Le Polaroid Land Automatic 320

Le hasard des greniers … c’est en cherchant toute autre chose que mon épouse a découvert celui-ci.

Et il est tout complet : sa boite, son flash, son mode d’emploi, sa facture d’achat, sa carte de garantie (bon, ok, elle est dépassée) et un boitier de film, vide.

Petite vérification, car ça doit bien faire quarante ans qu’il est remisé là : tout s’ouvre sans coller, tout déclenche mais la pile, une PX24 alcaline de 3v est bien oxydée. Toutefois, elle n’a pas vraiment coulé et hormis un peu d’oxydation sur les contacteurs, rien de grave, ouf !

Même topo pour le flash, mais là il y a un peu plus de dégâts car un fil a lâché sous l’oxydation. Je crains qu’il ne faille recâbler pour le refaire fonctionner. A voir plus tard.

A gauche, le compartiment pile de l’appareil, à droite, celui du flash

Il y a quelques temps – un an en fait, c’était le 1er décembre 2021- je vous avais présenté le Polaroid Land 360, que j’ai revendu entretemps avec des films Fuji FP-100.

Plus perfectionné que celui-ci, il était apparu sur le marché en 1969, soit en même temps que le 320 mais 6 ans après le premier de la famille, le Polaroid Land 100.

Pour vous donner une idée de la (grande) famille des appareils dits « pack 100 » :

Bon, qui dit grande famille chez les « Pack 100 » – en fait, le nom de la cartouche de film – dit « comment s’y retrouver ? »

En gros, il y a la famille des :

  • Model 100, de 1963 à 1967
  • Model 200, de 1967 à 1969
  • Model 300, de 1969 à 1971
  • Model 400, de 1971 à 1977
  • plus quelques modèles un peu inclassables mais toujours sous la forme de « folding, c.-à-d. avec un soufflet
  • puis toute une série d’appareils sans soufflet, qui s’étire de 1967 à 1978, mais qui utilisent la même cartouche dite pack 100, avec une image de 72 x 95 mm.

Ce film « pack 100 » offre donc une belle surface d’image et il ne contient pas (encore) de pile en interne. L’alimentation des boitiers étant assurée par une ou deux piles reliées à l’appareil.

Je crois qu’il est peut-être temps de parler des films Polaroid, car je vous cite les « Pack 100 », les « Intégral 600 », les « SXW-70, en oubliant les « Pack 80 » et les rouleaux des débuts, tout ça comme des évidences.

Il faut bien comprendre que, finalement, les appareils créés par Polaroid ne sont que des instruments pour l’utilisation des films, la « vraie » invention en somme. Ne faisons pas l’impasse sur elle … en n’oubliant pas que l’un ne va pas sans l’autre : pas d’appareil, pas de développement possible.

Avec un film « traditionnel », qu’il soit en 120, en 127, en 24×36 ou autre, la prise de vue avec un appareil photo sensibilise une surface recouverte d’halogénure d’argent. Pour voir le résultat, il faudra « développer » le film, c.-à-d. le plonger dans des bains qui vont révéler et fixer le sujet capté. Ensuite, il sera encore nécessaire de passer le film dans un appareil, l’agrandisseur, pour transférer l’image révélée sur un support papier et permettre ainsi de voir la photo finie (que les chagrins s’abstiennent, je sais que j’ai pas mal résumé le processus mais ce sont les étapes principales qui nous intéressent).

Revenons donc au premier film à développement instantané et à l’appareil qui permettait sa mise en œuvre, le Model 95. Nous sommes en septembre 1948.

Au début, nous voyons en N/B (et même plutôt Sépia, le « vrai » N/B sortira en 1950) : le négatif est exposé à la lumière lors de la prise de vue, puis il est mis en contact avec un papier sensible. Ces deux feuilles sont ensuite pressées ensembles en passant à travers les rouleaux de l’appareil, ce qui a pour effet de répandre un liquide sur le papier, permettant le développement puis le fixation de l’image et la photo finie sort de l’appareil en une minute.

Tout le génie d’Edwin Land (et ses équipes de chercheurs) est d’avoir créé un négatif d’un format précis sur laquelle un papier photo sera pressé (là on évite le passage par l’agrandisseur) et sur lesquels une chimie sera déversée pour révéler la photo et la fixer (ici on évite le passage fastidieux au labo).

Le second coup de génie – et il y en aura beaucoup d’autres – sera la fabrication, en 1962, du premier film couleur à développement instantané, le Polacolor.

Les progrès de l’émulsionnage (le fait de coucher sur un support une chimie donnée de manière régulière et précise) ont permis ces avancées car le négatif est constitué de 3 doubles couches d’émulsion fabriquées avec des grains d’halogénure d’argent et une couche de révélateur chromogène (un révélateur sensible à la chaleur). Chaque couche d’émulsion est sensible à une des trois couleurs primaires.

