Le Zinc du photographe

Les (més)aventures d’un Canon Eos 250D

Ah, celui-là faillit ne jamais revenir à la vie, et pourtant …

Rappelez-vous la morale du Contax 137 MD Quartz !

Celui-ci était sur la table d’un vide-grenier, à Namur, lors d’une brocante, avec quelques compagnons d’infortunes dont un Canon Eos 1300D.

Je l’avais pris en main parce que j’aime beaucoup la compacité de ce boitier, qui me rappelle l’Eos 100D, un petit compact expert que j’appréciais.

Et je l’avais reposé tout aussi vite, des traces blanchâtres étaient autour des molettes du dessus et de la poignée, de l’interrupteur, de la baïonnette et il était franchement sale. Avait-t-il séjourné dans un endroit humide ?

-« 25€ », m’avait lancé le vendeur. Après l’avoir remercié, j’avais continué mon chemin …

Finalement, en revenant sur mes pas après avoir fait le tour de la dite brocante, je me retrouve à nouveau devant l’étal du vide-grenier. L’Eos est toujours là, et je le reprends en main, circonspect mais, sait-on jamais …

-« Pour 20€ je vous le prend, il a l’air d’avoir pris l’eau, non ? »

-« Ah, mais à ce prix-là je ne gagne pas ma vie, avec ce que j’ai dû débourser pour vider cette maison … allez, 20€ mais vous courrez vite avant que je ne change d’avis ! »

Affaire conclue et j’emporte cet appareil qui est comme un pari un peu fou.

De retour à la maison, je le mets un peu à part des autres, tous argentiques, que vous découvrez sur le site, au fur et à mesure, promettant d’y revenir lorsque j’aurai un peu de temps.

Et ce jour est arrivé : tout d’abord, grand nettoyage du boitier à l’alcool, ensuite, avec une vieille brosse à dent ferme, grattage des traces blanches, en insistant bien dans les fentes et recoins. Idem autour de la couronne porte-objectif mais en faisant très attention qu’aucune poussière ne rentre dans la chambre et ne vienne salir le capteur.

Ça va, tout part sans trop de soucis, juste qu’il faut faire plusieurs passages sous la molette des modes, là où cette saleté semble s’être accumulée.

Enfin, après un nettoyage énergique d’une bonne heure, pendant laquelle j’avais mis la batterie en charge, je sèche bien le tout et glisse une carte SD puis la pile dans l’appareil.

Petite appréhension, j’actionne le sélecteur On/Off et … il s’allume ! Yes, pari gagné, l’Eos est reparti.

Je fais mes petits réglages et me mets en quête d’un objectif autre que celui fourni avec, un 35 – 80mm basique mais en monture EF, c.-à-d. qu’il faut convertir à x1,6, ce qui le rend peu intéressant car il devient dès lors un 56 – 128 en conversion full frame et il est griffé.

Et moi j’aime bien les grands angles et le mini télé, style 24 – 70 que je traine toujours partout.

Hmm … il me reste un Tamron 18 – 200 qui dort dans sa boite, c’est le moment de l’aérer un peu.

Exit le petit 35 – 80, bonjour le 18 -200. Il ne dépareille pas trop le boitier car il est assez contenu, fermé.

Je le mets dans le sac et comme je dois sortir, ce sera peut-être le moment de le tester.

Premier arrêt près d’un « spot » qui fera l’objet d’une série de photos que j’ai en tête depuis un moment et , justement, le temps et l’objet de mes photos est en bonne position.

Hop, je sors le Canon et je me prépare à faire la première image. Rien ! Enfin si, l’appareil fait la mise au point, l’objectif suit mais impossible de déclencher, il refuse obstinément toute prise de vue.

Et Zut ! Aurais-je finalement perdu mon pari ?

Rentré à la maison, ni une ni deux, la boite à tournevis d’une main, mes lunettes sur le nez, je déniche sur le Net les manuels pour démonter le boitier. Enfin, celui d’un Eos 1300 dont le design est très proche. Tant pis, j’y vais, perdu pour perdu …

Premier constat, les Canon Eos, même pas pro, sont parfaitement assemblés, tous les plastiques sont ajusté au millimètre et tout tient bien ensemble. Il faut suivre la séquence de démontage, pas moyen de faire autrement.

Je place les petites vis dans des cases au fur et à mesure, surtout ne pas en perdre une !

Un brin de stress au moment d’ouvrir la « coquille » car je me doute qu’il doit y avoir des fils fins comme des cheveux et des contacts un peu partout.

Et bien oui, mais chez Canon, tout est parfaitement ordonné et vous avez un peu d’aisance pour travailler.

J’ôte les contacts avec précautions, débranche quelques minuscules prises et je progresse : exit le dos avec l’écran, puis la face avant et enfin le capot, que je laisse encore attaché un moment, je ne vois pas comment débrancher une tresse de fil.

Et là, je commets une erreur : j’essaie de démonter la molette des modes, dont je vois la vis par en dessous et j’oublie complètement que le « cran » est assuré par une minuscule bille montée au dessus d’un aussi minuscule ressort, vous voyez de quoi je parle ?

Bref, plus le choix, après avoir récupéré l’un et l’autre après une dizaine de minutes à quatre pattes, je dois démonter le capot.

Nécessité faisant loi, je trouve enfin comme y parvenir et je le dépose.

-« Mais pourquoi il se lance la-dedans ? »

Et bien figurez-vous que j’avais l’impression que si le déclenchement ne se faisait pas, c’était à cause d’une oxydation du point de contact.

Donc, avant de m’attaquer au remontage de la molette de sélection, petit passage au papier de verre ultra fin entre le point de contact et le contacteur, c’est déjà ça de fait.

Alors, il y a quelque chose de très bien chez Canon, outre la qualité de leurs assemblages, c’est qu’ils pensent à leurs techniciens et, éventuellement, aux maladroits comme moi car il y a des « détrompeurs » sur les pièces et donc impossible de les remonter à l’envers même si vous n’avez pas pris de bonne marque au démontage (si, si, j’ai honte !).

Puis j’ai compris comment remettre cette f… bille et son comparse, le ressort, pour pouvoir réassembler ensuite le tout.

Comme je n’ai pas été interrompu, la séquence de remontage se fait sans problème, dans l’ordre inverse du démontage, enfin, presque … car je me suis aperçu, tout ayant été refermé, que j’ai oublié de replacer une tresse de fils à sa place. Là je me dis que si j’ai su tout refermer sans forcer nulle part, c’est que les fils ont trouvés leur place sans soucis et je laisse le tout comme ça, na !

Je remets la carte dans l’appareil, puis la batterie, refixe l’objectif Tamron et … essai : la mise au point s’effectue mais … impossible de déclencher !

Là, j’ai une (bonne ?) idée : je place mon 24-70mm série L sur l’appareil et je recommence : là, ça fonctionne. Puis j’essaie avec le 35 – 80, ça marche aussi !

Sacré-non. Je monte le Tamron sur mon Eos 70D pour re vérifier et là je dois bien me rendre compte que c’est l’objectif qui a un problème car j’ai les mêmes symptômes.

Grrrr…. tout ça pour rien.

En fait, pas vraiment car ce démontage m’a rassuré, pas de traces d’humidité ou d’oxydation dans l’appareil; les traces blanches apparues sont de l’humidité et de la saleté superficielles.

Ensuite, qu’est ce que c’est bien fini ces petits boitiers, vraiment, je suis impressionné par la précision des montages, le sens du détail, l’organisation interne, étonnant.

Voilà, il me reste à trouver un autre objectif, idéalement un 18 – 135mm Canon mais je suis rassuré, le boitier fonctionne parfaitement bien, lui.

Ah, si vous voulez trouver les manuels pour d’autres Canon Eos, c’est par ICI, pour démonter avec le sourire (et un jeu de tournevis fins, une pince à épiler antistatique, un marquer fin, un aimant – pour retrouver plus vite les minuscules vis qui ont tendance à sauter partout, un tasse de thé/café, un biscuit, … mais pas de raton laveur – merci Jacques Prévert).

Dernière chose, ce petit appareil sympa est toujours vendu. Chez Mediamarkt, au premier juillet, il était à 709€ avec un objectif 18-55mm.

Et si nous parlions (un peu) technique ?

La bague ADAPTALL de Tamron

Olivier a eu cette excellente idée d’article sur un objet que pas mal de gens connaissent mais sans trop savoir pourquoi, et pourtant, c’était une (vraiment) bonne idée.

Mais je lui cède le clavier et bonne lecture.

Objectif TAMRON et bague ADAPTALL

              C’est en 1950 que la société TAMROM est créée. Et depuis, elle n’a cessé de progresser. Pourtant, alors que d’autres avaient tenté de proposer des boitiers (comme VIVITAR) , TAMRON n’a jamais mis son nom sur un appareil photo. Par contre, sa gamme d’objectifs comportait des particularités que d’autres fabricants avaient abandonnées. En particulier, TAMRON a fait vivre le concept de bague interchangeable : vous n’avez qu’un seul objectif qui peut être utilisé sur tous les boitiers même s’ils ne sont pas de la même marque. Cette idée peut sembler intéressante pour un photographe qui veut changer son boitier tout en conservant les objectifs. Il peut passer d’un boitier NIKON à un boitier CANON et se procurer les bagues CANON… Nous allons voir, avec cet article, que l’idée bien séduisante ne se retrouvera pas dans la réalité.  Durant mes recherches sur Internet ou les braderies, j’ai fini par acquérir plusieurs objectifs TAMRON équipé de bague ADAPTALL.  C’est en recherchant pourquoi mon CANON AE-1 P ne voulait pas passer en mode « program » que j’ai du m’intéresser à la conception de ces bagues d’adaptation.  D’ailleurs, formellement, il y a deux générations de bagues : les bagues ADAPTALL et les bagues ADAPTALL-2. Alors qu’elles semblent similaires, nous allons voir que ce n’est pas le cas.

