Et si nous parlions (un peu) technique ?

Olivier a encore fait des miracles, cette fois sur un Minolta XG2

Olivier nous a fait l’amitié, comme les années précédentes, de venir nous faire une visite sympathique sur le stand lors de la 10ème Foire photo de Villers-Bretonneux.

Du coin de l’œil, je l’ai vu fureter à la recherche d’un objectif à réparer, d’un beau réflex ou de quelques cailloux à ajouter à son petit parc. Car notre ami compte aussi sa future belle-fille au rang des photographes qui aiment piocher dans ses réserves quant le besoin s’en fait sentir.

Quand j’ai enfin pu lui parler plus de 5 minutes sans être interrompu par un amateur arrêté sur le stand, je lui ai remis un objectif et deux appareils qui allaient avoir besoin de ses doigts agiles et de ses compétences : un zoom Sigma qui était tombé de haut, un Fujica AX-3 qui a décidé de ne plus donner signe de vie il y a un (long) moment déjà et un Minolta XG-2 dans le même état.

Vous dirais-je que j’ai vu ses yeux briller ?

Le soir même il me livrait déjà ses diagnostiques : l’AX-3 était en mort clinique assurée, un imprudent lui ayant déjà ouvert les entrailles et avait eu l’idée saugrenue de modifier la carte électronique ; il réservait son diagnostique pour le zoom car il semblait bien touché tant à l’avant qu’à l’arrière ; enfin, le Minolta XG-2 avait toutes les chances de revenir au pays des photographes.

De fait, ce pauvre hère était bloqué parce qu’un maladroit avait eu l’idée absurde de lui imposer un objectif tiers avec une bague Adaptal non … adaptée, qui avait ainsi bloqué le mécanisme de sélection et l’électronique.

Un retrait judicieux de la mauvaise bague et l’ajout de celle prévue pour Minolta avec un bon objectif réanime le Minolta, enfin libéré. Il est sauvé, ouf !

Mais tant qu’à redonner vie à l’engin, autant le faire bien : les mousses du miroir et internes sont changées afin d’assurer une parfaite étanchéité à la lumière et, comme le revêtement donnait des signes de fatigue, un beau vrai cuir vient lui servir de costume chic.

Là, je ne résiste pas au plaisir de vous le présenter dans ses nouveaux habits :

Franchement, il est magnifique comme ça et finalement unique.

Bravo Olivier, c’est du très beau travail.

C’est agréable de voir un passionné passionnant apporter autant de soin à un sauvetage et de savoir que ce bel appareil est reparti pour un (bon) tour.

Brèves de photographe

Le photographe se cache t’il toujours derrière son appareil ?

Parfois, pas toujours en fait … et si cela dépendait de l’appareil ?

Car, réellement, c’est plus facile de se cacher derrière un réflex que derrière un télémétrique, non ?

Mais pourquoi se cacher ?

Le photographe est simplement celui qui arrête le temps pour le donner à voir. Un petit moment figé par l’appui d’un doigt sur un déclencheur. Après réflexion, ou à l’instinct, cadré, mûrement réfléchi ou totalement improvisé, composé dans les moindres détails ou résultat hasardeux de techniques improbables, … la liste est longue des raisons pour lesquels ce doigt a enfoncé le déclencheur.

Et là, nous rejoignons l’acceptation du mot voyeur (tel que défini par le Littré) : Celui, celle qui regarde, qui assiste à… comme curieux, curieuse.

J’ajouterai une phrase de Joël Meyerowitz Lorsque vous tenez un appareil photo, vous disposez d’un permis de voir.

Ou celle de Sabine Weiss : Je photographie pour conserver l’éphémère, fixer le hasard, garder en image ce qui va disparaître : gestes, attitudes, objets qui sont des témoignages de notre passage. L’appareil les ramasse, les fige au moment même où ils disparaissent.

Faut il toujours tout expliquer ? Laissons aussi à celui qui regarde sa part d’interprétation, sa magie, son envie du moment donné à voir.

Un photographe tenant un appareil photo Mamiya 645, se tenant devant un arrière-plan de feuillage verdoyant.
Un photographe prenant une photo en plein air, tenant un appareil photo Canon, entouré de verdure.
Un photographe tenant un appareil photo devant des feuillages verts.
Un photographe souriant tient un appareil photo devant lui, dans un jardin verdoyant, entouré de feuillages.
Un photographe utilisant un appareil photo au milieu d'un jardin verdoyant, capturant un moment.
Le Zinc du photographe

Des liens inspirants

Ce site est une vitrine, une envie de raconter, de partager, d’échanger, de susciter peut-être chez d’autres les mêmes réactions.

Il est le résultat d’errances sur la toile, à la recherche d’informations, de conseils, d’idées, de trucs et astuces tant pour ma pratique photographique, que pour la réparation, l’entretien des appareils, le conseil d’un accessoire, la découverte d’un boitier particulier, la recherche d’un mode d’emploi introuvable, …

Il me semble honnête de renvoyer mes visiteurs sur ces sites qui m’ont, souvent sans le savoir, si bien aidé et qui pourraient, sans doute, répondre à leurs propres questionnements.

Et puis il y a les rencontres, avec d’autres passionnés, parfois aux univers totalement différents des miens, mais c’est là la richesse de l’échange.

Les sites inspirants – ce sont les sites d’autres photographes, d’autres passionnés, d’autres curieux de la chose photographique. On y découvre des perles, des idées, des envies … que j’ai choisi de partager avec vous.

http://www.photographiesannelemaire.be/fr/accueil.html – une amie à l’univers bien personnel, engagée, qui mérite le détour et la découverte.

https://www.flickr.com/photos/misterbluee66/albums – le site de Benoît, avec lequel j’ai partagé des balades photographiques. Un univers à lui tout seul. A découvrir.

https://www.flickr.com/photos/cecileb/ – une jeune femme passionnante, qui expérimente sans cesse, à l’univers très particulier. A découvrir

indiefotog.com/ le site d’un photographe de Montreal, que j’apprécie particulièrement pour ses photos de rue et son utilisation du NB. A découvrir aussi pour voyager.

https://erre-photographiste.com/ le site de Caroline, un univers tout particulier, que j’ai découvert sur Framasphère, le défunt réseau social qui vous respectait. Une photographe française à découvrir.

Stéphane Lessieux, un photographe humaniste que j’ai découvert il y a peu. Nous avons des points communs et j’aime beaucoup sa démarche, ses univers, son approche éminemment respectueuse des autres. A découvrir sans modération.

Carlos Rosales Gross, sur 500px. Une belle rencontre grâce à un vieil Zeiss Ikon 531/2. Un bel univers à partager et découvrir, c’est un esthète.

Christophe Dubois, sur Flickr, un très beau site avec un univers qui me plait beaucoup. A découvrir, pour le plaisir.

Koen Jacobs, sur Flickr, dont j’aime beaucoup l’univers Street et sa maitrise du N/B, magnifique. A aller voir avec délectation.

https://filimages.com/, le très beau site de Phil, un curieux de tout et qui excelle dans chaque genre. A découvrir pour le plaisir de baguenauder dans ses univers.

https://www.blogenstock.eu/photos/ le site de Philippe C, qui aime aussi à partager sa passion de la photo. A découvrir, pour le plaisir d’un univers différent.

samueldelcroix.be, et samueldelcroix.com, les autres sites de Samuel, plus personnels et inspirants. Des univers envoutants.

http://www.daniel-landau.be/index.html, le site d’un passionné qui partage ses connaissances dans un studio à Mons, le Studio D 136. A découvrir, pour le plaisir des éclairages léchès.

http://kalifoto.be/, un très beau site, des photos magnifiques, que j’ai découvert il y a peu et qui mérite votre visite. Pour le plaisir.

https://www.jordikoalitic.com/et plus précisément https://www.jordikoalitic.com/photographic-style/ et https://www.instagram.com/jordi.koalitic/, bon, le troisième est un compte Instagram mais d’abord les lieux d’expression d’un photographe aux milles idées originales, à découvrir et dont on peut s’inspirer pour sortir du train-train … Une fois n’est pas coutume, je vous mets aussi un lien vers son Youtube pour découvrir en images ses idées, qu’il partage : https://www.youtube.com/channel/UC-Md_S_A6VcSJiAhStZCKbw

https://www.flickr.com/photos/thomasleuthard/ – un maître contemporain de la photo de rue, un regard, des avis tranchés

https://www.flickr.com/photos/andytrax/ – un univers que j’aime partager

https://pablocorralvega.photoshelter.com/index – un coup de cœur, que j’ai envie de partager. Des images magnifiques, des couleurs !

https://www.lomography.fr/homes/astonuts – le site de Christian, un amateur qui ose tester des tas de pellicules, des appareils étranges et de vieux boitiers. Comme il le dit lui-même « Vous n’y trouverez pas que de belles photos car je poste tous les essais que je fais avec des toy cameras ou des pellicules périmées … ». Mais il y a de très belles photos, à découvrir.

Les sites écoles – ce sont les sites qui regorgent de conseils, de tutoriels utiles pour la pratique photographique, des sites qui partagent leur passion de la photo (bons, certains ont une partie payante, si vous voulez les suivre tout à fait, mais ce n’est pas obligatoire).

