Belles rencontres

Connaissez-vous Danny Dulieu ?

Amis de l’argentique, vous allez l’adorer !

Mais que je vous pose la rencontre : dimanche, une brocante et mon épouse qui me téléphone pour me signaler que je venais de rater un Canon AE1 dont elle négociait le prix. Ni une ni deux, je rebrousse chemin et la trouve en compagnie du vendeur et d’un potentiel acheteur un peu déçu car la vente de l’appareil venait d’être conclue.

Mais de fil en aiguille, le dialogue se noue avec l’acheteur malchanceux, et Monsieur Dulieu – puisque c’est lui – me convainc de ses connaissances et compétences en matière de photographie.

Car, outre que c’est un passionné (et je les aime bien ces gens-là), il enseigne aussi comme professeur de … photographie depuis 2008, au CMAH (Cours des Métiers d’Art du Hainaut) de Mons où il a en charge les cours de Technique et Post-Production.

Mais là où ça devient vraiment intéressant pour les amoureux de l’argentique, qu’ils soient novices, débutants ou confirmés, c’est que Danny Dulieu est aussi l’auteur de plusieurs livres sur les sels d’argent.

On me demande souvent où trouver des explications claires et précises sur ce medium qui n’en finit pas de revivre : voilà une bonne adresse.

Ensuite, cerise sur la bobine, il est aussi l’auteur de plusieurs vidéos sur sa chaine YouTube dans lesquelles il explique l’utilisation de tel ou tel film, des réparations, des conseils pour utiliser son smartphone (ben, on peut aimer l’argentique et être pratique !), des explications sur de vieux appareils, etc.

Comme je vais mettre ses références ici plus bas, vous ne pourrez plus dire que vous ne trouvez pas des infos sérieuses, en Belgique qui plus est (mais c’est aussi valable pour nos amis français), sur notre passion commune des films et des vieux boitiers.

Les références :

  1. la chaine YouTube : MranalogDan12
  2. les livres :
L’original et puis sa nouvelle édition,augmentée

Du choix du matériel en passant par celui des films, les techniques de prises de vue, le flash, la macro, l’utilisation d’une chambre (ça me tente bien cette partie), le développement, le tirage papier, etc. Danny Dulieu repasse tout en revue dans un langage clair et accessible qui fera plaisir au plus grand nombre.

Enfin, si vous voulez le contacter, voici ses coordonnées :

Danny Dulieu pour la Belgique

Tel. : 0472 309 275
Email : dannydulieu@sfr.fr

et pour la France
Tel. : 07 78 46 05 08
Email : dannydulieu@sfr.fr


info utiles ou futiles

Des pellicules pour vos vacances ?

Si les indices actuels se confirment, vous serez assez nombreux à préférer mettre des bobines de films dans vos valises plutôt que des valises de batteries pour immortaliser vos vacances.

Quels indices ? La sortie du Pentax 17, l’annonce du Rollei 35 AF, la vente des « jetables » qui ne faiblit pas, l’engouement toujours bien réel pour les appareils analogiques.

Le prix du film peut en effrayer quelques uns mais pour la plupart, c’est une contrainte « constructive » : on ne déclenche pas à tout va, on réfléchit à sa composition, son cadrage, l’utilité de la photo à prendre.

Mais quels films emporter ? Le choix est vaste, du N/B à la couleur, du 135mm au 120, voire même du 110, tout est possible.

Il y a les « classiques » de chez Agfa, Fuji, Kodak, Adox, Rollei, Ilford (par exemple).

Et il y a les « exotiques ». Vous en trouverez sans problème chez Lomography et les partenaires qui distribuent leurs produits, mais je relève quelques références intéressantes, citées par MissNumériques et un peu spéciales. Je me contenterai de les citer et je vous renvoie chez MissNumérique pour les explications, après tout, c’est eux qui ont fait le travail.

Il s’agit des Candido, des Vandal, des Washi, des Sunbath

Puisque j’en étais à chercher des références pour photographier autrement, chez Retrocamera, j’ai trouvé aussi quelques pépites, à essayer.

Ici ce sont aussi les Washi et les Lomography, puis les Tasma (Russe), les Street Candy, les Silberra (Russe), les Santa (celles que le Père Noël a oubliées), les Revolog, les Reto, les Orwo, les Kosmo, les Kono!

Encore une fois, je vous renvoie aux pages de Retrocamera pour les explications sur chacun de ces films.

Bref, il vous faudra peut-être emmener un ou deux boitiers pour les essayer toutes.

Sinon, il reste le bon vieux truc de rembobiner le film pour le réutiliser une autre fois. Faites bien attention au bruit lorsque le film se décroche, pour ne pas rentrer l’amorce dans la bobine. Et si ça rate, il reste la solution de l’ouvre cartouche (Kaiser, AP Photo) – attention, dans le noir absolu – ou l’extracteur d’amorce (Kaiser, AP Photo) – qui nécessite un peu de patience.

Ceci étant, bonnes vacances. Faites-vous plein de souvenirs (et pas que derrière un appareil photo ou un smartphone) pour revenir gonflé à bloc pour la rentrée.

Le Zinc du photographe

Le Nikon D4s

Préambule.

Lors de la présentation du Nikkormat FTn, je faisais la réflexion que j’avais jusqu’à présent présenté déjà quelques Nikon, des années soixante (Nikkormat FTn), des années quatre-vingt ou nonante (F50, F60, F65, F-601, EML) et quelques numériques (D40, D100).

Cet appareil a failli finir à la déchetterie, son précédant et défunt propriétaire ayant eu l’idée étrange de coller la commande du volet du viseur et la correction dioptrique, calée à sa vue !

Quelques heures de travail méticuleux et précis m’ont permis de le débarrasser de cette colle et de restaurer les deux fonctions. Ouf !

L’ajout d’un magnifique objectif 16-35mm à ouverture f4 constante vont me permettre de vous le présenter « vivant ».

Un peu d’histoire.

A l’origine était le Nikon D4, le reflex professionnel sorti en 2012, qui succédait aux D3 et D3S. Une belle machine mais qui ne tînt que deux ans face au Canon Eos 1DX (2012, plein format pro de 18,2Mpx). Cet Eos était meilleur sur trop de points pour que Nikon ne réagisse pas. Ce sera fait avec ce D4s.

Je remarque toutefois que le D4s sera aussi remplacé deux ans plus tard par le D5, mais c’est une autre histoire …

Il ne révolutionne pas l’appareil de base (D4) mais il lui apporte des modifications importantes : citons en vrac un nouveau couple capteur/processeur (Expeed 4), une sensibilité franchement revigorée car des 25.600Iso natifs on peut passer à 409.600Iso en mode Hi-4, un buffer (mémoire tampon) plus costaud (200 JPEG en pleine définition) avec, à la clé, de nouveaux algorithmes de débruitage et de traitement de la couleur.

Soyons raisonnable à propos de ces Iso, cela veut surtout dire que si vous utilisez l’appareil à 12.800Iso, il sera aussi bon que son prédécesseur l’était à 6.400Iso. Vous gagnerez en vitesse d’exécution sans devoir flirter avec un bruit trop important.

Sa rafale de 11 i/sec. en RAW (fichiers natifs), sur 200 vues consécutives, en conservant le suivi AF (autofocus) et le calage de l’exposition (AE), le mettait parmi les reflex très rapides.

Pour les photographes pressés, vous pouviez le brancher, via un connecteur Ethernet RJ45 et le débit de transfert relevé à 185Mb/s vous permettait d’envoyer une image au bout du monde en à peu près 4 secondes (heu, si vous aviez une connexion costaude quand même) vers votre journal ou chez vous.

Pourvu de 2 emplacements mémoire, une XQD et une Compact Flash, vous pouviez y aller et emmagasiner tout ce qui passait devant votre capteur plein format de 16,2Mpx.

Il a aussi une partie vidéo, mais comme ce n’est pas ma tasse de thé, je n’en parlerai pas (voyez dans les références en dessous si besoin).

A l’époque de sa sortie, le boitier nu valait 6000€. Son écran n’était pourtant ni tactile, ni orientable. Mais il a reçu le prix TIPA (Technical Image Press Association qui est une association internationale de magazines de photographie) du « meilleur reflex pro » en 2014 et le prix EISA 2014-2015 (European Imaging and Sound Association qui est une association de magazines européens consacrés au multimédia telle la photographie, l’audio, la vidéo).

Pourtant on pouvait regretter l’absence d’un système Wi-Fi intégré (mais on pouvait y adjoindre un module), de GPS. Cependant, un module WT-5 permettait, à distance, de gérer 10 boitiers en même temps, à distance.

Je vous l’accorde, ces spécifications sont dépassées par les hybrides actuels et les derniers réflex des marques phares, mais est-il pour autant devenu inutilisable ou trop vieux ?

Présentation du Nikon D4S.

Première remarque : c’est du costaud !

Source : Nikon.

Plus d’un kilogramme sur la balance (1180gr), nu et 1337gr avec sa batterie et les cartes. Avec son châssis en alliage de magnésium, il assure et il est aussi tropicalisé. Il n’aura pas peur de sortir qu’il fasse très froid ou très chaud, ni humide, ni poussiéreux.

Pourquoi choisir ce mastodonte ? Ce professionnel Nikon est le plus rapide et le plus compact (oui, je sais, ça étonne !) jamais conçu pour la photographie de reportage, de sport et d’action à son époque (2014), quoique l’Eos 1Dx lui tienne encore la dragée haute et ne s’avoue pas du tout battu. Il laisse les appareils photo « grand public » comme le D800 et le Canon 5D Mark III complètement à la traine de par ses performances.