Attention, encore une fois, pour les opérations demandant un démontage ou un réglage, ne faites ces opérations que si vous avez les connaissances et la dextérité nécessaire pour les accomplir, nous ne sommes pas responsables des expériences malheureuses.

Sur cette photo, vous avez un 28 mm d’ouverture f:2.5.

La bague d’adaptation est facilement démontable et est théoriquement capable de reprendre tous les automatismes d’origine.

              Ainsi, j’ai trouvé sur le web plusieurs objectifs ayant des bagues adaptées à mes boitiers. Les prix pratiqués étaient particulièrement intéressants car les objectifs souffraient de défauts qui ne les rendaient pas utilisables (lentilles couvertes de champignons p.ex.), mais cette histoire sera reprise dans un autre article … Parfois, j’ai acheté des objectifs parfaitement opérationnels pour moins de 25 Euro.  

              Notre histoire va donc commencer avec un objectif TAMRON 90 mm f:2.5 , un célèbre objectif MACRO qui a toujours été bien considéré par les photographes des années 80. On en trouve toujours en occasion et hélas très rarement à des prix abordables.

              Hélas, je me suis vite rendu compte que je ne pouvais utiliser la fonction AE de l’objectif. En effet, sur mon boitier CANON AE-1 Program, la position AE de l’objectif ne passait pas le boitier en mode Program, pour lui, l’objectif était toujours en mode manuel. Cette perte d’automatisme n’était pas à l’époque dramatique car l’objectif n’était pas destiné à ce boitier en priorité.

              Par la suite, j’ai trouvé un ZOOM TAMRON 38-100 en parfait état avec une bague Olympus.  J’avais initialement acheté cet objectif pour la présence de la bague d’adaptation. Le même inconvénient s’est retrouvé sur mes boitiers CANON, le mode AE ne passait toujours pas ce qui a fini par m’orienter vers un dysfonctionnement de la bague.

              Le zoom 38-100 TAMRON est un objectif d’une très bonne qualité qui peut être comparé au ZOOM 35-105 de CANON tout en pouvant être utilisé sur tous vos boitiers car il peut accepter toutes les bagues ADAPTALL (aussi bien les premières générations de bague que les secondes). C’est cette dernière propriété qui m’a orienté vers un autre objectif TAMRON (en bien mauvais état, mais tout à fait réparable), un 24 mm f:2.5 équipé d’une bague ADAPTALL de première génération pour CANON. Et là, quelle surprise, avec cette bague l’automatisme AE était revenu.

Nous arrivons maintenant au thème de cet article qui est le fonctionnement et la réparation des bagues TAMRON ADAPATALL.

              Initialement, les bagues ADAPTALL devaient reprendre les automatismes des boitiers auxquels elles étaient destinées. Or, il est apparu que la bague de première génération ne respectait ce principe. C’est cet élément que nous allons analyser.

Comment un objectif CANON est-il adapté au boitier CANON ?

              Plusieurs informations sont envoyées au boitier au moyen des méthodes mécaniques. Il y a bien évidement, la commande du diaphragme et l’information d’ouverture demandée qui sont échangées. Les informations spécifiques sont :

– L’ouverture maximale de l’objectif

– L’activation de la position AE de l’objectif.

              Pour avoir l’ouverture maximale, CANON a pourvu ses objectifs d’une came de dimension bien précise qui informe le boitier de l’ouverture maximale.

              Ce plot est en contact avec une came du boitier dont l’enfoncement va informer le boitier de l’ouverture maximale de l’objectif. Ainsi si vous regardez attentivement vos objectifs CANON, vous verrez que la dimension de cette came n’est pas la même selon l’objectif.  Or il est apparu que sur ma bague ADAPTALL de première génération, cette came est fixe et ne peut donc pas donner la bonne information au boitier.

Bague TAMRON ADAPTALL de première génération. La came d’ouverture maximale est fixe et ici l’information transmise sera f3.5 . On reconnait généralement une bague de première génération à la présence de l’engrenage déporté qui permet l’entrainement du mécanisme interne. Ce système d’entrainement sera modifié sur la version suivante (ADAPTALL-2).

              Nous savons maintenant qu’une bague d’ancienne génération ne transmet pas au boitier l’ouverture maximale. Ainsi, utiliser un objectif de grande ouverture (Ici, un 24 mm f : 2.5) en mode AE ne sera pas intéressant car le boitier le considérera comme un boitier ayant une ouverture de f : 3.5.  Cette limitation n’était pas très contraignante car le gros des ventes de TAMRON se focalisait sur les ZOOM dont l’ouverture maximale se situait vers f : 3.5 / f : 4.0 .  Les ventes d’objectifs fixes étaient minoritaires. De plus, il était possible d’adapter l’ouverture transmise en remplaçant la came fixe… Opération qu’aucun photographe ne faisait ! Les bagues de nouvelle génération (ADAPTALL-2) ont une came mobile dont l’enfoncement est conditionné par l’objectif.

Came complètement enfoncée, l’objectif est de faible ouverture ( f 5.6, f 8.0… )

Ici la came est complètement sortie, l’objectif est de grande ouverture ( f : 1.4, f : 1.8 … )

              On comprend mieux la différence entre une bague ADAPTALL-2 et une bague d’ancienne génération. Si vous montez une bague ADAPTALL-2 sur un objectif prévu pour une bague ADAPTALL, l’information « ouverture » ne sera pas prise en compte. Et le résultat sera désastreux car la came mobile rentrera complètement dans la monture en faisant croire au boitier qu’il est avec un objectif de faible ouverture. Ainsi même si mécaniquement, il est possible de monter une bague ADAPTALL ( 1 ou 2 ) sur un objectif TAMRON, cela ne veut pas dire que toutes les fonctionnalités sont garanties.

              Il reste qu’il faut informer le boitier de la position AE. C’est un axe de 1 mm de diamètre qui va se charger de cette tâche. Ainsi quand vous placez l’objectif en position AE, un axe métallique va s’introduire de quelques mm dans la monture du boitier et activer un contact qui sera interprété comme la fonction AE. Vous avez maintenant compris que c’est ce mécanisme qui ne fonctionne pas sur notre bague ADAPTALL-2. Si nous regardons de nouveau un boitier CANON, nous retrouvons, la came d’ouverture maximale et un petit trou qui correspond à l’activation de la fonction AE.

              Les bagues de génération 1 ou 2 sont capables d’activer cette détection. La version initiale de la bague TAMRON enverra une information erronée sur l’ouverture maximale mais laissera quand même le boitier réaliser sa fonction priorité vitesse.

Passons maintenant à la réparation d’une bague TAMRON ADAPTALL 2.

              On retrouvera du coté de la bague ADAPTALL-2, la tige métallique qui doit se charger de transmettre l’information AE. Si la fonction est activée, la tige sort !

La fonction AE est désactivée, la tige est rentrée ; la fonction AE est activée, la tige est sortie.

Il apparait immédiatement que ma tige reste en position rentrée quand la fonction AE est activée au niveau de la bague de commande du diaphragme. C’est donc bien dans la bague ADAPTALL-2 que se situe le problème. Bon et bien…..  Il va falloir démonter !

              Le démontage n’est pas bien difficile, il n’y a que 4 vis à retirer, mais il faudra quand même bien positionner les différents éléments au remontage. Et encore, il n’est pas nécessaire de retirer les éléments mobiles car le problème est aisément résolu. En effet, après avoir retiré la partie qui va vers l’objectif, vous voyez apparaitre immédiatement l’origine du problème…

              Lors du passage à la position AE, la plaquette mobile tourne et vient recouvrir l’axe AE et provoque son enfoncement donc, sa sortie vers le boitier…La boucle est finalement bouclée.

              Mais alors, pourquoi cela ne fonctionne pas ou plus ? C’est du coté du couvercle qu’il faut chercher la cause…

              En effet, si vous mettez un bouchon inadapté, il risque d’interdire le mouvement de cet axe et lors de manipulations de l’objectif, cette obstruction risque de déformer la plaquette lors de l’activation de la fonction AE. 

              Que faire pour réparer ?  Avec une petite pince, il suffit de tordre cette plaquette de manière à provoquer de nouveau la sortie de l’axe de commande quand vous passez en position AE.

              En conclusion, l’objectif de l’article qui est la réparation de la bague ADAPTALL, ne tenait en fait qu’en deux lignes… Mais j’espère que cet article vous aurait fait découvrir à quel point les ingénieurs japonais ont mis beaucoup d’ingéniosité pour sortir des appareils photos de plus en plus performants. Je pourrais continuer sur les bagues ADAPTALL de TAMRON et vous montrer toutes les réponses que les constructeurs d’appareils photos reflex ont utilisées, mais autant vous donnez le lien consacré aux objectifs TAMRON de la série ADAPTALL :  http://adaptall-2.com/ 

Belles rencontres

Le vieil arbre

Dans un article précédent, je vous parlais de ce vieil arbre, toujours plus tordu, brisé par le temps et l’âge.

Cet arbre représentait pourtant une lueur d’espoir, celle de la force de la nature, que je comparais à celle de mon père, luttant contre le cancer.

Hélas, le 30 septembre 2022, il s’est éteint, épuisé par les traitements et la maladie.

Aujourd’hui, c’est donc en noir que je vous présente, pour la dernière fois, ce vieux bois qui n’en finit pas de craquer.

Belles rencontres

Mori Film Lab, vous connaissez ?

Vous le savez, j’ai toujours un faible pour les belles histoires, celles qui naissent d’une rencontre, souvent.

Ici, j’avais publié une annonce sur un site de vente entre particuliers, pour vendre les appareils que je vous ai présentés et qui encombrent mes armoires, ma table, mon bureau … Et j’ai été contacté par Raphaël, qui désirait venir voir ce que je proposais.

Rendez-vous fut donc pris.

J’avais remarqué qu’il représentait une société, Mori Film Lab, à Forest (Bruxelles) et j’ai donc un peu farfouillé sur leur site.

Ce qui avait retenu mon attention c’est le professionnalisme que je pressentais derrière les mots, les images.