Soyons « chauvin », il y en a un que j’apprécie tout particulièrement (c’est un ami) et donc je le mets en premier (mais les autres ne m’en voudront pas)

Studio argentique, le site de Frédéric Laurent, photographe pro des Hauts de France (le Nord) qui n’est jamais avare de conseils, notamment en argentique et qui anime un blog très sympa.Il organise des cours de photo, très accessibles.

https://bullephoto.com/, le site de Frédérique M qui aime à partager ses découvertes photographiques. A découvrir, pour ses contenus et pour sa fraîcheur aussi.

https://www.studio-d136.com/, un studio pas comme les autres, qui offre des formations de qualité, aussi en cours du soir. A découvrir et c’est en Belgique (Mons). Ici c’est le réel d’un studio qui prime pour la formation, du contact, des conseils en direct.

http://lejournaldunprofesseurdephotographie.wordpress.com/ – le site de Samuel, un prof qui partage sa passion avec ses élèves. Un site très intéressant à découvrir.

https://phototrend.fr – le site de Damien, avec des tas d’infos utiles ou futiles mais toutes pratiques. Personnellement, outre les conseils, j’adore les rubriques « dans le sac de » et « le dessous des images » (rubrique culture). Idéal pour découvrir les nouveautés et leurs tests.

https://les-guides-fujifilm.com/ et la chaine video https://www.youtube.com/channel/UCF6nbjxWxcPPATDzhJ3bhBA – si vous cherchez des infos utiles pour l’utilisation et les réglages de vos Fuji et Sony. Damien est incollable sur les sujets qu’il présente.

https://www.fabienbeilhe.com/ – le site de Fabien Beilhe, photographe professionnel. Vous y découvrirez ses portfolios, tutoriels, stages et vous pourrez découvrir tout un univers autour de la photo nature. Et le garçon n’est pas avare dans ses conseils.

https://www.studio-photo-numerique.com/ – du payant, du gratuit mais des infos pratiques et utiles, avec en prime quelques e-book gratuits. Un site sympa à découvrir certainement.

https://www.vivrelaphoto.com/ – un site riche d’enseignements

https://www.danstacuve.org/, un site assez proche de l’esprit de latelierdejp, avec des tests de vieux appareils, et plein de conseils utiles. A découvrir.

https://apprendre-la-photo.fr/ – des cours sont payants mais beaucoup d’infos sont gratuites et c’est assez amusant

https://laurentdufour.eu/blog/argentique/la-regle-du-f16/ la règle du F/16 … c’est quoi ça ? Vous allez le découvrir ici et encore là : http://pirate-photo.fr/pages/viewpage.php?f=51&t=66. Vous verrez, c’est pratique.

c’est un site un peu atypique, comme celui de la fillerenne, qui donne beaucoup d’infos et, surtout, envie de se (re)mettre à l’argentique. J’aime beaucoup.

Les sites techniques – c’est ainsi que j’appelle les sites qui m’ont permis de découvrir certains appareils, de comprendre comment les réparer, de découvrir les trucs et astuces utiles

https://stylereflexphoto.blogspot.com/, le site de Michel, un photographe et un curieux passionné qui vous fera découvrir le monde étrange des objectifs en monture M42, ainsi que quelques appareils qui les utilisent. Utile quand on cherche des infos pratiques pour ces cailloux.

https://benber.fr/blog/ le site de Bernard, « déclencheur passionné » comme il se présente. Un très chouette site pour découvrir celui qui deviendra votre compagnon photographique, à prix raisonnable.

http://www.yashica-guy.com/index.html – en anglais mais incontournable pour les vieux Yashica télémétriques

http://summilux.net/ – en français, le site incontournable pour les amoureux de Leica

https://polaroid-passion.com/ – en français, le site incontournable pour les amoureux des vieux Polaroïdes

elle a déjà essayé tant de « trucs » et elle les partage … que se soient de vieux boitiers, des films improbables, des mixtures bizarres, des essais oniriques. A découvrir pour le plaisir.

http://www.sovietcams.com/ – un autre incontournable, en anglais, pour les vieux appareils soviétiques et leurs objectifs

https://www.posepartage.fr/forum/reflex/les-vieux-appareils-argentiques-de-tous-formats,fil-64582.html – pour la découverte des vieux boitiers argentiques.

https://sebastienouvryphotographies.wordpress.com/2013/05/09/presentation-et-chargement-dun-lubitel-2/ – il y a d’autres infos sur le site, mais c’est celles dont j’avais besoin pour le Lubitel 2

http://briseux.free.fr/rangefinder_zorki.html – pour tout savoir sur les Zorki, et en français

http://herlent.daniel.free.fr/reparation/fed_2/telemetre.htmlpour comprendre votre Fed 2, en français

http://www.suaudeau.eu/memo/index.html – ici, c’est une bible et toute mon admiration pour ce Monsieur Bruno Suaudeau, en français.

http://t.hacquard.free.fr/site2/depannage.html – une mine de renseignements sur les appareils essentiellement de l’Ex-URSS, mais pas que.

http://dirapon.be/mousses.html – si vous devez changer les mousses d’un vieil appareil, c’est ici que ça se passe

http://aki-asahi.com/store/si vous devez acheter les fameuses mousses, c’est là qu’il faut aller

http://www.collection-appareils.fr/la seconde bible, celle de Sylvain Halgand. Vous allez y découvrir des merveilles.

http://serge.papierski.free.fr/ – des tas d’idées de bricoleur génial

J’AI PAS LES MOYENS D’ETRE PHOTOGRAPHE – photo-artisanale2.pdf – le lien vers le site : http://fabrice.cardon.free.fr/ – ce n’est pas « un beau site » mais ça n’a aucune importance, ce qui compte c’est le contenu, et là, c’est super.

Les sites marchands – ceux chez qui je fais quelques achats de films, matériels ou accessoires

https://www.brupixel.be/index.html – le site de Thierry, qui propose à la location (et la vente aussi, bien sûr) des objectifs et des boitiers, pour essayer à prix bien étudiés.

https://skylum.com/fr/luminar – le site de l’éditeur du programme Luminar, où vous pouvez commander en ligne les programmes qu’ils développent et que, pour ma part, j’utilise avec plaisir.

https://www.fotoimpex.com/ – en allemand ou en anglais, un site européen qui regorge d’articles pour le photographe

https://www.retrocamera.be/en/ – en néerlandais ou en anglais mais un site belge qui, comme son homologue allemand, fera le bonheur des photographes (les prix sont parfois moins chers que chez Fotoimpex, et ils sont belges)

https://fr.grandado.com/ – en français, un alibaba moins alibaba

https://neewer.com/ – une marque, des produits, des prix

https://www.axall.eu/fr – si vous avez besoin du gaffer, cet incontournable du photographe bricoleur, et c’est une boîte en Belgique https://www.axall.eu/fr/?s=13611812 pour commander facilement

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Et si nous parlions (un peu) technique ?

Un bouquin bien utile si vous aimez votre Fed, Zorki ou Kiev.

C’est grâce à Patrick, fidèle lecteur du blog, que je peux vous donner les coordonnées d’un livre bien utile.

Couverture du manuel de réparation pour appareils photo Fed, Kiev et Zorki, avec trois appareils photo vintage en métal sur un fond clair.
Informations bibliographiques d'un livre comprenant le copyright, les détails de l'éditeur, l'adresse, l'impression, l'ISBN et le dépôt légal.

Et voici le lien vers l’éditeur, directement : BoD – Books on Demand.

Je vous suggère de lire l’extrait proposé, vous aurez déjà appris à démonter votre Zorki C,

Couverture d'un manuel de réparation intitulé 'Manuel de réparation fed - kiev - zorki' par Jean Bruno.

ou votre Zorki 1, C, C2 et Fed 2, très similaires.

Le prix est de 40€ mais ce bouquin vous évitera déjà bien des déboires, comme des vis cachées énervantes, des ressorts qui se font la malle, les entretoises sournoises, les cales qu’il faut remettre à leur juste place, etc. D’autant que l’auteur assortit son texte de trucs utiles pour démonter sans casser ni dérégler.

Merci Patrick, un outil bien pensé et bien conçu.

Infos utiles ou futiles

Un objet bien utile, une cellule Sekonic Studio Deluxe.

Préambule.

Zut, elle a failli tomber ! Il faut dire que ça fait un moment que je la déplace ça et là en me disant qu’il faut lui consacrer un article … et vous savez comment c’est dans ces cas-là, on reporte, on reporte …

Mais si je veux lui éviter un sort funeste et la ranger dans un endroit sûr ou, mieux, dans le sac photo, je vais m’y mettre aujourd’hui.

Car on l’oublie souvent, mais avoir une cellule externe performante est souvent un atout précieux en photo argentique, tous les anciens appareils n’étant pas pourvu d’un tel accessoire, ou il est en panne, à cause du temps passé.

Car oui, aujourd’hui je vais vous présenter une cellule à main, mais pas n’importe laquelle car celle-ci est une véritable légende : pensez-donc, celle que l’on surnomme affectueusement la Studio a fait ses premiers pas en 1957 et elle est la réplique d’une cellule américaine née au début des années ’40.

Un peu d’histoire.

Le pilier sur lequel repose la photographie est un triangle équilatéral , au sens où la vitesse de l’obturateur, l’ouverture du diaphragme et la sensibilité du film ont la même importance et se dosent l’un par rapport à l’autre.

Si la vitesse et l’ouverture sont mécaniques, la sensibilité du film est chimique.

Reste le point essentiel : la lumière. C’est celui qui a donné son nom au mot photographie qui, étymologiquement, veut dire peindre avec la lumière.

Comment la mesurer ? L’histoire est riche d’essais en ce sens mais je me contenterai de ce que l’on peut appeler l’ère moderne de celle-ci car c’est en 1932 qu’apparaît le premier compteur photoélectrique, présenté par Weston Electrical Instrument (New Jersey). Le modèle Weston 617, puisque c’est de lui qu’il s’agit, utilise une cellule au sélénium.

Un posemètre Sekonic Studio Deluxe L-398 avec dials de mesure et instructions en relief, en position horizontale.

Le sélénium (Se, atome 34 dans le tableau de Mendeleïev) est en effet capable de produire un faible courant électrique lorsqu’il était exposé à la lumière du jour. Le courant produit pouvait être mesuré avec un ampèremètre car plus il y avait de la lumière, plus il y avait de courant. Weston a su créer une cellule qui réagissait à la lumière comme s’il s’était agit de la pellicule. Il a ensuite calibré l’échelle des réactions et a conçu un petit appareil capable de mesurer la lumière avec précision. Au photographe ensuite d’interpréter la lecture de l’appareil pour exposer correctement son image.

C’est ça le principe de base d’une cellule : mesurer la quantité de lumière qui lui tombe dessus. Au photographe ensuite d’interpréter sa lecture pour la retranscrire sur son appareil photo pour bien exposer le sujet.

La cellule Weston travaillait en lumière réfléchie et mesurait donc la quantité de lumière renvoyée par le sujet vers la cellule et, in fine, l’appareil photo et le film. Ce qu’on appelle la réflectance.

Il existe cependant une autre manière de mesurer la lumière, celle qui tombe sur le sujet lui-même et que l’on appelle la lumière incidente.

Pour la mesurer, il faut se mettre à côté du sujet et mesurer la lumière qui l’inonde en tournant la cellule vers l’appareil photo.

C’est ici qu’intervient un autre petit génie, Donald W. Norwood. Car s’il est facile de mesurer la lumière qui tombe sur un sujet à plat, c’est un autre débat lorsque le sujet est tridimensionnel. Dans le premier cas, un simple verre givré plat peut servir de diffuseur. L’idée de Norwood fut de placer un diffuseur en forme de demi cercle au dessus du capteur et il fit breveter son invention.