Les appareils professionnels sont conçus pour que le photographe n’ait pas, dans le feu de l’action, à gérer des tas de paramètres, parce que l’appareil est prévu pour les gérer avec lui, rapidement et sans faux pas.

Un appareil pro ne fera pas de vous un meilleur photographe car il ne prendra pas la photo à votre place mais lorsque vous aurez composé votre image, soigné votre cadrage, « vu » l’action, il sortira la meilleure image possible.

Petit aparté : quand vous faites le choix d’un boîtier pro comme le Nikon D4s, c’est surtout pour sa capacité à gérer des situations complexes, avec des basses lumières et/ou des écarts de contraste importants.

Ce qui vous intéresse alors c’est la facilité avec laquelle vous pouvez faire vos images, sans post-traitement (en tout cas le moins possible), à les livrer le plus rapidement qu’exigé par votre journal. C’est précisément le besoin qu’ont les photographes pros qui doivent livrer toujours plus vite leurs meilleurs clichés.

Ceci étant précisé, voyons maintenant ce qui fait sa différence et s’il peut encore être dans le coup, dix ans plus tard.

La mise en bouche signée Nikon.

En terme d’autofocus, l’appareil propose un nouveau « mode AF zone groupée« . Ce nouveau mode autofocus permet d’isoler le sujet photographié de son arrière plan au moment de la prise de vue. Les ingénieurs Nikon ont développé des algorithmes qui font intervenir le système de détection des visages avec ce nouveau mode AF. Il est composé de 5 points en forme de diamant et ce groupe de points est déplaçable au sein de la zone de 51 points de l’AF.

En gros, avec le mode AF Groupé, le Nikon D4s utilise donc 5 collimateurs en croix qui se comportent alors comme un seul (plus) gros collimateur. Ceci permet au boîtier de caler la mise au point sur le collimateur central de ce groupe tout en tenant compte des informations fournies par les quatre autres. L’algorithme décide alors en temps réel quel est le collimateur qui a raison et fait la mise au point sur celui-ci. Cette technique limite les erreurs de mise au point avec des sujets évoluant en arrière plan. Surtout utile en salle de sport, les terrains de foot, rugby, hockey, etc.


11 photos à la seconde sur 200 vues. Ok, de nos jours certains font encore beaucoup mieux mais, dix ans avant, on peut insister sur le travail de Nikon sur le bloc de l’obturateur qui permet des performances remarquables en terme d’atténuation de « rebond » du miroir au moment de l’activation du mécanisme. Ce travail assure une meilleure stabilité, la réduction de l’occultation de la visée entre 2 prises de vue, une meilleure précision de l’AF. Ceci étant, avec ce type de mode enclenché, mieux vaut avoir prévu de grosses cartes mémoires, ça se remplit vite.

Peu, voire pas de retouche sur des images en JPEG, voila la promesse du Nikon D4s.
Une promesse qui séduit de nombreux photographes professionnels qui ne bossent pas en Raw mais en JPEG pour des raisons de facilité et de rapidité.

Pour les assidus du RAW, la marque propose un mode RAW s qui est un mode RAW allégé mais sans perte de qualité.

La gestion des bases lumières et la plage de sensibilité utilisable reste une question sensible. Si l’annonce des 409.600Iso a fait frémir en son temps, en pratique, il est bien illusoire de vouloir travailler à une telle sensibilité tant les images sont bruitées. Si vous avez fait l’acquisition d’un programme de dématriçage des RAW, vous obtiendrez sans doute une image à peu près exploitable. Mais l’avantage de cette sensibilité record (pour l’époque s’entend toujours, aujourd’hui on a dépassé le million) c’est de vous permettre de gagner au moins une vitesse ou une ouverture dans les conditions habituelles de votre travail de terrain.

Si nous reprenons la photo de sport, cela peut vous autoriser à figer des mouvements et les expressions des sportifs en travaillant à 6400, 12800Iso voire 25600Iso, sans perte de qualité.

Quel autre paramètre peut intervenir dans la qualité de vos images ? Oui, le contrôle de la balance des blancs, qu’il faut pouvoir gérer dans la pratique des situations avec des éclairages disparates et changeants, sans lumière naturelle.

D’origine, le D4S s’en sort déjà très bien mais il existe le mode PRE : faire une image de référence qui aide le boitier à caler la balance des blancs. Petit plus, qui est la marque des grands, vous pouvez faire cette mesure en mode Live View car vous avez alors la possibilité de viser votre sujet et de choisir précisément la zone de mesure avec le collimateur qui s’affiche à l’écran pour faire la mesure sur ce point précis. De ce fait, l’image ainsi modifiée apparait sur l’écran et vous permet de voir en temps réel la correction. Rien ne vous empêche de recommencer l’opération pour arriver au rendu voulu.

Bon, certains me diront que ce n’est pas mieux que si vous aviez fait une photo de référence. Sans doute, mais c’est plus rapide et plus « visuel ».

Si je résume ces éléments, c’est pour écrire que le Nikon D4s encaisse fort bien les basses lumières et les forts contrastes. Il gère aussi très bien les dégradés et il restitue fidèlement la colorimétrie. Il va aller chercher les détails même dans les zones entre sombre et clair, dans les ombres profondes (photo de nuit) ou dans les transitions de l’aube à l’aurore. Les images dans des ambiances très claires (la neige par exemple) vont aussi chercher les détails et les restituer parfaitement.

Petite revue de détail du boitier.

Vous me connaissez, je ne vais pas reprendre points par points tout ce que vous pouvez faire avec cet appareil, la manipulation de tel ou tel bouton. Vous trouverez tout ça ICI (500 pages quand même pour le mode d’emploi en français !).

Un petit résumé en images …

Que penser de cet appareil ?

Tout d’abord, comme l’Eos 1Dx, il impressionne : monolithique, lourd, bardé de boutons aux endroits stratégiques, de roues codeuses, c’est un appareil fait pour travailler (sa limite de fonctionnement serait de 400.000 déclenchements quand même).

Son énorme batterie, accompagnée de son chargeur rapide, vous assure 3020 prises de vue, de quoi réaliser plusieurs reportages dans la foulée. Je vois des hybrides qui pleurent …

Dès le prime abord on sent que cet appareil est bâti pour travailler, dans toutes sortes de conditions : son châssis robuste doit pouvoir encaisser beaucoup, il est tropicalisé, mille petits détails sont extrêmement bien pensés (le loquet pour ouvrir la porte des carte est bien sécurisé, les ouvertures pour câblages divers sont bien étanches, la poignée intégrée porte les mêmes commandes qu’en tenue horizontale, le verrou de la batterie ne vous lâchera pas, …).

On pourrait lui reprocher de n’avoir « que » 16,2Mpx à offrir. Mais en y regardant bien, d’autres appareils, Olympus, Panasonic, par exemple, proposent encore du 16Mpx sur capteur micro 4/3. Ici nous les avons sur un capteur full frame (23,9x36mm) c’est dire s’ils ont de la place pour travailler correctement, sans montée de bruit excessive (on peut travailler à l’aise à 25600Iso). Il faudra faire attention au recadrage si besoin et à la taille de vos impressions mais allez-vous imprimer des 2x4m ?

Choisit-on ce boitier pour la photographie de tous les jours ?

Hmm … en tant que professionnel, il y a maintenant beaucoup mieux (et plus léger) sur le marché, toutes marques confondues. Pour un amateur éclairé, c’est encore un sacré appareil qui donnera des résultats bluffants en paysage, en portrait, en studio.

La preuve est que son prix tourne encore, nu, autour des 1000€. Comme il accepte un vaste choix d’optiques Nikon pour reflex, c’est peut-être le moment de tenter de faire un bonne affaire en piochant dans le vaste catalogue de la marque, qui ne manque pas de très belles références en la matière.

Ici, il est équipé d’un AF-S Nikkor 16-35mm f4G ED VR de très belle facture. L’ensemble vaut encore au bas mot 1500€.

Un regret, c’est le choix des cartes mémoires : la carte XQD n’est plus suivie et la Compact Flash serait amenée à suivre le même chemin (mais on en trouve toujours d’excellente qualité).

Peut-on craquer pour le Nikon D4s ? Oui, certainement. C’est d’ailleurs l’avantage des appareils professionnels, ils sont souvent tellement en avance qu’ils restent longtemps dans le coup.

Mais prévoyez un bon trépied et une bonne sangle de cou pour le transporter. Un tel appareil se mérite.

Videos d’illustration.

Un petit exercice amusant de comparaison.

Un peu de technique.

Essayer de vous résumer en quelques lignes les caractéristiques techniques d’un reflex pro « moderne » tient de la gageure. Je vous mets donc en lien le site de Nikon qui fait ça très bien.

