Les nouveautés en un lieu

Ça m’énerve …

De temps en temps (en fait, pratiquement chaque mois), j’achète un ou deux magazines photo. Soit parce qu’on y parle d’une nouvelle technique, soit qu’on nous rafraichit les idées avec quelques nouveautés, et dans des jours meilleurs, les agendas d’expositions.

Je passe souvent outre les rubriques concours et – surtout – les sempiternelles discussions et essais de tel ou tel appareil nouvellement sorti.

Par contre, et généralement en fin d’année, les rédactions s’ingénient à nous faire le topo des « meilleurs appareils pour (telle) et (telle) année ». tout comme les « meilleurs objectifs », les « meilleurs zooms », les … et un raton laveur !

Ici, c’est Chasseur d’images qui s’y colle avec en dossier du mois « les APS-C et 4/3 d’entrée de gamme », cela reprenant l’offre actuelle et les nouveautés (CI n° 426, décembre 2020)

Bon, des réflex d’entrée de gamme, il y en a quelques uns, qui devraient donner envie à d’aucun de délaisser leur smartphone, voir leur compact pour découvrir une autre manière de faire de la photo.

Sans doute n’est-elle pas la meilleure, ni surtout la seule, mais depuis les années soixante, le réflex a ouvert un boulevard à bien des photographes, amateurs ou chevronnés et professionnels.

Et si aujourd’hui même les marques « historiques » (Canon, Nikon, Olympus, Fuji, Pentax) semblent délaisser le domaine, elles le gardent en vie et continuent de l’améliorer. Avec des solutions différentes (du full frame à l’APS-C en passant pas le 4/3) mais en gardant le principe : la visée à travers l’objectif qui donne directement à voir l’image qui sera capturée.

Je vous entends déjà me dire « hé m’fi, Fuji et Olympus, ça fait un moment qu’ils ont laissé tomber ça, sont tous hybrides maintenant ! »

Et vous aurez raison, ces deux marques ne proposent plus de « vrais » réflex à leur catalogue, mais le marché de l’occasion a encore quelques beaux spécimens, qui commencent à dater néanmoins.

Car oui, la révolution de l’hybride est passée par là : vous continuez à regarder dans le prisme de votre réflex (en tout cas ce qui y ressemble encore) mais la vue que vous voyez est celle que vous délivre le capteur, pas celle que vos yeux voient.

Mais bon, vous connaissez ma réticence à ce sujet.

J’en viens donc à la raison de mon titre « Ça m’énerve ! »

Car je débute ce dossier du mois par un grand titre « photographier sans se ruiner » de bonne augure.

Las, le premier appareil présenté, le Fuji X-T200, dont on nous précise bien qu’il est « le modèle d’entrée de gamme des hybrides APS-C Fuji à monture X » présente un ticket d’entrée (en kit) à 750€.

Le second, le Fuji X-S10, « S comme simple, suffisant, super ! » débute quant à lui à 1000€ mais tout nu ! Certes, il existe en 3 kits, mais le plus basique, c’est un ticket à 1500€

Et la rédaction d’ajouter, sérieusement « tout cela pour 1000€ nu. De quoi séduire ! »

Je vous passe l’Olympus OM-D E-M10 IV à 700€ nu, le Canon Eos M50 à 700€, le Lumix GX9 à 740€ (et qui, que je sache, n’est pas un réflex !!), l’Eos M6 II, le Sony Alpha 6400 (qui n’est pas non plus un reflex), le Nikon Z50 tous à peu ou prou 1000€ pour finalement arriver à l’offre des vrais réflex, c.-à-d. avec un viseur classique.

Et là – enfin – une bonne surprise : deux vrais entrées de gamme qui sont loin d’être ridicules au niveau qualitatif mais qui ont des prix décents pour qui veut se lancer dans l’aventure du réflex.

Le Canon Eos 2000D est à 430€ en kit et le Nikon D3500 à 470€, toujours en kit (donc avec un petit trans standard pour débuter).

Et même si vous voulez monter un peu en gamme, un Nikon D5600 ou un Canon Eos 250D se déclinent, toujours en kit, aux alentours des 600€.

Il faut aller jusqu’au Pentax K-70 ou l’Eos 850D pour frôler les 900€.

Franchement, je crois que les rédacteurs de ces magazines sont comme ceux qui essaient des voitures : déconnectés de la réalité des acheteurs lambdas !

Pour me déplacer d’un point A à un point B, je peux très bien le faire en Dacia Sandero mais c’est tellement plus fun de le faire en Aston Martin !

Ouais, sauf que vous et moi (en tout cas moi), nous pouvons trouver les 8960€ de la Sandero mais je ne chercherai même pas les 139.000€ de la Vantage V8 (et c’est la moins chère de la gamme) !

Car, franchement, si je veux découvrir les règles de la photo, je n’ai absolument pas besoin d’un menu kilométrique aux détours plus que douteux, avec des termes étranges mais de notions claires et faciles à mettre en oeuvre.

Et pour ça, croyez moi, un Canon Eos 2000D ou un Nikon D3500 le font extrêmement bien et la qualité de leurs photos ne pourra être délicate que dans des conditions extrêmes, qui ne seront pas celles des prises de vue d’un amateur.

Je l’ai déjà écris plus d’une fois, mais un appareil photo, un boitier, ce n’est jamais qu’une chambre noire dans laquelle aboutissent les rayons lumineux qui feront votre photo. C’est la qualité de l’optique qui prime. Le reste – et je vais être abrupt – c’est du marketing !

Des photographes comme McCurry, Salgado, Reiza, Depardon, …. n’ont pas attendu de lire un mode d’emploi de 590 pages (dont environ 200 consacrées à la prise de vidéos !?) pour faire de bonnes photos.

Ils les ont faites à une époque ou le « triangle d’exposition » suffisait. Le moindre des automatismes de ces appareils d’entrée de gamme les auraient déjà comblé.

Alors, ok pour de la technologie si elle est – vraiment – utile mais si elle en sert que de prétexte pour nous pomper 600€ de plus pour faire les mêmes photos, là je dis NON.

Si, demain, après vous êtes fait les yeux, les réflexes, les idées sur votre petit boitier d’entrée de gamme, vous avez envie d’évoluer, vous comprendrez pourquoi et vous aurez la latitude de choisir un boitier mieux adapté à votre manière de photographier (portrait, sport, paysage, etc).

Puissent nos rédacteurs en chef des magazines photos y penser …

Argentique

Des Russes tout à fait utilisables et (encore) très abordables

Si vous êtes un peu habitué au site, vous aurez déjà – peut-être – lu quelques articles sur les appareils russes.

Petit résumé pour vous y retrouver :

Je ne prétends pas avoir fait le tour, il y en a encore bien d’autres. Je vous suggère, par exemple, un petit tour sur le site de Monsieur Sylvain Halgand (en français) et Soviets Cameras (en anglais)

Vous y découvrirez un vaste monde qui s’étend, grosso modo, des années trente aux années quatre-vingt.

Et un paradoxe : si les appareils russes sont, pour certains, des copies de Leica et Contax notamment, à un moment ou un autre, ils s’en sont écartés et ont tracé leur propre voie. Pas avec les mêmes moyens ni les mêmes technologies que les appareils allemands, ou japonais (autres grands concurrents) mais ce sont eux qui ont produit le plus grand nombre d’appareils télémétriques au monde, rendant cette pratique abordable pour de très nombreuses personnes dont les budgets n’étaient pas illimités.

Je l’ai souvent écris mais un appareil photo n’est jamais qu’une boite noire destinée à recueillir les faisceaux lumineux qui écriront votre photo. Certaines sont sophistiquées, d’autres moins, mais le résultat reste le même : si les rayons lumineux ont bien été guidés, notamment à travers un objectif de qualité, ils arriveront en bon état sur la pellicule et votre photo sera la meilleure possible, tenant compte des réglages effectués, de votre créativité, de vos envies de suivre, ou pas, les « règles » de la photographie.

