils ont finalement remplacé le Leica par le Nicca japonais.

En 1952, l’Asahiflex est apparu, le premier reflex japonais. Ce qui leur facilitait la tâche puisqu’ils avaient là la base d’un reflex japonais mais ils avaient pensé, eux, à construire un appareil compact, avec un prisme amovible, des vitesses lentes et un miroir à retour automatique.

L’Asahiflex avait deux viseurs en fait : un pour une visée au niveau de la taille et un second à visée directe (comme le télémétriques) et son objectif n’était pas interchangeable.

Leurs finances étant limitées, ils ont vendu le principe du miroir à retour instantané et celui du contrôle des vitesses lentes à … Asahi Pentax, qui adopta les vitesses lentes sur l’Asahiflex de 1955 et finalement, afin de réduire les coûts de production, les prismes amovibles Miranda et les prismes fixes de Asahi Pentax ont été unifiés en 1957.

Petit retour en arrière car l’Orion Seiki Sangyō Y.K n’a pas commencé directement à fabriquer des appareils photo même si elle était déjà dans le monde de la photographie : ses premiers produits étaient des coupleurs permettant d’utiliser des objectifs Nikon ou Contax sur des appareils à vis Leica. Elle fabriquait aussi des soufflets pour folding ou autres prolongateurs d’objectif..

Et surtout le Mirax System, en 1951.

Je vous explique : à l’époque, les télémétriques régnaient sur le marché des appareils photos. Les Leica bien sûr, mais aussi les Contax, les Zénit, les Zorki et autres appareils russes, sans oublier les Nikon, Canon, Leotax, Minolta , Nicca et Tanack.

Dès 1936, il y eut des reflex, qui constituaient une révolution dans la pratique de la photo mais ils étaient loin d’être les plus répandus. Conscient de cet avancée technique, le gouvernement Japonais voulut encourager les fabricants d’appareils photo à développer de nouveaux SLR (appareil à un seul objectif). En 1951, il décide d’aider financièrement les fabricants dans leurs recherches.

Et le premier reflex avec pentaprisme fut le Contax S, sorti en 1949.

Le Contax S de Zeiss Ikon

Les premiers prototypes de prisme ont été ainsi construits. Le Mamiya Prismflex fut le premier, disponible dès 1952. Le second prototype fut le Mamiya Pentaflex mais finalement à la fin de 1952 arrive l’Asahiflex SLR (mais sans pentaprisme).

Cependant, Monsieur Akira Oghiara suggérait une alternative : il proposait de mettre à jour les télémétriques en les transformant en un système SLR (single lens reflex ou reflex mono objectif) et il développa le système Mirax, qui est une « interface » qui permettait d’utiliser des objectifs indépendants, destinés au portrait, des téléobjectifs, des objectifs pour les gros plans, pour les travaux astronomiques ou scientifiques

source : Mirax System, monté sur un Leica IIIb

Grâce à ce système révolutionnaire, l’entreprise acquit une réputation internationale. Il donnait la possibilité aux possesseurs de Leica ou Nikon télémétriques d’avoir une visée « à travers l’objectif » (TTL). Dès 1952, l’entreprise ajoute un viseur à pentraprisme, interchangeable avec le viseur « poitrine ».

Ce système léger et performant vous permet de garder, pour les usages normaux, un appareil discret et portable (le télémétrique), transformable en tout ce dont vous avez besoin par le simple ajout du Mirax et d’un objectif.

En plus de ce succès, l’Orion Seiki Sangyō Y.K. a produit trois prototypes de SLR 35 mm en 1954 et, en octobre de la même année, a présenté le Phoenix 35 mm SLR à la presse photographique japonaise.

De fait, les ingénieurs Ogihara et Ōtsuka développaient donc un appareil photo reflex depuis plusieurs années, et le Phoenix fut principalement développé comme produit promotionnel pour annoncer leur futur appareil photo. Cet appareil utilisait des pièces mécaniques provenant d’Asahi et de Nicca, ainsi qu’un objectif Zeiss Jena d’Exakta

Cette étude de faisabilité tendait à prouver qu’une petite structure, pour autant qu’elle fut ingénieuse et pointue, pouvait parfaitement fabriquer un reflex silencieux et compact.

Le Conseil d’Administration d’Orion fut tellement impressionné qu’il donna son feu vert pour la production et en 1955 le nouvel Orion Miranda T (pour technology) faisait son entrée dans les magasins de photo japonais.

Si les trois premiers prototypes étaient nommés Phoenix, au moment de la mise sur le marché, il fallut choisir un nouveau nom car celui-là était déjà utilisé : c’est ainsi que le mot « Miranda » fut retenu pour la nouvelle dénomination.

En 1956, le Miranda T était sur le marché. Il fut suivi par le Minolta SR-2 en 1958, ainsi qu’un OVNI russe du nom de Zunow. Le Canonflex et ensuite le Nikon F ne sortiront qu’en 1959.

Par rapport au Phoenix, le Miranda T proposait plusieurs améliorations : un nouveau contrôle des vitesses lentes, le bouton de déclenchement qui migre sur la face avant mais il gardait la mécanique de l’obturateur et le système de dos sur charnières.

Miranda T, a été le premier appareil photo reflex japonais 35 mm disponible dans le commerce avec un pentaprisme.

sources : Novacon

Voilà déjà un brin d’histoire prometteuse, mais ce n’est pas tout car une autre exclusivité de Miranda était de proposer une double monture d’objectif !

Eh oui, sur le Miranda, il y a une baïonnette Miranda, pour leurs objectifs et une monture filetée de 44mm, conçue pour une série d’adaptateurs qui encourageait l’utilisation de nombreuses autres marques et tailles d’objectifs. En outre, le corps de tous les Miranda est extrêmement étroit (pour l’époque) ce qui permettait d’accepter des adaptateurs pour objectifs en 39 et 42mm, très courants à l’époque.

Malin non ? Leur but étant d’attirer des clients qui ne seraient pas obligés de changer tous leurs objectifs en passant chez Miranda.