Des références.

https://www.lesnumeriques.com/appareil-photo-numerique/nikon-d4s-p46491/test.html, https://www.lesnumeriques.com/appareil-photo-numerique/nikon-d4s-p19633/nikon-d4s-bonheur-professionnels-n33368.html, https://fr.nikon.ca/p/d4s/1541/overview, https://www.nikonpassion.com/test-nikon-d4s-premiere-prise-en-main-photos-de-sport/, https://versus.com/fr/nikon-d4-vs-nikon-d4s, https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon_D4S, https://www.strasbourgphoto.com/nikon-d4s-les-premieres-images/, https://www.nikonpassion.com/nikon-d4s-expeed-4-24mp-25-600-iso-af-plus-rapide-ou-pas/, https://www.lesnumeriques.com/carte-memoire/cartes-sd-ou-microsd-xqd-ou-cfexpress-mieux-comprendre-les-cartes-memoire-de-stockage-a156535.html en français ; https://www.dpreview.com/reviews/nikon-d4s, https://www.dpreview.com/products/nikon/slrs/nikon_d4s, https://photographylife.com/reviews/nikon-d4s, https://www.photographyblog.com/reviews/nikon_d4s_review, https://www.kenrockwell.com/nikon/d4s.htm, https://camerareviews.com/compare/nikon-d4s-vs-nikon-d5/, en anglais.

Belles rencontres

Rencontre amicale sur la brocante d’Imagipark (Mons)

Ce dimanche là il faisait beau, les promeneurs et acheteurs nombreux et, à l’exception d’une averse que personne n’avait pu prévoir, tout se passa bien.

J’ai eu le plaisir de revoir Michel et d’échanger à nouveau quelques mots avec lui. Si vous vous en souvenez, je vous ai présenté son blog qui parle de sa passion pour les objectifs anciens en M42.

Il se fait que j’avais dans mes « vieux machins » un bel objectif Minolta Rokkor 50mm f1,4 dont le diaphragme semblait hors service.

Bon, ce n’est pas du M42 mais connaissant Michel, il va pouvoir en faire quelque chose, que je vous invite à découvrir sur son site car il a toujours plein d’astuces et de ressources.

Crédit photo : Michel Maurice.

Promis, la prochaine fois, je prends la caisse avec les M42 que je possède encore, tu vas t’amuser.

A bientôt pour une autre rencontre bien sympathique.

info utiles ou futiles

Quand les fabricants de film rendaient la photographie amateur facile et agréable.

Au détour d’un paquet de vieux documents ayant trait à la photographie argentique (vieux catalogues, modes d’emploi, etc.), j’ai retrouvé un petit fascicule édité par Fujicolor.

Plein de nostalgie, je l’ai feuilleté et je me suis dit que j’allais vous le scanner car sous des dehors bon enfant, toutes les notions de la photographie amateure y sont reprises.

Eh oui, à l’époque les fabricants de film se coupaient en quatre pour vous faire aimer la photo familiale, de vacances, celle que l’on appelle pompeusement « vernaculaire » (oui, j’ai osé le jeu de mots !). D’abord parce qu’ils vendaient encore plus de films et ensuite parce que ça décomplexait la photo, la rendant accessible et ludique.

Si vous veniez d’acheter votre Zenit E, votre Praktica MTL 5, votre Fujica ST 605, par exemple, vous aviez envie de faire de belles images sans trop gaspiller cette précieuse pellicule.

Après avoir lu le mode d’emploi de votre appareil, généralement bien fait et plein de bons conseils, vous lisiez ce petit opus fournit par le fabriquant de film et vous étiez prêt à affronter le monde.

Je ne résiste pas à vous présenter celui fournit par Fuji Film.

Voilà, voilà … Fuji Film n’était pas le seul a fournir ce type de « mémo » utile. Kodak, Agfa et consorts s’y sont mis aussi avec plus ou moins de bonheur.

Et si ne gardiez que la grille ci-dessous près de votre appareil photo, vous pouviez affronter tous les types de prises de vue.

Je vous le mets en PDF à télécharger, si vous en aviez un jour besoin.

Et si nous parlions (un peu) technique ?

Les cellules indépendantes

C’est suite à l’article consacré aux Zorki 4 et Zorki 4K que je me suis dit qu’un petit article sur les cellules indépendantes (cellule dite « à main » ou posemètre) avait sa pertinence.

Sur des appareils anciens, il n’y a pas de système de mesure intégré. Il faudra attendre la moitié des années soixante pour voir apparaitre des cellules, d’abord au sélénium, puis au CdS , et les années septante pour celle au silicium bleu, embarquées dans l’appareil photo. Ces cellules étaient souvent sur des reflex à l’époque car la miniaturisation de l’électronique n’est pas encore au top et il faut un peu de place pour caser tout ça.

Mais à quoi sert la cellule, le posemètre ?

Rappelez-vous le sacro-saint principe du triangle d’exposition :

ou expliqué différemment :

Illustrons-le par cette petite animation :

Une des caractéristiques de ce triangle est donc la sensibilité du film (exprimée en Iso ou Asa, ou Din, ou Weston, ou Gost, etc.). Pourquoi ?

Si on considère qu’une photographie est correctement exposée lorsque la surface sensible reçoit la bonne quantité de lumière, le photographe doit donc savoir quelle est cette « bonne quantité », c.-à-d. celle qui donnera une image ni trop claire ni trop sombre, toute en nuances.

Pour cela on va considérer la quantité de lumière par « unité de surface », ce que l’on appelle l’exposition lumineuse ou lumination. Celle-ci s’exprime en lux-seconde (lx.s pour le symbole).

Cette lumination va produit un effet sur la surface sensible – capteur (valeur numérique en pixels) ou film argentique (noircissement du négatif) – et on cherchera à connaître la valeur qui est nécessaire pour obtenir cet effet.

La sensibilité sera alors définie comme l’inverse de la lumination. Petite formule pour les matheux : {\displaystyle S={\frac {H_{0}}{H}}}H est la lumination nécessaire pour le résultat recherché, et H0 une constante qui permet de fixer l’échelle de sensibilité.

Si comme moi vous êtes allergique aux formules, que faut-il retenir ? C’est que la sensibilité est inversement proportionnelle à la lumination nécessaire.

-« Heu … ? »

En gros, un film de 200Iso étant deux fois plus sensible qu’un film de 100Iso, il aura besoin de deux fois moins de lumière pour le même résultat.

Cette sensibilité, que l’on appellera aussi « rapidité » déterminera les films « lents » (sensibilité basse) des films « rapides » (sensibilité élevée).

Des tas d’ingénieurs/chercheurs se sont penchés sur ce problème et le premier à avoir proposé une « échelle » de valeur est un ingénieur Polonais, Władysław Małachowski (1837–1900), surnommé Leon Warnerke – en 1880.

Sans les citer tous (vous trouverez les références ci-dessous), les plus connues sont sans doute l’échelle de Weston (1932) qui fabriqua un des tous premiers posemètres, le « Weston model 617 »; puis vint le système DIN (Deutsches Institut für Normung) en 1934, suivi par le BSI (British Standards Institution), ensuite les Asa (pour American Standards Association, connue aussi sous la dénomination de ANSI – American National Standards Institute, 1943) qui sont une standardisation des normes existantes, ensuite le Gost russe (1951), équivalent aux Asa.

Enfin, en 1974, l’échelle ISO remplace celle des Asa et DIN. Vous verrez souvent sur l’étiquette d’un film la sensibilité écrite « ISO 100/21° » : la première valeur étant celle des Asa, la seconde celle exprimée en Din. Mais dans la vraie vie, on parle de 100Iso, la norme Din ayant peu à peu disparu.

-« Ça va, vous suivez toujours ? »

Il fallait donc créer un appareil capable de donner, rapidement, une lecture de la luminosité et par là, ensuite, de déterminer l’ouverture adéquate.

Le tout premier « posemètre » fut l’œuvre de Alfred Watkins, en 1890.

Entièrement mécanique, il est le résultat des calculs faits par Watkins et se présente sous la forme d’une règle à calculs.

Mais un « vrai » posemètre est composé d’une cellule photo-électrique et d’un calculateur, manuel (de type règle à calcul) ou électronique.

La première cellule au sélénium est inventée par un américain, Charles Fritts, en 1883.

Le principe est simple : une plaque de métal est recouverte de sélénium, qui produit de l’électricité lorsque l’énergie lumineuse touche sa surface. Un amplificateur est nécessaire pour restituer la quantité infime d’électricité produite par le sélénium, ce qui complique les choses si on veut que le posemètre soit portable.

Comme d’habitude, il faudra hélas attendre la fin de la première guerre mondiale pour bénéficier des avancées technologiques issues du conflit pour voir apparaitre le premier posemètre à énergie, inventé et vendu par J. Thomas Rhamstine de Détroit (1931).

Puis, le japonais Tokushichi Mishima utilise une autre technologie qui ne nécessite pas de batteries et il présente le posemètre Alnico.

C’est à ce moment là qu’entrent en jeu deux autres pionniers de la mesure de la lumière, Gossen (Allemagne) avec le Gossen Ombrux et le Weston 617 dont j’ai écrit quelques mots plus haut.

Et rendons à Weston ce qui lui appartient : la paternité du premier posemètre avec mesure de la lumière et règle à calcul intégré.

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Les cellules à main ou posemètres travaillent soit avec une cellule photovoltaïque, qui permet au posemètre de fonctionner sans alimentation électrique (comme le sélénium), soit une cellule photo-résistante, soit encore une photodiode (ces deux derniers systèmes ont besoin d’une batterie ou pile pour fonctionner).

Bien évidemment, dès ce moment-là, des dizaines de fabricants vont se ruer sur la fabrication des posemètres, chacun avec son petit « truc » en plus (ou pas d’ailleurs).

Le maître mot étant celui de la portabilité et de la justesse des mesures indiquées, en plus de celle de la lecture simple et rapide des informations nécessaires.

S’il peut être tentant d’acquérir une cellule ancienne – il y en a de très belles – je ne le conseille pas, en tout cas, pas pour un usage courant.