En ce sens, les appareils russes sont exemplaires car ils vous permettent d’utiliser les meilleurs objectifs possibles car ils sont (hormis les Kiev en monture Contax) à la norme dite Ltm 39, soit Leica visant. Vous aurez donc l’embarras du choix, chez Zeiss, chez Voigtländer, chez Leica, chez Jupiter, chez Industar, chez Canon (et j’en oublie sans doute)…

Ceci étant, si vous voulez découvrir les prémices de l’argentique, vous vous tournerez peut-être vers un Zorki 1c, un Fed 2, un Zorki 4 ou 4K, un Fed 1g.

Ces appareils ont beaucoup de charme mais ils ne sont pas les plus faciles à utiliser même s’ils n’ont rien de rédhibitoire, c’est une question de patience pour les apprivoiser.

Les appareils plus récents comme le Zorki 6, le Fed 3b, le Fed 4b seront peut-être plus simples de prime abord.

Si vous n’avez pas lu les articles dont je vous notais les références en début d’article, je résume :

  • le Fed 4b possède déjà une cellule, non couplée mais fonctionnelle. C’est une bonne aide pour s’initier à l’argentique
  • Le Zorki 6 a deux petits avantages, même s’il n’a pas de cellule : le dos est monté sur charnière (plus facile pour mettre le film) et vous ne devez plus réfléchir à armer l’appareil avant de modifier les vitesses

Vous pouvez vous baser sur ces quelques explications pour partir à la découverte mais rien ne vous empêche, à travers vos lectures des sites mis en référence, d’essayer d’autres modèles. Je n’ai voulu que vous donner des pistes de réflexion, des trucs et astuces pour trouver celui qui partagera vos déambulations photographiques.

Enfin, les prix de ces appareils sont encore contenus sur les différents sites de vente (Ebay mais aussi le site russe Meshok – prévoir un traducteur !). Ce qui vous permettra de choisir une bonne optique pour accompagner votre appareil.

Prenons un exemple simple : un Fed 4b se négocie autour de 60€ avec un Industar 61. Si vous cherchez un Leica M5 (lui aussi avec cellule – couplée ici), vous tournerez autour des 1200€ boitier nu !

Y a pas photos, comme on dit … et tous les appareils russes peuvent aussi être réparés et réglés. Un site incontournable à cet effet : Oleg Photocameras.

A vous de faire vos propres explorations et bon amusement.

Les nouveautés en un lieu

Blue, Green, Black days …

Depuis quasi le début de la semaine, chez certaines enseignes, c’est le Black Fridays !

Pour d’autres, plus raisonnables, de sera du vendredi au dimanche minuit, suivi encore par un Cyber Monday (tant qu’il y en a, autant en abuser !)

Bref, ces quelques jours seront des jours de folie pour certains, renforcés encore par le confinement quasi généralisé du monde. Et se seront surtout les grandes plateformes qui en profiteront, d’Alibaba à Amazone, en passant par Bol et consorts.

Pourtant de nombreux commerçants ont aussi investis, contraints et forcés par les évènements, dans des systèmes de vente par Internet, via FB ou via des sites, parfois vite construits, pour eux aussi espérer liquider les stocks qui se sont accumulés dans leurs boutiques et arrières boutiques.

Face à cette déferlante consumériste, quelques voix discordantes, et c’est tant mieux : je parle ici du Blue et du Green Day.

En Belgique à tout le moins, des commerçants plus sensibilisés que d’autres aux aspects sociétaux et responsables de ce qu’ils vendent et à la manière dont ils vendent, les ont poussés à inventer ces nouveaux concepts.

Si celui du Blue s’apparente plus à un « blues » passager, dicté encore une fois par les circonstances inhabituelles que nous traversons, il est néanmoins le reflet de la détresse de ces commerçants et devrait nous inciter à les encourager, localement plutôt que de toujours favoriser les grands acteurs.

Pensez dont aux coûts cachés de ce que vous achetez : ça à l’air moins cher, pourquoi ? Parce que les travailleurs ne sont pas respectés, parce que les coûts de transports – qui se fichent de notre belle boule bleue – sont escamotés, parce que ces acteurs se moquent de faire traverser la planète à des produits inutiles et de faible valeur de durabilité, parce que ces acteurs ne paient pas les impôts qui permettraient aux états d’assurer le confort de leur population la plus précarisée !

Enfin, il y a les Green Days. Et ces jours là, je les aime bien moi.

Pourquoi ? Parce que ceux là favorisent le réemploi, la réutilisation, la réparation durable, l’économie circulaire, la durabilité.

Vous croyez que ce ne sont que des grands mots, des concepts à la mode ?

Dans une autre vie, j’ai été un spécialiste de ce que l’on appelle les valoristes, ces personnes qui considèrent que le déchet est une nouvelle matière première et, à tout le moins, que le déchet peut être ré exploité et ne pas (toujours) finir brûlé ou enfoui.

Un exemple ?

Et je pense aux appareils de notre ami Georges, qui redonne vie à des appareils modernes et anciens, dans une hybridation qui fait sens : d’une part le plaisir de garder (ou posséder) un appareil qui est un souvenir d’une autre époque (celle des pionniers) et d’autre part l’alliance de matériel moderne, plus adapté à notre temps (pour certains, plus habitués au monde digital) que l’on aurait jeté parce qu’abimé sans être devenu inutilisable..

En résumé, si vous cherchez à faire des achats, pour des cadeaux par exemple, pensez à ces alternatives qui ont – en plus – le mérite d’être originales …. et la Planète vous dit merci, en passant !

Argentique

Zorki 6

Même si certains auteurs ne l’aiment pas, voilà pourtant un Zorki sympathique.

Le Zorki 6 est, comme toujours, tout en métal, solide, pas vraiment gracieux mais plus équilibré, dans son ensemble, que le Fed 4b que je vous présentais il y a peu. Il fut produit de 1959 à 1966, belle longévité !

Il a une forme relativement contenue même, comparé au Fed 3, il est plus petit, je dirais « plus condensé ».

Vous remarquerez aussi sa large base télémétrique (la distance entre la fenêtre de visée et celle du télémètre) qui facilitera l’utilisation d’objectifs réputés difficiles (grande ouverture d’un Jupiter 3 50mm f1,5 p. ex., ou grande focale comme le Jupiter 12 35mm f2,8) parce qu’elle apporte une plus grande précision.

Au niveau design, même s’il est loin de gagner un premier prix, il faut quand même remarquer l’intégration du levier d’armement dans le capot et son accès facile, avec le déclencheur dans le prolongement.

Et – surtout – ici plus de clés sous la semelle pour séparer le dos du corps de l’appareil mais un dos monté sur charnières avec un vrai verrou sur le côté gauche. Petite remarque néanmoins, s’il faut lever la petite tirette du verrou pour ouvrir la porte, lorsque vous le refermez, il faut ré appuyer sur cette tirette pour fermer ce verrou.

Un grand progrès !

Ensuite, si vous regardez bien les photos, au dessus du verrou et sous le bouton de rembobinage, vous apercevrez une petite languette : c’est le correcteur dioptrique, toujours bien là et efficace.

Pour le reste, du grand classique, bien éprouvé – quoique avec des nouveautés – et efficace :

  • monture LTM 39 pour un large parc d’optiques (l’appareil est calibré pour un 50mm comme d’habitude), il n’y a pas de cadres collimatés pour d’autres focales et il faudra utiliser un viseur séparé
  • rideau en caoutchouc rendant un bruit finalement très discret
  • obturateur à plan focal horizontal
  • vitesses de 1/30, 1/60, 1/125, 1/250 et 1/500s plus pause B
  • viseur clair et bien contrasté
  • doubles prises pour la synchro flash
  • autre grande avancée, vous pouvez enfin changer les vitesses sans tenir compte que l’appareil soit armé ou pas (contrairement aux autres appareils russes)

Attention toutefois à ce petit bouton, près du sélecteur des vitesses : il sert lorsque vous avez terminé le film et que vous voulez le rembobiner. Un appuis dessus par inadvertance et vous ne pourrez pas prendre la photo mais en plus le prochain armement vous entrainera une vue et demie plus loin. A ne pas utiliser pour faire des doubles expositions comme nous pourrions être tenté de le faire !

En résumé, si vous en trouvez un en bon état (et ils sont nombreux dans ce cas), faites vous plaisir si vous voulez découvrir le monde du télémétrique à coût contenu, ce qui vous permettra d’investir dans une belle optique.