Les premiers appareils utilisant sa technique ont été fabriqué par Photo Research sous le nom de Norwood Directeur. Deux modèles étaient proposés : le Universal Model 121 pour les appareils photo et le Cine Model 12 pour les cinéastes (1946).

L’appareil avait une forme spécifique, différente de ce qui se faisait à l’époque : d’abord une partie cellule avec la lecture par aiguille et ensuite une partie supérieure avec le capteur, qui pouvait pivoter à 300°, ce qui permettait de toujours orienter le capteur vers l’appareil photo/la caméra et de lire en même temps la mesure enregistrée.

Un posemètre Norwood Director sur un fond blanc, présentant un design vintage avec un globon translucide en haut et un cadran de mesure noir avec des échelles pour la lumière incidente.

Remarquez la bulle blanche sur le dessus. C’est la photosphère, l’objet du brevet de Norwood. Deux autres couvercles étaient proposés à la vente : un diffuseur à disque plat – le photodisk – et une grille – le photogrid – qui modifiait la mesure de la lumière incidente vers la lumière réfléchie.

Dès 1947, Photo Research est remplacée par l’entreprise américaine Bolex, un importateur des appareils Bolex/Paillard, qui aurait racheté les droits sur les brevets et le nom commercial Norwood Director. Toutefois, Photo Resaerch a produit par la suite le Spectra, qui ressemble encore étrangement au Norwood Director, sans doute avait-il gardé quelques brevets ou droits car il n’y eut pas de procès entre les deux parties.

Je vous passe les péripéties d’autres changements de noms et de modèles car, dans le fonds, l’appareil restera toujours plus ou moins le même, sauf quelques détails esthétiques.

Toujours est-il que Sekonic, société japonaise active dans le domaine depuis 1951, acquiert les droits du Norwood Director de la dernière génération. Nous sommes en 1956. Le nom de l’appareil deviendra dès lors Sekonic Studio S ou Type S, fabriqué au Japon cette fois. Un nouveau remaniement cosmétique intervient et le modèle s’appelle dorénavant L-28.

En 1964, la Sekonic Studio L-28 bénéficie d’une évolution comme la modification du cadran de la face et le calculateur, redessiné, de nouveaux accessoires et une fonction de verrouillage de l’aiguille. Son nom officiel devient Sekonic Studio Deluxe modèle L-28C.

C’est finalement en 1976 que la Studio Deluxe est de nouveau mise à jour et se nomme désormais modèle L-398. Un modèle qui aura une longue vie et sera produit encore jusqu’en 2024 ! Une version à tirage limité à 2000 exemplaires fut même sortie en version dorée à l’or fin pour fêter la millionième Sekonic Studio Deluxe.

Présentation de la cellule Sekonic Studio Deluxe L-398

Imaginez la forme d’un galet plat, poli par les ans. D’un côté, un cadran plein de chiffres, de l’autre, une demi-sphère blanche et au milieu, une articulation qui permet de faire pivoter le dessus à 360°.



Pas de trappe pour y mettre une ou des piles, elle fonctionne toujours au sélénium. Par contre, dessous, au niveau de la plaquette d’identification, un creux pour y glisser un des accessoires.

Ce qui la distingue des cellules classiques, c’est cette sonde de mesure, pivotante, assortie de trois accessoires qui lui permettent différents types de mesure de la lumière.

Accessoires de mesure pour la cellule Sekonic Studio Deluxe L 398, comprenant une sonde demi-sphérique, un disque plat et une grille. Dispose d'un support en métal.
Les accessoires : High Slide (grille de pondération), Lumisphere, Lumigrid et Lumidisc

Le premier de ceux-ci est le Lumisphère, le globe demi hémisphérique blanc translucide. C’est lui qui permet la mesure de la lumière incidente. On mesure la lumière reçue par le sujet en dirigeant cette partie de la cellule vers l’appareil photo. De fait, la demi-sphère prend toute la lumière baignant la scène et donne une valeur juste. Il faut parfois la protéger de la main pour éviter les sources de lumières trop directes qui pourraient fausser la mesure. Ainsi lorsque l’on photographie un paysage, on tournera la cellule vers le boitier mais légèrement penchée vers le bas pour éviter les rayons du soleil trop directs. Une pression sur le bouton central et la mesure est faite. Lorsque l’on relâche le bouton, l’aiguille de la cellule se bloque à la valeur mesurée. On peut alors reporter les informations sur le cadran et déterminer le couple vitesse/ouverture qui correspond.

Le second est le Lumidisc, un disque de mesure plat, translucide. Celui-ci ne sert plus à une mesure globale mais à une mesure précise de la source lumineuse. On place la sonde contre l’objet à photographier et on dirige le Lumidisc vers la source de lumière pour faire la mesure. Cette méthode donne la valeur exacte de la quantité de lumière reçue, exprimée sur le cadran en Lux (et en bougie par pieds pour nos amis anglo-saxon). C’est la méthode à utiliser en studio, surtout quand on veut régler précisément les différentes sources de lumières et calculer le ratio pour fixer le contraste à la prise de vue.


Enfin, le troisième accessoire est le Lumigrid, pour mesurer la lumière réfléchie. On le fixe au dessus de la sonde, comme les deux autres mais ici on dirige la cellule vers le sujet et on ne mesure plus que la lumière que celui-ci nous renvoie. Attention, il vaut mieux être près de son sujet (+/- 30 cm) pour être certain de ce que l’on vise. Il n’est pas aisé de voir ce que la cellule pointe quand on est loin du sujet.

Vous avez lu trois accessoires et la photo ci-dessus vous en montre 4. Ce quatrième est une grille dont l’utilité permet de contourner le défaut de la cellule au sélénium, c’est-à-dire son étroitesse de la gamme de mesure. Cette grille, que l’on glisse dans une fente prévue en haut de la tête pivotante. Celle-ci a pour effet de décaler les valeurs mesurées de 5 valeurs. Sans cette grille, la cellule mesure les valeurs de lumière de 4 IL à 12 IL. Avec elle, le champ de mesure bascule de 9 IL à 17 IL (toujours pour 100 Iso).

Appareil photo Sekonic Studio Deluxe L-398 posé sur une surface, montrant un cadran de mesure et un globe demi-sphérique sur le dessus.



Comment cela fonctionne – t- il ? Là je vous invite à regarder la vidéo mise à votre disposition.

Que penser de cette cellule ?

Comme je le précisais en préambule, posséder une cellule à main est intéressant lorsque l’on travaille avec des appareils plus anciens. Soit parce qu’ils ne possédaient pas un système de mesure intégré, soit parce que celui-ci est défaillant après un nombre certain d’années (surtout ceux au sélénium embarqués dans le boitier).

L’avantage de celle-ci c’est pourtant qu’elle n’utilise pas de pile et donc qu’il ne faut pas la recalibrer si on doit changer cette dernière, passant des antiques piles au mercure ou au voltage de 1,35v à celui plus moderne de 1,5v. Comme on n’utilise sa fonction qu’en mode mesure, elle ne s’épuise pas aussi vite que sur les boitiers où le posemètre est souvent mal protégé.

Ensuite, vu la longévité du modèle, on peut gager qu’il est bon ! Il est surtout très polyvalent, ce qui le rend intéressant pour de nombreux cas photographiques.

Pour avoir une idée de son prix moyen, comme souvent, j’ai été faire un tour sur un grand site de vente et sa valeur fluctue de 50 à 100€ selon son état et, bien évidemment, ses accessoires, présents ou pas.

Si vous cherchez donc à vous équiper mais voulez rester dans le look de vos appareils, la Sekonic Studio Deluxe L-398 reste un très bon investissement.

Bonne trouvaille.

Vidéos d’illustration

Des références.

https://camera-wiki.org/wiki/Sekonic_L-398, http://www.jollinger.com/photo/meters/other/norwood-article1.html en anglais ; https://tokimeki.camera/fr/sekonic-l398-cool-light-meter/, https://theses.hal.science/tel-04914123v1/file/2024LEMA3004.pdf (une thèse de doctorat à lire sur le sujet de la mesure de la lumière), https://latelierdejp.org/2024/02/02/les-cellules-independantes/, en français

Le Zinc du photographe

Dépannage …

C’est dans le dernier Chasseur d’Images que j’ai découvert ce Monsieur et son site Internet, sur lequel, curieux, j’ai été faire un tour.

Si Monsieur Philippe Raybaudi ne fait plus que quelques interventions sur des marques bien précises, il a eu la magnifique idée de recenser sur son site des réparateurs actifs situés en Europe, avec leurs spécialités.

Alors, si vous cherchez qui pourrait sauver votre boitier préféré qui a décidé de se mettre en panne, je ne saurais trop vous recommander d’aller visiter son site : mon dépanneur

Image d'un objectif de caméra avec des reflets artistiques colorés, accompagnée du texte présentant Philippe Raybaudi, spécialisé dans la réparation électronique et micro-mécanique depuis 1983.
Et si nous parlions (un peu) technique ?

Remise en état d’un Weltix par Olivier.

Préambule.

Remise en état du WELTIX de Jean-Pascal.

                Je remercie encore une fois notre mentor, Jean-Pascal, pour sa générosité car ce boitier des années 1938/1939 va reprendre du service et il sera une pièce importante pour la suite des évènements. Mais commençons déjà par le début.

                C’est dans un carton contenant plusieurs anciens boitiers (donnés par J-P) que j’ai trouvé ce WELTIX qui n’attendait qu’une seule chose… Refaire des photos !  Un rapide examen nous montra qu’il était presque totalement opérationnel*. Les vitesses semblaient justes et un rapide démontage de la face avant de l’obturateur COMPUR nous montrera qu’il était en parfait état et qu’aucune trace de graisse durcie ne viendra perturber son fonctionnement. Par contre, au niveau des lentilles, ce n’était pas le même constat. Des traces de champignons ou d’un autre résidu commençaient à apparaitre. Il est évident qu’un petit nettoyage s’imposait mais une question n’allait pas tarder à arriver : Comment vérifier la mise au point… Et oui, ce n’est pas un reflex [ni un télémétrique] et rien ne permet « à priori » de vérifier la bonne adéquation entre la couronne des distances et la position des lentilles. Il est aussi évident que l’on ne va pas passer des dizaines de pellicules de test pour rechercher la bonne position de cette couronne.

*Fred, de Studio Argentique, avait déjà photographié avec le Weltix et m’avait fait part de son expérience : les images sont belles mais très sombres. J’ai donc expliqué le phénomène à Olivier et vous découvrez la suite.

Etat des lieux.

