Argentique

Le Samsung Fino 80 Super

Encore un petit compact de la fin des années nonante découvert dans une brocante, sur une table, dans sa pochette, et donc propre.

Petit coup d’œil à la trappe des piles, rien n’a coulé; pas de film resté à l’intérieur non plus. Faudra un jour que je me décide à prendre des piles avec moi pour tester mes achats … bon, je verrai bien et je m’enquiers du prix, que je négocie pour le plaisir et hop, il rejoint mon sac à dos.

In fine, c’est un compact du début des années deux-mille (2002), un certain âge d’or de ces appareils : assez petit que pour se glisser dans un petit sac, parfois une poche, avec un petit zoom raisonnable, un petit flash d’appoint, motorisé bien évidemment et avec un autofocus suffisant pour la plupart des photos auxquels ils étaient destinés (vacances, famille, sorties, ….)

Mais voyons si je trouve des infos à son sujet sur la Grande Toile.

Bon, manifestement, il n’a pas bouleversé l’histoire de la photographie, les infos sont chiches.

Si en Europe nous le connaissons sous ce nom là, manifestement pour les USA et l’Asie, il s’appelait Maxima Elite 80

Il semble que la gamme des Fino soit celle des entrées de gamme. Ce qui n’empêche qu’il possède quelques fonctions inhabituelles sur un tel appareil, comme une pause B, un petit avertisseur sonore qui se manifeste en cas de flou de bougé et même un retardateur

Son zoom est un 38 – 80mm, ouvrant de f6,3 à f12,3 avec un autofocus assez réactif. Le bottier est asservi à une cellule au CdS, sensible de 50 à 1600 Iso. Pas besoin de paramétrer l’appareil, il « lit » le codage DX des films et fait ses réglages tout seul.

Du classique jusque là.

Continuons. C’est un appareil tout automatique. C’est donc lui qui décide de tout pour la vitesse (de 60s – en mode Bulb – à 1/250s) et il ne vous tient pas forcément au courant de ses choix (pas d’infos dans le viseur)

Un petit flash intégré peut vous aider en cas de faible luminosité, avec fonction anti-yeux rouges et débrayable (ça, j’aime bien).

Que dire encore ? Il y a dessous un petit filetage pour le fixer à un trépied. Léger, il ne va pas vous surcharger en balade (225gr avec la pile). Son alimentation est assurée par une CR2 (6v).

Point de vue manipulations, c’est ultra facile : vous visez, il fait la mise au point (et le reste). Si vous voulez actionner le zoom, deux petits boutons sur l’arrière l’un pour « avancer » le zoom, l’autre pour « reculer ». La visée suit le mouvement du zoom en temps réel. Une diode vous averti de la mise au point.

Tiens au fait, le viseur est assez clair, collimaté ce qui ajoute à son confort d’utilisation

Sur le dessus, un écran LCD vous renseigne sur le nombre de vues prises, les états du flash.

Un loquet sur la tranche vous permet d’ouvrir le dos de l’appareil pour y introduire une bobine et il se chargera d’amener le film à la première vue.

Voilà, rien de transcendant mais rien de rébarbatif non plus. Comme je l’écrivais au début de cet article, un petit appareil qui va vous faciliter la vie (faut même pas lire un mode d’emploi pour savoir l’utiliser).

Si vous en trouvez un, ne déboursez pas plus de 15€ s’il est accompagné de sa house et de sa dragonne. Il vous suivra partout et vous ne craindrez pas de l’abîmer le cas échéant.

Bref, un petit compagnon qui ne fait pas de vague mais rend de petits services utiles quand on a besoin de lui.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Des exemples d’images prises avec le même type d’appareil ICI

Des références : https://filmphotography.eu/en/samsung-fino-80-super/ en anglais, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-4795-Samsung_Fino%2080%20Super.html, https://www.kijiji.ca/v-appareil-photo-camera/ville-de-montreal/point-and-shoot-a-film-samsung-maxima-elite-80-zoom-38-80mm/1580219914 en français

Argentique

Le FunCam Summer d’Agfa

Vous le savez, j’apprécie assez les brocantes. On y trouve parfois des pépites, ou en tout cas, des appareils qui sortent de l’ordinaire, amusants ou incongrus, parfois en piteux états, parfois presque neufs …

Comme je ne suis pas sectaire et plutôt curieux, j’aime assez me laisser entrainer vers ces objets là.

Et donc, dans une caisse, mélangé à plein d’autres objets qui tenaient plus de l’ustensile de cuisine que de la photographie, je découvre ce drôle d’emballage, presque intact (si on excepte la couche de poussière).

Je le regarde et, par principe, négocie le prix : 2€. A ce prix là, j’ai au moins gagné un film vierge si le reste ne fonctionne pas !

Comme disait I.T., retour maison et bon nettoyage de l’emballage avant de faire quelques photos de l’ensemble.

Bon, à ce moment là je ne sais pas encore si je vais trouver quelque chose sur cet appareil Agfa, qui semble plus tenir du gadget que d’autre chose, mais bon, c’est ça le plaisir de la découverte.

Vous le découvrez donc ci-dessous, sous blister, un appareil photo Agfa surnommé FunCam, livré avec 2 films Agfa Vista de 27 photos (24+3) en 400 Asa (il n’y en a plus qu’un) et (mais elles manquent) deux piles AA.

Le blister a été entamé pour soustraire les deux piles et un film mais, semble t’il, l’appareil n’a jamais quitté son emballage.

Aussi farfelu que cela puisse paraître, si vous cherchez des infos sur ce drôle d’appareil, vous constaterez qu’il s’en vend sur Ebay et Catawiki, et à des prix de fous ! J’en ai trouvé annoncés à 32GBP (soit +/- 37€) l’appareil seul et tout nu et 55€ parce que « Agfa FunCam Summer 35mm Film Camera Rare Point & Shoot Collectable Lomo Retro« 

Ça y est, les mots clés sont lâchés : rare (heu, ça reste à voir !) – collectible (ouais, mais faut trouver l’amateur qui collectionne ça) – Lomo (ben oui, les Lomographistes apprécient ce type d’engin, mais en général, ils essaient de payer moins cher) – retro (sans doute, mais l’ensemble n’a que 16 ans, j’ai connu plus « rétro »)

Heu …. et si nous restions sérieux ?

Car, à l’origine, ce FunCam Summer est considéré comme un jetable (!?) destiné à accompagner les activités estivales des jeunes et moins jeunes, sans prise de tête et tout ça (appareil, films et piles) pour moins de 10€ en …. 2005 !

Historiquement (si, si, j’ose le mot !), Agfa avait déjà lancé un FunCam Motor puis un FunCam Slimline avant que n’arrive ce FunCam Summer blanc nacré en juin 2005.

Ne nous y trompons pas, le FunCam Summer est en tous points identique au FunCam Motor, n’était-ce sa belle robe blanche et le rouge tonic des boutons et du cadre autour du viseur.

Techniquement, c’est un point and shoot classique et basic : un grand viseur tout simple (pas de marques) , un flash électronique et un moteur

Voici ce que l’on en disait : « AgfaPhoto informe : Leverkusen, avril 2005 – Après la FunCam Motor et la FunCam Slimline, AgfaPhoto lance la FunCam Summer blanc nacré. À partir de juin, cet appareil photo 35 mm à part entière a les meilleures chances de devenir un succès estival après le succès de ses prédécesseurs. L’offre spéciale comprend non seulement l’appareil photo lui-même avec son flash électronique et son transport de film motorisé, mais aussi deux batteries et des films Vista pour 54 photos estivales colorées. Enfin, le prix de vente conseillé sensationnel de seulement 9,99 euros fait de la FunCam Summer le compagnon idéal pour toutes les activités estivales, pour le sport et les loisirs ainsi que pour s’amuser sur la plage ou le barbecue en soirée.« 

Le décor est planté : un appareil simplissime, essentiellement destiné aux jeunes qui veulent ramener des images « fun » de leurs vacances, sans se préoccuper de l’appareil, bon marché mais qui fait le job demandé.

Deux positions pour les prises de vue : avec ou sans flash selon la luminosité.

La distance de prise de vue idéale est comprise entre 1,2m et 4m (c’est un 35mm asphérical). Je n’ai pas trouvé d’indication quant à l’ouverture ni la vitesse mais si Agfa fournit deux films en 400Asa, ça ne doit pas être très lumineux (un f6,3 ?). La lentille semble être en plastique mais c’est une optique japonaise !

Pour le reste, deux piles AA à introduire dans le boitier, un verrou pour libérer la porte arrière pour accéder à la chambre, dans laquelle vous glissez les films vendus avec l’engin. Vous tirez la languette jusqu’au repère, refermez le dos et le moteur se charge d’enrouler jusqu’à la première vue.

A priori, on vous recommande de n’utiliser que les films Agfa , alors que tous les autres fonctionnent aussi : ah ! le marketing …

source : https://www.flickr.com/photos/botakjay/albums/72157602621464802

Reste à porter l’appareil à hauteur d’yeux, clic-clac, c’est dans la boite !

Après les Pocket Agfa, qui ont fait le bonheur de tant d’enfants lors des camps de vacances, ou des vacances tout court d’ailleurs, ces petits appareils sans prétention ont ravit la génération de leurs propres bambins, vingt ans plus tard.

Dans de bonnes conditions de lumière (présupposé de vos vacances à la plage), les photos ne sont pas mauvaises et s’il faisait moins lumineux, un petit coup de flash vous aidera (attention, pas trop près pour éviter les yeux rouges).

Et si même Agfa le considère comme un « jetable  » réutilisable, c’est qu’il se doute qu’à ce prix là et pour la clientèle visée, c’est un appareil qui pourrait souffrir. Ceci étant, les plastiques sont costauds et les assemblages pas si mauvais que ça. A moins de le laisser tomber de haut ou de l’immerger, c’est un petit appareil qui résiste bien à quelques mauvais traitements.

En résumé, à moins d’être collectionneur averti, ne dépensez pas plus de 5€ pour l’appareil, peut-être 8€ si vous trouvez le blister intact, c-à-d avec l’appareil, les 2 piles et les 2 films Agfa.

Pour le reste, amusez-vous, c’est vraiment dans l’esprit Lomo.

source : Photo-Scala, voici la configuration complète de l’appareil tel qu’il était vendu en 2005

Pour le mode d’emploi (si, si, il y en a un, minimaliste), c’est ICI

Des références : https://www.photoscala.de/2005/05/02/funcam-summer-von-agfaphoto/, en allemand, https://www.app-phot-col.com/boit_deta_5.php?numephot=0&dn=1&numero=1323&marque=AGFA&modele=FunCam%20Summer&ty=B&T=B en français

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Le RevueFlex AC-2

Cette fois, promis, ce sera sans doute l’article le plus court que je vais écrire à propos d’un appareil !

Eh oui, parce que j’ai déjà tout dit à son sujet … mais sous d’autres noms.

En effet le RevueFlex AC-2 n’est rien d’autre qu’un Chinon CE-4, que je vous ai présenté en son temps.

Je faisais d’ailleurs remarquer que ce Chinon, d’excellente facture au demeurant, avait été vendu sous d’autres appelations, tels l’Agfa Selectronic 3, le RevueFlex AC-2 et, plus chic, l’Alpa Si 3000.