Sans aller jusqu’aux excès de prix des optiques Leica, en 50mm – qui est son optique de base préférée – un bon Jupiter 3 fera très bien l’affaire, voire même un Jupiter 8.

Bonne découverte.

Une petite vidéo d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Et toujours quelques références utiles : https://camerapedia.fandom.com/wiki/Zorki-6, http://sovietcams.com/index.php?1810920220, http://www.blog.bkspicture.com/review_Zorki_6.html en anglais, http://35mm-compact.com/anciens/zorki6.htm, http://www.collection-appareils.fr/avoscrayons/html/Boitiers_russes.php en français

Les improbables

Connaissez vous le ZorSony ?

Hé oui, voici un nouvel hybride vraiment original, loin des habitudes des as du marketing mais tellement proche de l’esprit qui anime ce blog …

Je vous avais déjà présenté une hybridation improbable, celle d’un Fed et d’un Lumix. Ici, c’est un pas plus loin !

Notre ami Georges a ouvert une voie et quelques passionnés lui emboitent le pas, pour le plaisir de photographier autrement.

Et donc, un collectionneur ne pouvait se résoudre à jeter un vieux Zorki qui, s’il ne fonctionnait plus, gardait l’attrait de ces vieux télémétriques : une bouille sympathique et un parfum d’hier …

Mais trêve de nostalgie car dans les tiroirs de ce bon monsieur trainait aussi un très moderne Sony RX100 qui lui aussi avait dû connaître des jours meilleurs. Toutefois, si son ramage n’était plus à la hauteur, sa technologie était toujours parfaitement fonctionnelle.

Alors pourquoi ne pas mixer ces deux mondes improbables ?

Petit coup de fil à notre ami Georges, qui aime les défis, et le voilà recevant les deux boitiers pour cette délicate opération

L’opération est classique : démontage complet du Zorki, pour estimer au mieux l’espace disponible, dépouillage du Sony de ses plastiques; mise en perspective des deux et tracé des découpes à envisager.

Car, de fait, l’insertion du Sony va imposer une rehausse de 9mm du corps du Zorki.

Opération découpe : le boitier du Zorki est découpé en 4 parties, la rehausse installée et ressoudée.

Il faut se résoudre aussi à sacrifier le micro flash du Sony. Ceci étant, l’objectif de ce dernier est un équivalent 28 – 100mm ouvrant à f1,8 – 4,9 et son capteur permet des montées en ISO confortables : la mise hors service du flash ne sera pas une perte vraiment préjudiciable.

Bref, quelques découpes, soudures, escamotages, introduction millimétrée, ajustage précis des divers éléments, ré assemblage, recouvrement, nettoyage et voilà un vrai hybride : le ZorSony !

Encore une fois, j’applaudis : plutôt que de finir en fonderie pour le vieux Zorki et à la déchetterie pour le moderne Sony, cette greffe inhabituelle permet de faire revivre un appareil photo tout à fait fonctionnel.

Et d’ajouter ce que je qualifie d’humour, au sens où le photographe qui utilisera cet appareil le fait en toute connaissance de cause et les sujets photographiés auront toujours un doute salutaire auquel ils n’auront réponse que s’ils franchissent le pas de la rencontre avec le photographe, ouvrant sans doute le débat, le plaisir de la découverte, le partage des idées …

Le résumé en quelques images :


Et parce que notre ami Georges n’est jamais avare de ses bons conseils, trucs et astuces, je vous livre la phrase qui clôturait le mail de nos échanges : « A ceux qui voudraient  reproduire cette réalisation ,je suis prêt à leurs donner quelques infos« . 

Donc si vous vous l’âme chirurgicale, si votre établis frémit d’impatience, si vous avez des vieux boitiers qui aspirent à une (au moins) seconde vie, prenez contact avec moi via le formulaire de contact et je me ferai un plaisir de relayer vos demandes vers Georges.

Exceptionnellement, je vais me permettre de traduire le commentaire de Christian pour ceux qui ne comprennent pas la langue de Goethe (ok, moi je triche, j’ai un bon traducteur ;-))

« J’ai rencontré Georges par hasard. Une coïncidence que je ne voudrais plus manquer. Je suis photographe amateur Leica depuis le début et je suis maintenant dans la deuxième moitié (la plus courte) de ma vie. C’est là que j’ai trouvé l’offre de Georges de convertir un Leica à vis en appareil photo numérique. Je n’ai pas cru mes yeux pour croire ce que Georges avait prévu. Il m’a donné de bons conseils et m’a suggéré de ne pas prendre un vrai vieux Leica, mais un ‘Goldleica’ (réplique). Il m’a laissé faire partie de toutes les étapes de travail et a posé des questions sur mes souhaits personnels. J’ai eu la chance de connaître personnellement Georges en revenant de vacances en Méditerranée. Ce qui m’attendait m’a assommé. J’ai reçu un chef-d’œuvre de savoir-faire parfait qui fonctionne toujours parfaitement aujourd’hui, et dont la vue me met toujours de bonne humeur. Merci encore et une recommandation à tous ceux qui veulent combiner l’ancienne technologie avec la précision numérique. Georges a un sens aigu de l’esthétique et vous pouvez lui faire entièrement confiance.« 

Argentique

Ricoh « 35 »

Au pays des télémétriques, il y a des appareils qui retiennent l’œil plus que d’autres, allez savoir pourquoi (ou pour qui) ?

Le Ricoh « 35 » m’a intrigué et j’ai eu l’occasion d’en acquérir un en très bel état, que je vais vous présenter.

C’est donc un vrai télémétrique, avec correction de la parallaxe et tout et tout … mais à objectif fixe, en l’occurrence ici, un Riken 45mm f3,5.

En main, c’est du solide, comme en ces années là (1955), tout en métal, bien fini avec des innovations qui génèrent peut-être des formes inhabituelles mais qui savent rester élégantes.

Comme ces deux « tubes » plats, flanqués à gauche et en haut de l’objectif, qui masquent en fait les précieux mécanismes des réglages de la distance, de l’ouverture, de la vitesse. C’est techniquement complexe et pourtant solide (il fonctionne toujours 60 plus tard) et cela reste esthétique (enfin,je trouve, mais les goûts et les couleurs …)

Allez, petite revue technique de l’appareil :

  • objectif Ricomat Riken 45mm f3,5 en trois éléments et trois groupes
  • ouverture de f3,5 à f16
  • mise au point manuelle avec télémétre couplé; grande base télémétrique pour une meilleure précision
  • visée bien claire et contrastée
  • vitesses de 1/10s au 1/200s plus pause B (obturateur Riken)
  • compteur de vue mécanique autour du bouton d’armement

Outre son esthétique particulière, il possède la particularité de pouvoir être armé soit en tournant le gros bouton sur le capot à droite (en regardant dans le viseur) soit par une gâchette située sous l’appareil.

Sur mon exemplaire, il manque une partie de celle-ci (le renvoi vers le haut) mais cela n’affecte pas son utilisation somme toute assez naturelle avec la main gauche, lorsque vous tenez l’appareil prêt à photographier.

Autre particularité, cet appareil a été produit avec des graduations de distance soit en « feet » soit et mètre. Pourtant il ne fût guère proposé à l’export. Seuls 16.500 exemplaires ont été produits, ce qui explique sa relative rareté.

Et cette singularité se retrouve sur la platine autour de l’objectif, car c’est là qu’est gravée l’échelle de mise au point pour le zone focus.

Les roues de réglages, autour de l’objectif, sont bien crantées même si elles restent fluides et faciles à manœuvrer.

C’est vraiment un appareil plaisant à tenir en mains et à utiliser. Son déclencheur étant plus discret que sa mise, finalement.

Pour le charger, il faut ouvrir les deux clés sous l’appareil et ôter le dos entier, ce qui permet de placer facilement le film dans son logement, de tirer la languette jusque la bobine réceptrice. Lorsque vous le refermez, une plaque de pression vient assurer la planéité du film.

Mais avant de refermer l’appareil, regardez la petit pièce métallique qui viendra s’ajuster parfaitement avec la tige d’entrainement de la pellicule et qui est assujettie à la gâchette sous la semelle. Du bel ouvrage !