Mais commençons l’histoire !

Il était une fois … deux amis, unis comme deux frères, Raphaël et Cole, qui vivent à Melbourne (Australie). Comme beaucoup de plus jeunes, ils ont découvert le monde de l’argentique en empruntant les vieux reflex de leurs parents, et ils y ont pris goût.

Ils ont travaillé au labo FilmNeverDie (tout un programme car pour ceux qui ne pratiquent pas la langue de Shakespeare cela veut dire « le film ne meurt jamais »), sans doute le labo argentique le plus connu d’Australie. C’est là que le fondateur historique du labo, Gary, les prend sous son aile et leur apprend comment gérer un laboratoire moderne.

Devenus tireurs expérimentés, ils murissent doucement leur propre idée, celle de leur propre labo « idéal » : Mori Film Lab se peaufine.

De retour au pays de Jacques Brel, ils se lancent dans l’aventure.

Trois grands axes se profilent :

  • le laboratoire proprement dit avec leur « sainte trinité » du développement, à savoir la qualité du travail, la rapidité tout en restant abordable
  • la vente d’appareils analogiques révisés et garantis 6 mois
  • la création d’une communauté de photographes

Bon, c’est bien d’avoir des idées mais il faut trouver les fonds, et nous ne sommes pas en Australie. Dès lors, ils lancent un appel sur KissKissBankBank.

Et ça marche ! Des centaines de personnes répondent et font les dons nécessaires au lancement de cette aventure et après des mois de travail, le labo Mori Film Lab ouvre ses portes le 15 décembre 2020 à Bruxelles, plus précisément à la Rue du Croissant 66B, 1190 Forest.

Voilà, voilà … et lorsque je vous parlais de professionnalisme, il s’est avéré lors de notre rencontre : sens du détail, connaissance du matériel, connaissance du marché, volonté de proposer le meilleur. Nous avons donc pu conclure la vente d’appareils qui se retrouveront bientôt sur leurs étagères et qui feront le bonheur de nouveaux photographes.

Car, outre la vente, le développement, je vous ai cité la création d’une communauté de photographes. Des amateurs, voire même des professionnels qui aiment travailler avec les sels d’argent et qui partagent cet engouement.

Des activités ludiques sont ainsi organisées régulièrement (le mieux étant de vous abonner à leur « newsletter ») qui soudent cette petite bande : des sorties photos, des expos dans leurs locaux, des cours pour apprendre à développer, la possibilité de tester un vieil appareil, des conseils de réparations quand c’est possible, etc.

Bref, une jeune entreprise qui mérite d’être connue et encouragée car si l’argentique semble intéresser de plus en plus de monde, surtout les plus jeunes qui y découvrent un monde plein de surprises, il y a finalement peu d’endroit où trouver les réponses utiles à une bonne pratique.

Déjà celle du choix de son boitier, du/des films, leur développement et la photographie en elle-même, avec des conseils avisés.

Vous savez maintenant à qui vous adresser …

Le Zinc du photographe

Finalement, que me reste-t-il comme matériel pour entamer 2023 ?

Ah, ça fait un moment que je ne vous ai plus embêté avec mes pérégrinations au sujet de mon matériel.

En fait, je me suis adapté, au fur et à mesure de mes pratiques, de mes envies, de mes ressources aussi. Il faut bien l’écrire, car le prix des appareils ne cessent de dépasser les milliers d’euros, du moins en neuf (et quelques vieilles gloires qui me surprennent encore).

Bref, qu’ai-je gardé dans mes sacs photo pour commencer 2023 ?

  • Pour la photo de rue en numérique, j’ai repris un Olympus OM-D E-M1 avec un zoom 14-150 Lumix G Vario IOS. Il est « tropicalisé » et la pluie ne lui fait donc pas peur. Petit et alerte, il offre une bonne visée et une réactivité largement éprouvée. En plus, avec son écran monté orientable, je peux l’utiliser discrètement si besoin. Je l’ai glissé dans mon sac Lowepro Passport Sling avec deux batteries de rechange (ben oui, c’est un hybride).
  • Pour la photo de rue en argentique, mon bon vieux Ricoh R1 et sans doute l’un ou l’autre vieux boitier que j’aurai envie d’essayer au fur et à mesure. Lui, il est souvent dans une poche (et dans l’autre, il y a un film ou deux, selon l’humeur).
  • Pour toutes les autres formes de photographie, un Sony A7 premier du nom avec un objectif 24 – 70mm Sony Vario-Tessar ZA OSS signé Carl Zeiss ouvrant à f4 constant. Lui aussi est tropicalisé et je peux vous assurer que ce n’est pas un vain mot, il a résisté à une pluie diluvienne lors de notre stage à la Côte d’Opale. Le tout se promène généralement dans un sac Hama, accompagné de filtres ND K&F Concept ND 1000 magnétiques, un filtre ND 400 Hoya à viser, une télécommande intervallomètre Rollei et quatre batteries.

Il me reste toujours un Canon Eos 30 dont je n’arrive pas à me séparer.

Un autre appareil que je dois encore et toujours tester, le Mamya 645 Pro, un 6×6.

Enfin, je garde le Kodak Classic Smile et le Lomo Instant Wide pour les instantanés.

Pour le portage, un Lowepro Passport Sling donc, un Peak Design Everyday Sling 5l, un Lowepro Flipside 400AW et un sac Hama Daytour 230. Tous sont imperméables et si besoin, équipés d’un sac étanche pour le Flipside et le Daytour.

En trépied, après avoir hésité et tâtonné, j’ai acquis en occasion un [pro]Master Professional Specialist SP528 avec une rotule SPH45P de la même marque. Un peu lourd mais inébranlable.

Voilà, voilà … me reste plus qu’ à vous montrer ce que je peux en faire, au fil des jours.

info utiles ou futiles

Que faire si les piles ont coulé ?

Question lancinante car c’est une mésaventure qui arrive souvent, avec plus ou moins de conséquences fâcheuses.

Le souci, c’est que généralement, on a entreposé les anciens compacts, voire même reflex, en se disant que, peut-être, demain, on les reprendrait … et donc, par distraction souvent, on a oublié de retirer les piles qui les alimentaient.

C’est aussi vrai pour les flashs, quelques cellules à main et autres commandes à distance de l’époque.

Bref, ça fait quelques kilos de piles qui dorment parfois depuis des (dizaines) d’année !

Aucunes ne sont bonnes pour la nature mais les pires sont celles au mercure, qui n’ont été abandonnées en Europe qu’au début des années 2000 (interdiction d’importation en 1991 en Europe, 1996 aux USA et 1998 au Canada).

Dois-je vous dire qu’elles sont extrêmement toxiques ? Elles ont juste un petit « avantage », elles coulent moins vite que les alcalines ou salines.

Ceci étant, une seule règle a respecter impérativement : ne pas jeter à la poubelle mais à déposer dans un centre de recyclage (en Belgique, c’est Bebat qui s’en charge et en France, c’est Corepile), notre bonne vieille Boule Bleue vous remercie.

C’est aussi vrai pour les packs de films Polaroid 600, les originaux et ceux d’Impossible Project, des appareils « vintages » car la pile est dans le pack, ce qu’on oublie parfois (ceci ne concerne pas les films i-Type, les nouveaux films destinés aux nouveaux appareils qui sont alimentés eux par une pile).

Bon, concrètement, vous ouvrez le compartiment des piles et elles ont gonflés, coulés tant et plus, laissant un peu partout des résidus blancs et des traces d’oxydation verdâtres sur les contacts électriques en cuivre.

Première remarque, les compartiments à piles sont souvent mal aisés à nettoyer car en forme de puits dans lequel on glisse ces dernières. L’espace de travail est restreint.

Si vous en avez la possibilité, ouvrez l’appareil pour mieux atteindre les zones abimées et, surtout, voir si les fils raccordés aux contacts n’ont pas permis aux agents oxydants de remonter plus haut. Souvent l’attaque est telle que les fils cassent, « mangés » par l’acide.

En passant, vous allez travailler avec des résidus acides, le mieux étant alors de porter des gants pour éviter les contacts avec la peau et faites attention si vous brossez la zone, protégez vos yeux.

Petite remarque utile, il y a deux types de pile en fonction : les alcalines et les salines.

Les premières sont soit au zinc dioxyde de manganèse ou au lithium dioxyde de manganèse. Elles possèdent toutes les deux deux électrodes, une négative en zinc et une positive en dioxyde de manganèse et elles sont plongées dans un électrolyte alcalin hydroxyde de potassium.

Rassurez-vous, je ne vais pas vous faire un cours de chimie (Mandeleïve et moi sommes fâchés depuis longtemps), mais un petit schéma est toujours parlant.

Les secondes, les salines, autrefois appelées pile Leclanché, du nom de son génial inventeur et promoteur (Belge, 1867) ont un électrolyte acide de chlorure de zinc et de chlorure d’ammonium et leur principe est le même que les précédentes.

La différence entre les deux tient au fait que les piles alcalines ont la possibilité de fournir un courant plus intense et ont une durée de vie plus longue que les piles salines, qui sont de ce fait moins présentes de nos jours dans les appareils gourmands en énergie. Mais ce n’était pas le cas il y a quelques dizaines d’années, il est donc utile de faire la différence car les interventions seront adaptées.

Ce sont les électrolytes qui, en quittant l’enveloppe de la pile, qui cède sous la pression de gaz issus de réactions chimiques internes, vont attaquer les matériaux qui les entourent, soit votre appareil photo ou votre flash.

L’hydroxyde de potassium est un produit corrosif et irritant pour les yeux et la peau, qui se propage via les fils et les circuits électriques et ronge le cuivre (c’est le dépôt blanchâtre et d’aspect duveteux que vous découvrez).

C’est un électrolyte alcalin, alors que celui des piles saline est composé de sels acides. On ne les traite donc pas de la même manière.

Pour les piles alcalines : s’il existe des produits dans le commerce, essayons le système D qui ne coûte presque rien et est aussi efficace.