Le sélénium ou autre produit photovoltaïque ont tendance à « s’épuiser » avec le temps, rendant la cellule inopérante.

Les autres, qui nécessitent une source d’énergie, faisaient appel, souvent, à des piles ou batteries aujourd’hui disparues et impossibles à remplacer car au mercure.

Enfin, une cellule indépendante, ça « traine » dans un sac, une poche, ça prend des coups et s’abime. J’en ai quelques unes ainsi, cassées, fêlées, qui se décollent et finissent par tomber en morceaux.

Puis, les plastiques de l’époque, voire la bakélite pour certains modèles, se dessèchent, se fissurent et cassent.

Bref, si vous aimez les beaux objets, pourquoi pas, mais laissez-les en exposition.

Pour sortir et faire des photos, prenez du neuf ou du « pas très vieux » toujours utilisable.

Là il y a aussi quelques écoles : celle de la cellule à main et celle de la cellule que l’on fixe sur l’appareil, et celle que je n’aime pas mais qui dépanne, celle du smartphone à tout faire (via des applications).

Que choisir ?

Chacun son école. Disons que la cellule à main est la plus « universelle », souvent la plus lisible car bien proportionnée.

Les cellules à fixer sur l’appareil peuvent participer au « look » de celui-ci. Anecdotique ? Pas vraiment car photographier avec un vieil appareil donne un charme discret que je trouverais dommage de dénaturer.

Quelles marques et quels budgets ?

Alors là, comme pour le reste, tout est possible en terme de budget.

Au point de vue des marques, les Sekonic, les Gossen se disputent le marché et se valent en terme de qualité.

Trois modèles semblent revenir en tête pour ce qui concernent les cellules à main :

  • Gossen Digisix 2, très compacte et légère (40gr), on la glisse dans toutes les poches. Lecture numérique multimodes. Elle offre les fonctions du posemètre classique, en incluant la mesure de la lumière incidente et la mesure de contraste. En plus de sa fonction première, l’appareil dispose d’un thermomètre et d’une horloge avec une fonction alarme et une fonction chrono, mais ça, c’est presque inutile (prix approximatif 220€).
  • Gossen Sixtomat 2 Electronic, analogique avec un pointeur. Un grand classique toujours d’actualité (prix approximatif 70€)
  • Sekonic L-208 Twin Mate. Ici aussi, de l’analogique avec un pointeur : il suffit juste de tourner une molette pour aligner le marqueur d’index à la position du pointeur, ensuite il reste à lire les combinaisons vitesse d’obturation et ouverture (prix approximatif de 105€).

Petit exemple d’utilisation via le Sekonic L-208 Twin Mate (merci initiation à la photographie)

Avant toute chose, il faut ajuster la sensibilité du film que vous allez utiliser, les ISO (cercle jaune).

Ensuite, il faut choisir le mode de mesure que vous allez effectuer : lumière incidente ou lumière réfléchie.

Par exemple, pour une sensibilité de 100 iso, vous obtenez les couples f/5,6 et 500s, f/8 et 250s; f/11 et 125s ; f/16 et 60s. A vous de choisir en fonction de ce que vous voulez privilégier : profondeur de champ, vitesse pour éviter le flou de bougé, etc.

Comme leur nom l’indique, la lumière incidente est celle qui éclaire le sujet, la lumière réfléchie est celle renvoyée par le celui-ci

Pour la première, on se place au plus près du sujet et on oriente la cellule vers l’appareil photo. Cette mesure convient bien au portraits et aux sujets cadrés serrés, qu’il est facile d’approcher.

La seconde est encore plus simple : vous orientez la cellule vers le sujet. Elle convient de ce fait bien aux paysages. Idéalement, on balaye le ciel, les zones d’ombre, les zones claires et on en tient compte pour calculer son exposition.

Dans la pratique, c’est celle que l’on utilise le plus souvent. Vérifiez quand même sur votre cellule laquelle vous avez mis en œuvre, pour éviter des données faussées.

Notez que ça se voit vite car généralement c’est un bout de plastique blanc que l’on déplace qui vous fait passer de l’une à l’autre sur la cellule.

L’utilisation d’une cellule ne vous dispense pas de réfléchir car elle peut se faire piéger dans certains cas. Le plus classique est celui de la neige : très blanche, elle induira une sous-exposition, qu’il vous faut corriger en surexposant ou en allongeant le temps de pose. Les belles plages de sable blanc écrasées de soleil vous joueront les mêmes tours !

Toutes les explications ci-avant valent bien évidemment pour la seconde sorte de cellule, celles que l’on fixe sur l’appareil, généralement dans la griffe porte flash ou accessoires.

Je ne vous présente ici que des modèles récents. Il en existe de plus anciens mais les remarques faites pour les cellules à main restent évidemment valables (épuisement des cellules au sélénium, piles introuvables, etc.).

Le principe reste sensiblement le même : vous réglez la sensibilité du film utilisé et, pour le premier modèle, vous pouvez régler selon votre goût vitesse et ouverture et l’appareil vous soumet son réglage. Pour le second, après avoir réglé la sensibilité, vous visez votre sujet et vous lisez la proposition faite sur le petit écran.

C’est le second modèle que j’ai commandé sur un grand site chinois bien connu (35€ frais d’envoi compris !) et j’ai retrouvé une Gossen Sixtar au CdS (avec une pile PX 625) qui fonctionne comme au premier jour.

Bref, vous savez maintenant que le choix existe, qu’il est assez vaste. Déterminez d’abord vos besoins (paysage, portrait, studio) car ils influeront sur le choix de telle ou telle cellule.

Mais gardez en tête qu’il vaut mieux en acheter une récente, calibrée correctement, que d’utiliser les jolies anciennes devenues moins fiables avec le temps.

Dernier petit truc si vous n’avez pas de cellule sous la main : si votre carnation est dans la moyenne des européens (pas trop blanche, pas bronzée), faites une mesure sur la paume de votre main, sa « couleur » est très proche du gris à 18% (c’est empirique mais ça dépanne !).

Bonnes photos.

Petites videos ajoutées grâce à l’intervention pertinente d’Olivier : comment mesure la lumière avec une cellule ? (Eric Gibaud)

Des références : https://www.filmisundead.com/cellule-a-main-posemetre-a-quoi-ca-sert-comment-sen-servir/, http://vivre-de-la-photo.fr/comprendre-et-maitriser-le-triangle-dexposition/, https://posenature.fr/triangle-exposition/, https://pix-visu.me/2022/08/01/comprendre-le-triangle-dexposition/, https://fr.wikipedia.org/wiki/Sensibilit%C3%A9_ISO, https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Watkins, https://fr.wikipedia.org/wiki/Posem%C3%A8tre, https://www.nicolas-beaumont.com/le-posemetre-apps-materiel/,https://photosavi.com/les-meilleurs-posemetres-pour-la-photographie-en-2021/, https://initiationphoto.com/comprendre-et-utiliser-le-posemetre-a-main-sekonic-l-208-twinmate/

Et si nous parlions (un peu) technique ?

Tentative de réparation d’un télémètre Pollux

Je vous ai déjà écris un article sur ces petits accessoires bien utiles. Il s’agissait à l’époque du Watameter Super.

Au fil de mes pérégrinations, j’ai trouvé un second télémètre accessoire, un Pollux, dans sa gaine en cuir, que l’on attachait à la lanière de l’appareil photo.

Hélas, rentré à la maison, force est de constater que celui-ci ne fonctionne pas : pas d’image dédoublée, pas de mouvement de celle-ci.

Bon, fichu pour fichu, autant l’ouvrir et essayer de le réparer.

Première remarque : visiblement ces accessoires ne soulèvent pas l’enthousiasme sur la Toile. Je n’ai pas trouvé grand chose à leur sujet, du moins pour les ouvrir et tenter de les réparer.

Donc, on y va, sans filet …

Tout d’abord, il faut enlever le simili-cuir qui entoure le bloc car aucune vis n’est apparente. Et bien évidemment, celui-ci se déchire ! Je verrai ça plus tard.

Finalement, il n’y a que deux vis qui tiennent la plaque qui fait office de fonds et, surtout, de porteur du télémètre. Il y en a bien une troisième, longue, qui traverse la roue d’ajustement et vient pousser sur le mécanisme du télémètre.

A l’ouverture, un minuscule bout de verre manque de tomber au sol. Je le rattrape in extrémis mais ce n’est pas de bon augure.

Manifestement, ce dernier doit retrouver sa place sur le côté gauche de l’ensemble, en face d’un tout aussi minuscule miroir.

Si vous l’avez remarqué, il y a un petit rond noir sur le verre. Dans quel sens doit-il reprendre sa place ? J’opte pour le bas, on verra bien.

Alors, pour mieux comprendre le principe de ce système, quelques exemples.

Dans un appareil télémétrique de type Leica, Zorki, Cannonet, Yashica Electro 35 et autres, les rayons lumineux entrent par la fenêtre du télémètre, souvent décalée de plusieurs centimètres par rapport au viseur.

Ces rayons lumineux viennent buter sur un miroir mobile, qui les renvoie, en passant à travers un miroir semi-transparent sur un second miroir semi-transparent, celui que vous voyez à travers l’oculaire de visée.

Un jeu de cames, entrainées par l’objectif qui s’éloigne ou s’approche du boitier, va faire bouger le miroir mobile du télémètre et permettre d’ajuster la visée jusqu’à faire coïncider deux images pour en former une seule. Un patch coloré permet de mieux distinguer ces images.