En fin de film, vous appuyez sur le bouton près du déclencheur et tournez le bouton de gauche pour rembobiner.

Historiquement Le Ricoh « 35 » est le premier appareil gravé « RICOH » pourvu d’un télémètre.
Il suit le Ricolet, à viseur clair, le Ricolet 2 et le Riken 35 identique à ce modèle, sa gravure exceptée.

Plus de 30 modèles de 35 mm télémétriques seront commercialisés par RIKEN ( puis RICOH ) entre ce modèle et le 500 G de 1972.

Si vous cherchez un appareil différent et néanmoins parfaitement utilisable – si vous en trouvez un – faites vous plaisir, il vous le rendra.

Une petite vidéo d’illustration (sorry, en japonais, mais c’est approprié) :

Quelques références : https://camerapedia.fandom.com/wiki/Ricoh_35, http://camera-wiki.org/wiki/Ricoh_35 en anglais, https://www.mgroleau.com/photo/japon/ricoh/ricoh35.html, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11189-Ricoh_35.html en français

Argentique

Les appareils « bijou », suite : le Fujifilm Epion 1010 MRC TIARA

Nous sommes ici aussi face à un appareil qui a été conçu pour être vraiment comme un accessoire de mode.

Pourquoi suis-je si catégorique ?

Tout d’abord sa robe, dorée (il a existé aussi en version Titanium, gris) ensuite sa longue dragonne qui le destine à être porté autour du cou, en sautoir; ensuite, sa toute petite taille, qui permet de le considérer comme – au choix – un étuis à maquillage, un porte-cigarettes, … jusqu’à ce qu’on l’ouvre et découvre, dans un léger bruit d’engrenages électroniques, un viseur, un objectif et un minuscule flash.

Ce tout petit appareil est un condensé de ce qui se faisait de mieux en APS.

En effet, son design élégant cache un concentré de technologies :

  • un objectif Fujinon Super EBC 24mm f3,5 en 3 éléments, 3 groupes, avec position macro incorporée
  • distance de mise au point minima 30cm jusque l’infini
  • autofocus à infra-rouge
  • obturateur électronique de 1/2s à 1/500s
  • chargement automatique du film, avance et rembobinage tout auto, avec lecture de la sensibilité (de 25 à 3200Asa)
  • la possibilité de changer le film en cours de route et de redémarrer à la prochaine photo vierge (l’avantage de l’APS) – MRC = mid roll change.
  • flash pop-up multi-programmé avec réduction des yeux rouges et débrayable
  • retardateur 10 secondes
  • un petit écran LCD qui regroupe les informations utiles et les réglages
  • option d’impression de la date et de l’heure
  • alimenté par une CR2

Lorsque vous le fermez, il est vraiment tout petit et lorsqu’il est en position ouverte, il n’est guère plus grand. Il fut d’ailleurs considéré comme le plus petit appareil du monde. Son nom en lettres capitales est plus long que l’appareil lui-même !

Le Fujifilm Epion 1010 MRC TIARA (pour le Japon) ou Fujifilm Endeavor 1010ix MRC Tiara APS (pour les USA) est un appareil assez rare. Même s’il devient difficile de trouver des films en APS,il reste un petit bijou à tenter …

Une petite vidéo pour illustrer l’appareil dans son fonctionnement :

Comme d’habitude, quelques références : https://phototakenwith.com/brand/fujifilm/model/fujifilm-epion-tiara-ix-1010-mrc/ et https://phototakenwith.com/brand/fujifilm/model/fujifilm-tiara-ix-epion-1010-mrc/ (quelques exemples de photos), https://camerapedia.fandom.com/wiki/Fujifilm_Tiara_ix_1010, http://www.submin.com/aps/collection/fuji/cameras/endeavor_tiara_1010ix.htm en anglais,

Les nouveautés en un lieu

Connaissez-vous le Pixii ?

Si vous êtes comme moi, un brin curieux, vous en aviez, vaguement, entendu parlé, notamment dans la presse spécialisée.

Je résume : c’est un appareil créé de toutes pièces par un français, David Barth, qui, ne trouvant pas « d’appareil à son œil », a décidé de fabriquer l’appareil « parfait » (pour lui !).

Il s’agit d’un télémétrique avec un capteur APS-C sans écran, celui-ci étant remplacé par une connexion avec votre smartphone.

Bon, des télémétriques sans écran, il y en a déjà eu, chez Leica : le M60 (confidentiel, je vous l’accorde puisque produit à seulement 600 exemplaires), puis le M-D type 262, ensuite le M10-D sorti en 2018 et qui communique aussi avec votre smartphone pour vérifier vos images, les télécharger et les envoyer.

Ok, nous sommes chez Leica et le ticket d’entrée est à 7.650€, nu mais avec 24Mpx en plein format.

Le Pixii, lui, opte pour un capteur de 11Mpx au format APS-C. Notez que pour regarder ses images sur son smartphone c’est plus que suffisant, mais pour faire de la « vraie » photo, c’est un peu juste.

Attention, j’entends par « vraie » photo celle que vous allez tirer dans un format autre que le 10X15, comme par exemple un format d’exposition (30X40).

Maintenant, si votre ambition est de publier sur Instagram ou d’envoyer vos photos à vos « amis » et connaissances, c’est aussi largement suffisant.

Mais cela justifie t-il un achat à 3480€ (version 8Go interne) ?

Soyons de bons comptes, je salue cet entrepreneur qui essaie de mettre au point un nouvel appareil, partant d’une feuille blanche pour lui (il n’est pas du monde de la photo, c’est un ingénieur développeur en software)

Mais quel est son constat de départ ? Devenu père, il s’aperçoit que son Nikon D70 ne lui donne pas le réflex intuitif dont il a besoin pour s’immerger dans la photographie. C’est la rencontre avec un vieux Leica M3 qui est le déclencheur : il comprend enfin la relation particulière de l’œil à son appareil et à son envie de faire des photos. Il achète ensuite un Leica M8, qui achève de le convaincre.

Et pourtant, c’est en utilisant un vieux Leica M2, sans cellule, qui se produit le déclic ! En effet, pour mesurer la lumière, il utilise son … smartphone. « Je me suis dit que si mon appareil pouvait envoyer les photos directement vers mon smartphone, je pourrais les retoucher et les partager facilement » dixit Monsieur Barth.

Je sais, je sais, une génération entière est continuellement scotchée à l’écran de son téléphone dit intelligent, dont les fabricants et les développeurs s’ingénient à lui dire que c’est là l’engin le plus « chill » – à mon époque on disait cool – pour tout, y compris pour ses photos, qu’elle va pouvoir envoyer au monde entier en quelques clics (la planète ne vous dit pas merci).

Et là je dis stop ! Si vous voulez « voir » ce que vous faites, c’est – au moins – sur l’écran d’un PC, calibré correctement, que vous pourrez travailler en toutes certitudes : celle de la justesse de vos couleurs (les dalles des smartphones sont « optimisées » pour flatter le regard, pas la réalité), celle de la précision de vos corrections éventuelles (mettez une fois une de vos photos bidouillée sur votre smartphone sur l’écran d’un PC, vous serrez très surpris des approximations), celle de la précision de votre cadrage … pour commencer !

Lorsque Leica a choisi de retirer l’écran de quelques uns de ses modèles, c’était pour répondre à la demande de certains puristes, qui acceptaient de patienter pour voir le résultat de leurs déambulations photographiques, comme au bon vieux temps de l’argentique.

Ne croyez pas que c’est là une attitude de vieux réactionnaires, fermés à tout progrès, mais plutôt des photographes qui savourent (encore) la patience de la prise de vue, la réflexion lors de celle-ci, le temps de la maturité pour (re)découvrir d’un œil serein les images capturées, afin d’en faire le bon choix, la meilleure évaluation pour une correction éventuelle, pour savourer le souvenir du moment où ils ont pressé le déclencheur …

Au pays de l’argentique – et de plus en plus de personnes, jeunes et très jeunes y compris – ce sont de attitudes qui comptent et qui sont toutes naturelles puisqu’il faut développer le film avant de le voir et d’y travailler si besoin.

A notre époque du « tout tout de suite », les as du marketing vous font croire que l’instantanéité est LA condition acceptable pour exister aux yeux du monde. Triste monde !