Vue avant du WELTIX avec le couvercle ouvert, montrant l'objectif et les réglages de mise au point.

Vue avant du WELTIX et du groupe de lentille qu’il faudra nettoyer.

Démontage.

1) Commençons déjà par nettoyer les lentilles.

Le démontage de la lentille avant est d’une facilité déconcertante et un spanner vient rapidement à bout de sa couronne de fixation.

Détail du boîtier WELTIX avec le groupe de lentilles démonté et la couronne de mise au point sur une surface bleue.
Deux composants en métal du boîtier WELTIX sur un fond bleu, montrant les parties dévissées, prêtes à être nettoyées ou remontées.

En premier on dévisse le groupe avant et on démonte la couronne de mise au point.

Vue des pièces démontées d'un boîtier WELTIX, incluant des couronnes de mise au point et une lentille, sur une surface de travail.

On arrive enfin à la lentille frontale que l’on passera à l’alcool à 90°.

Vue du boîtier WELTIX avec la couronne de mise au point démontée sur une surface de travail.

On en profite pour démonter le groupe avant fixe qui recevra lui aussi un passage à l’alcool.

Vue interne d'un boitier WELTIX montrant le mécanisme de mise au point et le groupe de lentilles.

La lentille arrière demandera que peu d’effort et le spanner accomplira le travail avec une facilité déconcertante ! La aussi, passage à l’alcool.

Remontage.

b) Le remontage.

                On remet toutes les lentilles en place et au besoin on utilise une bombe à air-sec pour éliminer toute trace de poussière.

Gros plan sur la couronne de mise au point d'un boîtier de caméra WELTIX vintage, montrant des détails de la lentille avant et de son mécanisme.

                Et la question redoutée arrive !  Suis-je vraiment à la mise au point sur l’infini ?  Et oui, qui me dit que je n’ai pas désynchronisé les lentilles et la couronne de mise au point avec tous mes démontages ? Une vérification avec une pellicule me montrera rapidement que c’était le cas !

Vérification.

c) La vérification de la mise au point.

                Bon et bien, je fais quoi maintenant ? Ce n’est pas un reflex qui me permet de vérifier ce synchronisme par une rapide visée dans l’oculaire…  Allez réfléchissons un peu…

Vue d'intérieur du boitier WELTIX ouvert, avec une loupe à côté, sur un support bleu.

Les verres de visée sont conçus pour faire apparaitre l’image issue de l’objectif et les éléments de mise au point (stigmomètre et microprisme) sont étudiés pour amplifier un défaut de mise au point. Donc en mettant un verre de visée à la place du film et en regardant celle-ci avec une loupe, je devrais reproduire le même phénomène qui est utilisé dans un reflex.  Ainsi, j’ai utilisé un verre de visée de CANON AE-1 Program comme moyen de test. Le support métallique de ce verre permet de ne pas marquer le verre de visée avec les bandes autocollantes qui permettent de le maintenir en place durant les réglages. Finalement, vous mettez le boitier sur un pied photo et vous enclenchez la pose « B » avec l’ouverture maximale (Ici f 2.9). Vous allez avoir tout le temps nécessaire pour examiner votre stigmomètre avec votre loupe et ainsi vérifier la mise au point. Si celle-ci n’est pas parfaite, il suffit de décaler la couronne de mise au point qui est fixée au moyen de 3 petites vis.

Vue de la couronne de mise au point d'un appareil photo, posée sur une surface bleue.

Le résultat.

d) quelques photos montrant le résultat de notre restauration.

                J’ai pris une pellicule N&B (BERGGER Pancro 400) pour ne pas avoir à me soucier de la vitesse d’obturation (ciel assez nuageux).  Ne n’ai effectivement pas eu à utiliser une vitesse lente ( <1/50) mais j’ai fini avec une ouverture très faible f 11 !

Vue en noir et blanc d'une église avec un clocher, entourée d'arbres, lors d'une journée nuageuse.
Vue d'un parking urbain avec plusieurs voitures garées, un lampadaire incliné, et des bâtiments en arrière-plan, sous un ciel nuageux.

             Le début de la pellicule a été fait avec un Olympus OM-1 et son 50 mm f 1.4, le Weltix avec son 50 mm f 2.9 l’a terminée… La restauration est donc terminée, la mise au point est parfaite.

Au final.

                Mais pour quelle raison va-t-il avoir une place importante pour la suite… Et bien il va m’accompagner durant les sorties de commémoration des différents évènements liés à la seconde guerre mondiale.  Un reporter de cette période ne peut pas utiliser un CANON A1 ou un OLYMPUS OM-1 quand il est dans une jeep ou un GMC… C’est un anachronisme qu’il convient d’éviter.

Casque militaire vert, appareil photo WELTIX, et sac beige avec une pochette de premiers secours.
Quatre hommes souriants posant à l'arrière d'une jeep, entourés d'arbres en arrière-plan.

Magnifique travail Olivier, comme d’habitude. Et comme notre ami est toujours modeste, il n’a pas mentionné qu’il avait aussi intégralement recousu le sac tout prêt qui s’était défait.

Un bel exemple de restauration dans les règles et pour la bonne cause.

Le Zinc du photographe

L’âge d’Or du reportage, l’agence de presse Keystone.

Si vous vous en souvenez, j’ai écris un article sur le Gaumont Spido Reportage, un appareil étonnant de par sa taille et son poids.

C’est au hasard d’une lecture que j’ai bien eu confirmation que cet appareil était bien destiné au reportage, et je réitère ce que j’avais écris à l’époque : chapeau au reporter qui portait à bout de bras un engin de plus de 4kg !

Ce (grand) livre raconte l’histoire de Keystone, une agence de presse internationale dont le bureau français vit le jour en 1927 à Paris, fondée par un Hongrois, Bert Garaï et un Américain, W.H. Sierichs avec le soutien financier d’un second Américain, Lloyd Singley .

Mais vous lirez tout ça dans le livre dont voici les coordonnées : Keystone, 60 ans de grands reportages, préface de Lucien Bodard, textes de Marc Dolisi, Ed. EPI Filipacchi, 1987, ISBN 2 85018 521 3

Couverture du livre 'Keystone, 60 ans de grands reportages', présentant trois photographes avec des appareils photo, entourés d'images en noir et blanc.

Cette agence de presse à couvert tous les grands évènements de la planète, qu’il s’agisse de faits de guerre, de découvertes scientifiques, de spectacles, de grands personnages, de catastrophes. Partout, elle était partout où quelque chose se passait, à la chasse au scoop.

Aujourd’hui, elle appartient au Groupe Lagardère.

Ce qui est surtout utile pour qui s’intéresse un peu aux appareils employés à telle ou telle époque, c’est justement que ceux-ci sont présents entre les mains des reporters de l’agence.

C’est donc ainsi que j’ai pu voir le Gaumont Spido Reportage en situation :

Groupe de photographes en noir et blanc, tenant divers appareils photo, posant ensemble à l'extérieur d'un bâtiment historique.
Lors d’une photo de groupe des reporters de l’agence, vous pouvez voir le Gaumont Spido Reportage dans les mains du second reporter accroupi, en bas à gauche. On y découvre aussi les caméras de l’époque et d’autres appareils de reportage, souvent des chambres (vers 1930).

Quelques pages plus loin, seconde confirmation entre les mains de Jean De Witt, reporter de l’agence.

Photographie en noir et blanc montrant Jean de Wit, reporter-photographe, utilisant un appareil photo, avec plusieurs autres images de reporters et d'événements historiques.

Comme je l’expliquais dans l’article cité en préambule, chaque appareil était destiné à un photographe en particulier, selon le type de photo qu’il était amené à effectuer pour son travail.

Je regrette toujours de ne pas avoir accès à cette liste de fabrication, qui devrait être riche d’enseignements.

Je crains malheureusement que les douze plaques, toujours dans mon appareil, ne soient plus exploitables, car qui sait ce qu’elles ont vu …

Autre chose d’intéressante, c’est qu’à l’époque de ces photos, deux autres appareils qui deviendront des légendes existaient déjà mais ne sont pas utilisés par ces reporter-photographes : le Leica (1925) et le Rolleiflex (1930).

Sans doute parce que les petits formats n’avaient pas encore intégrés la chaine de production de l’époque, où l’on faisait encore des tirages directs pour la presse, en 9×12 ((comme avec le Gaumont et quelques chambres), voire plus grand encore.

Mais tout cela changera un jour pas si lointain …

Et si nous parlions (un peu) technique ?

Le Zeiss Ikon Super Nettel : tentative de réparation.

Voilà quelques jours, je vous présentais ce magnifique appareil, en bien mauvais état, hélas, pour mon exemplaire.

Mais il est équipé du magnifique Tessar ouvrant à f2,8, ce qui vaut bien de plonger les mains dans ses entrailles pour essayer de le remettre en route.

Pour rappel :

  • le déclencheur ne déclenche plus
  • la roue du télémètre est bloquée
  • le réglage des ouvertures aussi
  • il semble qu’un élément qui devrait être caché par le cuir soit maintenant apparent
  • il a besoin d’un bon nettoyage

Comme la plupart d’entre nous, j’ai cherché des tutoriels pour comprendre comment ouvrir l’appareil sans dégâts. Armé de mes tournevis de précision, je me lance …

D’abord ôter le dos, qui avait été mal engagé et dont un bord était plié. Petit passage à la polisseuse de bijoutier (un petit accessoire qui ressemble à une lime à ongles avec 2 faces pour polir les pièces et retirer les traces de rouille, d’oxydation, etc.) sur les bords car il y a des traces d’oxydation.

Ensuite, retirer les 4 vis qui tiennent une plaque, en dessous de l’appareil, afin de pouvoir ensuite dégager le bloc optique.

Ceci étant fait, il faut maintenant dévisser les 2 vis qui sont près de la bobine et de l’autre côté. Pour retirer la bobine détachable, ne pas tirer dessus mais écarter gentiment le ressort qui la maintient en place.

En remettant l’appareil à l’endroit, vous allez devoir maintenant démonter la molette de rembobinage et le compteur de vue.

Pas de panique, il n’y a pas de ressort vicieux ni de petites pièces à perdre.

Voici comment se présente l’ensemble une fois la cuirette ôtée des deux côtés et après avoir enlevé les 4 vis qui tiennent le bloc optique. En pratiquant cette opération, je me suis aperçu que le cuir, à gauche, avait été remplacé par du simili cuir, sans bande de protection devant le bras du mécanisme, qui l’a perforé.

On voit bien le rideau, qui ressemble à un vieux volet métallique ; au dessus, les 2 fenêtres du télémètre ; sur le côté gauche, les rouages du mécanisme.