Tout était il parfait dans le meilleur des mondes ? C’eut été trop beau …

D’abord parce que Miranda était peu diversifiée. Si elle a sorti nombre de variations sur le même thème, elle n’a quasi jamais plus fabriqué que des reflex. Si ce n’est au début des années septante, où elle sortait un télémétrique (le Miranda Sensoret), mais à une époque où celui-ci tombait en désuétude.

Ensuite, Miranda a toujours voulu développer des produits innovants et de qualité. Pour garder cette ligne de conduite, tout était fabriqué par l’entreprise : celle-ci ne sous traitait quasi rien, tant pour ses objectifs que pour les pièces internes.

Si cela était envisageable à une époque où les reflex étaient un produit de niche, au seuil des années septante ce n’était plus tenable, le reflex étant devenu le type d’appareil préféré tant des photographes amateurs que des professionnels, il fallait suivre la cadence des demandes et donc de la production.

De plus, l’émulation des premiers temps faisait maintenant place à une véritable compétition entre les entreprises nippones, passées maîtres dans la fabrication « raisonnée », les réductions de coûts, tout en gardant une qualité élevée.

Cette compétition incluait la recherche de progrès, d’évolutions constantes, comme par exemple le recours de plus en plus souvent à l’électronique pour contrôler les expositions, la régularité des vitesses d’obturation, etc. ce qui autorisait aussi la diminution de la taille des boitiers.

Or chez Miranda, s’ils étaient des génies de la mécanique, ils avaient peu d’expérience dans le domaine de l’électronique. Ce n’est qu’en 1975 que la firme sortit son premier reflex à prisme fixe de petite taille avec un obturateur électronique, le DX-3, qui n’était toutefois qu’un semi-automatique.

source : collections-appareil.fr

Face aux concurrents, Nikon, Canon, Pentax, Minolta, Yashica, … et à leur kyrielle de nouveautés, il ne faisait pas le poids : l’appareil ne se vendait pas très bien, pas assez. Deux ans après cet ultime sursaut, Miranda faisait faillite …

Pourtant, en 1986, un Miranda MS-2 Super sortait des usines … Cosina ! Il s’agissait en fait d’un COSINA CT-9 avec une monture K (PENTAX).

De fait, si Miranda a fait sensation au Japon pendant les premières années de ses activités, ils n’étaient pas financièrement solides. Leur base économique est venue de leur distributeur au Japon, qui a levé les fonds nécessaires pour aider ces ingénieurs si prometteurs alors qu’ils faisaient la promotion du Phoenix en 1953. Mais en 1959, ce distributeur a quitté Miranda, avec le résultat dramatique que Miranda n’a pas été distribué au Japon pendant quatre années ! Le distributeur américain Allied Impex Corporation, alias AiC, qui possédait déjà Soligor, partenaire proche de Miranda, a progressivement pris le contrôle de Miranda, avec la conséquence heureuse qu’en 1963, Miranda était de retour sur le marché japonais.

Pourtant, le 10 décembre 1976, la Miranda Camera Co Ltd présentait au tribunal de Tokyo une demande de mise en faillite. La banqueroute était salée, on parle de plusieurs milliards de francs belges de l’époque .

Mais venons en à notre Miranda Sensomat, lancé en 1969 et produit jusqu’en 1975.

Il est la version économique du Sensorex, sorti lui en 1966. Cet appareil a été le premier chez Miranda à offrir une mesure CdS à travers l’objectif (TTL). Cette mesure s’effectuait avec l’objectif à son ouverture maximale, ce qui permet au photographe de composer son image, de la mettre au point pendant que l’appareil mesure l’exposition avant de déclencher. Cette méthode accélèrerait la prise de vue : en effet, dans le cas d’une mesure à ouverture fermée, cela demande de composer la photo, ouvrir l’objectif à la mesure souhaitée puis mesurer la quantité de lumière. Sur le Sensorex, c’est un bras de couplage qui autorisait la manœuvre, sur les Sensomat de première génération, ce sont les deux petits boutons sur la face avant, à gauche de l’objectif, qui actionnent la mesure. Ceci étant, c’est affaire d’habitude car ce n’est pas plus compliqué de travailler avec un objectif ouvert qu’avec un fermé.

Ce qui rend cet appareil attachant, ce sont ses particularités, dont certaines uniques dans le monde des reflex :

  • son prisme est interchangeable et vous pouvez même viser directement sur le verre de visée situé sous le prisme (attention que dans ce cas, l’image est inversée comme sur un Rolleiflex p. ex.) – notons qu’il ne fut pas le seul à proposer cette option mais chez eux, c’était systématique
  • il y a la double monture, comme expliqué plus haut, qui autorise une multitude d’objectifs, de toutes marques – ça ils sont les seuls
  • la baïonnette est très facile à utiliser
  • tant qu’à faire des doubles, il y a aussi 2 déclencheurs : le premier est sur la face avant, le second est sur le dessus, là où il y a un filetage, que l’on peut utiliser avec un déclencheur souple ou avec un déclencheur à viser (qui était livré avec l’appareil)
  • il y a aussi un double interrupteur pour activer/éteindre la cellule : les deux boutons à gauche de l’objectif dont le plus grand est l’interrupteur principal qui n’activera toutefois la cellule que si vous armez l’obturateur ou appuyez sur le petit bouton à ses côtés, et le plus petit annule tout et coupe l’alimentation
  • sa cellule CdS est derrière le miroir

Outre cela, je peux ajouter que :

  • son look est très moderne pour l’époque, plus que celui de ses concurrents d’alors tels Canon, Nikon, etc.
  • il tire son énergie d’une pile PX 675, que l’on doit remplacer par une LR44 ou – mieux – une WeinCell PX 675 pour garder le voltage initial de 1,35v
  • il est très silencieux avec son miroir à retour bien amorti
  • son viseur est large et clair (lentille de Fresnel avec centre à microprismes)
  • il possède un compteur de vue, qui se remet à zéro automatiquement
  • un retardateur (+/_10s)
  • son obturateur est en tissus à déplacement horizontal

Il est particulièrement bien fabriqué, tout en métal, son ergonomie est bien pensée avec ses formes légèrement arrondies, son déclencheur sur la face avant qui, s’il demande un minimum d’habitude, tombe très naturellement sous le majeur et qui évite les flous de bougé car on pousse vers soi (et de toute manière, si vous ne vous y habituez pas, reste la solution du déclencheur à viser sur le haut de l’appareil).

