Argentique

Le Konica FP-1 Program

C’est Pierre qui m’a fait découvrir cet appareil, que je ne connaissais pas.

Il devrait avoir un certain succès auprès de ceux qui veulent découvrir l’argentique sans se poser trop de question : en effet, il fait tout pour vous !

Mais présentons-le d’abord, ce sera plus clair.

Cet appareil commence sa carrière en 1981 et la termine en … 1983 ! C’est souvent le lot des OVNI, ils passent très vite.

Ceux qui connaissent un peu Konica se souviennent sans doute des reflex de la marque, généralement conçus pour fonctionner en mode priorité vitesse, mais il est toujours possible de débrayer l’automatisme.

Et bien ici, non : l’appareil fonctionne uniquement et seulement en mode programme.

La seule chose que vous pouvez régler, c’est la sensibilité du film (de 50 à 400 Asa) et … la distance de vous à votre sujet !

C’est, comment dire, comme un gros « point and shot » mais avec visée à travers un prisme, avec mesure TTL et objectifs interchangeables.

Le Konica FP-1 Program (avec F pour « futur » – ou plutôt « no futur » en ce qui le concerne) était censé attirer une clientèle peut intéressée par les réglages mais ne voulant pas d’un compact, trop limité à l’époque (objectifs un peu juste et focales peu diversifiées).

-« Ok, mais comment fonctionne-t-il ? »

La cellule, une CdS, alimentée par une pile de 6v (4LR44), dont vous aurez eu la chance de pouvoir régler la sensibilité, va travailler de concert avec le mode programme pour déterminer, selon l’exposition, la meilleure vitesse d’exécution, mais à sa façon.

En effet, le programme va travailler sur 3 ouvertures : f2,8 – f5,6 – f11 et va assurer les vitesses idéales en fonction de celles-ci, à savoir le 1/30s à f2,8 jusqu’au 1/1000s à f11 par pas d’1/3 de valeur.

Première bonne nouvelle, vous allez faire des économies d’objectifs car il est inutile de monter sur le boitier un caillou ouvrant à f1.4.

De fait, les objectifs dédiés sont ceux avec un monture Konica AR. Ces objectifs, des Hexanon sont d’excellente qualité et ont bonne réputation.

-« Bon, d’accord, mais je vais voir les infos dans le viseur, où est le problème ? »

Alors comme on dit dans la belle principauté de Liège, « que neni, m’fi » car le viseur est aussi nu que l’appareil : deux diodes, une rouge et une verte, et basta (ah non, ça c’est plus au Sud, vers l’Italie). A part ça, il est très clair, voire même confortable pour viser, avec un stignomètre à coïncidence au milieu d’un dépoli fin.

La diode verte indique que vous pouvez prendre la photo, la rouge que vous êtes hors des limites de l’appareil, ce qui ne vous empêche pas de déclencher, mais à vos risques et périls.

Bon, on peut tricher un peu, en débrayant la position AE de l’objectif et choisir sa propre ouverture, mais d’office le boitier retombe à la vitesse par défaut, à savoir le 1/100s, avec les conséquences éventuelles à la clé.

Bien me direz-vous un peu résigné, voyons voir un peu de drôle d’engin.

Vous vous en doutez, il n’y aura pas pléthore de boutons et réglages : à gauche du viseur, la molette pour régler la sensibilité de la cellule et accessoirement, la manivelle pour rembobiner et ouvrir le dos de l’appareil (ce qui n’est pas courant chez Konica); à droite du viseur, un gros bouton gris, le déclencheur, entouré par une couronne avec comme seules inscriptions OFF – ON – BC (vérification de la charge de la batterie car sans pile, l’appareil ne fonctionne pas).

Puis le levier d’armement et à côté, le compteur de vue (qui se remet à zéro tout seul).

Ah oui, sur la façade, une fenêtre striée blanc qui est le témoin du retardateur et de l’autre côté, un drôle de tube avec des contacts l’intérieur (parce que presque tout le monde perd le cache de cet appendice), pour assure la liaison avec une télécommande électrique ou une radio-commande.

Puisque cet appareil est destiné à ceux qui ne veulent pas se compliquer la vie, Konica leur a aussi simplifié le chargement du film : il suffit de déposer l’amorce de ce dernier à plat sur la bobine réceptrice, de fermer le dos de l’appareil et d’armer trois fois jusqu’à ce qu’il se bloque. Ça y est, vous êtes à la première vue, vous pouvez commencer à prendre des photos.

Vous auriez même encore peu vous la couler plus douce si vous aviez opté pour le moteur – pardon, ré-armeur motorisé du Konica FC – le Winder F (4 piles AA), compatible ici : tout aurait été automatique !

Tiens, puisque je vous cite un accessoire, sachez que Konica lui a dédiés deux flashs : le X-24 et le X-36. Dès que vous les fixez sur la griffe, la vitesse d’obturation passe automatiquement au 1/100s. Vous devrez choisir le réglage de l’ouverture sur le flash, soit f5,6 ou f11et celui-ci ajustera l’intensité de l’éclair en fonction des conditions de lumière. Dans le viseur, la diode verte clignotera jusqu’à ce que le flash soit chargé et prêt à déclencher.

Allez, on résume : un reflex avec visée TTL (calcul de la cellule à travers l’objectif) et objectifs interchangeables – les Konica AR ou tiers adaptables, entièrement programmé (mode AE) sans aucune intervention possible du photographe, hormis le fait de régler la distance de vous à votre sujet, manuellement avec l’objectif (l’autofocus est proche mais pas ici). Personnellement, j’aurai tendance à le confronter au Canon T50, qui navigue dans les mêmes eaux.

Leur clients sont les mêmes : amateurs peut enclins à se compliquer la vie et ayant envie de pouvoir faire de belles photos, tout simplement.

Tout aussi étonnant que cela puisse paraître, le boitier est rarement pris en défaut et il délivre de belles images. Je vous propose d’en découvrir quelques unes ICI.

Ce n’est pas un appareil courant (il a peu vécu) mais il peut encore trouver une clientèle : celle qui aimerait bien tâter de l’argentique mais qui a peur des réglages, qu’elle estime compliqués.

Il est classique, pas trop lourd et je lui trouve un certain charme dans sa belle livrée noire. Juste peut-être lui reprocher d’être un peu bruyant (ne le prenez pas dans un concert en chambre mais les métalleux ne vous en voudront pas)

Si l’absence d’informations ne vous perturbe pas et si vous faites confiance au Konica FP-1 pour tirer le meilleur parti des situations de prise de vue – ce qu’il fait très bien au demeurant – alors faites un bout de chemin ensemble.

Au niveau prix, vous devriez le dénicher dans les 30€, avec un objectif. Idéalement, comme celui que je vous présente, avec un 35 – 70m qui couvre bien des besoins.

Enfin, j’ai envie d’écrire qu’il ne faut pas forcément se lancer dans des appareils anciens et difficiles d’accès pour pouvoir goûter aux joies de la photographie argentique. C’est une voie, mais ce n’est pas la seule. Ce qui compte, c’est le plaisir que vous tirerez de votre pratique et des résultats obtenus.

Donc, ne le boudez pas si vous en trouvez un.

Petit résumé en images

Une pub d’époque (merci Collection-appareils)

Grenier-Natkin 1981

L’appareil est tellement facile que j’ai hésité à vous mettre le mode d’emploi, que vous trouverez ICI.

Video d’illustration

Des références : https://en.wikipedia.org/wiki/Konica_FP-1, http://www.konicafiles.com/slr-bodies/-konica-fp-1-1981/, https://cameragocamera.com/2020/03/12/konica-fp-1-program/ en anglais; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11300-Konica_FP-1.html, en français

Argentique

L’Olympus OM-1

Ah, je m’en voulais presque d’avoir commencé l’histoire d’Olympus sur le site en présentant deux appareils qui n’ont pas laissé un souvenir impérissable dans l’histoire de la marque, l’OM-707 et l’OM-101 !

Alors, pour me rattraper, j’ai déniché un appareil symbolique de la marque, l’Olympus OM-1.

De fait, je l’ai échangé lors de la Bourse des Bons Villers contre un doubleur de focale blanc de chez Canon.

Un petit nettoyage, une nouvelle pile (une LR44) et hop, il est reparti.

Bon, au rayon des constats, il manque la manivelle de rembobinage (je vais en trouver une) et il est équipé d’un Auto Makinon 28mm ouvrant à f2,8 traité multi couches.

Vous êtes prêts ? On commence la visite …

C’est le Maître Yoshihisa Maitani qui est à l’origine du design extraordinaire de ce boitier. Déjà reconnu pour avoir créé le Pen F, sans doute le plus petit reflex argentique au monde, il relance la donne en imaginant un reflex avec pentaprisme qui sera le plus contenu à l’époque de son lancement, en 1972.

Pourtant, ça faillit commencer mal, le premier nom retenu, l’Olympus M-1 se voyait attaqué par Leica, qui a l’antériorité de la désignation « M » (ils avaient lancé un M1 en 1959).

S’en suit alors une saga avec un appareil surnommé NN pour No Name (pas de nom) jusqu’à ce que le terme OM apparaisse (Olympus Maitani).

Cette période de transition fait encore frémir les collectionneurs car selon la légende, seuls 5000 boitiers porteraient le M-1 mythique (un auteur sérieux estime cependant que le chiffre serait plutôt de 52.000, pour la plupart restés au Japon).

Présenté à la Photokina de Cologne en juillet 1972, l’appareil étonne la presse spécialisée de l’époque tant sa taille est contenue, son poids réduit et ses performances étonnantes.

Que nous proposait ce petit Olympus OM-1 ?

C’est donc un reflex en 24×36, tout mécanique, possédant un posemètre alimenté par une pile, un viseur immense et très clair (92% de grossissement soit plus ou moins le même qu’un certain … Leica M), qui offrait la fonction de verrouillage du miroir (ce qui était très intéressant pour l’astrophotographie et la macrophotographie).

