Les nouveautés en un lieu

Quelques petits trucs pour bien acheter son compact argentique

Comme je le notais dans l’article précédant, mieux vaut un compact des années nonante à deux-mille plutôt qu’un appareil jetable.

Vous aurez une optique généralement de qualité, autour des 35mm, parfois un petit zoom (35 – 70mm max.), un flash – souvent débrayable, parfois un dos dateur, la possibilité de rembobiner anticipativement le film, un autofocus performant.

Quelques marques sortent du lot : Canon avec les Prima, Minolta avec ses Riva , Nikon, Olympus, Yashica, Konica, Fujifilm (ou Fujica), Pentax, Ricoh …

Ne regardez pas ces marques premiers prix qui existaient à l’époque, elles ne valaient pas grand chose et le temps n’a rien arrangé.

Pour le reste, c’est affaire de goût personnel pour tels ou tels modèles, ou marques favorites … ou tout simplement ce que vous avez sous la main, ou trouvez dans un tiroir oublié.

Evitez seulement les systèmes APS même si ces appareils étaient souvent le nec plus ultra de l’époque au niveau performances, parce que l’on ne fabrique plus les films (les Vectis de chez Minolta p. ex.).

Les dos dateurs sont souvent devenus inutiles car les ingénieurs n’ont jamais pensé que leurs appareils dépasseraient les années 2020 ! Souvent, le dos dateur bloque en 1999. Mais on peut généralement les mettre en OFF si votre appareil en possède un.

Résumons-nous :

  • un « point and shoot » en 35mm
  • mais mieux, un autofocus
  • un objectif 35mm +/- ouvrant à f2,8 (le must) ou f3,5 (le plus courant)
  • à la rigueur, un petit zoom 35 -70 mm max.
  • un flash – idéalement débrayable
  • un chargement automatique du film
  • un film en 135 (24x36mm)
  • la possibilité de rembobiner le film anticipativement

Un point encore, celui des piles : la plupart de ces appareils fonctionnent avec des piles AA. Quelques uns avec des CR123 ou CR2, un peu plus chères. Les piles CR-P2 sont elles très chères, même si elles durent longtemps. Dans les dos dateur, c’est presque toujours une pile 2025.

Concrètement, à quoi faire attention si vous trouvez, achetez, recevez un de ces appareils ?

Tout d’abord, prenez au moins un jeu de piles AA avec vous. Dans la majorité des cas, c’est suffisant et vous permettra de voir tout de suite si l’appareil fonctionne a minima.

  • son état cosmétique : seulement sale ou plein de griffes ? Sale, vous le nettoierez à l’alcool modifié à 90°C. Les griffes, difficiles de s’en débarrasser et ça dépend où elles se situent, mais s’il y a en trop, c’est que l’appareil n’a pas été bien traité, A éviter.
  • pas de bruit ? lorsque vous le prenez en main, secouez le doucement. Au moindre bruit, oubliez, quelque chose est cassé à l’intérieur.
  • le viseur : propre ou griffé, avec de la poussière dedans ? Griffé, il ne sera pas confortable pour la visée, de même s’il est plein de poussières. A éviter.
  • le compartiment à piles : bien vérifier qu’il n’y ait pas de trace de coulées d’acide. Prenez une lampe de poche pour voir le fonds du compartiment et détecter les traces d’oxydation. S’il y en a, ne prenez pas l’appareil, tôt ou tard, vous aurez un problème (je viens d’avoir la blague avec un Chinon car je n’avais pas vu l’oxydation sur une lamelle de contact. Même nettoyée, le courant ne passe plus : l’acide remonte souvent le long du fil qui est abîmé en amont)
  • le volet de protection de l’objectif : s’ouvre t’il facilement, sans traces de griffures (sable, poussières), le contact est-il franc lorsque vous le manipulez (pas de jeu, l’appareil s’allume et s’éteint dès que vous le bougez). Une attention particulière est à porter aux objectifs qui se ferment avec des lamelles, plus fragiles. Sont elles toutes fermées/ouvertes lors de l’ouverture/fermeture de l’objectif ? Si ce n’est pas le cas, ne le prenez pas.
  • si l’appareil est équipé d’un mini zoom, y a t’il des griffes sur le fut (poussières, sable) ? se déploie t’il facilement, et revient il à sa position initiale de manière fluide ? Si non, évitez l’appareil.
  • si l’appareil est équipé d’un mini zoom, normalement, le viseur suit le mouvement de celui-ci. Portez le à l’œil et vérifiez. Si ce n’est pas le cas, laissez tomber, il est en panne.
  • l’objectif : bien vérifier qu’il ne soit pas griffé ou qu’il n’y ait des traces de halos sur le verre, preuve que l’on a trop frotté sans précautions et que le revêtement de protection de parti. A éviter.
  • la motorisation : généralement, ces appareils chargent automatiquement la pellicule dès que vous fermez le dos de l’appareil. Certains modèles demandent cependant que vous appuyiez sur le déclencheur pour le faire. Profitez en pour écouter le bruit de la mécanique, certaine sont plus bruyantes que d’autres. Si ça ne fonctionne pas, passez votre chemin.
  • le rembobinage : idéalement, vous devriez avoir un vieux film à charger. Faites quelques déclenchements puis testez le rembobinage. Si ça ne fonctionne pas, évitez.
  • le flash : charge t’il rapidement et fonctionne t’il ? Si ce n’est pas le cas, évitez sauf si vous êtes certain de ne jamais vous en servir.
  • la dragonne : elle est souvent attachée à un voire deux points d’ancrage. Si elle est manquante, les poins d’ancrage sont ils en bon état ? Si non, évitez l’appareil, il a souffert.
  • les mousses internes : généralement, les appareils des années nonante à deux mille n’en ont plus besoin, les découpes du dos et du corps de l’appareil sont bien faites et s’emboitent parfaitement. Si vous avez la sensation que l’appareil est « vrillé », qu’il ne ferme pas correctement sur toute la surface, évitez. Pour les modèles qui n’ont pas le codage DX (lecture automatique de la sensibilité du film), il y a une fenêtre qui permet de voir le film installé. C’est de là que pourrait venir une fuite de lumière, si la mousse est partie ou avachie. Ces petites mousses se remplacent facilement mais il faut en acheter de bonnes : CameraMill ou Aki-Asahi sont les meilleurs.
  • le corps de l’appareil : il ne doit pas être fendu ou avoir été recollé. A éviter.
  • le déclencheur : l’obturateur déclenche t’il à la moindre sollicitation . Souvent, on peut appuyer à mi-course, le temps de la mise au point (pré-focus) mais il doit déclencher rapidement. Sinon, à éviter.
  • les éventuels boutons de réglage : généralement gainés de caoutchouc, sont-ils intacts et répondent -ils à la fonction qui est la leur ? Sinon, à éviter.

Si vous avez lu mes petits articles sur les appareils concurrent du sempiternel Olympus Mju, vous avez compris que certains sont sortis de caisses en brocante et je leur ai appliqué ces petits conseils de bon sens.

Il faut parfois accepter de petit défauts mineurs (le Canon Prima qui illustre l’article avec son gaffer pour tenir la porte des piles, ou le Canon Prima zoom mini avec un petit éclat dans le verre du flash : ça n’empêche pas ces deux appareils de parfaitement fonctionner)

Vous pourrez faire de bonnes affaires en étant un minimum attentif.

Un mot encore : je ne parle pas ici des appareils des années quatre-vingt parce qu’ils sont au début des appareils avec autofocus. Ils fonctionnent très bien, sont précis et ont généralement de meilleurs optiques encore que les appareils qui viendront après (souvent des 35mm à f2,8) mais ils demandent un peu plus de temps de réaction que ceux des années nonante à deux mille.Mais c’est une expérience à tenter si vous vous sentez l’âme découvreuse. Regardez alors l’article sur le résumé des concurrents du Mju.

Au final, vous aurez un appareil efficace, qui vous suivra encore de longues années et vous éviterez un double gaspillage, celui de jeter un appareil qui fonctionne et de jeter les résidus d’un appareil jetable.