Concrètement, comment fonctionne t’il ?

Après avoir porté l’appareil à votre œil pour composer votre cadre, vous armez l’obturateur, faites votre mise au point puis vous appuyez sur le gros bouton qui active la cellule. Le réglage de celle-ci se matérialise par une aiguille, sur la droite du viseur, qu’il convient de placer au milieu d’un rectangle délimité par un signe + et un signe -. Fonction de l’ouverture de l’objectif et/ou du réglage de la vitesse, elle oscille entre les deux signes : si elle pointe trop vers le +, c’est risque de surexposition et si elle pointe trop vers le -, c’est une sous exposition (jusque là, du grand classique des appareils de cette époque). Si vous avez réglé les paramètres pour quelle soit au milieu, vous déclenchez, ce qui éteindra automatiquement la cellule. Si en cours de prise de vue, vous devez recadrer votre sujet, vous devez appuyer sur le petit bouton, ce qui éteint la cellule et ramène l’objectif à sa pleine ouverture. De toute manière, le déclenchement de l’obturateur arrêtera correctement l’ouverture de l’objectif à celle que vous aviez choisie.

Que penser de ce bel appareil ?

Franchement, il fait moins « daté » que d’autres des années septante, grâce à sa silhouette en rondeur, assez râblée et très agréable à prendre en mains.

Il fait son poids, il est tout en métal et pourtant, le boitier étant relativement petit et condensé (nous ne sommes pas encore à la taille d’un Fujica AX-1), il ne semble pas « lourd ».

Les commandes sont douces, le déclencheur vraiment peu bruyant et les indications du viseur sont suffisantes pour bien maîtriser sa prise de vue.

Pourtant, lorsque j’ai reçu mon exemplaire, la vendeuse l’avait mal emballé, dans un plastique bulle trop lâche que pour protéger le boitier, dans une caisse bien trop grande et sans protections pour éviter que l’appareil ne soit balloté dans tous les sens avec la délicatesse bien connue des différents transporteurs. Bref, quand il est arrivé chez moi, le boitier était d’un côté et l’objectif trainait dans le fonds de la boîte, errant seul … Résultat ? je ne sais pas ôter le prisme, qui a dû recevoir un coup qui l’a tassé dans le corps du boitier; le verrouillage de l’objectif a été arraché (j’ai pu le remettre en place mais un minuscule ressort à disparu dans cette triste aventure. J’y ai remédié par un système D : une petite cale qui le maintient en bonne position). Mais malgré tout cela, il fonctionne très bien, preuve s’il en est que les ajustements mécaniques étaient solides.

Je revendrai le mien 30€ mais vous n’en trouverez pas souvent à ce prix là, la rareté fait malheureusement monter le prix. Et il faut reconnaître que la qualité est au rendez-vous.

Honnêtement, en écrivant cet article à son sujet, j’ai souvent pensé au Alpa Si 3000, dont l’histoire est aussi singulière.

Et j’aime bien ces appareils au passé riche …

Résumé des caractéristiques techniques :

  • Monture d’objectif à baïonnette Miranda ET montures à vis de 44 mm
  • Viseur à prisme SLR amovible
  • Obturateur en tissu de plan focal horizontal
  • Vitesses de 1s à 1/1000 secondes plus pause bulb
  • Cellule sensible de 12 à 1600 Iso
  • Cellule TTL derrière le capteur CdS du miroir avec exposition dans le viseur via une aiguille à correspondance
  • Monture flash à glisser sous la couronne aide mémoire à gauche avec synchronisation PC (cable)

Petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est LA (en 3 langues dont le français)

Des références : https://camerapedia.fandom.com/wiki/Miranda_Sensomat, https://www.mikeeckman.com/2015/05/miranda-sensomat-1969/, http://www.theothermartintaylor.com/moveabletype/archives/cameras/000450.html, http://www.jollinger.com/photo/cam-coll/cameras/Miranda_SensomatRE.html, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Miranda, http://www.pentax-slr.com/71760578, https://en.wikipedia.org/wiki/Miranda_Camera_Company, http://www.novacon.com.br/odditycameras/mirax01.htm, http://www.novacon.com.br/odditycameras/phoenixmir.htm, l en anglais, http://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=10294, http://www.photorigines.com/miranda.html, https://www.philcameras.be/collection/collectionm/lmn/mirandam.html, http://www.photorigines.com/miranda2.html, http://www.suaudeau.eu/memo/collection/rfl35/Soligor_TM.html, http://www.appaphot.be/fr/brands/miranda/ en français

Argentique

Le Praktica BX 20

Voici sans doute l’avant dernier Praktica que je vais vous présenter dans « mon club » des appareils à 50€ maximum avec un objectif 50mm (au moins).

Parce que je vais essayer encore quelques temps de chercher dans d’autres marques des reflex qui seront dans les mêmes conditions d’utilisation et de prix.

Alors revenons à ce Praktica BX-20. Cet appareil fut un des derniers fabriqué dans la future ex-RDA par Pentacon : sorti en 1987, il sera construit jusqu’en 1990, avec un design plus proche de ce qui se faisait du côté occidental.

La lignée en fait de cet appareil précisément commença en décembre 1987 avec le BX 20, le BX 10DX, le BX 21 et enfin le BX 20S pour se terminer en décembre 1990. Quoique la marque eut un sursaut de 1991 à 2001 où elle produisit encore des BX 20S et des BX 20D

Depuis la quatrième génération des Praktica, inaugurée en 1978 par le B200, une innovation tend à plus de modernité dans la marque, jusque là restée très (trop) classique.

Cette innovation, c’est l’introduction d’une baïonnette pour l’accouplement des objectifs.

Et sur cette lancée de modernisation, le design change, rendant les appareils plus compacts et légers. Le plastique fait son entrée, ainsi qu’un brin d’ergonomie (petite bosse à l’avant pour favoriser la tenue du boitier). Enfin, un nouvel obturateur fait aussi son apparition dans cette nouvelle gamme.

