Et si nous parlions (un peu) technique ?

Et pourquoi pas la macro en argentique ? Par Olivier.

S’il y a bien une « discipline » qui eut le vent en poupe dans les années septante et quatre-vingt, c’est la macrophotographie.

Exigeante, rigoureuse, elle demandait – et demande toujours – de la patience, de l’ingéniosité, de la persévérance … et un brin de matériel.

Qu’il n’est pas évident de (re)trouver car souvent dispersé au gré des ventes successives ou des retrouvailles dans des greniers, des caves, des brocantes.

Pourtant, c’est un tel bonheur de pouvoir révéler ces petits détails de la vie, de la nature avec le rendu si particulier de l’argentique.

Personnellement, j’y touche de manière anecdotique, par période, me contentant souvent de « proxiphotographie », qui ne nécessite pas de matériel adapté, un simple téléobjectif permettant souvent de découvrir des beautés autrement difficilement visibles.

Par contre, notre ami Olivier en est un fervent et talentueux adepte. Aussi, lorsqu’il m’a proposé des articles traitant du sujet, je lui ai laissé carte blanche.

Vous découvrirez ici le premier de deux articles entièrement consacré à la macrophotographie, avec le soucis du détail de notre ami, qui essaiera de vous donner l’envie de plonger au cœur des fleurs de votre jardin, de tutoyer les papillons, d’admirer les interstices des pierres de vos chemins, …

Il va surtout essayer de vous faire faire les bons choix dans l’acquisition de votre matériel, pour éviter tant les déconvenues que les achats onéreux et peu utiles.

Bref, suivez le guide …

La macrophotographie

              A l’époque où nos appareils argentiques étaient dans quasiment toutes les mains, les personnes qui s’adonnaient à la macrophotographie n’étaient pas nombreuses. Le prix demandé pour un CANON AE-1, un Olympus OM-10 ou un FUJICA AX-3 sans oublier les NIKON F3… faisait qu’un tel achat se programmait sur plusieurs mois. Dans de telles conditions, les équipements non indispensables comme ceux associés à la macrophotographie ne représentaient que de très faibles volumes de vente. Le résultat est qu’aujourd’hui vous risquez fort de ne pas trouver ce qu’il vous faut pour faire de la macrophotographie. Il faut donc bien connaitre les équipements associés pour ne pas se diriger vers des solutions inadéquates. Dans la plupart des cas que rencontrent les photographes amateurs, les objectifs conventionnels ayant une mis au point rapproché seront suffisants pour les photos demandant un peu plus de détail.

Exemple de photo réalisée au moyen d’un zoom 35-105 ayant une fonction de mise au point rapprochée sur la focale 35 mm.

Zoom couramment rencontré sur les sites de ventes entre particuliers ayant une fonction de mise au pont rapprochée qui permet dans notre cas d’atteindre un grossissement de 1:4 ( x 0.25 ) sur la focale  35 mm ( ZOOM TOKINA 35-105 f:3.5-4.5 )

              Nous allons vous proposer une série d’article sur la macrophotographie qui vous montreront les différents équipements existants et comment les utiliser. Vous serez en mesure de sélectionner, en fonction de vos besoins et de vos capacités financières, les accessoires qui vous conviendront le mieux.  Nous verrons en particulier que des équipements vendus à des tarifs prohibitifs ne les valent pas et que leur utilisation demande d’autres accessoires qui seront très difficile à se procurer.

              Ainsi, dans cet article nous allons aborder les différents équipements que l’on peut rencontrer et qui seront tout à fait utilisables si un jour vous souhaitez que l’objet photographié soit de la même taille sur le négatif. Et oui, la macro, c’est cela : grossissement   1:1 .  Vous vous rendrez vite compte que la plupart des objectifs ayant l’appellation MACRO ne sont que trop souvent des objectifs avec une mise au point en distance réduite. En fait, seuls les constructeurs d’appareils photos utilisent le terme MACRO pour leurs objectifs ayant un rapport de grossissement de 1:1 (cette habitude s’est vite perdue par la suite). C’est pourquoi nous allons voir le matériel que vous pourrez trouver en occasion et nous vous donnerons une idée des possibilités. Dans tous les cas, il faut garder à l’esprit qu’un élément de la chaine ne vous donnera pas la chaine complète. Si vous souhaitez rentrer dans le monde de la macrophotographie, il faut garder en tête que votre pellicule est sensible à la lumière et qu’un éclairage peu adapté ruinera tous les efforts que vous avez faits. De plus, il faudra aussi perdre certaines habitudes : en macrophotographie, la bague de mise au point n’est pas l’élément qui pilote la netteté sur la photo. En effet, c’est l’appareil qui doit bouger. Vous choisissiez le rapport de grossissement et c’est vous qui vous déplacez pour avoir une image nette dans le viseur. Avec cette procédure, on comprend mieux pourquoi les glissières de mise au point sont toujours sur les sites de vente de matériel photographique. Lorsque vous voyez une photo faite en macrophotographie, il y a bien souvent le rapport de grossissement dans la légende, cette information ne sera pertinente que si vous avez respecté la méthode décrite.

Glissière de mise au point utilisée aujourd’hui pour la macro.

              Bien évidement, une glissière est associée à un trépied qui vous aidera à supprimer les bougés pour des poses longues. Pour les poses courtes ne générant pas de bougés, vous devrez conserver cet automatisme qui consiste à bouger l’appareil pour avoir une image nette. La bague de mise au point ne vous servira qu’à initier un cadrage sommaire et à choisir le rapport de grossissement.

              Bien que la logique veuille que les objectifs estampillés « MACRO » soit les objectifs à utiliser dans ce domaine, il reste parfaitement possible d’avoir de bons résultats sans ces rares sésames. Il faut en premier éviter les zooms (le nombre de lentille ne leur permet pas d’accepter des compléments optiques sans dégradation de l’image). Les focales fixes ayant une faible ouverture sont par contre préférables. Elles accepteront les compléments optiques et ne monteront pas de vignetages prononcés (non homogénéité de l’exposition sur la pellicule). Finalement, deux solutions s’offrent à vous.

a) Focale fixe + complément optique.

Un objectif de 50 mm f 1:1.8 associé à des bagues allonges peut vous permettre d’approcher un ratio de 1:1 . Mais nous allons voir que d’autres solutions sont envisageables.

Ces deux objectifs de 50 mm CANON (ouverture f 1:1.8) associés à un jeu de bagues allonges vous permettront pour peu de frais de faire vos premières photos en macro. Pour avoir des possibilités réelles de réglage, il vous faudra un jeu de 3 bagues de longueurs différentes (12, 20 et 36 mm). Il y a de fortes chances que le 50 mm soit facile à trouver sur le net, mais cela sera moins évident pour les 3 bagues. Comme les bagues allonges ne comportent pas d’élément optique, c’est la qualité de fabrication et les précisions d’usinage qui feront la différence. J’ai déjà expérimenté des bagues « génériques » qui finissaient par user la couronne de fixation du boitier !

Pour le même prix (voir même pour un prix inférieur à 3 bagues allonges), vous pouvez trouver des doubleurs de focale avec une fonction MACRO.

Doubleur de focale (remplace le jeu de 3 bagues allonges).

Cet OLYMPUS OM-1n est équipé d’un 50 mm f 1:1.8 et d’un doubleur de focale ayant la fonction macro.

En utilisation normale, c’est un doubleur de focale, notre 50 mm se comporte comme un 100 mm.

Dès que l’on tourne la bague de mise au point du doubleur, la surprise arrive et on atteint le rapport de grossissement de 1:1.