  • pressez un citron et trempez dedans un coton tige, que vous essorez pour qu’il n’y ait pas trop de liquide
  • ou versez un peu de vinaigre blanc dans un petit bol, ça fait la même chose
  • frottez les parties atteintes, en essayant de bien aller dans les recoins
  • laissez agir au moins 10 minutes avant de rincer doucement à l’eau claire (toujours avec le coton tige, pas au Kärcher !)
  • puis séchez avec un coton tige propre ou avec de l’air comprimé (très basse pression)

Pour les piles salines :

  • un peu plus de manipulations car il faut préparer un mélange eau/bicarbonate de soude (une cuillère à soupe maximum) pour obtenir une pâte légèrement humide
  • imbibez un coton tige avec la solution et déposez-là sur les surfaces atteintes
  • faites-vous un café ou un thé et attendez que la solution agisse toute seule (production de bulles, donc de gaz, à éviter de respirer le nez dessus)
  • puis rincez à l’eau claire et séchez bien le compartiment

Si les fils ont été atteint, il faut se résoudre à les couper et les remplacer par des neufs, ce qui – je le concède – n’est pas toujours aisé, sauf à être bien équipé en matériel électronique. La section des fils est souvent fine. Vous pouvez les remplacer par du câble de téléphone (les fils sont de couleur et généralement très fins).

Si les composants électroniques sont touchés, là, il ne reste plus grand chose à faire sauf à phagocyter, si possible, un autre appareil en panne.

Voilà, voilà, j’espère que ces quelques lignes vont pouvoir vous aider.

Mon conseil, toutefois : si c’est un appareil produit par camions (Pentax Espio, Canon Prima, Minolta Vectic et consorts), à moins que l’attaque ne soit légère, passez votre chemin et trouvez-en un sain.

Pour un appareil plus onéreux et/ou plus rare, ça vaut la peine d’essayer, mais le résultat n’est pas toujours garanti.

A vos tournevis, cotons tiges, vinaigre et bicarbonate, et bon courage.

Infos utiles ou futiles

Un flash moderne pour le Polaroid SX-70 (et accessoirement les autres SX-70 non pliant)

J’avais bien quelques Flashbar d’avance, vous me connaissez, mais, même avec 10 ampoules (5 par faces), ça s’use vite car les Polaroid, je l’écris souvent, sont gourmands de lumière.

Et trouver des Flashbar, c’est entre 5€ quand on a du bol et plus de 25€ dans les autres cas. Sans savoir dans quel état ils sont (oxydation souvent rédhibitoire).

Ah, je pourrais essayer de trouver un flash d’époque, le Polatronic 8400 ou 8401, voire le Polatronic 1 ou 5, mais j’ai été faire un tour sur Ebay et les prix sont … décourageants !

Et puis, un jour, par hasard, je découvre sur Alibaba un flash , le Mint Flash Bar 2, proposé à 96€.

Curieux, je vais voir sur Amazon. Le même était à 89,99€.

Je continue de chercher et là, chez PCH, une entreprise située à Bruxelles, je vois l’identique à 89€, frais de port compris !

Ni une, ni deux, je le commande et deux jours plus tard, il arrive chez moi.

Je ne vais pas vous faire le coup de la video où je déballe l’objet pendant 10 minutes, ça n’a aucun intérêt, par contre, une petite image …

Ce petit boitier en plastique noir est accompagné de 2 filtres colorés (vert et rose, enfin eux ils appellent ça « chartreuse » et « hot pink »), qui viennent se clipser dessus.

Bon, on l’essaie : je glisse les 2 piles AAA (fournies) dans le compartiment, après avoir ôté un autocollant orange qui porte un QR code.

Le scan de ce code vous entraine chez Mint, qui vous donne accès au mode d’emploi (mais vous aurez dû laisser votre adresse mail !) à télécharger (d’où sont issues les images).

Je le met en route et … rien !

Puis en regardant l’image, je me rends compte que j’ai mis les piles à l’envers (pas clair sur l’appareil lui-même). Et là, ça fonctionne.

Enfin, la lumière bleue s’allume, … et j’attends la verte plus de 17 secondes. Je sens que ça va être long.

Mais soyons de bon compte, avec lui, je ne dois plus me casser la tête pour trouver de la lumière.

Je l’ai aussi essayé sur le Super Color Autofocus 3500, comme c’est aussi un SX-70 mais non pliant, ça marche.

Autre avantage de l’engin, on peut régler la puissance en fonction du type de film utilisé.

Remarquez que l’on peut connecter le flash à un second, un Cobra p. ex., via une prise jack de 2,5mm. Utile en studio sans doute.

Un petit mot sur les deux filtres colorés livrés en sus : si le vert – chartreuse ne semble pas poser trop de soucis, le hot-pink – rosé influence beaucoup plus la luminosité. Pensez à pousser le curseur « clair »obscur » d’au moins 2 crans vers le plus clair, pour compenser.

Pour reparler (enfin, façon d’écrire) au sujet de la lumière avec Polaroid, une petite video utile (fournie par Mint)

Si ce petit flash peut vous sauver la mise, n’hésitez pas car, en plus, c’est plus écologique que les Flashbars qu’il faut jeter (dans les appareils électroniques de votre recypark).

Pour les curieux, les données techniques :

Belles rencontres

Une chouette découverte sur Flickr : Yung Cheng Lin

Bon, vous pourriez la trouver sur Instagram aussi mais vous connaissez ma position v-à-v de ce média …

Donc, voilà notre artiste Tawainaise sur Flickr, sous son surnom de « 3cm ».

Sculptrice, illustratrice et photographe, elle métamorphose le corps féminin en des scénettes que d’aucun verrait surréalistes.

D’accord si on évoque le surréalisme de Magritte, celui de Duchamp, de Dali, par exemple, qui usaient du réel pour en faire des mondes oniriques et plein de clins d’yeux malicieux.

Car ici, l’artiste utilise le questionnement, un peu à la façon de la sculpture hyperréaliste : on en vient à se demander si c’est vrai !

Réaction au monde virtuel , qui est mondialisé, qui tend à uniformiser non seulement la pensée mais aussi les corps, les désirs, la vie.

Plus spécifiquement, elle explore un monde qu’elle connait bien, celui de la féminité, dans sa sexualité, la maturité, l’enfantement, les menstruations, les obstacles auxquelles toutes les femmes sont confrontées et face aux attentes que la société, bouleversée, indécise peut avoir à leur égard.

Ses photos interpellent, dérangent sans doute parfois, mais nous questionnent sur des thèmes universels.

La différence avec d’autres artistes, qui cherchent à choquer le public pour le faire réagir, c’est la poésie, une sorte de délicatesse dans son utilisation des modèles, la lumière, les ambiances, voire même des précédés photographiques qui révèlent son talent.

Elle me rappelle une autre artiste asiatique, Ziqianqian, à la poésie très particulière aussi, dont je vous avais touché un mot dans Les Liens.

Honnêtement, ça fait du bien de voir des photos différentes, alors mon conseil, allez les découvrir.

Belles rencontres

Un musée dans son salon

Si vous vous en souvenez, dans un article intitulé « la couleur, témoin de vie« , j’ai brossé rapidement les étapes qui ont conduit à la photographie couleur.

Et dans cet article, j’ai fait mention d’une invention, sans doute la première à avoir eu un avenir industriel, l’autochrome.

Pour mémoire (et pour ceux qui n’ont pas été voir l’article précité), il s’agit d’un processus utilisant de la fécule de pomme de terre, colorée et couchée sur une surface sensible, le premier qui rendait assez fidèlement les couleurs.

Un célèbre banquier, Albert Kahn, séduit par le procédé, eut l’idée géniale, mais ruineuse, de lancer à l’assaut du monde connu, des centaines de photographes, qui allaient ramener des photographies, destinées à illustrer le monde d’alors.

Un musée a été érigé pour montrer ce formidable travail documentaire, le Musée Albert Kahn. Après quelques remaniements, il est de nouveau accessible, physiquement (2 rue du Port, 92100 Boulogne-Billancourt, ouvert de 11h à 18h, fermé le lundi. Tarif : 8 € – tarif réduit 5 €, gratuit pour les -26 ans).

Mais depuis peu, il offre la possibilité de consulter, en haute définition, plus de 69.000 images et videos d’archive via Internet.

Cerise sur la pomme de terre, l’accès est libre et gratuit !

Franchement, c’est un voyage fascinant, non seulement à travers le temps mais aussi les coutumes des uns et des autres (dont certaines ont disparus, emportées par la modernité).

A l’heure où l’AI (intelligence artificielle) essaie de reproduire des images photographiques, rappelons-nous que seul le génie Humain permet de dépasser les certitudes d’aujourd’hui.

Et hier, c’est avec de la fécule de pomme de terre que les couleurs du monde nous étaient dévoilées.

Bonne visite.

Références : Phototrend 2023, Phototrend 2022

Le Zinc du photographe

Quelques surprises argentiques et … instantanées.

Noël étant par tradition l’occasion d’une réunion de famille, avec enfants et petits enfants, j’ai eu l’idée saugrenue de mettre à disposition des appareils instantanés pour que chacun puisse emporter, partager immédiatement ces petits moments d’échanges.

Mais, prudent, j’ai d’abord testé les résultats de chacun, connaissant mes loustics, car si ceux-ci n’étaient pas à la hauteur, ils ne s’en serviraient pas.

En lise donc, le Polaroid One 600 (2004), le Polaroid SuperColor Autofocus 3500 (1981), le Lomo Instant Wide (2016) et le Kodak Classic Smile (2019).

Le One 600 est un « fix focus » (minimum de prise de vue à 90cm), le SuperColor 3500 possède un sonar pour effectuer la mise au point, à partir de 60cm, le Lomo Instant Wide se règle par zones (mise au point minimum de 60cm) et le Kodak fait la mise au point automatiquement.