Il me reste à vous souhaiter de bonnes photos

Les nouveautés en un lieu

Le « jetable » n’est pas mort !

Hé bien non, aussi fou que cela paraisse, les appareils jetables ne sont pas morts …

« Mais qui peut bien encore s’en servir ? » … pas mal de gens en fait. Sans être exhaustif, je cite : des jeunes qui partent en camp de vacances, des personnes qui vont voyager dans des endroits délicats, des personnes qui veulent juste garder un souvenir d’un évènement particulier, ceux qui ne veulent pas abîmer leurs couteux boîtiers dans la gadoue ou sous la pluie, ceux qui vont faire un tour dans un petit bateau , en pack pour immortaliser des mariages … la liste est longue.

Personnellement, si je peux comprendre la démarche, elle m’étonne quand même. Je m’explique ….

A une époque où les compacts des années nonante et deux mille sont monnaie courante dans des tiroirs oubliés, il me semble qu’il est grand temps de les sortir, plutôt que ces jetables.

Pourquoi ? Mais parce que ces appareils ont des ressources que le jetable n’a pas et qu’ils sont … réutilisables, même jusqu’à ce qu’on les casse, ou les perde, ou les oublie quelque part !

Tous ces « point and shoot » que je qualifie de modernes possèdent une optique décente, voire très bonne, généralement autour de 35mm; ils sont munis d’autofocus assez performants pour ce à quoi on les destine; ils possèdent un flash, parfois débrayable mais bien utile pour déboucher une ombre; ils sont petits et éminemment transportables; surtout, ils sont faciles d’emploi : on vise, on appuie, c’est dans la boîte !

Les jetables actuels coûtent plus ou moins 15€. Pour 10€ de plus, vous pouvez vous payer un appareil qui ne vous décevra pas, et certains auront même un petit zoom.

Ensuite, puisque nous sommes dans des démarches de consommateur responsable, évitons les gaspillages du « jetable » qui finit à la poubelle.

Le compact aura toujours pour lui cette réutilisation qui évitera ces déchets inutiles. Seule la pile devra être remplacée, une fois l’an tout au plus, et elle, on la recycle aussi.

En résumé, si le jetable est « fun », il est à utiliser en dernier recours.

Redonnons vie à tous ces compacts qui trainent dans les tiroirs, ceux de vos parents, de vos connaissances, les brocantes, …

Dans un prochain article, je vous ferai part de quelques trucs pour leur redonner vie sans soucis.

Bonnes photos … responsables

PS : je viens de découvrir que dans les années 2010, la société Vistaquest, société française spécialisée dans la photographie de loisir (!?) a osé le … numérique jetable !

Je vous cite l’article paru dans le Monde Numérique du 1er octobre 2010 :

« L’appareil photo numérique jetable ou le « Prêt à photographier numérique » Vistaquest VQ15 propose un capteur de 5 mégapixels, un flash automatique, un objectif à focal fixe et une capacité de 40 photos. Après, on vide sa mémoire et on le jette. L’appareil est livré avec un câble USB pour le téléchargement des photos (une seule et unique fois, à priori) sur l’ordinateur.

Ouf, le VQ15 est 100% recyclable, selon Vistaquest.

La gamme sera même prochainement étendue avec l’arrivée d’un appareil doté d’un écran de 1,4 pouce et disposant des mêmes fonctionnalités que le VQ15. Via l’écran, il sera possible de valider ou non le cliché et de le refaire autant de fois que souhaité.

En attendant, l’appareil photo numérique jetable Vistaquest VQ15 sera disponible en novembre pour 15 euros environ. Y a-t-il un marché pur cela ou pas, l’avenir le dira. »

Et bien, pour une fois, l’avenir a eu raison de tuer dans l’œuf cette double hérésie, ce gaspillage inutile car point de vue recyclage, les doutes ne sont même pas permis, la société n’ayant rien mis en place pour le post traitement de ce gadget.

Liens de références : https://lemondenumerique.ouest-france.fr/appareil-photo-numerique-jetable-vistaquest-a-ose/ et https://on-mag.fr/index.php/zegreen/news/photo/10025-vistaquest-presente-le-premier-appareil-photo-numerique-jetable

Argentique

Canon Prima Zoom Mini

Même brocante que pour le Minolta AF 35 C, pas la même caisse, mais le même désastre … des tas de boitiers empilés à la sauvage …

Néanmoins, je vois un étui Canon, que j’ouvre, pour y trouver un appareil qui sera sans doute mon second rescapé de la matinée : un Canon Prima Zoom Mini.

Je vous passe les détails sordides mais une fois passé au grand nettoyage, remis deux piles dedans, il fonctionne !

Juste un petit éclat dans le verre du flash, mais cela n’empêche pas celui-ci de déclencher et de recharger, assez rapidement d’ailleurs

Petit tour sur la grande Toile pour en apprendre plus à son sujet car en fait – et je vous l’avoue – à l’époque, je ne regardais jamais ces appareils, trop content de posséder un magnifique Minolta 7Xi et ses objectifs qui, finalement, mourut dans un accident de la circulation (il a traversé l’habitacle et s’est écrasé à mes pieds, en passant par le ciel de toit, l’appuie-tête, le volant, le tableau de bord, les pédales).

Et donc, le Canon Prima Zoom Mini, ou Autoboy Ace A au Japon et Sure Shot Zoom Max aux Amériques, est un appareil présenté en septembre 1992.

C’est un compact à zoom entièrement automatique qui peut passer du mode normal au mode panoramique (version japonaise uniquement) par simple pression d’un levier.

L’autofocus est doté d’un autofocus intelligent à 3 points avec faisceau proche infrarouge. Il y a 161 niveaux de mise au point.

Lorsque vous appuyez à mi-course sur le déclencheur, le pré-focus est activé. La mise au point commence à 60cm jusque l’infini.

Son objectif est un 38 -76mm ouvrant à f3,8 – 7,2 en 7 groupes. Pour les prises de vue macro, vous pouvez vous approcher jusqu’à 0,45 m. Mode macro que vous activez avec une touche à l’arrière de l’appareil.

Le viseur est à zoom direct, c.-à-d. qu’il avance, ou recule, en même temps que vous zoomez ou dé-zoomez. L’agrandissement est de 0,43x – 0,75x et la couverture est de 84% du champ. Dans la zone de l’image se trouvent les cadres AF (pour les distances normales et rapprochées), le cadre de correction de la parallaxe, le cadre panoramique. Une LED verte « OK-to-Shoot » s’allume lorsque la mise au point est effectuée ; elle clignote aussi pour l’avertissement de mise au point rapprochée, l’avertissement de macro hors gamme (45cm), l’avertissement de risque de bougé de l’appareil, la lampe de réduction des yeux rouges allumée, et elle clignote deux fois par seconde pour la mise au point sur un seul point et s’éteint pendant le recyclage du flash.

Le flash se déclenche automatiquement en cas de faible luminosité, avec pré flash pour la réduction des yeux rouges. Il est débrayable.

Lecture du codage DX des films. De 25 à 3200 Iso. Sans codage, l’appareil considère que c’est du 100 Iso.

Et donc, un appareil qui peut encore rendre de très bons services, son petit zoom pouvant vous sortir d’un mauvais pas. Mieux qu’un appareil jetable car il possède le minimum que l’on attendait d’un appareil en ce temps là, et même un peu plus, vu sa fiche technique.

En très bon état, avec son étui et sa dragonne (munie d’une petite pointe pour le rembobinage), il se négocie autour des 50€

Quelques liens : http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-5406-Canon_Prima%20Zoom%20Mini.html en français et https://global.canon/en/c-museum/product/film157.html en anglais.

Argentique

Minolta AF 35 C

Et encore un … sauvé d’une caisse où s’entassaient pèle-mèle des appareils compacts qui auraient dus être euthanasié il y a longtemps, pour abréger leurs souffrances !

Bref, dans ce fouillis poussiéreux, j’extirpe un Minolta Riva AF 35 C, encore dans sa pochette.

