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Le Praktica MTL 50

J’ai reçu ce matin deux Praktica que j’ai acheté, en toutes connaissances de cause, sur Ebay. Le premier est le MTL 5 que je vous ai présenté il y a peu, le second, celui qui nous occupe aujourd’hui.

Si le MTL 5 est en parfait état, le MTL 50 est HS (hors service) : miroir bloqué et impossible de réarmer ni, a fortiori, déclencher. Eh oui, même les appareils costauds cassent quand on les maltraite trop !

Cela étant, il partira pour pièces car il a une particularité qui devra intéresser les possesseurs d’autres Praktica, comme le LLC p. ex. : une pièce ajoutée en usine pour pouvoir utiliser une 4SR44 bien plus moderne que la PX21 impossible à trouver.

Et je peux déjà vous dire qu’il ressemble étrangement au MTL3, au LLC, au Super TL3, au MTL5, mais ça, vous vous en doutiez !

Cet appareil a été produit par le conglomérat Pentacon de 1985 à 1989, toujours derrière le rideau de fer (Dresde).

Au niveau des performance, il est dans les classiques pour un reflex des années 80 : sensibilité de 12 à 1600 ISO et vitesse de 1s à 1/1000s plus le mode bulb, mesure de la luminosité à travers l’objectif (TTL). J’ai pu l’avoir avec un objectif Pentacon 50mm f/1.8 et un 135mm f/2.8 en monture M42 ce qui rend cet appareil compatible avec tous les objectifs dans cette monture visante dite « universelle ».

A ce sujet, il sera le dernier Praktica à utiliser cette monture, le suivant étant le B200 qui opte pour la nouvelle monture propriétaire de chez Praktica (voir l’article sur le BX-20 pour plus d’infos).

C’est donc un appareil tout manuel avec juste les indications de la cellule pour régler correctement l’exposition de vos photos : idéal pour apprendre le triangle d’exposition qui de nos jours régit toujours la prise de vue (si ce n’est qu’avec les appareils modernes, vous ne vous rendez compte de rien). Je ne résiste d’ailleurs pas au plaisir de vous mettre cette petite video qui explique ça très bien

Pourquoi est-ce important ? Mais parce que … la mesure de lumière se fait à travers l’objectif (TTL) et elle tient compte du couple Vitesse/Diaphragme et de la sensibilité choisie pour le film, le fameux triangle.

Tout manuel écrivais-je car la pile ne sert qu’à alimenter la cellule et si celle-ci vous lâche, vous pouvez quand même continuer votre shooting (prévoir une cellule à main dans le sac est toujours prudent).

Pour les commandes, du classique éprouvé et pratique, dans la tradition de la marque :

  • A gauche la manivelle de rembobinage et son petit levier escamotable, en métal.
  • Au centre, au dessus du prisme, la griffe porte accessoires avec la semelle de synchronisation du flash, synchro au 1/125s quand même.Il faut positionner la roue des vitesses sur le symbole « éclair » (après la pause B)
  • Petit anachronisme, il est toujours possible d’utiliser d’anciens flashs dits à « lampe-éclair » : il faut alors positionner la roue sur le symbole de l’ampoule, au 1/30s
  • Plus à droite, le sélecteur de vitesse (de 1 à 1/1000 sec. + Bulb). Pour choisir une vitesse il faut la mettre en regard du petit triangle orange gravé sur le capot.
  • A l’intérieur du barillet des vitesses, le disque de sélection des sensibilités de 12 à 1600 ISO (il faut lever la couronne extérieure du barillet pour libérer le disque de réglage des sensibilités).
  • A côté du barillet des vitesses se trouve le levier d’armement qui assure simultanément l’avance du film et l’armement de l’obturateur.
  • Tout à droite se trouve le cadran du compte vues qui se remet automatiquement à zéro à chaque ouverture de l' »appareil.
Illustration des positions de la roue des vitesses pour les différents types de flashs

Le viseur est plutôt « dépouillé » et ne comporte aucune indication de rappel des paramètres de prise de vue. La mise au point s’effectue à l’aide d’un stigmomètre dit triple et incliné, très précis, entouré d’une couronne de microprismes sur un verre de visée assez clair.

L’avantage d’un stigmomètre incliné est évident quand vous devez prendre des photos d’objets verticaux ou horizontaux, cela vous évite de devoir pencher l’appareil

Le reste, je ne peux pas vous le montrer mais sur la droite il y a deux LED rouges en forme de flèches qui renseignent sur l’exposition. La bonne exposition est obtenue lorsque les deux LED s’allument avec la même intensité.

Le bouton de déclenchement, toujours présent sur la face avant de l’appareil, accepte un déclencheur souple pour éviter les flous de bougé en pause B. L’obturateur est également équipé d’un retardateur mécanique (10 sec.) vous permettant de faire de beaux autoportraits (c’est comme ça qu’on appelait les « selfies » avant).

Petite attention de Praktica, le signal sur la droite du viseur qui vous avertit si l’obturateur est armé ou non (le 1 du dessin ci-dessus).

Le chargement de l’appareil est toujours simplifié, comme sur les autres modèles : vous placez la bobine dans le logement ad hoc, tirez sur l’amorce jusqu’au repère vert, glissez l’amorce sous une des deux barres sur ressort en veillant à ce que les perforations soient sur les roues dentées, armez une fois pour amorcer la prise, refermez et ré armez deux fois : c’est fait.

En images, c’est plus simple :

pour bénéficier de sous-titres dans votre langue, aller sur paramètres, cliquez sur « anglais généré automatiquement », puis traduire automatiquement et choisissez parmi celles offertes

Alors, je résume : c’est un appareil dans la bonne tradition de la marque, simple et facile à utiliser, qui ne vous lâche pas si les piles sont mortes puisque tout mécanique.

Le parc des objectifs est large et souvent de qualité car vous pouvez piocher chez Zeiss aussi, p. ex. ou chez les confrères russes (Zenith et les Hellios entre autres).

L’appareil fait son poids (prévoir une bonne sangle de cou pour un portage confortable) mais c’est aussi un gage de stabilité.

Rien de superflu, que de l’utile, un brin rustique mais si vous le comparez à un Minolta SRT 101 ou un Canon Ftb, un Yashica FX vous ne serez pas dépaysé au niveau de la forme et de la tenue.

Encore un argument en sa faveur ? Son prix bien évidemment, autour des 50€ maximum avec un objectif pour un boitier qui vous accompagnera longtemps, comme il le fit sans doute pour vos parents, voire grands-parents (si vous êtes très jeune).

A ses côtés, le Canon Ftb se négocie aujourd’hui dans les 90€ et le Minolta SRT 101 atteint les 100€ … et si le Yashica reste encore u peu abordable, sa monture propriétaire les rend moins attrayant … dingues je vous disais !

C’est un vrai boitier école, fait pour être emmené partout où vous auriez peur d’abîmer un autre appareil (pour mémoire, il fonctionne de -10°C à + 40°C).

Voilà, si vous en croisez un, faites vous plaisir.

Petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par LA ou encore ICI

Des idées de photo réalisées avec cet appareil ICI.

Enfin, une petite photo de famille:

Quelques références : http://35mm-compact.com/reflex/praktica-mtl50.htm, https://lafillerenne.fr/blog/586/ en français, https://kosmofoto.com/2014/12/praktica-mtl-slr-review/, http://praktica-collector.de/217_Praktica_MTL50.htm, http://www.zorkiphoto.co.uk/praktica-mtl-50-review/, http://collection-argentiques.net/?p=3744 en anglais

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