Si vous voulez bien, nous allons nous remettre dans le contexte de l’époque : en 1959, le Nikon F avait brisé l’hégémonie du télémètre, et donc de Leica, et de plus en plus de professionnels le délassaient au profit des reflex.

Les amateurs fortunés leur ont emboité le pas, délaissant eux aussi les Leica et autres télémètres du moment.

Si les reflex offraient une diversité bienvenue dans le choix des objectifs, pour des applications toujours plus nombreuses, ils avaient cependant tendance à prendre du poids et à devenir encombrant.

Olympus ne fait pas partie des pionniers dans le domaine des reflex. Aussi, quand ils arrivent sur le marché, presque 10 ans après les autres, se doivent-ils de marquer le coup.

C’est à ce moment-là qu’apparait ce boitier compact et performant : il réduit la taille, le poids et le bruit des reflex de manière assez spectaculaire.

Si le prisme est fixe, les écrans du viseur sont interchangeables. Le posemètre est visible à travers le viseur, sur la gauche : une aiguille doit être positionnée entre un symbole + et l’autre -, qui indiquent, vous vous en doutez, les zones de sur ou sous exposition.

Au niveau des commandes, il n’offre que l’essentiel et l’indispensable : le réglage de la sensibilité du posemètre (de 25 à 1600Asa), un commutateur pour allumer/éteindre la cellule, un retardateur, une prise synchro flash (mais pas de griffe porte-flash d’origine, elle se monte en option sur le dessus du pentaprisme ), un autre commutateur pour relever/abaisser le miroir et …. c’est tout !

-« Ben, et la vitesse, on la règle où ? »

Sur le pourtour du fut d’objectif, qui permet de la régler du bout des doigts, en même temps que vous ajustez la distance, elle aussi sur l’objectif.

Les vitesses s’échelonnent de 1s au 1/1000s plus la pose B.

Si la position de ce réglage est inhabituelle, elle devient vite « instinctive » et permet des ajustements rapides.

A remarquer que les premiers modèles n’étaient pas motorisables. Ils le seront avec la version MD (Motor Drive) présentée en 1974.

A savoir, certains anciens modèles seront modifiés pour accepter la motorisation. Ceux-là portent un simple autocollant posé sur le capot, à côté du verrou de rembobinage. Les collectionneurs en frémissent …

Cet appareil sera produit de 1973 à 1987, avec quelques variations comme le OM-1 MD que nous évoquions, puis un OM-1n qui apportaient quelques améliorations dont quelques unes cosmétiques (la forme du levier d’armement par exemple).

Si au début, la taille du boitier étonne quelques spécialistes, il doivent bien reconnaître que celui-ci se place dans un système composé d’une trentaine d’objectifs de qualité, des Zuiko, allant du fisheye de 8mm f2,8 aux téléobjectif de 1200mm f14, en passant par des objectifs à décentrement, des macro, et des objectifs fixes.

L’appareil est petit, certes, mais il respire la qualité.

Revenons sur ses principales caractéristiques …

Je le citais plus haut, le viseur de l’appareil est très large et lumineux, malgré la compacité de l’ensemble.

De plus, on peut changer le verre de visée assez facilement et Olympus propose 14 modèles différents.

Ensuite, le miroir peut être placé en position relevée, simplement avec un bouton posé sur le côté droit du fut d’objectif. Cette fonction évite le flou causé par le mouvement du miroir lors des poses longues, notamment en astrophotographie avec des téléobjectifs.

Donc si vous regardez à travers le viseur et que vous ne voyez rien, à part si vous avez oublié de retirer le bouchon de l’objectif (si, si, ça arrive !), c’est que le miroir est en position haute.

Je reviens aussi un instant sur la cellule, une CdS (en fait deux, placées de part et d’autre de l’oculaire) et son alimentation. La mesure se fait à travers l’objectif (TTL).

Autrefois, c’était une pile de 1,35v, au mercure, heureusement interdite mais qu’il faut remplacer par une pile moderne.

Alors, soit vous choisissez une WeinCell qui propose une pile Zinc/air du même voltage, soit vous choisissez une PX625A mais cette dernière donne 1,5v.

Dans le premier cas, il n’y a rien à faire, l’appareil est calibré pour cette tension.

Par contre, avec la seconde solution, vous devrez compenser l’exposition de deux diaphragmes ou jouer sur la sensibilité du film. Ainsi, un 400Asa deviendra un 100 en réglant la molette de sensibilité.

Puis, il y a une troisième solution, celle qu’Olivier nous avait expliquée il y a peu et que vous retrouverez ICI : le réglage de la cellule de l’appareil pour utiliser les piles modernes sans erreur.

Ensuite, le boitier, comme je le signalais plus haut, se différencie des autres boitiers de l’époque en proposant une bague placée autour de la monture de l’objectif : c’est celle-là qui détermine la vitesse d’ouverture.

En y regardant de plus près, si ça déconcerte au début, in fine, c’est pratique car on peut rester l’œil au viseur et observer, via l’aiguille d’exposition, si le réglage choisi est bon ou pas. Plus besoin de vérifier le réglage sur le dessus de l’appareil.

Si mes souvenirs sont bons, ce système a aussi existé chez Mamya, sur le NC 1000 (1978).

L’Olympus OM-1 est un succès. En 1974, Olympus apportera des modifications à son best-seller (19 en fait), notamment, comme dit plus haut, le passage à la motorisation, qui autorise 5i/s avec le miroir qui suit la cadence (alors que les concurrents en sont encore à bloquer le leur pendant le déclenchement de l’obturateur). Ce sera l’OM-1 MD.

Puis l’électronique va se glisser dans le viseur, via une diode rouge qui permet de savoir si le flash est prêt pour le cliché suivant. Ils en profitent pour modifier un peu le levier d’armement. Ce sera l’OM-1n.

Le succès perdurera avec l’Olympus OM-2 (un OM-1 devenu automatique à priorité ouverture et obturateur électronique – 1975), l’OM-4 (un super OM-1 avec plusieurs types de mesure, fabriqué en alu, avec une vitesse de 1/2000s, des automatismes de folie, bref, une petite merveille – 1983), l’OM-3 (présenté en 1984, qui est la version mécanique du OM-4, et puis le Graal de tous les Olympistes, les OM – 4 Ti ou OM – 3 Ti, en titane ! Chers, très chers et rares …

Finalement, que penser de cet appareil ?

Le défaut lorsqu’on manipule différents appareils, c’est qu’on a l’impression d’un « déjà vu » alors que celui qu’on examine est le premier d’un genre. Ainsi, lorsque je l’ai pris en main pour la première fois, j’ai pensé à un Pentax ME, plus tardif mais du même style de gabarit.

Et puis les différences se font jour : la griffe flash qui n’est pas montée d’origine, le réglage de la vitesse sur le pourtour de l’objectif, le bouton de la baïonnette sur une bague de ce dernier et pas sur le boitier, son viseur si large, le gros bouton au dessus qui règle la sensibilité et qu’on n’attend pas là, le bouton pour le débrayage, en fin de film, sur le boitier et pas sous la semelle, …

Mais je comprends que ce soit un boitier attachant : on l’a bien en mains, il est facile et si simple d’utilisation !

Sa maniabilité en a fait une arme efficace et cette simplicité d’utilisation, un merveilleux appareil pour apprendre sainement les bases de la photographie. Mais une fois qu’on y a goûté, on ne le lâche plus !

Bien évidemment, ses atouts en font un appareil recherché et les prix, hélas, ont tendance à grimper, souvent plus que raisonnablement.

Si vous arrivez à en trouver un sous les 100€, en bon état et avec un objectif Zuiko (un 50mm f1.8 idéalement), ne le laissez pas passer, vous n’aurez pas deux fois la même chance.

Et dites-vous bien que l’essayer, c’est l’adopter !

Des exemples de photos prises avec cet appareil ICI et LA.

Allez aussi faire un tour sur le site de Fred, d’Histoire de Photos, vous verrez ce que l’on peut faire avec ces appareils.

D’ailleurs, si vous avez envie de bien débuter avec cet appareil (ou un autre), n’oubliez pas que Fred organise des sorties sur Lille où il vous explique et apprend à prendre des photos en argentique, dans les meilleures conditions.

Une super idée pour ne pas se décourager et apprendre avec un professionnel qui aime partager son amour de la photo aux sels d’argent.

Enfin, vous savez que l’ouverture d’esprit fait partie de ce site et donc Olivier m’a gentiment proposé sa vision de cet appareil (deux en fait, le sien et celui de sa fille) dans un autre article qui paraitra sous peu. Un bel exercice de complémentarité et de partage.

Quelques pubs d’époque (merci Collection-appareils)

Odéon-Photo 1973
Ring-Photo 1973
Manufrance 1977, pour voir les concurrents en lice.

Petites videos d’illustration

Des références : https://fr.wikipedia.org/wiki/Olympus_OM-1, https://35mm-compact.com/reflex/olympusom1n.htm, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=12510, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-12511.html, https://laboutiqueargentique.com/index.php/produit/olympus-om-1/, en français; https://camerapedia.fandom.com/wiki/Olympus_OM-1/2/3/4, https://cjo.info/classic-cameras/olympus-om-1-md/, https://www.vintagecamerareviews.com/brands/olympus/olympus-om-1/, https://en.wikipedia.org/wiki/Olympus_OM-1, https://en.wikipedia.org/wiki/Olympus_OM_system, https://www.lomography.com/magazine/25041-olympus-om-1 en anglais

Argentique

Le Konstruktor de chez Lomogaphy

Voici comment se présente le Konstructor au premier abord.

Source : Lomography

Eh oui, il s’agit d’un appareil tout en plastique, à construire soi-même !

Bon, là où je suis moins d’accord, c’est qu’ils prétendent que c’est le premier appareil au monde à monter soi-même, alors je vous renvoie à l’article que j’ai consacré au SLR Haynes, qui disait la même chose !

Par contre, là où je les rejoins, c’est que c’est une manière amusante et intéressante de comprendre comment fonctionne un appareil photo, dans les grandes lignes puisque celui-ci est tout mécanique, bien évidemment.