D’abord, tout nettoyer car tout le métal est oxydé.

A ce stade, voici ce qu’on obtient :

Première image : le bloc optique, devant à droite, la chambre, à côté, et derrière, le mécanisme avec aussi le télémètre .Au milieu la chambre et ensuite le mécanisme du volet et le télémètre.

Je vous épargne le spectacle navrant des races de moisissures dans les plis du bloc optique (bon d’accord, j’ai oublié de faire les photos, choqué que j’étais !) : petite brosse dure, pinceau et bien souffler l’intérieur avant de mettre le tout sur le radiateur pour que ça sèche bien.

Maintenant c’est propre et sain dans le soufflet. Et heureusement, pas de trace de champignon sur l’optique, ouf !

Je reviendrai ensuite sur le bloc optique pour tenter de débloquer le mécanisme du télémètre.

Voyons plutôt le mécanisme de remontage et déclenchement.

Premier constat, rien ne bouge plus, la rouille a fait son office. Pas le choix, un petit coup de D40 pour nettoyer et enlever l’oxydation des pièces. Quelques secondes plus tard, les rouages acceptent de tourner.

J’essaye de comprendre l’enchainement de cet ensemble de roues et pignons afin de déterminer pourquoi le volet ne se lève pas et, si après l’avoir levé manuellement, pourquoi il reste bloqué et que le déclencheur ne fait pas son office.

Bon, là, je cale : j’ai l’impression que le volet est lui aussi oxydé. Re petit coup de D40 dans la fente du volet. Ça bouge un peu mieux mais rien à faire, il reste figé, comme s’il manquait un élastique pour remontre les 2 parties.

Alons voir si j’ai plus de chance avec le bloc optique. Pour mémoire, la petite roue qui doit faire tourner l’optique est bloquée.

Après avoir retiré les 3 vis qui tiennent la plaque de protection, on découvre une autre plaque, visée sur le support.

Ici encore, un petit jet de D40 et ça se débloque : la roue tourne et l’optique aussi. L’amplitude du mouvement est assez courte mais n’oublions pas que c’est un 50mm. Ne reste plus qu’à remettre toutes les petites vis dans le bon ordre (soyez plus prévoyant que moi et faites un petit croquis des emplacements des vis).

Avant le remontage du tout, désolé de ne pas avoir trouvé la panne, je profite du moment pour tout bien nettoyer, les verres du télémètres surtout.

Première tentative de dépannage mais résultat mitigé car seul l’optique et son mécanisme fonctionne. Pour le reste, je n’ai pas encore trouvé.

Pour ne rien perdre, je remonte le tout et je le range soigneusement.

Ah, et ne faites pas comme moi, démonter le bouton des vitesses et d’enroulement, ce n’est pas nécessaire et puis il vous faudra retrouver le bon endroit des 3 pièces qui le compose pour y glisser 3 minuscules vis.

Je continue de chercher et je reviendrai sans doute dessus. Au pire, si je trouve un autre exemplaire, fonctionnel, je ferai une greffe du bloc optique.

Et si nous parlions (un peu) technique ?

Le sauvetage d’un Makinon 135mm f2,8 en monture Olympus OM-1, par Olivier.

Après le succès de son article sur la remise en état du Canon 50mm macro, Olivier nous propose un second sauvetage, celui d’un Makinon. Si la marque semble désuète de nos jours, il faut se rappeler qu’elle jouait, en son temps, le même rôle que les Tamron et Sigma d’aujourd’hui : un objectif de bonne qualité à un prix raisonnable. On trouve d’ailleurs souvent ces objectifs montés sur les reflex des années septante et quatre-vingt.

Pour l’anecdote, sachez que notre ami Olivier a rouvert deux fois son objectif pour vous mettre les meilleures explications et photos de son démontage, parfois délicat (ah cette petite bille sauteuse !). Il vous l’a écris : c’est un très bon objectif, facile à entretenir.

Mais je lui laisse le clavier …

Préambule.

Le retour de Villers-Bretonneux (Suite)

                On continue avec la bourse de Villers-Bretonneux. Le dernier article vous avait montré le sauvetage d’un objectif CANON 50 mm MACRO. Cette légende mérite, bien évidement, que l’on passe un peu de temps à la restaurer.

Mais qu’en est-il des autres objectifs qui n’ont pas la chance de porter un nom associé à des grandes marques réputées. Serait-on en train de rejouer « le vilain petit canard »… ?

Et oui, car négliger des marques moins connues ou réputées peut vous faire passer à coté d’objectifs qui sont capables de tenir la comparaison avec des objectifs de marque. Ainsi, la lecture d’un article sur le zoom MAKINON 35-105 m’a fait réfléchir sur cette mauvaise habitude.  En effet, ce zoom, monté sur des boitiers numériques, montre des résultats excellents. Alors, pour tenter une nouvelle expérience, j’ai pris dans un bac « pour pièce » ou « à réparer » un objectif pour mon OM-1, un 135 mm f2.8 MAKINON. Cet objectif avait déjà attiré mon attention car il présentait une petite particularité. La fonction MACRO se fait en tournant la bague avant de l’objectif. Celui-que j’ai acheté présentait quelques défauts que j’allais devoir corriger : commande du diaphragme inopérante et plein de résidu dans les groupes optiques. Par contre, même si le filtre avant avait une trace de choc, il avait bien joué son rôle protecteur et l’objectif n’en présentait aucune.

                Hélas, on ne trouvera pas beaucoup d’avis sur cet objectif car la marque est relativement peu connue et malheureusement classée comme secondaire. Par contre les rares avis que l’on rencontrera seront éloquents vis à vis de cet objectif.

Avis trouvé sur le site :  https://www.pentaxforums.com/userreviews

                Donc finalement, ce 135 mm mérite que l’on s’intéresse à lui… Vous vous doutez bien que celui que j’ai trouvé dans les bacs n’est pas similaire à celui présenté dans les publicités de l’époque.

Photo publicitaire du 135 mm  f2.8 MAKINON.

Présentation du Makinon 135mm f2,8

                Voici le 135 mm MAKINON que j’ai trouvé à Villers-Bretonneux (à gauche), en comparaison avec le 135 mm f 2.5 de TAMRON (à droite). Il est évident que le MAKINON est bien plus compact. Déjà, le MAKINON utilise un filtre de diamètre 55 mm, alors que le TAMRON vous obligera à monter du 58 mm.

Le filtre qui a protégé l’objectif lors vraisemblablement d’une chute. La déformation (certes légère) est bien visible.

Il est toujours utilisable mais ne sera pas capable de recevoir un autre filtre.

a) Démontage du groupe avant.

                Les ingénieurs de MAKION ont vraiment fait dans la simplicité (et la fonctionnalité) car nul besoin d’un spanner pour démonter le groupe avant. Trois vis tiennent le capot avant.

Le retrait de ce capot nous montre la bague macro et sa rampe hélicoïdale. Là aussi nul besoin d’outils spécifiques pour poursuivre le démontage.

C’est fait le groupe avant est maintenant accessible. On va pouvoir s’occuper des lentilles.

Un nettoyage complet de chaque lentille à l’alcool à 90° suffit à retirer les traces restantes. De plus, pour chaque remontage de chaque lentille, un petit passage d’une bombe à air sec préviendra le retour des poussières.

Le groupe avant est maintenant comme neuf, il a toujours porté un filtre UV (merci à l’ancien propriétaire) et aucune éraflure n’est visible sur la lentille frontale. J’y ai immédiatement remis un filtre UV pour le protéger.

b) Démontage du mécanisme de commande du diaphragme.

                On en profite pour regarder le mécanisme de commande du diaphragme et là aussi, 4 vis seront à retirer pour y accéder. Toutefois, nous ne procéderons pas de cette manière car vous pouvez remarquer que les vis sont dans des trous oblongs.  Cela veut dire qu’un réglage (positionnement) est prévu. Ce réglage permet d’adapter l’ouverture du diaphragme à la valeur sélectionnée sur la bague. Il est évident qu’un mauvais montage (décalage) fera que l’ouverture du diaphragme ne correspondra plus à la valeur sélectionnée. Ainsi, on procédera au démontage par l’arrière.

Le retrait de la bague de fixation (4 vis) nous fait apparaitre la commande du diaphragme.

Le démontage de la bague de sélection du diaphragme  ne pose aucun problème à partir du moment où l’on prend soin de ne pas perdre la bille servant au crantage !

Bon, et bien on continue à retirer les vis…

La bague interne de sélection du diaphragme est maintenant démontée

On passe maintenant à la bague de COMMANDE du diaphragme. On en profitera pour vérifier qu’elle peut se déplacer librement et un passage à un produit dégraissant ne peut que lui être bénéfique. Nous en profitons pour rappeler que les pièces associées au diaphragme sont conçues pour fonctionner A SEC. Alors, surtout même pas la moindre goutte huile.

On arrive finalement aux 3 vis de fixation arrière du mécanisme du diaphragme. Celui-ci sort avec une facilité déconcertante !

Un petit passage avec un produit dégraissant (Essence F par exemple) va rendre à vos pétales de diaphragme toute la liberté de mouvement perdue.

Bien évidement, si vous avez peur de mettre du dégraissant sur vos lentilles arrières, regardez la suite de l’article qui vous montrera le démontage de ce groupe.

c) Démontage du groupe arrière.

Mais quel plaisir de travailler sur cet objectif, une simple rondelle à retirer et on a accès aux lentilles du groupe arrière.

Là aussi passage à l’alcool à 90° et remontage avec la bombe à air sec.

On découvre aussi l’origine des traces dans l’optique. La peinture qui avait été mise sur la tranche des lentilles commençait à s’écailler et ce sont ces débris que l’on retrouvait sur les lentilles.

Le remontage …

                Et bien , vous refaites tous vos opérations dans l’ordre inverse ! N’hésitez pas à faire des photos pour avoir une idée des positions initiales des éléments, mais franchement, il est difficile de se tromper. Pour la plupart des éléments, il n’y a qu’une seule position possible. De plus, si vous n’avez pas démonté le mécanisme, il n’y a aucune vérification à faire quand à l’adéquation entre l’ouverture sélectionnée et l’ouverture réelle de l’objectif.

Conclusion

                Un objectif particulièrement intéressant, une conception simple qui permet un démontage aisé. Son volume le met dans la catégorie des petits objectifs alors qu’il propose quand même une ouverture maximale de f 2.8. Sur la photo de gauche, l’objectif en utilisation normale et sur la photo de droite, en utilisation MACRO. Encore une fois, les défauts d’un objectif ne sont que très rarement définitifs et pour peu que le précédent propriétaire n’ait jamais tenté de le démonter au couteau, il sera très souvent remis en état après une ou deux heures de travail.