Source : Suandeau

C’est le principe de la coïncidence d’images : deux images d’un sujet sont visibles dans l’oculaire de visée. L’une directe et l’autre indirecte car réfléchie par un prisme. En faisant tourner la bague de mise au point de l’objectif ou la molette sur un télémètre additionnel, le prisme, par un système de came, tourne sur son axe. Lorsque les deux images ont fusionné pour n’en former plus qu’une, la mise au point est correcte.

Vu d’une autre manière, voici comment fonctionne le passage des rayons lumineux.

Source : 35mm-compact

Bon, ça s’est pour le principe, la réalité c’est ce bout de métal qui porte d’un côté un miroir pas follement en forme et de l’autre, il devrait y avoir le miroir semi-transparent, en l’occurrence ici mon bout de verre.

De fait, ici le prisme est reproduit par la position du miroir, qui bouge sous la pression de la longue vis vue au début du démontage. Cela modifie son angle de renvoi.

J’en reviens au point noir sur le verre trouvé au démontage. Il doit s’agir du « patch » qui permet de voir si la coïncidence des deux images est bonne.

Finalement, j’ai réussi à tout remettre en place, mais j’avoue que l’image n’est pas au top. La faute sans doute au miroir très atteint.

Lorsque j’ai remonté l’ensemble et ai remis un simili-cuir autour du tout, j’ai laissé volontairement les vis apparentes. Si jamais je trouvais un meilleur miroir, j’envisagerai sans doute une greffe.

La tentative n’a pas vraiment échoué mais ce n’est cependant pas une grande réussite.

Ça à l’air simple comme ça et finalement c’est un petit appareil complexe qu’il faut prendre avec humilité (surtout si on est nul en math;-)).

Pour les amateurs de mathématiques, voici un site qui répondra à vos attentes ICI.

Des références : https://35mm-compact.com/photographie/telemetres.htm, https://www.suaudeau.eu/memo/rep/reglage_du_telemetre.html

Les Incontournables

L’œil de Reza, 10 leçons de photographie

Bon, quand on est grippé avec interdiction de sortie, il faut bien occuper ses longues journées entre sirop et gouttes pour le nez …

Du coup, j’en profites pour lire les livres que je n’ai pas terminés ou pas encore lus.

Il y a quelque jours, je vous proposais Steve McCurry. Je notais qu’il était un des photographes que j’apprécie beaucoup, tout comme celui d’aujourd’hui, Reza.

Aussi étrange que cela paraisse, ces deux livres parlent de la même chose, sous deux approches différentes et complémentaires.

Reza fait partie des photo-reporters reconnus mondialement, comme Steve McCurry.

Si dans le premier livre, le photographe explique le comment et le pourquoi de ses images, mêlant le récit de sa vie à celle de son métier, indissociable, ici Reza emprunte, avec la collaboration de Florence At et Rachel Deghati, le biais de « leçons de photographies » pour parvenir au même résultat.

Car ne nous y trompons pas, chacun des chapitres est une partie de l’histoire singulière de cet artiste, qui donne les clés du comment et du pourquoi de ses images.

Même s’il emprunte le prétexte d’une série de leçons, son parcours est intimement lié à sa production photographique.

A travers ses réflexions, ses doutes, ses interrogations, il nous livre ici aussi un témoignage poignant, celui d’un exilé qui a dû fuir son Iran natal et qui s’est engagé à montrer la souffrance des peuples martyrisés, leur force, leur résilience car il en comprend les mécanismes pour les avoir vécus.

C’est un très beau livre dans lequel on apprend la patience, la rigueur, la recherche du beau, le respect des autres.

Grâce à sa lecture, on approche encore un peu plus de la spécificité du métier de photo-reporter, un métier en voie de disparition, malheureusement.

Car il faut du courage, de la force de caractère pour aller là où l’horreur est parfois absolue. Oui, il faut du courage, de la force de caractère pour encore avoir la possibilité d’y trouver du beau dans l’humanité et le montrer.

Reza fait partie de ces grands photo-reporters.

Video de présentation

L’Oeil de Reza, 10 leçons de photographie, Florence At, Rachel Deghati, Reza, Ed. Dunod, Hors Collection, ISBN 978-2-10-078813-2

Les Incontournables

Steve McCurry, Inédit. Les histoires à l’origine des photographies

J’ai toujours été fasciné par la gestion des couleurs faites par Steve McCurry.

Il fait partie des photographes que j’apprécie, comme Reza, Doisneau, Madame Weiss, Ronis, Giacomelli, Madame Lee Miller, … la liste est longue quand on est curieux.

Les photographies de McCurry font partie des images iconiques depuis des années. Aussi était-il intéressant de comprendre le cheminement qui a abouti à ces images.

Dans un livre dense et agréable à lire, il retrace ici quarante ans de photographie engagée.

Chaque d’elle est remise dans le contexte particulier de ses pérégrinations dans des pays où la guerre, les conflits religieux ou les rêves d’expansion des dictateurs rythment le long temps de la souffrance des peuples.

Il ne se contente pas d’être le témoin attentif de ces conflits, il s’attache surtout à montrer le courage infini, la résilience de ces gens meurtris. Il essaie de comprendre comment ces peuples arrivent à vivre « presque » normalement dans des situations extrêmes, comment ils s’en sortent, comment ils triomphent de l’adversité qui autrement les réduirait à n’être plus que des fantômes errant dans les ruines de leurs pays.

Rythmé par le découpage de ses voyages dans des contrées si belles et si dévastées, il nous montre que la vie prend toujours le dessus.

Quand il photographie la guerre, c’est par le biais de ces petits gestes quotidiens qui aident ces gens à rester debout.

Il nous explique comment il a été à leur rencontre, comment il a préparé ses voyages, que nous touchons du bout des yeux grâces à ces petites choses qui sont les témoins de ces voyages : notes manuscrites, tickets d’avion, de taxi, notes d’hôtel, numéros de téléphone des accompagnants, des contacts utiles, etc.

Un livre qui montre ce qu’un homme déterminé peut mettre en place pour témoigner de faits qui deviendront des faits historiques (il fut le premier photographe étranger en Afghanistan en 1979). Sans complaisance car il n’est pas un héros sans peur, une tête brulée mais bien un photographe engagé qui met tout en œuvre pour aller couvrir ce qu’il entend défendre : la dignité de ces peuples soumis aux pires exactions.

Un livre à découvrir difficilement car il est épuisé depuis des années (sorti en 2020). Mais si vous en trouvez un, immergez vous dedans pour découvrir un personnage qui n’a pas craint de se plonger dans des conditions difficiles pour être au plus près de ses sujets.

Petite video d’illustration (en anglais, pensez à convertir la langue)

Steve McCurry, Inédit. Les histoires à l’origine des photographies. Edition Phaidon, ISBN : 1838661018

Argentique

Le Canon Prima Sol

Celui-ci ça fait un moment que je le cherchais et c’est grâce à une charmante dame qui se défait lentement de la riche collection de son mari que j’ai pu l’acquérir.

Il est tout beau, tout propre, avec sa petite pochette en satin gris.

Mais que je vous explique mon intérêt pour ce petit compact original.

Alors comme d’habitude, faisons le tour des dénominations utilisées : il s’appelle Autoboy SE au Japon, Sure Shot Delsol en Amérique du Nord et Prima Sol en Europe

C’est un compact de la gamme Prima, un des bestseller de Canon dans les années nonante.

Lorsqu’on le voit pour la première fois, fermé, on doute : radio de poche, chargeur de piles ? Et puis il y a le mot Canon sur le devant, qui devrait nous mettre sur la piste …

Car ce qui intrigue, c’est ce panneau solaire sur le devant.

« Non, ils ont osé mettre un panneau solaire sur un appareil photo ? »

Eh oui, il s’agit même du premier appareil photo au monde à utiliser exclusivement l’énergie solaire pour ses besoins de fonctionnement !

Oui, vous avez bien compris : voici le premier appareil photo qui n’utilise que l’énergie solaire pour charger des batteries internes grâce à des cellules photoélectriques haute performance situées sur sa face avant.

Ah, j’entends déjà quelques personnes qui se récrient : le premier appareil a énergie solaire est le Ricoh XR-S de 1981.

Source : The Chens. On voit bien les cellules solaires sur les 2 côtés du prisme

Et bien non car si le XR-S avait un panneau solaire de chaque côté du prisme, ils ne faisaient que compléter l’alimentation du circuit de mesure et ils n’alimentaient pas l’ensemble de la caméra comme sur le Prima Sol. De plus, si le soleil faisait grise mine, le posemètre disposait d’une source d’alimentation de secours de 1,5 volts via une SR44/LR44, contrairement au Prima Sol qui n’est alimenté que par la batterie chargée par le panneau solaire.

La batterie solaire amorphe (source d’alimentation principale) et une batterie lithium-ion (source d’alimentation secondaire) fonctionnent en tandem. Le soleil fournit toute la puissance nécessaire au système AF, à l’obturateur électromagnétique programmé, au flash intégré et au transport du film. Une caméra écologique avec un concept de développement futuriste pour l’époque.

C’est en mars 1995 que Canon a sorti cette petite bombe « verte » avant l’heure, car c’est un appareil autonome et conçu pour être peu gourmand en énergie (une recharge solaire de 6h assure l’utilisation de l’appareil avec 5 films de 36 vues).

