Quand l’AI veut faire des photos …

Aïe, je sens que je lance là un débat qui pourrait être houleux …

Mais que je vous explique : chaque semaine, Philippe de Pix-Visu nous propose un challenge, un thème imposé.

Le thème 52/18 était de « figer le mouvement ».

Comme je n’étais pas trop en forme pour affronter les trompes d’eau de ce fichu hiver 2023, et que je ne voulais pas piocher dans mes anciennes photos, j’ai eu une idée saugrenue : tester un programme d’AI (intelligence artificielle), en l’occurrence Midjourney.

Si vous avez cliqué sur le lien ci-dessus, vous aurez compris comment ça fonctionne, sinon, je résume : vous devez décrire, le plus complètement possible – et en anglais – ce que vous voulez que l’AI crée pour vous.

Pour ma part, voici le message laissé : « / imagine / Realistic 4K of a grey Dacia Logan MCV Stepway jumping over a ditch half filled with water in a countryside in the early morning, in the fog. Three-quarter view from below with the wheels spinning in the void » (en français : / imagine / vue réaliste en 4K d’une Dacia Logan MCV Stepway grise sautant par-dessus un fossé à moitié rempli d’eau dans une campagne au petit matin, dans le brouillard. Vue de trois quarts depuis le bas avec les roues qui tournent dans le vide).

Le programme vous propose ensuite 4 images, qui vous conviennent ou pas. Si rien ne vous plait, vous relancez le processus et de nouveau, 4 images sont générées.

Soit vous en choisissez une, définitivement, soit vous en choisissez une que l’AI va devoir peaufiner encore.

Et voici ce que l’engin m’a proposé après quelques tâtonnements (de ma part) :

Bon, ok, ce n’est pas tout à fait ce qui était demandé (mon anglais fait appel à Deepl traduction) et j’ai choisi, in fine, celle qui me plaisait le plus, sans « forcer » l’AI a reprendre la description exacte.

Mais avouons que c’est assez bluffant !

Si vous avez la curiosité d’aller sur le Discord réservé à Midjourney, vous verrez des résultats vraiment étonnants.

Vous pouvez même tenter le coup (les 25 premiers essais sont gratuits).

Ceci étant, au vu de ces résultats, reste les éternelles questions qui agitent le petit monde de la réflexion (et ce monde-là devrait être beaucoup plus grand à mon sens) :

  • jusqu’où les intelligences artificielles peuvent-elles modifier le réel ?
  • l’AI peut-elle se substituer à l’humain pour créer (texte ou image, objet en 3D) ?
  • quels garde-fous doit on envisager pour éviter les abus ?
  • … vous en avez certainement aussi

Reste que, en ayant les deux pieds bien sur terre, il ne faut jamais oublier que ce sont des humains qui ont inventé et inventeront encore ces fameuses « intelligences artificielles ». Seul leur libre arbitre et leur déontologie feront que leurs usages seront conformes ou pas au bien ou au mal.

PS : n’oublions pas que nous sommes sur un « bidule » dans l’esprit très puritain et hypocrite du moment : n’essayez pas de lui demander un nu, ça affole ses neurones ! Par contre, tous les monstres possibles sont envisageables, des détournements d’image, du sanglant (zombie et consorts), etc. Cherchez l’erreur.

Rendez-vous dans les commentaires, ça risque de chauffer !

15 commentaires sur “Quand l’AI veut faire des photos …

    • Ah, super ce blog, que je découvre, merci. Oui, tu as raison, et ce n’est pas la première fois que le monde de l’art se confronte à des technologies qui entendent lui ravir sa capacité à « inventer ». Jusqu’à présent, il est sortit vainqueur. En fait, il ne faut jamais oublier que ce sont toujours des esprits humains qui fabriquent ces machins. Notre cerveau a toujours une longueur d’avance, heureusement.
      Maintenant, on peut s’en servir de toutes les manières, bonnes ou mauvaises. Mon optimisme me fait pencher sur le bonnes. Bon weekend Phil.

  1. Alors ça, je vais essayer, pour le fun ! Mais sans reflexions…elles viendront peut être après 🙂

    • Bonjour Ariane, je reconnais là ton côté « expérimental ». Tu as raison, il ne faut pas fermer les portes avant de savoir ce qu’il y a derrière et, qui sait, l’Humain qui a inventé ces machines peut encore nous surprendre en forgeant des images « mentales » que lui seul peut créer. Tu nous montreras tes recherches ? Bon amusement et bien amicalement.

      • Bonsoir Jean-Pascal pas encore eu le temps d’essayer ( les journées manquent d’heures) mais justement je vais le faire ce soir….et oui je montrerai la ou les choses qui en sortiront.A bientôt alors !😊

        • Bonjour Ariane, tu verras, le plus long c’est de s’inscrire sur Discord, de trouver un « niewbie » dans lequel travailler, puis de traduire en anglais ce que tu as en tête (va voir le lien que j’ai mis avec les explications, ça simplifie – un peu – les démarches). Et oui, les jours ne comptent toujours que 24h et parfois, c’est trop juste. Bien amicalement.