Comme je n’ai pas encore trouvé d’Agfa Selectronic, je me contente de vous montrer les photos du Alpa Si 3000, du RevueFlex AC-2 et finalement de l’original, le Chinon CE-4.

Pour le reste, une fois n’est pas coutume, je vous renvoie à l’intégralité des analyses, toujours bien subjectives, de l’Alpa Si 3000 et donc du Chinon CE-4

Oui, un mot encore, tout de même, son prix.

Moins connu que l’Alpa Si 3000 ou même le Chinon CE-4, il n’en demeure pas moins le même appareil, avec sa baïonnette K, qui offre une large palette d’optiques. Pourtant il se négocie un peu moins cher, autour des 40€ avec un objectif.

Notez que c’est surtout vrai en Belgique car en Allemagne, la marque Revue était même plus connue que Chinon, l’entreprise re badgeant allègrement quelques fournisseurs devenant des « produits blancs » à l’usage.

Profitez-en, ça vous permettra d’acquérir un bon appareil à prix tout doux …

Argentique

Le Yashica Lynx 5000E

L’histoire de Yashica est riche d’appareils qui ont marqué l’histoire de la photographie argentique. La marque a eu le tort de disparaitre trop tôt …

Je vous encourage à relire l’article consacré au Yashica Electro 35 GSN dans lequel je reprenais, rapidement, l’historique de la gamme.

Pour mémoire, tout commence en 1958 lorsque le fabriquant sort le Yashica 35, suivi en 1959 d’un Yashica YL, en 1960 d’un Yashica M ou Minister. Toujours en 1960, une ligne supplémentaire s’ajoute avec le Lynx 1000, suivi d’un Lynx 5000 en 1962 et d’un fabuleux Lynx 14 en 1965.

Cette lignée, destinée aux photographes « experts » sera couronnée en 1969 par un Lynx 5000E et un toujours magnifique Lynx 14E.

Il n’y aura pas d’autre descendance. Les télémétriques luxueux, comme les Canon QL de troisième génération, les Minolta Hi-Matic et les Yashica Electro, les Yashica Lynx seront les derniers télémétriques à objectifs fixes « haut de gamme ». Début quatre-vingt, l’autofocus pointe le bout de son nez, les moteurs intégrés aussi et, surtout, les photographes de l’époque ont envie d’appareils simplifiés, voire simplissimes … mais qui fassent d’excellentes photos. Les compacts des années nonante sont en gestation, qui ne seront supplantés que par les ultra compacts de l’ère du numérique !

Mais revenons à notre Yashica Lynx 5000E.

Et pour cela, je vais vous parler du … Lynx 1000, premier du nom.

source : Monsieur Suaudeau

Plus compact que les Yashica Minister contemporains, il propose une cellule au sélénium, couplée, un obturateur à feuille qui atteint le 1/1000s, et un objectif ouvrant à f2,8 pour une version et f1,8 pour l’autre.

Il est très agréable à prendre en main, les commandes tombent naturellement sous les doigts (levier d’armement, déclencheur, ergot sur la couronne pour la mise au point rapide). Une petite fenêtre sur le capot laisse voir l’aiguille de la cellule et deux repères lumineux (over/under) aident à trouver la juste exposition.

Revenons un instant sur l’obturateur, un Copal SV, placé dans l’objectif Yashinon (6 élément en 4 groupes), un 45mm ouvrant à f1,8 et qui ouvre jusque f22, rare sur ce type d’appareil. Les vitesses s’étagent de la pause B puis d’1s à 1/1000s. A l’époque, seuls quelques reflex (SRL) offraient cette vitesse de compétition.

Tiens au fait, il fut baptisé « Lynx » par rapport à la vitesse de son obturateur !

La synchro flash est à toutes les vitesses sur la prise X. Un retardateur de 8s complète la présentation.

Pour régler la sensibilité Asa, il faut manipuler un petit levier sur le barillet de l’objectif. La cellule est sensible de 10 à 800 Asa, bien large aussi pour l’époque.

Son viseur, lumineux, possède les mêmes cadres de correction de la parallaxe automatique que ceux de la série Yashica Electro G.

Pour être complet, rappelons que le Lynx 1000 fut aussi proposé en 1962/63 avec un objectif f2,8 de 45 mm mais avec un obturateur allant jusqu’au 1/500s seulement.

Et pour en finir, le Lynx 1000 était considéré comme le haut de gamme des télémétriques Yashica de l’époque (1960) juste au dessus des Minister.

En fait les deux modèles, le Lynx 1000 et le Lynx 5000, partagent l’obturateur à feuilles Copal SV , l’objectif Yashinon 45 mm f1.8 à monture fixe (filetage de filtre de 46 mm) et le viseur à cadre lumineux avec télémètre couplé à correction de parallaxe. La mise au point minimale est de 80 cm.

Ici aussi la visée est très claire : dans le viseur, il y a un cadre brillant qui se déplace suivant le réglage de la distance de mise au point afin d’éviter les erreurs de parallaxe.

En fait, lorsque vous visez en réglant la distance, vous voyez varier l’image du télémètre et le cadre se déplacer. Facile et confortable.

Mais il y a une grosse différence entre les deux appareils : la cellule !

Si elle est au sélénium sur le Lynx 1000, elle est au sulfure de cadmium (CdS) sur le 5000. Qui aura donc dorénavant besoin de pile pour actionner la mesure de la lumière.

Vous devez appuyer sur un bouton en façade pour activer la cellule (un bonton marqué « Switch »). Sur le capot de l’appareil, sous un verre épais, une aiguille se déplace selon les réglages de l’objectif. A remarquer que cette fenêtre est séparée en deux par un trait épais. Il faut alors régler la vitesse et l’ouverture pour amener l’aiguille sur ce trait. Sous le trait, une zone « under » vous signale une possible sous exposition tandis qu’au dessus, une zone « over » signale une possible surexposition. Notons qu’une autre aiguille est visible dans le viseur.

Puis vint le Lynx 5000E, qui progresse encore, tout en gardant les bonnes choses de son prédécesseur (obturateur au 1/1000s, objectif lumineux, cadre lumineux et télémètre facile).

Exit toutefois la fenêtre extérieure de la cellule, cette fois elle est dans le viseur avec un affichage par diode des Over/Under qui apparaît quand nécessaire.

Mais surtout, il introduit un obturateur à circuit intégré, comme sur les Electro 35 G, GS, GSN/GTN. Vous verrez le sigle connu sur la face du boitier

A la différence cependant des Electro cités, il n’y a aucun automatisme sur le Lynx 5000E (ni sur le Lynx 14E) car, rappelons-le, ils étaient destinés aux photographes « experts » qui voulaient garder la main sur tous les réglages.

Bref, du beau matériel qui devrait inspirer les photographes de rue qui ont envie d’essayer autre chose que les Electro 35, les Canonet QL 17 ou QL 19 GIII, les Minolta Hi-Matic 11 ou 7sII (tous excellents, entendons-nous bien !)

Si je le compare à un Electro 35G, il est plus compact, même s’il est pratiquement exclu de le glisser dans une poche.

Pour le charger, il faut appuyer sur un petit bouton situé sur la semelle, ce qui libère la porte arrière. Inutile donc de tirer sur la tige de rembobinage, elle ne sert qu’à dégager la bobine lors du changement.

Notez le large oculaire du viseur, confortable.

Il n’y a pas de contact électronique pour le flash, juste une griffe, et un contacteur X synchronisé à toutes les vitesses, grâce à l’obturateur Copal devenu électronique. .

L’autre petit bouton sous l’appareil sert à débloquer le film pour rembobiner en fin de course. C’est aussi en appuyant dessus une fois que l’on peut envisager de faire des surimpressions puisqu’il débraye l’entrainement du film jusqu’au prochain armement.

Ah oui, un mot sur les piles. Autrefois au mercure, elles sont introuvables. Vous pouvez les remplacer par 2LR 44 que vous glissez dans un adaptateur ou 2 PX625A. Il faudra ajouter un ressort pour assurer la bonne hauteur. Et prenez la précaution d’entourer votre montage d’un bout de Gaffer pour éviter les cours-circuits. Ça fonctionne parfaitement.

PILE PX625 A MR9 625 V625U PX13 H-D KX625 RPX625 LR09 D625 EPX625G EPX625 LEICA
MR-9 PX625 Battery Converter Adapter for Film Camera 124g, Olympus OM1, Canon F1

Finalement, que retenir de ce boitier ?

Il présentait à son époque ce qui se faisait de mieux en terme de rapidité de son obturateur (peu d’appareil proposait le 1/1000s, même chez le reflex), la plage de la cellule est intéressante (de 10 à 800 Asa), la synchro flash à toutes les vitesses, il est totalement réglable, son télémètre est rapide et précis.

Cinquante plus tard, il reste une valeur sûre.

Les Lynx sont moins connus que les Electros 35, vendus pendant près de vingt ans et qui correspondaient à une certaine clientèle, attirée par leur automatisme.

C’est une gamme qui demande un peu de connaissances, qui se résument in fine dans ce que l’on appelle le triangle d’exposition, c.-à-d. la base que tout photographe argentique maitrisait (ou essayait de maitriser) et qui a permis quelques chefs d’œuvres.

Si vous avez la chance de croiser la route d’un bel exemplaire, il devrait être à vous pour moins de 50€.

Ne le laissez pas passer, vous le regretteriez.

source : Collection-appareils.fr, Photokina 1969

Une video de présentation

Petite video utile au cas où …

Pour le mode d’emploi, c’est ICI et LA

Quelques références : https://www.lomography.com/magazine/77611-yashica-lynx-5000e-yashica-haunts-my-dream-1, http://mattsclassiccameras.com/rangefinders-compacts/yashica-lynx-5000/, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Yashica_Lynx, https://www.mikeeckman.com/photovintage/vintagecameras/lynx/index.html, http://www.yashica-guy.com/document/chrono2.html, https://www.flickr.com/photos/28796087@N02/4267166922/in/pool-camerawiki, http://www.yashica-guy.com/document/chrono2.html en anglais, https://www.suaudeau.eu/memo/pratique/tel_yas.html, https://www.suaudeau.eu/memo/collection/Tlmfx/yl5e.html, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-11865-Yashica_Lynx%205000E.html, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-1373-Yashica_Lynx%205000.html en français

Pour les réparations éventuelles : http://www.yashica-guy.com/document/lynxfix.html en français

Argentique

Le Canon A 35 F

Dans la longue tradition des appareils Canon, celui-ci est un des derniers télémétriques produit. Il date de 1978, basé sur le célèbre Canonet 28.

Ah, vous connaissez ma faiblesse … je vais donc vous conter – rapidement, c’est promis – la saga Canon télémétrique.

Comme tous les grands constructeurs de l’époque, Canon s’est inspiré des appareils télémétriques allemands, dont le Leica, quoique ….

« J’ai découvert que l’appareil ne comportait aucun matériau précieux, comme des diamants. Toutes les pièces étaient en laiton, en aluminium, en acier et en caoutchouc. Ma surprise a été grande en réalisant que ces matériaux bon marché, une fois assemblés pour former un appareil photo, étaient vendus à un prix exorbitant. » (citation extraite du livre 150 ans d’appareils photo, de Todd Gustavson, paru aux éditions Eyrolles). Ainsi parla Goro Yoshida, lorsqu’il démonta un appareil Leica au début des années 30.

