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Le Mamiya DSX 1000B

Si vous avez lu l’article consacré au Mamiya NC1000, vous avez – comme moi – découvert une marque assez étonnante.

Plus connue pour ses moyens formats dont les célèbres Mamiya C220 ou C330, le Mamiya RZ 67, Le Mamiya M645 Super, le Mamiya Press (p. exemple) que pour ses appareils 24×36, ne croyez pas que la marque n’existe plus : elle est le cœur des appareils PhaseOne, rien de moins !

Mais revenons à nos reflex de la marque, souvent boudés par le grand public, à tort car je vais essayer de vous expliquer pourquoi à travers quelques modèles.

Donc, je vous ai récemment présenté le Mamiya NC 1000, je vous parlais ensuite du MSX 500 et aujourd’hui du DSX 1000B.

Mais revenons un peu en arrière …

Les premiers reflex datent de 1961, avec le Prismat SLR, suivi par les Mamiya 500 et 1000 TL au milieu des années soixante.

Ces appareils ont été les premiers à adopter le principe de la mesure spot (ou sélective).

En 1967 sont apparus le modèles DTL (Dual Through Lens), de nouveau précurseurs car ils proposaient sur un même boitier un double système de mesure : la sélective et l’intégrale.

Toutefois, ambiguïté de l’époque, ces appareils ont utilisé le système de mesure à diaphragme fermé (comme Pentax à l’époque), c.-à-d. que l’appareil mesure la lumière qui passe réellement dans l’appareil à l’ouverture du diaphragme choisi. Théoriquement, cela représente une meilleure précision et permet l’emploi de circuits électroniques plus simples (et moins chers) mais cela n’est guère pratique.

Le Mamiya DSX 1000 vient chambouler tout ça. S’il reprend les bases optiques et mécaniques des 1000 DTL précédents, il les améliore en permettant de prendre la mesure de lumière à pleine ouverture et ce grâce à une nouvelle monture, toujours à vis mais qui comporte un blocage en bout de course (on dit en « fin de filet »). Ce blocage permet enfin un positionnement rigoureux de l’objectif et celui d’un ergot de couplage à pleine ouverture qui équipe les nouveaux objectifs créés pour la nouvelle série, les objectifs SX.

Le boitier présente, à gauche de la monture, une came qui est entrainée par un ergot lié à la bague de diaphragme de manière à transmettre la valeur d' »ouverture au posemètre

Notons que l’on peut toujours utiliser les anciens objectifs « simplement » à vis (M42) mais dans ce cas on perd la mesure de la lumière à pleine ouverture

Bon, je résume : le Mamiya DSX 1000 propose un double système de mesure, sélective et évaluative et cette mesure se pratique à pleine ouverture. A l’époque, ils sont les seuls à proposer ces solutions innovantes.

Puisqu’ils en étaient à faire bouger les lignes, ils en ont profité pour rajeunir celles du boitier (encore très typé années septante cependant) et ils ont ajouté une griffe porte-flash avec un contact central

Dans la gamme il y a donc maintenant les anciens TL à mesure spot et mesure à diaphragme fermé – ils seront les « entrées de gamme » et à l’autre extrémité le XTL à baïonnette et double mesure de la lumière qui travaille à pleine ouverture, destiné lui aux experts ou aux pro.

Et notre Mamiya du jour se positionne entre les deux. Il emprunte au XTL le petit grip en caoutchouc, le sabot de flash avec contact central, la mesure de lumière à pleine ouverture et la double mesure.

C’est un appareil solide, bien construit, qui recèle encore quelques surprises, utiles et bien pensées, comme par exemple le levier d’armement qui a une double fonction. Lorsqu’on le tire en arrière, il libère le circuit de la cellule et lorsque vous le rabattez, il permet de mesurer la lumière pour les objectifs non SX. Enfin, si vous appuyez sur le petit bouton à son sommet, il se replie contre le boitier et ferme tous les circuits.

La cellule de l’appareil mérite quelques explications aussi.