Pour le reste, il intègre les composants du Prima Mini (Autoboy F ou Sure Shot M), à savoir :

  • Une mise au point entièrement automatique avec un objectif 32 mm f/3,5.
  • Un autofocus intelligent à 3 points
  • Une ouverture et un obturateur à commande électromagnétique.
  • Plusieurs mode flash (automatique, anti-yeux rouges, débrayé)

Son utilisation est des plus facile : tout d’abord éloignez le panneau des cellules solaires en le poussant doucement vers le bas et l’appareil s’allume, l’objectif se déplie. Vous le portez à l’œil et visez à travers un viseur placé au milieu du boitier (couverture de 84% avec un grossissement de 0,32). Au centre, une croix qui est l’indication de l’AF et des lignes de cadre. Une LED verte s’allume lorsque la mise au point est verrouillée sur le sujet. Cette lampe clignote lentement quand on effectue un gros plan et plus rapidement pour signaler un risque de bougé (faible lumière).

Une pression légère sur le gros bouton orange, clic-clac, c’est dans la boîte et l’appareil entraine le film à l’image suivante, assez silencieusement.

Lorsque vous avez fini votre prise de vue, refermez doucement le panneau, l’objectif se rétracte et l’appareil s’éteint.

Comme il est tout automatique, vous vous doutez bien que le nombre de boutons de commande est limité.

De fait, outre le bouton orange du déclencheur, sur le dessus, il y a sur le côté droit (vu de face) deux boutons pour le contrôle du flash (celui du haut le coupe et force le boitier à choisir une vitesse lente qui peut aller jusqu’à 1s) et l’autre active la synchro lente en cas de fill-in (déboucher des ombres).

En dessous de ces boutons, le verrou pour ouvrir la chambre et y placer un film.

Toujours sur la tranche droite (en le regardant de face), vous verrez un gros bouton rouge. Il permet d’activer l’affichage de la charge sur le petit écran LCD qui est sur le devant de l’appareil. Lorsque vous appuyez dessus, vous verrez la silhouette d’une pile, divisée en 4 parties et celle qui est noircie correspond à la charge restante.

Alors je ne sais pas si vous possédez des panneaux solaire chez vous, ou comme moi montés sur un camping car, mais lorsque le soleil brille et les active, ça chauffe.

Canon en était aussi conscient car si vous laissez votre appareil 6 heures en plein soleil, la température interne va vite grimper et risquer d’abimer le boitier. Le panneau des cellules peut se déplacer vers l’avant s’il détecte cette montée de température et s’il ne le fait pas, actionnez le petit bouton sur la tranche gauche, son petit cœur de silicium vous remercie.

Au point de vue qualité des prises de vue, comme avec tous les Prima, l’appareil prend tout en charge et il le fait bien.

Personnellement, j’apprécie particulièrement son objectif plutôt grand angle (32mm).

Mais que penser de ce drôle d’engin ?

C’est peu dire qu’il s’agit d’un boitier original, qui sort des sentiers battus car dans les années nonante, Pentax, Olympus, Minolta par exemple sortaient aussi d’excellents petits compacts. Munir celui-ci d’une technologie particulière était gage d’interpeller le public blasé.

Toutefois, son prix put être un obstacle. En effet, le coût des cellules photovoltaïques était encore important en 1995, tout comme la pile lithium-ion peut courante à l’époque (le classique des rechargeables était le Nickel Cadnium moins performant).

Ensuite, paradoxe du Canon Prima Sol, sa batterie devrait être remplacée après dix ans d’activité ou … d’inactivité. Et là, les ingénieurs n’ont jamais pensé que les clients les remplaceraient eux-même car la pile est soudée.

Appareil écologique doté de l’obsolescence programmée ? Un comble, non.

Mais les férus de ces vieux machins ont plus d’un tour dans leur sac et si celui que vous avez trouvé, ou que vous possédez, est en panne de batterie, allez voir sur le site de Mike Eckman, il vous explique comment remplacer celle-ci.

Je l’ai emporté avec nous lors de vacances familiales, pour le tester. Je n’ai pas terminé encore le film malheureusement. Mais de cette courte expérience d’utilisation, que retenir ?

L’appareil est très plaisant à utiliser, très facile à manipuler. Pourtant, second paradoxe de celui-ci, le fait de devoir ouvrir le panneau avant de prendre une photo n’est pas un geste très naturel ni discret, et le laisser ouvert augmente le risque de l’heurter et le casser. Mais le plus perturbant est que finalement un compact, on le met dans un petit sac, une grande poche, voire on le porte autour du cou (la dragonne est assez longue). Dans ce dernier cas, il va faire le plein de soleil, sinon il faudra le ressortir pour le placer sous la lumière.

Rappelez-vous, il n’y a pas de piles de secours en cas de décharge.

Personnellement, ça ne m’a pas posé problème, le portant justement autour du cou ou le déposant (sous bonne garde) sur une table voire un accoudoir à une terrasse.

Mais je le remiserai pour les mois d’automne et hiver, le plaçant parfois sous une bonne source lumineuse pour entretenir sa batterie.

Ce n’est pas un appareil courant et il est même assez rare à trouver. Son prix s’en ressent : un bel exemplaire fonctionnel se négocie encore autour des 100€.

Si vous êtes curieux et que vous avez la chance d’en trouver un, n’hésitez pas, au delà du gadget du panneau solaire, c’est un excellent petit appareil photo.

Pour des exemples de photos prises avec cet appareil, c’est par LA.

Video d’illustration :

Un peu de technique :

  • Objectif 32 mm f/3,5 avec 3 éléments répartis en 3 groupes.
  • Autofocus intelligent à 3 points de 45 cm à l’infini.
  • Exposition automatique avec des vitesses d’obturation allant de 2 s à 1/250 s.
  • Plusieurs modes de flash, dont réduction des yeux rouges, suppression et synchronisation lente.
  • Chargement automatique, décodage DX, avance et rembobinage du film 35 mm.
  • Posemètre : cellule en silicium, AE entièrement programmé
  • Alimentation : pile au lithium-ion rechargeable 3 V CR-123A et panneau solaire amorphe en tandem
  • Dimensions et poids : 124x67x46 mm, 260g

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Canon_Sure_Shot_Del_Sol/Prima_Sol/Autoboy_SE, https://global.canon/en/c-museum/product/film178.html, https://mikeeckman.com/2019/06/canon-sure-shot-del-sol-1995/ en anglais; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-10087-Canon_Prima%20Sol.html, en français

Et si nous parlions (un peu) technique ?

Le Tamron 80 – 210 f3,8 – 4, une belle découverte, par Olivier.

Vous connaissez maintenant Olivier, qui a toujours de bonnes idées dans des domaines où je suis moins féru. Et il a eu celle de vous proposer une découverte intéressante, ce Tamron 80 – 210 qui a l’air d’une réelle bonne affaire, pour autant qu’on le débarrasse de quelques imperfections dues au temps et de mauvaises conditions de conservation.

Mais je lui laisse le clavier …

              C’est l’un des objectifs le plus vendu de TAMRON, il sera facile à trouver en occasion et face à une offre qui risque d’être conséquente, les prix seront attractifs. En plus il est associé à la technologie ADPATALL et peut donc être utilisé pour tous les boitiers avec une bague dédiée. Les bagues dédiées se retrouvent régulièrement sur des sites de vente de matériel d’occasion.

Photo officielle du du zoom 80-210 de TAMRON

              Même si cela reste une bonne occasion, ce n’est pourtant pas un objectif qui peut rivaliser avec les objectifs proposés par les grandes marques comme NIKON, OLYMPUS ou CANON. Il est toutefois d’une qualité optique supérieure à la moyenne de l’époque et il existe plusieurs générations de ce zoom.  Et c’est là que cela devient intéressant !

              En effet, il a été successivement amélioré puis dégradé ! Vous vous doutez bien qu’il faut prendre ni la première version ni la dernière, mais « entre les deux ».  Heureusement pour nous, TAMRON nous aide en écrivant sur chaque objectif sa version. Il est évident que vous reconnaitrez un objectif devenu Low-Cost par son corps en plastique, mais cela sera beaucoup moins évident si l’évolution concerne le groupe optique.

Les versions du  80-210

              Déjà, pour que l’on parle bien du même objectif, il faut qu’il y ait l’inscription 103A  sur le fut  (plus précisément sur la bague qui commande le diaphragme). De plus, c’est un objectif de la série ADAPTALL-2, donc si vous ne voulez pas perdre des fonctionnalités, prenez une bague ADAPTALL de la même génération. Le modèle précédent était le 03A. Il était un peu plus long et avait des performances optiques moindres (son seul avantage était le pare-soleil intégré). Le modèle suivant, le 46A perdait la structure métallique et voyait des éléments importants comme le canon Zoom/mise au point réalisé en plastique. Finalement la version 103A combine l’évolution de la structure optique et ne perd pas la fabrication entièrement métallique. De manière générale, les zooms de cette époque ne doivent pas être utilisés à pleine ouverture. Ainsi pour ce zoom, il est déconseillé d’utiliser une ouverture de plus de f : 5.6 . A pleine ouverture, il va avoir du mal à assurer une homogénéité de l’image (c’est ce que disent les tests en laboratoire).  Mais si vous êtes à pleine ouverture, c’est parce que vous manquez de lumière !   Alors y voyez-vous vraiment comme en plein jour ? … Bref, les conditions de prises de vue s’accommoderont certainement de cette perte d’homogénéité. Finalement, les tests en laboratoires…

              J’ai acheté sur le web, un 80-210 de la série 103A et hélas, il y avait des champignons présents sur les lentilles. Le vendeur m’avait prévenu, il était dans un état dit « moyen » …Mais pour 20 Euro, j’avais l’objectif et la bague ADPATALL-2 qui elle était en très bon état.