Le processus semble simple mais le principe extrêmement complexe : plus de 500 réactions chimiques se mettent en branle pour vous présenter votre image en une dizaine de minutes.

Là encore, le développement d’une photo Polacolor après impression du film commence lorsqu’on tire sur la languette du film, qui sort de l’appareil.

Enfin, à l’aube des années septante, Polaroid crée le film SX-70, précurseur du film 600, qui sera développé dix ans plus tard.

Il s’agit cette fois d’un film dit intégral car il contient toujours la photo en devenir, la chimie pour la révéler et fixer mais en plus, la pile qui alimente l’appareil est aussi incluse dans la cassette et est suffisante pour tirer les 10 vues prévues, même avec le flash.

L’appareil joue cette fois un rôle plus important que celui d’une « simple » chambre noire. Lorsque la photo est captée, l’appareil éjecte de lui-même celle-ci hors de l’appareil, créant la réaction en chaine du développement par le passage de la photo entre les rouleaux et elle continue à se développer à l’air libre et à la lumière (enfin, pas trop, il est toujours conseillé de retourner celle-ci pour éviter que les rayons du soleil n’interfèrent trop dans le processus).

Ce changement est fondamental : auparavant, la photo se développaient « dans le noir » de son enveloppe et au sein de l’appareil. Un temps de développement était inscrit sur les boitiers et sur certains, un « réchauffeur » maintenait la chaleur idéale le temps du processus constant, quelques uns auront même un minuteur pour calculer le temps nécessaire avant de tirer sur la languette du film et sortir la photo, qu’il faut ensuite « peler », c.-à-d. séparer du négatif.

Avec le film SX-70 puis le film 600, lorsque la photo est éjectée de l’appareil, elle se développe seule, comme je l’écrivais, à la lumière du jour. Il n’est plus nécessaire de séparer la photo de son négatif, ils ne font plus qu’un.

Si la technologie vous titille, je vous renvoie à cet article qui explique les différentes réactions chimiques. Moi, j’avoue être fâché avec cette discipline depuis des cours épiques en humanités !

Voilà, voilà … en résumé, après les films en rouleaux qui se développaient à l’intérieur des appareils, Polaroid a introduit les premier films en « pack », c.-à-d. un paquet fermé contenant x photographies en devenir. Si ces premiers films avaient encore besoin de l’abri de la cartouche avant de révéler la photo prise, avec le SX-70 et ensuite le 600, la photo instantanée entre dans la modernité. Nous sommes en 1970 pour le premier, en 1980 pour le second.

Voici, en images, les films d’époque compatibles (merci Polaroid Passion) :

Mais pour en revenir à notre Polaroid Automatic 320, comme je le notais plus haut, il est sorti en 1969, année chère à Gainsbourg et Jane Birkin. Il ne sera produit que jusqu’en 1971 mais se vendra encore jusqu’en 1976 (ils avaient du stock).

C’est un appareil dit « folding », ou pliable, ce qui diminue son encombrement lorsqu’il est replié dans sa coque grise.

Ces caractéristiques sont communes aux Model 100 – 400, à savoir :

  • un couvercle en plastique qui protège l’ensemble
  • un soufflet donc avec entretoise en ciseaux
  • réglage de la distance par un bras coulissant qui fait avancer/reculer l’ensemble objectif
  • une exposition automatique
  • armement manuel par curseur, le déclencheur est situé sur le dessus de l’appareil
  • prise PC poru le flash, qui se clipse sur le dessus du boitier (sauf le 360)
  • le film pack 100 qui donne un format de tirage de 8,5 x 10,5cm pour une image en 7,5 x 9,5cm (un beau format et déjà le célèbre bord blanc)

Comme il était l’appareil le moins cher de la gamme, il fut bien accueillit et fit le bonheur de nombreux ménages car les réductions de coûts de fabrication – du plastique au lieu du métal, un boitier d’objectif lui aussi en plastique, tout comme l’objectif lui-même – ont aussi contribué à le rendre plus léger et maniable, facile à emporter en voyage.

Revenons un instant sur l’objectif, composé de deux éléments en plastique, un 114mm ouvrant à f8,8 jusque f42 (!). Ce n’est pas un foudre de guère mais il tire son épingle du jeu, la taille du film faisant le reste. Un point particulier à soulever, quand même, il est traité pour les UV (ultra violet), ce qui, dit la publicité de l’époque « … adoucit et rend les images plus naturelles ».

Il possède un posemètre – la cellule se voit, à côté de l’objectif, en forme d’œil rond – qui autorise une exposition automatique. Il peut utiliser des films avec une sensibilité de 75 à 3000 Asa.

Un mot sur l’obturateur, électronique, car je ne résiste pas à la réclame qui lui est faite :

Aaah, ça sent bien les années septante, ces « script-girls » !