C’est de ce constat que part Goro Yoshida pour proposer un premier prototype, sous la marque Kwanon, déesse de la miséricorde. Nous sommes en 1934.

Afin de trouver une solution optique qui le satisfasse, il fait appel à la Nippon Kogaku Kogyo, spécialisée dans la fabrication d’éléments optiques (qui n’est autre que l’ancêtre de Nikon) et en 1936, il produit le premier « vrai » télémétrique Canon, le Hansa

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source : le monde de la photo, le premier télémétrique Hansa (1936)

Devant le succès du Hansa, en 1937, Yoshida fonde,; avec 3 collaborateurs, la société Canon.

Ce premier jet fut suivi d’un Hansa S (1937) qui était destiné clairement à concurrencer le Leica.

source : le monde de la photo, Canon SII et IIB

Le Hansa S devient Canon S dès la déclaration du nouveau nom de la société. Le but du premier PDG de l’entreprise est de « rattraper et dépasser Leica ».

Mais la Seconde Guerre Mondiale vient redistribuer les cartes et il faudra attendra 1946 pour que Canon sorte un successeur au Canon S sous la dénomination de SII, qui sera réellement le premier appareil photo 35 mm à disposer d’un viseur avec télémètre combiné. Leica n’y arrivera qu’avec le M3, bien plus tard !

En 1949, ils sortent son successeur, le II B qui comprend alors un viseur optique à trois voies, assorti d’objectifs interchangeables.

Jusqu’en 1954, Canon, grâce au design soigné de ses modèles, à la qualité de sa fabrication et ses innovations devient l’égal de la marque allemande. Ils vont apporter nombre de modifications qui prouve que Canon n’est plus un « copieur » de Leica et qu’ils sont en avance sur bien des points :

  • assembler en une seule fenêtre viseur et télémètre
  • viseur à grossissement variable en faisant apparaître les focales de 50-85-135mm
  • installation d’un vrai système de flash avec une griffe qui possède un contact pour la synchronisation
  • dos à charnière

Toutes ces caractéristiques seront reprises dans le IV SB 2 (1954), un des plus beaux télémétriques jamais produit.

Mais Leica vient de sortir le M3 qui peut être considéré comme le summun du télémétrique argentique :

  • viseur-télémètre multi focale,
  • monture à baïonnette,
  • sélection automatique du cadre de visée au montage de l’objectif
  • , possibilité de prévisualiser le champ d’un objectif sans nécessairement le monter,
  • compatibilité totale avec les anciens objectifs à vis (bague d’adaptation vis sur baïonnette),
  • toute la gamme des vitesses sur un seul barillet (alors que Canon isolera les vitesses lentes sur un deuxième barillet placé sur la face avant des appareils jusqu’en 1956),
  • deux prises de synchro flash (électronique et magnésique),

Dès lors Canon continuera à apporter quelques améliorations, surtout au niveau des optiques notamment en sortant des focales inhabituelles qui seront reconnues pour leur qualité optique et viendront concurrencer sans rougir celles de chez Leitz.

Mais c’est dans le début des années soixante que Canon va marquer un grand coup en présentant le Canon 7. Celui-ci propose une cellule au sélénium incorporée, un viseur multi focale en 35 – 50 – 85 – 100 et 135 mm, toujours son dos sur charnière et il est proposé avec un objectif exceptionnel par ses caractéristiques physiques, un 50mm ouvrant à f 0;95.

Cet imposant objectif nécessite que Canon modifie la monture, côté appareil, pour l’y fixer : une baïonnette fait son apparition avec une came pour le réglage télémétrique mais elle garde le filet en M39 pour tous les autres focales.

Ensuite, en 1965, la marque présente le 7S, l’amélioration venant de la cellule qui passe du sélénium au Cds (sulfure de cadmium) plus performante en termes de précision et sensibilité mais qui nécessite une pile.

Finalement Canon arrêtera la fabrication de télémétriques en 1968, du moins ceux à objectifs interchangeables.

De fait, la marque s’est lancée dans une autre aventure, celle des reflex qui seront l’avenir de la photographie pour de nombreuses autres années et qui verra Canon river le clou définitivement à Leica en devenant régulièrement la marque la plus vendue au monde, tous modèles confondus.

Toutefois, lorsque Canon a lancé le Canon 7 en 1961, il faut reconnaître que le marché des appareils photo télémétriques à objectif interchangeable haut de gamme commençait à tomber en disgrâce auprès des photographes.

Depuis les années cinquante, le Single Lens Reflex (SLR) commençait à combler les attentes des photographes sérieux et ils se détournaient des télémétriques coûteux.

Lucide, Canon savait que pour rester au top du marché, ils devaient produire plus de reflex et moins de télémètres. Bien que ces appareils restaient attractifs pour les amateurs, les familles qui cherchaient un appareil facile à manipuler, tout en restant qualitatif.

1961 fut donc une excellente année car c’est à cette époque qu’apparut aussi le Canonet.

Un modèle tout à fait original car ce boitier, au design neuf, proposait un objectif fixe f/1.9 45 mm, un posemètre à cellule au sélénium, et était vendu moins de la moitié du prix d’un Canon 7 avec 50 mm objectif f/1.4.

Ce télémétrique à objectif fixe a été un succès immédiat et s’est très bien vendu en tant qu’option intermédiaire aux reflex plus chers et au Canon 7 haut de gamme.

Devant ce succès, Canon introduit en 1963 le premier « entrée de gamme » en proposant un modèle encore plus basique, le Canonet Junior. Un boitier plus petit et plus léger, avec un objectif 40 mm f/2.8, un posemètre à cellule au sélénium, mais pas de télémètre.

Puis, en 1965, vint le Canonet QL17, avec un tout nouveau design de boîtier (plus petit et plus léger que le modèle d’origine), mais qui contenait des fonctionnalités avancées comme un posemètre CdS, une exposition automatique à priorité vitesse et la nouvelle fonction de chargement rapide (QL pour quick load) qui simplifiait le film chargement rendant presque impossible l’insertion incorrecte d’une nouvelle bobine.

Ce QL17 était le haut de gamme de la série Canonet et offrait aux photographes un objectif f/1.7 très rapide avec une excellente optique, un posemètre précis et un excellent télémètre pour un prix toujours abordable.

De nombreuses déclinaisons verront le jour autour du Canonet. La dénomination changera en fonction de l’objectif : QL 17 pour le 40mm ouvrant à f1,7, QL 19 celui ouvrant à f1,9, QL 25 pour le même ouvrant à f2,5. Il y eut aussi un f2,8 mais celui-ci perdait le télémètre.

Le succès reste toujours présent et en 1969, les Canonet deviennent des « New Canonet ». Les boitiers sont plus petits et plus légers mais ils gardent leurs excellents objectifs dont le fameux f1,7 en 6 éléments, la fonction QL, le posemètre CdS et l’exposition automatique à priorité vitesse.

Toute la gamme bénéficiait de cette cure d’amaigrissement et, cerise dans le capot, le Canonet 28 recevrait enfin un télémètre contrairement aux modèles précédents qui étaient uniquement à mise au point « à l’échelle » (celle gravée sur le fut) ou au « pifomètre ».

Onze ans après sa sortie, le succès était toujours au rendez-vous, ces appareils comblaient les désirs de bien des photographes. Car si les reflex dominaient le marché pro depuis plus de 10 ans, le besoin de modèles intermédiaires, voire même d’entrée de gamme, commençait à se faire sentir.

Décidément le télémètre allait-il mourir une seconde fois ?

Dans un dernier effort – ou baroud d’honneur ? – Canon améliore encore sa gamme en 1972 : cette fois le haut de gamme de celle-ci s’appelle Canonet G III QL 17. Le G suivit des chiffres romains 3 indique qu’il s’agit de la troisième (et dernière) génération du Canonet.

Si ces beaux appareils restaient très performants et efficaces, ils demandaient un minimum de connaissances et d’investissement de la part du photographe.

Or le photographe lambda veut quelque chose de simple et de – vraiment – facile.

La mise au point automatique, les flashs intégrés sont sur les tables à dessin des grands constructeur : Canon, Minolta, Konica planchent dessus depuis un moment.

Finalement, Konica sera le premier, en 1977, a présenter le premier appareil à mise au point automatique et prise de vue automatisée : ce sera le Konica C 35 AF, AF pour autofocus, un mot qui deviendra une norme.

Canon et Minolta se faisaient coiffer sur le poteau !

En réaction, Canon sortait alors un Canonet qui changeait de nom et devenait le A 35 F, un télémètre toujours manuel mais avec le flash intégré

Fin stratège, Canon appelle son petit dernier A 35 F, histoire d’ajouter un brin de scepticisme chez le client qui a bien intégré que AF voulait dire autofocus !

C’est clairement un appareil destiné à combler une attente car dès 1979, Canon sortira son Canon AF 35 M pour autofocus 35mm motorisé. Celui-ci devrait même être considéré comme le premier vrai autofocus parce que contrairement à celui du Konica dit « passif », le sien était dit « actif ».

En 1978, le Canon A35F est donc l’un des derniers appareils photo télémétriques à mise au point manuelle produits par Canon, basé sur le boîtier Canon Canonet 28, une valeur sure.

Il propose un programme d’exposition automatique, contrôlé par une cellule CdS, un flash automatique intégré (mais qu’il faut sortir manuellement), alimenté indépendamment par une pile AA classique.

Le système de flash est appelé « CATS » (Canon Auto Tuning System) car il mesure l’exposition correcte en fonction de la distance du sujet et de la tension de charge.

De fait, le premier appareil Canon a bénéficier de ce flash électronique intégré a été le Canon A 35 Datelux. Un appareil peu couru et qui offrait simultanément le flash intégré mais aussi une fonction « dateur » généralement réservée à des boitiers haut de gamme, qui permettait d’imprimer la date sur chaque photo prise (utile pour le suivi de chantier, des présentations commerciales, p. ex.)

C’est un appareil à fonctionnement automatique avec un système d’exposition qui présélectionne un couple vitesse/ouverture. L’objectif est un classique 40 mm dont l’ouverture maximale est f/2,8.

Le viseur fournit les informations de parallaxe et d’ouverture. Si la pile d’alimentation du système d’exposition est bonne, en appuyant sur le bouton de test de pile, l’aiguille de la cellule se positionne sur une zone verte.

L’appareil photo est doté d’un objectif Canon de 40 mm à 5 éléments et d’un système AE à programme complet pour des expositions de qualité à chaque fois.

Pour rappel, le Canon A35 F est essentiellement un Canonet 28, partageant son objectif à 5 éléments 40 mm f/2.8, qui gagne un un flash et supprime toutes les commandes manuelles, sauf celle de la mise au point. Il n’existe qu’en livrée noire (tant mieux, c’est celle que je préfère et ça vous évitera des surcoûts comme pour le Canonet QL 17 G III qui frisent les 200€ en noir).