              Toutefois, ces doubleurs ont généralement 7 lentilles et elles viennent se rajouter aux lentilles de l’objectif. Si vous utilisez un zoom en complément à ces doubleurs, vous risquez fort d’avoir des photos peu nettes ou ayant peu de contraste. Il faut privilégier les objectifs ayant peu de lentilles.

b) Les objectifs MACRO,

              Si la chance vous accompagne lors d’un vide grenier, vous pouvez trouver un objectif MACRO (de la marque de votre appareil) qui est capable d’aller au grossissement 1:1 . Il sera plus cher qu’un 50 mm classique mais si le vendeur n’est pas l’acheteur initial du matériel, vous pourrez sans doute le négocier à la baisse. Et oui, le nombre de personne intéressée par la MACRO n’est pas élevé.

Ce MAMIYA NC-1000S m’a été vendu avec son objectif MACRO de 50 mm, c’est la présence de l’objectif qui m’a fait acheter ce boitier en occasion.

             

Cet objectif, fabriqué par MAMIYA, est bien un objectif MACRO car il atteint le grossissement de 1:1 à la mise au point à distance minimale (le grossissement est donné au moyen de l’échelle orange en tête d’objectif).

             

Vue de détail de l’échelle de grossissement. On comprend mieux pourquoi, c’est au photographe de bouger son appareil et non à la bague de mise au point de tourner pour avoir une photo nette.
Ce 90 mm TAMRON (monté sur un CANON AE-1p) est bien connu des photographes argentiques, il est généralement vendu plus de 100 euro mais il restera sur l’étagère à un tel prix car pour atteindre le grossissement de 1:1, il faut lui ajouter un complément optique (doubleur) qui sera très difficile à trouver.

A la distance de mise au point minimale, le rapport de grossissement sera de 1:2 et non de 1:1.

              L’échelle de grossissement vous montre immédiatement que le rapport 1:1 ne sera acquis qu’au moyen du doubleur de focale (2x) spécifique à cet objectif. On commence à entrevoir les problèmes liés à la macrophotographie. Bien trop souvent l’achat d’un élément provoque le besoin d’autres équipements pour arriver à la situation désirée (agrandissement de 1:1). Alors il faut être prudent et certains équipements vendus à des tarifs déraisonnés sont des pièges à éviter. Ainsi, le 90 mm TAMRON est trop souvent proposé en occasion à un prix de plus de 100 euros. Il faut rajouter la bague spécifique adaptée à votre boitier (10 à 20 Euro) et le doubleur de focale spécifique (50-70 euro). On arrive à un montant un peu inférieur à 200 Euro, ce qui est bien trop élevé pour atteindre le grossissement de 1:1 !  (Un objectif de 50 mm Macro vous sera proposé à un montant de l’ordre de 50 à 100 Euro).

              Par contre, il faut éviter les objectifs dit « macro » ne présentant qu’une mise au point rapprochée. Ce sont généralement des zooms qui offrent par cet artifice la même mise au point que la focale fixe pour la plus faible focale. Par exemple, un zoom 80-200 vous proposera la fonction ‘macro’ sur la focale 80 mm et vous vous rendrez compte que la distance minimale de mise au point sur cette focale est similaire à celle d’une focale fixe de 90 mm standard.

c) les soufflets MACRO,

              Equipement emblématique de la macrophotographie, les soufflets ne sont pourtant pas des équipements très pratiques d’utilisation. Il vous faudra certainement un pied photo et une glissière de mise au point. Toutefois, ces deux derniers éléments sont toujours fabriqués et ne sont pas proposés à des tarifs excessifs (surtout s’ils viennent de Chine !). Les soufflets permettent des grossissements supérieurs à 1:1 avec des objectifs standards comme les 50 mm. Il ne faut donc pas les négliger si vous en trouvez un en brocante pour un tarif acceptable (20 à 40 euros), Un prix supérieur ne pourra s’expliquer que pour un équipement de marque. 

Soufflet MACRO FUJICA trouvé en brocante. Hélas, le rail de mise au point était vendu à part par FUJICA, donc il n’est pas complet mais reste utilisable car les deux blocs supports (boitier et objectif) sont mobiles et peuvent palier à l’absence de rail de mise au point. D’après mes souvenirs, j’ai dû le payer une vingtaine d’Euro.

Soufflet MACRO adaptable pour Olympus acheté un prix dérisoire car c’est une version vraiment dépouillée. C’est la version « basique » du soufflet sans aucun élément de confort.

Ainsi, si vous trouvez un soufflet de marque sur un site internet ou en braderie à un prix qui vous semble acceptable, il faut faire très attention car les soufflets n’étaient généralement pas vendus avec tous les accessoires qui rendent leur utilisation bien plus confortable. L’absence de rail de mise au point est quand même un élément préjudiciable. Autant préférer un soufflet adaptable à un prix dérisoire qui fera le même travail.

Regardons quand même le fonctionnement d’un soufflet de marque et comparons-le au fonctionnement du soufflet adaptable.

1) Le soufflet adaptable.

              Deux blocs de fixation (boitier, objectif) dont l’un est mobile. Un soufflet étanche à la lumière relie ces deux composants (d’ou le nom de l’équipement). Il n’y a aucun lien mécanique entre les deux blocs. La présélection du diaphragme n’est pas transmise au boitier. Le boitier considère qu’il est à pleine ouverture. Du coté de l’objectif, le bloc qui le reçoit possède un ergot qui force la fermeture du diaphragme. En fait on se retrouve avec un système de mesure « diaphragme fermé » comme sur les anciens appareils en monture 49 mm à viser.  Vous pouvez aussi bien utiliser un boitier semi-automatique qu’un boitier à priorité à l’ouverture, mais pas de boitier à priorité vitesse car celui-ci ne sera pas en mesure de transmettre l’ouverture à l’objectif. En fait, je ne peux que vous conseiller d’utiliser votre boitier en mode semi-automatique.

              Olympus OM-1n équipé du soufflet adaptable. Le tirage du soufflet est ici bien suffisant pour avoir un agrandissement supérieur à 1. L’absence de liberté de mouvement du bloc arrière est un problème car vous pouvez vous retrouver dans une situation ou l’objet est net s’il est situé entre l’objectif et la partie avant du soufflet. De plus, une fois que la mise au point sera terminée à pleine ouverture, il ne faudra pas oublier de remettre le diaphragme à une ouverture compatible avec le sujet que vous comptez photographier. Ce n’est que dans cette situation que vous pourrez déterminer la vitesse d’obturation.

              Le diaphragme a été fermé à l’ouverture désirée et il est maintenant possible de régler la vitesse d’obturation sur l’appareil (sauf s’il est en priorité vitesse) les circuits électroniques calculeront très bien la vitesse adéquate.  Vous pouvez aussi en profiter pour vérifier la profondeur de champ.

2) Le soufflet de marque.

Il est évident que les constructeurs de premiers plans (CANON, NIKON, FUJICA, Olympus…) ne proposeront pas de soufflet « Low Cost ». Ils n’ont bien souvent qu’un seul soufflet adapté à la macrophotographie dans leur gamme et il ne sera vraiment utilisable que si vous prenez tous les accessoires associés comme le rail de mise au point ou le viseur d’angle à grossissement variable pour affiner votre mise au point. CANON, OLYMPUS, NIKON, FUJICA…  vous proposeront un soufflet ou la commande de la fermeture du diaphragme se fera en automatique lors du déclenchement.

C’est pour cette raison que vous avez ce curieux déclencheur souple avec deux sorties. L’une va vers le bloc support de l’objectif et l’autre va vers le boitier. Ces deux flexibles ne sont pas interchangeables. L’un aura une commande avancée par rapport à l’autre, on ferme en premier le diaphragme et ensuite on déclenche l’appareil. Ce confort ne sera vraiment exploité que si votre boitier est en mode priorité diaphragme car si vous avez un boitier semi-automatique, vous serez condamné à fermer le diaphragme pour faire vos réglages d’exposition. Heureusement, il y a un petit bouton qui va vous y aider. Sur le bloc avant du soufflet, il y a toujours une commande manuelle pour fermer de diaphragme à la valeur présélectionnée.

