Il aura fallu attendre 40 ans pour que cet ouvrage, classé dans les ouvrages de références aux USA, traverser l’Atlantique et soit traduit en français.

John Szarkowski est photographe et directeur émérite du département photographie au MONA, New York.

Ce n’est pas un livre bien épais mais il mérite la lecture.

C’est une vision très concise de la vision photographique, des débuts (1839) aux années septante, suite à une exposition de 1964, qui fut la base de cet ouvrage.

Que nous démontre l’auteur ?

Il analyse avec une rare intelligence la vision des peintres et celle des photographes, qui ont dû construire ex nihilo une acuité visuelle qui allait devenir spécifique et évoluer avec les progrès techniques des appareils et des films.

Il résume sa recherche en ces termes « [la différence entre la peinture et la photographie]… a soulevé un problème créatif d’un genre nouveau : comment faire pour que ce procédé mécanique et sans âme produise des images porteuses de sens en termes humains – des images dotées de clarté et de cohérence et qui dénotent un point de vue ? »

Il propose une classification en cinq sections, qui correspondent à l’un des cinq choix décisifs qui s’imposent au photographe : la chose photographiée en elle-même, le détail, le cadrage, le temps, le point de vue.

Illustrées, pour chacune des sections, de photographies pertinentes, choisies chez des photographes de renom ou d’illustres inconnus, c’est une manière de découvrir notre médium sous un regard qui ouvre des perspectives intelligentes et une réflexion sur l’acte photographique.

L’Oeil du photographe, John Szarkowski, éd. 5 Continents, Diffusion Seuil, ISBN978-88-7439-601-6, titre original Photographer’s Eye, Moma 1966-1980-2007.

Et grâce à l’ami Phil (Filimages), voici le lien si vous désirez le commander : Eyrolles