Elle est au CdS, collée contre le miroir, qui est semi-transparent à certains endroits, notamment au niveau de l’articulation du miroir, ce qui la rend visible dans le viseur comme une petite zone plus sombre, soulignée par quelques petits traits. Cette cellule recouvre entre 65 et 10% du format de l’image. De par sa position, la cellule travaille sur une partie de l’avant plan. Ceci est vrai quand le bouton placé contre le fut porte objectif est sur S = spot

Si vous voulez passer à la mesure évaluative, vous mettrez ce même bouton sur la positon A = average. Ici pas de délimitation vue sur le dépoli mais une mesure plus globale. Notez que dans le viseur, un témoin vous indique si vous êtes en ponctuelle (S) ou en évaluative (A).

Ensuite, si vous dépassez les limites de la cellule, un signal rouge apparaît dans le viseur.

Puisque je parle du viseur, je m’y arrête un instant. Il contient tous les éléments utiles comme le signal de surexposition (signal rouge), le type de mesure choisie (A ou S), l’aiguille de la cellule avec un + et un – pour la sur ou sous exposition. Au centre, un cercle de microprismes, lui même entouré d’un dépoli très fin et mat, le tout sur une lentille de Fresnel très fine. C’est (presque) du classique et il est bien clair même si personnellement j’apprécie d’avoir un stigmomètre (rond brisé) pour faire la mise au point, je trouve que c’est plus rapide..

Encore quelques détails techniques pour terminer : l’obturateur va de 1s ou 1/1000s plus pause B. La synchro flash se fait au 1/60s avec le contact et il y a aussi deux prises synchro flash X et FP (pour les anciens flashs à lampe) avec câble. Notons un retardateur de 10s. La sensibilité va de 25 à 3200 Asa. Il est possible de faire des expositions multiples

Ah oui, j’allais oublier : je parle toujours du DSX 1000 or celui que je vous présente est un DSX 1000B … pour black, tout simplement.

Que vous dire de plus sur cet appareil ? Vous aurez sans doute remarqué la pastille rouge collé dessus. Si vous vous en souvenez, cela signifie que l’appareil est HS (hors service). Enfin, plus maintenant. Lorsque je l’ai reçu, deux petites pastilles métalliques étaient collées à la semelle : l’une était la coiffe du bouton de rembobinage, cassée (et irréparable mais de peu d’importance, on peut toujours enfoncer le bouton quand besoin) et l’autre était le contact métallique de la trappe à pile. Quand j’ai ouvert cette trappe, j’ai tout de suite vu le bout de fil bleu qui apparaissait, coupé de cette pastille. J’ai pu ouvrir la semelle, j’ai nettoyé la pastille, dénudé précautionneusement le minuscule fil bleu que j’ai ressoudé à la fameuse pastille. Puis j’ai tout remonté et remis la pile : bingo ! tout fonctionne …. et j’ai entre temps retiré la pastille rouge.

Les Mamiya sont un peu boudés, tant mieux, ils sont plus abordables pour l’instant. Ce ne sont pas de mauvais appareils au contraire, mais moins connu que leurs rivaux de l’époque (Pentax, Minolta, Canon, Nikon, …). Pourtant, ils ne manquent pas d’attraits.

Et spécifiquement ce DSX1000 ou DSX1000B, avec leur double mesure de la lumière sont de très bons reflex qu’il serait intéressant de redécouvrir, loin des sentiers battus et rebattus.

Si vous en trouvez un, assurez-vous qu’il soit munis d’un objectif SX pour bénéficier de toutes les fonctionnalités, regardez si la pile n’a pas coulé et pour le reste, foncez : à environ 50€ avec l’objectif, c’est un super achat, différent mais intéressant.

Source : Collection-appareils, Photo Argus 1975
https://i0.wp.com/www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1335295405.jpg?w=695
source : Colection-appareils, Odéon Photos 1974

Quelques exemples de photos prises avec cet appareil sur cette courte video

Pour les notices de l’époque, c’est par ICI et LA

Pour le mode d’emploi, c’est LA

Quelques références : https://camerapedia.fandom.com/wiki/Mamiya_DSX_1000, https://www.35mmc.com/11/05/2020/mamiya-dsx-1000b-review-by-nathalie-porter/, / en anglais, http://www.app-phot-col.com/photcol/pdfr/T34/2054.pdf, https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Mamiya/Mamiya_DSX_1000 en français

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