              Il est évident que la finition d’un soufflet de marque est bien meilleure que la finition d’un soufflet adaptable. Toutefois, s’il vous manque des éléments (comme la double commande), vous serez condamné à une utilisation similaire au soufflet « Low-Cost ».

               Finalement, ce n’est pas la peine de dépenser des sommes déraisonnables pour des équipements comme les soufflets macro car vous avez peu de chance d’avoir un ensemble complet. A l’époque, un soufflet de marque coutait plus cher qu’un objectif (135 ou 200 mm), il fallait lui adjoindre un viseur d’angle (même tarif que le soufflet !) et le rail de mise au point. Très peu de photographe faisaient l’investissement complet. (Mais les bonnes occasions, cela arrive parfois).

En conclusion, je vous donne une analyse qui reprend ce qui a été dit.

Equipement                    Grossissement maxi                     Prix                                                

Objectif macro                              1:1                                     élevé (50 à 100 Euro)                 

Bagues allonges                            1:1                                     faible (10 à 20 Euro)

Doubleur + extension                   1:1                                     faible (20 à 30 Euro)

Soufflet                                         > 1:1                                  moyen à élevé (30 à 150 euro)

              Vous pouvez, bien sûr, associer les bagues allonges à votre soufflet et utiliser votre objectif macro… Pour la majorité d’entre nous qui nous limiterons à des photos de fleurs ou d’insectes, l’objectif à mise au point rapprochée sera certainement suffisant. Il ne faut toutefois pas oublier que la photo prise ne sera réellement intéressante que si l’objet photographié couvre au moins 80% de la surface de la pellicule.

              Un prochain article sera consacré aux flashs MACRO qui sont des accessoires bien pratiques pour compenser les manques de luminosité couramment rencontrées en macrophotographie. Vous y découvrirez des petites astuces qui vous permettront d’utiliser correctement les différents équipements abordés dans cette présentation.

Le Zinc du photographe

Un peu de lecture pour vos vacances …

Le Réponse Photo n° 352 (août – septembre 2022) consacre un long dossier à la mythique agence Magnum.

Ils y expliquent sa genèse, ses fondateurs, quelques mythes et légendes, notamment.

Et une re-lecture intéressante de quelques uns des grands photographes par d’autres, qui permet une analyse très subjective mais attentive du travail des uns et des autres.

Il y a même des conseils si vous voulez intégrer l’agence … impatients s’abstenir !

Ce qui me fait penser que je vous ai conseillé, en son temps, quelques ouvrages que vous pourriez glisser dans vos valises, pour aller plus loin.

Je songe, par exemple à ces livres :

Il y a encore beaucoup d’autres propositions dans cette rubrique mais vos valises risquent de peser bien lourd !

Bref, qu’il fasse très (trop) chaud, qu’il pleuve, vous avez des solutions pour passer de bonnes vacances instructives.

Mais que ceci ne vous empêche pas de sortir vos appareils photos et de vous faire plaisir.

Bonnes vacances à toutes et tous.

Infos utiles ou futiles

Démontage d’un flash de qualité destiné à l’argentique, par Olivier.

Si, si, y en a qui bosse, la preuve, un très chouette article concocté par l’ami Olivier, qui aime bien mettre les mains, les doigts, le nez … dans nos vieilleries un peu capricieuses parfois.

En images et en mots, le pas à pas pour redonner vie à un flash de qualité, accessoire bien utile de nos chers argentiques.

Mais je lui laisse la place …

Les anciens appareils photos ont besoin d’anciens flashs.

              Et, oui n’oubliez pas que le CANON ( ou autres ) que vous avez trouvé à bon prix avec son objectif de 50 mm ne sera pas utilisable pour un anniversaire en famille si celui-ci se déroule en intérieur.  Un flash s’avèrera utile et là les surprises arrivent… Les flashs modernes ont perdu leur universalité quand les appareils argentiques sont devenus autofocus. En effet, si les premiers appareils autofocus comme un Minolta 9000 acceptent encore les flashs « antiques », les suivants comme les Minolta Xi, n’en voudront pas.  Alors votre CANON risque fort de ne plus être utilisable en basse lumière. Mais ce n’est pas grave, on trouvera bien un flash qui nous aidera dans ces situations.

              En conséquence, si vous voulez vous équiper d’un boitier argentique, n’oubliez pas de vous renseigner sur les flashs disponibles et utilisables. En effet, la majorités des flashs des années 70/90 seront utilisables. Mais certains boitiers ont des contacts supplémentaires associés à des spécificités de la marque. La plupart du temps, le flash du constructeur se chargera de passer le boitier à la vitesse de synchronisation dès qu’il sera sous tension et il vous enverra un signal lumineux dans le viseur pour vous informer que la photo est correctement exposée.  Compte tenu des prix des flashs en occasion, pour quelques efforts de recherche et quelques euro en plus, vous arriverez bien à trouver le flash qui va agréablement compléter votre boitier. Bien évidement, suivant les boitiers, la recherche sera fructueuse ou non. Si vous espérez trouver facilement un Flash dédié à votre Leica R4…

              Bref, je vais utiliser un exemple pour vous montrer qu’il faut avoir une vue bien plus large si vous voulez faire de la photo argentique. Avoir un boitier qui vous plait, c’est bien, mais il faut s’assurer qu’il ne restera orphelin.

              La remise en état qu’un flash OLYMPUS Quick 310  ( année 80 )

              Vous avez trouvé un Olympus OM-1 ou OM-2 ( mais pas la version OM-1n ou OM-2n ). Comme des flash T-32 se trouvent à des prix voisins des flash Quick 310, autant donner à votre OM-2, le flash qui convient, et en plus, avec un peu de chance, vous trouverez aussi la Bounce-Grip 1 et le sensor déporté. Cela vous donne un ensemble particulière versatile ( tête entièrement orientable et une grande réserve d’autonomie car les piles sont dans la poignée ). Enfin, le Quick 310 a un nombre guide de 34 !

Olympus OM-2 ( ici un OM-2n ) équipé de tous les accessoires proposés par Olympus pour le flash Quick-310.

              C’est gagné, vous avez fini par trouver un flash sur un site de vente en ligne ( entre particulier ) et il arrive dans un carton très bien protégé. Alors vous mettez les piles et…..   Un sifflement se fait entendre et après quelques minutes le néon d’indication de charge est toujours éteint. Horreur, je me sui fait avoir…. Il faut être conscient que l’utilisation de matériel qui a atteint un âge de plus de 50 ans est quand même aléatoire. Le matériel de ces époques était très bien conçu et fait pour durer, mais tous les composants n’ont pas la même durée de vie. Finalement, nous allons voir que le problème n’est pas insurmontable et bien au contraire, il n’y a que le vieux matériel qui acceptera d’être remis en état à peu de frais.

              Pour comprendre de qui se passe dans notre cas, il faut garder en tête que le flash contient une capacité chimique ( condensateur ) de forte valeur (  1 000 uF ) et qui est aussi adapté au forte tension ( 300 Volts ). Maintenant, vous savez pourquoi on vous dit de ne pas jouer avec les contacts du flash, il y en a un dans le lot qui est probablement à 300 V ! Mais vous avez au mieux 4 piles de 1.5 volt dans le bac à pile et on est loin des 300 V.  Ainsi, il ya un circuit électronique qui va augmenter la tension. Une faible tension d’entrée et une forte tension en sortie. Cette élévation de tension se fait avec des courants très faibles. Si vous avez des défauts d’isolation dans la partie haute tension,  le courant que vous envoyez dans la partie haute-tension se dissipera dans les défauts d’isolation et ne chargera pas le condensateur… Et vous pourrez attendre longtemps l’allumage du voyant de charge ! Cherchons un peu ce qui se passe et est-il possible d’y remédier ?