Petit coup d’oeil à la trappe des piles, pas de coulées … c’est bon signe ça. J’ouvre le compartiment film et… le referme aussitôt car il y en a encore un dedans !

Il y a l’air d’avoir des griffes près du viseur, mais en y regardant de plus près, c’est de la saleté… mais j’en profite pour négocier un peu.

De retour à la maison, j’ouvre ma bouteille d’alcool à 90°C, de la ouate, et hop, séance nettoyage. Là, il a déjà meilleure mine. Je mets deux nouvelles piles AA, et tout fonctionne.

Ensuite, j’enlève le film, de toute manière complétement voilé et je teste l’appareil avec un film qui ne sert qu’à ça : tout marche comme au premier jour ! Solide ces appareils des années nonante …

Quelques recherches sur la grande Toile me révèle que ce Minolta Riva AF 35c, ou Freedom AF 35R en Amérique, est un appareil compact autofocus lancé en 1992 dans le prolongement du Riva 35 et du Riva AF 35. C’est un entrée de gamme mais objectif est pointu.

Sa seule caractéristique supplémentaire est une fonction de pré-flash pour éviter les yeux rouges. Pour le reste, c’est un appareil entièrement automatique, ce qui signifie chargement automatique, avance automatique, rembobinage automatique, flash automatique, exposition automatique et mise au point automatique. Il est toutefois équipé d’un retardateur intégrés. L’objectif est protégé par un couvercle coulissant, qui commande la mise sous tension de l’appareil. Comme beaucoup d’appareils Minolta du même âge, il n’expose les films qu’à 100 ou 400 ISO. Une version datée était également disponible.

Vu comme ça, il est basique, mais c’est un loup déguisé en mouton, car si nous résumons, il possède un objectif 35 mm étonnamment pointu avec autofocus, flash intégré, retardateur, et il utilise des simples piles AA.

Quelques spécifications :

  • Objectif : 35 mm f/4,5.
  • Mise au point : autofocus actif par infra-rouge de 0,95 m à l’infini.
  • Exposition : mesure pondérée en fonction du sujet
  • Flash: Intégré, auto-activé, non débrayable avec pré-flash optionnel. Portée : 0,95-3,3 m. Signal LED de disponibilité de l’éclair.
  • Sensibilité des films : décodage ; les films en dessous de 400 ISO sont exposés comme ISO 100, ceux au-dessus comme ISO 400. Les films non-DX sont exposés à 100 ISO.
  • Avance du film : chargement automatique, avance et rembobinage.
  • Energie : 2 x AA alcalines et une CR2025 pour les appareils avec dos dateur.
  • Dimensions: 136 x 73 x 47,5 mm.
  • Poids : 235 g sans batteries.

Un appareil tout simple, un « point and shoot » comme il y en avait dans les années nonante, qui fait son travail sans chichis. Plutôt que d’investir dans un jetable, autant emporter ce type d’appareil, qui ne déçoit pas et qui possède les automatismes suffisants.

En très bon état, avec sa pochette et sa dragonne, il se négocie autour des 30€.

Quelques liens : http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_Riva_AF_35c, https://www.wadesworld.com.au/products/minolta-riva-af35 en anglais et http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11556-Minolta_Riva%20AF%2035c.html en français.

Le Zinc du photographe

Le Lumix DMC-GX 80

Hé bien, je m’aperçois que je vous l’ai souvent cité mais jamais présenté !

Profitons de ce samedi maussade, balayé par la tempête Odette pour réparer cet oubli.

Pour mémoire, c’est un appareil que j’utilise pour la photo de rue.

C’est un télémétrique hybride au format 4/3 de 16Mpx, avec une stabilisation sur 5 axes du capteur, qui peut se coupler à la stabilisation des optiques Lumix ou Olympus, extrêmement rapide à mettre en œuvre et à sortir de veille. Il est paramétrable dans tous les sens et ses menus, s’ils ne sont pas à la hauteur des menus de chez Canon, sont bien moins alambiqués que chez Sony ou Fuji. Son autonomie n’est pas extraordinaire – comme la grande majorité des hybrides – mais j’ai acheté une seconde batterie.

Voilà, pour le reste des données techniques (qui m’intéressent peu), je vous renvoie au site des Numériques, ou 01net qui ont fait le test de l’appareil et chez Panasonic, qui le vante aussi très bien.

En fait, ce que je retiens, c’est son look (ben oui, ça compte aussi) un peu rétro – à l’instar des Fuji – qui le ferait presque passer pour un vieil argentique, surtout en version noire.

Il est très léger et tout petit, ce qui permet de le glisser dans un petit sac, voire une (grande) poche avec le 14mm pancake monté dessus. Et oui, les objectifs sont interchangeables et de qualité, parce que l’on peut piocher tant chez Lumix que Olympus. Sa prise en main, malgré sa petite taille est très bonne, même si j’y ai ajouté un petit repose-pouce pour maximiser son maintient.

J’aime surtout le fait qu’il se mette rapidement en route et qu’il sorte vite du mode veille, ça évite de rater des photos. Et il est excellent en faible lumière.

Son viseur est bon, avec un correcteur dioptrique, bien utile quand la vue baise. C’est vrai que je garde un peu la nostalgie des Fuji X avec leurs viseurs analogiques et numériques, mais il est loin d’être mauvais. Son écran, orientable et tactile, est précis pour les cadrages qui sortent de l’ordinaire. Je pourrais regretter qu’il ne soit pas orientable dans tous les sens, mais bon, je ne m’en sers pas souvent (je ne sais pas cadrer sur un écran !).

J’apprécie aussi son silence, surtout en mode électronique, mais même en mode mécanique, il fait le même bruit que le Leica M5, c’est dire …

Toutes les commandes tombent bien sous les doigts et elles sont agréablement marquées (clics fermes).

Vous pouvez travailler directement en Jpeg ou en Raw. Personnellement, j’ai opté, comme pour tous mes appareils, pour le format RAW, qui m’autorise de petites corrections via Luminar 4,3 si besoin.

Au niveau des reproches, le fait que son autonomie soit limitée à environ 300 photos et qui nécessite une seconde batterie (au moins) pour les longues sorties, surtout quand il fait froid. Et encore, qu’il ne soit pas « tropicalisé » – et quand je regarde par la fenêtre en écrivant ceci, je devrais même dire étanche tant il pleut !

Si vous suivez le blog, vous avez vu les appareils par lesquels je suis passé avant ce Lumix GX80 et, franchement, c’est celui qui me convient le mieux jusqu’à présent.

Le Zinc du photographe

Kodak Classic Smile, l’instantané

Pourquoi un appareil instantané dans mes appareils ?

Je vais reprendre une anecdote que j’ai déjà citée : un jour, nous étions en île Maurice et voyant un couple cuire des samoussa, nous leur avions demandé si nous pouvions les prendre en photo.

Non seulement ils ont accepté mais ils ont invité mon épouse à essayer de les cuire elle-même.

Nous voulions les remercier et nous avons pensé qu’une photo souvenir leur ferait plaisir.

De fait, nous avons passé une bonne demi-journée à trouver une borne pour pouvoir effectuer la démarche et développer les quelques photos que nous leur destinions.

Dès lors, il m’a semblé utile de toujours avoir avec nous un appareil instantané.

Là, ça se complique car si l’offre de Fuji est pléthorique, malheureusement, la taille des photos, si elle ravi les plus jeunes, me semble bien trop petite.

Il y a bien les Square et les Wide, mais ils font respectivement 6,2×6,2 et 9,5×6,09, tandis que le Kodak fait 10,08 x 8,9 cm, sur papier Zink.

Je pourrai aussi utiliser un bon vieux pola, mais les films sont trop chers et la qualité moindre que la technologie Zink.

L’avantage de cet appareil, comme les Fuji d’ailleurs, est qu’il possède une carte mémoire, qui permet de retirer les photos si besoin, voir de les retravailler un peu. Ne nous attendons pas à pouvoir les tirer en grand format, la qualité ne suivra pas mais elle reste acceptable aux mêmes dimensions que celle prévue pour la photo originale.