Source : Lomography

Celui que je vous présente, je l’ai acheté « tout fait » sur une brocante. J’avoue que celui qui l’a monté (un collectionneur d’appareils photos en fait) a bien respecté les instructions et il est très bien assemblé.

Preuve aussi que les découpes sont propres et que les pièces s’ajustent parfaitement, un bon point sur le kit.

Mais voyons voir de plus près :

  • l’appareil est équipé de 2 modes de vitesses, le « N » pour les expositions normales (1/80s), et le « B » pour les poses longues.
  • le déclencheur permet les expositions multiples chères à la marque
  • un filetage pour trépied est prévu
  • il peut même être accompagné d’un flash soit en choisissant le kit Konstruktor F ou avec les flashs de la marque
  • il possède un compteur de vue … manuel
  • et, cerise sur le tournevis, il est le premier reflex de la marque a offrir la mise au point, en tournant simplement la bague de l’objectif à la distance choisie (50mm ouvrant à f10). Heu, le viseur à miroir de type tunnel ne tient pas compte des modifications de distances, ne rêvons pas, mais vous aurez droit à une petite loupe amovible pour peaufiner votre prise de vue
  • et si le cœur vous en dit, celui que vous achèterez dans sa boite vous propose des autocollants pour le personnaliser à l’envi.

De quoi aurez-vous besoin pour construire cet appareil ?

De calme … et d’une place nette pour ne pas perdre les petites pièces et les minuscules vis et d’environ une ou deux heures devant vous. Le tournevis est fourni dans la boite !

Si vous avez peur de rater quelque chose du mode d’emploi, pas trop mal fichu au demeurant, avec un peu d’attention et de jugeote, rassurez-vous, il existe des tas de videos pour vous aider, comme celle-ci dessous.

De ce que j’ai pu lire à son sujet, le seul regret de certain est de constater que la chambre est pré-montée. Comme il s’agit là de la pièce sans doute la plus « technique », c’est un peu compréhensible mais frustrant pour les plus intrépides.

Je vous suggère de lire aussi le témoignage de LaFilleRenne, qui teste toujours des tas d’appareils farfelus ou oubliés.

Le fonctionnement de l’engin est on ne peut plus simple :

  • ouvrir la chambre en manœuvrant le gros verrou sur la gauche du boitier
  • glisser la cartouche en soulevant un peu la molette de rembobinage
  • tirer l’amorce jusqu’à l’encoche de la bobine réceptrice, fixe, en veillant bien à rester sur la roue dentée
  • tourner doucement et à la main le film pour commencer à l’enrouler sur le support
  • refermer le dos et re-clipser le verrou
  • faire encore deux tours complets pour se mettre en position de la première vue
  • mettre le compteur de vue sur le chiffre 36 ou 24 (le compteur décompte les vues)
  • armer l’obturateur avec le levier, à gauche de l’objectif
  • ouvrir le viseur de poitrine pour cadrer votre sujet
  • régler la distance avec la bague d’objectif (de 50cm à l’infini)
  • vérifiez que vous avez bien réglé la vitesse en plaçant le curseur sur I ou sur B
  • appuyer sur le déclencheur pour la première vue

Quelques remarques cependant :

  • le verrou est largement dimensionné et si vous l’avez bien monté, il tient fermement
  • la construction est solide, les plastiques bien rigides et les rainures de la chambre/boitier devraient assurer une bonne étanchéité à la lumière (en fait les plastiques sont de meilleure qualité que sur les Diana et Holga, par exemple)

  • lorsque vous tirez sur la bobine de rembobinage, allez-y en douceur pour ne pas tout arracher, il faut la soulever en deux temps
  • le chargement du film se fait assez facilement, la fente de la bobine réceptrice est juste calculée pour y glisser une amorce standard et un discret « clic » vous indique que vous êtes prêt à déclencher (comme sur les anciens appareils mécaniques)
  • le viseur poitrine est rigolo mais franchement peu rapide à mettre en œuvre car il faut soulever le couvercle et puis mettre en place chacun des volets (et si vos ongles sont courts, bonjour la galère ! … c’est là qu’on apprécie toujours un petit Victorinox)
  • la surface de visée est assez large MAIS vous ne verrez rien si vous n’avez pas armé l’obturateur, ce qui fait descendre le miroir. Paradoxalement, la visée est claire car ce n’est pas un « vrai » dépoli mais une lame de plastique traitée comme tel
  • ne pas oublier que votre vision sera inversée gauche/droite
  • le déclenchement est franc mais peu discret (de toute manière, tout l’appareil l’est, surtout si vous l’avez décoré des autocollants fournis !)
  • vous pouvez faire une pose longue (B) mais vous devrez maintenir le doigt sur le déclencheur, d’où risque de flou de bougé (il n’y a pas de filetage pour une commande filaire)
  • ne pas oublier de faire tourner la bobine d’avancement en vérifiant le chiffre suivant, un « clic » discret vous indique que vous êtes prêt pour la vue suivant
  • si vous n’avancez pas le film, le fait de réarmer l’obturateur permet de refaire une photo sur celle déjà prise, et ce autant de fois que votre envie ou votre raison le commande
  • en fin de film, pas de bouton pour débrayer le mécanisme d’entrainement. On vous conseille juste de ne pas bloquer le compteur de vue et le bouton d’avancement, puis de faire tourner la molette de rembobinage dans le sens inverse, en vérifiant que l’autre suive le mouvement. Elémentaire mais assez efficace. Attention de ne pas forcer au montage sur la vis qui tient cette molette sinon c’est la chambre noire pour sortir le film !
  • des œillets, pour une fois costauds, vous permettront d’attacher une sangle à l’appareil. Pratique pour le porter à hauteur de poitrine, pour les photos sur le vif
  • il n’y a pas d’échelle de profondeur de champ sur l’objectif (pour le zone focus) mais l’ouverture (f10) devrait pardonner quelques approximations

Si vous avez choisi la version Konstruktor F, vous aurez la chance d’inaugurer la seule pièce métallique de cet appareil, la prise PC.

Source : Lomography

Finalement, que penser de cet appareil ?

Si j’avais encore des ados à la maison, je leur en aurait acheté un car je pense que c’est vraiment un chouette moyen de découvrir les entrailles (basiques) d’un appareil photo et pour peu qu’un adulte les accompagne pendant le montage, pour expliquer l’utilité de telle ou telle pièce, l’idée est très bonne.

La qualité est au rendez-vous même si nous sommes loin de celle d’appareils « industriels » et plus complets.

Reste le prix, plus ou moins 40€, ce qui le rend abordable et en fait une idée cadeau amusante/originale, pour les (grands) enfants de tous âges.

Des exemples d’images prises avec cet appareil ICI et LA.

Petite video ludique de l’appareil

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI et surtout par LA.

Un peu de technique :

  • Format de pellicule: 35 mm
  • Distance focale: 50 mm
  • Ouvertures disponibles: f10
  • Vitesse d’obturation: 1/80, Bulb (B)
  • Flash: PC – Flash Plug
  • Paramètres ISO disponibles: Pas de réglage ISO
  • Exposition Multiple (Surimpression): Oui
  • Emplacement pour trépied: Oui

Des références : https://www.lomography.fr/magazine/240808-presentation-du-konstruktor-le-premier-appareil-photo-35mm-diy-mondial, https://shop.lomography.com/fr/konstruktor-flash-slr-diy-camera, https://www.danstacuve.org/test-du-konstruktor-le-diy-par-lomo/

Argentique

Le Zeiss Ikon Ikonta M, suite.

Il se fait que j’ai eu l’occasion d’acquérir récemment un second Zeiss Ikon Ikonta M.

Alors, rassurez-vous, je ne vais pas recommencer l’histoire de ce chouette pliant mais plutôt vous conter ma mésaventure avec ce second boitier.

Lorsque je l’ai déballé, il était accompagné de son sac tout prêt, en bon état, certes, mais sale, sale … Aussi lorsque j’ai sorti l’appareil de cet étui, je n’en menais pas large et j’avais raison : il était couvert de poussière et que j’ai dû aider à se déployer, la porte refusant de s’ouvrir seule. Ensuite, la peinture s’écaillant sur la carrosserie, mais – plus ennuyant – à l’intérieur de la chambre aussi.

De fait, toute la peinture à l’intérieur de celle-ci partait en éclats ou en lambeaux …

Dans ce cas-là, pas grand chose d’autre à faire que de tout nettoyer, avec précaution pour ne pas mettre de la poussière partout dans le soufflet (vive le film plastique ménager pour le coup).

Séance de grattage puis passage à la brosse douce en cuivre pour enlever tous les résidus, puis encore nettoyage à l’essence neutre pour enlever toute trace de graisse.

Mais là où le bat blesse, c’est que le métal mis à nu est en fait de l’aluminium, matériau difficile à peindre s’il en est.

J’ai donc décidé, après avoir longuement réfléchi, à un plan B : coller à l’intérieur de la chambre une mousse néoprène de 1mm.

Pourquoi celle-là ? Parce qu’elle est dense, bien opaque, facile à couper et à coller.

Donc, armé de patience, d’une feuille blanche coupée à la bonne largeur et longueur (ne pas oublier que la surface est concave et nervurée sur les bords), j’ai dessiné un gabarit exact, en tenant compte des ressorts de la plaque de pression et de la fenêtre du petit plastique en rouge inactinique (le compteur de vue en fait).

Première difficulté, réussir à ôter la plaque de pression du film, sans l’abîmer ni faire sauter les rivets de maintien.

En se disant que ça va être aussi galère de la remettre ensuite !

Seconde difficulté, transférer le gabarit sur la bande de mousse et faire les découpes au scalpel, car certains endroits sont vraiment fins (passage entre la fenêtre inactinique et les ressorts de droite).

Mais en s’appliquant bien (et en faisant attention à ses doigts !) on y arrive assez vite et sans déchets.