En utilisant un article de Larry Lyells ( année 80 ) qui nous explique le fonctionnement des circuits électroniques , nous allons présenter le problème.

a) L’alimentation du tube à éclat est faite par un condensateur.

Ce condensateur est de forte valeur et a une tension de service de plus de  300 Volt.

              Ce condensateur est associé à des circuits de commande qui seront aussi sous une tension élevée, d’ou l’impossibilité de monter un ancien flash sur un appareil photo numérique qui ne supportera pas cette tension élevée. On voit sur ce schéma qu’il existe une autre capacité ( 0.22 uF, 200 V ) qui sera aussi à une tension élevée.

              La haute tension, provient d’une source qui est à faible tension ( des piles ! ). Alors, il faut des circuits électroniques qui se chargeront d’augmenter cette tension. L’intérêt pour nous, c’est que finalement, le nombre de condensateur soumis à une tension élevée sera faible. De plus, leur taille fera qu’ils seront facilement identifiables. Et heureusement, car les circuits électroniques associés à ces équipements sont loin d’être simples. Voici le schéma électrique d’un flash Vivitar en provenance du manuel de réparation.

Flash VIVITAR ( Service Manual ). Heureusement, il y a toujours dans ces documents, une liste des composants et vous identifierez facilement les capacités chimiques « haute tension ».

              Schéma de principe montrant qu’une rupture d’isolation se traduit par une impossibilité de charge complète de la capacité. Le voyant de charge ne s’allumera jamais. L’énergie en provenance du circuit de charge doit se répartir entre la capacité haute tension et la résistance de fuite. Cette répartition fait que la capacité ne peut pas atteindre sa tension nominale de fonctionnement.

              Allez, passons à la pratique car je n’ai pas trouvé le service manual de mon Quick 310. Bon et bien, il faut démonter !  ( n’oubliez pas de faire des photos pour le remontage )

              Le Quick 310 est un flash imposant , il a un volume tel que votre OM-1 passera pour un jouet si vous le montez sur la griffe accessoire, d’où  l’intérêt du Bounce-Grip. En plus, la griffe accessoire des Olympus n’est pas un modèle de résistance mécanique.

              Quand on voit les possibilités de réglage pour un flash de cette époque, cela serait dommage de ne pas en profiter ( 3 réglages automatiques, deux puissances différentes en manuel et un mode dédié à l’OM-2 pour que la cellule interne de l’OM-2 règle la puissance). De plus, la qualité d’un flash vient de sa capacité à éclairer une scène. La plupart des anciens flash peuvent couvrir l’angle de vue d’un 24 mm sans accessoire additionnel.  Cela veut dire que le nombre guide de 34 est utilisable sur un 24 mm. Bien souvent les marques proposant des flashs moins cher ne couvrent qu’un angle équivalent à un objectif de 28 mm et peuvent utiliser un tube à éclat moins puissant tout en revendiquant un nombre guide identique.  Il suffit de rajouter le diffuseur sur un de ces flashs pour constater la baisse importante du nombre guide. Un autre élément qui plaide en faveur du Quick 310 est sa stabilité en température couleur.  En effet, pour avoir des nombres guides conséquents, on est tenté d’envoyer un éclair qui ne respecte pas les couleurs ( par exemple, les flashs inclus dans les boitiers compacts sont de très petite taille et pourtant arrivent à faire des photos de groupe ), cela se traduit par des visage bien top blancs par rapport à la réalité. Les grands constructeurs n’ont pas voulu s’orienter vers ces solutions et ils ont proposé du matériel particulièrement performant à des pris hélas élevés. Heureusement pour nous, amateurs éclairés, les prix proposés sur le marché de l’occasion ne reprennent plus les écarts de prix initiaux.

Super, il n’y a qu’une vis à retirer…  Et bien non, il n’y en qu’une de visible ! donc, il va falloir ruser… C’est à dire chercher des zones ou des clips peuvent exister.

Enfin, on a trouvé les clips. Ils sont au nombre de 4, deux à l’avant et 2 autres sur la partie arrière. Dès que les deux clips de la partie avant sont désengagés, le reste suit.

Ouf, c’est plein comme un œuf !  Mais on devine très vite qui sera la capacité de 1 000 uF de 350 Volt et on a même une petite idée de la position des autres capacités haute tension.

Généralement, cette capacité est de très grande qualité et il y a peu de chance pour qu’elle soit en cause même après 50 ans. Par contre, il y en a d’autres qui sont certainement défaillantes. Dans mon cas, cette capacité était un peu déformé ( fond bombé ) et je l’ai remplacée.

Pour terminer le démontage, il faut dévisser le centre du disque de réglage ( quand on a l’habitude du matériel de marque, on sait que les ingénieurs sont très créatifs quand il s’agit de cacher les organes de fixation, surtout les ingénieurs japonais ).

Cette fois, c’est fait, on a accès à toute l’électronique et on pourra en profiter pour nettoyer les contacts des piles qui seront bien souvent oxydés.  C’est fou le nombre d’utilisateur qui oublient les piles dans les flashs !

Enfin, on arrive à identifier deux capacités chimiques qui ont des tensions de service élevés ( 315 Volt ). Les capacités chimiques sont polarisées ( il y a un signe – sur l’une des pattes de fixation ). Si vous avez de la chance, les capacités que vous avez en face de vous sont les capacités d’origine (*).

(*) il m’est arrivé de démonter un flash et de découvrir qu’il avait fait un séjour au SAV ( Service Après Vente ) et que les techniciens n’avaient pas remplacé correctement les capacités chimiques. Ils n’avaient plus qu’une seule valeur dans la boite, alors ils ont mis la même capacité partout !  Le SAV n’est plus ce qu’il était. En plus, un transistor avait été remplacé par un composant qui n’avait pas du tout la même fonction ( un thyristor !) . Sans doute qu’un stagiaire l’avait eu dans les mains… Comme d’habitude,  quand il y a un problème, c’est la faute du stagiaire ( même s’il n’est plus là depuis 3 mois !).  Un jour, j’ai entendu une personne qui avait une activité dans le secteur électronique me dire, et bien, c’est la même forme et la même couleur !

Bref, vous dessoudez les deux capacités et vous les examinez à la loupe.  Vous remarquez que les deux opercules sont déformés ou sortent de leur logement.

Une comparaison avec une capacité chimique neuve vous montre bien qu’il y a un problème. Devinez qui est la neuve !

Vous notez bien les caractéristiques, ici 1.5 uF , 315 V que vous pourrez remplacer par une capacité de 1.5 uF de 350 V. La deuxième est une capacité de 0.47 uF 315 V.

Elle sera bien avantageusement remplacée par une capacité non polarisé de 0.33 uF ou 0.47 uF, 400 V. La durée de vie de ces capacités est bien supérieure à la durée de vie des capacités chimiques ( Condensateur non polarisé = condensateur céramique , condensateur polyester… ).

Si vous cherchez dans tous les recoins, vous allez trouver d’autres capacités chimiques qui seront avec des tensions de service bien moindres ( 10 V  ou un peu plus ). Elles ne sont absolument pas contraintes et il est très rare qu’elles soient en défaut. Mais si vous voulez les changer, pourquoi pas. Dans mon cas, le non remplacement n’a pas été dommageable. Vous pouvez remarquer que les cartes comportent des résistances ajustables qu’il conviendra de ne pas dérégler. En effet, s’il y a des résistances ajustables, c’est pour pouvoir faire des réglages. Ceux-ci sont liés aux imprécisions des valeurs des composants. Une capacité de 1 uf qui a une précision de 20% peut faire entre 0.8 et 1.2 uF !  Alors éviter de changer inutilement les condensateurs car ces changements apportent aussi leur lot de modification du montage et finiront peut-être par imposer un nouveau réglage.