Nous avons là plusieurs technologies instantanées :

  • le film Polaroid 600
  • le film Polaroid SX-70
  • le film Fuji Instax Wide
  • le film ZInk (Zero Ink)

Chacun de ces appareils étaient dotés d’un flash, intégré pour tous sauf le SuperColor 3500 qui utilise des Flashbar (10 lampes).

Plantons le décor : des luminaires avec lampe LED lumière chaude, lampe néon, lumières venant du sapin (clignotantes et multicolores) et un brin de lumière naturelle (dehors il pleut sans discontinuer), murs et plafonds blanc, un mur gris clair. Les flashs vont être de la partie, les réglages qui pourraient le rendre inutile n’existant pas sur ces appareils, sauf le Lomo et le Kodak.

Première photo de la table des convives

Bon, pour les Pola, pas terrible : images trop sombre et mal définies. Mieux pour l’Instax Wide (dont le résultat est flou parce que mal réglé la distance, ce qui n’est pas évident de faire) et le Zink.

Vous constaterez aussi qu’il est difficile de bien cadrer, les viseurs étant plus qu’approximatifs.

Seconde photo d’un détail de la table

Heu … toujours pas bon pour les Polaroid : encore et toujours trop sombre et flou

Finalement il va falloir départager le Lomo Instant Wide et le Kodak.

L’intérêt de ces deux appareils est de proposer un format assez large et plus lisible que les formats minis.

Le petit plus du Kodak est de pouvoir enregistrer les images aussi sur une carte SD (image JPEG de 16Mpx), ce qui autorise la duplication si besoin et des corrections si nécessaires.

Quant au Lomo – mais je ne les ai pas testé cette fois – nous aurions pu faire des fantaisies comme des surimpressions, des images prises avec le Splitzer et les autres compléments optiques (mais bon, nos invités ne sont pas de fans de photo – un comble – sauf avec leurs … smartphones – je désespère !).

Si je dois les départager, j’avoue que le Kodak est devant pour la qualité de ses images, plus nettes et définies que celles du Lomo.

Ce qui m’incite à réécrire un article plus complet à son sujet, bientôt.

Quant aux Polaroid, je leur donnerai une seconde chance en lumière naturelle mais ils ne partent pas gagnant. A vérifier au printemps.

Et j’ajouterai le Fuji Instax Square SQ10 qui, comme le Kodak, intègre une carte SD pour enregistrer les images.

La suite au prochaine numéro …

info utiles ou futiles

Photographier lorsqu’il fait (très) froid

Ça y est, il fait froid, il gèle même depuis quelques jours. Ce matin (17/12/22), le thermomètre extérieur affichait un beau -7°C. Brrr …

Est-ce une raison pour hiberner jusqu’à la fin mars et remiser nos appareils photo bien au chaud ?

Non, ce serait dommage, le temps froid, voire la neige et la glace nous révèle un monde différend, aussi très photogénique, mais qu’il convient d’aborder avec les précautions d’usage.

En voici quelques unes qui, je l’espère, vous serviront …

Si vous avez prévu une sortie hivernale, un petit truc tout simple est de prévoir, sur le parcours, au moins un endroit où vous pourrez vous réchauffer. L’abri seul de votre véhicule au moment du retour risque d’être un peu juste, car lui aussi aura passé la journée dehors, au froid, et le temps qu’il ne vous donne un peu de chaleur …

Ah, et à éviter, la consommation d’alcool qui donne une impression de chaleur, mais bien fugitive. Vous finirez votre flasque plus vite que vous n’aurez vraiment chaud !

Commençons par nous habiller chaudement. Pour ceux qui sont habitués à la randonnée, rien de nouveau je pense mais un petit rappel toujours utile : il n’est pas nécessaire d’enfiler 5 pulls chauds, ils ne feront que gêner vos mouvements.

La meilleure façon de faire consiste à empiler des vêtements fins, si possible dit « thermique » (ah, les bons vieux Damart de nos grands mères !). Il en existe de toutes les marques et vous en trouverez des abordables chez Décathlon par exemple. Les meilleurs, à mon avis, à mettre sur la peau, sont ceux avec de la laine Mérinos. Non seulement ils sont vraiment chauds mais il évacue la transpiration et sont efficaces contre les odeurs. Un inconvénient toutefois, ils sont assez chers (+/- 50€) mais si vous en prenez soin, ils durent longtemps. Sinon, la marque Cryvit de chez Lidl propose aussi des dessous thermiques efficaces, y compris des sous pantalons.

Un fin pull en « fleece » ou « polaire » (cette matière toute douce faite de bouclette ou de tissus gratté), par dessus vous assure un cousin d’air qui gardera votre chaleur longtemps. En plus, petit côté écolo pas négligeable, la plupart sont fabriqués à partir de matières plastiques recyclées.

La troisième couche pourra à nouveau être confiée à un pull dans cette matière, mais un peu plus « lourd » : l’idéal étant d’atteindre les 350gr. Des marques comme Lafuma, Columbia, Jack Wolfskin, Millet en font d’excellents. Comme ils demandent peu d’entretien, sèchent vite et sont solides, ils seront vite amorti au fil de vos sorties.

Je ne renie pas la laine, toujours excellente, mais plus délicate à l’usage (lavage, séchage avec précaution).

La dernière couche sera votre blouson ou manteau. Idéalement imperméable, coupe-vent mais respirant pour plus de confort. Les marques citées plus hauts – mais elles ne sont pas les seules, juste que celles-là je les connais bien – en proposent d’excellents, mais à acheter en solde pour ne pas faire frémir votre budget.

Des chaussettes chaudes dans des chaussures confortables et prévues pour l’hiver seront un plus indéniable. Rien de pire que d’avoir les orteils qui gèlent surtout lors des stations arrêtées un peu longues (pose longue, affut, etc.). Las encore des magasins comme Décathlon ont des rayons bien fournis à prix abordables (finalement, je vais leur demander de me sponsoriser, non ?).

A l’autre extrémité, vos mains et vos doigts méritent la plus grande attention car manipuler son boitier les doigts gelés est quasi impossible.

Ici aussi vous pouvez jouer la carte de l’empilement avec des sous gants fins. Ceux en soie sont excellents, voire – en second choix – ceux en polaire fin. Au dessus, des gants de cuir souples et doublés ou ceux en matières dites « techniques » : des tissus chauds, résistants, imperméables et coupe-vent.

J’en ai acheté une paire sur un grand site chinois pour moins de 10€ et je n’ai pas eu froid lors de notre sortie hivernale de Namur. De plus, la paume est garnie d’une matière antidérapante et le bout de l’index est dit « tactile » pour pouvoir manipuler les écrans sans devoir ôter le gant.

D’autre, lors de la sortie, avaient opté pour des gants en cuir fourré mais dont le bout de l’index peut se retourner pour sentir mieux les commandes, l’écran et le déclencheur.

Sachez qu’il existe une solution mixte : le sous-gant tactile à glisser sous le gant principal.

La marque Vallerret propose des gants spéciaux pour photographe, comme le Markhof Pro (tarif de +/-70€). A se faire offrir ?

Encore un peu plus haut, comment protéger son cou, responsable de presque 60% des déperditions de chaleur de notre corps ? Il y a toujours la bonne vieille écharpe, vous savez, ce truc qui glisse tout le temps ! De nos jours, on utilise plutôt des « tours de cous » qui sont bien plus près du cou et bien plus chauds. Pour tous les budgets et de toutes les couleurs si on veut.

Petite remarque, en passant, car la plupart des vestes « outdoor » proposent maintenant des fermetures hautes, qui protègent déjà bien cet endroit. Et si vous avez opté pour un pull en polaire, le tour de cou ne sera pas nécessaire puisqu’il monte haut.

Dernier étage, votre tête, l’autre endroit qui enregistre le plus de déperdition calorique.

Alors, il y a les adeptes du chapeau, de la casquette et du … bonnet ! Franchement plus pratique et bien plus chaud que les deux autres couvre-chefs cités. Ici aussi, la laine le dispute au tissus polaire, à chacun ses préférences.

Vous, vous voila parés pour affronter les grands froids, et votre matériel ?

Petite précaution utile, avant toute sortie au froid, chargez bien vos batteries, elles n’aiment pas la fraicheur. Leurs performances diminuent au grand froid. Cependant, si vous les remettez au chaud, elles reprendront vigueur. Le mieux étant dès lors de les garder dans une poche interne de votre veste/blouson et de ne les sortir qu’en cas de besoin.

Avec les reflex modernes et surtout les hybrides, je ne saurais trop vous conseiller que d’avoir au moins deux batteries de secours (en sus de celle déjà dans l’appareil).

Ensuite, votre sac à dos : il sera l’ultime rempart contre les intempéries, que ce soit la neige, la pluie, le froid.

Soyons bien clairs, il ne va pas réchauffer votre matos mais bien garder une « chaleur » acceptable pour celui-ci, c.-à-d. couper le froid vif et l’humidité ambiante.

Surtout, on n’y pense pas assez, il va servir de tampon thermique pour votre appareil photo et son objectif.

Nous l’avons déjà tous expérimenté, un fort écart de température ente l’intérieur et l’extérieur a pour conséquence immédiate la formation de buée sur les écrans, les viseurs et les optiques.

C’est le phénomène de condensation qui se présente lorsque vous mettez un objet froid dans un environnement chaud et humide. L’eau présente dans l’air va se déposer, par condensation, sur cet objet froid. Si vous êtes porteurs de lunettes, vous savez de quoi nous parlons !

Outre que c’est gênant si vous voulez continuer à prendre des photos en intérieur, ce n’est pas très bon pour le matériel cette humidité. Si vous avez du matériel dit « tropicalisé », les risques seront moindre (l’eau ne se glissera pas à l’intérieur du boitier et de l’objectif), pour les autres, c’est un réel problème qui risque, à terme, d’entrainer des moisissures toujours difficiles à enlever et à de l’oxydation sur les circuits électroniques.

Quelles sont les solutions pour éviter ce phénomène désagréable ?

Monsieur de La Palice vous aurait dit d’éviter les changements de températures brusques, mais il n’était pas photographe.