Puis vient la phase d’encollage : colle de contact à enduire sur le métal et sur la mousse. Le séchage est rapide et on a peu de droit à l’erreur, ça prend vite.

Une fois cette partie terminée, il reste les finitions : remettre des bouts de mousse (ceux de la découpe) sous les ressorts pour éviter tous reflets éventuels, calfeutrer les tours de la fenêtre rouge, sans déborder et comme je suis perfectionniste (ou maniaque, c’est selon) repassage avec un ruban de mousse de même densité le long des ressorts pour éviter toute trace métallique claire et autour de la fenêtre.

Il faut surtout bien veiller à deux choses : ne pas mettre de mousse sur les bords du dos car ils seront recouverts lors de la fermeture par la partie « femelle » et il n’y a pas d’espace pour y glisser une épaisseur (rappelez-vous, c’était peint).

La seconde attention est à porter au niveau de la fermeture de la porte : ne pas laisser dépasser la mousse sur les tenons du verrou sous peine de ne pas pouvoir refermer le dos et ensuite d’arracher la mousse si elle est trop longue.

Ensuite, remontage de la plaque de pression : une horreur !

Finalement, j’ai trouvé une solution, sans doute pas très orthodoxe mais efficace : déplier doucement les pattes de maintien à la pince à bec fin, puis glisser la plaque sur les bouts de ressort et refermer à la pince fine les dites pattes. Le métal est fragile, je ne pense pas que c’est une opération à répéter souvent sous peine de casser ces petits bouts de métal.

Et voilà, un dos parfaitement étanche à la lumière pour pas cher et qui tiendra longtemps.

Restait le « sac tout prêt » qui avait accumulé des années de poussières, de graisse et autres traces douteuses.

Un chiffon doux, du produit pour nettoyer le cuir (comme ceux pour les voitures ou les salons), de l’huile de coude pour bien tout faire partir, puis un cirage fluide pour re nourrir le cuir. Il me restera une petite réparation sur la sangle, qui menace de se rompre à un endroit. Je vais la doubler de tissus collé pour éviter que cela ne se produise.

Puis la question de la porte avant : réglage du ressort et surtout, grand nettoyage des « articulations » et du reste, couverts de poussière aussi. Une micro goutte d’huile de machine à coudre dans les deux ressorts, au fonds de la cage, pour les aider un peu. Ce n’est pas encore parfait, mais elle s’ouvre déjà partiellement, sans devoir y glisser un tournevis Je pense qu’il faut lui faire faire un peu d’exercice afin d’assouplir le mécanisme aujourd’hui propre.

Au moins trois heures de travail, deux tasses de thé et un biscuit au chocolat plus tard, voilà donc le second Zeiss Ikon Ikonta M, avec pour celui-ci un objectif Novar de 75mm ouvrant à f3,5 et un obturateur Prontor – SV.

Il méritait bien ces petits efforts.

Je l’ai chargé d’un film de 120 (Foma 200Iso N/B), mon ami Frédéric (Histoire de Photos) m’a bien encouragé à reprendre l’envie d’utiliser ces beaux appareils.

La suite de la suite au développement du film …

Et en attendant, si vous voulez déjà voir les résultats que l’on obtient avec cet appareil, je vous encourage à aller sur les sites de Frédéric : Argentique Nord et Histoire de Photos, son travail vous donnera envie de faire le pas …

Argentique

Le Zeiss Ikon Ikonta 522/24, suite.

Je ne pouvais décemment laisser ce petit appareil sympa dans le triste état où il était.

Dans l’article précédent, je vous avais écris que j’allais tenter de lui redonner un peu de son lustre d’antan …

Ici, il y a deux écoles : celle qui veut faire plus neuf que neuf à l’époque de la sortie de l’objet, et celle qui accepte quelques défauts, témoin de la vie dudit objet mais qui résout les gros dégâts. J’ai choisi la seconde, vous vous en doutez, elle préserve le côté « vintage assumé » de l’appareil.

Alors, au petit jeu du avant/après, voici quelques photos sur les travaux entrepris :

En un peu moins de deux heures de travail, ce petit Ikonta 522/24 a quand même meilleure figure. Le nettoyage complet de la gaine à aussi redonné du tonus aux ressorts qui maintiennent la gaine en place.

Je n’ai pas encore trouvé la vis/le boulon qui me permettra de fermer la pièce fixe à gauche sur l’image, mais je suis patient … De toute manière, cela ne génère pas d’entrée de lumière dans la chambre.

Ah oui, en parlant de la chambre (mais je n’ai pas fait de photos, désolé), j’ai placé une mousse, coupée à 2mmx2mm dans les rails de la porte arrière, sur les endroits de fermeture avant et arrière (mousse de 5mmx1mm) afin d’étanchéifier complètement celle-ci car j’avais constaté un peu de jeu à la fermeture, dû sans doute à l’âge.

Il est prêt pour de nouvelles aventures …

Argentique

Le Dauphin II d’Alsaphot.

Décidément, la brocante du 1er mai ’23 à Namur fut riche en découvertes.

Voici un appareil étonnant, qu’en d’autres temps je n’aurais sans doute pas pris, mais depuis mes découvertes avec les box Kodak, je me suis promis de ne plus négliger ce genre, même si celui-ci a dû connaître des jours meilleurs.

Qui est Alsaphot d’abord ?

A l’origine, la société Alsetex (Alsacienne d’études et d’exploitation) avait deux départements, la « Société alsacienne d’explosifs et d’applications chimiques » et la « Société de recherche et d’études d’exploitation » (Sorejex).

Alsaphot sera une autre diversification de la maison mère, au sortir de la seconde guerre mondiale, destinée à la fabrication d’appareils photo. En effet, l’époque était propice à la relance, le marché français était protégé et la demande forte. La société nouera des accords avec d’autres pays, notamment la Hollande où fut fabriqué le même modèle que celui que je vous propose mais sous le nom de Franerex-Hollande ou encore appelé « Dauphin made in Hollande ».

Certains seront franchement innovants, comme le Cyclope, un 6×9 rendu compact par un astucieux jeu de miroirs, le film étant tourné vers le photographe tandis que l’objectif est déporté à hauteur du viseur (1950), ou L’ Alsaflex un petit 24×24 reflex mono-objectif à obturateur à rideaux métalliques et objectifs interchangeables (1952). Chose étonnante, Olympus reprendra la licence de la miniaturisation du système de visée, obtenue par réflexion latérale, le miroir escamotable pivotant autour d’un axe vertical pour la création de son célèbre Pen F, en demi-format 18×24 (1963).

Enfin, le Bioflex, un reflex bi-objectifs en 6×6 très perfectionné, créé par Prelux et fabriqué en sous-traitance par Alsaphot (1954).

Mais les heures d’or de la société se sont écoulées dès la fin des années soixante, submergée par la vague des appareils japonais, innovant et, surtout, bien plus abordables.

-« Et le Dauphin dans tout ça ? »

Il s’inspire du vaguement du Brillant de Voigtländer. Il y aura un Dauphin I, II et III, qui diffèrent les uns des autres par de petites touches cosmétiques et quelques avancées techniques (le Dauphin III aura un obturateur offrant le 1/200s et un objectif Boyer Topaz f4,5)

Sorti en 1958, ce Dauphin II est un « pseudo-reflex » bi-objectifs.

Pourquoi « pseudo-reflex » ? Tout simplement parce que s’il possède deux objectifs, celui pour la visée n’est pas couplé à celui de la prise de vue comme sur les « vrais » reflex de type Rolleiflex (pour reprendre un des plus connus).

C’est finalement un appareil très basique même s’il reprend quelques trouvailles intéressantes, nous allons les découvrir.

Mais commençons par ce qui se voit de suite : le diaphragme ne propose que deux positions, nuageux (f8) ou soleil (f16); l’obturateur n’a que deux vitesses, le 1/25 et le 1/75s et une pose B (la troisième vitesse ?); l’objectif n’est qu’un ménisque Boyer de 8cm ouvrant à f11.

Le déclencheur est sur le pourtour de l’ensemble objectif/obturateur. Notez la prise pour un flash.

Le levier qui indique nuageux/soleil actionne un diaphragme à trous, tout simplement.

Sur ce modèle, la mise au point est fixe (précédemment, il y avait 2 zones, portrait ou paysage) et elle commence à environ 2m jusque l’infini (« et au delà » … celle-là, je rêvais de la placer !).

Outre cela, ce qui frappe, c’est son poids, et pour cause, il est tout en métal. Noir, granuleux, aux formes arrondies, pas désagréable à prendre en main.

Pas de compteur de vues mais une fenêtre en rouge, une molette d’entrainement sur la gauche, un pas de vis pour le fixer sur un trépied et le ressort qui assure la fermeture de chambre, en dessous.

Quant au viseur, un simple abattant qui s’ouvre vers l’avant, sans même des volets latéraux, au dessus d’un immense verre légèrement bombé afin de permettre la visée et le cadrage, heu … approximatif.

Là où ça devient intéressant, c’est quand vous voulez ouvrir cet engin et il faut y faire attention pour ne pas l’abîmer.

Un minimum de force est requis, car les pièces serrent entre elles, sans doute pour parfaire l’étanchéité à la lumière.

Bref, il faut soulever le ressort du verrou et non pas faire coulisser le dos vers les bas, comme on pourrait s’y attendre, mais le faire basculer vers soi, en tirant du bas vers le haut. En effet, les rainures sont faites de telle manière qu’elles s’emboitent en remontant le dos dans celle du haut puis en faisant pivoter le reste vers le bas.

Cette manière, peu habituelle, pour ouvrir/fermer l’appareil a une conséquence immédiate : regardez le bas du dos, près du ressort, il sera souvent tordu par des tournevis ou lame de canif pour essayer de l’ouvrir en le faisant coulisser vers le bas et non en le faisant pivoter. Le métal étant assez souple, on peut le redresser facilement aussi.

La chambre est on ne peut plus simple avec la bobine réceptrice en haut et le nouveau film en bas. Petite astuce, le ressort de maintient de la bobine du haut bascule vers l’extérieur pour plus de facilité au chargement, la molette en face ne bougeant pas de sa position.