On remonte le tout en prenant soin de ne pas faire un court-circuit, on est à 300 V en fonctionnement nominal quand même à certains endroits. ( un regard perspicace remarquera que le petit condensateur noir a été remplacé par un condensateur MKT au polyester de même valeur)

              En conclusion, allez-vous changer de voiture sous prétexte que l’un des phares est cassé ? Bien sûr que non… Mais votre voiture est trop vielle et le concessionnaire vous dit que les pièces ne sont plus disponibles. Alors vous allez explorer le web et partir à la recherche d’un phare d’occasion. Ici, c’est le même principe et l’opération est quand même un peu plus complexe que le simple nettoyage d’un objectif ( autre article publié par JP que je remercie encore une fois ) . Une telle opération ne se justifie que pour du matériel d’exception ou ayant des caractéristiques uniques ( c’est le cas du Quick 310 ). Ne perdez pas de temps avec un flash de nombre guide 20 qui n’a même pas de mode automatique.

Voilà, voilà …

Comme d’habitude, le rappel des règles de prudence : ne vous lancez dans ces opérations que si vous êtes un minimum bricoleur. Nous ne saurions être tenus pour responsables de dégâts à votre matériel suite à ce tutoriel.

Et encore une chose : vous allez travailler parfois à du 300v, donc faites attention, ça pique !

Infos utiles ou futiles

Intervention chirurgicale d’un objectif bien malade, par Olivier

Comme je l’ai déjà écris quelques fois, je ne suis pas capable de démonter un appareil au delà de mes limites. Et comme j’ai choisi les sciences juridiques, vous pouvez les posez assez vite, quoique, parfois …

Mais quelques lecteurs sont bien plus doués et entreprenants que moi dans certains domaines.

Je cite avec plaisir Pascal, Patrice, Georges (celui qui ose faire de vrais hybrides, voir « J’en rêvais, … il l’a fait« ) et celui que vous connaissez déjà, Olivier. Que les autres bricoleurs me pardonnent si je ne les cite pas (encore).

Et donc notre ami Olivier a mis les mains dans le cambouis non seulement pour vous illustrer comment changer la mousse d’un miroir (ça je peux le faire !) mais surtout commet oser démonter un objectif pour débloquer un diaphragme bien mal en point.

Bon, comme d’habitude, les petites phrases qui nous exonèrent de tous risques lors des manipulations : si vous ne vous en sentez pas capable, ne le faites pas. Ou testez vos limites sur des objets que vous ne regretterez pas si ça rate. Nous ne saurions être tenus pour responsables si votre objectif, votre boitier ne fonctionnent plus ensuite. Les manipulations que nous décrivons sont réelles et les appareils sur lesquels elles ont été faites fonctionnent parfaitement, mais les personnes qui ont entrepris les démontages/remontages ont travaillé avec prudence et soigneusement.

Tout ça étant clairement posé, allons-y pour une leçon de chirurgie argentique … Je laisse la place à notre ami Olivier.

Un retour de braderie….

Ou d’un vide grenier ou de tout autre évènement qui vous fera revenir avec cela !

              Dans le cas présent, il s’agit d’un ancien FUJICA STX-1 avec un 55 mm f 2.2, C’est le dernier FUJICA a être équipé d’une aiguille pour le posemètre ( le successeur sera le STX-1n qui utilisera des diodes pour la visualisation de l’exposition ). Je l’ai pris à cause de cette caractéristique, j’aime bien les aiguilles…

              Dans beaucoup de situation, vous ne serez pas en mesure de tester l’appareil ni même de savoir s’il est utilisable. Vous pouvez vérifier certaines fonctions ou certains éléments. Et hélas, les éléments que vous allez regarder risquent fort de vous décevoir. 

a) Les mousses d’étanchéité ou d’amortissement du miroir… Il y a peu de chance pour qu’elles soient en bon état et rejeter un appareil à cause de cette situation n’est pas vraiment le bon choix. En effet, elles peuvent être remplacées si vous avez une peu de dextérité.

b) Le diaphragme est bloqué… Et c’est presque normal si cet appareil n’a pas été utilisé depuis des dizaines d’années et s’il est resté au grenier. Là aussi ce défaut n’est pas un défaut qui condamne l’appareil. En effet, il est aussi possible de remédier à ce problème en faisant un nettoyage du mécanisme d’ouverture du diaphragme.  

              Nous allons prendre un peu de temps et voir que ces deux incidents peuvent facilement être corrigés.

a) La mousse amortisseur.

              Elle part en poussière et il ne faut surtout pas qu’elle aille sur le verre de visée car il risque d’être taché et un démontage de verre de visée, c’est loin d’être facile à faire (sauf s’il est interchangeable comme sur les appareils haut de gamme – CANON A-1, Olympus OM-1 ou OM-2, NIKON F-3) … Bref, il est préférable de changer cette mousse au plus vite.

              Avec un petit tournevis – ou un scalpel, vous aller gratter la mousse (toujours avec un mouvement vers l’extérieur) et mettre le support à nu.

              Un fois que c’est terminé, découpez un morceau de mousse (les plaques de mousse que les enfants utilisent pour le bricolage sont très bien, même si J-P recommande d’utiliser les mousses comme celles de chez Aki-Asahi). Puis vous le collez avec un peu de colle contact en prenant bien soin de ne pas en mettre sur le verre de visée. Il NE FAUT PAS en mettre beaucoup, utiliser le petit tournevis ou la pointe d’un cure dent pour en déposer par endroit et cela sera suffisant.

Et voilà, votre mousse amortisseur est changée. Pas de risque d’endommager le miroir ni d’avoir des fuites de lumière en provenance du viseur. (Oui j’ai mis la couche de colle… Mais j’ai l’habitude et sur cet appareil, il y a peu de risque).

b) Passons à notre diaphragme.

              Vous avez manipulé la bague de fermeture (ici c’est l’ergot qui est à gauche) et rien ne se passe, le diaphragme est toujours ouvert au maximum… Bon, et bien, il va falloir démonter !

              Fabriquer un petit outil bien pratique. Un tube de PVC et un joint en caoutchouc. Coller le joint sur le tube et vous allez avoir un outil pour démonter la face avant de l’objectif.

Bien sûr prenez le bon diamètre de tube ! Monsieur Bricolage et consorts vont vous voir souvent passer …

Allez, cela va venir, un peu de patience, et n’oubliez pas de tourner dans le bon sens, on dévisse (sens anti-horaire pour mémoire) !

              Voilà, c’est fait et aucune marque sur les pièces. Il n’est peut-être pas nécessaire de tout démonter mais pour cette face avant, c’est hélas incontournable.

              Par chance, sur cet objectif, le groupe avant est indépendant de la bague de mise au point, en retirant 3 vis, on enlève le groupe avant.

              On peut maintenant retirer le mécanisme du diaphragme (en prenant soin de bien regarder comment il était monté). N’hésitez pas à mettre des marques au marqueur indélébile pour être certain, voire faire des photos !

              Sur cette photo, vous voyez les pétales du diaphragme et la couronne de commande. Le mécanisme doit être absolument sec (pas la moindre trace d’huile ou de graisse). Il a été conçu pour fonctionner sans lubrifiant et en mettre causerait plus de problème que cela en résoudrait. C’est justement la cause de notre blocage. Avec le temps, la poussière, la chaleur transforme un lubrifiant en colle !