Esthétiquement, le dessus du boitier est un hybride d’ancien (le Canonet 28) et de nouveau avec le flash « popup » manuel qui occupe le quart gauche de l’appareil photo, avec la poignée de rembobinage rabattable à sa droite. J’aime assez ce style de poignée de rembobinage qui, une fois pliée, est presque complètement à plat sur le dessus et, lorsqu’elle est en position de rembobinage, a un bras légèrement plus long pour un rembobinage plus rapide que les autres modèles Canonet précédents.

À droite se trouve un bouton rouge de vérification de la batterie, près du levier d’armement et d’avance du film, avec déclencheur au centre, puis le compteur d’exposition à réinitialisation automatique.

En dessous, vous trouverez le bouton de déverrouillage du rembobinage, la prise de trépied 1/4 ‘et les deux compartiments de batterie. Pour mémoire, le flash utilise une seule pile alcaline AA et le reste de l’appareil photo une pile au mercure 1.35v PX625, heureusement interdite et que l’on peut remplacer par une LR 44.

Derrière se trouve la porte du film qui occupe presque toute la largeur, avec une petite partie restante pour loger la batterie du flash. La porte s’ouvre en appuyant sur le loquet de déverrouillage.

Dans le coin supérieur gauche se trouve l’interrupteur Flash On, qui non seulement fait apparaître le flash, mais commence à le charger. Il faut entre 5 et 8 secondes en fonction de la puissance de la batterie,pour charger le flash.

La chambre est assez classique, toutefois sans la fonction de chargement rapide. Le transport du film se fait de gauche à droite sur une bobine réceptrice fixe et à plusieurs fentes. La plaque de pression est en métal plat, avec un rouleau métallique et des pinces à ressort de l’autre côté pour stabiliser à la fois la bobine et maintenir la planéité du film lors de son transport à travers la chambre.

Ce boitier dispose d’une exposition automatique entièrement programmée qui prend en charge tout le contrôle des vitesses d’obturation et des diaphragmes. Le posemètre CdS n’est pas TTL, mais se trouve dans la bague de filtre de l’objectif, il compense donc automatiquement lorsque des filtres sont fixés à l’appareil photo.

Contrairement au Canonet 28 qui peut fonctionner même sans piles, ici sans elle ,point de salut. Vérifiez donc bien que le compartiment n’est pas oxydé si vosu en trouvez un.

À l’avant, la seule autre commande de l’appareil photo est un retardateur mécanique situé en dessous et à gauche de l’objectif.

Le viseur est celui des Canonet antérieurs avec un viseur principal teinté de bleu vif, avec des lignes de cadre projetées jaunes et des marques d’indication de parallaxe, un patch de télémètre rectangulaire et une échelle d’exposition qui n’affiche que les diaphragmes (sur la droite) .Le viseur est de bonne taille et facile à utiliser, clair et précis.

source : Mike Eckman

La sensibilité de la cellule se règle sur le fut de l’objectif, de 215 à 400 Iso.

Un dernier mot sur le déclencheur, très doux et discret, parfait pour la photo de rue.

S’il faut reconnaître que les appareils qui suivront, avec autofocus et réarmement motorisé vont simplifier la vie de nombre de photographes, ils n’étaient pas (encore) reconnus pour leur discrétion. Essayez un Canon AF 35 M, vous comprendrez …

Celui que j’ai trouvé, sur une brocante, pour une fois était préservé. Une dame âgée venait de décéder et sa fille vendait ce dont elle n’avait plus besoin. Vendu avec son « sac tout prêt », il est en bel état. Heu, l’appareil, pas le sac, qui n’a pas bien résisté au temps qui passe. Il n’est, ma foi, pas indispensable, même s’il protège toujours l’appareil.

Je l’ai sorti délicatement du sac, retourné dans mes mains puis porté à l’œil : la cellule fonctionnait parfaitement et le flash aussi, les vendeurs ayant pris la peine de remplacer les piles. J’ai presque eu scrupule à marchander le prix !

Bref, me voilà avec une espèce de « chainon manquant » puisque j’ai eu l’opportunité d’acquérir en son temps un Canon P, digne représentant,t des « vrais » télémétriques à objectif interchangeable, puis un Canonet QL 17 GIII, un Canonet QL 19 G III, un Canonet 28, un Canon AF 35 M et un Canon AF 35 MII.

Là je pense avoir fait le tour.

Si vous cherchez un appareil télémétrique, que vous réglez encore vous-même, mais bénéficiant d’une cellule précise, cet appareil n’attends que vous.

Pour environ 35€ en bon état, vous trouverez un compagnon fiable et facile, prêt à vous accompagner dans tous vos déplacements. Vous pourriez lui reprocher une ouverture somme toute pas si ridicule que ça (f2,,8) mais dites vous que les films modernes, plus rapides qu’à l’époque, vous offrent la latitude nécessaire pour ne pas rater vos photos

https://collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1335476357.jpg
source : collection-appareils.fr, Grenier-Natkin 1979

Petite video d’illustration

Un peu de technique :

Viseur collimaté avec télémètre à coïncidence pour la mise au point.
Objectif de 40mm de focale, F:2,8 (5 éléments en 4 groupes)
Obturateur : vitesses de 1/60 à 1/320 s
Retardateur mécanique.
Armement par levier.
Compteur de vue progressif, remise à zéro automatique à l’ouverture du dos
Manivelle de rembobinage sur le dessus.
Exposition automatique programmée, déterminant l’ouverture et le temps de pose en fonction des conditions d’éclairage et de la distance de prise de vue.
Réglage manuel de la sensibilité de 25 à 400 ISO.
Indications disponibles dans le viseur : à droite de l’image, l’aiguille indique l’ouverture, avec repère de contrôle de la batterie, et secteurs rouges indiquant la surexposition ou sous-exposition.
Source d’énergie : une LR44 et une batterie de 1.5 V AA pour le flash intégré.
L’extraction, la mise en service et le retrait du flash sont manuels (bouton au dos du boîtier)
Le fonctionnement du flash est entièrement automatique avec le système Canon (CATS) qui règle l’ouverture selon la distance de prise de vue et la sensibilité du film.
Dimensions et poids de l’appareil : 122 x 75 x 61 millimètres, 540 g.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA

Quelques références comme d’habitude : http://35mm-compact.com/compact/canona35f.htm,https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-10540-Canon_A35F.html, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-10541.html, https://www.lemondedelaphoto.com/De-Kwanon-a-Canon-un-peu-d,9915.html, https://fr.independent-photo.com/news/a-brief-history-of-canon/ http://ivsb2.free.fr/index-rf.html en français, https://www.mikeeckman.com/2020/11/canon-a35-f-1978/, https://en.wikipedia.org/wiki/Canon_A35F en anglais

Argentique

Le Berning RoBot II

Ah, voici un appareil singulier, comme je les aime !

La première impression, lorsque j’ai reçu le colis et que je l’ai déballé, a été de me dire « waouw, qu’est ce que c’est lourd », surtout au vu de la taille, réduite, de l’ensemble.

Et puis, il y avait ce « sac tout prêt », en cuir robuste (qui collabore au poids de l’ensemble), gainé de velours rouge-grenat à l’intérieur, avec un accessoire niché en son centre (un pare-soleil métallique), coincé là par un rouleau de papier ancien (un « mode d’emploi » d’une vieille pellicule) , et derrière l’appareil, un vieux bout de papier, usé (le document des douanes), presque en lambeaux..

Bref, l’impression de découvrir un appareil plein de passé

Enfin le boitier, petit, trapu, dense, au design très particulier avec sa grosse mollette sur le dessus et son viseur tout petit. Un appareil jouet ou un appareil espion ?

En tout cas, un qui interpelle …

Mais essayons d’en raconter l’histoire, particulière.

C’est en 1930 que Heinz Kilfitt, fils d’un horloger allemand, passionné de mécanique et d’optique, a conçu cet appareil. Il a d’abord présenté son projet à Agfa, puis à Kodak, qui l’ont refusé. Las, Heer Kilfitt vend finalement son invention à Hans Berning qui crée, en 1934, une entreprise éponyme pour la production de ce modèle, son premier. Entreprise qui intègre dans son staff le génial Kilfitt.

Ce ne sera pas simple de développer un nouveau modèle d’appareil, révolutionnaire pour son époque (et encore maintenant). Mais ils étaient ingénieux : par exemple, le boitier est fabriqué par WMF à Geislingen qui, après de longs essais, a trouvé un alliage d’acier inoxydable V2a avec lequel le boîtier pouvait être embouti; le ressort est fourni par le fabricant de mouvements Baeuerle & Söhne à St. Georgen en Forêt-Noire; et c’est la société Alfred Gauthier GmbH de Calmbach/Enz – Württemberg qui a fourni le verrou de rotation du disque.

La jeune entreprise sera recapitalisée pour pouvoir – enfin – démarrer la production du premier RoBot. Nous sommes en 1935.

Puis, quasi coup sur coup, la jeune entreprise sort en 1936 un Robot I suivi d’un Robot II.

Le Robot 1 présentait un fonctionnement unique : après le déclenchement pour une exposition, l’obturateur était bloqué jusqu’à ce qu’il soit armé et que le film avance avec lui et il possédait un ressort pour armer l’appareil et faire avancer le film.

Cet appareil, minuscule pour l’époque (plus petit qu’un Leica II) présentait des caractéristiques étonnantes qui le fit remarquer par l’armée allemande et quelques particuliers aux talents étonnants, comme ce Hans Hass, plongeur émérite qui inventa un caisson étanche pour photographier, avec son RoBot II les fonds sous-marins.

Notons que si l’entreprise existe toujours de nos jours, elle ne fabrique plus d’appareils photographiques, la production ayant été abandonnée en 1959.

Cet appareil, fabriqué en acier, a fait l’objet d’une publicité internationale dès 1939 car il présentait deux caractéristiques remarquables : d’une part, un système moderne d’avance du film avec double verrouillage de l’exposition et déclenchement couplé de l’obturateur et, d’autre part, un obturateur de Gauthier rotatif à plusieurs vitesses, entièrement en métal.

Ce boitier, très contenu, renferme donc quelques singularités qu’il convient de relever pour mieux comprendre son intérêt.

Tout d’abord, le fait que l’avance du film et l’armement de l’obturateur se font automatiquement après chaque prise de vue par un mécanisme à ressort, ce qui permet de prendre jusqu’à 4 photos par seconde. Il suffit d’appuyer à chaque fois sur le déclencheur pour « entendre » et « sentir » le film avancer d’une vue.

Ensuite, le format retenu, un 24×24, situé entre le 24×36 de Leica et le 18×24 du film cinématographique.

Rappelons-nous qu’en ces temps là, seul Kodak (1934) vendait des cartouches préchargées de film en 135mm (pour mémoire introduit par Leitz en 1924). Les autres marques devaient proposer leur propre solution pour utiliser ce film, qui était vendu « en vrac », c.-à-d. en bobine de +/- 400m. La plupart ont donc créé des cartouches que l’on pouvait charger de la quantité de vues voulues, le maximum étant généralement 36.

Avec ce format carré, le photographe pouvait espérer tirer environ 50 photos sur une longueur prévue pour un film de 36 pauses.

Autre avantage de ce format 24×24, vous pouviez tenir l’appareil dans n’importe quel sens, la photo sera toujours au format carré !