D’autres préconisent de glisser l’appareil froid dans un sac plastique étanche, en chassant le plus d’air possible, et de le placer dans un endroit frais de la maison (ou du lieu où vous entrez). La condensation se formera alors sur le plastique du sac et pas sur l’appareil. Plus la différence de température sera importante, plus longtemps il faudra laisser l’appareil dedans.

Attention toutefois que cette solution a, à mon sens, un gros désagrément : celui de ne pas laisser l’appareil plus que nécessaire (difficile à déterminer) pour éviter, in fine, que l’eau de condensation ne coule sur le matériel, surtout si on manipule le sachet.

La manière douce pour (tenter d’) éviter ces chocs, c’est d’utiliser votre sac comme coquille thermique : lorsque vous êtes dehors, avant d’entrer quelque part au chaud, glissez dedans votre boitier, le sac le gardera à la température proche de celle du dehors.

Et si vous devez ressortir, après in chocolat chaud par exemple, ne ressortez le boitier qu’au dehors, le sac ayant toujours gardé une température plus ou moins constante (ne le déposez pas contre un radiateur, évidemment).

Une remarque en passant : si un peu de condensation venait à geler, du fait d’un très grand écart de température, certains éléments pourraient se figer. Ne forcez surtout pas, attendez que le matériel se réchauffe lentement. Mais vous aurez de l’humidité.

C’est le moment ou jamais de garder tous les petits sachets de silicates (silicate-gel) que vous pourrez trouver et de les disperser dans votre sac à dos, là où vous rangez vos boitiers et optiques. Ils absorberont l’humidité ambiante et assécheront le matériel.

Et lorsqu’ils auront accompli leur office, petit tour au four à micro-ondes pour les assécher et pouvoir les réutiliser.

Dernier point sans doute, que faire en cas de neige ou de forte pluie ?

Pas de miracles, il vous faudra une protection étanche pour le matériel. On vend des sacs prévus à cet effet ou un sac plastique tout simple fera aussi l’affaire, mais il faut alors prévoir comment faire passer l’objectif à travers sans créer d’ouverture inutile (merci l’attache par élastique ou bande velcro).

Fixer le pare-soleil sur son optique retarde encore le dépôt de pluie ou de neige (pensez à laisser le boitier vers le bas dans ce cas).

Si, tout de même, quelques flocons facétieux se posent sur votre optique, ne frottez pas avec les doigts mais essayez de les souffler avec une poire à souffler, ça évitera les taches difficiles à enlever.

En tout cas, j’espère que vous aurez pris la peine de placer un filtre UV sur votre optique, c’est lui qui prendra tout pour ne pas abîmer nos chères lentilles !

Le cas extrême, ce sera la formation de givre sur le filtre. Surtout ne soufflez pas dessus, ce sera pire. Ayez plutôt un carré de microfibre sur vous pour l’enlever.

Au terme de votre sortie, quand vous serez rentré au chaud, à la maison, l’hôtel, le camping car, enfin tout endroit chaud, essuyez bien tout le matériel, placez-le dans un endroit sec avec des sachets de silicate-gel autour et laissez-le se reposer aussi de cette froide aventure ! Vous regarderez vos photos le lendemain.

Voilà, pas de solutions miracles mais quelques conseils de bon sens qui vous aideront à envisager vos sorties hivernales sereinement.

Car l’hiver transfigure les paysages et ce serait dommage de passer à côté.

Bon hiver !

Et si nous parlions (un peu) technique ?

Les films Polaroid, comment s’y retrouver ?

C’est en répondant à Charlotte, qui se posait la question, que j’ai pensé à vous faire ce petit récapitulatif imagé car il n’est pas toujours évident de s’y retrouver dans les packs film 600.

Sans compliquer inutilement les choses, il faut cependant rappeler un peu l’histoire des packs film ou film intégral.

Les appareils dit 600 (pour une sensibilité de 600 Asa environ) ne possèdent pas de pile en interne. Or ils ont besoin d’énergie pour le flash (toujours quasi indispensable) et l’avance puis l’éjection de la photographie prise.

Monsieur Land a eu l’idée géniale d’inclure la batterie dans le paquet contenant les épreuves, d’où l’appellation de film intégral : il contient le film, la chimie du développement et le courant utilisé par l’appareil.

Ce principe est identique pour les films SX-70 et, auparavant, les films Spectra (introuvables de nos jours et plus fabriqués).

Alors, pour faire simple et utile, voici une petite sélection des appareils qui ont besoin de ce pack film 600 et la présentation du film compatible

La liste des appareils qui doivent utiliser ce film :

Source : La longue série d’appareils compatibles (merci à Polaroid Passion).

Entre temps Polaroid refabrique de nouveaux appareils, appelés Polaroid Now, One Step2 et One Step+. Pour ne citer que ceux qui utilisent le format original du film 600.

Ceux-ci utilisent un film différent car la pile est maintenant dans l’appareil : il s’appelle le film I-Type

Voilà, j’espère que ce petit montage va vous permettre d’acheter plus sereinement vos films, sans risque de vous tromper.

Des variantes existent (sinon ce serait trop simple, n’est-ce pas ?) mais elles ne touchent que les décors autour de l’image (couleurs différentes), les films N/B.

MAIS la constante restant dans l’appelation :

  • Film 600 avec 8 vues et pile intégrée
  • Film I-Type avec 8 vues et sans pile

Bon amusement et bonnes images.

Infos utiles ou futiles

Réparation du Fuji DL 200

C’est grâce à Mathis, que je remercie encore, que je reviens avec cet article.

Si vous vous en souvenez, je vous ai présenté le Fuji DL 200 il y a quelques mois.

Je faisais allusion au soucis causé par le changement des piles, soudées à l’origine par l’usine et qui nécessitait que l’on renvoie l’appareil pour les changer.

Les ingénieurs ayant estimé que celles-ci dureraient 8 ans et environ 1000 déclenchements.

Mais voilà, certains de ces appareils refont surface aujourd’hui, soit 40 ans après son lancement !

Autant se dire qu’avec un peu de chance, les piles n’auront pas coulé mais elles sont mortes.

Reste donc que je vous avais mis une petite video qui semblait apporter une solution mais en la regardant de nouveau je me suis aperçu de deux choses : le bricolage ne peut tenir comme indiqué et ça ne peut fonctionner car … il n’y a pas de fils soudés au support !

Décidément, avec YouTube, tout fonctionne, c’est ça la magie du numérique !

Alors il pourrait s’agir du Fuji DL200 II mais en aucun cas du premier du nom.

Tout d’abord, plantons le décor : je suis nul en électricité, fut-elle délivrée par une ou des piles. Et donc, je vais essayer, avec mes modestes moyens, de trouver une solution pérenne pour remplacer ces satanées piles et redonner vie à ce petit appareil sympathique et pas dénué de capacités.

L’idée de la CR-P 2 est séduisante, mais elle n’est pas envisageable car l’ensemble est plus grand que le montage d’origine et surtout, il y a les fils qu’il faut bien mettre quelque part !

Voici le montage d’origine

Vu en perspective, voici la différence de taille des deux ensembles

Oui, je sais, c’est encore flou, je n’avais pas mis mes lunettes !

Il fallait donc trouver une autre solution, si possible élégante et fonctionnelle.

Et puis je ne suis souvenu que j’avais acheté ça pour d’autres bricolages que j’avais en tête.

En fait, il s’agit de petits boitiers dans lesquels on peut glisser une ou deux piles de 3V.

Comme j’ai besoin de 6v, j’ai choisi le petit rond, dans lequel j’ai pu insérer deux CR 2032 de 3v.

J’ai donc dessoudé les piles d’origine (qui n’avaient pas coulé, ouf)

Je pouvais ainsi récupérer les deux fils d’origine, sur lesquels je vais greffer mon nouveau porte-pile.

Là je dois bien vous avouer que je ne suis pas un as de la soudure, mais j’y suis arrivé en démontant délicatement les petites pièces du support. La solution de facilité aurait été de souder les fils du porte-pile à ceux existant, mais je suis têtu et je voulais qu’il y ait le moins de fils qui trainent.

Bref, voici le résultat final. Et si vous regardez bien, il y a même un petit interrupteur si on veut économiser ses piles au lithium ! Mais bon, ça voudrait dire ouvrir et fermer à chaque fois tout l’ensemble du dos de l’appareil, ce qui n’est pas pratique.

L’avantage du montage, c’est que tout rentre sans forcer dans l’espace libéré, les piles 2032 ou 2025 sont très courantes et assurent une bonne longévité (piles des télécommande de voiture), elles seront facilement remplacées quand nécessaire.

Voilà, voilà … à vos fers à souder et bon bricolage.

Eh bien, ça ne fonctionne pas !

Les piles se vident à une vitesse effrayante : lorsque je ferme la porte, le moteur ronronne bien, comme pour enrouler le film, puis j’entends que la vitesse chute et puis … plus rien. Pas possible de déclencher, rien quand on ouvre la porte qui protège l’objectif, rien, le grand silence. Et j’en suis au second jeu de piles neuves.

Moi qui croyait avoir trouvé LA solution, je repart au turbin, et je demande l’indulgence de Mathis, qui y a cru avec moi.

Reprenons le problème à la source : à l’origine, il y avait 2 piles CR123 ou CR 123A, au lithium, soudées entre elles.

Le soucis, c’est de souder ces piles, car ça les fait chauffer si on ne possède pas le matériel de soudure « par point » ad hoc. Et faire chauffer une pile, ce n’est jamais bon (Olivier me l’a bien rappelé).

J’ai été voir sur un grand site qui vend de tout et n’importe quoi, en Chine, où j’ai trouvé ceci :

Ce pourrait être une solution mais je crains que les 2, cote à cote, ne soient trop larges pour l’emplacement, déjà juste pour les 2 piles.

L’avantage, c’est qu’on peut facilement souder les fils nécessaires.

Il existe des boites doubles mais que je ne retiens pas parce qu’elles sont encore plus grosses.