              Pour le démontage, il y a des vis bien sûr et surtout regardez bien les trous de celles-ci. Vous allez en trouver qui ont des trous bien plus grands que les vis. Ce sont les vis de réglage et il faut impérativement remettre le mécanisme dans la même position (reprenez le marqueur). Si vous ne le faites pas, la valeur du diaphragme que vous allez mettre sur votre bague de commande ne sera pas la valeur qui correspondra à la fermeture des pétales.

              Maintenant que vous avez pris le maximum de soin dans le démontage, vous allez pouvoir dégraisser le mécanisme qui doit être complètement sec. Utilisez pour ce faire de l’essence F ou de l’essence C (essence de nettoyage) mais surtout pas d’acétone qui va faire fondre le plastique ou qui va dissoudre la peinture.

              Nettoyez bien tous les éléments qui doivent être secs.

              Pour le remontage, bien sûr, c’est l’inverse et si vous avez des problèmes, n’oubliez pas qu’il n’y a qu’une seule position qui permettra de faire l’assemblage. Alors si les vis ne sont pas en face des trous, faire un 1/3 de tour aux sous ensembles.

              Et voila les vis seront en face des trous et le mécanisme est remonté.

Vérifiez quand même que tout marche bien car cela serait dommage de remonter un diaphragme qui est encore bloqué !

Enfin la phase de réglage…

Vous vous souvenez de l’histoire des trous plus grands que les vis ? Et bien c’est le moment.

              Positionnez la bague en alu (elle se tourne très facilement avec un petit tournevis) et quand elle est revenue à sa position initiale, vous pouvez l’immobiliser avec les 3 dernières vis de fixation.

              Remontage terminé, vérifiez une dernière fois que rien n’est bloqué…

              Allez, on remet le tout dans l’objectif. Là aussi, si vous n’avez rien déréglé, cela se remet en place sans forcer.

              Profitez-en pour faire un bon nettoyage des lentilles, S’il y a des champignons, ils ne résisteront pas à l’alcool à 90° et au chiffon à lunette.

              Enfin, la dernière étape, le remontage de la face avant. Mettez un peu de graisse (au silicone), mais vraiment un peu. Cela sera plus facile pour revisser la face avant et aussi plus facile à démonter si un jour vous devez refaire l’opération.

              L’opération est enfin terminée, une petite heure suffit largement pour tout faire. Le STX-1 est prêt à reprendre du service.

              Depuis que je me suis remis à la photo argentique, j’ai démonté pas mal d’objectifs. Voici ceux qui sont passés dans mes mains…

– VIVITAR 70-210 mm f 3.5 (première génération, celui qui pèse lourd !)

– VIVITAR 35-70 mm f 3.5-4.8 (dernière génération en polycarbonate)

– Olympus 50 mm f 1.8

– CANON 50 mm f 1.8

– CANON 50 mm f 1.4 SSC

‘ CANON 35-105 mm f 3.5-4.5

– CANON 35-70 mm f 4.0 (celui qui a un corps métallique)

– FUJICA 80-200 mm f 3.8

– FUJICA 24 mm f 2.8

– FUJICA 135 mm f 2.8

              Et peut-être d’autres encore que j’ai oublié. Mais le plus important est qu’il ne faut jamais condamner un objectif sous prétexte qu’il a des champignons ou que le diaphragme est bloqué. Le seul objectif que je n’ai pas réussi à refaire, c’est un CANON 200 mm f 4.0 SC, en effet, le groupe avant est constitué de lentilles collées et c’est la colle qui a initié le problème de lentille  » avec de la buée « .

              Vous allez trouver pas mal de vidéos sur Youtube qui vous monteront qu’il est possible de démonter un objectif sans trop d’outillage. Les focales fixes sont plus simples à démonter qu’un Zoom et les anciens objectifs sont plus faciles à démonter car ils ont plus de pièces (comme pour mon 55 mm Fujica, le groupe avant est indépendant de la bague de mise au point). Bien évidement, ce type d’activité n’est pas sans risque, je vois passer des annonces « objectifs complets mais à remonter  » !  L’argentique est devenu une activité de passionné alors n’hésitez pas à vous faire la main sur des objectifs qui ne sont plus utilisables. Comme me disait un ancien ingénieur en mécanique, quand on casse on apprend et j’ai beaucoup appris !

              La plupart des appareils que vous allez croiser durant vos sorties en vide-greniers seront des appareils oubliés par leurs propriétaires et qui ne servaient plus depuis des années. Parfois, celui qui vous propose l’appareil n’est même pas celui qui l’a utilisé (combien de fois n’ai-je pas entendu : » c’est celui du grand père ! »). Dans la majorité des cas, vous pourrez négocier l’objet et arriver à des tarifs acceptables en comparaison du risque. Je vois aussi, hélas, des vendeurs qui cherchent à profiter du retour d’intérêt pour les appareils argentiques et qui les proposent à des tarifs bien trop élevés. Ainsi, j’ai croisé un vendeur qui avait plusieurs appareils à vendre. Je pense qu’il devait faire les vide-greniers et qu’il a acquis beaucoup d’entre eux à de très bas prix. Ils comptaient certainement les revendre bien plus cher dans des zones géographiques plus favorisées.   Mais il ne faut pas vendre n’importe quoi : en particulier, un KONICA Autoreflex TC demande des piles au mercure de 1.35 V (interdites à la vente depuis les années 2000). Alors c’est devenu un appareil inutilisable et en demander 90 Euro est illusoire. S’il l’avait laissé à 20 Euro je l’aurais pris pour tenter de le modifier et le rendre compatible avec les nouvelles piles (PX 625) de 1.5 V.

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Quelques astuces de nettoyage

C’est Gaël qui m’a soufflé l’idée de cet article, et je l’en remercie.

Il est vrai que lorsque l’on extirpe d’une caisse sale, d’un grenier poussiéreux, un appareil que l’on a envie d’utiliser ou tester, on aime qu’il soit propre.

Mes « petits trucs » sont ceux que j’ai testé sur mes appareils. Ils donnent de bons résultats et, surtout, ils respectent les matériaux utilisés et les couleurs.

Pour les boitiers, comme je l’écris souvent, de l’alcool modifié mais avec un bon taux d’alcool, pour éviter les traces grasses. Appliqué avec de l’ouate, y compris au coton-tige pour les petits endroits difficilement accessibles. Jamais en excès, pour éviter que cela ne coule dans l’appareil, les viseurs, etc. Ensuite, je passe avec un tissus en micro fibre partout.

L’avantage du produit est qu’il respecte les peintures, les caoutchouc, les sérigraphies.

Parfois, ce n’est pas suffisant, alors, toujours avec parcimonie, de l’essence de nettoyage. Comme pour l’alcool modifié, travaillez dans un lieu aéré et pensez à reboucher systématiquement votre bidon, l’essence est très volatile.

Et laissez tomber cette f… cigarette !

Petite passage au carré de micro fibre ensuite.

L’essence est agressive sur certains plastiques, faites toujours un essai dans un endroit qui ne se voit pas, au cas où.

Pour les verres d’optique, oubliez les petites serviettes emballées vendues en grande surface pour nettoyer vos lunettes (et évitez aussi ça pour vos lunettes, d’ailleurs). Les opticiens sérieux vendent des produits en spray qui respectent les traitements de surface, fragiles.

Le mieux étant toujours de commencer par le passage avec la poire et pinceaux pour dégrossir le travail. Si, réellement, il y a des traces « collantes », alors le spray sera utile. Mieux vaut le vaporiser sur un chiffon, toujours en micro fibre, puis frotter doucement, en partant du centre vers les bords, par mouvements circulaires.

Idem pour les verres de viseur ; passage au coton tige humecté du produit puis repassage au coton tige sec. N’appuyez pas trop fort sur les verres, ils sont parfois sertis très juste et risqueraient de se détacher.

Sur les télémétriques russes, notamment mais pas qu’eux, il faudra parfois démonter pour aller nettoyer les verres « de l’intérieur », mais c’est une autre histoire.