Petite remarque en passant sur l’utilisation des plastiques dans les appareils Praktica : si les premiers étaient tout en métal, petit à petit le plastique fait son apparition, mais bien camouflé. C’est en démontant un MTL 5B que je me suis aperçu que la semelle était en plastique, bien épais, argenté, mais plastique !

Je reviens un instant sur cette fameuse baïonnette : elle a contraint la marque à fabriquer des lignes spéciales pour les clients de la RDA et du reste du bloc de l’Est car elle rendait plus coûteux les objectifs nouveaux par rapport aux anciens à viser en M42. Elle dû aussi adapter ses lignes pour certains marchés d’exportation comme la France, la Hollande et l’Angleterre. Finalement, l’introduction d’une baïonnette « propriétaire » a eu comme conséquence de réduire le développement du système, les clients rechignant à acheter de nouveaux objectifs, eux qui avaient déjà un parc optique en monture à viser M42.

Pour essayer de contourner le problème, une bague de conversion autorisait finalement de monter les objectifs en monture M42 sur les nouveaux appareils. Et cette bague de conversion permettait de garder l’automatisme à priorité ouverture.

Le seul changement dû à cette bague était que la visée ne se faisait plus à pleine ouverture mais bien à l’ouverture sélectionnée sur l’objectif et il n’était plus possible de lire dans le viseur le diaphragme sélectionné.

Ceci étant, cet appareil était un automatique à priorité ouverture, débrayable en mode semi-auto ou tout manuel. La vitesse et le diaphragme sélectionnées sont visibles dans le viseur grâce à un renvoi optique qui permet de lire directement la valeur sur la bague de l’objectif. C’est la petite fenêtre sur le devant du prisme, sous la marque.

Il embarque une cellule au silicium, permet la mémorisation de l’exposition et possède un retardateur de +/_ 10 secondes. Vous pouvez même corriger l’exposition (-2 à +2).

1.Filet pour viser un filtre 2. Clé de déverrouillage de l’objectif 3. Déclenchement du retardateur 4. Levier d’armement du retardateur / levier d’arrêt (dans le sens inverse des aiguilles d’une montre) pour le contrôle de la profondeur de champ 5. Compteur de vues 6. Levier d’armement 7. Réglage de l’ouverture de la fenêtre réfléchissante dans le viseur 8. Manivelle de rembobinage 9. Bouton de rembobinage 10. Cadran de vitesse du film 11. Clé de déverrouillage de la molette de sélection du film 12. Bouton de vérification de la mémoire et de la batterie 13. Bague de réglage de l’ouverture 14. Bague de mise au point 15. Échelle de profondeur de champ et indice infrarouge 16. Repère de positionnement de l’objectif 17. Œillet pour la courroie de transport 18. Déclenchement du rembobinage 19. Index pour le mode automatique 20. Verrouillage du déclencheur 21. Molette de réglage de la vitesse d’obturation pour les vitesses « auto » et fixes 22. Déclencheur avec prise pour câble de déclenchement
23. Griffe flash avec contact central 24. Contact central 25. Point de couplage pour unité de flash informatisée 26. Indicateur de compensation d’exposition avec index 27. Dos de l’appareil photo 28. Bobine de film 29. Pignon de film 30. Lames d’obturateur 31. Compartiment de la cartouche de film 32. Oculaire avec porte-accessoires

33. Porte-mémo 34. Couvercle du compartiment des piles 35. Prise pour trépied 36. Guide pour positionner le moteur 37. Accouplement pour le moteur 38. Crochet pour le moteur 39. Contacts pour le moteur 40. Marque (pour l’insertion du couvercle du compartiment des piles

La mesure est dite « TTL » (c.-à-d. faite à travers l’objectif). La cellule est sensible pour des valeurs de 12 à 3200 ASA, que vous réglez manuellement.

L’obturateur, nouveau donc par rapport aux anciens Praktica, est toujours à lamelles métalliques horizontales. Il autorise des vitesses de 1s au 1/1000 s plus une pause B, la synchronisation du flash s’effectue au 1/100 s.

Enfin, un moteur a été prévu pour cet appareil et vous avez aussi la possibilité de pouvoir photographier en infra rouge (la photographie infrarouge nécessite une légère correction de la mise au point : il faut faire correspondre la distance déterminée lors de la mise au point avec l’indice infrarouge de l’objectif).

Que demander de plus, il est complet.

Un mot sur le viseur, qui est un pentraprisme (on le sent quand l’appareil n’a pas d’objectif, le poids est sur le haut du boitier). Vous réglez la netteté grâce au stigmomètre (le rond brisé) entouré de microprismes. Sur la droite du viseur, vous trouverez 14 LED rouges pour indiquer la vitesse d’obturation dont la luminosité change avec celle de l’image. Sur la gauche, une LED indique si le flash est prêt, et une autre vous rappelle que la mesure est verrouillée (AEL), une autre encore pour signaler la compensation d’exposition (signe +/_), un signal « armé/non armé » (la petite fenêtre est rouge si non armé)

Les vitesses d’obturation comprises entre 8 s et 40 s sont indiquées par l’allumage permanent de la LED « UNDER », tandis que les vitesses hors de la plage 1/1000 s à 40 s sont indiquées par le clignotement de la LED « OVER » ou « UNDER ». Dans ce cas, l’obturateur est réglé sur 1/1000 s ou 40 s. Si les vitesses d’obturation sont de 1/15 s et plus lentes, l’utilisation d’un trépied ou d’une autre surface stable est recommandée

Notez aussi le stigmomètre avec deux lignes, inclinées : personnellement je trouve ça très pratique car il n’est pas toujours aisé de faire la mise au point sur un sujet vertical ou horizontal avec un stigmomètre classique.

Au niveau alimentation, soit une pile V28PX ou une 4SR44, qui offre normalement 2 ans d’autonomie (grâce notamment au ré-armeur qui en position fermée éteint la cellule).

Ce Praktica BX 20 est donc un appareil complet, idéal pour commercer l’argentique, vraiment.