Remerciements.

Un immense merci Olivier pour cette brillante démonstration. Je rappelle toutefois que si vous vous lancez dans ce type de réparation, il faut un minimum de connaissances, de bons outils de précision, de la patience et de l’ordre (faire des schémas, des croquis, des photos, marquer les pièces, etc.).

Ni Olivier ni moi ne pourrions être tenu pour responsables d’un dégât quelconque à votre matériel si vous vous lancez dans l’opération.

Argentique

Un Zeiss Ikon Super Nettel 1 bien fatigué

Préambule.

Connaissez-vous la Loi de Murphy*, autrement appelée la loi de la vexation universelle ?

Eh oui, au lendemain de la Bourse de Villers-Bretonneux, je visite une brocante couverte à Ath et là je réussi à trouver cet Zeiss Ikon Super Nettel I à un prix dérisoire, ainsi que quelques autres pépites qui viendront sous peu sur le site.

Bon, il n’est pas parfait, mais c’est celui avec le f2,8 en formule Tessar, le plus convoité de la gamme.

Mais commençons par le début …

Un peu d’histoire.

En 1929, la Fondation Carl Zeiss fusionne les quatre sociétés les plus importantes d’Allemagne : Ernemann, Goerz, ICA et Contessa-Nettel. Ainsi nait Zeiss Ikon, qui propose deux branches, l’une optique et l’autre d’appareils photo.

Conséquences de cette fusion, toutes les entreprises qui faisaient de l’optique (comme Goerz) ont abandonné la fabrication et tous les appareils du groupe utilisaient des objectifs Carl Zeiss. De même, tous ceux qui fabriquaient leur obturateur les ont abandonnés car les nouveaux appareils utilisaient du Compur, à quelques exceptions près.

Ce nouveau groupe était parmi les plus importants du monde d’alors, qui produisait des boitiers en 35mm de haute qualité, comme le Contax, ou des folding (pliant) comme le Super Ikonta, ainsi que des caméras pour le cinéma et de l’optique médicale. Tous ces appareils et toutes ces optiques avaient une réputation de grande qualité, voire d’excellence.

Hélas, après la seconde guerre mondiale, le groupe sera divisé en deux : une en Allemagne de l’Ouest et l’autre à l’Est. Il y aura de nombreux litiges entre les deux parties notamment au sujet de la marque Zeiss. Toujours est-il qu’à l’Est, de nombreuses usines seront démantelées, les machines et le personnel étant prié de suivre … sans discuter. La société Kiev recevra une grande partie des équipements. En 1948, le Zeiss est-allemand sera nationalisé et finira dans le VEB Pentacon. L’Ouest n’eut pas beaucoup plus de succès car il cessera ses activités en 1972.

Il faudra attendre la réunification des deux Allemagnes pour que Carl Zeiss réintroduise le nom de Zeiss Ikon et présente, à la Photokina de 1974, un nouveau télémétrique, fabriqué par Cosina au Japon avec une monture Leica M (voir le Zeiss Ikon ZM). Les Contax G et G2 seront équipés eux de lentilles japonaises mais le boitier sera fabriqué en Allemagne.

Voilà pour l’histoire de la marque, venons-en à notre appareil, le Zeiss Ikon Super Nettel premier du nom.

Au début des années trente, il existait deux grands appareils photo rivaux : le Leica et le Contax. Tous deux des télémétriques, ils étaient pourtant très différents, je vous renvoie donc aux articles que j’ai déjà consacré à ces sacrés monstres (Kiev 4 = copie du Contax et Leica IIIf).

Ils avaient toutefois un point commun : un prix élevé et une mécanique de précision, robuste et faite pour durer.

Aussi, afin de ne pas perdre (trop) de part de marché, Contax va-t-il lancer un appareil plus abordable, qui reprendra quelques beaux restes à son grand frère.

Il ne sera pas produit très longtemps : sorti en 1934 il ne sera fabriqué que jusqu’en 1938 dans sa première mouture, qui changera déjà en 1936, avec la version toute chromée qui clôturera l’aventure du Super Nettel.

Que va-t-il emprunter au Contax ? Son obturateur métallique, en forme de rideau roulant ; l’avance du film ensuite ; le compteur de vues et finalement le bouton de rembobinage.

Pour le reste, il est plus compact, fermé, et aussi complexe, mécaniquement. L’Allemagne de l’époque aimait bien montrer son savoir-faire mécanique.

Présentation du Zeiss Ikon Super Nettel I.

Même si le soufflet est court, il s’agit bien d’un appareil pliant (ou folding) qui utilise du film 35mm (le 24×36).

Il sera proposé, comme souvent chez Zeiss Ikon, avec des optiques différentes, qui justifient des prix de vente plus ou moins élevés : le moins cher sera le Carl Zeiss Triotar 50mm ouvrant à f3,5 (1480fr de l’époque), puis le Tessar 50mm ouvrant à f3,5 (1585fr) et enfin le Tessar 50mm ouvrant à f2,8 (1760fr).

Tout en métal noir et cuir de la même couleur, il a de la classe, ouvert ou fermé. C’est un bel objet, aux coins arrondis pour une bonne prise en mains. Car le boitier est lourd, ce qui ajoute à sa stabilité.

On appuie sur le bouton au centre, devant la semelle dite froide pour accessoires, et l’abattant avant s’ouvre vers le bas. Pour moi c’est un bon point car j’avoue ne pas trop aimer les portes qui s’ouvrent à gauche ou à droite, la tenue en main est moins agréable. Ici, l’appareil peut reposer sur la main gauche, pour une meilleure stabilité. Et, petite remarque en passant, l’ensemble est d’une étonnante rigidité, qu’on ne retrouve pas toujours chez les pliants.

Pour le refermer, il suffit d’appuyer sur les deux poussoirs de part et d’autre des rails du soufflet et il se replie.

Le viseur, sur le dessus à gauche, porte deux ronds à l’arrière : un pour le viseur proprement dit (cadrage) et le second pour le télémètre.

Car c’est ici que se joue la spécificité de l’appareil, son télémètre est couplé à la visée : vous pouvez régler la distance avec la molette placée au dessus de l’objectif et vous voyez le patch carré orangé se déplacer, permettant une mise au point fine.

Si vous observez l’appareil de face pendant ce mouvement, vous verrez l’objectif tourner en même temps. C’est du travail d’horloger … sauf si, comme sur mon exemplaire, il est bloqué, nous y reviendrons.

Cependant, le télémètre est réglé pour le 50mm f2,8. Des accessoires optiques permettaient de travailler au grand angulaire, mais dans ce cas il fallait monter un viseur indépendant sur la griffe porte-accessoires qui est ici bien nommée.

A noter que cette griffe ne sert pas pour un flash quelconque, l’appareil n’était pas prévu pour en utiliser un (pas de prise PC, ni synchro).

A côté du viseur toujours, un gros bouton rond, qui sert uniquement pour le rembobinage du film. Notons que si le bouton est de bonne taille, il a la fâcheuse idée de se trouver très près dudit viseur et ça ne facilite pas la prise avec les doigts.

De l’autre côté, un autre gros bouton plus complexe : c’est celui pour le réglage des vitesses, de la pose B, de 1/5s au 1/1000s – en passant, c’est remarquable pour l’époque une telle vitesse – qu’il faut soulever pour engager celles-ci ; c’est aussi avec lui que vous ferez avancer le film d’une vue et qui bloquera le mécanisme pour éviter les doubles expositions involontaires ; enfin, au centre, avec une couronne pointue et un filetage pour un câble, le déclencheur proprement dit.

Entre la griffe et ce second bouton, une petite roue, celle du compteur de vue, qu’il faut régler manuellement car il ne revient pas (encore) à zéro tout seul.

Voilà, pour les commandes, c’est tout. Ah non, j’allais oublier le réglage des ouvertures, de f2,8 à f11, qui se commande via la bague autour de l’objectif.

Pour charger un film à l’intérieur, il suffit de tourner les 2 clés en dessous pour désolidariser tout le dos de l’appareil. Attention, il y a une bobine réceptrice amovible à l’intérieur car à l’origine il était prévu de mettre deux cartouches spéciales dedans : la première contenait le film et la seconde le recevait, sans devoir rembobiner car la pellicule rentrait dedans au fur et à mesure des prises de vue. Cette formule fut assez vite abandonnée et donc vous pouvez introduire dans la chambre une bobine moderne et accrocher l’amorce dans la bobine réceptrice. A la fin des prises de vue, vous appuierez sur le petit bouton qui se trouve derrière celui qui sert à l’armement et aux vitesses pour débrayer l’ensemble et permettre de rebobiner le film.

Avez-vous remarqué les 3 vis un peu proéminentes, autour de l’objectif ? Elles permettent de fixer un pare-soleil ou un filtre. Simple et efficace.

Que penser de cet appareil ?

Il a souffert le pauvre. Je ne sais quel iconoclaste l’a ainsi brutalisé mais je constate plusieurs choses :

  • le déclencheur ne déclenche plus
  • la roue du télémètre est bloquée
  • le réglage des ouvertures aussi
  • il semble qu’un élément qui devrait être caché par le cuir soit maintenant apparent
  • il a besoin d’un bon nettoyage

En résumé, j’ai du travail pour le remettre en état, ce que je vais essayer de faire grâce à quelques tutoriels que j’ai trouvé pour le démonter (voir dans les références entre autre). Ce serait dommage de ne rien tenter.

Il y aura donc une seconde partie à cet article, celle de la tentative de réparation.

Vidéos d’illustration.

Si vous deviez réparer le déclencheur en panne.
S’il est tout bloqué …

Un peu de publicité d’époque par LA.

Des références .

https://www.qwant.com/?q=zeiss+ikon+super+nettel+1&client=plgn-firefox-sb&t=web, https://vintage-photo.nl/extravagant-zeiss-ikon-super-nettel/, https://elekm.net/pages/cameras/supernettel.htm, https://collectiblend.com/Cameras/Zeiss-Ikon/Super-Nettel-I-(536-24).html, https://www.dancuny.com/camera-collecting-blog/2024/8/14/zeiss-ikon-super-nettel en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-12007-Zeiss%20Ikon_Super%20Nettel.html, en français ; https://ameblo.jp/nezumaqi/entry-12493338198.html, en japonais

*Loi de Murphy aussi appelée loi de l’emmerdement maximal peut-être vue de deux manières : humoristique d’abord mais surtout comme un principe de prévention des dangers en tout genre.