              Puisque l’on sait que l’on peut « investir » sur cet objectif voyons un peu sa constitution…En particulier, le groupe optique.

              Sur cette coupe du groupe optique, nous pouvons observer qu’il y a de forte chance que des éléments optiques soient constitués de lentilles collées. Les deux groupes optiques entourés en rouge risquent de nous poser des problèmes si des champignons ont commencé à attaquer la colle ! Ainsi, quand vous avez l’objectif en main, il faut regarder attentivement le bord de ces groupes pour apercevoir des effets de décoloration (comme un effet de bulle de savon). Si aucun effet n’apparait, alors l’objectif pourra être nettoyé sans trop de dommage. Même si les autres lentilles sont attaquées par des champignons, un bon nettoyage à l’alcool à 90°devrait suffire à les rendre plus présentables. Bien évidement, il est illusoire de croire que vous allez remettre votre objectif dans la situation de sortie d’usine ! Vous n’avez pas de salle blanche et toutes les précautions que vous allez prendre ne pourront empêcher l’introduction de poussières. Par chance, le 103A que j’ai récupéré a ses deux groupes optiques collés qui ne sont pas attaqués (enfin visuellement et sans démontage). L’état des autres lentilles n’est pas préoccupant, des champignons sont certes présents, mais ce n’est pas une cave parisienne à l’ombre et pleine d’humidité.

              Voyons maintenant les précautions de démontage car il n’existe pas de schéma type. Les grands constructeurs essayent toujours d’avoir des structures semblables pour des objectifs similaires. Il faut donc en avoir déjà démonté un pour savoir ce qu’il y avait dans les têtes des ingénieurs japonais quand ils ont fait la conception. C’est raté pour aujourd’hui, celui-ci sera mon premier ZOOM TAMRON !

Démontage et entretien.

              Par rapport à l’objectif FUJICA qui a été présenté sur ce site, celui-ci sera bien plus difficile à ouvrir… Avec un peu d’ingéniosité, on s’en sortira. Je vous présente donc ci-dessous mon « tournevis à bague frontale » !

Et oui, c’est un étau (de petite taille quand même), en acier… qui va supporter deux clous (en acier aussi !) qui ont été légèrement limés pour rentrer dans les encoches des bagues frontales ou arrières des fixations de lentille.

              Bien sûr, beaucoup d’entre vous serons « étonnés » de voir un tel équipement face à un objectif aussi fragile qu’un zoom ayant une lentille frontale de 58 mm.  Laissez-moi toutefois quelques lignes pour expliquer ce choix.  Le risque principal est évidement que si vous dérapez, la lentille frontale sera bonne pour la poubelle (et l’objectif avec).  Ce risque, bien sûr, j’en suis conscient et c’est pour cette raison que j’ai utilisé tous ces éléments en acier qui ne risquent pas de se déformer. Pour la bague qui serre les lentilles, le serrage en fabrication ne sera que modéré (si on serre trop fort, on peut fissurer la lentille !). Alors le but premier est seulement d’amorcer un desserrage que vous pourrez finir à la main.  Si vous avez des doutes sur ce procédé, bien évidement absentez-vous  de vous lancer dans le démontage d’un objectif !

              Donc pour ceux qui n’ont pas encore de cheveux qui se hérissent sur la tête, on continue…

Lentille frontale démontée avec le « tournevis spécial » précédent.

              Le groupe avant ne peut pas être retiré de la même manière car ce groupe est mobile par nature (il peut tourner dans le filetage du fut) car il est réglé pour assurer la mise au point à l’infini. Il y a donc des vis qui le bloquent en rotation. Ce sont ces trois vis qu’il faut desserrer pour démonter le groupe avant.

              De la même manière que l’on a démonté le cercle lié à la lentille frontale,  le bloc contenant le groupe avant sort sans trop de difficulté.

              Si vous vous souvenez de l’analyse que l’on avait faite de l’objectif, ce groupe avant contenait des lentilles collées et il apparait qu’elles n’ont  subit aucun dommage dû aux champignons. Un bon nettoyage à l’alcool à 90°c de la lentille frontale et de cet élément nous donnera un groupe avant comme neuf !

              On continue avec notre tournevis spécial, en ayant pris soin de se mettre en focale 80 mm…

              Bien sûr, on arrive sans mal à retirer les lentilles avant du groupe mobile. Et hélas, ce que l’on craignait est arrivé, un bloc collé a un début de contamination de la colle.

              Nous voyons ici les premières lentilles du groupe mobile et la dernière est un élément contenant deux lentilles collées.  Un début de contamination apparait quand on regarde la lentille en éclairage rasant. (Le défaut est pratiquement invisible sur notre photo).  Vous pouvez frotter pendant des heures avec un chiffon doux imbibé d’alcool à 90°, rien n’y ferra,  le défaut restera. Toutefois, celui-ci est très peu visible et ne sera pas non plus visible sur vos photos. Par contre, les lentilles avaient bien besoin de ce nettoyage. Le groupe arrière a lui aussi été démonté et cela n’apportera  pas de nouveaux éléments à notre article. Toutefois, comme la contamination était très réduite, j’ai utilisé un autre objectif qui avait la même maladie comme exemple.

Sur ce zoom MAMIYA, on peut voir en périphérie de lentille des traces, comme un effet de bulles de savon. La formule optique utilisée pour ce zoom inclut des lentilles  collées dès le groupe avant. Il n’est pas encore bon pour la poubelle car ces traces ne recouvrent pas la totalité de la lentille frontale. Je le testerai un jour, en le comparant à un objectif sain.

              Passons au remontage…Prenez soin de mettre un peu (j’ai dit vraiment un peu) de graisse silicone sur les filetages, cela sera bien plus facile à remonter et protégera les filetages de la corrosion. Bien évidement, le remontage se fait dans l’ordre inverse du démontage et vous veillerez à ne pas remettre une lentille à l’envers !  (Ne riez pas, cela peut facilement vous arriver car personne n’aurait l’idée de mettre des repères au marqueur indélébile sur ces précieux et fragiles éléments !). Nous arrivons au dernier remontage, le groupe avant qui règle la mise au point…

              Ne le fixer pas encore, vous DEVEZ le régler en position.  Pour ce faire, il vous faudra un boitier (Ici, un CANON AV-1) et une vision sur le monde extérieur.  En mettant la focale 210 mm et la position infinie  pour la mise au point, vous regardez par votre fenêtre l’objet qui se situe le plus loin. Bien évidement, le télémètre vous dira certainement que la mise au point n’est pas faite.  Plutôt que de tourner la bague de mise au point, c’est le groupe avant que vous allez tourner de manière à être en accord avec le télémètre. Quand tout le monde est d’accord, vous pouvez passer au serrage des trois vis de fixation.

Le CANON AV-1 nous servira à faire le dernier réglage, celui de la mise au point à l’infini.

              Ce dernier réglage fait, les trois dernières  vis serrées,  votre zoom est prêt à reprendre du service pour quelques décennies…

Voilà un nouvel objectif sauvé grâce à l’ingéniosité d’Olivier.

Je vous avoue qu’il m’a fait peur avec son « tournevis à bague frontale ». Pour ma part, lorsque je dois démonter certaines pièces, j’utilise un spanner, un outil réglable prévu pour ce type de démontage (environ 15€ sur les grands sites de vente).

Quelques modèles différents de l’outil.
Mes appareils et leurs accessoires

Grand chambardement dans mes appareils

Il y avais longtemps que je ne vous avais plus ennuyé avec les tribulations des appareils qui m’accompagnent.

Comme je l’écrivais, la pratique élimine ceux qui conviennent moins ou dont je me servais, in fine, très peu.

Le parc s’est donc considérablement restreint :

  • un Canon RP et son 24 – 105mm viennent remplacer le Sony A7 et l’Olympus OM-D EM-1
  • j’hésite encore avec le Canon 70D car en APS-C il me donne toujours un avantage avec le gros zoom Sigma 120 – 400 que j’utilise pour les animaux (coefficient de x1,6)
  • un Lomo’Instant Wide, un Fujifilm Intax 210 et un Kodak Classic Smile pour les photos instantanées
  • un Canon A-1 en reflex argentique avec un 50mm
  • un Zorki 3M en télémétrique avec un Jupiter 3 (50mm)
  • un Kiev 88 pour remplacer le Mamya 645 Super qui fait le bonheur de Fred en 6×6
  • et quelques coups de cœur que vous découvrez au fur et à mesure mais qui ne sont pas « mon bagage » photographique avec lequel je vais faire des photos habituellement

Voilà, voilà, c’est moins mais tellement plus réaliste que ce que je voulais garder précédemment. A force de vouloir trop avoir, je ne savais plus quel appareil prendre.

La sélection s’est faite d’elle-même finalement.

Le résultat des errances photographiques sont toujours visibles sur « l’Atelier de JP en rue » et sur YouPic.

Infos utiles ou futiles

Quelques astuces pour revenir de ses vacances avec son matériel.

Oui, je sais, j’aurais pu écrire cet article pour les juillettistes, mais bon, nous sauverons au moins les aoûtiens !

Car aujourd’hui, nous allons aborder le « comment préserver la sécurité de son matériel », surtout en vacances (quoique ces astuces restent valables en toutes circonstances et toute l’année).