Puis il existe ceci:

Ce sont des supports utilisés pour construire des « rack » de piles au lithium, comme par exemple pour remplacer celles d’une batterie de perceuse.

Il n’y a pas de point métallique pour souder quoique ce soit, mais on peut y ajouter des « lames » en métal nickelé ou des clips comme ceux-ci

Et ces clips ou lamelles, on peut les souder aux fils dans un montage quelconque.

Il faudrait ensuite les glisser dans les fentes prévues au bord des mini rack pour les faire tenir contre les pôles des piles.

Mais, comme vous aurez raison de me le faire remarquer, il faudra quand même les souder pour assurer un contact durable et sûr.

Donc, je vais voir pour un mini poste à souder par points

Dont coût environ 30€. Ça reste raisonnable si on pense faire relativement souvent à souvent ce type d’intervention.

Mais le soucis reste, in fine, le même : quand les piles sont HS, on jette le tout ?

Quant la place manque, il faut se résoudre à trouver des solutions à minima. A l’origine, les ingénieurs de Fuji considéraient que les piles d’origine tiendraient 8 ans ou 1.000 déclenchements (dont la moitié avec le flash).

Si la soudure est mieux faite grâce à ce mini pointeur, il ne resterait qu’à dessouder le fil d’alimentation et le négatif, et ne jeter que le jeu de piles unies pour la vie et le trépas. C’est un moindre mal, finalement.

Bon, je résume : exit les supports en plastique qui risquent de prendre trop de place (dont coût 3€ pour 5 pièces, livraison comprise); exit les mini racks en plastique qui ne sont pas pourvu de lames métalliques (dont coût 3€ livraison comprise pour 10 pièces).

Reste les lames nickelées (3,5€ pour 100 pièces, livraison comprise), le mini pointeur (30€ livraison comprise), et – à mon avis – un élastique ou mieux, une bande de caoutchouc auto serrant fin pour bien faire tenir les piles l’une contre l’autre.

En fin de vie de l’ensemble, on dessoude les fils d’alimentation et négatif et on recommence un assemblage.

J’ai commandé le nécessaire et je vous raconte la suite au prochain numéro …

Le Zinc du photographe

Le Pentax LX, suite.

C’est vrai que je devrais toujours écrire « les » Pentax LX car, finalement, j’ai la chance d’en posséder deux.

Je n’ai pas pu résister et j’ai mis une pellicule dans celui qui me semblait avoir le plus servi.

Comme je partais faire une sortie photo avec des amis photographes, je l’ai emporté avec moi.

Las, alors que j’avais changé la mousse du miroir et que jusque là il déclenchait parfaitement, patatra, le dit miroir fait ses caprices : il remonte mais en deux temps, celui du décollement et celui de la remontée un peu vive ensuite !

Perturbant et désorientant pour les premiers clichés car, surpris, j’ai bougé (et comme c’était le petit matin frais et brumeux, même avec le f1,4, la lumière était chiche).

J’ai donc dû le laisser dans le camping car, au chaud.

Je vais donc passer au second, avant d’entamer – si j’ose – la réparation dont je parlais dans le premier article consacré à ce bel appareil.

Ceci étant, j’ai osé demander à Jean, le vendeur, de me confier quelques photos que lui avaient faites avec ses appareils. Car c’était bien lui le photographe, sa charmante épouse, Michèle excelle dans les textes de leurs reportages.

Et il a eu la courtoisie de m’en confier quelques unes, ce dont je le remercie infiniment.

J’ai donc le plaisir de les partager avec vous (ces photos sont sous le copyright de Jean Meuris et ne peuvent être copiées sans son autorisation).

Cliquez sur les images pour mieux les déguster.

Un seul mot me vient : magnifique !

Quand je les ai vues pour la première fois, un autre nom m’est venu à l’esprit, celui de Steve McCurry. Un bel hommage à ce travail splendide.

Et si nous parlions (un peu) technique ?

Et pourquoi pas la macro en argentique ? La suite par Olivier

Les Flashs « Macro »

              Comme cela était abordé dans le précédent article, le prix des équipements optiques associés à la macrophotographie a  fait  que très peu de personne se sont lancé dans cette activité. De plus, un néophyte se rendra vite compte que cette activité requiert bien souvent d’autres accessoires. Le simple objectif spécifique  est indispensable mais pas toujours suffisant. En effet, les conditions de prise de vue demandent  très souvent une lumière conséquente que l’environnement extérieur ne peut fournir. Finalement, un éclairage additionnel sera requis pour des situations d’intérieures et un flash dédié vous sera certainement d’une grande utilité. Toutefois, les prix élevés associés à ces équipements vous feront  bien évidement préférer le matériel d’occasion qui, même s’il ne reprend pas les spécificités de votre boitier, sera largement suffisant pour arriver à de très bons résultats. Nous allons vous expliquer dans cet article pourquoi la lumière vous fera défaut dans la majorité des situations et comment faire pour utiliser un flash qui ne peut utiliser les automatismes qui sont associés à votre boitier.

Mais pourquoi vais-je donc avoir besoin d’un flash ?

              Et bien vous allez être confronté au problème de la profondeur de champ. En effet, en Macro, un objectif standard (et même un objectif macro) n’en a aucune ! La preuve, cette photo d’un circuit électronique (carte de décodage d’un ancien caméscope SONY).

Pour les trois photos suivantes qui nous serviront de support didactique, j’ai utilisé un Olympus OM-2n avec des flashs en mode « Full Automatic Control ». Cette fonctionnalité permet de mesurer l’éclairement associé au flash à travers l’objectif et décharge l’utilisateur de tout calcul d’ouverture du diaphragme.

Vous vous rendez vite compte que le haut des composants est bien net alors que la base est floue. Quand un objectif est utilisé à pleine ouverture, il n’y a même pas un centimètre de profondeur de champ.

              Alors  utilisons notre flash (COBRA) pour éclairer la scène… Et ainsi fermer le diaphragme et donner de la profondeur de champ…

Cette fois, nous avons un peu plus de profondeur de champ, mais la position du flash (qui est resté sur la griffe porte accessoire) provoque un éclairage non uniforme et des ombres apparaissent.

Utilisons maintenant un flash annulaire (spécifique macro)

Cette fois, il n’y a plus d’ombre parasite mais la photo obtenue semble sans relief. En effet, les ombres donnent de la profondeur et ce n’est pas ce qui est recherché par les personnes qui utilisent la macro de manière industrielle.

              Finalement, si vous voulez faire de la macro, il faudra garder à l’esprit les problèmes d’éclairage ou de profondeur de champ. Donc, imaginer que l’on pourra avoir des photos aussi éclatantes que celles que l’on rencontre sur le net, est quand même illusoire si on se limite uniquement à l’achat d’un objectif macro.

Commençons par quelques spécificités…

                            Un flash « Macro » est un flash avec un faible nombre guide.

              Et oui, oubliez les nombres guides (NG) supérieurs à 20. Les flashs « Macro » se situeront dans la plage NG 8 à NG 15 au maximum et encore, vous serez bien content de pouvoir faire varier la puissance (De la puissance maximale à 1/16 ou 1/32 de cette puissance). Si vous avez la chance d’avoir un flash pouvant accepter un cordon de synchronisation, alors vous pouvez espérer positionner ce flash de manière à exposer correctement le sujet. En effet, quand vous avez un sujet à faible distance de mise au point, la zone couverte par le flash n’est pas nécessairement la zone où se situe le sujet. Un flash à tête orientable est donc indispensable. Or les flashs ayant un faible nombre guide ne sont JAMAIS à tête orientable. Le cordon de synchronisation vous permet de palier à ce défaut si le flash concerné est capable de le recevoir.

a) Exemple de flash de forte puissance à tête orientable

Le flash T-32 (Olympus) possède une tête orientable qui peut descendre d’une dizaine de dégrée vers le bas. C’est suffisant pour éclairer un sujet très proche de l’objectif. Mais sa puissance trop importante surexposera systématiquement le sujet en MACRO.

b) Exemple de flash de moyenne puissance à tête fixe

Sa faible puissance (NG 20 quand même) rend le T-20 plus adapté à l’éclairage des sujets rapprochés, toutefois l’absence de tête orientable et son incapacité à doser la puissance en mode manuel le rendent d’un emploi délicat en MACRO.

              De plus, les flashs ayant un faible nombre guide sont des flashs d’entrée de gamme et ne sont pas prévus pour être utilisés en mode déporté. Il faudra trouver les précieux accessoires qui vous permettront de le faire. Dans le cas du système Olympus, il faut 3 éléments qui seront difficiles à réunir.

Un cordon de synchronisation                 Une griffe accessoire spécifique                            un sabot pour le flash

              Donc, vouloir utiliser le T-20 dans une situation ou le sujet est à quelques dizaines de cm de votre objectif ne sera pas si facile que cela. Si vous n’êtes pas pressé, regardez régulièrement les sites de vente de matériel d’occasion, si vous voyez passer ce type de matériel, il y a de forte chance pour que vous soyez aussi la seule personne intéressée et vous finirez par compléter votre équipement pour le rendre utilisable en macro.

c) Les flashs  annulaires

              Ces flashs sont dédiés MACRO et sont proposés à des tarifs bien trop élevés compte tenu de leur utilisation exclusive. Qui va dépenser le prix de deux ou trois objectifs pour un flash qui sera utilisé deux ou trois fois par an. Par exemple, Olympus a eu deux flashs dédiés MACRO dans sa gamme, le T-28 et le T-10

A gauche le T-28, à droite le T-10

              Les prix demandés en occasion pour de tels équipements vous feront vite tourner les talons (150 à 250 Euro). Mais rien n’est perdu et de très vieux modèles proposés par d’autres constructeurs sont tout à fait capables de vous exposer correctement votre sujet. Il faudra toutefois revenir sur les spécificités de la macrophotographie pour être en mesure de réaliser correctement votre exposition. Ainsi, le choix que vous avez fait de rester sur des  appareils photos argentiques n’ayant que très peu d’électronique devient un avantage car vous pouvez utiliser du matériel qui n’intéresse pas les possesseurs d’appareils numériques.