Il faut être certain qu’il n’y a pas de poussières ou de champignons dans les lentilles, qui donnent parfois cet aspect de sale, mais à l’intérieur.

Là, je vais demander à Olivier de me faire un article, il ose les démonter. Quoique pour les champignons, c’est pas gagné.

Honnêtement, sauf pour les optiques d’exception, mieux vaut laisser tomber les attaques champignonnières.

Pour retirer les mousses des boitiers, d’abord un travail de « raclage » au scalpel (gaffe aux doigts) puis passage au coton tige humecté de dissolvant à base d’acétone, voire avec un petit bout de bois taillé en biseau (j’utilise des baguettes chinoises pour avoir un bois assez solide).

Attention, l’acétone va attaquer la peinture et si vous frottez beaucoup à un endroit, mettre le métal à nu. Ce n’est pas grave si c’est dans les rainures d’un dos de boitier, que vous allez regarnir de nouvelles mousses.

Ce produit est à prescrire irrémédiablement si vous devez travailler sur des plastiques, il les décolore et les rend fragiles. Donc, si vous devez enlever la mousse d’une fenêtre « contrôle film » d’un compact, bien gratter et utiliser un produit qui enlève la colle, en vous assurant qu’il ne contient pas d’acétone !

En ce qui concerne les mousses de miroir, dans les reflex, bien faire attention au dépoli. Il vaut mieux travailler avec l’appareil « tête en bas » pour que les débris tombent en dehors. Si vous y arrivez, collez un « post-it » sur le dépoli, qui ramassera les éventuels chutes. La colle du « post-it » ne laisse pas de trace si vous ne le laissez pas dix ans collé dessus !

Travaillez avec un scalpel avec attention pour ne pas griffer les miroirs de renvoi, les dépolis. Et un coton tige humecté d’acétone pour bien tout enlever.

Quand vous avez fini, passage à la poire à souffler et pinceau doux pour tout enlever.

Enfin, nettoyer est une affaire de patience et de précision. Procédez pas petites touches successives pour voir le résultat.

Les vieux appareils avaient parfois des molettes d’entrainement des films, de rembobinage en métal guillochés, qui ont ramassé des années de traces (soyons cash : de crasse) : il peut être utile de d’abord gratter avec un objet fin pour dégager le plus gros. Puis il faudra sans doute laisser la ouate imbibée quelques minutes autour de la pièce (la tête en bas si cette pièce est sur le dessus, pour éviter que ça ne coule à l’intérieur). Et recommencer l’opération, souvent, pour l’avoir bien propre.

Pour les sérigraphies blanches (comme sur les anciens Canon), passez d’abord à l’alcool dénaturé, pour les nettoyer. Pour tenter de leur rendre leur blancheur d’origine, une petite préparation à base de bicarbonate de soude (eau + bicarbonate). Cette préparation doit avoir la consistance d’une pâte pas trop liquide et vous la déposez sur les endroits à traiter au pinceau. Laissez agir quelques minutes, frottez un peu soit avec un pinceau dur (ne jetez plus vos vieille brosses à dents) soit avec un tissu en microfibre. Bien faire attention que ce ne soit pas liquide pour éviter que la mixture ne coule dans le boitier. Souvent, la blancheur des écris revient assez vite.

Pour les vieux cuirs (les leatherettes), idéalement, travailler avec un baume nettoyant incolore, comme pour vos chaussures en cuir. Non seulement ça les nettoient en douceur, mais ça les nourrit. Plusieurs applications seront sans doute nécessaire, selon l’état de saleté.

Sur certains appareils, ces applications de « cuir » ont tendance à se « racrapoter » et/ou à se faire la malle. S’il est encore possible de les recoller, utiliser de la colle contact avec enduit sur les 2 faces du produits. Et soyez prudent, ces colles peuvent laisser des traces. Si vous le pouvez, prenez en de la transparente. Si vraiment le cuir est HS, pensez à Aki-Asahi, au Japon, qui vend des « cover » prédécoupés pour beaucoup de marque ou à découper soi-même. Les produits sont excellents et d’un prix très raisonnable.

Si les grips sont en plastiques, devenus collant, utilisez du produit pour enlever les colles (sans acétone) avec une microfibre non pelucheuse. Plusieurs passages peuvent être nécessaire.

Sont à proscrire : l’éther, l’acétone (sauf ce qui a été dit plus haut), le thinner cellulosique et autres solvants bien trop agressifs.

Toujours travailler dans un lieu aéré et sans flamme vive à proximité (ça à l’air évident, mais on oublie parfois la clope qui se consume à côté, le fer à souder qui vient de servir, …).

Et soyez patient surtout. Le résultat en vaut bien la peine.

Le Zinc du photographe

The Polaroid Book

Si vous pensiez que les Pola étaient juste bons à illustrer quelques moments festifs, essayez de trouver cette petite brique éditée par Taschen.

Vous allez être surpris !

Ecrit en trois langues, dont le français (ouf), cet opus retrace la collaboration de Edwin Land et Ansel Adams, collaboration teintée de respect mutuel et qui a donné naissance à la « Polaroid Collections Photography » riche de plus de 23.000 clichés.

Des artistes, des anonymes parfois, ont enrichi au fil du temps cette immense collection, qui montre qu’au delà d’une idée géniale, que la photo instantanée est aussi un moyen d’expression artistique qui a titillé l’imagination de quelques uns, de Jeanloup Sieff à Mapplethorpe, de David Hockney à Andy Warhol, par exemple.

Vous me connaissez curieux et j’avais besoin de prendre conscience de ce que l’on pouvait faire de ces appareils.

Ce livre est une excellente réponse à la question.

Car, outre les très nombreuses photographies, il reprend aussi l’épopée qui réunit Land et Adams pour la construction de ce fonds extraordinaire.

Alors, si vous êtes aussi curieux, voici les références de ce chouette petit bouquin : The Polaroid Book, selections from the Polaroid collections of photography, essai de Barbara Hitchcock, éd.Taschen, Bibliotheca Universalis, ISBN 978-3-8365-7985-8;

Si vous cliquez ICI vous serez immédiatement sur la page concernée chez Taschen.

Bonne découverte, bonne lecture.

Infos utiles ou futiles

Hélas, même les Praktica ne sont pas indestructibles !

Je vous avoue que c’est suite à un contact avec Fabrice (qui se reconnaîtra) que j’ai pensé à cet article.

En effet, son Praktica MTL 5 est bloqué et il me demandait si je n’avais pas une idée pour relancer sa machine.

Comme je me suis souvenu d’avoir un MTL 3 dans le même état, j’ai fouiné un peu sur la grande Toile pour essayer de lui répondre autre chose que les habituelles réponses – mais qui fonctionnent au moins une fois sur deux – d’enfoncer le petit bouton sous la semelle, qui libère la roue d’entrainement et permet souvent de relancer le processus d’armement, ou de démonter la dite semelle pour « voir » là où ça coince.

Et je suis tombé (non, merci tout va bien, je ne me suis pas fait mal) sur cette vidéo, en anglais toutefois, qui semble répondre à sa question et, en tout cas, à comment démonter l’appareil sans rien perdre et sans faire de dégâts.

Alors, si elle peut aussi vous être utile … (merci à ce sympathique monsieur pour la démo).

Cette autre vous montre comment travaille l’armement et l’obturateur.

Ici vous verrez comment fonctionne le miroir et le déclencheur.

Une autre video bien utile car elle vous montre les outils nécessaires pour un démontage propre.

Et pour éviter les soucis, un petit rappel de comment fonctionne un Praktica.

Si vous ne vous sentez pas de démonter (et remonter) correctement votre appareil, ne tentez rien. Ou considérez que celui-ci sera le martyr de vos futurs succès en réparation.