Ce sont des réflexions de bon sens, essentiellement, mais il est parfois bon de revenir sur celles-ci car l’euphorie des vacances …

En premier lieu, où que vous soyez, faites-vous confiance et écoutez cette petite voix intérieure qu’on appelle parfois l’instinct.

C’est quelque chose que l’humain a gardé de son lointain passé et qui lui a plus d’une fois sauvé la mise. Alors si vous sentez qu’un lieu, un moment vous met mal à l’aise, partez, votre sécurité n’a pas de prix.

Et si c’était « pour rien », ça vous fera une anecdote amusante à raconter, mais vous pourrez la raconter.

Restez discret sur ce que vous transportez. Evitez donc un beau sac tout neuf siglé Nikon en jaune fluo ou Canon en rouge bien rouge !

Prenez plutôt un sac qui a déjà servi, usé et pas forcément un sac destiné à la photographie. Il existe nombre d’inserts que l’on peut glisser dans n’importe quel sac à dos ou à porter à l’épaule. Votre précieux matériel y sera à l’abri, sans éveiller les soupçons.

Tenez compte de votre apparence générale. Si vous avez suivi le conseil précédant mais que vous sortez un appareil avec une sangle qui crie la marque de votre appareil, du style « Eos 5R » ou « Nikon Z9 », quelques yeux (très) mal intentionnés ne vous lâcheront plus et attendrons le moment propice pour vous délester.

De même, habillez-vous discrètement selon le lieu. Bon, ça ne veut pas dire que vous devrez enfiler une djellaba, un gilet sans manches et un béret, ou un pagne pour faire couleur locale, mais gardez à l’esprit qu’arborer des marques voyantes, dans des couleurs agressives ne vous aidera pas beaucoup pour passer inaperçu.

Privilégiez le confort et le côté passe-partout d’un vêtement usagé, qui se fondra bien mieux dans le décor.

Gardez les yeux ouverts ! Avouez que pour un photographe, c’est le comble.

Autant on peut être absorbé dans sa recherche du bon cadre, de la belle lumière, du meilleur instant, autant il faut rester attentif à ce qui se passe autour de soi, surtout dans les lieux très fréquentés.

Un voleur peut surgir en courant ou en scooter pour vous arracher votre sac photo, votre sac à main. Si vous êtes attentif, vous remarquerez les mouvements de la foule induits par cette course et vous serez plus apte à réagir correctement.

Un truc tout simple, utilisez la réflexion de votre écran pour avoir un œil derrière vous, discrètement.

Ne portez pas votre sac n’importe comment. si c’est un sac à dos, portez-le avec les deux sangles aux épaules. S’il n’y a qu’une sangle qui tient, il est plus facile de l’arracher.

Pensez à fermer toutes les fermetures éclaires ou autres zip de fermeture. Et si vous êtes dans des lieux très fréquentés (marché, spectacle de rue, etc.), portez-le sur le ventre plutôt que sur le dos.

Et surtout, ne laissez jamais votre sac sans surveillance et loin de vous !

Si vous en avez l’occasion, photographiez à deux. Je m’explique : on peut aimer voyager en solo mais dans certains endroits il est judicieux d’avoir 4 yeux pour vérifier ce qui se passe autour de soi. Et si l’un photographie, l’autre regarde et vice-versa Soyez équitable dans les temps de photographie/surveillance, ça évite les disputes ou privilégiez des compagnons qui ne sont pas photographes.

Ok, ce n’est pas toujours évident d’avoir quelqu’un qui vous accompagne. Dans ce cas, si d’autres photographes sont sur la place, rapprochez-vous, ça crée un effet de groupe qui décourage souvent les voleurs.

Faites tourner vos cartes mémoires. Si vos photos sont précieuses, ne les laissez pas s’entasser sur une même et seule carte, fut-elle de grande capacité. Au contraire, si la moisson du jour a été (très)bonne, mettez la carte en sécurité quelque part, tant pour qu’on ne le dérobe que pour ne pas risquer de tout perdre en cas de problème.

Il existe des portes-cartes étanches et renforcés, que vous pouvez « planquer » facilement à peu près partout (faites confiance à votre imagination et à votre … mémoire).

Certains préconisent aussi de faire des sauvegardes sur un disque dur, le soir par exemple. Ceci implique d’emporter un PC ou un disque de « décharge ». Pourquoi pas ? Personnellement, je ne le fais jamais mais j’ai quelques cartes mémoires vierges et formatées sous la main si besoin.

Emportez éventuellement du matériel de secours. Bien évidemment, vous aurez investi dans du bon matos, boitier et objectifs, pour vos vacances mais gardez à l’esprit qu’un chute est toujours possible, tout comme un dégât des eaux et qu’il n’est rien de plus désespérant que de ne plus pouvoir faire de photos parce qu’on n’a pas pris un appareil de secours, que vous pouvez laisser à l’hôtel ou en tout autre endroit sûr.

Il peut être plus simple, moins lourd, moins performant même, mais il vous sauvera la mise si le premier matos vous lâche subitement.

Si l’endroit visité est vraiment peu sûr, n’emportez que le nécessaire et gardez le reste en sécurité dans votre chambre, p. ex.

Il existe des filets en maille, une sorte de treillis métallique, dans lequel vous pourrez enfermer le matériel non indispensable. Ce filet sera fixé à un endroit solide, avec un cadenas digne de ce nom.

Une autre technique consiste à utiliser des rangements rigides, comme les boites Pelican (p. ex.), qui sont étanches et réputées difficilement violables.

Le revers de la médaille, c’est que ces valises sont lourdes et peu confortables à porter (même si certaines sont munies de roues). Laissez-les donc dans un endroit sûr, elles serviront de « coffre-fort » pour le matériel.

Sachez ce que vous emportez en voyage ! Avant de partir, faites une liste des appareils, objectifs et accessoires (marque, modèle, numéro de série), avec -éventuellement – des photos de ceux-ci.

C’est particulièrement utile si du matériel volé est retrouvé et que vous devez pouvoir récupérer le vôtre dans le fouillis.

Il est même possible, de nos jours, de glisser une puce électronique pour suivre votre matériel au plus près. Ça peut même être utile si la compagnie d’aviation a « perdu » vos bagages. Les systèmes les plus sophistiqués vous permettent de les suivre en temps réel avec votre smartphone.

Même si ce n’est pas toujours évident, surtout si vous n’êtes pas professionnels, faites assurer votre matériel. Ça peut vous couter un peu mais toujours bien moins que de tout perdre en cas de vol ou autre situation épique.

En résumé, gardez à l’esprit que c’est d’abord votre vigilance la meilleure gardienne de votre matériel et votre capacité à vous écouter en cas de doute.

Avec ces quelques conseils de bon sens, profitez maintenant de votre voyage et ramenez-nous de belles images, de beaux récits de vos découvertes.

Belles rencontres

Le Matos Museum

Ah, c’est bien le moment d’en reparler, le temps est exécrable depuis la mi-juillet en Belgique. Là, les nappes phréatiques ont fait le plein, c’est certain !

Alors quand on ne sait plus à quel saint s’adresser pour trouver une réponse aux « je m’ennuie » de vos enfants (normal, les saints n’étaient pas parents), une solution c’est de visiter un musée.

Mais pas n’importe lequel car celui que je vous propose, le « Matos Museum » ou musée des médias et des technologies obsolètes, va leur faire découvrir des technologies aujourd’hui dépassées, qui fleurent bon la nostalgie pour les parents et grands-parents.

En effet, Pascal Becker, l’initiateur de ce musée privé et gratuit, a eu la bonne idée de réunir de vieilles radios, des projecteurs, des appareils photos anciens, des vieux PC, d’anciennes calculatrices électroniques, des jeux vidéo, des GSM et téléphones.

Bref, de quoi se promener dans les années qui ont vu l’émergence puis l’ancrage d’appareils que nous utilisons tous les jours.

Curieux d’en savoir d’avantage ?

Commençons par l’adresse : Bierges (1301), rue Provinciale 171 (voir la carte).

Les visites se font sur RDV par mail (formulaire de contact) et Monsieur Becker est très réactif.

Si vous voulez visiter le site au préalable, c’est ICI.

L’entrée est gratuite et la visite est guidée.

Voilà, voilà … quand ils auront vu tout ça, les enfants ne s’ennuieront plus mais ils risquent de chiner au grenier ou à la cave à la recherche de vos trésors …

Les liens

Un site intéressant pour ceux qui cherchent un objectif ancien …

Dans les brocantes, outre que l’on trouve un peu de tout, on fait aussi souvent de chouette rencontre.

Ce fut le cas lors de celle de Wiers (près de Tournai, Belgique) lorsqu’un monsieur s’est arrêté sur notre « stand » pour parler photos, car j’avais installé quelques appareils.

Et donc Michel (qui se reconnaîtra) m’a parlé de sa passion pour la photographie et de sa démarche vers les objectifs et appareils anciens.

Là, je vous avoue que je ne suis sans doute pas doué, mais impossible de m’abonner à son site. J’espère qu’il me lira pour remédier à cette lacune car, franchement, ça vaut la peine de découvrir les richesses de celui-ci.

Donc, vous allez trouver sur le site de Michel des tas de trucs et astuces sur les objectifs en M42 et des analyses d’appareils qui les accepte (il m’a d’ailleurs acheté un Praktica Super TL2, de mémoire) et quelques unes de ses réalisations photographiques.

Un chouette site à découvrir, vraiment, fait par un passionné autodidacte pour d’autres passionnés.