Attention, chaque photo faite est imprimée : il faut y penser avant de déclencher pour réduire les coûts.

Petit avantage du Kodak Classic Smile : vous pouvez l’utiliser comme imprimante à partir d’un téléphone, via une application dédiée.

Les photos donnent un effet un peu vintage mais elles sont précises et bien détaillées. C’est un peu le trait de caractère du papier Zink.

Au chapitre des regrets, on ne peut pas voir la photo avant de l’imprimer et on n’a aucun contrôle sur les réglages. Soyons de bon compte, avec un Polaroïd non plus et ça n’a jamais empêché personne de faire de bonnes photos. Il faut parfois savoir lâcher prise !

Bref, si l’appareil n’est pas parfait, il rempli le job et c’est ce que nous lui demandons.

En photo de paysage, portrait, urbaine

En photo de paysage, portrait, urbaine (évolution septembre 2020)

Puisque je modifie le panel de mes appareils, j’en profite pour refaire un petit point sur le site, pour le mettre à jour.

Après le changement d’appareils pour la photo de rue, modifications aussi pour la photographie de paysage, portrait et urbaine.

En numérique, je garde l’Eos 6D Mark I, qui est finalement très performant, tropicalisé et – surtout – plus léger et compact que le Canon Eos 5D Mark III que j’utilisais.

Pour aimer son appareil, il faut avoir envie de le sortir, de se sentir bien avec lui. Malheureusement, je n’avais plus ces sensations avec l’Eos 5D Mark III. Quelques soucis de santé me contraignent à faire attention au poids que je transporte, et là, le 5D Mark III devenait trop lourd pour moi.

Cela reste un appareil d’exception, ultra performant, mais je n’avais plus envie de le sortir.

Je double le 6D d’un Canon Eos 100D parce que ce modèle est le plus performant des reflex vraiment compacts de chez Canon. C’est un APC-S et donc je ne peux utiliser que mon 17 – 40 série L avec lui, pour garder à peu près l’équivalent du 24 -70mm ou garder le 18 -55 de base, un peu moins performant.

Comme objectifs, justement, je garde donc le 17 -40 série L f4, le 85mm f1,8 constant, le 70 – 300 f4 – 5,6 ,le 18 – 55 compact et passe partout (mais uniquement avec l’Eos 100D).

En argentique, je garde le Canon Eos 30 et le Mamya 645 Super – qui est un moyen format en 4,5×6

En développement instantané, le Kodak Classic Smile parce que ses photos sont de plus grandes dimensions que le square ou le wide de chez Fuji.

Bien sûr, je garde quelques appareils disons « exotiques », que j’ai envie d’essayer dans l’une ou l’autre discipline, mais ceux-le je vous les présente au fur et à mesure, il ne font pas partie de mon équipement de base.

Il me reste à vous souhaiter aussi de trouver la bonne combinaison d’appareil, ceux qui vous font plaisir et qui correspondent à vos besoins, ou envies.

Mes appareils et leurs accessoires

Pour la photo de rue (évolution septembre 2020)

Hé oui, le propre d’un curieux est de tester quelques appareils tant pour partager ses découvertes – même si mes analyses sont éminemment subjectives – que pour faire évoluer son propre matériel.

Après quelques remises en question, j’ai revu mon matériel, pour toutes les disciplines que j’essaie de couvrir.

Et donc, pour la photo de rue aussi.

Mais avant de vous présenter ce matériel, reprenons peut-être les grandes lignes des besoins communément admis pour cette pratique.

  • l’appareil doit être très portable
  • il doit être rapide à mettre en œuvre et /ou en sortie de vieille
  • il doit être silencieux
  • son autofocus doit être performant, même en basse lumière
  • avec objectifs interchangeables ou fixes mais idéalement avec un grand angle ou un 50mm
  • il doit avoir une bonne autonomie, ou vous êtes prêt à investir dans des batteries

Ça, c’est la théorie … car en pratique, chacun fait comme il en a envie : certains font de la photo de rue avec un réflex, d’autres avec un télémétrique argentique, d’autres avec des compacts argentiques, ou numériques – hybrides ou APS-C, quelques uns photographient au téléobjectif, d’autres avec un 28mm !

Mettons nous d’accord. Le plus important est de connaître votre appareil et de vous sentir bien avec lui. Quelle est votre pratique ? le travail proche du sujet ? Optez pour un grand angle (35 ou 28mm). Vous aimez garder une distance équivalente à la vue humaine ? Travaillez avec un 50mm (ou un 45mm). Vous préférez voir de loin et saisir à la volée . Prenez un téléobjectif (bon, pas un 500mm quand même).

Ensuite, que vous soyez orienté argentique ou numérique, c’est une question de goût personnel, ou de curiosité.

Et donc, personnellement, j’ai fixé mes choix sur :

  • en numérique : un Lumix DMC-GX80, un capteur 4/3 petit, performant, qui tient dans la main, réagit vite et sort de veille sans délai, absolument silencieux, que j’ai équipé d’un Lumix 14 mm f2,5 (soit un équivalent 28 mm en 24×36) pancake (très compact), . Il faut juste penser à acheter au moins une batterie supplémentaire. J’aime bien son viseur télémétrique, dans la tradition de ce type d’appareil car on peut viser avec les deux yeux ouverts si besoin. Si je devais le faire évoluer, je passerais au Lumix GX9. Ses menus sont moins compliqués que chez Sony mais moins simples que chez Canon, pour moi encore et toujours les meilleurs dans ce domaine.
  • en argentique : bon j’avoue, j’hésite encore entre mon Canon QL 17 G III, le Ricoh R1 et le Leica M5

Pourquoi hésiter entre ces trois là ?

Le Ricoh R1 est le plus moderne et est doté d’un autofocus performant. Avec son 30mm ouvert à f1:3,5, il correspond à la distance que j’apprécie. Et surtout, il est tellement fin que je peux le mettre dans n’importe quelle poche, sac, boîte à gants, … partout quoi ! Je pourrais lui reprocher son viseur, situé au milieu de l’appareil, alors que j’aime mieux un viseur décalé vers la gauche de l’appareil (télémétrique), ce qui permet de garder, dans certaines circonstances, les deux yeux ouverts, pour éviter les importuns dans le champ.

Le Canon QL 17 G III, en version noire (la plus rare), c’est une partie d’histoire du télémétrique abordable et performant des années septante. Comme les Yashica Electro 35 GSN, c’est une magnifique machine, un bel objet que l’on aime manipuler. Et solide, car il fonctionne toujours, à plus de quarante ans ! Ensuite, il est doté d’un objectif de légende, un 45mm qui ouvre à f:1,7. A l’époque, il était comparé au f2 du Leica CL, c’est dire. Nous pourrions lui reprocher son objectif fixe, mais comme je l’ai déjà écris par ailleurs, en photo de rue, quand on s’est habitué à une focale, on la change rarement. Elle celle-ci est très proche de la vision humaine. De plus, ce superbe objectif permet sans soucis d’utiliser le principe du zone focus (pré déterminer la distance de mise au point) grâce à son échelle des distances, gravée sur le fut. Il a besoin d’une pile mais peut fonctionner sans. Son mode automatique est sans faille.

Le Leica M5, en version noire, que j’aime bien parce que c’est un Leica avec toutes les qualités de la marque mais que les Leicaistes boudent ! Pourtant, il a beaucoup de qualités : sa cellule, précise; la molette des vitesses qui dépasse un peu du capot et permet de modifier les réglage du bout de l’index, sans quitter le viseur des yeux; le rappel de la vitesse choisie dans le viseur; un viseur et un patch très lisible; un parc optique d’exception, qui permet d’essayer des objectifs d’autres marques (moyennant des bagues d’adaptation parfois) pour éviter les coûts astronomiques de l’enseigne rouge. Par contre, ce qui m’énerve, c’est le chargement par la semelle et sur mon exemplaire, les deux passants de lanière qui ne sont que d’un côté (tenue verticale de l’appareil). Sinon, qualité des images certaines dans quasi toutes les situations.