La molette d’avancement semble équipée d’un système anti-retour (on ne peut pas la faire aller en sens inverse) mais elle n’est pas « crantée » pour vérifier l’avance du film, il faut se fier à la lecture des signes et chiffres à travers la fenêtre rouge et elle n’arme pas l’obturateur.

De fait, comme sur les bons vieux box, le déclencheur ouvre toujours l’obturateur, sans protection. Attention aux doubles expositions dès lors.

En résumé, un monolithe d’environ 650gr, tout noir et bien pauvre en fonctionnalités, pas vraiment manipulable (ouverture) et – c’est tout personnel – pas très « glamour ».

Il n’est pas très courant et fait partie de ces appareils qui semblent avoir été fabriqué « à la va vite » pour répondre/ou susciter un besoin d’appareil simple. Mais à l’époque, celui-ci était onéreux et il n’eut qu’un succès d’estime, d’autres marques proposant au pire aussi bien que lui pour moins cher, au mieux, bien plus pour le même prix.

Je ne regrette pas de l’avoir découvert mais je n’ai pas envie de l’utiliser. Pas comme les vieux box que je vous ai déjà présenté, par exemple.

Une idée de prix ? Selon l’état, ne dépensez pas plus de 15€ pour un très bel exemplaire.

Des exemples de photos prises par la FilleRenne ICI.

Publicité d’époque (merci Collection-appareils)

Central-Photo, 1958-59
France-Photo 1959-60

Des références : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alsaphot, http://www.appaphot.be/fr/brands/alsaphot/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-779-Alsaphot_Dauphin%20II.html,https://web.archive.org/web/20041012052317/http://www.leprogres.fr/fex-indo/appareils/alsaphot/alsaphot.html, http://camera-wiki.org/wiki/Fr/Dauphin, http://glangl1.free.fr/Photo2/Photo_A_458.html, https://lafillerenne.fr/blog/1403/

Argentique

Le Zeiss Ikon Ikonta 522/24

Un premier mai ensoleillé (du moins au matin) et une grande brocante à Namur.

Il est tôt (6h45) et nous déambulons entre les brocanteurs. Si certains s’installent encore, d’autres ont déjà leur stand tout prêt.

En voici un, avec une petite caisse contenant quelques appareils et des accessoires anciens de photographie.

Je déniche successivement un Yashica MF2 qui parait neuf dans sa trousse, un Olympus OM 10 sans objectif mais avec sa demi gaine en cuir et ce petit Zeiss Ikon Ikonta qui a dû connaître des jours meilleurs.

Petite parlotte avec le vendeur pour apprendre que ces appareils appartenaient à son grand-père. Comme il vide la maison et qu’il n’est pas fan de photographie, il vend … et je lui achète les trois appareils.

Pourquoi ces trois là ? Le Yashica parce que j’ai déjà le 35 MF, l’Olympus OM10 parce que j’ai commencé avec l’OM-1 et que c’était une occasion de reparler de la marque, que j’ai peu analysée en fait, et ce petit bijou de Zeiss Ikon Ikonta parce que j’aime bien ces appareils petits, denses, concentrés de technicité de leur époque et savoureux à utiliser.

Si vous vous en souvenez, j’ai déjà présenté un autre petit machin dans ce style, le Weltix de chez Welta. Celui-là datait de 1939, celui-ci de 1948 et sera produit jusqu’en mai 1953, en tout cas sous la marque Ikonta mais il s’appellera aussi Contina 1.

Manifestement, la marque Zeiss Ikon Ikonta sera réservée à l’exportation.

Petite parenthèse, au sujet du Weltix : j’ai eu la chance de pouvoir le confier à Fred, d’Histoire de Photos et vous pouvez en découvrir les photos ICI. Ce sera un comparatif intéressant à faire.

Outre cela, profitez-en pour découvrir les photos de Fred en argentique, ça donne des idées tant des lieux, que de l’utilisation des films, que de celle de vieux appareils.

Donc, voici le Zeiss Ikon Ikonta 522/24 ou Zeiss Ikon Ikonta 35 ou Contina 1.

Cet appareil a été développé par Hubert Nerwin – ingénieur chez Zeiss Ikon et concepteur, par exemple, du Contax II – au début de la seconde guerre mondiale. Les travaux furent ralentis, vous vous en doutez, mais ils aboutiront au premier nouveau produit de la marque juste au sortir de cette période noire, en 1948.

C’était un petit appareil pliant, avec un objectif de 45mm au bout d’un soufflet court, pour trancher avec les productions d’avant guerre. Il portait le nom de Zeiss Ikon Ikonta 35 522/24 (ouf !).

Les toutes premières versions ne possédaient pas encore la griffe porte-accessoires et le déclencheur, à câble, était directement fixé sur l’obturateur.

Néanmoins – une obsession je pense – ils avaient introduit la prévention contre la double exposition, cette fois en armant l’obturateur avec les pignons d’entrainement du film.

Petite remarque en passant, sans film, ou sans ouvrir la chambre pour mobiliser les pignons à la main, impossible de déclencher.

Sur les derniers modèles, il y aura donc une griffe « froide » au milieu du capot et le pas de vis pour un déclencheur à câble sera sur le côté opposé au déclencheur, comme sur cet exemplaire.

La guerre n’avait pas épargné les installations de la marque et, surtout aussi, par le fait que ce qui restait fut déplacé vers l’Allemagne de l’Est.

Résultat ? Les premiers appareils sont rarement équipés de Tessar chers à la marque mais plutôt de Schneider Xenar dans un obturateur Compur ou Prontor.

Amis collectionneurs, voilà un beau challenge que d’en trouver ainsi équipé du rare Tessar !

Plus tard, ils seront équipés de Novar (des triplets) ouvrant à f3,5, avec des obturateurs Prontor et sur les fins, quelques uns auront à nouveau le privilège de recevoir un Zeiss Opton Tessar T (la totale car en plus il ouvrait à f2,8) et quelques Xenar de chez Schneider (toujours à f2,8) accolé à un obturateur Synchro-Compur (qui montait au 1/500s).

Ecrivons-le tout de suite, c’est un appareil d’après-guerre et tout n’est pas parfait : ainsi il n’y a pas de télémètre couplé comme les concurrents de l’époque (voir le Kodak Retina IIc ou IIIc, la Super Solinette d’Agfa); le déclencheur n’est pas sur le capot de l’appareil mais sur le devant et il faut armer l’obturateur avant le déclenchement.

Mais qu’est-ce qu’il est bien fichu !

Petit, relativement léger (450gr tout nu), vous pouvez réellement le mettre dans une poche.

De plus, sa porte s’ouvre vers l’avant, ce qui compense un peu le fait de devoir appuyer sur le déclencheur devant (qui pourrait faire basculer l’appareil à la prise de vue). Elle permet un meilleur calage du boitier dans la main gauche.

Et puis il y a ces petits détails qui en font un grand appareil, comme cet étui en cuir qui s’accroche sur le cadre du boitier par un jeu de ressort (c’est lui qui a les sangles de portage) et la roue qui permet de faire avancer le film est munie de deux pointeaux qui viennent s’encastrer dans celle du boitier.

L’ajustement des pièces est excellente.

Il reste quand même quelques anachronismes comme le compteur de vue en dessous, qu’il fut régler à la main – mais bon, la place était comptée – ou ce déclencheur un peu étrange.

Pour le reste, c’est du Zeiss Ikon. Un objectif monté sur un soufflet court au creux d’un obturateur Prontor-S. Les commandes sont bien ajustées et tout se déplace encore correctement près de 80 ans plus tard.

Sur la face avant, le réglage de la distance avec une échelle de profondeur de champ, derrière. Notons la distance de mise au pont minimum, fixée à 80cm. Le levier d’armement juste derrière et en dessous, le réglage pour la prise synchro du flash (F ou M). La prise PC se trouve elle par dessus. Enfin, l’ouverture se règle avec la dernière réglette, contre la platine. On y arrive même avec des doigts d’adulte.

Le viseur, paradoxalement, est relativement large et clair mais ne contient aucune indication (pas de cadre, ni correction de parallaxe).

Cet exemplaire a souffert (il manque une vis sur le dessus, qui ne prête pas à conséquence), la couleur s’écaille, le cuir s’effiloche, le verrou de dos est un peu dur, comme ceux du sac tout prêt, mais un bon nettoyage devrait venir à bout de ces détails.

Finalement, cet appareil est un peu plus gros qu’un Minox EL, par exemple, mais ici au moins je n’ai pas besoin de mes lunettes pour effectuer les réglages, et il n’y a pas de plastique (ni d’électronique qui pourrait être capricieuse) !

Point de vue encombrement, il se dispute la place avec le Weltix, tout en étant plus perfectionné et performant, et la Solinette, plus basique.

Je sens que je vais essayer de lui redonner un peu du lustre de ses débuts car il le mérite bien.

Petit résumé en image :

A la question traditionnelle, cet appareil a-t-il un intérêt, je réponds oui, sans hésiter.

Discret, y compris lorsqu’il déclenche, si vous le réglez en zone focus, en photo de rue, il est redoutable. Voyez ICI quelques résultats.

Reste la question du prix et de la chance d’en trouver un : les exemplaires équipés du Tessar ou du Xenar ouvrant à f2,8, avec le Synchro-Compur de course (1/500s) seront les plus rares et les plus chers (environ 200€) tandis que les modèles plus simples se négocient autour des 60€ et sont un peu plus courants, même si je vous avoue que c’est la première fois que j’en voyais un.

Un petit appareil sympa, à essayer pour le plaisir de photographier différemment.