Tout est-il parfait dans le meilleur des mondes ? Non, ce serait trop beau. L’obturateur est un peu bruyant, un « clong » assez sonore, auquel on s’habitue mais réservé à un concert de hard métal norvégien (en musique de chambre, vous allez voir tous les regards vous fusiller). La petite manette de la couronne de rembobinage est en plastique et elle à tendance à vous lâcher subitement. Notons que ça n’empêche pas de rembobiner ni d’ouvrir le dos de l’appareil.

Si vous tenez compte de ces petits désagréments, sachez qu’ils ne cachent pas les qualités intrinsèques de l’appareil, bien doté, agréable à tenir en main (c’est un boitier vraiment compact) et – hormis la petite manivelle – solide.

Vous le trouverez facilement à 50€, monté de son 50mm. Mon conseil est de l’adopter si vous cherchez un premier boitier.

Je vous parle souvent du triangle d’exposition. Voici une petite vidéo qui explique cela

Oui, je sais, les explications sont avec un reflex numérique, mais ça vous permet de faire les « exercices » sans frais … et sont les mêmes que pour l’argentique.

Une petite video d’illustration

pour bénéficier de sous-titres dans votre langue, aller sur paramètres, cliquez sur « anglais généré automatiquement », puis traduire automatiquement et choisissez parmi celles offertes

Quelques exemples d’image prises avec cet appareil ICI

Pour le mode d’emploi, c’est LA

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Praktica_BX20, https://brettgardnerphotography.blogspot.com/2013/10/praktica-bx20.html, http://www.praktica-collector.de/Praktica_BX-series.html, http://www.praktica-collector.de/235_Praktica_BX20.htm en anglais, https://fr.wikipedia.org/wiki/Praktica, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-242-Pentacon_Praktica%20BX20.html, http://www.suaudeau.eu/memo/collection/rfl35/Praktica_BX_20.html en français.

Belles rencontres

Connaissez-vous Fabian Oefner ?

Eh bien moi non plus, du moins jusqu’à ce que je tombe sur un article publié par Phototrend sur cet artiste suisse étonnant.

Alors que je m’efforce de vous trouver des vieux appareils en bon état, lui, il les découpe en tranches !

Notez qu’il avait commencé avec des voitures de course, des cafetières italiennes, des radio, des cannettes … bref, tout ce qui peut se découper ou exploser.

C’est un travail étonnant de précision, qui « ouvre » les entrailles de nos machines préférées et – curieusement – sans les dénaturer.

Je me suis permis de vous traduire sa page biographie, pour vous donner envie de le découvrir :

Le travail de Fabian Oefner explore les frontières entre le temps, l’espace et la réalité. Il crée des moments et des espaces fictifs, qui semblent et se sentent absolument réels, mais qui ne le sont pas. À travers cela, Oefner dissèque les différentes composantes de la réalité et nous donne une compréhension plus claire de la façon dont nous la percevons et la définissons.

Inspirée par la science, l’approche de l’art d’Oefner est hautement méthodique et en même temps ludique pour que des moments inattendus se produisent. Il crée des œuvres soigneusement orchestrées, qui sont planifiées dans les moindres détails ainsi que des pièces, qui utilisent un cadre lâche pour que l’art se produise.

Dans sa série très acclamée «Disintegrating», l’artiste dépeint des voitures de performance qui semblent exploser. Il crée ces moments artificiels dans le temps en photographiant chaque pièce de la voiture démontée individuellement et les arrange numériquement en une seule photographie. Passant des centaines d’heures sur chaque pièce, les photographies deviennent une interprétation hyperréaliste d’un moment, qui n’a jamais existé.

Dans ses dernières séries «Exploding Collages» et «Bildersturm», Oefner tire apparemment à travers des photographies et des peintures, créant des illusions superposées de la réalité. Chaque œuvre représente un portrait ou un tableau déchiré par un coup de feu ou une explosion. Ce qui semble être une image authentique d’un moment éphémère n’est en fait qu’une illusion: l’artiste crée ces œuvres en capturant des milliers de fragments de l’estampe et des peintures originales et les arrange avec diligence en une nouvelle pièce. La précision méticuleuse d’Oefner aboutit finalement à une illusion hyperréaliste, qui montre un moment réel, mais inexistant dans le temps.

Moi, ça me donne envie de parcourir ses œuvres, que vous pourrez trouver sur son site officiel : Fabian Oefner.

Et puis il y a son site Instagram, résumé de son travail.

Enfin, je ne résiste pas au plaisir de vous mettre une vidéo d’une de ses réalisations, pour achever de vous convaincre

Encore une belle découverte !

Le Zinc du photographe

Les procédés des tirages alternatifs

Une grande part de la richesse de l’argentique tient à la multitude de techniques de développement, inventées et mises au point depuis les débuts de la pratique photographique.

Si j’ai, un moment, effectivement pratiqué le labo, aujourd’hui je n’ai plus la place pour le faire, ni … l’envie (je n’aime pas la lumière inactinique rouge et avec la verte, je ne vois rien !).

Mais je reconnais qu’il y a là de quoi se passionner et comme disait quelqu’un « ne dites jamais, jamais ».

Bref, mes confrères de « Dans ta cuve » viennent de me soumettre la sortie de leur dernier opus, aux éditions Eyrolles sur « les secrets des tirages alternatifs« , que je partage avec vous qui aimez aussi les sels d’argent, le charbon, le cyanotype, etc..

Couverture du livre 'Les secrets des tirages alternatifs' par Anais Carvalho et Rémy Lapleige, montrant une personne marchant dans une flaque d'eau.

En voici le résumé :

Alors que la photographie s’est largement démocratisée et que des milliers d’images circulent, emprunter la voie des tirages alternatifs est un formidable moyen de donner un rendu unique à ses œuvres et de se distinguer par le développement d’une démarche artistique originale et singulière.