Voilà … selon l’humeur du moment, j’ai donc toujours dans mon sac le Lumix GX80 et l’un des trois autres avec moi.

Si je dois alimenter rapidement mes sites, j’utilise principalement le Lumix. Si j’ai le temps, j’alterne les prises de vue avec l’un ou l’autre, sachant que pour les argentiques, je devrai déposer le film, attendre le développement et le scan pour pouvoir exploiter les photos.

Si vous avez eu la curiosité d’aller voir la rubrique les Incontournables, vous y avez découvert quelques titres de livres qui parlent de la pratique de la photo de rue. Et je vous encourage à les parcourir si vous hésitez encore dans le choix de votre matériel.

Il me reste à vous souhaiter de bonnes sorties et à prendre beaucoup de plaisir à photographier la vie du dehors …

Argentique

Canon Prima Twin S, les années nonante …

Tout doucement, je vais clôturer le cycle des compacts argentiques.

Mais hier, dimanche, j’ai déniché dans une caisse de vide-grenier, un Canon Prima Twin S (pour l’Europe ou Sure Shot Tele Max pour les Amériques et Autoboy Mini T pour le Japon).

Bon, le pauvre avait souffert : couvert de poussière, il était jeté avec des compacts qui auraient dû rejoindre le cimetière des compacts de zone Z depuis longtemps. Le compartiment à pile s’ouvre tout seul, un ergot de maintient est cassé, mais pas de traces de coulées d’acide; le compartiment à film est tout propre, les mousses sont intactes et toujours en forme. Je marchande pour le principe et je l’emporte.

De retour à la maison, passage à l’alcool à 90°C pour le nettoyer, plus produit d’opticien pour la lentille et le viseur. Il me restait une pile 123 de 3v dans un tiroir, et hop, l’appareil revit !

Quand je vous disais que Canon c’était du costaud ! J’ai mis un bout de gaffer pour tenir la porte du compartiment pile, ça fait baroudeur ! – mais surtout, ça tient …

Mais, que je vous présente l’engin.

Ce Canon Prima Twin S est sorti en septembre 1991. Il est le successeur d’une lignée commencée en 1979 par le Canon AF 35 M (dont je vous ai présenté le grand frère ICI). Cette lignée s’achèvera en 2005 avec le Canon Prima Zoom 90u II Date.

Qu’a t’il de spécial ? Un peu comme le Fuji DL 500 Mini Wide, il propose 2 focales distinctes : un 38mm ouvrant à f1:3,8 et un 70mm ouvrant à f1:6. Donc, pas de focales intermédiaires (38 – 50 – 70 p. ex.) mais un 38mm et un 70mm.

Son autofocus travaille sur une longueur d’onde proche de l’infra-rouge et travaille sur 3 points de référence.

Petit résumé des spécifications :

  • objectifs : permutation entre un 38mm, f/3.5 (3 éléments en 3 groupes) et un 70mm f/6 (6 éléments en 6 groupes).
  • autofocus intelligent à 3 points avec verrouillage de la mise au point préalable. Avertissement en cas de gros plan. Portée de 0,65 m à l’infini.
  • flash: flash automatique avec réduction des yeux rouges, Flash-On, Flash-Off.
  • reconnaissance de la sensibilité du film par codage DX
  • minuterie : délai de 10 secondes, clignote pendant le compte à rebours, et clignote rapidement dans les 2 dernières secondes.
  • corps fin : 125 x 68 x 48.5 mm
  • énergie : 3V CR123A avec contrôle de la batterie
  • durée d’utilisation avec une pile : 15 rouleaux de 24 exposition avec utilisation du flash à 50%

Cet appareil connu un large succès commercial, notamment parce que son optique est très bonne.

Au niveau manipulation, il est très facile à utiliser : vous posez la pellicule, son moteur la charge automatiquement. Vous visez au 38mm et d’un simple glissement d’un curseur en façade, vous passez en 70 mm. En fait, vous entendez et voyez l’optique changer et le … viseur qui s’adapte aux focales choisies.

Je l’ai essayé aujourd’hui et je le trouve agréable à porter et à utiliser. Il me semble que l’autofocus accroche bien et assez vite – j’aurai la confirmation au développement du film – même si j’ai le sentiment qu’il hésite lors de plan rapproché un peu rapide.

Si je le comparais au Fuji 500 DL Mini Wide, c’est aussi parce que ce sont deux appareils de la même époque, et aux mêmes caractéristiques. Inutile de faire ce genre de comparatif avec les autres compacts que je vous ai présenté (voir https://latelierdejp.org/et-les-autres/) parce que nous ne sommes pas dans les mêmes générations et donc les mêmes compétences.

Ce qui est, par contre, intéressant, c’est de « ressentir » l’évolution de ces appareils, pour comprendre où nous en sommes aujourd’hui.

Et lorsque je reviens à des appareils anciens, je vais accepter leurs contraintes et prendre le temps de photographier.

En bon état, il se négocie autour des 50€, que vous ne regretterez pas.

Une petite vidéo pour découvrir l’appareil

Quelques liens pour aller plus loin peut-être : http://camera-wiki.org/wiki/Canon_Sure_Shot/Prima/Autoboy, https://global.canon/en/c-museum/product/film152.html, http://camera-wiki.org/wiki/Canon_Sure_Shot_Tele_Max/Prima_Twin_S/Autoboy_Mini_T_(Tele) en anglais et http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-4850-Canon_Prima%20Twin%20S.html en français

Les moyens formats

Meopta Flexaret V

Vous me connaissez, je n’aime pas les marques rebattues au prétexte qu’il n’y aurait qu’elles qui soient de qualité.

Vous avez pu ainsi découvrir quelques alternatives très intéressantes au sempiternel Olympus Mju et si vous fouinez un peu sur le site, vous découvrirez les présentations et essais de ces appareils (allez voir dans argentique –> et les autres ?).

Tout comme je m’étais attaqué au mythe Leica en vous proposant un comparatif, très subjectif, des télémétriques. Là encore, vous pourrez découvrir les essais des uns et des autres dans la rubrique des télémétriques.

Et, en son temps, j’avais déjà égratigné le célébrissime Rolleiflex dans la rubrique des moyens formats lorsque je vous présentais un Lubitel 2, les Yashica C et D.

Alors aujourd’hui, je vous présente un appareil venu de l’Est, le Meopta Flexaret V.

Personnellement, je le trouve très beau, mais commençons par le début.

Cet appareil date de 1958 et ce modèle fut fabriqué jusqu’en 1961.. Il est équipé d’un objectif de 80 mm et d’une ouverture de f3.5. En gros, cet appareil est le jumeau tchèque du Rolleicord Va, mais en plus joli (avis tout subjectif).

Le Flexaret comprend une famille de TLR (pour mémoire, Twin Lens Reflex soit réflex avec deux objectifs) fabriqués par Optikotechna (qui fera plus tard partie de Meopta) pour les films en rouleaux de moyen format (120), fabriqués dans la Tchécoslovaquie de l’époque, entre les années 30 et 70. Meopta a développé ses propres lentilles, le Mirar dont le modèle Mirar II est très proche du Tessar avec ses 4 éléments en 3 groupes.

Au moins huit modèles du Flexaret ont été construit, des années trente aux années septante.

Le modèle V que je vous présente est – qui l’eut cru – une évolution du modèle précédant, à savoir le Flexaret IV. Dès ce numéro, le Mirar devient un Belar (mais on garde la qualité du Tessar d’inspiration). L’ouverture maximale de ces objectifs est de f/3,5, et on les trouve généralement avec des obturateurs Metax, plus rarement avec des Prontor-SVS et une vitesse maximale de 1/400.

Ces optiques ne déméritent pas par rapport à la concurrence.

Et donc, le modèle V est essentiellement une refonte du modèle IV, avec des changements surtout cosmétiques dans la partie avant et dans le bouton de mise au point. Fabriqué dans les dernières années 1950, on le trouve généralement avec une lentille 80/3,5 Belar sur Metax (communément) ou Prontor-SVS (moins communément). L’évolution, le Flexaret Va, est assez semblable à son prédécesseur dans le sens où elle permet d’utiliser des films 35 mm, moyennant un adaptateur.