Chez Robot, il faut utiliser deux cartouches, appelées cassettes N et K. Vous chargez le film dans la première, film qui s’enroule dans la seconde au fur et à mesure des prises de vue. Comme le mécanisme d’avance est automatique, les deux cassettes ont été conçues de telle sorte que lorsqu’on appuie sur le déclencheur, les fentes par lesquelles passe le film s’ouvrent et lui permettent de glisser librement sans offrir de résistance mécanique importante au mouvement.

Première remarque à ce sujet : lorsque vous achetez un Robot I ou II il faut vérifier que ces deux cassettes sont bien présentes, car s’il en manque une, l’utilisation de l’appareil n’est pas possible car une cartouche « classique » en 135mm n’entre pas dans la chambre.

Bon, pas de bol, sur le mien, je n’ai qu’une des deux cassettes, et zut !

Notez, l’avantage de la seconde cassette est de ne pas devoir rembobiner le film en fin de course, il est déjà enroulé dans un récipient étanche à la lumière.

Il faudra attendre 1951 et la venue du Robot IIa qui acceptera les bobines standards pour être quitte de cette obligation..

Construit tout en acier inoxydable (acier Krupp V2a), ce boitier très compact (106x62x31mm) pèse le poids d’un réflex mono objectif ! C’est du costaud, du solide.

Ensuite, sa petite taille l’autorise à se passer de télémètre sans affecter la netteté des images, en jouant sur la mise au point, même un peu « au pifomètre ».

La bague de mise au point a des « clics » à certaines distances prédéfinies. Grâce à cette caractéristique, il est possible dans l’obscurité, ou même avec l’appareil photo dans la poche d’une veste, de prérégler la distance si vous mémorisez la séquence et comptez les clics.

Heu, prévoyez une poche solide !

Revenons un instant sur le gros bouton au dessus de l’appareil, qui permet d’armer un solide ressort, qui servira de « moteur » ,comme nous l’avons écrit, non seulement pour faire avancer les vues mais aussi pour réarmer. Il est costaud et il faut des doigts solides pour le « charger »

Le déclencheur n’est pas idéalement placé, collé contre le bouton du ressort, mais on s’y fait. Sur la façade, à droite de l’objectif, se trouve deux prises pour les flashs et la molette pour régler les vitesses, un peu comme sur les anciens Leica III.

Les vitesse s’échelonnent de la pause B au 1/2s jusqu’au 1/500s. Le flash est synchronisé à toutes les vitesses, ce qui est rare pour l’époque. Il suffit de le brancher dans un des connecteurs placés juste à côté.

Et puis, il y a l’obturateur de type rotatif, finalement une mécanisme simple et efficace qui, 82 ans plus tard, fonctionne toujours parfaitement..

Cet obturateur, fabriqué par la société Gauthier à Calmbach/Enz dans le Württemberg, est un disque rond rotatif doté d’une découpe immuable qui expose complètement le négatif pendant toute la durée de l’exposition.

source : robot-camera.de

Grâce à ce mécanisme, les différentes vitesses d’obturation ne sont pas obtenues en modifiant la largeur de la fente, comme avec les autres obturateurs à fente (ceux à rideaux par exemple, chez Leica), qui exposent le négatif par bandes, mais par la vitesse de rotation correspondante du disque.

Contrairement à l’obturateur Compur, qui est installé à l’intérieur de l’objectif dans le plan d’ouverture et qui ne permet pas de changer d’optique, l’obturateur RoBoT travaille directement derrière l’objectif, avec l’avantage de pouvoir changer d’optique à volonté si besoin.

Autre avantage, la disposition concentrique de toutes les pièces rotatives assure un fonctionnement sans vibration de l’obturateur.

Résultat ? Si vous n’avez pas la tremblotte ,vous pouvez envisager de photographier jusqu’au 1/10s sans risque de flou de bougé.

source : robot-camera.de

Outre sa précision, qui ne dépend ni des effets de la météo ni du fonctionnement du système de transport du film, cet obturateur est insensible au froid ou à la chaleur, à l’eau ou à la saleté. Ce qui a été prouvé non seulement pendant la guerre mais aussi lors de missions sous l’eau, dans les déserts et même dans l’espace. Dans les plus grandes chaleurs et même à moins 50° C, même après des tempêtes de sable et des bains d’eau salée involontaires, il a toujours fonctionné sans faille.

Notons encore un compteur de vue, sur le dessus de l’appareil, qu’il faut remettre à zéro lorsque l’on charge de nouveau l’appareil de ces deux cassettes K.

Sur la tranche de l’appareil, un large verrou permet de libérer le dos de celui-ci pour accéder à la chambre, un dos monté sur charnière.

Parlons aussi des optiques de ce petit appareil.

A l’origine, il s’agissait d’un Biotar conçu par Merté de chez Zeiss au début des années 1930.

Pour les férus de techniques, je cite  » […] Il s’agit d’un dérivé de Double Gauss, un concept utilisé, par exemple, dans le célèbre Planar conçu par Paul Rudolph à la fin du 19e siècle. La plupart des objectifs modernes à ouverture f/2 ou plus appartiennent à cette lignée de Double Gauss, à la différence qu’ils sont généralement asymétriques alors que le Double Gauss était initialement dessiné comme une paire de doublets symétriques autour du diaphragme. La conception du Biotar a été développée au point étonnant de proposer une ouverture de f/1,4 dans l’une de ses versions cinéma » source :

Bref, retenons que de nombreux objectifs ont été proposé par Zeiss et Schneider pour équiper les Robot.

Si l’objectif « normal » était un 40mm ouvrant à f2,8, des grands angles de 26 et 30mm ont également été monté, voire même un 75mm. Plus rare, un Biotar 40m ouvrant à f2.

Parmi les objectifs standard, on trouve finalement un Zeiss Tessar de 3 cm et un Zeiss Tessar de 3,75 cm en variantes f/2,8 et 3,5, un Zeiss Biotar de 40 mm f/2,0 et un Zeiss Sonnar de 7,5 cm f/4.

Ces objectifs n’ont pas bénéficié des traitement anti-reflet que nous connaissons actuellement. Nous aurons alors l’impression qu’ils manquent de contraste. Les spécialistes verront qu’il s’agit comme d’une signature des appareils d’avant la seconde guerre. Ceci étant, la qualité optique en terme de définition est très bonne, voire excellente.

Si vous vous en souvenez, le Robot est sorti en 1935. Cet appareil n’avait pas de viseur intégré. Il n’est apparu que sur le Robot II, en 1939 qui acquiert un viseur à l’intérieur du design du boitier.

Avec une particularité (encore une) : il possédait un viseur à 90° qui permet de prendre des photos sans être vu. Il suffisait de tourner un petit levier placé sur le dessus de l’appareil et un miroir renvoyait l’image, entrée par le viseur à l’avant, vers un second oculaire placé lui sur le côté de l’appareil.

D’ailleurs cet appareil était bien apprécié des services de renseignements allemands car il pouvait être déclenché plusieurs fois sans devoir remonter le ressort (qui pouvait encore être renforcé dans des applications bien particulières, j’y reviendrai), tout comme il pouvait être déclenché avec un câble, ce qui le rendait dissimulable dans des valises ou tout autre objet insoupçonnable pour prendre des photos incognito.

Comme je l’écrivais, l’armée allemande a beaucoup apprécié ce boitier solide et, finalement, atypique et efficace. Ainsi la Luftwaffe l’a utilisé comme caméra d’évaluation des dommages causés par les bombes, montée dans la queue des bombardiers en piqué JU87, les sinistres Stuka

Là, l’appareil était à entrainement électrique et utilisait de grandes cassettes pouvant contenir jusqu’à 300 images de 24 x 24 mm. Contrairement à la caméra centrale des Stuka, un Leica 250GG, qui s’allumait automatiquement lorsque les freins de plongée étaient actionnés, la caméra Robot devait être allumée manuellement. Il faut toutefois retenir que dans le stress de l’action, il n’était pas rare que le pilote s’évanouisse aussi à cause des impressionnant niveaux de G encaissé et donc l’allumage de la caméra d’évaluation des dégâts de la bombe était souvent oublié.

La Luftwaffe allemande, toujours elle, possédait des versions spéciales de cet appareil avec un moteur à ressort plus robuste et un objectif Xenar de 75 mm. Les modèles d’avant-guerre étaient équipés d’un viseur hybride.

Au début de la seconde guerre mondiale, les versions Robot « civiles » seront abandonnées, pour reprendre ensuite.

En résumé, un boitier tout à fait sympathique, relativement rare et conçu pour durer … longtemps.

Son « moteur » par ressort est économique (pas besoin de piles !), son format 24×24 l’est aussi (50 photos au lieu de 36), son obturateur est extrêmement précis et quasi indestructible, ses optiques sont d’excellente qualité.

Reste un point noir – à notre époque – celle des cassettes de film, difficile à trouver si elles sont manquantes.

A part ça, un boitier résolument comme je les aime et que j’ai bien envie de tester (dès que j »aurai trouvé ma cassette K).

Une fois n’est pas coutume, le prix sera conséquent si l’appareil est complet : difficile d’en trouver sous les 100€ minimum. C’est le coût de sa qualité et de sa singularité.

Si jamais vous en trouvez un, vous comprendrez pourquoi il est si attachant.

http://collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1239215402.jpg
source : Collection-appareils.fr, Photo-Plait 1939
http://collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1389465937.jpg
source : Collection-appareils.fr, Odéon-Photo 1939

Une video pour résumer tout ça :

Quelques références : http://camera-wiki.org/wiki/Robot, https://collectiblend.com/Cameras/Berning-Robot/Robot-IIa.html, https://en.wikipedia.org/wiki/Robot_(camera), https://apenasimagens.com/en/robot-ii-hans-berning-2/, http://www.subclub.org/shop/robot.htm en anglais, http://collection-appareils.fr/x/html/appareil-11666-Robot_II%20.html, http://www.lumieresenboite.com/collection2.php?l=1&c=Berning_Robot_II, http://www.appaphot.be/fr/brands/berning-robot/ en français, http://www.robot-camera.de/ en allemand (vraiment incontournable)

Argentique

Le Miranda Sensomat RE

Il y a quelques temps, je vous avais présenté le Miranda Sensomat et plus récemment, leur successeur, le Miranda TM

En effet, le Miranda Sensomat RE se situe entre ces deux-là.

Pour mémoire, le Sensomat était la version « économique » du Sensorex, apparu lui en 1966. Il était le premier appareil de la marque à proposer une mesure CdS à travers l’objectif (TTL). Il était équipé d’un bras externe de couplage entre la cellule et le diaphragme de l’objectif.

Cet assemblage, particulier, aussi au point de vue esthétique, permet de mesure l’exposition avec l’objectif à son ouverture maximale, puis de réduire celle-ci au moment du déclenchement. L’avantage de cette technique est de permettre de composer sa photo en même temps que l’appareil mesure l’exposition. A défaut, vous devez d’abord composer votre photo, puis réduire l’objectif à l’ouverture souhaitée et enfin mesurer.

Le Sensomat a été introduit en 1969 (année chère à Birkin et Gainsbourg) et produit jusqu’en 1975.

Il ne possédait plus ce fameux bras de couplage. Par contre, il gardait la double monture (Miranda et M44 filetée qui autorisait le montage, moyennant adaptateurs, de toutes une série d’objectifs venant d’autres marques. Miranda commercialisait d’ailleurs des bagues d’adaptation pour la majorité des objectifs des grandes marques d’alors telles Praktica, Exakta, Pentax, Topcon, Canon, Leica, Contax, Nikon.

