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Le Chinon CE-4

Alors là, je croyais que j’allais rédiger mon article le plus court en vous présentant ce Chinon CE-4 !

Ben oui, je vous ai déjà tout dit (ou presque) à son sujet lorsque je vous ai présenté le Alpa si3000 auquel il servait de base.

Quoique …

Bon, pour ceux qui n’ont pas envie, ou le temps de relire cet article, voici un résumé …

Et je vais reprendre mon petit jeux, celui des 10 erreurs … donc petit comparatif entre un Chinon CE-4 et l’Alpa si 3000

Vous constaterez que les différences sont avant tout cosmétiques :

  • un trait vert pour le repère des vitesses contre un triangle blanc chez Alpa
  • un repère vert pour les Asa, un triangle blanc de l’autre côté
  • des chiffres rouges et verts sur le barillet des vitesses contre des bleus chez Alpa
  • la platine porte objectif est courte sur le Chinon tandis qu’elle se prolonge sous le retardateur sur l’Alpa
  • le retardateur du Chinon a une marques verte et est noté 5 – 10 dans le sens horaire alors que sur l’Alpa, la marque est blanche, marqué 0 – 5 – 10 dans le sens anti-horaire
  • le levier de relevage du miroir est strié sur le Chinon alors qu’il ne l’est pas sur l’Alpa
  • le capot du prisme du Chinon porte un « bandeau » en métal, sur lequel la marque est gravée tandis que le capot de l’Alpa est d’un seul jet
  • ce capot est d’ailleurs différent sur les 2 appareils par exemples au niveau de la griffe porte flash qui est posée sur le Chinon et intégrée dans l’Alpa – cette différence de capot se justifie t’elle parce que l’Alpa aurait un vrai pentaprisme et le Chinon un pentamiroir .
  • la dotation de base est un 50mm Auto-Chinon ouvrant à f1,9 contre un Auto-Alpa (fabriqué au Japon) 50mm ouvrant à f1,7
  • la manivelle de rembobinage est à plat sur le Chinon tandis qu’elle est légèrement courbée sur l’Alpa
  • le rond sur lequel repose la manivelle est strié sur le Chinon, pas sur l’Alpa
  • les barillets des vitesses et des Asa sont un peu évasés et cannelés sur le Chinon alors qu’ils sont droits et rainurés verticalement sur l’Alpa
  • le levier d’armement est plus proéminent sur le Chinon alors qu’il est plus plat mais plus anguleux sur l’Alpa

Quant à la mécanique interne, elle est identique, mais ça ne se voit pas !

Ceci étant, son ergonomie est plus que correcte et on l’a vite « en mains » car il est facile à comprendre et à utiliser. Et pour ceux qui apprécient les multi expositions, le petit levier devant celui d’armement permet de les réaliser tout simplement. Autre petite astuce, si vous n’avez pas utilisé l’appareil depuis un moment et que vous doutez de l’état de la batterie : vous mettez sur Auto, armez et gardez le levier en extension en appuyant à mi-course sur le déclencheur : une petite diode rouge s’allume si la batterie est toujours ok. Toujours à propos de la pile, il y a une position OFF pour éviter une décharge trop rapide.

-« Mais si on me propose un Chinon ou un Alpa, je prends lequel ? »

Ben, ça dépendra de l’épaisseur de votre portefeuille !

Le Chinon CE-4 sera affiché dans les 50€ maximum, avec une pile et un objectif (rappelez-vous, monture K assez universelle), tandis que le Alpa si3000 pourrait monter dans les 250€ … ah ! la force du nom comme disent les gourous du marketing.

Un peu d’histoire …oui, oui, je n’oublie pas mes (bonnes ou mauvaises) habitudes lorsque je parle d’une marque un peu moins connue.

Parce que de fait, Chinon n’est pas souvent associé aux appareils de collection. Ceux qui ont connu l’argentique dans les années septante se souviennent peut être de la marque comme d’un fabricant de réflex à vis ou en monture K. Si l’entreprise n’était pas reconnue pour ses innovations, elle construisait sérieusement. Mais ce que l’on sait moins c’est que de nombreuses autres marques ont fait appel à eux pour construire des appareils, qui seront re-badgés ensuite, tels Argus, GAF/AGFA, Revue, Sears, Alpa, … Il partage cette impression de « produit blanc » avec une autre marque, de la même époque, Cosina (ça, c’est une autre histoire).

Mais revenons au début. La firme fut créée en 1948 par Chino Hiroshi sous le nom de Sanshin Seisakusho à Tokyo. Déjà à l’époque ils fabriquaient pour d’autres sociétés travaillant dans l’optique (des montures, des barillets d’objectifs par exemple). Il faudra attendre 1958 pour qu’ils fabriquent leur premier objectif propre (pour des caméras 8mm).

La société changea de nom deux fois pour finalement s’appeler Chinon Industrie Inc. en 1973. Leur premier reflex fut le Chinon M-1, sorti en 1972, avec une monture à vis M42.