Mais la particularité du Flexaret V c’est le réglage des distances, qui se fait en actionnant dans un sens ou dans l’autre, les deux boutons en dessous de l’objectif. Ils sont montés comme sur un compas avec – seconde particularité – la possibilité d’utiliser ce compas comme mise au point d’un zone focus (table de profondeur de champ). Je vous invite à parcourir la vidéo que je vous ai trouvée ici en dessous pour voir comment ça fonctionne. L’oscillation des deux bras fait en fait avancer ou reculer tout le bloc optique.

Chez d’autres constructeurs, c’est la rotation d’un bouton qui assure le même principe. Et chacun de ces principes à ses défenseurs et ses détracteurs. En gros, il faut l’essayer soi-même pour se rendre compte et adopter, ou pas, le système du Flexaret.

Personnellement, ce que je trouve intéressant, c’est que l’on peut le manipuler avec les deux index en tenant fermement l’appareil au creux des mains, alors qu’avec un bouton, une seule main assure le maintien, l’autre assurant la rotation dudit bouton de réglage.

C’est évidemment un appareil à manipuler en prenant son temps, comme vous le feriez avec un Minolta Autocord, un Yashica D, un Rolleiflex, par exemple.

Vous le savez, j’ai toujours un soucis avec ce type d’appareil car j’éprouve les pires difficultés à remettre l’image dans le « bon sens » – l’image sur le dépoli est inversée. Dépoli bien clair, au demeurant. Mais je vais l’essayer, pour le plaisir de manipuler un bel objet, qui sort un peu de l’ordinaire (je vais me faire incendier par les aficionados du Rolleiflex !).

Je vous ai trouvé une petite vidéo parlant de cet appareil (en anglais) – en fait, c’est le modèle du dessus mais les principes restent les mêmes.

Quelques liens intéressants pour cet appareil : http://www.jnoir.eu/en/cameras/meopta/flexaret/ , https://en.wikipedia.org/wiki/Flexaret, https://www.beauphoto.com/camera-speed-dating-meopta-flexaret-v/ et http://www.tlr-cameras.com/Czech/ en anglais, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-12524-Meopta_Flexaret%20V.html, http://ebgy.free.fr/photo/flexaret.htm en français

Argentique

Encore un pionnier qui a pris quelques rides : le Fujica DL 100 autofocus

Cet appareil est apparu en 1982. Même si le boîtier a été conçu par le designer industriel italien Mario Bellini, ce qui était un must à l’époque, il est cependant daté aujourd’hui.

Comme ses compagnons, tels que le Canon AF35M, il est équipé d’un objectif 38 mm f/2,8, d’un moteur d’avance automatique du film, d’un flash et fonctionne avec des piles AA courantes.

Il a été un des premiers modèles Fujica à utiliser le système de chargement « drop in loading » (DL) pour faciliter le chargement du film – la porte arrière s’ouvre seulement suffisamment pour permettre de déposer une cassette de film 35 mm, qui s’enroule automatiquement. Il est intéressant de noter que la porte arrière est équipée d’un coupe-film intégré qui permet de couper l’amorce si elle dépasse du corps lorsque la porte est fermée.

Canon avait inventé le QL pour « Quick loading » mais il fallait poser la bobine et tirer le bout de film jusqu’à une marque orange, puis armer une ou deux fois après avoir fermé le dos de l’appareil. Ici, tout est automatisé.

Un interrupteur, sur le dessus de l’appareil, verrouille le déclencheur pour éviter de le déclencher accidentellement.

Le viseur indique la zone de mise au point à l’aide de trois icônes : une tête (1m ), deux personnes (3m – 6m) et une montagne (infini).

Contrairement au modèle de Canon, la zone de mise au point est indiquée lors de la pré-mise au point, et non pas lorsqu’on a déclenché. Une lumière dans le viseur avertit si la vitesse d’obturation est faible. Si elle est trop faible, il vous faut sortir le flash manuellement.

Comme l’appareil photo est antérieur au système DX, il utilise à la place l’ancien système d’identification de la vitesse des films Fuji uniquement.

A défaut, il considère qu’il y a un film de 100 Iso.

Les données techniques :

  • point and shoot avec autofocus
  • objectif 38 mm à f1:2,8 en 4 éléments en 4 groupes, avec filtre UV intégré
  • distance minimale de mise au point : 90 cm
  • vitesses d’obturation : de 1/8s à /500s, obturateur Seiko
  • cellule : Cds
  • possibilité de pré-focus par pression à mi course sur le déclencheur
  • flash : flash à déclenchement manuel
  • vitesse des films de 50 à 400 Iso, à défaut d’identification, l’appareil travaille sur un 100 Iso
  • énergie : two AA batteries
  • dimensions : 12,95 x 7,95 x 5,8 cm
  • poids : 445 g

En mains, il est assez imposant, plus que le Canon AF 35 M. La tenue en mains est bonne même si je trouve que le dégagement entre la poignée et l’objectif est un peu court. Le viseur est clair, avec les marques du cadre et une petite correction de parallaxe pour les prises de vue rapprochées (min 90 cm).. Étonnamment, il semble qu’il faille charger un film pour pouvoir tester l’appareil car lorsque j’appuie sur le déclencheur, le moteur d’avance du film se met en route.

En tout cas, je pense avoir fait un peu le tour des appareils autofocus de cette époque. D’aucun me dirait qu’il manque le Nikon, mais au vu des prix pratiqués pour celui-ci, je passe.

Ceci étant, si vous en croissez un, essayez le, ça vous fera un bout d’histoire à tester.

Tout complet et en bon état, il se négocie autour des 50€. Un bon investissement.

Les liens de référence, comme d’habitude : http://camera-wiki.org/wiki/Fujica_DL-100, https://urbanadventureleague.wordpress.com/tag/fujica-dl100/ en anglais et http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-3361-Fujica_DL-100.html en français.

Argentique

Le premier appareil compact autofocus : le Konica C35 AF

Présenté en novembre 1977, le Konica C5 AF est le premier appareil au monde qui proposait un système d’autofocus.

De fait, Konica prit tout le monde de vitesse et surtout Minolta, qui travaillait d’arrache-pied sur ce projet.

Et la marque proposait une démarche originale, le système Visitronic.

Je me permets de vous renvoyer sur le site de Sylvain Halgand, qui est toujours une mine d’or, en français de surcroit pour les détails du fonctionnement de cet autofocus, mais si je résume, en gros, le système AF Visitronic de Honeywell fonctionne essentiellement comme un télémètre automatique travaillant sur de la triangulation entre deux points de références, captés dans les 2 fenêtres de part et d’autre de l’objectif et non sur la différence de contraste entre les 2 fenêtres de détection

« Conçu par Honeywell pour les caméras 35 mm (lumière visible), il utilise un ensemble distinct de détecteurs et de dispositifs à couplage de charge ainsi qu’un microprocesseur pour effectuer la mise au point automatique. Une corrélation est effectuée entre les ensembles de détecteurs en utilisant deux petites zones différentes et largement séparées de l’ouverture. La technique est basée, comme dans les télémètres optiques, sur la différence angulaire entre des récepteurs séparés en superposant la même scène. Cette technique détermine efficacement non seulement si le système est hors foyer, mais aussi la quantité et la direction du mouvement de l’objectif nécessaire pour obtenir une mise au point optimale », source « Electronic Focus for Cameras », by N. Stauffer and D. Wilwerding March, Scientific Honeyweller, Volume 3, No. 1 March 1982 cité par Camerapedia (voir lien ci-dessous) »

Si je résume, arriver à cet exploit dans les années septante était une gageure, relevé de mains de maître par Konica