Des publicités d’époque (merci Collection-appareils)

Porst, 1948
Photo-Hall, 1950
Zeiss Ikon, 1951. Exemple de texte publicitaire de la marque : « Toujours prêt à fonctionner immédiatement, toujours avec un plein succès, le Contina 24 x 36 représente l’appareil Idéal pour les instantanés rapides en noir et blanc aussi bien qu’en couleurs. Si l’on met au point par exemple sur 5 mètres, en ouvrant le diaphragme à 8, tout est net de 2,50 à 25 mètres, ce qui offre un champ suffisant pour les clichés instantanés à prendre pour ainsi dire par surprise. Ce sont d’ailleurs toujours ceux-là qui sont les plus nets. Les dispositifs dont est équipé cet appareil affranchissent l’amateur de tout souci : verrouillage contre les doubles expositions et l’enroulement prématuré du film, mise au point sur repères rouges, armement sur le boîtier facilitant la prise des clichés successifs, et possibilité de contrôler tous les réglages, d’en haut, d’un seul coup d’œil. L’échelle de profondeur de champ est elle aussi prévue. Les objectifs à excellente correction chromatique (point essentiel pour les clichés en couleurs) sont traités par revêtement anti-réfléchissant. Les obturateurs (de 1 à 1/300ème de seconde à 1/500ème de seconde sur Synchro-Compur) comportent un contact-éclair synchrone.
Que l’on travaille hâtivement ou avec circonspection, en noir et blanc ou en couleurs, le Contina petit format se prête à toutes les exigences.
On n’est jamais si bien servi que par soi-même.

Petites videos d’illustration

Des références : https://bluemooncamera.com/museum/exhibit/70/zeiss-ikon-ikonta-522-24, https://www.35mmc.com/06/08/2018/5-frames-zeiss-ikonta-b-522-24/, https://www.mikeeckman.com/photovintage/vintagecameras/ikonta35/index.html, en anglais; https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-12040-Zeiss%20Ikon_Ikonta.html, http://www.appaphot.be/fr/brands/zeiss-ikon/zeiss-ikon-ikonta-35-52224/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=13102, en français

Argentique

L’Agfa Solinette II

Après le Kodak Retina IIc, le Weltix (plus ancien, 1939) qui utilisaient du film 24×36, j’ai eu envie de retrouver quelques formats en 120 et 6×6, comme le Zeiss Ikon Ikonta M ou l’Agfa Isolette.

Et puis, par hasard, j’ai trouvé ce petit Agfa Solinette II, qui revient au 135 sous des dehors de 120.

Instantanément, on revient aux années cinquante … soit septante ans en arrière (soixante-dix outre Quiévrain).

Cet appareil fut fabriqué ente 1952 et 1955. Il va s’en dire que la mode des pliants commençaient à s’essouffler, les télémétriques prenaient le pas, les TRL (double objectifs type Rolleiflex et consorts) n’avaient pas dit leur dernier mot et les reflex pointaient le bout de leurs objectifs … interchangeables !

Agfa ne s’est pas trop casé la tête pour trouver une source d’inspiration, il est dans le style du moyen format Agfa Isolette.

Même abattant qui s’ouvre vers le bas, même viseur placé au centre, les deux mêmes boutons au dessus (un pour ouvrir l’appareil, l’autre comme déclencheur), même corps en tôles embouties, etc. mais le tout réduit à la taille du film 135mm.

Il lorgne clairement vers le Retina de Kodak avec, pour mon impression personnelle, l’avantage de cette porte qui s’ouvre vers le bas, contrairement au Kodak, qui s’ouvre vers la droite. Mais c’est très subjectif …

Deux appareils sortiront sous la dénomination Solinette : la première et la Solinette II, et cette dernière est beaucoup plus courante. Aux États-Unis, elle sera vendu sous la marque Ansco et appelée Ansco Regent.

Pas de révolution ici, mais du « bien fait », robuste et simple, sans fioritures superflues, rien que du nécessaire pour l’époque : armement manuel de l’obturateur et déclencheur sur le capot, verrouillage pour prévenir la double exposition, obturateur synchronisé pour le flash avec prise PC et griffe froide/porte-accessoires sur le dessus du boitier.

Dès que l’abattant s’ouvre, l’ensemble obturateur/objectif se met en place et se verrouille grâce à des solides charnières, bien rigides. Pour refermer, il faut appuyer en même temps sur les deux genouillères, sans devoir ici mettre l’objectif sur une position quelconque (contrairement au Retina où il faut se mettre sur l’infini avant de fermer le soufflet).

Pas télémètre ici, même non couplé, juste un viseur un peu étriqué mais qui rempli son rôle. Cet accessoire sera réservé à la Super Solinette.

Comme pour ses concurrents et dans la gamme même des pliants Agfa, il existait plusieurs variantes d’objectifs et d’obturateurs, comme indiqué dans le tableau ci-dessous :

Solinette II SolinarSolinar f/3.5/50mmSynchro-Compur
Solinette II Prontor SVSSolinar f/3.5/50mmProntor-SVS
Solinette II ApotarApotar f/3.5/50mmProntor SV
L’Apotar est un triplet, le Solinar comporte 4 éléments

Les combinaisons des uns et des autres influaient directement sur les prix de vente et pour vous, sur le prix d’achat si vous en trouvez en brocante, vide-grenier ou autre.

Celui que je vous soumets est équipé d’un Prontor SV et d’un Apotar 50mm ouvrant à f3,5. C’est celui le plus abordable et le plus courant.

Pour en terminer avec la lignée et avant d’en venir aux choses sérieuses (comment ça marche ?), juste écrire encore que la Silette fera suite à la Solinette, même si les deux appareils seront vendus ensemble un moment. Suite au restylage de la Silette, en 1958, un nouveau modèle, cette fois entièrement carrossé, portera encore le nom de Solinette

Venons-en donc à l’utilisation, fort simple vous verrez, de ce petit pliant.

Sur le dessus, à gauche, un bouton en champignon, quasi identique à celui sur la droite. Lorsque vous l’enfoncez, la porte s’ouvre et les articulations rigides se mettent en place, bloquant le combiné objectif/obturateur là où il faut.

Toujours sur le dessus, au milieu, une griffe froide pour y fixer un flash. Juste devant celle-ci, un cadran chiffré, le compteur de vue, qu’il faut remettre à zéro manuellement. Pour ce faire, il faut actionner le bouton plat à gauche et le bouton en saillie, à droite jusqu’à ce que vous arriviez à la lettre A, en rouge. Un peu fastidieux, mais on s’y fait.

Pour placer un film dans la chambre, juste ouvrir le dos monté sur charnières en baissant la tige du verrou. Lorsque vous avez glissé l’amorce du film dans la bobine réceptrice, vous actionnez la bobine crantée à la main pour avancer la pellicule en vérifiant qu’elle est bien prise dans les ergots de la tige d’entrainement. Vous tournez celle-ci jusqu’à ce qu’environ 3cm de film soit pris dans la bobine réceptrice. Puis vous fermez le dos et vérifiez que vous arrivez bien au chiffre un en déclenchant normalement au moins deux fois.

Lorsque vous serez en bout de film, il suffira d’appuyer sur le bouton en saillie pour débrayer le mécanisme et pouvoir rembobiner avec la molette de gauche (marquée d’un R).

Je vous le concède, on a fait mieux plus tard …

Revenons sur le haut de l’appareil et sur le second bouton en champignon, le déclencheur.

Comme sur les autres pliants que nous avons déjà vu, si vous n’avez pas armé le déclencheur situé sur l’obturateur, il ne se passera rien. Ce bouton actionnera juste un jeu de cames qui libèreront le déclencheur de l’obturateur.

Autre particularité : s’il n’y a pas de film dans l’appareil, vous ne pourrez pas réarmer celui-ci, sauf à tricher en faisant tourner à la main la tige avec les ergots destinés à tirer le film vers la bobine réceptrice.

La molette de droite sert à armer le déclencheur et engage la sécurité contre les double expositions, que l’on contourne, comme d’habitude en actionnant avec le doigt la came de déclenchement (ah, il faut savoir ruser !).

Voilà, voilà, … nous avons placé un film dans la chambre et sommes prêts à faire nos premières photos.

Comme cet appareil n’est pas équipé d’un télémètre pour faire la mise au point, deux solutions : soit vous travaillez en zone focus, c.-à-d. en prédéterminant la zone dans laquelle vos sujets seront nets, grâce notamment à la grille gravée sur le fut de l’objectif; soit vous achetez un télémètre ancien (du style Watameter) ou un électronique, que vous fixez sur la griffe, et vous reportez la distance indiquée sur l’objectif en tournant la roue crantée à l’arrière, je vais y revenir.

Honnêtement, la première solution est la plus rapide.

Si vous placez la distance sur 3m avec une ouverture de f5,6, vous serez net de 4m à 2,5m; si vous ouvrez à f8, vous serez bon de 4,5m à 2,2m.

Pour régler la vitesse, c’est avec la première roue crantée, à l’avant que vous allez l’ajuster. Les vitesses s’échelonnent de 1s à 1/300s, plus la pose B.

L’ouverture elle se règle avec le curseur qui est derrière le levier d’armement de l’obturateur (de f3,5 à f22).

Dans le prolongement, vous trouverez un second curseur, que vous ferez glisser en X ou en M selon le type de flash que vous allez utiliser. La synchro est 1/25 ou au 1/50s en X. En M, pour les lampes magnésiques, il vaut mieux être sur le 1/25s, le temps que la lampe soit à sa plus forte luminosité avant que le rideau ne se ferme.

Derrière encore, une dernière roue crantée, celle du réglage de la distance. La mise au point minimale est à un mètre.

Il y a aussi un retardateur, qu’il ne faut enclencher que lorsque vous avez armé l’appareil (sur l’obturateur) Il décompte environ 10 secondes.

Enfin, par dessous, un filetage pour le fixer sur un trépied, si besoin.

En fait, avec cette Solinette II, vous avez entre les mains un petit appareil sympathique et très portable (lui, vous pouvez réellement le mettre dans une poche) qui utilise sans soucis des films modernes. N’en prenez toutefois pas de trop rapides, les vitesses sont quand même limitées au 1/300s. A l’époque de ce boitier, les films n’étaient guère rapides et le nombre de vues étaient de 18, 20 ou 36. Ces chiffres sont d’ailleurs reportés en rouge sur le compteur de vues.