Je vous notais dans un paragraphe précédant que la société n’était pas reconnue pour ses innovations. Pourtant, au milieu des années septante, ils ont sorti des appareils à exposition automatique avec priorité à l’ouverture, en monture M42, qui sortaient de l’ordinaire : la série CE Memotron. Leur particularité était d’avoir un déclencheur « intelligent » qui arrêtait l’iris de l’objectif et prenait la lecture de la lumière quelques fractions de secondes avant de déclencher l’obturateur.

D’autres avaient essayé la mémorisation de la mesure de lumière avec des objectif à vis mais ils s’étaient heurté à la nécessité d’un objectif spécial pour atteindre leur but. La série Memotron y arrivait avec n’importe quel objectif à vis, pour autant qu’il ait la broche de diaphragme automatique.

En 1977, au moment de la sortie du CE-3 Memotron, la plupart des autres fabricants avaient opté pour un montage à baïonnette, au détriment de la monture à vis. Y compris Asahi Pentax, sans doute le plus grand partisan de la monture en M42, qui venait de sortir son Pentax K1000 avec la nouvelle monture dite « Pentax K ».

Quel est l’avantage d’une baïonnette par rapport à un montage à viser ? Non seulement elle permet un montage plus rapide mais aussi un assemblage plus précis, en permettant des fonctionnalités telles les broches de couplage, les connexions électriques, etc.

Pour mémoire, la monture K était destinée à devenir une monture « universelle » (1975).

Cet appareil fut présenté à la PMA de Chicago en 1979 et en 1980, Chinon sera l’un des premiers fabricants tiers à adopter la nouvelle monture K, notamment sur deux nouveaux reflex, le CM-4 et le CE-4.

Cet boitier fut aussi vendu sous les dénominations d’Agfa Selectronic 3, Revueflex AC-2 et … Alpa si 3000.

https://i1.wp.com/www.mikeeckman.com/wp-content/uploads/2017/09/5567110671_b25a993c4f_o.jpg?w=695&ssl=1
source : Modern Photography 1981, Mike Eckman

En tout état de cause, ce Chinon CE-4 ne fut produit qu’un an. En 1981, il sera remplacé par le Chinon CE-4s, qui apportait quelques améliorations pas absolument décisives mais plus vendeuses pour l’époque (vitesse de 8s à 1/2000s, viseur un peu amélioré et quelques modifications au circuit de mesure de la lumière)

https://i0.wp.com/www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1335472870.jpg?w=695
source : Collections-appareil, Grenier – Natkin 1981.

Chose plutôt rare, une pub video d’époque :

Finalement, que retenir de ce boitier ?

C’est un appareil automatique à priorité à l’ouverture. Il reste pratique en mode semi-automatique. car l’affichage diode dans le viseur précise simultanément la vitesse réelle et propose la vitesse préconisée par la cellule. Celle-ci clignote tant que les deux points ne sont pas convergents et l’exposition correcte.

Son obturateur électronique Seiko assure la régularité des vitesses, confortables (de 4s à 1/1000s). La plage de sensibilité est plus que correcte pour l’époque (de 25 à 3200 Iso). Vous bénéficiez d’un testeur de profondeur de champ, de la mise en mémoire de la mesure de la lumière (AE) et d’un système hyper facile pour ceux qui apprécient les multi expositions.

Le boitier est compact, léger (495gr tout nu) et vous offre la possibilité de monter une multitude d’objectifs en monture K qui ne vous ruineront pas.

Ses concurrents de l’époque étaient les Canon AE-1, Nikon EM, Pentax ME, qui offraient peu ou prou les mêmes caractéristiques mais que vous paierez nettement plus cher aujourd’hui.

Alors, franchement, si vous en trouvez un aux alentours des 50€, avec au moins un objectif 50mm, n’hésitez pas, c’est un bon appareil qui vous servira encore longtemps.

Résumé des données techniques :

  • Automatique avec priorité à l’ouverture
  • Viseur avec prisme SLR fixe avec cercle de microprismes et stigmomètre (rond brisé)
  • Obturateur électronique à plan focal Seiko à déplacement vertical (lamelles métalliques)
  • Vitesses: B, 4s à 1 / 1000 s, en continu en AE
  • Cellule avec double photodiode au silicium bleu TTL avec priorité à l’ouverture AE
  • Sensibilité de 25 à 3200 Iso
  • Alimentation par 3 piles alcalines ou à oxyde d’argent LR44 1,5 V
  • Montage Flash avec contact pour les flashs dédiés Chinon et PC X (cable de synchronisation),
  • Synchro flash au 1/60s ou 1/30s pour les ampoules flash
  • Retardateur de 5s ou 10s
  • Testeur de profondeur de champ
  • Possibilité de surimpression très simple.
  • Peut être motorisé

Une petite video d’illustration

Le mode d' »emploi est par ICI.

Des références : https://oldcamera.blog/2017/08/18/chignon-ce-4/, https://www.mikeeckman.com/2017/10/chinon-ce-4-1980/, https://cameracollector.net/chinon-ce-4/ en anglais, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-3393-Chinon_CE-4.html en français

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