Pour en revenir donc à ce Pixii, je me dis que Monsieur Barth s’est trompé d’objectif : créer un nouveau télémétrique, avec des codes différents pour une utilisation facilitée (pour ceux qui n’ont jamais connu l’argentique et ses réglages), incluant une ergonomie repensée et un design personnel, je dis oui et j’applaudis.

Mais vouloir singer un appareil en y ajoutant le fallacieux prétexte d’un travail rapide et expéditif sur un écran minuscule pour se démarquer, c’est une erreur.

Une erreur à 3480€ quand même !

Pour découvrir l’appareil et son concept : PIXII

Sources de l’article : Sciences et Vie Photo numéro 10, décembre – janvier 2021.

Argentique

Un autre appareil « bijou » , l’Olympus LT

C’est vrai, certains appareils ont été conçus comme de véritables bijoux tant leur apparence est soignée, les détails recherchés, au delà de leur simple fonctionnalité.

Je vous présentais il y a peu le Penti II, quasi un archétype de ce genre d’appareil.

Aujourd’hui, c’est l’Olympus LT, digne successeur d’un autre très joli appareil, l’Olympus LT-1, sorti en 1995.

L’Olympus LT-1 (pour Leather Tech) fut donc lancé en 1995, suivi ensuite du LT-1 QD (Quartz Date) en 1997. Ce qui est amusant, c’est qu’il était considéré comme un appareil au « retro-look » à son époque (comme quoi le marketing. a parfois du mal à se réinventer !).

Bref, c’était un « point and shoot » 35mm conçu pour résister aux intempéries , son revêtement en cuir étant en fait synthétique. Il est une extrapolation du Mju, dont on devine la forme initiale sous le nouveau ramage.

Puis vint, en 1997, celui qui nous préoccupe aujourd’hui, l’Olympus LT Zoom 105. Il est une évolution du précédant. Mais si vous regardez bien, il n’est pas éloigné non plus du Mju Zoom …

Lui aussi opte pour une livrée en simili cuir (dans plusieurs coloris) mais abandonne le volet repliable pour opter pour un couvercle argenté qui se replie sur l’objectif.

Techniquement :

  • il possède un zoom de 6 éléments en 5 groupe, un 38 – 105 mm f4,5 – 8,9
  • mise au point de 60 cm à l’infini
  • son obturateur est électronique, programmé
  • sa cellule fait une mesure de la lumière sur 3 zones et il y a une fonction mesure spot
  • le viseur suit l’avancement ou le retrait du zoom; il possède une correction dioptrique
  • la visée est en taille réelle avec une marque pour la correction des gros plans (correction de la parallaxe)
  • une diode s’allume pour signaler le manque de lumière et la mise au point automatique
  • l’appareil reconnait le codage DX des films (sensibilité de 50 à 3200 ISO)
  • il possède un retardateur (12 secondes)
  • le flash intégré est à puissance variable, selon le mode choisi (Auto, Auto S – anti yeux rouges, débrayé ou full en mode nuit). Un petit bouton, près de l’écran LCD, permet sa gestion
  • l’appareil peut être déclenché à distance par une télécommande IR RC 200 (option)
  • pour l’énergie, une pile CR123 suffit
  • et, une fois n’est pas coutume, le dos dateur est prévu pour être réglé jusqu’en 2030 !

Le viseur et le petit panneau LCD sur le dessus de l’appareil sont particulièrement bien fournis en explications de toutes sortes

L’autofocus est efficace et il peut être utilisé même si l’objet à photographier est décentré (appuis à mi-course sur le déclencheur pour figer la mesure).

En fait, lorsque j’ai vu cet appareil pour la première fois, il m’a fait penser au style Steampunk avec cet espèce d’ hublot fermé par son écoutille argentée.

En y regardant de plus près, j’ai vu le petit loquet ON/OFF, près du sigle AF (discret). C’est lui qui permet de « déverrouiller » l’objectif.

Sur le haut, un petit écran LCD, qui reprend les modes choisis; à côté, deux minuscules boutons argentés pour la mise en route du retardateur et la gestion du flash; plus loin, un large déclencheur et à côté de lui, le « joystick » pour le zoom.

Attention, dès que vous mettez l’appareil sous tension, le petit flash sort automatiquement. Particulièrement bien équilibré pour les fill in (débouchage des ombres en cas de contre-jour), il faut penser dans les autres cas de figure à le mettre sur OFF pour éviter des déclenchements intempestifs. Lorsque vosu éteignez l’appareil, l’objectif se rétracte, ainsi que le flash. Par contre, la petite écoutille cache objectif, vous devez la remettre en place du bout des doigts.

Et lorsque vous le mettez sous tension, ne laissez pas votre doigt sur le flash, l’empêchant de sortir car dans ce cas, l’objectif ne se déploie pas.

Sur la tranche, deux autres minuscules boutons pour régler la date et un bouton plus large pour régler la vue en mode normal ou panorama.

Pour le charger, vous ouvrez la porte arrière (petit verrou sur la tranche droite), tirez un peu sur l’amorce du film, que vous poussez dans le compartiment avec la bobine réceptrice, vous refermez le tout et mettez sous tension : l’appareil va charger la pellicule et, comme dit plus haut, lire le code DX sur la cartouche, réglant ainsi la sensibilité du film, dans les valeurs admises.

Si vous êtes attentif, j’ai noté qu’il y avait un bouton pour régler le mode panorama. De fait, en ouvrant l’appareil, vous verrez le changement de cadre se mettre en place quand vous manœuvrez le dit bouton.

Du facile et simple à gérer. Ce qui n’empêche, dans la bonne tradition Olympus, de proposer un appareil aussi performant que son lointain cousin, le Mju. Comme lui, il est traité « All Weather »; il ne craindra donc pas les mauvais temps (rappelez-vous ce terme ne veut pas dire qu’il est étanche à l’immersion)

Je l’ai trouvé agréable à prendre en mains et à manipuler. En plus, il est joli et sort de l’ordinaire des appareils compacts des années nonante.

Si vous en trouvez un, laissez-vous tenter, il en vaut la peine.

Une petite video d’illustration :

Quelques références : https://www.imagingpixel.com/p/olympus-lt-zoom.html, https://www.cnet.com/products/olympus-lt-zoom-105-point-shoot-zoom-camera-35mm-series/, https://photojottings.com/olympus-lt-zoom-105-review/ en anglais, http://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=2045 en français

Argentique

Un appareil « bijou » : le Penti II

Parfois, au hasard d’un tiroir, on redécouvre des appareils anciens, plein de charme et d’histoires.

Celui que je vais vous présenter aujourd’hui à la saveur des histoires familiales, de ces photos conservées précieusement dans les albums que l’on feuillette avec bonheur et un brin de nostalgie.

Il a appartenu à ma belle-mère, que je n’ai pas eu le plaisir de rencontrer mais mon épouse a gardé précieusement ce témoin de ses premiers pas, des rencontres familiales, des évènements fondateurs d’une famille.

Lorsque l’on ôte son « sac tout prêt » en cuir beige, garni de feutrine rouge, on hésite, de prime abord : est-ce un appareil photo ou un de ces petits objets de dame des années soixante (un poudrier, un étuis de maquillage, un petit miroir, … ?)

Non, il y a un viseur et un objectif niché dans un écrin doré finement quadrillé.

Bon, d’abord, de qui s’agit-il ? Je le tourne et le retourne pour trouver une marque. Sur le pourtour de l’objectif, ultra plat, je trouve un mot Penti, suivi des chiffres romains II.

Petit tour sur le site de Sylvain Halgand (décidément incontournable) et je découvre les racines de l’appareil.