Et si nous parlions (un peu) technique ?

Restauration d’un Canon FD SSC 50mm macro par Olivier.

Recherche rapide : Préambule Démontage : a) bague porte-filtre ; b) commande de diaphragme ; c) lentilles ; d) remontage Conclusion

Préambule.

Le retour de Villers-Bretonneux.

                Une superbe bourse photo comme on les aime. Pleins de beaux boitiers et surtout des caisses pleines d’accessoires qui rendent bien service ! L’année dernière, j’avais trouvé une bobine vide (6×6) métallique qui avait la bonne dimension pour aller dans mon folding. Cette fois, j’ai regardé les caisses avec les articles « pour pièces » car j’avais besoin de bouchons d’objectifs (FUJICA AX). Mon attention a été attirée par des objectifs vendus eux aussi pour pièces ou pour réparation. Ainsi, j’ai acheté pour 10 euro un CANON FD (OLD) macro de 50 mm; lentilles avec un peu de champignon, bague de mise au point qui grinçait et commande du diaphragme non fonctionnelle. Au point où on en est, un ou deux coups sur le filetage porte filtre, c’est presque normal…

                Mais comme je connais bien les objectifs CANON FD, je sais qu’ils sont généralement récupérables même si les dommages sont importants. Ils sont entièrement métalliques et il est toujours possible de redresser les éléments tordus. On ne reviendra pas à la situation « sortie d’usine » c’est sûr ! L’objectif sera parfaitement utilisable et les points durs restants seront imperceptibles. Le mécanisme associé au diaphragme est lui aussi très fiable et bien souvent les problèmes récurrents sont limités à des accumulations de matières grasses qui bloquent les pétales du diaphragme.  Enfin, les champignons peuvent être éliminés avec de l’alcool à 90°. Cette dernière opération est relativement facile à réaliser sur des objectifs à focale fixe.

                               Avant de commencer l’opération de remise en forme, prenons un peu de temps pour regarder cet objectif. Il existe plusieurs versions qui ont des particularités qu’il faut connaitre. Il y a 6 lentilles en 4 groupes, ce qui veut dire que nous avons deux lentilles qui sont constituées d’éléments collés. Il faudra être vigilent lors du démontage et bien regarder ces deux lentilles pour déceler un début de contamination de la colle.  Si tel est le cas, alors l’objectif risque fort de rester au fond de votre sac.

Sur ce schéma, vous voyez les deux lentilles qu’il faudra examiner avec attention.

                Bien que cet objectif soit classé MACRO, il ne peut pas réaliser le grossissement 1:1. Pour atteindre ce résultat, il faudra rajouter une bague 25 mm. Son ouverture maximale sera toujours de f:3.5 et son ouverture minimale pourra aller jusqu’à f:32 pour les versions FD New. La version FD Old a une ouverture minimale de f:22 ce qui est largement suffisant.

CANON FD 50 mm  f:3.5  (FD NEW)                         CANON FD 50mm f:3.5 (FD OLD)

                Vous constaterez que cet objectif continuera à être utilisé avec succès sur les appareils numériques équipés d’une bague d’adaptation. La qualité de l’optique n’est donc plus à démontrer. Etant déjà équipé d’objectifs performants dans cette focale (50 mm  f:1.4 FD NEW et FD OLD), c’est plus le chalenge qui m’a tenté que l’utilisation que j’en ferai par la suite. 

Je l’ai acheté sans bouchons et par chance, j’ai un stock qui me met à l’abri de ce type de manque pour quelques années (En effet ALIEXPRESS vous propose des bouchons CANON FD neufs pour un prix tout à fait raisonnable).

                Allez passons à notre activité favorite : allons jouer avec nos tournevis !

Démontage.

a) Les dommages de la bague porte-filtre.

Sur cette photo, on voit immédiatement que la face avant a pris quelques coups. Il faut impérativement remettre en état le filetage car il sera impossible de démonter le groupe avant pour le nettoyer. Par contre, les dommages sont relativement peu étendus et quelques efforts bien appliqués suffiront à remettre cette géométrie sous une forme bien circulaire.

Et voilà, c’est fait…  On commence à deviner les traces de champignons sur les lentilles.

b) Les dommages de commande du diaphragme.

Sur cette photo, on remarque que le diaphragme reste fermé même quand la commande n’est plus appliqué. Allez, il n’y a que 3 vis à retirer pour avoir accès au mécanisme.

Un rapide examen nous montre que des restes de ressort sont présents sur deux pièces. On en déduit immédiatement qu’un ressort est absent !

Mais quelle chance, j’ai justement des restes d’un lecteur de disquette (3.5) et l’un des ressorts de ce lecteur est parfaitement adapté à cet usage.

C’est parfait, le diaphragme s’ouvre quand la commande n’est plus appliquée. J’ai du détendre le ressort car sur trois boitiers CANON, il y en a un qui trouvait le ressort un peu trop dur et ne finissait pas son cycle quand on déclenchait.

c) Aller, on va pouvoir passer aux lentilles…

Vous comprenez mieux pourquoi il faut que le filetage porte-filtre soit en bon état ! 

C’est fait, grâce au spanner, on a accès au groupe avant ainsi qu’au groupe arrière. Un petit passage à l’alcool à 90° fera regretter aux champignons d’avoir choisi  cet endroit pour s’installer !

d) Remontage.               

Dernière étape, remontage et positionnement d’un filtre pour protéger la lentille avant que l’on vient de nettoyer. J’utilise un spray à gaz neutre pour retirer les moindres poussières lors du remontage des lentilles. Cette dernière photo nous montre que les lentilles sont parfaites et plus aucune trace de champignons.

Conclusion.

Ne jetez pas vos objectifs dès qu’un petit défaut apparait. Un nombre impressionnant d’objectif dorment dans les armoires et n’attendent que d’en sortir. Ce séjour laisse hélas des traces qui ne sont heureusement pas définitives.

Le Zinc du photographe

Le Canon Eos 1-Ds Mark 2, impressions d’utilisation.

Si vous avez lu l’article de présentation de l’appareil, vous aurez sans doute retenu qu’il avait 21 ans au moment de ces lignes, mais seulement environ 23.000 déclenchements (obturateur prévu pour 400.000).

Ensuite, qu’il n’avait que 16 Mpx, ce qui peut sembler peu de nos jours quand certains ténors proposent 45 ou 60 Mpx.

Ceci étant, les appareils pro dépassent rarement les 26 Mpx et certains micro 4/3 de pointe offrent encore 16 Mpx. Ce n’est donc pas un obstacle à la qualité des photos.

Par contre, la montée en ISO est limitée par rapport aux appareils plus modernes, car la limite est de 3200 et dès 1600, il peut y avoir du grain.

Ensuite, l’ergonomie, si elle a été soignée, elle s’est encore améliorée ces dernières années. Et le jeu bouton + molette est parfois un peu fastidieux, en tout cas quand on manque d’entrainement pour le faire. Les appareils plus récents sont plus intuitifs.

Enfin, il reste le poids de l’appareil avec sa grosse batterie de près de 350gr. A sa décharge, celle-ci autorise plus de 1200 déclenchements quelles que soient les conditions météo. Ces derniers jours, il a gelé et l’appareil est resté dans son sac mais dans la voiture. Il a déclenché sans aucun soucis et sans perte de puissance, impressionnant !

Voilà, voilà … tout ceci pour dire que j’apprécie toujours autant ce gros Eos. J’en suis même arrivé à mettre en vente mon Lumix G80 (micro 4/3 de 16 Mpx) qui était l’appareil qui trainait toujours dans la voiture, au cas où …

J’ai acheté une bonne sangle de poitrine, avec un plateau à dégagement rapide Arca Swiss, et cet Eos 1 Ds Mark 2 est maintenant l’appareil à tout faire qui est toujours dans mon véhicule.

Le 17 – 40 série L a été remplacé par un bon vieux 28 – 80 Canon que j’ai repris sur un Canon Eos 300. Il n’est pas stabilisé mais il donne entière satisfaction jusqu’à ce que je trouve son homologue stabilisé à prix raisonnable.

Alors, franchement, si vous trouvez cet appareil en vente, faites-vous plaisir, il vous le rendra bien. Vérifiez quand même qu’il ne soit pas rincé et proche du seuil des 400.000 déclenchements.

Quelques photos prises avec cet Eos 1-Ds Mark 2 (cliquez sur les images pour mieux les voir) :

Les situations sont très différentes et l’appareil s’en tire très bien, même en cas de faible lumière et de grands écarts de luminosité.

Le Zinc du photographe

Le Canon Eos 1-Ds Mark 2

Préambule.

Si vous vous en souvenez, je vous ai présenté il y a peu le Nikon D4s, un autre appareil professionnel.

Aussi étrange que cela puisse paraître, je m’étais attaché à ce gros boitier. Enfin, surtout à ses capacités, hors du commun, même 10 ans après sa sortie.

Celui-là s’en est allé vers un autre sac photo, mais je voulais réitérer l’expérience. Finalement, j’ai trouvé sur le Net un autre champion, le Canon Eos 1-Ds Mark II.

Si ce n’était pas le concurrent direct – il y a 10 ans d’écart entre les 2 appareils – il offre des prestations elles aussi hors du commun.

Un peu d’histoire.

De la fin des années cinquante au début des années septante, Nikon était incontestablement le fournisseur des photographes professionnels.

L’apparition du Canon F-1 vint ébranler cette belle suprématie et encore plus avec le New F-1 dix ans plus tard. Sur les fronts de guerre, dans les stades, dans les rues mouvementées de ces années-là, les professionnels avaient choisi leurs camps : on était Nikon ou on était Canon.

C’est en 1987 que tout bascule, avec l’apparition du premier Canon Eos et plus encore en 1989 quand le Canon Eos 1 est présenté aux professionnels.

L’Eos 1 possède un cadre en aluminium moulé, recouvert d’une coque en polycarbonate et garni de cuir PU antidérapant. Léger et résistant.

Le viseur offre une couverture horizontale et verticale à 100%.

Il peut travailler de 30 s à 1/8000s dans tous les modes d’expositions. L’appareil offre en plus 8 fonctions personnalisables.

Un Power Booster lui permet de photographier à 5,5i/s.