Techniquement, l’absence de ce bras externe demandait d’armer l’appareil (ce qui met la cellule sous tension), de composer sa photo et faire la mise au point, puis d’appuyer sur le gros bouton en façade, à gauche de l’objectif (appareil face à vous) pour activer la cellule.

Celle-ci se matérialise par une aiguille dans le viseur, qu’il faut ajuster dans un cadre marqué plus (sur exposition) et moins (sous exposition). Cette aiguille bouge en fonction de la quantité de lumière reçue soit en modifiant la vitesse d’obturation soit l’ouverture du diaphragme. Lorsque vous avez stabilisé l’aiguille au centre, vous pouvez déclencher, ce qui coupe l’alimentation de la cellule et il faut recommencer le cycle pour la prochaine photo.

Si vous décidez, après avoir obtenu une exposition correcte, de refaire la mise au point, vous devez appuyer sur le petit bouton situé à l’avant de l’appareil photo pour désactiver la cellule et ramener l’objectif à la pleine ouverture. Le déclenchement de l’obturateur réduira correctement l’ouverture au réglage souhaité, cellule activé ou non.

On s’y fait avec un peu d’expérience.

Comme d’habitude, la prise de mesure de la cellule est précise : elle se fait, via le posemètre CdS, dans la partie basse de la visée, afin d’éliminer l’influence du ciel (ce qui doit poser quelques problèmes d’exposition dans le cas d’une photo verticale, ou d’un portrait).

En 1971, apparait celui qui nous préoccupe, le Sensomat RE, qui comporte quelques améliorations par rapport à son prédécesseur. Il sera produit jusqu’en 1977.

La première, le RE n’a plus le double déclencheur. Il ne garde que celui sur le capot. Et il reste toujours aussi souple et silencieux.

Mais le changement majeur c’est qu’il n’y a plus deux boutons à actionner pour la mesure de lumière, il suffit d’appuyer sur le bouton de prévisualisation de la profondeur de champ. Ouf !

Ceci étant, il garde encore le prisme interchangeable et la possibilité de viser à hauteur de poitrine – dans ce cas, ne pas oublier de « retourner » l’image, comme lorsque l’on vise avec un Yashica Mat p. ex.

Il gagne un sabot de flash avec contact central (synchro X au 1/60s) et il faut toujours un câble pour se brancher sur une prise FP (pour les plus vieux flash magnésiques)

La cellule, toujours aussi précise, est incrustée dans le miroir permettant au choix la mesure globale ou spot, comme le Sensomat, ce qui est rare pour l’époque. C’est un automatisme avec priorité à la vitesse.

En résumé, le Sensomat RE est un bel appareil, comme son prédécesseur. Il a une ligne finalement très moderne pour son époque, ce qui le rend encore très attrayant de nos jours.

Il possède tous les ingrédients des autres appareils phares des années septante mais vous permettra de photographier « différemment » des autres, nostalgiques d’une époque qui fabriquait du beau et du bon ou afficionados d’une marque telle Canon, Nikon, Pentax, Minolta, etc.

Que penser finalement de ce boitier ?

Je vais me répéter, mais il est beau (enfin, je trouve).

Ses assemblages respirent le solide, le bien pensé, même si certaines solutions retenues étaient originales.

Son agrément d’utilisation reste fort (douceur, silence de fonctionnement, possibilité de monter beaucoup d’optiques même de marques tierces et/ou concurrentes), son ergonomie est bonne, ses systèmes de visée (prisme ou à hauteur de poitrine) restent intéressants.

L’appareil n’est pas vraiment rare mais il est peu courant et en tous cas, il attirera toujours les regards (envieux ?), excellent moyen de communication.

Donc, si vous en trouvez un, n’hésitez pas, faites vous plaisir. Son acquisition vous délestera d’environ 50€, avec un objectif. Ce qui n’est pas cher compte tenu de la cote de ses concurrents.

Bon amusement et surtout, bonnes photos.

http://www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1383777613.jpg
source : Collection-appareils, Odéon Photo 1972

Quelques données techniques :

Viseur reflex par pentaprisme, interchangeable. Visée sur dépoli avec stigmomètre au centre.
Grossissement : 0,92x, Couverture : 96%
Rideaux textile horizontaux de 1 seconde à 1/1.000e + B
Déclencheur sur le capot avec filetage pour déclencheur souple.
Retardateur mécanique
Cellule au CDS TTL incrustée dans le miroir permettant au choix la mesure globale ou spot. Automatisme priorité aux vitesses.
Interrupteur ON/OFF – Auto – Spot et contrôle de piles par une molette à la base du bouton de rembobinage.
Réglable de 25 à 1600 ASA; Sensibilité : EV 3 à 18 (avec 50mm f:1,4)
Alimentation par 1 pile 1,5V au mercure PX675
Synchro-flash par câble et contact central dans le sabot sur le prisme.
X au 1/60e
Le déverrouillage du dos sur charnière se fait en tirant la manivelle de rembobinage vers le haut.
Un petit voyant près du levier d’armement indique que l’appareil est prêt à déclencher

Video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par LA

Des références : http://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=239., https://www.philcameras.be/collection/collectionm/lmn/mirandam.html, http://www.app-phot-col.com/photcol/pdfr/T34/2046.pdf, http://www.photorigines.com/miranda2.html en français, https://simonhawketts.co.uk/2014/10/20/miranda-sensomat-re/, http://www.jollinger.com/photo/cam-coll/cameras/Miranda_SensomatRE.html en anglais

Argentique

Le Petri 35E

Pour une fois, ce petit appareil n’était pas dans une caisse mais bien mis en valeur par son propriétaire, à côté d’un Praktica TL1000 qui fut le premier reflex de ce Monsieur, âgé, qui le vendait néanmoins lors de la Brocante annuelle d’Haine-St-Paul de ce 25 juillet 21.

Il est tout propre, dans son étui et je peux voir que le vendeur en a pris soin.

Bref, petite négociation, pour le plaisir, et j’emporte mon premier Petri.

Dimanche passé, j’avais déjà trouvé un Petri 7, pour lequel je m’étais arrêté sur un stand, mais le pauvre avait dû faire un fameux vol plané car non seulement il portait les stigmates de son atterrissage sur son capot mais, plus triste, le télémètre était complètement de travers.

Pourquoi m’étais-je arrêté pour cette marque ? Parce que je ne la connais pas et vous savez que je suis curieux …

D’ailleurs, pas facile de trouver des infos sur celle-ci, mais je vais essayer de résumer ce que j’ai pu glaner à son sujet.

Il semblerait que la société a été fondée en 1907 par Kuribayashi Yōji , fabriquant des trépieds et des boîtes noires, sous la marque Kuribayashi Seisakusho.

Leur premier appareil serait le Speed Reflex, sorti en 1912. Toutefois d’autre source cite une date de naissance en 1918 pour la fondation de la société et 1922 pour ce premier appareil. Pas facile de s’y retrouver d’autant que l’usine fut détruite lors de la seconde guerre mondiale, bombardée en 1945.

En 1930, changement de nom et la société s’appel désormais Gōshi-gaisha Kuribayashi Shashin Kikai Seisakusho. De 1929 au seuil de la seconde guerre mondiale, elle fabrique de nombreux appareils photos appelés First, distribués par Minagawa Shōten .

Au sortir de cette guerre, en 1949, la société change de statut et devient la K.K. Kuribayashi Shashin Kikai Seisakusho. Elle ne renouvelle pas sa collaboration avec Minagawa et doit dès lors chercher un nouveau nom pour ses appareils, la marque First appartenant in fine au distributeur.

Elle choisit finalement Karoron et Petri. Elle fabriquera des folding 4,5×6 sous ce snoms et un TLR en 6×6 appelé Petriflex.

En fait, son premier appareil 24×36 sort en 1954 (le Petri 35) et son premier reflex en 1959.

Nouveau changement de nom en 1956 puis en 1962 où elle devient la Petri Camera KK.

Et en 1968, elle sort le Petri Color 35, petit appareil très complet, qui serait inspiré du Rollei 35.

Fin de l’histoire en 1977, date de la faillite. Bien qu’elle ait été relancée sous le nom de Petri Kōgyō K.K, elle ne fabrique plus d’appareils photos mais des télescopes.

Pour rester dans la généalogie du Petri Color 35E, commençons par le Petri Color 35, sorti en 1968. C’est un petit appareil avec un viseur et un obturateur à lames. Tous les réglages se font avec trois molettes : une pour la mise au point, près du viseur, et les deux autres, sur le dessus du capot, pour régler la vitesse d’obturation et l’ouverture.

Outre une manivelle de rembobinage repliable, l’obturateur présente des vitesses de 1/15s à 1/250s plus pause B, tandis que les ouvertures de l’objectif vont de f2,8 à f22. La cellule est une CdS couplée et intégrée dans l’objectif, qui nécessite une pile PX675. La cellule est matérialisée dans le viseur par une aiguille.

Puis vint le Petri Color D, au design quasi identique sauf que le fenêtre du viseur est noire et qu’il y a la lettre D marquée sur le corps. Plus intéressant, l’obturateur monte au 1/300s. Quelques modèles portent les mots Color et D en rouge.

Enfin, en 1971, Petri introduit le Color 35E sur le marché. C’est une version simplifiée du Color 35. Ici plus d’aiguille pour la cellule car le 35E possède un programme d’exposition automatique sans aucun contrôle direct, sauf à modifier la vitesse du film. Il n’y a plus qu’un « drapeau rouge » qui apparaît dans la fenêtre du viseur en cas de sous exposition (sous 1/30s). Il utilise un mécanisme à poussoir pour étendre/rétracter l’objectif, un simple mécanisme de rotation de l’objectif pour faire la mise au point, et une manivelle de rembobinage classique.

Voilà, s’il est – relativement – facile de trouver des infos sur les Petri Color 35, en revanche, sur le Petri 35E, j’ai vraiment très peu d’infos à son sujet.

S’il garde le dos escamotable, par contre son objectif ne l’est plus, il est fixe.

Pour le reste, c’est un petit appareil tout automatique, classique des compacts de cette époque.

Il est vraiment petit, guère plus encombrant qu’un Rollei 35 si ce n’est l’objectif qui n’est pas « rentrant » comme nous l’avons écrit plus haut.

La cellule, une CdS est située sur le pourtour de l’objectif, un 40mm ouvrant à f2,8.

Les réglages sont réduits : la distances, la sensibilité de la cellule et … c’est tout ! L’appareil est un tout automatique.

Vous ne verrez rien des réglages choisi par le boitier dans le viseur, juste un « drapeau rouge » qui viendra se placer dans la fenêtre si la luminosité est trop faible (sous la vitesse de 1/.30s), à la manière des Olympus Trip.

Pour les distances, soit des pictogrammes soit des distances (en mètres et en pieds – feet) à régler sur le pourtour de l’objectif, sans renvoi dans le viseur. Ce n’est donc pas un télémétrique. Il y a bien un cadre, avec correction de la parallaxe dans le viseur, pour les photos « rapprochées » mais c’est tout. La distance minimale de mise au point est de 1m jusque l’infini

La sensibilité de la cellule est dans la moyenne des appareils de l’époque, de 25 à 500Iso. Sa position, sur le devant de l’objectif facilite l’utilisation éventuelle d’un filtre.