Exemples de flash MACRO proposés par SUNPAK.

A gauche le Sunpak GX8R, à droite, le Sunpak DX8R

Pour le Flash SUNPAK DX8R, j’exprime tous mes remerciements à une personne rencontrée par l’intermédiaire d’un site de vente entre particulier qui m’a donné ce matériel pour que je puisse vous proposer cet article en ayant l’opportunité de concilier les explications et les photos expérimentales.

              Ces deux modèles ne sont pas capables d’utiliser les fonctionnalités des boitiers récents et, pour l’un d’entre eux, il possède un niveau de tension au niveau des contacts du sabot qui risque de griller les précieux circuits électroniques d’un appareil numériques. Bref, vous aller être obligé de travailler en manuel et uniquement avec des appareils ayant une électronique simple et robuste ( CANON série A, Olympus OM-1 ou OM-2, Fujica AX , NIKON F …. ) et un sabot standard .  Allez passons à la pratique…

                                          Une photo « Macro » se fait avec un papier et un crayon.

              Aussi curieux que cela puisse paraitre, vous allez vous retrouver sans aucune assistance pour mettre vos paramètres de prise de vue. Il faudra réfléchir un peu et vous remettre en mémoire vos premières notions de photographie. Seuls les plus chanceux d’entre nous ont des appareils ayant une capacité TTL au flash, sans compter qu’il faut aussi que le flash soit doté du sabot adapté pour garder les automatismes du boitier. Je suis l’un de ces chanceux, car j’ai un Olympus OM-2n et un flash annulaire équipé d’un sabot dédié Olympus. Toutefois, cette configuration servira de configuration de référence pour vérifier si notre procédure de travail pour un appareil utilisé en semi-automatique donne une bonne exposition du sujet.

a)  Le doubleur de focale  (avec fonction MACRO)

              C’est la solution la plus économique pour ceux qui pensent se limiter au grossissement 1:1.  Cette solution vous obligera à faire quelques petits calculs si vous utilisez un flash. En effet, ce type de complément optique vous prend beaucoup de luminosité. Ce qui est équivalent à la perte de deux diaphragmes (si vous avez la chance d’avoir la notice d’utilisation du doubleur, cette information y figure obligatoirement, avec un doubleur vous n’envoyez  sur la pellicule qu’un quart de la scène qui est vue par l’objectif). Dans le doute, n’hésitez pas à faire l’expérience suivante pour évaluer l’impact du doubleur sur l’exposition.

– Olympus OM-1n  associé à un 100 mm  (Ici, un Zuiko 100 mm, f:2.8)

Une mesure avec cet objectif me donne pour une scène d’extérieure, une vitesse de 1/60 et une ouverture de f:8

– Olympus OM-1n  associé au doubleur et à un 50 mm  (Ici, un Zuiko 50 mm, f:1.8)

Une mesure avec cette association me donne pour la même scène d’extérieure, une vitesse de 1/60 et une ouverture de f:4  (soit une perte de luminosité de deux diaphragmes).

              Si vous avez un OM-2n avec un flash réalisant la mesure en TTl,  alors déclenchez sans vous poser trop de question et tout se passera bien…Pour les autres cas, on se grattera la tête…

              Prenons un cas pratique : Imaginons que vous avez un 50 mm f1:1.8 associé à un doubleur de focale ayant la fonction Macro. Votre sujet se trouve à 37 cm du plan de votre film et  vous avez un flash annulaire utilisable seulement en manuel. Le premier travail que vous devez faire est de convertir les ouvertures de votre objectif en ouvertures réelles associées au doubleur de focale.  Si votre plus petite ouverture est de f:16, alors mettre f:16 sera équivalent à mettre une ouverture de f:32 (- 2 diaphragmes) mettre l’ouverture à f:2.8 revient à une ouverture réelle de f:5.6.

C’est le moment de regarder le dos de votre flash et de déchiffrer le tableau de réglage.

Les réglages possibles sont les suivants pour une pellicule de100 ASA:

distance (cm)Puissanceouvertureouverture corrigée
37:            fullf:22f:11
37:            1/2f:16f:8
37:            1/4f:11f:5.6
37:            1/8f:8f:4
37:           1/16f:5.6f:2.8

              L’ouverture corrigée est la valeur que vous allez mettre sur votre objectif pour avoir l’ouverture demandée par le flash. Finalement, vous avez 5 réglages possibles. A la vue des ouvertures conseillées, vous comprenez pourquoi votre flash de nombre guide 30 ne sera pas utilisable (vous allez finir par mettre des filtres de densité les uns sur les autres !). Le constructeur vous propose aussi des diagrammes pour déterminer l’ouverture de l’objectif.

              On retrouve les valeurs proposées par la réglette de calcul et si un changement de puissance est requis, il faut recalculer l’ouverture : une ouverture de f:32 à pleine puissance se traduira par une ouverture de f:16 au 1/4 de puissance. Pour ceux qui se poseraient la question du choix de la distance, il ne faut pas oublier que même les flashs macros ont parfois un fonctionnement automatique et la cellule de mesure n’est pas placée sur l’anneau mais sur la griffe du flash, donc à proximité du plan du film, d’ou le choix de privilégier le calcul de la distance en partant du plan du film.

              Passons à la pratique…  Utilisons notre appareil semi-automatique (Ici un Olympus OM-1n) avec le flash SUNPAK DX8R en manuel. L’objectif est un 50 mm f1.8 associé à un doubleur de focale ayant la fonction Macro.

On voit immédiatement que la photo obtenue est similaire à celle obtenue avec l’Olympus OM-2n avec le flash annulaire en mode « Full Automatic Control ». Donc notre procédure de réglage est parfaitement validée.

Voici la même photo réalisée sans tenir compte de la perte de deux diaphragmes causés par le doubleur de focal.

Heureusement que notre négatif est tolérant à la sous-exposition (ILFORD FP-4) car nous voyons toujours le sujet photographié. On a quand même une sous-exposition de deux diaphragmes.

              En conclusion, si vous voulez vous initier à la macro, dépenser quelques dizaines d’euro dans un doubleur de focale capable de vous donner le rapport 1:1  est largement suffisant. Ajouter par la suite un flash annulaire (un vieux !) que vous trouverez à moins de 50 euro et vous serez équipé pour 90% des photos que vous voudrez faire.

b) Les bagues allonges ou le soufflet macro.

              Cette fois, c’est bien plus difficile d’évaluer la perte de luminosité causée par l’ajout d’un tel équipement. Voyons déjà le résultat en lumière du jour. On remarque déjà que le rapport d’agrandissement est supérieur à celui des photos précédentes et nous sommes presque au tirage le plus faible. C’est le FUJICA AX-3 qui s’est prêté au jeu…

Inutile de chercher de la qualité quand on est à pleine ouverture et avec aucun apport de lumière autre que la lumière du jour. L’absence de profondeur de champ est encore plus dommageable  avec un soufflet macro. Plus vous augmentez l’agrandissement, plus la profondeur de champ est faible.

              De plus, un soufflet est difficile d’utilisation, un support (pied photo) est indispensable et le flash est bien évidement requis dans toutes les circonstances car le grossissement dépassera 1:1 au tirage minimum.  Et pour la correction de luminosité ? Un soufflet ne contient aucun élément optique, c’est juste un moyen d’augmenter artificiellement le tirage d’un objectif. Il n’y a donc à priori aucune perte de luminosité. Donc l’utilisation d’un flash annulaire en mode manuel ne devrait pas provoquer de modification du réglage du diaphragme.

Allez, vérifions cette hypothèse…

              La photo de référence faite en « Full Automatic Control » par l’OM-2n associé à un soufflet (Low cost) et au flash SUNPAK DX8R. (La pellicule utilisée est une ILFORD FP-4 qui a un peu mal vieilli, alors ne partez pas du principe que le soufflet donne de mauvais résultat, bien au contraire).

Cela sera la photo de référence et nous ferons toute un série de photos en mode manuel en partant du réglage de référence donné par la réglette de calcul du flash et en augmentant l’ouverture d’un diaphragme à chaque nouvelle photo.

              J’ai sélectionné la photo utilisant le réglage de référence (sans modification du diaphragme) et la photo ayant une ouverture de + 1 EV.

Correction +0 EV                                                                     correction + 1 EV

              En fait, aucune des photos réalisées avec de faibles corrections (+/- 1 EV) ne semblent impossible à traiter, aussi bien par le scanner que par l’agrandisseur. Je pense que l’utilisation du soufflet avec une correction nulle ou de +1 EV ne posera pas de problème pour la majorité des photos.  La tolérance de la pellicule fera le reste ! 

              Par contre, je n’encourage pas du tout le néophyte à investir dans un soufflet MACRO. En effet celui-ci ne peut pas être utilisé sans support. De plus le flash est requis et compte tenu du rapport d’agrandissement (bien supérieur à 1:1 ) il est souhaitable d’avoir une loupe de mise au point pour s’assurer de la netteté de la photo (encore un achat à faire !)

CONCLUSION.

              Si vous voulez occasionnellement faire de la macro, alors investissez dans un doubleur de focale ayant la fonction macro (en général, les doubleurs à 7 lentilles le font). Cela vous donnera un équivalent d’un 100 mm allant jusqu’au rapport 1:1. Vous arriverez à un prix bien plus faible qu’un objectif MACRO. Si vous voyez passer un flash MACRO (comme les flashs SUNPAK), cela vous donnera un petit plus pour les situations ou la lumière est trop faible. Laissez de coté les soufflets MACRO qui sont réservés à des amateurs qui auront des besoins bien supérieurs aux vôtres. Les bagues allonges ne seront pas vraiment utiles car la somme que vous devrez débourser pour avoir un jeu complet (3 bagues) sera identique ou supérieure au doubleur macro. De plus le doubleur macro est aussi un doubleur que vous pourrez utiliser sur un 200 mm pour en faire exceptionnellement un 400 mm.