Apparus il y a plus de 150 ans, ces procédés sont accessibles à tous les photographes, débutants comme experts, et s’appliquent à tous types d’images (argentiques et numériques), que celles-ci aient été prises avec un Smartphone, un reflex, une chambre photographique ou tout autre dispositif de prises de vue. Dans cet ouvrage, les auteurs présentent une dizaine de ces techniques (matériel, préparation des solutions, mise en œuvre du procédé…), basées ou non sur l’utilisation de sels d’argent, de la plus abordable à la plus exigeante.

Ceci étant, je vous recommande d’explorer leur site, c’est une mine d’infos toutes très utiles sur la pratique de l’argentique : Dans ta cuve

C’est écris par des passionnés qui vous feront découvrir la richesse de ce medium que tant de personnes (re)découvrent de nos jours, avec plaisir.

Car la magie de l’image qui apparaît dans un bac de développement, il faut la vivre pour la comprendre, et grâce à leurs judicieux conseils, vous n’aurez plus de difficultés.

Et allez voir leur « mag« , un plaisir sans cesse renouvelé.

TitreLes secrets des tirages alternatifs
Sous-titreDémarche – Matériel – Procédés
Auteur(s)Anaïs Carvalho, Rémy Lapleige
Collection(s)Secrets de photographes
EditeurEyrolles
Parution11 février 2021
Argentique

Le Praktica MTL 50

J’ai reçu ce matin deux Praktica que j’ai acheté, en toutes connaissances de cause, sur Ebay. Le premier est le MTL 5 que je vous ai présenté il y a peu, le second, celui qui nous occupe aujourd’hui.

Si le MTL 5 est en parfait état, le MTL 50 est HS (hors service) : miroir bloqué et impossible de réarmer ni, a fortiori, déclencher. Eh oui, même les appareils costauds cassent quand on les maltraite trop !

Cela étant, il partira pour pièces car il a une particularité qui devra intéresser les possesseurs d’autres Praktica, comme le LLC p. ex. : une pièce ajoutée en usine pour pouvoir utiliser une 4SR44 bien plus moderne que la PX21 impossible à trouver.

Et je peux déjà vous dire qu’il ressemble étrangement au MTL3, au LLC, au Super TL3, au MTL5, mais ça, vous vous en doutiez !

Cet appareil a été produit par le conglomérat Pentacon de 1985 à 1989, toujours derrière le rideau de fer (Dresde).

Au niveau des performance, il est dans les classiques pour un reflex des années 80 : sensibilité de 12 à 1600 ISO et vitesse de 1s à 1/1000s plus le mode bulb, mesure de la luminosité à travers l’objectif (TTL). J’ai pu l’avoir avec un objectif Pentacon 50mm f/1.8 et un 135mm f/2.8 en monture M42 ce qui rend cet appareil compatible avec tous les objectifs dans cette monture visante dite « universelle ».

A ce sujet, il sera le dernier Praktica à utiliser cette monture, le suivant étant le B200 qui opte pour la nouvelle monture propriétaire de chez Praktica (voir l’article sur le BX-20 pour plus d’infos).

C’est donc un appareil tout manuel avec juste les indications de la cellule pour régler correctement l’exposition de vos photos : idéal pour apprendre le triangle d’exposition qui de nos jours régit toujours la prise de vue (si ce n’est qu’avec les appareils modernes, vous ne vous rendez compte de rien). Je ne résiste d’ailleurs pas au plaisir de vous mettre cette petite video qui explique ça très bien

Pourquoi est-ce important ? Mais parce que … la mesure de lumière se fait à travers l’objectif (TTL) et elle tient compte du couple Vitesse/Diaphragme et de la sensibilité choisie pour le film, le fameux triangle.

Tout manuel écrivais-je car la pile ne sert qu’à alimenter la cellule et si celle-ci vous lâche, vous pouvez quand même continuer votre shooting (prévoir une cellule à main dans le sac est toujours prudent).

Pour les commandes, du classique éprouvé et pratique, dans la tradition de la marque :

  • A gauche la manivelle de rembobinage et son petit levier escamotable, en métal.
  • Au centre, au dessus du prisme, la griffe porte accessoires avec la semelle de synchronisation du flash, synchro au 1/125s quand même.Il faut positionner la roue des vitesses sur le symbole « éclair » (après la pause B)
  • Petit anachronisme, il est toujours possible d’utiliser d’anciens flashs dits à « lampe-éclair » : il faut alors positionner la roue sur le symbole de l’ampoule, au 1/30s
  • Plus à droite, le sélecteur de vitesse (de 1 à 1/1000 sec. + Bulb). Pour choisir une vitesse il faut la mettre en regard du petit triangle orange gravé sur le capot.
  • A l’intérieur du barillet des vitesses, le disque de sélection des sensibilités de 12 à 1600 ISO (il faut lever la couronne extérieure du barillet pour libérer le disque de réglage des sensibilités).
  • A côté du barillet des vitesses se trouve le levier d’armement qui assure simultanément l’avance du film et l’armement de l’obturateur.
  • Tout à droite se trouve le cadran du compte vues qui se remet automatiquement à zéro à chaque ouverture de l' »appareil.
Illustration des positions de la roue des vitesses pour les différents types de flashs

Le viseur est plutôt « dépouillé » et ne comporte aucune indication de rappel des paramètres de prise de vue. La mise au point s’effectue à l’aide d’un stigmomètre dit triple et incliné, très précis, entouré d’une couronne de microprismes sur un verre de visée assez clair.

L’avantage d’un stigmomètre incliné est évident quand vous devez prendre des photos d’objets verticaux ou horizontaux, cela vous évite de devoir pencher l’appareil

Le reste, je ne peux pas vous le montrer mais sur la droite il y a deux LED rouges en forme de flèches qui renseignent sur l’exposition. La bonne exposition est obtenue lorsque les deux LED s’allument avec la même intensité.

Le bouton de déclenchement, toujours présent sur la face avant de l’appareil, accepte un déclencheur souple pour éviter les flous de bougé en pause B. L’obturateur est également équipé d’un retardateur mécanique (10 sec.) vous permettant de faire de beaux autoportraits (c’est comme ça qu’on appelait les « selfies » avant).

Petite attention de Praktica, le signal sur la droite du viseur qui vous avertit si l’obturateur est armé ou non (le 1 du dessin ci-dessus).