          • Bonjour Jean-Pascal,eh bien j’ai essayé et tu as raison c’est long pour s’inscrire et piger un peu le fonctionnement,et ensuite,déçue du résultat.Alors j’ai passé à Dall-e (?), plus clair,facile mais résultat nul.Bien sûr qu’en à peine une petite heure on ne peut maîtriser deux programmes d’AI, en tout cas pas moi,mais bon cet essai ne m’a pas donné l’envie d’y passer plus de temps ! 🙂

            • Bonsoir Ariane, merci de ton retour. Oui, tu as raison sur au moins deux points : ce n’est pas facile à appréhender et ça ne donne pas envie de persévérer … parce que notre imagination suffit et nos outils aussi pour montrer ce qui nous passe par la tête sans avoir besoin d’un « machin » censé le faire à notre place. Retournons à nos appareils et nos pinceaux, c’est encore le plus stimulant.
              Mais nous pourrons dire « on a essayé ! »
              Bonne fin de semaine à toi.

  2. L’AI peut faire des images mais certainement pas des photos. C’est antinomique dans les termes.

    • Bonjour Nic, si tu veux utiliser l’étymologie du terme photographie (écrire avec la lumière), tu as raison. Mais ça fait longtemps que des milliers d’images ne sont plus créées avec des photons. Et le souci, c’est qu’il devient difficile de les reconnaître des vraies photos, elles mêmes bien souvent retravaillées avec des moteur alimentés par l’AI. Il nous faudra être attentifs mais, et je rebondi sur le commentaire d’Ariane, je suis persuadé que nous pourrons l’utiliser à bon escient. Finalement, c’est toujours un Humain qui décide de ce que l’AI va produire et dans le domaine artistique, peu importe le chemin, c’est le résultat qui compte. Bien amicalement.

      • Pas d’accord avec toi. Les images génerées par l’AI sont pour moi comme des dessins, réalistes peut-être, mais ils ne sont en rien indexés à une réalité sensible (ils n’en sont pas la traduction ce qui pose problème quant au lien à la vérité, mais c’est un autre débat – quoique…). J’ai le même souci avec les images numériques qui sont d’abord optiques (jusqu’au capteur et à ce titre peuvent etre taxées de « photo ») puis traduites par des algorithmes et stockées sous forme binaire (et ce ne sont plus alors des images mais des fichiers informatiques).

        Bien sur qu’on peut jouer avec l’AI mais les mots ont un sens et ne peuvent pas être mis à toutes les sauces au gré des caprices technologiques.

        Quant à qualifier d’artistiques de telles images, c’est pousser le bouchon un peu loin… Je demande à voir la « creativité » de l’AI, son intuition, sa singularité… C’est pas demain la veille et les artistes, les vrais, ont encore des beaux jours devant eux (et c’est heureux)!

        Cordialement.

        • Ah, je pense qu’il faut effectivement mettre les mots justes à leur place : l’AI ne crée rien, elle ne fait que répondre à une demande, plus ou moins bien formulée, issue de l’imagination d’un humain pour rassembler un faisceau d’éléments qui vont donner une forme, une image à la demande. Elle fonctionne comme un être humain au sens où elle pioche dans un « stock » d’informations – ce que nous appellerions nos expériences sensitives, nos ressentis mémoriels – et tente de les organiser selon les instructions qu’on lui donne.
          C’est pour ça que les artistes, les vrais, peuvent s’en servir car elle offre une immense banque de données et les agencements que l’AI propose sont soit comme des coups de hasard dans l’assemblage, que l’on peut (un peu) corriger et faire évoluer, soit elle répond à une exigence précise.
          Nous sommes bien d’accord, une intelligence artificielle n’est rien de magique et n’est rien sans l’humain qui la commande, juste un outil de plus, que l’on tente ou pas. Mes amitiés.

          • Demande à ton AI pourquoi il a mis tel élement dans le champ de l’image. Demande maintenant à n’importe quel peintre pourquoi il a mis tel élement dans le champ du tableau et compare les réponses. Ce devrait être instructif…

            • Quoique Pollock, Malevitch, Fontana (et encore), Klein, Soulage, par exemple, ont toujours privilégié le hasard dans leurs peintures.
              Le raisonnement donné est vrai en peinture représentative. C’est d’ailleurs là le grand hiatus de la reconnaissance de la photographie contre la peinture au début du médium : le peintre doit choisir ce qu’il va mettre dans sa toile alors que le photographe doit assumer tout ce qui apparait sur son négatif et le cadrage est le seul moyen d’en éliminer quelques uns, éventuellement.
              Ici, les facteurs internes qui procèdent du choix de l’AI sont comme des hasards et ceux qui veulent le tenter en tireront profit.
              Quand on tire un Polaroid ancien, c’est aussi comme une loterie : rien n’est vraiment net, les couleurs ne sont pas justes, le cadrage est aléatoire, … mais tant d’artistes en ont sorti des œuvres dignes d’intérêt. Parce qu’ils se sont accommodés du hasard et que leur esprit artistique l’a magnifié. Bien à toi

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