« Les éléments relatifs à l’exposition sont gérés par un système de comptage CdS. L’appareil est équipé d’un objectif rapide à 4 éléments de f/2,8 et dispose d’une plage de vitesse d’obturation plus large que le C35 EF, mais il s’agit d’un système entièrement automatisé, sans autre contrôle de l’utilisateur que l’activation du flash déclenché manuellement. Une seule LED dans le viseur vous avertit en cas de faible luminosité et il n’y a pas de relevés de compteur pour vous donner une idée de l’exposition. Le viseur comporte des lignes de cadrage et des marques d’erreur de parallaxe. La possibilité d’utiliser des filtres traditionnels et l’inclusion d’un point de câble sont typiques pour l’époque mais inhabituelles dans les compacts AF ultérieurs. Source https://austerityphoto.co.uk/konica-c35-af-1st-roll-impression/« 

Quelques données techniques :

  • Objectif : Hexanon 38mm, 4 éléments en 3 groupes
  • Autofocus : Passive AF
  • Indications : Témoin de sous-exposition, marque de correction de la parallaxe, carré de mesure de la mise au point
  • Distance focale : 1.1m to ∞
  • Mesure de la cellule : CdS
  • Exposition : Auto
  • Ouverture : f/2.8- 22
  • Obturateur : 1/60, 1/125 & 1/250
  • Batteries : 2xAA
  • Flash :  GN14 (m)

Impossible donc de faire un pré-focus ou de verrouiller l’autofocus sur un point particulier.

Mais nous sommes bien en présence du premier appareil capable de faire la mise au point automatiquement, sans aucune intervention humaine, sauf celle de pointer l’appareil vers un objet à photographier.

Les autres constructeurs n’ont pas retenu cette formule, complexe pour être efficace. Ils ont choisi un système d’AF actif, à l’instar du Canon AF 35 M, sorti 18 mois plus tard. Ils utilisent essentiellement un principe similaire à celui du radar ou du sonar. Un faisceau de lumière généralement infrarouge ou d’ultrasons est émis par l’appareil photo et le temps qu’il faut pour qu’ils rebondissent est utilisé pour déterminer la mise au point.

Je vous avoue que je suis très content de mon exemplaire, particulièrement complet avec sa gaine d’origine, sa plaquette de protection des fenêtres de visée et de l’objectif. Il est parfaitement fonctionnel, malgré les années.

Dans l’état exceptionnel de cet exemplaire, il se négocie autour des 70€. L’histoire a un (petit) prix !

Quelques liens de référence : https://camerapedia.fandom.com/wiki/Konica_C35_AF, https://www.lomography.com/magazine/246407-lomopedia-konica-c35-af, https://austerityphoto.co.uk/konica-c35-af-1st-roll-impression/ en anglais et http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1519-Konica_C35%20AF.html en français

Le Zinc du photographe

Il fait chaud (suite) …

Après avoir parcouru les désagréments de la chaleur pour les films et appareils argentiques, venons en aux appareils numériques.

Commençons par la mise en garde que j’ai faite au sujet des objectifs, non protégés par un bouchon, que l’on laisse tourné vers le soleil. Ici vous ne brulerez pas un rideau toilé, mais vous abîmerez votre capteur car la concentration de chaleur sur celui-ci est néfaste.

Et cela peut avoir des conséquences indirectes sur vos photos. En effet, lorsqu’un capteur chauffe, il y a production d’un « bruit numérique », qui affectera vos photos. S’il est déjà « bien chaud » d’avoir été exposé au soleil, la production de bruit sera plus rapide et sensible.

Vos batteries, même si elles préfèrent le chaud au froid, n’apprécient pas le « trop chaud » qui les font gonfler un peu. Le risque – surtout si ce ne sont pas des batteries d’origine, testées et re testées (en principe) – c’est qu’elles se bloquent dans votre appareil. Et les retirer de leur compartiment s’apparente alors à un casse tête chinois. J’ai déjà vu des boitiers fêlés d’un coup de tournevis rageur autant que maladroit !

Le conseil sera ici aussi de ne pas laisser vos accus de rechange dans la voiture surchauffée, mais plutôt à l’abri dans votre sac.

Les conseils contre la poussière, induite par la sécheresse due à la chaleur, et le sable, si vous êtes à la plage, restent les mêmes : ayez un carré de microfibre avec vous pour essuyer rapidement l’appareil et les objectifs et emportez aussi une soufflette avec idéalement un petit pinceau pour éviter les catastrophes.

Des poussières sur un capteur ne sont pas à prendre à la légère et il faut souvent confier l’appareil à un service après vente pour l’opération, de peur de le rayer, fragile.

Même s’il y a moins de pièces mécaniques en mouvement dans un appareil photo numérique (APN), les objectifs sont toujours sensibles à ces poussières. Ne les changez qu’à l’abri de celles-ci et du sable. Combien de compact n’ont ils pas fini à la poubelle, leur objectif étant resté bloqué à cause de poussière ou de grains de sable vicieux.

En cas d’orage, là encore, un carré de microfibre pour éviter ensuite la condensation qui pourrait se former sur et dans l’appareil. Bien souvent, la condensation est pire que la pluie car elle s’immisce partout et corrompt les contacts fragiles de l’électronique omniprésente dans un APN.

Vos cartes mémoires n’aiment pas non plus trop de chaleur et surtout d’être manipulées dans des endroits plein de poussières ou de sable.

Autre désagrément auquel on ne pense pas toujours : les colles ! Mine de rien, il y en a partout, notamment pour faire tenir les repose-pouces, les revêtements caoutchoutés, les logos, etc… trop exposées à la chaleur, elles ont tendances à se liquéfier et à ne plus remplir leur office. J’ai ainsi dû recoller plusieurs fois le petit coin de caoutchouc qui faisait office de repose pouce de mon OM-D 10 et du Fuji X20.

Si vous devez remiser un appareil pour un bon moment, retirez la batterie, essuyez bien le tout avec un chiffon sec, mettez des sachets de dessicant autour et ne l’enfermez pas dans un placard exposé à des grosses chaleurs.

Ce sont là des petits conseils de bon sens, auxquels vous avez déjà souscrit, mais un petit rappel fait parfois du bien.

Ceci dit, profitez bien de ce sursaut de l’été et faites de belle photos.

Le Zinc du photographe

Il fait chaud …

C’est vrai que j’avais commis deux articles « météo » : sur l’hiver et la pluie.

Mais il ne faut pas oublier la chaleur, qui ne fait pas toujours bon ménage avec nos appareils.

Oui, je sais, nous sommes en septembre, mais là, Monsieur Météo nous annonce 35°C en Belgique ce 15 septembre 2020 !

Donc, parler de chaleur reste de circonstance …

Je vais diviser cet article en deux parties, selon que nous travaillons en argentique ou en numérique car les soucis ne sont pas tout à fait les mêmes.

En argentique, les pellicules n’aiment pas les grandes variations de température, qui dégradent la solution argentique (l’émulsion d’halogénures d’argent) fixée sur le support.

Si vous vous souvenez de la structure d’un film, il est composé de plusieurs « strates » :

Celles-ci ont tendance à « se fondre » les unes aux autres lorsque la température est très élevée, ce qui va profondément modifier le rendu de vos photos par la suite.

N’oubliez pas que dans une voiture, les températures, par grand soleil, peuvent atteindre, voire dépasser les 50°C.

Essayez donc de garder le plus possible vos films au frais, dans un frigo, dans leur emballage d’origine (évitez d’ouvrir les petits containers en plastique si ce n’est pas nécessaire). Et si vous devez prendre quelques rouleaux avec vous lors d’une sortie, faites une petite place dans la glacière, près des packs glaçons.

Autre chose, ne laissez jamais un appareil avec l’objectif, sans bouchon, tourné vers le soleil ! Je vois ça régulièrement lors de brocantes et je remets systématique les appareils à plat car dites vous bien qu’un objectif, c’est avant tout un jeu de lentilles qui fonctionnent comme des loupes.

Mettez une loupe au dessus d’une feuille de papier en plein soleil quelques secondes et … ça brûle ! Le résultat sera le même sur le rideau, souvent une toile caoutchoutée de surcroit …. bonjour les « p’tits trous » comme le chantait Serge Gainsbourg.

