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Le Ricoh TF-900

Ah que voilà une belle « brique », digne des autofocus de la fin des années quatre-vingt.

C’est du costaud, du solide et même de l’ergonomique (notez la poignée avant bien marquée).

Mais fidèle au concept de ces années-là, c’est encore un appareil facile à manipuler, qui donne de bons résultats sans prise de tête. Il faut juste viser, composer et appuyer sur le déclencheur, le Ricoh TF 900 fait le reste.

Mais voyons cela de plus près …

Présenté à la PMA de 1987 – le grand salon de la photo de ces époques outre Atlantique (pour mémoire, en Europe il y avait la Photokina à Cologne), il fait partie des précurseurs de cette nouvelle vague d’appareils compacts munis d’un zoom.

La majorité des boitiers ont des focales fixes (comme le Canon AF 35 M ou le Fujica DL 100) et l’alternative, quand elle existe, sera de proposer un bi-focal. Ce n’est pas vraiment un zoom au sens ou l’entendons et qui arrivera plus tard. On ne passe pas du 35 au 70 avec la nuance des focales intermédiaires mais on part d’un 35mm et on passe au 70mm.

D’autres marques ont opté pour cette proposition. Citons le Canon Top Twin ou le Fuji DL 500 (même si la formule est là d’un 28 – 45mm).

De fait, il s’agit bien de deux focales distinctes : une 35mm et une 70mm. Lors du passage du 70 vers le 35, la moitié des éléments bascule dans le fond de l’appareil grâce un un petit moteur électrique.

Il n’y a donc pas de focale intermédiaire comme un 50mm p. ex.

C’est grand angle et mini télé. Finalement, ce sont deux focales couramment utilisées lorsque l’on veut mettre un grand nombre de sujets dans le cadre ou lorsque l’on veut isoler un détail, ce que chacun fait lorsqu’il est en vacances …

Ce type d' »appareil était en effet destiné aux familles pour qui la simplicité d’utilisation prime. Mais sans sacrifier pour autant la qualité.

Au 35mm, l’ouverture est de f2,8 et f5,6 pour le 70mm (ce n’est pas mal comparé au f6,3 que l’on trouvera dans les années nonante sur certains fix focus !).

Au rayon des petits plus intéressants, un retardateur qui autorise, si besoin, deux déclenchement consécutifs (pratique pour être aussi sur les photos avec la famille les pieds dans l’eau), la possibilité de compenser l’exposition (+2) et un mode « rafale » qui va jusqu’à une image par seconde.

Le retardateur vous signale son décompte par un léger bip sonore et une petite lampe clignote jusqu’au déclenchement.

Il a même existé une version de l’appareil avec un dos dateur, comble du luxe pour l’époque.

Nous pouvons considérer qu’il est bien doté pour l’époque.

Quoi d’autre ?

Puisqu’il est conçu pour être utilisé par tout le monde, il vous facilite la tâche : chargement automatique du film, avance et rembobinage automatisés, petit flash automatique (il est « pop-up » si la luminosité est insuffisante) pour déboucher les ombres (fill in), lecture automatique de la sensibilité des films (codage DX de 64 à 1600Iso),

L’autofocus est précis et vous avez même la possibilité de faire une pré-mise au point, parfois utile lors d’évènements où il est difficile de se placer.

Comme la grande majorité des appareils de l’époque, il fait tout « tout seul », c.-à-d. le réglage de la distance (ça vous le voyez dans le viseur) mais aussi le réglage de l’ouverture et de la vitesse, et là, il ne vous dit rien.

Mais encore une fois, la majorité des appareils de cette &époque, destinés aux familles, faisaient l’impasse sur ces éléments qui n’intéressent, in fine, que ceux qui veulent tout contrôler et qui, déjà à l’époque, optaient pour d’autres type d’appareils (un reflex par exemple, mais sans bénéficier, sauf à partir de 1985, de l’autofocus).

Le petit écran, sur le dessus, vous renseigne sur l’état de la pile, le nombre de vue, le fait que le film soit bien accroché, le choix de la rafale, le statut du flash.

Un mot encore sur le viseur, clair et qui possède des marques de correction de la parallaxe pour les prises de vue rapprochées (min 90 cm) et qui est collimaté (c.-à-d. avec les marques pour le cadrage). Sa particularité est qu’il bascule lui aussi quand vous changez de focale, ainsi vous voyez en temps réel le champ de visée selon la focale choisie.

Petite particularité de ce Ricoh : vous le mettez en route en faisant glisser le cache du viseur, à l’arrière. De ce fait, vous ouvrez les lamelles de l’objectif et activez la mécanique. Il vous reste à actionner le curseur sur le dessus pour choisir le format 35 ou 70mm.

Voilà, voilà … un chouette appareil qui sent bon la nostalgie et les années quatre-vingt. Ricoh a toujours eu une bonne réputation, notamment au niveau de la qualité des images délivrées (voyez le petit film ci-dessous).

Ah oui, l’alimentation se fait grâce à une pile CR-P2, un peu onéreuse mais qui tient au moins une année (sauf si vous utilisez systématiquement le flash).

Ne comptez pas le glisser dans une poche de Jean’s mais plutôt dans un petit sac, mais emportez le partout, il vous suivra toujours. Il n’est pas spécialement bruyant mais le l’emportez pas pour photographier votre concertiste préféré. Il sera par contre à son aise dans tous les concerts rock !

C »‘est un petit compagnon, peu courant sans être forcément rare, que vous devriez pouvoir acheter dans les 20€ maximum, idéalement avec son petit sac mais au moins avec sa dragonne d’origine.

https://i2.wp.com/www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1584465658.jpg?w=695&ssl=1
source : Collection-appareils.fr, Photokina 1988 – 1989.

Une video d’illustration qui en plus reprend une pub de l’époque :

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Ricoh_TF-500/TF-900, https://www.newwavepool.shop/products/ricoh-tf-900-35mm-film-camera?variant=33305307185238, https://blog.nokkos.fi/ricoh-tf-900-review-and-a-goodbye-to-winter/, https://www.flickr.com/photos/98922823@N00/7328898576/, en anglais, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-2412-Ricoh_TF-900.html en français

2 réponses »

  1. Un look des années 80, incontestablement ! 🙂
    Les premières secondes de la pub (avec le modèle, dans la vidéo) sont mensongères. Il est impossible de faire de telles photos avec ce genre d’appareil. J’espère qu’il n’y a pas eu trop de déçus… 😀

    • hihihi … rares ont été les constructeurs qui ne trichaient pas « un petit peu » avec la réalité ! Les annonceurs sont là pour vendre du rêve, quittent à esquinter la réalité, ce que certain appelle une « nouvelle objectivité » (le pouvoir des mots, le choc des images). Ceci étant, j’imagine que des tas de photos familiales sont dans de vieux albums et celles-là seules seront la sanction de ce type d’appareil, pas mauvais au demeurant. Ah, la pub !
      Bien à toi Phil.

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