Les vitesses ne sont pas très larges, mais comme la plupart de ses concurrents de l’époque (je songe à l’Olympus Trip 35) : de 1/15 au 1/200s. Le flash se synchronise au 1/30s.

Ceci étant, vous le glisseriez dans une poche sans soucis, si ce n’était … son poids ! Parce qu’il n’y a quasi pas de plastique ici, que du bon métal, et ça se sent (390gr tout nu).

Ce n’est pas désagréable, mais sa densité étonne au premier abord. Et puis on se dit que ça le rend plus stable en mains, car il s’y glisse sans soucis.

Autre particularité due à sa taille, la pile qui est à l’intérieur de la chambre (tiens, tiens, comme le Rollei 35 !). Ce n’est pas gênant en soi, mais si elle vous lâche en cours de route, il faut terminer le film pour la remplacer. Notez que la pile (une LR 44 classique) ne sert qu’à alimenter la cellule et donc le boitier fonctionne toujours, même sans alimentation.

Encore une particularité, déjà évoquée brièvement : le dos qui s’escamote entièrement. Comme sur un Zorki 4k ou …un Rollei 35 (encore ?!). Comme l’assemblage est très bien fini, pas de soucis de fuite de lumière de ce côté là (on n’est pas chez Holga – de Lomography). C’est vrai que vu la taille de l’appareil, c’est finalement plus facile de remplacer le film comme ça.

L’objectif est un 40mm ouvrant à f2,8, ce qui n’est pas si mal même si nous sommes loin des f1,7 des Yashica Electro 35 ou Minolta Hi-Matic 11, voire du Canonet QL17 G3, d’un autre gabarit, il est vrai.

Voilà, je crois avoir fait le tour de ce petit appareil à la bouille sympathique mais aux infos un peu chiches.

Finalement, c’est un boitier rare mais donc les prix ne devraient pas dépasser 35€, en parfait état. Comparé au prix parfois délirant des Olympus Trip 35 déjà évoqué, si vous en trouvez un, prenez-le.

Quelques références : http://35mm-compact.com/minicompact/petri35e.htm, en français, https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Petri_cameras, en anglais, http://corect.net/pdf/PETRI_Petri35E.pdf en japonais

Argentique

Le Canon Prima Zoom 85 N

Eh oui, comme d’habitude, une vieille caisse et quelques appareils couverts de poussière, desquels émerge ce malheureux Canon Prima Zoom 85N.

De prime abord, il a l’air en bon état, la chambre est propre mais je n’ai pas pu bien voir l’état de la trappe à piles. Bah, pour 2€, je ne risque pas grand chose et au pire, si je n’arrive pas le faire fonctionner, j’aurai au moins pu vous le présenter.

Retour maison comme disait ET et me voilà, comme toujours avec mon tampon d’ouate et l’alcool à 90° pour le nettoyer, ce dont il a bien besoin.

J’y place deux piles AA et … tout fonctionne parfaitement

Mais revenons à sa présentation.

Ce petit compact, léger, tout à fait dans la mouvance des appareils de cette époque, fut présenté en 1998 à la Photokina.

S’il est tout en plastique, il est néanmoins bien fabriqué, sans trop de boutons et ceux qui s’y trouvent tombent naturellement sous les doigts.

Vous l’allumez avec le gros bouton noir sur le capot, qui vous permet de choisir entre le mode auto, le mode RT qui assure la mise au point avec le collimateur central (sinon il travaille avec 3 collimateurs autofocus), le mode flash forcé ou flash coupé, la fonction anti yeux rouges, le retardateur.

Sur la façade, deux gros boutons gris permettent d »actionner le zoom, passant du 38mm au 85mm. Le mouvement du zoom se voit en temps réel dans le viseur.

Qu’y a t-il encore ? Un petit écran LCD qui indique le nombre de vues et l’état des piles.

Simple, intuitif (il ne faut pas avoir lu 520 pages d’un manuel pour s’en servir !), vous mettez un film dedans et c’est parti.

Tiens, en parlant du film, là aussi rien de plus simple : dès l’introduction de la cartouche, l’appareil lit le codage DX, règle la sensibilité de la cellule en fonction de celle du film détecté et en refermant le dos, le film se charge automatiquement jusqu’à la première vue. De même, à la fin du film, il se rembobinera automatiquement.

Difficile de faire plus simple, non ?

C’est typiquement un petit compact des années nonante, de ceux que les familles jetaient dans un sac pour les photos de vacances ou celles des camps de jeunesse. Vous devriez trouver des tas de photo dans les albums qui trainent dans vos greniers faites avec ce genre d’engin.

Et vous constaterez qu’elles ne sont pas si mal que ça ! Canon, comme les autres, soyons réalistes, avait une parfaite maîtrise des automatismes, de la gestion de la lumière et de leur autofocus.

C’est ce qui a fait le succès de ces appareils pendant deux décennies.

Autrement dit, si vous en voyez un qui traine dans une caisse ou dans un tiroir chez vous ou vos parents, soyez gentils, prenez le avec vous, il vous rendra bien des services.

Mais ne dépensez pas plus de 15€ (20 s’il est avec sa dragonne et son sac d’origine)

Les données techniques

  • Visée fixe à cadre collimaté
  • Cellule a prépondérance centrale
  • Mode(s) d’exposition : automatique avec mode « yeux rouges », « rétro-éclairage », « flash » et « retardateur »
  • Sélecteur d’ISO de 25 à 3200 ISO en codage DX
  • Vitesse de 2 sec à 1/500 sec
  • Retardateur de 10 secondes
  • Compteur de vues sur l’écran LCD (avec en plus voyant de batterie)
  • Flash intégré

Ah oui, comble du luxe, certain avait un dot dateur !

Petite video d’illustration

Des exemples de photos réalisées avec cet appareil ICI

Pour le mode d’emploi, c’est par LA

Quelques références : https://www.danstacuve.org/test-canon-prima-zoom-85n/, http://collection-appareils.fr/x/html/appareil-2976-Canon_Prima%20Zoom%2085N.html, http://collection-appareils.fr/x/html/appareil-10140-Canon_Prima%20Zoom%2085.html en français, https://analogue-amsterdam.com/products/canon-prima-zoom-85n en anglais, https://www.isofilmshop.com/product/canon-prima-zoom-85n/ en italien

Argentique

Le Yashica Electro 35

Je ne vais pas refaire un papier complet sur cet appareil, que je vous ai déjà présenté en parlant de l’Electro 35 G et de l’Electro 35 GTN

Juste vous montrer le petit dernier récemment acquis, lui aussi, sur une brocante et qui, pour une fois, n’a pas nécessité de gros travaux de nettoyage, juste un bon rafraîchissement

C’est un Electro 35, premier du nom, apparu en 1966.

C’est donc lui, après la belle gamme des Yashica Lynx, qui va inaugurer ce qui fera le succès de la gamme Electro, pendant près de vingt ans, à savoir :

  • Un obturateur Copal Auto qui assure un automatisme à priorité à l’ouverture dont les vitesses vont de 30 secondes à 1/500eme de manière linéaire. Ceci implique que toutes les vitesses sont possible, pas seulement par fraction, et donc l’exposition est très précise.
  • Un objectif Yashinon DX 45mm ouvert à f 1,7, avec 6 lentilles en 4 groupes. Il reste identique tout au long de la production en dépit de la notation « color » à partir du Yashica Electro 35 G.

Une légère évolution du modèle viendra en 1968 avec le Yashica Electro 35 G qui finalement arborera le mot « color » sur la bague avant de son objectif, sans rien y changer d’autre.

Toujours très bien construit, cet appareil, 55 ans après sa sortie, fonctionne encore sans soucis notable.

Il faut juste pouvoir bricoler un peu pour remplacer les piles au mercure et ce qui fonctionne très bien, c’est une pile CR123 plus 2 LR44 pour réanimer la cellule et l’obturateur électronique. La légère surtension est très bien acceptée par le boitier (6v au lieu de 5,6v).

En effet, contrairement au Yashica Lynx 5000, 5000E, la pile permet le fonctionnement de l’obturateur qui, sans elle, ne déclenche qu’au 1/500s, en dépannage.

Rassurez-vous, l’appareil n’est pas gourmand et vous irez une bonne année avec ces piles, surtout si vous pensez à le remettre sur la position de verrouillage après vous en être servi (la bague autour du déclencheur, à mettre sur L).

Comme j’ai reçu entre temps le Minolta Hi-Matic 11 série 3 circuit, je me suis amusé à vous les présenter côte à côte (dernière photo).

C’est là qu’on s’aperçoit que le Minolta est un peu plus compact (environ 1cm de moins en longueur))

A l’arrière, un petit espace est prévu pour loger un morceau de la boite du film, pour se souvenir de ce qu’on lui a donné à manger.

Les commandes sont toujours onctueuses, étonnement peu bruyantes. Nous pourrions juste lui reprocher que la sensibilité de la cellule ne dépasse pas les 400 Asa mais les films de l’époque n’étaient pas rapides.

Retenons surtout son exceptionnel objectif, un 45mm ouvrant à f1,7, qui vous servira bien si vous l’entrainez dans les rues, où il excelle, non seulement comme « capteur » de vie mais aussi comme moyen de communication si jamais la personne que vous prenez en photo s’en aperçoit : pour l’avoir vécu plus d’une fois, notamment avec le GTN, les personnes prennent le temps de venir voir l’appareil, qui leur rappelle parfois des souvenirs (pour les plus anciens) et parlent alors de la photographie à l’ancienne et sont souvent surprises de voir que quelques uns raniment ces belles machines;.

Alors que les prix des GSN/GTN s’envolent, l’Electro 35 reste dans des prix raisonnables, tout en présentant de beaux arguments qui le rendent encore et toujours compétitif, à commencer par son prix : comptez souvent un peu moins de 50€ pour un exemplaire en très bon état, avec sa sacoche en cuir)

Et s’il vous arrivait d’en trouver un un peu fatigué, voici une video qui devrait vous intéresser :

Argentique

Le Minolta Hi-Matic 11 super 3 circuit

Oui, oui, … oui, Oskar Barnak a révolutionné la photographie en imaginant, vers 1913, l’utilisation d’un film au format réduit, le 24×36.

Et oui, en inventant dans la foulée un appareil éminemment portable, compact, le Ur-Leica, il allait bouleverser la pratique photographique.

Encore oui, dès 1932, le Leica devenait télémétrique (Leica II) et ouvrait des perspectives encore plus intéressantes.

Toujours oui, de 1934 (Leica III) à 1954 (Leica M), le Leica fut copié ou – à tout le moins – il fut « l’inspirateur » de nombreux appareils très proches, surtout en URSS (Fed, Zorki, Mir) et au Japon (tous les grands noms), même s’il faut aussi reconnaître que d’initiales copies ont parfois dépassé le maître en introduisant des améliorations significatives que celui-là n’a intégrées que bien plus tard (une cellule TTL couplée, p. ex.) ou jamais, tel le dos sur charnière d’un Canon P, contemporain du Leica M3.