Il s’agit d’un Penti II. daté vraisemblablement de 1964. Le Penti fut fabriqué dès 1960 à l’origine par Welta-Kamera-Werk dans l’ex Allemagne de l’Est (RDA) à Dresde. La société Welta sera absorbé par la VEB Pentacon en 1964 alors que cet appareil était encore en production. Ceux qui seront fabriqués après la fusion ont été alors appelé Pentacon Penti II (le logo Pentacom – voir folder ci-dessous – est repris sur le dessous de l’appareil)

Techniquement, il propose quelques particularités intéressantes :

  • le film tout d’abord. C’est une cassette dite « rapid » provenant de l’Allemagne de l’Ouest (Agfa) au format particulier 18×24 – qui n’existe plus – c’est donc un « half frame » ou demi format
  • l’objectif est un Meyer Domiplan f3,5/30 mm en 3 groupes, doré comme le reste de l’appareil mais particulièrement compact
  • l’obturateur donne les vitesses de 1/30 à 1/125s + pause B
  • les sensibilités des films acceptés vont de 15 à 24 Din (soit 25 à 200 Asa) et vous réglez la sensibilité via un petit curseur sous l’objectif
  • sa cellule est au sélénium, couplée. Il faut ajuster une aiguille à une marque assujettie à l’ouverture et la vitesse
  • bague de mise au point de 1m à l’infini
  • le viseur est fixe, avec cadre collimaté et l’appareil tenu à l’horizontale, vous comprenez que c’est un demi format, la fenêtre étant verticale
  • le déclencheur est un gros bouton doré, très doux
  • pas de bouton d’armement classique. En fait, lorsque vous avez déclenché, une tige sort sur le côté gauche de l’appareil et le fait de la rentrer dans le corps de l’appareil fait avancer le film d’une vue et réarme le déclencheur (qui reste de ce fait toujours sous tension)

Je reviens aussi un instant sur la cassette Agfa, dite « rapid ». C’est un type de film qui était réservé à quelques appareils destinés aux amateurs. Connu sous le nom de SL System (Schnell Lade ou chargement rapide en allemand). En fait les cassettes n’ont pas d’axe sur lequel le film s’enroule.

Comme ces cassettes n’existent plus, il devrait être possible de charger, dans le noir absolu, une longueur de film équivalent à 12 vues dans une des cassettes (n’oubliez pas que c’est un demi format, donc vous aurez 24 photos). Pas certain que ce soit efficace car les encoches pour faire avancer le film risquent de ne pas correspondre et il faut découper l’amorce comme montré dans l’illustration ci-dessous..

Ici, je vais prendre une illustration d’un site très intéressant pour vous montrer le principe car il y a toujours un film dans celui que nous avons retrouvé. Sans doute des souvenirs que mon épouse ne veut pas perdre, je la comprends.

En fait, les 2 cassettes sont insérées dans le corps de l’appareil. Il faut tirer une amorce du film, l’amener vers la seconde cassette, qui est tenu par un loquet, et refermer la trappe qui « pousse » sur le film pour assurer son avancement et sa planéité

Très originaux dans leur conception, les Penti ont été conçu par Walter Henning lorsqu’il travaillait chez … Zeiss Ikon mais côté RDA (Allemagne de l’Est de l’après guerre). Finalement, il fut produit par la société Welta et son nom original était Welta Orix (produit exclusivement en 1958). Puis l’appareil devint Penti puis Pentacon Penti. Produit de 1959 à 1977, ces appareils ont été vendu à près de 800.000 exemplaires.

Cet appareil a été conçu comme un véritable accessoire de mode destiné aux dames. Les illustrations de l’époque le présentent comme tel

Pour le mode d’emploi, c’est ICI

Des références : http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-970-Pentacon_Penti%20II.html en français, https://www.mikeeckman.com/2018/12/pentacon-penti-ii-1961/ , https://apenasimagens.com/en/penti-ii-pentacon/, http://www.analogadvocates.com/page/penti en anglais

Argentique

Konica C35 automatic

Allez, je vous avoue, alors que je m’étais dit « plus de petit compact », j’ai craqué pour celui-là parce que je le vois régulièrement sur le site de Fred, un photographe Pro du Nord de la France, qui a le mérite de continuer à travailler en N/B même pour ses reportages rémunérés.

Et parce que, finalement, je le trouve aussi mignon que l’Olympus Trip 35 ou le Yashica Electro 35 MG que je vous ai déjà présentés, même si, techniquement, il est plus proche du second..

Le Konica C 35 Automatic (ou C 35 Flashmatic pour le Japon) est le successeur du Konica C 35.

Petit récapitulatif de la gamme :.

  • Konica C35, 1968, argent et noir, télémétrique couplé objectif Hexanon de 38mm f2.8
  • Konica C35V, 1971, tout argenté, sans télémétre, avec 4 zones de focus préétablies, objectif Hexanon 38mm f2.8
  • Konica C35 Automatic, 1972, argent et noir, ou tout noir (rare), télémétrique couplé, objectif Hexanon 38mm f2.8 et système avancé du contrôle du flash

Notez qu’il n’y a pas de grands changements mais plutôt de petites améliorations utiles pour les photographes des années septante qui recherchaient un petit appareil, simple, économique et qui donne de beaux résultats.

Au niveau technique, justement :

  • une optique Konica Hexanon de 38mm avec une ouverture de f2,8 (c’était souvent le cas à cette époque) d’excellente réputation
  • un obturateur Copal qui fonctionne du 1/30 s au 1/650 s et pause B
  • en position automatique, la vitesse varie du 1/30ème au 1/650ème de seconde, géré par la cellule
  • une cellule CDs, donc, qui se situe au dessus de l’objectif, alimentée par une pile style LR44,
  • on peut lui adjoindre un flash (2 en fait, selon la puissance que l’on veut utiliser)
  • un viseur, collimaté avec repère optique de correction de parallaxe possède, sur sa droite, une échelle reprenant le couple vitesse/diaphragme
  • un retardateur
  • une image télémétrique de grande taille (étonnant compte tenu de celle de l’appareil), teintée de jaune
  • un réglage de la sensibilité ASA (de 25 à 400)

Alors comment ça marche ?

Et bien vous cadrez, vous mettez la scène au point et … vous appuyez sur le déclencheur ! L’appareil sélectionne l’ouverture, de f2,8 à f24 et la vitesse d’obturation, de 1/30s à 1/650s et il vous rappelle, dans le viseur, la combinaison qu’il a choisie.

En résumé, un chouette petit appareil, qui tient dans une main. Très simple d’utilisation mais qui donne d’excellents résultats photographiques.

Nous pourrions lui reprocher de ne pas avoir la main sur ses choix lors de la prise de vue, mais s’ils sont bons, pourquoi vouloir se compliquer la vie ?

Ah oui, il y a quand même une petite chose à laquelle il faut veiller : acheter un bouchon d’objectif, car la cellule est toujours en ON et se décharge vite si vous ne la couvrez pas.

Voilà, pour le reste, faites vous plaisir, c’est un bel objet et il fait de bonnes photos, en toute simplicité.

Une petite vidéo :

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Des références, pour aller plus loin, par curiosité : http://35mm-compact.com/compact/konicac35automatic.htm, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1630.html en français, https://www.imagingpixel.com/p/konica-c35-automatic.html, http://blog.bkspicture.com/review_Konica_C35_automatic.html (avec des exemples d’images), en anglais.

Argentique

Zeiss Ikon Contessamat SBE

Après Voigtländer, une autre légende, Zeiss Ikon.

Zeiss Ikon, avant la première guerre mondiale, était l’une des plus grandes entreprises de matériel photographique dans le monde. Fondée en 1926 par la fusion de quatre sociétés (IKON = ICA + Contessa-Nettel et Ernemann, Goerz), elle faisait partie de la fondation Carl Zeiss.et fut rejointe encore par d’autres grosses entreprises. Si le siège social était établi à Dresde, elle possédait des usines à Stuttgart et Berlin

Ce qui explique que la plupart des appareils produits seront équipés des optiques signées Zeiss

Puis vint la seconde guerre mondiale. La société fut divisée en deux parties, comme beaucoup d’autres fleurons de l’industrie allemande, et une partie se retrouva en Allemagne de l’Ouest et l’autre à L’Est.

Je ne vous ferai pas ici l’histoire de la marque, passionnante, car vous trouverez facilement elle-ci sur la Grande Toile.

Arrêtons-nous sur cet appareil, que j’ai acquis en son temps dans un lot d’appareils anciens (le Vito CLR et le Vitoret que je vous ai présentés en faisaient partie).

Il n’est pas toujours aisé de s’y retrouver dans les gammes d’appareil de Zeiss Ikon, qui essayait de couvrir tous les créneaux possibles, du plus basique au plus sophistiqué.