Comme le F-1 et le New F-1 à leur époque, l’Eos 1 s’inscrit dans un système, c’est-à-dire que le boitier est au cœur d’un ensemble d’accessoires prévus pour répondre à tous les besoins des photographes : large gamme d’objectifs, flashs dédiés, moteurs, accessoires macro, accessoires astro, accessoires médicaux, etc.

Mais surtout, c’est son autofocus rapide et précis, piloté électriquement par le boitier, qui fait la différence et incite nombre de photographes à passer vers la marque rouge.

Puis, en 2001 apparait le premier numérique pro de Canon, l’Eos 1D.

Le petit tableau ci-dessous vous résume le reste de l’histoire.

Source : Wikipédia

Le Canon Eos-1 Ds est donc le digne successeur de ses illustres prédécesseurs.

Présentation du Canon Eos-1 Ds Mark II.

L’Eos-1 Ds succède à l’Eos-1 D, sorti en 2001 et qui proposait 11,1Mpx. Il sera suivi en 2004 par l’Eos-1 Ds Mark II (16Mpx) qui nous préoccupe, avant d’être lui-même remplacé un peu plus tard par un Eos-1 Ds Mark III qui proposera 26Mpx. L’Eos-1 Ds Mark II coutait, nu, 8000€ à sa sortie.

Que proposait-il ?

Un capteur plein format de 24 x 36 mm, des vitesses d’obturation s’étalant de 30s à 1/8000s (l’obturateur est prévu pour 400.000 déclenchements), une sensibilité de 50 à 3200Iso, un écran LCD de +/- 5cm, un viseur optique à 100%, tout ça dans un corps en alliage de magnésium recouvert de polycarbonate et un blindage électromagnétique, qui affiche sur la balance, nu, 1550gr (corps 1215g + batterie 335g). Le boitier est traité pour résister au ruissellement et à la poussière. Le but étant de le rendre capable de supporter des conditions de travail difficile et des conditions extrêmes.

A l’époque donc, l’Eos-1 Ds Mark II a été développé pour répondre aux besoins de photographes professionnels de portrait, de studio et de paysage, ceux qui exigent la plus haute qualité d’image. Ce que ce nouvel Eos offrait avec son capteur CMOS de 16,7Mpx plein format. Il offrait alors le nombre de pixels le plus élevé au monde.

Sa haute résolution d’image, sa riche gradation des couleurs et (pour l’époque) une large plage de sensibilité ISO autorisent les photographes à utiliser pleinement toute la gamme des objectifs Canon EF.

Equipé du processeur DIGIC II, l’appareil peut traiter de gros volumes de données extrêmement vite tout en gardant les détails ultra fins et la reproduction naturelle des couleurs. Il peut emmagasiner en continu 32 photos (grand format JPEG) à la fréquence de 4i/s.

Il utilise deux cartes mémoire : une SD et une CF (Compact Flash), avec la possibilité d’enregistrer sur l’une et d’utiliser l’autre comme sauvegarde ou utiliser une carte pour le JPEG et l’autre pour le RAW (ici le CR2 natif).

Au nombre des nouveautés, de nouvelles fonctionnalités comme un grand choix de paramètres de qualité d’image (4 taille de JPEG et dix niveaux de compression en plus du RAW) ; deux paramètres de matrice de couleurs personnalisables en plus des cinq modes prédéfinis afin d’optimiser l’image en fonction des exigences du sujet ou du périphérique de sortie.

Même si de nos jours cela pourrait faire sourire, l’écran LCD de 5,8cm proposait 230.000 points, ce qui doublait la résolution du modèle précédant.

Je citais plus haut la vélocité de son autofocus. De fait, la mise au point automatique se fait sur 45 points (dont 7 en croix), ce qui autorise le photographe à des compositions variées, sans plus avoir besoin de centrer le sujet pour effectuer la mise au point. Ajoutons-y une mesure évaluative sur 21 zones et on peut garantir une exposition idéale pour chaque cas. Le Canon Eos-1 D mark II, plus orienté vitesse que le DS puisque son unité AF est capable de fonctionner à 8,5 images par seconde, fait profiter le 1 Ds Mark II de l’algorithme AF AI Servo AF, optimisé pour le fonctionnement de 4 ips.

Petite précision utile au sujet des boitiers pro : les Eos D et Ds sont surtout destinés au paysage, studio et portrait alors que les DX sont orientés animalier et sport, avec des rafales plus rapides.

Vous pouvez encore contrôler les fonctions personnalisées afin d’adapter le boitier à vos préférences individuelles.

La mesure du flash est E-TTL lorsque l’on utilise les flashs Speedlite de la série EX. Grâce aux informations de distances fournies par les objectifs, l’exposition au flash est plus précise et stable qu’auparavant.

Rappelez-vous, Canon a le premier introduit le principe de la communication électrique du boitier vers l’objectif et l’inverse, le ou les moteurs étant inclus dans les objectifs.

D’accord, toutes ces informations peuvent faire sourire aujourd’hui. Comparé à nos appareils actuels, il aurait presque l’air d’un bon vieux dinosaure.

Mais n’oublions pas qu’à son époque des photographes talentueux en ont tiré le meilleur.

Que penser de cet appareil ?

Vous avez remarqué que, comme d’habitude, je n’ai pas fait une revue exhaustive de ce que l’appareil peut faire, ni comment on s’en sert. Le mode d’emploi se trouve toujours sur le site de Canon.

Je vais plutôt essayer de vous livrer mes impressions.

Une remarque d’abord : cet appareil est prévu pour +/- 400.000 déclenchements et il en compte 22.181 (vu avec Photome, gratuit), autrement dit, il est juste en rodage ! Pourtant cet Eos-1 Ds Mark 2 fête ses 20 ans cette année.

L’appareil est lourd (près de 200gr de plus que le Nikon D4s) mais son ergonomie est excellente et il est très bien équilibré.

Au prix où on le vend aujourd’hui, vous pouvez encore vous offrir une excellente sangle pour le porter sans ruiner vos cervicales.

Sa manipulation requiert un peu d’habitude. Lorsque je l’ai reçu (merci Pierre), j’ai cru un instant qu’il était en panne car j’avais beau faire tourner la grande roue codeuse à l’arrière, rien ne se passait. Heureusement, l’appareil m’a été livré avec le guide rapide et le mode d’emploi en français. Et là j’ai compris qu’il fallait actionner un bouton et la roue pour faire bouger les fonctions demandées. Une petite gymnastique facile a assimiler.

J’ai encore eu le plaisir de découvrir dans le colis que l’appareil était accompagné de trois batteries et de deux chargeurs. En fait non : il y avait bien un chargeur qui permet la recharge de 2 batteries simultanément mais la troisième n’est pas une batterie, c’est un élément qui permet, avec le second chargeur, de travailler directement sur le courant domestique, par exemple lorsqu’on est en studio, ce qui permet d’épargner les batteries, devenus rares de nos jours.

J’ai monté à l’origine sur l’appareil mon bon vieux 17 – 40mm f4 constant en série L, puis j’ai réglé le correcteur dioptrique à ma vue. Il réagit rapidement, même en cas de luminosité faible et fait la mise au point sans hésitation. Le 28 – 80 est venu le seconder.

Ensuite, comme je m’étais acheté une sangle à mettre en bandoulière (plus pratique pour le port d’objet lourd je pense), j’y ai glissé une carte SD car j’attends encore la CF que j’ai commandée.

Petit réglage pour qu’il accepte la seule carte SD, puis le mettre uniquement en RAW (CR2) et me voilà sorti un petit matin frais pour essayer de capter les premiers rayons de soleil.

Agrandissement à 300%

Manque de bol, les nuages étaient très nombreux mais j’ai quand même pu faire quelques photos. Quel régal que d’entendre le clac discret mais ferme de l’obturateur !

Finalement, même s’il fait son poids, il n’est pas désagréable à porter à l’œil et, surtout, quel confort avec le déclencheur, niché dans un creux qui ne laisse pas de doute sur sa position et son toucher. En effet, je n’ai plus de sensibilité dans les doigts et donc avec les autres appareils, je suis toujours en train de chercher le déclencheur. Ici, pas de soucis de ce côté-là.

Le porter avec la sangle en bandoulière est aussi une bonne idée, je ne le sens presque pas. Je vais juste ajouter un câble de retenue au cas où il voudrait me quitter sans préavis !

Quand on a compris le jeu touche+molette, les réglages sont très simples et les menus ne sont pas (encore) à rallonge (le mode d’emploi fait 179p.).

En résumé, je pense que ce Canon Eos-1 Ds Mark 2 va être un compagnon qui restera dans mon véhicule (bien caché) car on peut lui faire confiance pour la solidité et la tenue de sa batterie (+/-1200 vues quand même).

Question prix, comptez entre 150 et 250€ mais vérifiez quand même s’il a beaucoup tourné au pas (un petit truc tout simple pour le faire : avec le programme Photome vous chargez la dernière photo prise par l’appareil et vous regardez les Exifs, vous y trouverez le nombre de déclenchement ou shutter count).

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Alors ici, la liste est tellement longue que je vous renvoie sur le site de Canon Global ou sur 4Clik (en français) pour sa fastidieuse mais intéressante découverte.

Des références.

https://camerarace.com/fr-fr/test/reflex/Canon-EOS-1Ds-Mark-II/, en franglais ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Canon_EOS-1Ds_Mark_II, https://www.4clik.com/photo-video/appareils-photo-numeriques/id=104252/canon-eos-1ds-mark-ii/, https://versus.com/fr/canon-eos-1d-x-mark-ii-vs-nikon-d4s, https://www.canon.fr/pro/stories/eos-1-35th-anniversary/ en français ; https://www.the-digital-picture.com/Reviews/Canon-EOS-1Ds-Mark-II-Digital-Camera-Review.aspx, https://global.canon/en/c-museum/product/dslr787.html, https://www.dpreview.com/reviews/canoneos1dsmkii/2, https://www.joerivanveen.com/blog/canon-eos-1ds-mark-ii/, https://pxlmag.com/db/camera-compare/Canon-EOS-1Ds-Mark-II-vs-Nikon-D4s, en anglais.

Coups de coeur

Le vieil arbre, fin.

Il y a deux ans, j’écrivais que je ne citerais plus ce vieux bout de bois écartelé, brisé par le temps et ses vicissitudes.

Parce que je passe devant chaque fois que je sors et que je le vois maintenant comme mort, je ne le supporte plus.

Hélas, ce lundi 16 décembre, il m’est revenu à la mémoire comme une gifle en pleine figure : ma mère nous a quitté sous un ciel gris, qui pleurait doucement.

Je souhaite tellement qu’il ne voie plus, lui non plus, un nouveau printemps !