Le chargement de l’appareil est toujours simplifié, comme sur les autres modèles : vous placez la bobine dans le logement ad hoc, tirez sur l’amorce jusqu’au repère vert, glissez l’amorce sous une des deux barres sur ressort en veillant à ce que les perforations soient sur les roues dentées, armez une fois pour amorcer la prise, refermez et ré armez deux fois : c’est fait.

En images, c’est plus simple :

pour bénéficier de sous-titres dans votre langue, aller sur paramètres, cliquez sur « anglais généré automatiquement », puis traduire automatiquement et choisissez parmi celles offertes

Alors, je résume : c’est un appareil dans la bonne tradition de la marque, simple et facile à utiliser, qui ne vous lâche pas si les piles sont mortes puisque tout mécanique.

Le parc des objectifs est large et souvent de qualité car vous pouvez piocher chez Zeiss aussi, p. ex. ou chez les confrères russes (Zenith et les Hellios entre autres).

L’appareil fait son poids (prévoir une bonne sangle de cou pour un portage confortable) mais c’est aussi un gage de stabilité.

Rien de superflu, que de l’utile, un brin rustique mais si vous le comparez à un Minolta SRT 101 ou un Canon Ftb, un Yashica FX vous ne serez pas dépaysé au niveau de la forme et de la tenue.

Encore un argument en sa faveur ? Son prix bien évidemment, autour des 50€ maximum avec un objectif pour un boitier qui vous accompagnera longtemps, comme il le fit sans doute pour vos parents, voire grands-parents (si vous êtes très jeune).

A ses côtés, le Canon Ftb se négocie aujourd’hui dans les 90€ et le Minolta SRT 101 atteint les 100€ … et si le Yashica reste encore u peu abordable, sa monture propriétaire les rend moins attrayant … dingues je vous disais !

C’est un vrai boitier école, fait pour être emmené partout où vous auriez peur d’abîmer un autre appareil (pour mémoire, il fonctionne de -10°C à + 40°C).

Voilà, si vous en croisez un, faites vous plaisir.

Petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par LA ou encore ICI

Des idées de photo réalisées avec cet appareil ICI.

Enfin, une petite photo de famille:

Quelques références : http://35mm-compact.com/reflex/praktica-mtl50.htm, https://lafillerenne.fr/blog/586/ en français, https://kosmofoto.com/2014/12/praktica-mtl-slr-review/, http://praktica-collector.de/217_Praktica_MTL50.htm, http://www.zorkiphoto.co.uk/praktica-mtl-50-review/, http://collection-argentiques.net/?p=3744 en anglais

Argentique

Le Praktica MTL 5B

Cet appareil est le successeur du MTL 5, lui-même successeur du MTL 3, que je vous présentais il y a un moment.

Il dispose d’une mesure d’exposition TTL (à travers l’objectif), que vous actionnez toujours par le bouton situé à côté du déclencheur. Un affichage par aiguille sur le côté droit du viseur indique si la combinaison choisie de vitesse d’obturation et d’ouverture conduira à une sous-exposition, une sur- ou une exposition correcte.

La cellule est toujours alimentée par une pile, située dans la semelle mais on est passé de la PX 625A à la LR44, plus commune. L’appareil est toujours utilisable sans pile puisqu’elle ne sert qu’à la cellule, recalibrée pour cette nouvelle pile.

Ce qui est frappant chez Praktica, outre la « réutilisation » pendant près de 30 ans de la même « carrosserie », se sont les astuces pour paraître plus moderne au fur et mesure, ainsi le logement de la pile : pour le LLC, c’est un vaste compartiment pour accueillir une PX21 (4,5v), puis on passe au MTL 50, qui garde le même espace mais dans lequel l’usine à introduit une pièce qui renferme un petit système électronique pour acceuillir une 4LR44 (6v), puis sur le MTL 5 la semelle est la même que sur le MTL 3 mais elle accueille maintenant une PX 625A et puis sur le MLT 5B, la pastille à été réusinée pour accueillir une LR44 (1,5v). Simple et peu couteux !

Comme ses prédécesseurs, on le boude injustement car considéré comme « archaïque » alors qu’il ne fait qu’être simple, robuste et fiable, il est vrai sans fioritures.

Un des auteurs que je consultais pour la rédaction de cet article expliquait qu’il en avait utilisé un pendant des années, qu’il avait « mangé » des kilomètres de films, de la Grèce ensoleillée aux brumes de Londres, pour ensuite le céder, quelques années plus tard, à un ami, parti sac au dos, à la découverte de l’Inde et que cet appareil fonctionnait encore après des mois de voyages parfois épiques.

Peut-être pas « beau » mais super solide !

Pentacon savait que ses appareils photo étaient achetés par des débutants, souvent comme premier reflex. Ils ont ajouté un «système de chargement rapide» conçu pour rendre le chargement du film encore plus facile (un système similaire à celui utilisé par Canon avec son télémètre QL17 dans les années 1960).

Ce système existait depuis un moment déjà et donnait entière satisfaction.

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Le MTL 5B était généralement livré avec l’un des quatre objectifs standard de 50 mm – le f2.8 Domiplan et Carl Zeiss Jena Tessar, et le f1.8 Meyer Oreston / Pentacon et Carl Zeiss Jena Pancolar. Le Pancolor est peut-être le meilleur de la bande mais pas le moins cher. A défaut, le Pentacon est aussi très bon.

Comme la monture est toujours la M42, vous pouvez y monter des dizaines d’objectifs différents comme ceux fabriqués pour les Pentax, divers Chinon, les Fujica et les Zenit de fabrication soviétique.

Juste un petit mot sur cette célèbre monture, qui a commencé sur le Zeiss Contax S, fabriqué en Allemagne de l’Est en 1949. La monture M42 – rendue célèbre par la gamme Spotmatic de Pentax, entre autres – n’était pas propriétaire, ce qui fait que de nombreux fabricants d’appareils photo l’ont utilisée, en particulier pour les appareils photo destinés aux débutants et aux amateurs.