La gamme Contessa a été produite à Stuttgart dans les périodes 1950-1955 et 1960-1971, elle comporte de nombreux appareils de milieu et de haut de gamme. Ces appareils ont été conçus par Hubert Nerwin. Les versions des Contessa et Contina dont la désignation se termine par « E » comportent une visée télémétrique.

La gamme Contessamat fut déclinée en Contessamat, Contessamat SE, Contessamat STE et Contessamat SBE, qui était le haut de gamme de la série. Il fut produit de 1963 à 1967.

Que propose t’il qui justifie cette appellation de « haut de gamme » ?

  • il possède un télémètre couplé
  • une cellule couplée
  • un objectif Tessar 50mm f2,8 -f 22 (4 lentilles en 3 groupes), mise au point minimale 1m
  • un obturateur Prontomatic 500 SL qui va de 1s jusqu’au 1/500 s
  • pour la photographie au flash, il a un système pour coupler les anneaux de distance et d’ouverture; lors de la mise au point du télémètre, l’ouverture se règle simultanément.
  • un cadre collimaté avec superposition de l’image

Bon, ceci étant dit, comme le Vito CLR, on le sent bien en mains, même s’il est un peu plus léger (630gr).

Le déclencheur est plus habituel, sur le haut du capot. Très discret aussi. La manivelle de rembobinage est en dessous de la semelle et vous la déverrouillez en appuyant sur le petit bouton à côté.

La cellule est sur le haut du capot et il faut aussi quitter la visée des yeux pour la voir.

Esthétiquement, il est plus carré que le Vito CLR, mais c’est un design « classique » des années soixante.

Lui aussi est accompagné du fameux « sac tout prêt », dont la partie avant peut se détacher pour faciliter les prises de vue et qui permet de le porter (les lanières sont sur le sac). L’autre avantage de ce sac est de préserver la cellule, au sélénium, de la lumière qui l’épuise avec le temps. Celle de mon appareil est toujours fonctionnelle et l’appareil à plus de cinquante ans !

Franchement, ce qui impressionne avec cet appareil, c’est … son nom, promesse de qualité et que l’on voit bien (un peu à la Leica !)

Pour ma part, je le trouve tout à fait exploitable, même à notre époque. Il a ce qu’il faut pour photographier, mais sans courir : ces appareils demandent à s’apprivoiser pour donner le meilleur d’eux-mêmes.

Maintenant, si je devais choisir entre le Zeiss Ikon Contessamat SBE et le Voitgländer Vito CLR et bien … ce serait difficile !

Une petite vidéo (en anglais)

Et pour le mode d’emploi, c’est par LA

Des références, comme souvent : https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Zeiss_Ikon en français, https://pacificrimcamera.com/pp/zicontessamat.htm, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Zeiss_Ikon_Contessamat en anglais, http://fotobox.over-blog.fr/article-zeiss-ikon-contessa-et-contessamat-110280841.html, http://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=12909 en français, https://ilostrado.wordpress.com/2011/08/11/zeiss-ikon-contessamat-sbe-test-shoot-in-rome/ en anglais mais pour quelques idées de photos réalisées avec l’appareil

Argentique

Voigtländer Vito CLR

La marque Voigtländer est sans doute la plus ancienne marque d’appareils optiques : elle fut fondée en 1756 par Johann Christoph Voigtländer, un pionnier de l’histoire de la photographie.

En 1840, elle sort le premier appareil photo tout métallique au monde et se sera le début d’une longue aventure d’innovations, jusqu’à une première association avec son concurrent, Zeiss Ikon en 1970, pour tenter de résister à l’invasion des appareils nippons. Hélas, en 1972 elle ferme ses portes. Son nom sera racheté par Rollei en 1974. Enfin, la société allemande Plusfoto GmbH rachète la marque Voigtländer et confie à Cosina (Japon) la réalisation de nouveaux boîtiers télémétriques haut de gamme, les fameux Besa.

Je ne vais pas faire ici l’historique de cette prestigieuse marque, vous trouverez facilement des infos sur la Grande Toile à son sujet.

Je vais m’arrêter sur un des nombreux modèles produit, le Vito CLR.

Contrairement aux Dacora Super Dignette et Voigtländer Vitoret que je vous présentais il y a peu, celui-ci est un télémétrique, c’est à dire que l’action que vous portez sur l’objectif se voit dans le viseur. Vous ajustez l’image par coïncidence d’un point (patch) sur celle-ci.

Ce qui permet une mise au point plus précise, non plus approximative mais basée sur l’objet à photographier (ce qui n’exclus pas l’utilisation du zone focus quand il faut aller vite).

Le Vito, premier du nom à vu le jour en 1939 et c’était un appareil pliable utilisant le 135mm. Ensuite, le Vito B, pourvu d’une « carrosserie rigide » est apparu en 1954. Cette gamme de Vito fut déclinée en plusieurs versions pour aboutir, en 1960, à la gamme du Vito C, dont le CLR est une déclinaison. Enfin, la gamme s’acheva sur le Vito Automatic.

C’est donc la troisième évolution du Vito. Le sigle CLR indique qu’il s’agit de la gamme C avec un photomètre (L = ligth) et un télémètre (R=rangefinder). Il fut produit de 1961 à 1967.

La cellule et le télémètre sont couplés à l’obturateur. Un luxe à l’époque qui se négociait en 1965 au prix de 56,97£ (soir près de 2058€ en 2020 !).

L’appareil photo est un peu plus grand que le Vito B – il mesure 125 mm sur 85 mm sur 75 mm et pèse 730 g. Concrètement, on « sent » ce que l’on a en mains ! Mais il reste compact et facile à manipuler, si vous le prenez correctement en mains : la gauche sous le fut de l’objectif et le majeur de la main droite sur le déclencheur… Faut juste un peu de pratique pour que ça paraisse normal.

L’appareil est maintenant doté d’un dos à charnière, fermé par un loquet fixé sur la gauche de l’appareil. Il faut appuyer sur les deux extrémités en même temps pour déverrouiller le loquet.

Un astucieux bouton, placé près de la fenêtre de visée, permet de déverrouiller la bobine réceptrice, pour rembobiner le film en fin de course. Sur ce bouton, un rappel pour le type de film inséré : lumière du jour ou lumière artificielle me semble t’il (j’ai toujours un doute sur l’utilité de cet accessoire).

L’armement se fait grâce à une tirette, parfaitement dissimulée dans le corps de l’appareil, avec juste un petit bout de cette tirette qui dépasse pour armer rapidement.

Le compteur de vue, qui se remet à zéro à l’ouverture du dos, se situe sous la semelle.

Il y a une griffe porte flash mais sans contact comme nous le connaissons aujourd’hui mais une prise pour le flash est en façade, sous le déclencheur.

Car oui, le déclencheur est en façade. Le gros bouton doit être abaissé pour prendre la photo, ce qui nécessite un peu d’habitude pour ne pas faire bouger l’appareil (finalement, le bouton à enfoncer du Dacora était peut-être une meilleure solution).

Pour le reste, le Vito CLR possède :

  • un objectif Voigtländer Color Skopar de 50mm ouvrant à f2,8 jusque f22
  • l’obturateur est un Pronto LK qui va du 15/s au 1/500s plus pause B
  • la cellule est au sélénium – et sur mon exemplaire, elle est toujours fonctionnelle, protégée par un bout de plastique blanc dont je soupçonne qu’il pouvait servir à diffuser la lumière reçue (comme sur les anciennes cellules à main) et son sac « toujours prêt », fabriqué dans un beau cuir doublé de feutrine crème.
  • sous l’objectif, le mécanisme du retardateur (plus ou moins 15s) – sur le mien, c’est assez aléatoire
  • pour régler la sensibilité du film, un petit bouton assez malcommode doit être enfoncé pour faire tourner la bague des vitesse sur la mesure DIN qui correspond à votre film (de 12 à 30 DIN soit de 20 à 800 ASA)
  • la vitesse se règle avec la bague en couronne sur l’objectif, qui est marquée par des « crans » subtiles mais bien présents
  • enfin l’ouverture se règle grâce à deux barrettes en plastique qui permettent une meilleure préhension de la bague et offre un réglage rapide
  • la distance se règle avec la bague avant, en forme de couronne aux aspérités bien marquées (ce qui évite de glisser sur la bague, en métal)
  • le déplacement de la bague d’ouverture ou des vitesses influe directement sur l’indicateur de la cellule

Le viseur est très grand, lumineux, avec un cadre parfaitement visible et compensation de la parallaxe (distance minimum de 1m pour les prises de vue). Ceci étant, il ne contient aucune indication. Si vous voulez vérifier la cellule, il faut quitter le viseur des yeux. Rome ne s’est pas faite en un jour, que voulez-vous !