Vous trouverez aussi le sempiternel réglage « clair-obscur » pour la compensation de l’exposition, mais je ne suis pas encore convaincu. Quoique le constructeur recommande de s’en servir en fonction des films, qui portent sur une étiquette le réglage a adopter.

Le plus intéressant étant dans son viseur, avec correction de la parallaxe et estimation de la distance. A côté, un viseur télémétrique séparé.

Etant l’entrée de gamme, il ne possède pas le fameux « compte temps » mécanique (une minuterie quoi) qu’on actionne avant de sortir la photo pour respecter les temps de développement.

Par contre, il a le réglage pour la couleur ou le noir et blanc. Le N/B se développe en 15 secondes contre 60 pour la couleur.

Comme pour tout bon Polaroid qui se respecte, celui-ci a besoin d’un flash pour donner le meilleur de lui-même. J’ai la chance de voir mon exemplaire équipé du flash dédié, le modèle 268, avec sa belle couleur bleue.Les ampoules se trouvent encore, par contre les piles, c’est plus compliqué mais ce sont des 1,5v. Je dois pouvoir bricoler, et réparer (cf. ci-dessus).

Quant on le voit pour la première fois, on se rend compte qu’il doit s’agir d’un appareil photo car un viseur dépasse (sur les modèles plus perfectionnés, comme le 360, il s’escamote dans la coque de protection).

Facile à ouvrir (on appuie sur le dessus de la demi coque et tire sur le devant), on voit apparaître l’objectif posé sur le soufflet replié.

Heu, si la coque vous gêne, on peut l’ôter en appuyant sur le loquet de la charnière et en la soulevant un peu.

Pour déplier le soufflet et mettre l’objectif en bonne position, il ne faut surtout pas tirer en force mais bien soulever la tirette marquée d’une flèche, elle libère les ressorts qui ouvrent le tout. Comme ils sont prévenant chez Pola, ils ont marqué cette tirette du chiffre 1.

Allez jusqu’au bout en tirant sur le soufflet, la barre de verrouillage doit être bien enclenchée pour éviter les flous de mise au point.

Pour refermer, il vous faudra appuyer sur la barre de verrouillage et repousser le soufflet. Ne jamais forcer.

C’est vrai qu’une fois ouvert, il fait un peu « mini chambre », non ?

Pour le tenir, vous devrez utiliser vos deux mains, en horizontal comme en vertical.

Ne pas oublier de régler la sensibilité de la cellule (ou vérifier que celle-ci n’a pas bougé car vous ne faites cette opération normalement que lorsque vous mettez un film dans la chambre) : sur 75 Iso s’il s’agit d’un film couleur, sur 3000 Iso si c’est un film N/B.

Mettons l’œil au viseur, ou plutôt d’abord dans le télémètre : vous verrez votre image se dédoubler si vous n’êtes pas « au point ». Pour régler celle-ci, il faut faire glisser vers le droite ou la gauche le curseur que vous avez utilisé pour ouvrir l’appareil.

Vous verrez l’image coïncider dès que vous serez sur la bonne distance.

Il vous reste ensuite à vérifier le cadrage en revenant au « vrai » viseur, collimaté pour une éventuelle correction de la parallaxe.

Notez que le curseur de distance propose aussi des « zones » prédéfinies, utiles si vous voulez prendre des photos à la volée (de 1,5 m à l’infini).

Pour prendre la photo, vous aurez au préalable armé l’obturateur avec la tirette qui dépasse sur le bloc objectif (et marquée du chiffre 3 – on faisait dans le didactique chez Polaroid !). Ensuite, il suffit d’appuyer sur le bouton rouge (marqué 2) sur le dessus du capot : clic – clac, c’est dans la boîte.

Vous aurez remarqué que je n’explique pas comment charger le film, un peu inutile puisque le film n’existe plus. Mais soyons précis, allons jusqu’au bout.

Pour ouvrir le dos de l’appareil, il faut manœuvrer le curseur en dessous. Celui-ci va libérer le dos, qu’il faut soulever pour y glisser la cartouche. En la tenant par les côtés, vous la glissez dans le compartiment en vous assurant qu’elle est bien positionnée. Il faut aussi s’assurer que les languettes blanches soient à l’extérieur de la cartouche, ainsi que la première languette noire : c’est sur celle-ci que vous allez devoir tirer pour faire sortir la photo prise, qui se développera hors de l’appareil mais dans son « enveloppe » noire, jusqu’au moment déterminé où vous pourrez la séparer de son support.

Pour le reste, qui concerne la manipulation du film, comment sortir la languette, etc. je vous renvoie au mode d’emploi que je vous ai mis en fichier à télécharger ci-dessous.

Je ne m’y attarde pas car il reste que ce bel appareil ne peut plus fonctionner car le film n’existe plus depuis 2008 pour les films Polaroid et 2017 pour Fuji qui en avait repris la fabrication.