Je recommande parfois d’utiliser des reflex argentiques déjà munis de l’autofocus, mais pour apprendre à exposer correctement une photo, les Praktica sont très faciles, surtout à partir des L (troisième génération de Praktica) et des MTL.

Pour nous resituer un peu dans la ligne du temps des Praktica,, il faut savoir qu’il y eut quatre générations de reflex, la première commençant en 1952 avec le FX, la seconde en 1962 avec le Praktica VI, la troisième fut inaugurée par le L en 1969 et enfin la quatrième par le BX200 en 1978

Le MTL3 a connu un énorme succès – environ 865000 ont été fabriqués au cours de ses six années de production – et la conception de base a été remaniée à nouveau en 1983 avec le MTL 5, un MTL 3 essentiellement inchangé à l’exception de certains composants internes. Encore une fois, c’était un appareil photo réussi – plus de 500 000 ont été fabriqués, puis deux ans plus tard, le MTL 5B pointait le bout de son prisme. À l’extérieur, il était identique aux deux boitiers MTL précédents, mais à l’intérieur quelques remaniements subtils le rendait plus moderne, comme par exemple le recalibrage de la cellule pour la pile LR 44, utilisée un peu partout à l’époque.

Introduit en décembre 1985 (il fut présenté lors de la Photkina de 1986), le MTL 5B est resté en production jusqu’en décembre 1989, lorsque la chute du mur de Berlin a marqué le début de la réunification allemande. Pendant cette période, quelque 567 000 exemplaires ont été fabriqués, et beaucoup d’entre eux ont trouvé leur chemin en Europe occidentale.

Il a conservé la conception standard des Praktica L. Le déclencheur se trouve toujours sur le côté droit de l’appareil photo, en façade, juste à côté de l’objectif et du levier pour actionner la cellule. En haut à droite du capot se trouve la molette de sélection des vitesses, avec le sélecteur ISO à l’intérieur (de 12 jusqu’à 1600 Iso) et le ré-armeur, puis le compteur de vues, qui compte jusqu’à 36, avec remise à zéro automatique. A gauche, seulement le bouton de rembobinage.

L’obturateur de type L est l’une des caractéristiques de la gamme : il est incroyablement fiable, réputé pour plus de 100 000 déclenchements soit pas loin de 3 000 rouleaux de pellicule. Il en est qui ont dépassé largement ces chiffres et qui fonctionnent encore comme au premier jour. Le seul problème c’est le manque d’amortissement du miroir qui provoque un certain bruit, pour ne pas écrire un bruit certain. Les Praktica n’allaient jamais rivaliser avec les Leicas et les Contax pour la photographie discrète.

En 1970, Praktica a sorti le premier de ses reflex de type L, le Praktica L. Avec un obturateur métallique à déplacement vertical, une synchronisation du flash au 1 / 125e et des vitesses d’obturation de 1 seconde à 1 / 1000e et B, le L était un modèle économique. Mais le design de base du L a donné naissance à une lignée d’appareil photo qui durera jusqu’à la chute du mur de Berlin près de deux décennies plus tard. .

Les Praktica étaient vendus à un prix artificiellement bas pour attirer des devises pour l’État d’Allemagne de l’Est. Il est devenu très populaire auprès des photographes qui n’avaient pas les moyens de se payer des créations d’Allemagne de l’Ouest ou du Japon. Un peu le concurrent du Zénit, autre appareil qui a fait le plaisir de beaucoup d’amateurs

Quelques données techniques :

  • Réglage ISO de 12 à 1600
  • Viseur en verre dépoli, stigmomètre avec spot microprismatique (un rond brisé entouré de micro-prismes à faire coïncider, on n’a rien inventé de plus simple)
  • Objectif multicouche Auto Pentacon 50 mm f / 1.8-16 à vis M42 (dotation de base)
  • Vitesse d’obturation: B, 1 seconde à 1/1000, synchronisation à 1/125, obturateur métallique plan focal vertical
  • Cellule alimentée par une pile LR 44 (1,5 v)
  • Mesure TTL utilisant la mesure pondérée centrale, contrôlée par un interrupteur à côté de la monture d’objectif au-dessus du bouton de déclenchement (économise la pile)
  • Synchronisation X (1/125s), griffe porte-accessoire en haut du pentaprisme, prise flash coaxiale sur le boîtier de l’appareil photo pour les systèmes avec des flashs non électroniques
  • Retardateur 10 secondes

Le MTL 5 B a également été vendu par Foto-Quelle, le célèbre catalogue de vente allemand, sous le nom de Revue ML.

Le viseur est toujours simple et facile à comprendre, bien large et clair

Donc, au risque de donner l’impression de me répéter, ce Praktica MTL 5B reste un super appareil école qui pardonne beaucoup mais qui, muni d’un des bons objectifs cités plus haut, vous donnera entière satisfaction.

Juste prévoir une sangle confortable pour le transport, mais ceci est valable pour la majorité des reflex « tout métal ».

Ceci tant, prendre en mains un Praktica ne vous désorientera pas, les modèles étant assez semblables, seul l’électronique embarquée évolue un peu au fur et à mesure. Ce ne sont pas des boitiers qui vont vous perturber si vous cherchez vos marques en débutant l’argentique : une cellule précise, des vitesses bien échelonnées, un réglage simplissime de la sensibilité du film, vous voilà paré pour commencer.

Argument final pour vous décider : son prix ! Il ne doit pas dépasser les 50€ muni d’au moins un 50mm. Et si les mousses sont à refaire, négociez encore !

Petite video d’illustration

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Pour voir des idées de photos prises avec le Praktica MTL 5B, c’est par LA

Quant au mode d’emploi, c’est ICI (en trois langues dont le français)-

Quelques références : https://camerapedia.fandom.com/wiki/Praktica_MTL_5_B, http://www.praktica-collector.de/214_Praktica_MTL5B.htm, https://r-kobus.eu/en/node/144, http://www.praktica-collector.de/, https://kosmofoto.com/2017/04/praktica-mtl5b-profile/, https://simonhawketts.co.uk/2016/06/08/praktica-mtl-5b-35mm-slr/ en anglais, http://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=12659 en français