Ce qui m’amène à vous conseiller de toujours vérifier les rideaux lorsque vous achetez un vieil appareil chez un vide grenier ou sur une brocante (dos ouvert, en regardant à travers le rideau vers l’objectif : vous ne devez pas apercevoir la moindre lumière sinon c’est fichu).

« Après le beau temps, la pluie » dit le diction, et comme il aura fait très chaud, ce pourrait être un orage. La différence thermique pourrait créer de la condensation dans l’appareil si vous êtes pris dans la pluie et puis dans un endroit à l’abri (chaud – froid – chaud). Toujours bien essuyer toutes les parties de l’appareil et l’objectif. Surtout ne jamais remettre l’ensemble, humide, dans un sac qui sera remisé pour un long moment, c’est le moyen le plus sûr pour cultiver des champignons, tant dans la mécanique que dans les lentilles et ceux-là ne sont pas bons du tout !

De toute manière, quand vous remisez un appareil pour un long moment, c’est sans les piles et entouré de petits sachets de dessicant., dans un endroit sec et à l’abri de la la chaleur et le poussière.

La chaleur parce que les appareils argentiques sont de merveilleux mouvements d’horlogerie (enfin la plupart), dans lesquels il y a un peu d’huile voire de graisses spéciales, qui vont se dégrader à la chaleur si celle-ci est intense (grenier p. ex.) et l’exposition à celle-ci longue.

Enfin qui dit chaleur peut aussi dire sable chaud, endroit sec … et poussières !

Ces petits grains de silice ou de poussières quelconques sont des instruments de torture pour votre boitier et les objectifs. Veuillez toujours à les en protéger autant que faire se peut : essuyez les avec un carré de microfibres, essayez d’éviter de changer d’objectif dans le sable ou dans le vent chargé de poussières. Et glissez dans votre sac une petite soufflette, idéalement munie d’un petit pinceau pour traquer ces intrus qui risquent de causer de gros dégâts dans ces mécaniques de précision.

En résumé :

  • les pellicules au frigo ou dans le frigo box près des glaçons
  • n’emportez que la quantité de films nécessaires à la sortie, le stock reste au frais
  • jamais un objectif tourné vers le soleil sans bouchon
  • jamais de stockage longue durée dans un lieu chaud (grenier p. ex.)
  • toujours avoir un carré de microfibres pour essuyer les traces de pluie
  • toujours avoir un carré de microfibres pour essuyer les traces de poussières
  • emporter une soufflette avec pinceau (idéalement)

Voilà, il me reste à vous souhaiter de bien profiter de cet « été indien » et à faire de belles photos

Le Zinc du photographe

J’ai construit mon premier appareil photo … en kit !

Parfois, on trouve des choses étonnantes sur la grande Toile … pour moi, ce fut un appareil photo à monter soi-même.

C’est la firme Haynes (UK même si fabriqué en Chine) qui est à l’origine de cet objet.

Honnêtement, je m’attendais à des formes en plastique cheap, aux tailles approximatives et au montage … aléatoire !

Hé bien non (mauvais langue va !). L’emballage est sobre, très léger mais très complet. Un plateau contient toutes les pièces, un éclaté de celles-ci et un mode d’emploi, hélas, en seul anglais (mais bon, y a les images).

A première vue, toutes les parties en plastique sont très bien coupées, sans bavures, dans une matière ferme.

Petit coup d’œil à l’éclaté et au mode d’emploi … tout est bien là et il y a même un petit tournevis pour l’assemblage.

Relevons le défi : je vais tout monter avec les seuls éléments qui sont dans la boîte … heu, avec toutefois mes lunettes, une tasse de thé et mon chrono.

Force est de constater que tout s’assemble sans le moindre jeu, les explications sont jusque là faciles à suivre, même sans connaître l’anglais, il suffit de bien regarder les images, notamment pour trouver le sens de certains éléments.

Ah, j’arrive sans doute à la partie délicate, l’obturateur (shutter). D’abord, faire très attention car il y a 3 petits ressorts et ce n’est pas le moment d’en perdre un seul.

Ici, je vous avoue que j’ai un peu galéré car les photos n’étaient pas très nettes et les explications difficiles à traduire mais ici encore, sans forcer sur aucune vis et en prenant le temps de bien regarder un ensemble d’images, j’ai pu monter l’obturateur et le faire fonctionner.

Rien de bien compliqué au demeurant, il fallait surtout faire attention à la séquence du montage et comprendre les enchainements du mouvement des différentes pièces. Ceci étant, cet obturateur est d’une simplicité biblique : on appuie sur le déclencheur et le jeu des ressorts fait s’ouvrir et se fermer une petite pièce. Malheureusement – et j’ai bien regardé partout – pas d’indication de vitesse. Ce sera donc « au pif ».

Les côtés avancent bien aussi, y compris les rouages pour l’entrainement du film et le compteur (si, si, il y en a un, rudimentaire mais bien là !).

Tout s’enchaine assez facilement en fait, même s’il faut rester attentif. Surtout ne pas forcer et ne jamais serrer les vis trop fort (tout est en plastique, ne rien casser est une condition absolue pour arriver au bout).

Résumons : le bobinage, le compteur, l’obturateur et la chambre sont montés. Au tour du dos de l’appareil, de la fenêtre de visée, de l’entrainement de la bobine de film, de la cage autour de la fenêtre de visée et les objectifs …

Ah, ici, un petit bug : il semble qu’une étape soit omise, celle qui consiste à glisser la partie qui porte le miroir de renvoi. On vous explique bien comment le coller, mais pas comment glisser la pièce réceptrice à sa place.

Mais encore une fois, un peu de concentration et je trouve vite la solution. Le miroir est installé et je vais poser le dépoli. Ici encore, il faut faire très attention à ne pas abîmer cette petite pièce en plastique un peu souple, sous peine de ruiner tous vos efforts.

Décidément, tout est parfaitement bien coupé et s’ajuste exactement. Il y a de petites astuces, comme ces encoches pour permettre au tournevis de passer pour atteindre des vis un peu « mal mises ». C’est vraiment bien pensé.

Les optiques sont en plastique aussi, mais bien épaisses et très claires. Le montage est astucieux mais il requiert un minimum de patience pour que les 2 objectifs se mettent en place à la même hauteur.

Et voilà, après une heure trente de travail, l’appareil est terminé !

Bien évidemment, c’est un TLR (twin lens reflex) réduit à sa plus simple expression, mais sa construction permet de comprendre des principes qui d’habitude sont cachés dans les appareils que nos connaissons. L’assemblage permet de se rendre compte de « comment ça marche ».

Ici, pas de bobine de 120 mais bien un film en 135. C’est plus facile mais cela réduit d’autant la vision dans le viseur, étriqué et pas très clair (ce qui est souvent le cas avec les TLR, comme le Lubitel 2 ou certains vieux boitiers).

La mise au point, en tournant le seul objectif du haut, qui assujetti celui du bas (qui est la lentille) est hasardeuse et je distingue difficilement ce que je veux photographier. Et comme il n’y a aucune indication de quoique ce soit, seul le hasard nous guidera …

En résumé, une expérience amusante, à réserver pour les jours de pluie. Le kit est bien complet mais faites attention à ne pas perdre les vis (il y en a 2 de plus seulement). Tout s’emboite parfaitement et se consolide avec des vis. Ne jamais forcer en visant, de peur de casser les pièces femelles. Hormis le petit bug signalé, par de difficultés pour la construction de l’appareil.

Au niveau des regrets, il est impossible de savoir la vitesse de l’obturateur, ni de connaître la focale de la lentille et l’ouverture. Il faudra avancer « dans le noir », ce qui est un comble pour un photographe !

Encore une chose, le montage est à réserver à des adolescents au moins, il y a beaucoup de petites pièces, fragiles et il faut pouvoir se concentrer un minimum. L’aide d’un adulte peut être nécessaire, notamment pour traduire certains éléments de texte.

Comme j’ai encore un film périmé à essayer, je vais l’installer et nous découvrirons ce que vaut ce TLR. Donc, la suite à très bientôt.