L’exemplaire que je possède est marqué du numéro 138/1. Il est équipé de sa gaine en cuir, elle-même munie d’un petit sac qui contient un filtre B+W 32 à clipser sur le devant de l’objectif et un pare-soleil, lui aussi à clipser.

C’est un bel appareil. Honnêtement, si je devais en utiliser un entre le Dacora, le Vitoret et celui-ci, c’est lui que je prendrais.

Je crois que je peux le mettre en compétition avec le prochain appareil que je vous présenterai, le Zeiss Ikon Contessamat BSE.

Si j’avais un regret à son égard, c’est qu’il ne soit pas muni d’œillets pour pouvoir le porter avec une sangle. Mais à l’époque, il était inconcevable (ou presque) de ne pas emporter le sac « tout prêt » avec soi. Gage de protection d’un appareil onéreux, et de sa cellule, au sélénium.

En résumé, un bel appareil que l’on n’hésite pas à sortir, qui demande un minimum de pratique pour bien le manipuler.

Je vous ai trouvé une vidéo (en anglais) :

Quelques références : https://fr.wikipedia.org/wiki/Voigtl%C3%A4nder, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1624-Voigtlander_Vito%20CLR.html en français, https://oldcamera.blog/2017/03/05/voigtlander-vito-clr/, https://www.k2-photography.dk/voigtlander-vito-clr/ en anglais

Argentique

Dacora Super Dignette

Cet appareil, c’est un ex-collègue qui me l’a cédé (merci Alain). Il lui venait de ses parents et lui-même s’en était servi quelques années.

Il est en très bel état et je vous avoue que je ne connaissais par du tout ni le modèle ni la marque;

En fait, la Dacora Kamerawerk était une société allemande fondée en 1946 par Bernard Dangelmaier Installée à Reutlingen et Munich, elle cessa son activité en 1972.

Dacora produisit des appareils qui furent commercialisés comme Ferrania en Italie, Lumière en France et au Royaume-Uni sous la marque Ilford entre 1959 et 1969. Les modèles produits sont par exemple le Ilford Sportsman, l’équivalent de la Dignette (en 24×35) et le Ilford Sporti (en 120 ou 127). La société a produit plus de 2 millions d’appareils en 25 ans d’existence, sous sa marque ou les autres citées.

La gamme Dignette commença en 1955. Elle évolua (peu) jusqu’en 1964 et elle était représentative de l’appareil d’entrée de gamme de l’époque (à rapprocher du Voigtländer Vittoret que je présentais il y a peu de temps). Un appareil avec un viseur simple, avec lequel il faut estimer la distance (pas de télémètre), un objectif 45mm ouvrant à f2,8 et avec un obturateur Prontor qui atteignait le 1/300s au plus rapide de la production.

Puis vint la Super Dignette … un certain goût du « luxe » !

Le modèle que je vous présente ici a vu le jour en 1960 et fut produit jusqu’en 1963.

Quelques spécifications techniques :

  • objectif Dignar ouvrant de f2,8 à f 22, 45mm en 3 éléments
  • réglage de la distance de 1 m à l’infini, en plus de l’échelle du mètre, les symboles populaires pour «montagne», «famille» et «portrait de poitrine» sont gravés sur le fut – vive le zone focus !
  • obturateur Vario LK 1/30-1/250 sec et pause « B »
  • viseur galiléen inversé, cadre de champ d’image gravé avec marques de parallaxe – ce n’est pas un télémétrique, vous devez encore estimer la distance vous même
  • cellule au sélénium avec mécanisme de mesure de suivi couplé – grâce sans doute à la gaine qui protège l’appareil, elle est toujours fonctionnelle
  • sac « prêt à servir » typique aussi de ces années soixante, il reste accroché en permanence mais – petit plus – la partie avant peut se décrocher pour faciliter les prises de vue (faut alors juste trouver un sac pour la mettre dedans !)

Du grand classique pour les appareils de milieu de gamme de ces années là.

A noter, la tirette pour réarmer, discrète, au dos de l’appareil, mais surtout,le bouton déclencheur, situé sur la face avant, près de l’objectif.

Cette position un peu particulière est surtout destinée, selon le constructeur, à réduire le risque de bougé car on presse le bouton vers la face avant (vers soi) lors du déclenchement, au demeurant, très discret.

Sa forme, qui hésite entre le rectangle et l’arrondi est appelée « boxer » et elle évoluera un peu vers un modèle plus « carré » vers la fin des années soixante.

Pour le charger, il faut pousser sur les deux extrémités du verrou, ouvrir le dos après avoir relevé la tige de rembobinage, glisser le film en repoussant la tige, tirer la languette jusqu’à la bobine réceptrice, armer une fois ou deux, refermer le dos et réarmer une fois : c’est prêt.

En résumé, un appareil un peu daté de nos jours mais qui a un certain charme. Sa simplicité le rend quasi indestructible, pour peu que vous préserviez sa cellule de trop de lumière (gardez le sac).

Et à défaut de vous en servir, il fera très bien dans une bibliothèque, comme objet de décoration « vintage ».

Quelques références : https://all-my-cameras.com/2016/10/21/the-dacora-super-dignette/, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Dacora, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Dacora_Super_Dignette#Super_Dignette_1960 en anglais, http://collection-argentiques.net/?cat=85, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1069-Dacora_Super%20Dignette.html, https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Dacora_Kamerawerk en français, http://www.optiksammlung.de/Diverse/DacoraSuperDignette.html en allemand

Les improbables

Le plaisir de photographier différemment …suite

Ah, ce f… confinement ! Soit vous vous morfondez, broyez du noir dans votre coin, soit vous mettez à profit ces précieuses heures de tranquillité un peu forcée pour créer.

C’est la seconde option que notre ami Georges a choisie et j’ai le plaisir de vous présenter sa dernière réalisation, qui a demandé patience, minutie et quelques recherches pour obtenir le résultat escompté.

Il s’agit d’un boitier  « LEICA »,  copie réalisée sur base d’un Fed 1G en laiton.

Le premier tour de force est d’être parvenu à conserver le revêtement  en vulcanite d’origine . Généralement fragilisé avec le temps, ce revêtement part vite en lambeaux (éclats). L’avoir conservé intact est la preuve de la minutie apportée aux travaux de découpes.

Ensuite, le nouveau « cœur » de l’appareil est un LUMIX XS1, modifié pour qu’à l’arrêt l’objectif ne se retire pas dans le corps de l’appareil. Esthétiquement c’est beaucoup plus joli et cela évite que des poussières n’entrent dans l’objectif évidé du Leica – Fed.

Superbe idée et très belle réalisation.

Enfin, la mise en marche se fait à partir de la bague des vitesses avec rappel auto et le déclencheur est resté celui d’origine. Du travail d’orfèvre en mécanique et électronique.

Pourquoi se priver d’utiliser de vraiment beaux boitiers anciens ? Olympus et Fuji nous ont habitué à une certaine mode du « néo-retro » avec leurs modèles phares que sont le Pen F et le X100.

Ici nous allons un pas plus loin : rendre vie à des boitiers esthétiquement en très bon état mais dont la mécanique a fini par lâcher (ils ont généralement plus de 50 ans) et dont le sort aurait été de se retrouver en fonderie au pire ou comme presse-livres au mieux.

Et puis il y a ce côté « joueur » plaisant à sortir ce genre d’appareil, réellement hybride au sens noble du terme, qui sème un peu la confusion car les personnes photographiées hésiteront toujours entre « c’est un vrai ? » … oui, mais un vrai quoi : argentique, numérique ?

Soyez curieux, faites en, l’expérience …