Derrière, l’Agfa J Solette (120) et devant, la Solinette II (135mm)

Les lentilles sont traitées, mais il faut quand même penser aux reflets en cas de forte luminosité, à moins de placer un filtre, à viser, devant celle de votre appareil (diamètre de 30mm externe) pour atténuer ces effets. Agfa avait sorti une série de filtres et même un pare-soleil, pas toujours faciles à trouver de nos jours.

C’est, évidemment, un petit appareil encore tout à fait utilisable. Vous aurez avec lui une des expressions la plus simple pour faire des photos : une ouverture, une distance, une vitesse. Et vous apprendrez rapidement à jouer avec elles.

D’autant qu’en rue, vous resterez discret (il est petit et fait peu de bruit). Et si on vous remarque, vous attirerez les questions et la sympathie, un excellent moyen de communication sur votre passion en somme.

-« Mais pourquoi l’utiliser ? »

Pour changer un peu des sempiternelles et archi connus Vitoret, Dacora, Bilora, etc. de la même époque. Pas que ceux-là soient mauvais, loin de là, mais il faut parfois oser tenter d’autres expériences. Et avec ce petit Solinette II, je gage que vous ne le regretterez pas.

D’autant que les résultats ne sont pas désagréables, voyez plutôt ICI et LA, même avec des films périmés.

Et à la question « combien ça coûte », la réponse est entre 40 et 60€ selon qu’il est équipé d’un Apotar ou d’un Solar, qu’il est complet avec sa gaine ou pas.

Bonnes photos !

Petites videos d’illustration

Un peu de technique :

Fabricant : Agfa Munich
Modèle Solinette II
Format de film 24 x 36 mm, film 35 mm 135
Année de construction 1955
Objectif : Agfa Solinar 50mm f/3.5
Obturateur : Prontor-SVS 1′ – 1/300 plus pose B et retardateur
Mise au point manuelle, 0,8 m – infini
Connexion flash : griffe flash sans contact central

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Des références : https://christopherstoll.org/cameras/1955-agfa-solinette-ii.html, http://camera-wiki.org/wiki/Solinette, https://retinarescue.com/solinetteII.html en anglais; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1267-Agfa_Solinette%20II.html, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-13826-Agfa_Isolette%20II.html en français; https://de.wikipedia.org/wiki/Agfa_Solinette, https://bleckedermoor.de/fotomuseum/solinette.htm en allemand

Argentique

Le Minolta Riva Zoom 70

Là, je pense que l’article sera court car je vous ai déjà présenté, en son temps, le Minolta Riva Zoom 7W, son plus proche cousin.

C’est dans un vide-grenier que j’ai découvert celui-ci, avec sa gaine et son mode d’emploi, bref, tout complet. S’il porte quelques traces d’utilisation, il est tout à fait fonctionnel (comme ça vous ne vous chagrinerez pas si vous lui faites une griffe, elles y sont déjà !).

Une nouvelle pile CR123 et le voilà reparti.

D’abord précisons que s’il se nomme Riva Zoom 70 de ce côté-ci de l’Atlantique, là-bas on le connait sous le nom de Sightseer Zoom.

Il fait partie de ces petits appareils assez simple mais pas trop mal fichus de l’époque, à savoir 1998 (et il fut fabriqué jusqu’en 2001).

Que nous propose-t-il ?

Un objectif qui offre une plage de 35 à 70mm, de quoi couvrir pas mal de situations de prises de vues. C’est évidemment un autofocus, qui ouvre à f5,3 (35mm) et f9,3 (70mm).

Au 35 mm, la distance de mise au point minimale est de 1,3 m, tandis qu’au 70 mm, elle est de 1,7 m.

Tout automatique, il est fait pour vous simplifier la vie : vous ouvrez l’appareil, déposez un film dans la chambre, il va lire le codage DX et régler lui-même la sensibilité de la cellule (de 100 à 400Iso), vous tirez l’amorce jusqu’au dessus de la bobine réceptrice et vous refermez le dos. Le boitier va enrouler le film et le présenter à la première vue.

Il ré arme automatiquement et en fin de bobine, il fait le chemin inverse et remet la pellicule dans la boite.

Jusque là, rien de transcendant mais rien de rédhibitoire non plus.

Pour le mettre en route, il suffit de faire coulisser le panneau qui protège l’objectif et qui sert aussi d’interrupteur ON/OFF.

Un flash interne vous sauvera de quelques situations à fort contraste (contre-jour) et donner un petit coup de boost à vos images. Il faut juste lui laisser environ 8 secondes pour se recycler (dans la moyenne de cette époque). Il existe aussi une fonction anti-yeux rouges pour éviter à vos portraits de ressembler à des lapins affolés et, ce qui vous évitera bien des soucis dans les musées, vous pouvez le débrayer..

Et, par en dessous, un filetage vous autorise à le fixer à un trépied, si besoin. Comme il possède une fonction retardateur, ça tombe bien.

Du grand classique en somme …

-« Ouais, … et quels sont les défauts, il en ont tous ! »

Bah, on peut lui reprocher la plage de sensibilité un peu chiche (100 à 400Iso), sa vitesse d’obturation limitée au 1/200s, et il ne croule pas sous les fonctions que vous n’allez, de toute manière, pas utiliser.

Notons quand même qu’il possède un retardateur (+/-10 sec) et que si vous le nourrissez d’un film sans codage DX, il passera automatiquement à la sensibilité de 100 Iso.

Enfin, vous pouvez rembobiner le film en cours de route, si besoin.

De tout ce que j’ai pu lire en préparant cet article,il ressort que bien qu’il semble un peu limité, ce petit appareil ne s’en sort pas si mal et même plutôt bien.

Pour découvrir ce dont est capable ce petit compact sympa, c’est par ICI et LA.

Pour les vacances, il ne faut pas toujours avoir une bête de course dans son sac, un petit compact fiable est largement suffisant, et celui-ci fait partie de ceux-là.

D’autant qu’il ne va pas vous ruiner : avec sa gaine et – idéalement – son mode d’emploi (pas vraiment nécessaire, convenons-en), il devrait se négocier 30€ maximum. De quoi vous permettre d’acheter quelques films pour vos souvenirs.

Publicité d’époque (merci Collection-appareils)

Camara, juillet 1998. Notez les concurrents de l’époque.

Petite video d’illustration

Un peu de technique :

Appareil photo instantané avec film35mm
Transport de film Automatique
Format d’image24 mm x 36 mm
Objectif Minolta Aspherical Lens Zoom 35-70mm
Distance focale 38 mm – 70 mm de f5,3 à f9,3
Distance minimale de mise au point 130 cm (35mm) et 170cm (70mm)
Zoom autofocus
Temps d’exposition1/200 s, 1/70 s, 1/40 s, 1/15 s
Cellule interne avec vitesses de film prises en charge ISO 100 à 400
DX automatique
Modes d’exposition Programme automatique
Flash intégré, portée du flash1,3 mètre – 3 mètres
Modes de flash :flash d’appoint, réduction des yeux rouges
Support de trépied
Retardateur 10sec
Alimentation1x pile CR123A
Dimensions12,8 x 7,3 x 5,2 cm
Poids 245 g tout nu.

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_Riva_Zoom_70, https://filmphotography.eu/en/minolta-freedom-sightseer-zoom/,https://www.my35.com.au/products/minolta-sightseer-zoom, https://qualitecameras.com/products/minolta-sightseer-zoom-af-date?variant=39247262974070 en anglais; https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-12566-Minolta_Riva%20Zoom%2070%20.html, en français.

Argentique

Le Ihagee Exa type 6

C’est encore Pierre qui m’a mis en main ce drôle d’engin, un Ihagee Exa, le 6ème du nom et … je n’ai pas résisté !

Je vous ai déjà présenté un de ces reflex qui semble venir d’un autre temps, l‘Exakta Varex IIa.

Si celui-là était le haut de gamme, celui que je vais vous décrire est l’entrée de gamme, car les 2 séries ont cohabité un certain temps.

De 1936 à 1950, Ihagee produit le Kine-Exakta I puis II. Dès 1950, ils lancent deux nouvelles séries, les Exakta Varex et les Exa.

De fait, les Exakta Varex étaient des appareils complexes, relativement onéreux mais bourrés d’innovations ou en tout cas d’idées différentes.

A commencer par le principe de « système », c.-à-d. un boitier entouré d’accessoires multiples, dont des objectifs, des flashs, des filtres, etc. spécifiques à des utilisations particulières et ceci depuis le début du Kine-Exakta)

Pour satisfaire une autre clientèle, moins fortunée, Ihagee a donc lancé, dès 1950, un petit nombre de ce nouvel appareil, baptisé alors Exa Varex. Il n’en fut pas fabriqué beaucoup.

Mais à partir de 1951, le nom devient Exa, tout court et la gamme est lancée.

Extérieurement, s’il garde la forme générale d’une pyramide tronquée, il est plus « arrondi » que son ainé et plus petit. Il reste « épais » mais sa taille est celle d’un petit réflex.

Petite revue des modèles :

Les viseurs de tous les modèles restent amovibles, soit à prismes, soit à visée « à la taille » avec un tunnel de visée équipé d’une loupe, repliable. Notons que dans ce cas, une broche, qui permet d’ouvrir le viseur, empêche aussi, celui-ci replié, de déclencher par erreur.

Autre chose qui ne change pas, la place assez inhabituelle du déclencheur, à gauche, sur le devant de l’appareil, et que l’on recouvre d’une petite capsule pour éviter un déclenchement intempestif. Il est fileté pour y fixer un déclencheur filaire.

Au début, on tâtonne un peu, le temps de le trouver et puis, on s’y fait.

Les objectifs Exakta à « baïonnette interne » peuvent être monté sur un Exa, même les objectifs dits automatiques, qui portent un mécanisme qui actionne le déclencheur.