Ah oui, au rayon des « bonnes idées » de chez Polaroid, un petit accessoire intéressant, le réchauffeur !

Pour bien comprendre son rôle, il faut se rappeler que la chimie des photos est soumise à de nombreux aléas, dont la température. Si vous faites vos photos en dessous de 18°C, elles auront besoin soit de plus de temps de développement, soit de chaleur complémentaire.

D’où l’idée de ce réchauffeur, deux fines plaques métalliques tenues ensembles par un scotch, que l’on conseille de glisser dans une poche intérieur ou sous vos aisselles afin de « chauffer » celle-ci.

Lorsque vous aurez pris votre photo, vous la sortez de l’appareil et la glissez entre les plaques du réchauffeur, qu’on vous conseille d’encore glisser dans une poche pour être certain de garder la chaleur suffisante au moins une minute avant de séparer la photo de son support.

Le mode d’emploi précise encore deux choses : ne pas utiliser cet accessoires pour les photos en N/B et faire attention aux éventuelles coulées de « gelée acide » sur la plaque, qui pourrait abîmer d’autre image par la suite (et vos poches, vos aisselles ?).

Comme manifestement la température influe beaucoup sur la qualité des images produites, selon celle-ci, il faut aussi régler le « dark/ligth » (ouverture). Toujours uniquement pour les photos couleur, le N/B n’est pas aussi « sensible ». Enfin, façon de parler, il est à 3000Iso contre 75 pour la couleur !

Mais revenons à nos considérations : un bel appareil mais guère plus utilisable, le film ayant disparu. C’est bien dommage car le grand format était intéressant et la qualité des images très bonnes parait-il. Le « nouveau » Polaroid Original n’a pas cru bon de relancer cette gamme, au grand désespoir de ceux qui possèdent encore ces boitiers de qualité.

Vous pourriez trouver des pack, notamment sur Ebay, mais à quel prix ! Et sans savoir s’ils sont encore utilisables.

A la question légitime : peut-on bidouiller quelque chose avec des films 600 ou des Instax Wide de chez Fuji ? Je répondrai « peut-être », mais je n’ai pas encore trouvé !

Enfin si, mais en anglais, le mariage improbable d’un vieux Polaroid 455 avec un Instax 200 et le film Instax Wilde.

Vous trouverez à la fin de l’article la video de cet assemblage, pour le plaisir.

Tout ceci étant, est-ce un appareil a acheter ? Hélas, non. Par manque de film d’abord et ensuite parce que cet appareil, qui fut un best-seller en son temps était un entrée de gamme peu évolué.

Si vous cherchez une base pour des manipulations/modifications, il est parfait car vous en trouverez à moins de 10€.

Si c’est pour de la collection, il faudra qu’il soit complet (house, accessoires, flash, etc.)

Si c’est pour décorer – parce que, honnêtement, il a un petit côté « vintage » assumé – il sera aussi très bien, ouvert et prêt à.

J’en connais même qui s’amusent à y glisser une petite caméra de surveillance, comme d’autre l’ont fait avec de vieux « box » Kodak et consorts.

Donc, selon vos envies, faites-vous plaisir.

Quelques pubs d’époque :

Petites videos d’illustration

Petit résumé technique :

Modèle :320
Marque :Polaroid®
Type :pack 100
Année de fabrication :1969-1971 (production estimée de 700.000 unités)
Lentille :2 lentilles en plastique 114mm
Obturateur :Electronique avec cellule
Vitesses :1/1200 à 10 seconds
Ouverture :f/8,8 à f/42
Mise au point :télémétrique non couplé, viseur collimaté
Sensibilité :75 (couleur) et 3000 iso (N/B)

Pour le mode d’emploi :

Des références : https://www.polaroid-passion.com/appareils-format-pack-100.php?id=103, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-301-Polaroid.html, https://franciscopola.wordpress.com/2015/10/04/polaroid-automatic-320-land-camera/, https://lafillerenne.fr/blog/609/, https://www.des-clics-photos.fr/content/9-definitions, https://www.declenchermalin.com/histoire-de-la-photographie/histoire-du-polaroid/, https://polaroidcollection.jimdofree.com/blog/histoire/, https://fr.wikipedia.org/wiki/Polaroid_Corporation, https://lamaisondelargentique.com/blogs/magazine/histoire-polaroid, https://fr.wikipedia.org/wiki/Appareil_photographique_instantan%C3%A9 en français; https://www.keh.com/blog/polaroid-automatic-320, https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_Polaroid_instant_cameras, https://itstartedwithafish.blogspot.com/2010/04/polaroid-land-320.html, https://www.instantoptions.com/landlist/cameras/packfilm/300.php#320 en anglais

La video du montage d’un Polaroid avec un Instax

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