Oui… mais les constructeurs japonais ont aussi révolutionné l’utilisation du télémétrique en introduisant, vers 1960 le concept du télémétrique à objectif fixe, avec une focale proche de la vison humaine et du rapport idéal du format 24×36 (41.3mm de diagonale), le 40 ou 45 mm offrant des ouvertures rapides de f1,7 ou 1,8, voire 1,9.

Les Yashica Electro, Canonet et Minolta en ont été les maîtres incontesté, aussi en rendant la pratique beaucoup plus abordable au niveau prix et facilité d’utilisation (premiers appareils avec électronique embarquée).

D’accord, j’utilise des raccourcis de l’histoire et j’oublie certainement quelques modèles emblématiques au passage (les Voigtländer p. ex.), mais ce que je veux illustrer par mes propos c’est que l’industrie japonaise a permis un essor fantastique de la pratique photographique, en proposant des appareils robustes et d’excellente qualité mécanique et optique.

Il ne faut pas oublier non plus l’apport inestimable de l’industrie de l’URSS, qui a quand même produit le plus grand nombre de boitiers télémétriques au monde avec ses Zorki, Fed, Contax/Kiev, rendant la pratique encore plus accessible, avec des appareils qui ne déméritaient pas quoiqu’ils soient parfois plus frustres que leurs inspirateurs.

Je vous ai déjà présenté, dans cet esprit le Canonet QL17 GIII, le Yashica Electro 35 G, le Yashica Electro 35 GTN,, le Zorki 4K, les Fed. En cherchant bien, vous en trouverez encore plein d’autres sur le site, pour dénicher celui qui vous fera franchir le pas (n’ayez pas peur de parcourir la rubrique « télémétriques »).

Alors, venons en à notre beau Minolta Hi-Matic 11 super 3 circuit … quoique je vais encore faire quelques détours …

Vous le savez, Minolta fut prolifique en matière de boitiers, de tout style et de qualité, pas avare en innovations non plus. De fait, le nom « Hi-Matic » regroupe une longue série d’appareils dont le premier fut présenté en 1962.

Il a été le premier boitier Minolta à proposer l’exposition automatique et fut vendu sous son autre nom, Ansco Autoset, l’appareil qui accompagna John Glenn en 1962 autour de la Terre.

N’en déplaise aux esprit chagrins, il n’y eut pas que Hasselblad et Nikon à s’envoyer en l’air !

Ce premier Hi-Matic offrait un objectif 45mm f2 ou f2,8 avec un télémètre et un posemètre au sélénium intégré. La vitesse et l’ouverture étaient réglées automatiquement.

Puis, en 1963, Minolta proposait un Hi-Matic 7. Son objectif était plus lumineux (f1,8) et il avait une cellule CdS, plus précise que celle au sélénium, même si dès lors il fallait envisager une pile:.

Contrairement au premier Hi-Matic, le photographe avait la possibilité de régler l’exposition manuellement ou de rester en automatique.

Ensuite, en 1966, Minolta propose un Hi-Matic 7s et un Hi-Matic 9. Tous deux des versions encore améliorées du 7 devenu très populaire.

Par exemple, le 7s était équipé du système de mesure CLC (pour Contrast Light Compensator), c.-à-d. un système composé de deux cellules CdS connectées en série, pour offrir de meilleurs résultats dans les cas de conditions d’éclairage contrastés. Il optait aussi pour une griffe flash synchronisée (contact central).

Le Hi-Matic 9 était identique au 7s hormis son optique, un chouia plus lumineuse puisque ouvrant à f1,7, gagnait des vitesses de 1/2s et 1s en plus et optait pour le système de flash Easy-Flash destiné à simplifier la prise de vue avec cet accessoire.

Enfin venait le Hi-Matic 11 en 1969. Basé sur le 9, il gagnait l’automatisme avec une priorité à l’ouverture et l’affichage de la vitesse dans le viseur.

Pour en terminer avec la série, sachez que toujours en 1969, Minolta sortait un Hi-Matic C pour compact, équipé d’un objectif repliable de 40mm ouvrant à f2,7,qui perdait quelques vitesses mais surtout le télémètre. Il bénéficiait de l’exposition automatique avec priorité à l’ouverture et sa cellule était au CdS.

Cette année 1969 verra encore la sortie d’un Hi-Matic 5, en fait un C mais sans son optique escamotable.

En 1971, on reprend le C mais Minolta l’améliore en lui confiant une optique de 40mm ouvrant à f1,7, en remettant le télémètre en place et – surtout – il le dote du système électronique Electro Control identique à celui des Yashica Electro. Ce sera le Hi-Matic E.

S’ensuit une série d’appareils moins sophistiqués et bon marché, tels le Hi-Matic F (1972), le Hi-Matic G (1974 et le Hi-Matic G2 (1982). Ces appareils perdent le bénéfice du Electro Control (dès le modèle F) pour un système plus simple mais un peu moins performant.

Arrêtons-nous quand même sur le Hi-Matic 7s II, apparu en 1977 et qui sera considéré comme l’un des meilleurs de la série notamment par son objectif 40mm ouvrant à f1,7, son exposition automatique à priorité vitesse, sa commande manuelle, le tout dans un boitier toujours compact.

Le dernier Hi-Matic sera le GF, sorti en 1984, cette fois tout en plastique (fichues années quatre-vingt ! ), avec un objectif de 38mm ouvrant à f4, avec 3 ouvertures prédéfinies désignées par des pictogrammes pour soleil – nuageux – très nuageux. La mise au point était aussi simplifiée à l’extrême avec 4 positions allant de 1m à l’infini… Horreur et décadence !

En résumé, le Minolta Hi-Matic 11 super 3 circuit est donc un Hi-Matic 9 amélioré, qui était lui-même un Hi-Matic 7s amélioré … ça va, vous suivez toujours ?

Techniquement, il propose :

  • un objectif Rokkor de 45mm ouvrant à f1,7
  • 3 automatismes : tout auto (programmé) – priorité à la vitesse – automatisme au flash
  • disparition du contrôle manuel … sauf pour le flash
  • cadre collimaté avec correction automatique de la parallaxe
  • télémètre à coïncidence d’images
  • renvoi dans le viseur (jeu de miroir) du type d’automatisme choisi
  • mais pas d’indications en « mode programme » dans le viseur ( vitesse, ouverture ?)
  • obturateur Seiko avec des vitesses de 1s au 1/500s
  • obturateur mécanique
  • la pile ne sert qu’à alimenter la cellule et son calculateur
  • Le système CLC, deux cellules au CdS pour plus de précision

Si je devais le classer dans mon petit palmarès des beaux télémétriques à objectif fixe, il serait accompagné du Canonet QL 17 G III, du Yashica Electro 35 GTN, du Minolta Hi-Matic 7s II, du Yashica Electro 35 GX (un peu plus compact)

C’est vraiment un bel appareil. Vous ne pourrez pas le glisser dans une poche, à moins qu’elle fut grande et solide (il fait quand même 720 gr tout nu) mais il vous accompagnera partout avec une bonne sangle confortable.

Le manipuler procure un plaisir rare, celui de toucher un objet construit pour durer autre chose qu’un bref été. 52 ans après sa sortie, il fonctionne toujours impeccablement.

L’exemplaire que j’ai acquis était en outre accompagné de son « sac tout près » en cuir. Seule la pression pour le fermer à l’arrière est abîmée.

Son esthétique est équilibrée, son maniement facile : le déclencheur, un peu long, est très doux et silencieux; les autres commandes sont sur l’objectif, comme le retardateur, l’ouverture, la distance.

A ce sujet, si j’ai bien un regret, c’est que cet objectif, excellent au demeurant, ne porte pas une bague « rapide » pour le réglage des distances, comme sur le Yashica ou le Canonet. Notez qu’on peut y remédier facilement mais les ingénieurs auraient pu y porter plus d’attention.

Si vous regardez bien, le sigle CLC est sur le devant de l’objectif, à côté de la cellule, ce qui autorise la mise en place d’un filtre, dont il sera tenu compte lors de l’exposition.

Pour activer la cellule, une pile LR44, avec éventuellement un adaptateur, ou une WeinCell pour être au plus près de la tension d’origine (1,35v), mais comme le Yashica Electro 35, le calibrage de la cellule n’est pas affecté par une légère sur tension (heureusement, les piles au mercure n’existent plus). Pour vérifier la tension de la pile, il faut amener le repère, un petit carré sur la bague de vitesse, en face du mot « check » et regarder dans le viseur, l’aiguille de la cellule se mettra en face de la position flash. Le « négatif » de la pile se met sur le dessus, c.-à-d. face au bouchon à viser.

Le viseur est clair et les marques du cadre sont bien visibles. Le patch pour effectuer la coïncidence d’image un peu moins mais on y trouve rapidement ses marques. Et, en photo de rue, où il excelle, vous pouvez toujours utiliser le zone focus pour prédéterminer la zone de prise de vue.

Des photos en soirée ou par temps plus gris ne lui font pas peur, grâce à la belle ouverture proposée par le Rokkor.

Pas de soucis pour le charger non plus, il suffit de glisser l’amorce dans la large fente du tambour de la bobine réceptrice, en n’oubliant pas ensuite de noter la bonne sensibilité du film. Un témoin apparait pour indiquer si le film est bien accroché et chargé.

A noter que pour ouvrir le dos de l’appareil, ce qui traduit un peu son âge, comme les premiers Electro 35, c’est un loquet qu’il faut dégager et pas en tirant sur la bobine de rembobinage

La sensibilité du film se règle sur le fut de l’objectif, avec une sensibilité de 25 à 500 Asa, tout à fait dans la norme de ces époques où les films n’étaient pas encore très sensibles (il faudra attendre 1976 pour bénéficier d’un film couleur rapide – FUJICOLOR F-II 400 ISO – et 1984 pour atteindre le 1600Iso en couleur – toujours chez Fujifilm)

C’est un appareil qui fonctionne soit en tout automatique, si vous faites coïncider la marque AA sur l’objectif avec le repère, soit en semi-automatique si vous réglez la vitesse, auquel cas, il règle lui-même le diaphragme.

Pour le flash, vous devez mettre le repère sur le sigle flash et vous pouvez régler la puissance du flash en indiquant sur l’objectif la distance du sujet.

Bon, vous l’aurez compris, ce boitier m’a charmé et j’espère vous avoir donné l’envie de le découvrir aussi.

Ce n’est pas un appareil rare même s’il est peu courant. Vous devriez pouvoir le trouver aux alentours des 50€ en très bon état. Il est moins couru que le Canonet QL17 G III ou le Yashica Electro 35 GTN (qui atteignent des prix complètement dingues) et pourtant il offre peu ou prou les mêmes agréments.

http://collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1276289054.jpg
source : Collection-appareils, Flash 1971,

Petite video d’illustration

Le mode d’emploi est par LA

Des références : https://camerapedia.fandom.com/wiki/Minolta_Hi-Matic_11,, https://thiscreativemidlife.com/minolta-hi-matic-11/,, http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_Hi-Matic_11 en anglais, http://collection-appareils.fr/x/html/appareil-1629-Minolta_Hi-Matic%2011.html, http://www.minolta.suaudeau.eu/appareils/135/telemetriques/minolta_Hi-matic_11.html en français