-« Bon, c’est bien beau tout ça, mais qu’est-ce qui change alors ? »

L’obturateur, qui n’est plus un rideau à plan focal, innove en se compliquant la vie car c’est le miroir qui sert de « lame » d’obturation ouvrante tandis qu’une seconde lame métallique incurvée, est la lame de fermeture. C’est une espèce d’obturateur à guillotine assez similaire, parait-il, à ceux utilisés dans les premiers appareils photo grand format et dans certains panoramiques.

Donc, quand vous enfoncez le déclencheur, le miroir se déplace vers le haut selon un arc, exposant le film. Une plaque d’obturation incurvée se relève alors et termine l’exposition. Une fois l’exposition terminée, le miroir reste relevé jusqu’à ce que le film soit enroulé à la prochaine vue. C’est la raison de la « vitesse de pointe » qui ne dépasse pas le 1/150 secondes car il n’est vraiment pas possible de faire bouger le miroir lourd assez vite pour obtenir une exposition plus rapide.

-« Quel est l’avantage d’un tel « bidulle » ? »

C’est bon marché à fabriquer, ce qui réduit le coût de l’appareil photo et n’a pas besoin de lubrifiants et peut donc être utilisé dans des conditions très froides sans accrocs.

De fait, sa conception particulière le rend incapable de vitesses lentes et rapides : sa plage est de 1/25s à 1/150s et la pose B.

Heu … juste par comparaison, un Pentax Asahi offrait à la même époque le 1/1000s, mais pas au même prix !

Il n’y a pas que l’obturateur qui est différent, le réglage des vitesses aussi : nous avons droit, sur la gauche du viseur, à une espèce de levier de … changement de vitesse !

Pour armer l’appareil, c’est avec le gros bouton strié à droite du viseur et on sent bien la décomposition des mouvements de l’obturateur et du miroir. Le premier demi-tour remonte la pièce métallique incurvée et le reste arme le déclencheur et remonte le miroir.

Notons la présence, à côté de ce bouton, d’un compteur de vue, qu’il faut réinitialiser manuellement, grâce à une minuscule bague crantée très difficile à mouvoir.

Une conséquence de la conception étrange de l’obturateur incurvé est l’apparition d’un « vignetage marginal » comme le dit le fabricant, avec des objectifs longs – mais ça commence avec un 70mm – ou des tubes allonges, des soufflets. et, bien évidemment, ça ne se voit pas à travers le viseur.

Bref, cette sixième génération sera la dernière de la lignée qui fut donc fabriquée de 1950 à 1962, avec une production totale (tous modèles confondus) d’un peu plus d’un million deux cent mille exemplaires. Ce fut vraiment un appareil destiné à offrir un reflex à la portée de tous.

Entre nous, cette gamme fit la joie des gauchers car, pour une fois, les commandes sont de ce côté-là de l’appareil.

Par rapport aux réflex de ces années-là, surtout Japonais, nous sommes dans un autre monde, mais voyons plutôt.

Petite parenthèse toute personnelle : lorsqu’on regarde les voitures des années soixante, les électro-ménagers, les vêtements portés, cet appareil, on a souvent l’impression d’un temps si lointain … or soixante ans seulement nous séparent … et c’est déjà beaucoup.

La grande majorité des reflex, toutes nationalités confondues, n’ont pas forcément le viseur – et donc le prisme – tout à fait au milieu; ici, oui.

Viseur qui est amovible et que l’on peut remplacer par différents modèles : viseurs à prisme, viseur à la taille avec ou sans loupe. Les verres de visée peuvent aussi être modifié, par des quadrillés, par exemple.

Pour l’ôter, il suffit d’abaisser la plaquette qui se situe à l’avant du boitier, juste sous le viseur, en dessous de la plaque qui porte le nom Exa en lettres blanches. Pour le remettre en place, il suffit de le plonger dans le « tunnel » ainsi dégagé, jusqu’au « clic » d’accrochage.

En principe, tous les viseurs Exa et Exakta sont compatibles et interchangeables, un bon point.

Le viseur de taille est un système qui se replie, diminuant encore la taille de l’appareil. Autre avantage, ça empêche les poussières de tomber sur l’écran de mise au point. Il suffit d’appuyer sur le bouton, situé à l’arrière, pour qu’il se déploie.

Si vous avez déjà eu en mains un appareil de type Rolleiflex, Lubitel 2, Yashica Mat et consorts, vous ne serez pas dépaysé avec la visée de ce type.

Et comme avec ces appareils, l’image est donc inversée gauche – droite mais heureusement pas de modification haut – bas. Rappelez-vous, c’est le pentaprisme du reflex qui redresse l’image et la met « dans le bon sens ».

Si vous utilisez ce type de viseur – et c’est là le sel de cet appareil – vous constaterez que voir les choses « d’en haut » modifiera votre perception des scènes et donne une toute autre perspective à l’image. Et donc, cela va influencer votre composition finale, vous verrez.

Remarquez encore le bouton, juste derrière le compteur de vues, c’est celui qu’il faut enfoncer pour pouvoir rembobiner le film en fin de course.

Je crois que je n’ai pas encore abordé le flash : sur le côté droit de l’objectif vous verrez deux douilles, une notée F (pour F = rapide), qui est destinée aux ampoules flashs. La connexion sur ce port déclenchera l’ampoule 12 millisecondes avant que l’obturateur ne soit complètement ouvert. Cela permet à l’ampoule du flash d’atteindre la luminosité maximale lorsque l’obturateur s’ouvre complètement. Cela nécessite une vitesse d’obturation de 1/25 seconde.

Ensuite, la douille notée X (pour Xénon, le gaz qui est dans les tubes des flashs électroniques). Si vous êtes branché sur celle-là, le flash se déclenche dès que l’obturateur est complètement ouvert, à la vitesse soit du 1/50s ou du 1/25s.

Petit nouveauté par rapport aux autres Exa, le dos est articulé (pour les autres, c’est tout le dos qui s’enlève). Ce qui facilite, semble-t-il, l’insertion d’un film et la fermeture du dit dos (il suffit de le rabattre et le verrou s’enclenche).

Une petite remarque utile, en passant : avez-vous vu la bobine réceptrice, solidaire de l’appareil ? On peut la retirer mais la perdre serait bien gênant car elle est spécifique au modèle. Donc, en cas d’achat vérifier qu’elle est bien dans la chambre sous peine de recherches fastidieuses.

Tiens, en regardant la chambre, vous verrez qu’il n’y a pas de mousses à changer. Souvent, les appareils allemands préféraient des gorges bien profondes, bien ajustées avec les autres éléments de la carrosserie pour assurer l’étanchéité à la lumière.

En dessous, le filetage pour y fixer un trépied. Attention, ce n’est pas un pas « normal » mais un filetage Whitworth de 1/4 de pouce.

Là, je pense que nous avons fait le tour du boitier.

Qu’en penser ?

Le moins que l’on puisse écrire, c’est qu’il sort de l’ordinaire, de par sa forme d’abord sa conception mécanique ensuite.

Même s’il fut pensé « économies » à tous les étages, il n’en demeure pas pourtant mal construit. Métal à tous les étages, ce qui se sent quand on l’a en mains.

Mais des limitations qui peuvent devenir rédhibitoires. Si à l’époque les films étaient encore assez lents,avec des films modernes, vous atteindrez rapidement les limites de l’appareil, à moins de ruser un peu.

Difficile de nos jours de s’en servir rapidement (et pourquoi pas être lent, parfois ?) mais il faut lui reconnaître une bouille à nulle autre pareille et ce petit quelque chose, due à la visée à la taille, qui peut en faire un compagnon sympathique.

J’en connais un qui s’amusait à photographier, discrètement, dans les troquets du Borinage, à saisir les « tronches » et les ambiances de ces lieux qui tendent à disparaitre. Personne ne prêtait attention à ce vieux Monsieur, penché sur le dessus de son drôle d’appareil (il se reconnaîtra !).

Si vous en trouvez un encore en bon état, pourquoi ne pas essayer, ça change des habituels Balda, Dicora, Vitoret, etc. de ces années-là.

Niveau budget, ça devient compliqué de faire des pronostiques, les prix s’envolent parfois sans raison, mais disons que vous devriez vous en sortir avec un billet de 50€, muni d’un objectif.

Pour voir ce que produit cet appareil, c’est par ICI.

Pubs d’époque (merci Collection-appareils)

Photo-Hall, décembre 1958.

Videos d’illustration

Addendum : cette video montre bien comment fonctionne l’appareil, surtout vu de la chambre

Un peu de technique :

Exa Version 6 – produit entre 1960-62
Il existe de nombreuses variantes de la version
Particularités de la version :
– Nouvelle forme rectangulaire de la plaque frontale
– Nouvelle plaque signalétique Exa en noir et blanc

Spécifications communes aux versions

Objectif : monture à baïonnette Exakta d’origine interchangeable
Déverrouillage de l’objectif : via un levier exposé à gauche de la collerette de l’objectif
Obturateur : guillotine à action verticale utilisant le miroir comme un seul composant ; de ce fait la vitesse maximale est limitée à 1/150, vitesses : 1/25-1/150 +B
Déclencheur : à l’avant du boîtier, disponible pour les leviers/pistons d’ouverture sur divers objectifs automatiques
Viseur : viseurs Varex standard, avec option de verrouillage de l’exposition (WLF a une broche qui bloque l’exposition si le capot est fermé.)
Sortie du viseur : via un curseur sous le logo Exa
Miroir : faisant partie de l’obturateur, non-retour
Corps : métal, construction robuste

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Des références : https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-4980-Ihagee_Exa.html, en français; https://casualphotophile.com/2022/07/13/ihagee-exa-camera-review/, https://oldcamera.blog/2017/11/27/ihagee-exa-6-or-1-6/, http://camera-wiki.org/wiki/Exa_(original), https://www.wrotniak.net/photo/exakta/exa-serial.html, https://casualphotophile.com/2022/07/13/ihagee-exa-camera-review/ en anglais; http://www.exaktapages.com/(une mine d’infos sur la marque et les modèles), en allemand