Un appareil photo, pire encore qu’une montre, est un assemblage mécanique précis qui évolue sans cesse, en fonction de vos réglages et des conditions de prise de vue. S’il vous reste une vis après remontage, c’est qu’elle manque quelque part !

Le Zinc du photographe

Le Sony A 7, premier du nom.

Voili, voilou … j’ai reçu le Sony A7 que j’ai commandé à un vendeur sur le site de 2ememain.be.

Il est arrivé, dans sa boite, avec tout ce qu’il faut pour l’utiliser, … enfin presque, j’y reviendrai. Y a même la facture d’achat, datée de 2019 pour 718€.

Hormis un petit coup sur l’écran arrière, pourtant protégé par un plastique de sécurité (et heureusement), il est en superbe état.

-« Mais c’est un vieux modèle ! »

Oui … et non !

S’il est apparu la première fois en 2013, bouleversant la hiérarchie établie dans les rangs des reflex de l’époque, Sony l’a gardé dans son catalogue jusqu’en 2019, lui permettant de partager ainsi les rayons avec ses frères de plus en plus bodybuildés.

Nous allons essayer de voir s’il est toujours dans le coup … car il devient vraiment accessible en terme de prix.

Je vous ai souvent écris que ce que j’appréciais le plus chez Canon, c’était la limpidité des menus, que je comparais – a contrario – à ceux des hybrides, dont Sony.

Donc, là, j’en ai un en ma possession et je vais pouvoir – ou pas – enfoncer le clou !

Marteau en main, je confirme : si le menu se réparti en onglets photographie – video – paramètres, avec des sous menus par onglet (de 1 à x), c’était sans compter avec les sous sous menus. Fichtre, ceux d’un Olympus OM-D E-M1 paraissent presque simples …

Mais bon, j’ai trouvé le mode d’emploi sur le Grande Toile et m’y suis plongé (679 pages) avec courage …. (soyons honnête, j’ai déjà viré les langues autres que le français, ça diminue le nombre de pages).

Conclusion : ce modèle est bien plus simple que les autres opus qui viendront lui succéder (nous sommes au IV à l’heure ou j’écris ces lignes) et finalement le nombre de réglages est (assez) raisonnable.

Une constatation cependant : en effectuant les tests de réglages, je suis parvenu à vider une batterie (oui, d’accord, je suis un peu lent, mais quand même !). Va falloir faire attention, le Monsieur est gourmand. Le vendeur m’a envoyé l’appareil avec 2 batteries, mais elles ont sans doute bien vécu (si j’en crois le « compteur » interne – une bonne idée ça – il a effectué 1253 photos et 5h48min de tournage).

Ah oui, autre point agaçant, le chargeur : normalement fourni sous forme d’un adaptateur secteur (comme pour votre téléphone ou tablette), il recharge la batterie – qui reste dans l’appareil – en 310min, soit 5h !

En gros, je vais me payer un chargeur indépendant, ce sera plus confortable et réaliste.

Pour le reste, à part la position un peu déconcertante du déclencheur sur le dessus de l’appareil, sa tenue est agréable pour moi qui n’ai pas forcément de grandes paluches. D’aucun regrette la poignée qui pourrait être plus profonde – ce qui fut corrigé à partir du A7 deuxième du nom – mais elle n’est pas si mal que ça et permet de bien tenir l’appareil. Le grip lui aurait pu être plus ferme (la texture est un peu trop lisse à mon goût mais je sais avoir un problème de sensibilité).

Relativement bien construit, il est « tropicalisé » contre les crachins et les poussières, un bon point.

Puisque j’en suis au déclencheur, outre sa position donc, il me semble assez ferme ! Moi qui ai l’habitude des déclencheurs ultra souples (Canon, Olympus, Lumix), j’ai été surpris. Mais de fait, c’est sa position qui le rend moins accessible intuitivement, si je peux l’expliquer ainsi.

La visée est agréable, soleil ou pas, et toutes les infos sont disponibles dans le viseur – et il y en a un paquet.

On passe de l’écran au viseur sans encombre. L’écran, monté sur une espèce de parallélogramme qui lui permet de se déployer vers le haut et le bas ne transpire pas la solidité du reste de l’appareil, c’est un peu dommage. Pourtant, le coup qu’il a reçu ne l’a pas outre mesure affecté et il est toujours bien clair et fonctionnel (ça m’a bien permis de négocier le prix). Dès que j’approche l’œil de l’oculaire, l’écran s’éteint et prend le relais. C’est le réglage que j’ai choisi car pour économiser les batteries, je pourrais n’utiliser que le viseur, ou – a contrario – que l’écran.

Une petite remarque toutefois sur l’oculaire, enfin sur ce qui l’entoure, le caoutchouc, très léger, qui n’est pas toujours agréable au contact de votre arcade sourcilière. Un peu plus d’amortissement aurait été bienvenu.

Allez, premier test photographique : lors de la dernière tempête, une latte de plastique qui couvrait les rives de notre toiture s’est fait la malle et une seconde rêve d’en faire autant. L’assureur demande évidemment des photos pour illustrer notre demande d’indemnisation.

Un beau ciel bleu, un contre-jour, on va voir ce que ça donne :

Je n’ai pas retravaillé les images, elles sont justes passées du RAW maison au JPEG. En passant, je constate une différence entre le fichier brut et l’image en JPEG, rien que de bien normal à ce stade.

Bon, promis, les prochaines seront plus esthétiques …

Le contraste était fort et pourtant l’autofocus n’a pas faibli. J’avais lu qu’il était lent, un peu hésitant, et bien non, il a tout de suite accroché.

Ok, ok, ce n’est pas une formule Un, mais j’en photographie si peu …. !

La gestion de la sur ou sous exposition se fait avec une molette que l’on devrait pouvoir actionner facilement du pouce, ce qui n’est pas vraiment le cas. Elle est bien crantée, sans doute pour ne pas se dérégler trop rapidement, mais elle et assez dure.

Au rayon des regrets, le fait de ne pas pouvoir, via l’appareil, introduire les notions de copyright et de « nommer » l’appareil, choses que je pouvais faire avec les Canon et l’Olympus.

En conclusion, si le fait de quitter la maison Canon me reste sur le cœur, je pense avoir enfin fait le pas vers une certaine rationalisation de mon matériel, j’y ai déjà fait allusion.

J’ai maintenant un reflex hybride full frame léger, polyvalent, avec un parc optique qui est assez étoffé si besoin (pour le moment, je garde le 28 – 70mm de base) qui remplacera aussi les reflex micro 4/3 sur lesquels je n’étais retourné, en attendant mieux … à voir donc si ce mieux s’appelle Sony A7 désormais !

Le Zinc du photographe

PhotoGraphix de Vincent Burgeon

La grande histoire de la photographie en BD.

Eh bien, voilà un chouette bouquin que j’ai dévoré et pourtant, il est dense.

Je vous explique : l’auteur, photographe, graphiste et illustrateur professionnel s’est attaqué à un domaine bien vaste avec une touche d’originalité qui n’enlève rien au sérieux du contenu.

Pas facile de retracer la vaste histoire de la photographie, de ses tout début jusqu’à nos appareils modernes et au delà.

Assis sur une vaste culture photographique, et un sérieux coup de crayon, Vincent Burgeon nous (re)fait découvrir les balbutiements de la photographie, son décollage, ses avancées à travers non seulement les appareils et leurs inventeurs géniaux mais aussi l’histoire qui a façonné souvent ses avancées les plus significatives.

C’est bien écrit, intelligemment découpé pour nous permettre d’assimiler au fur et à mesure les techniques, les femmes et hommes qui les ont utilisées, leurs difficultés et les solutions qui ont été apportées, petit à petit, pour en arriver au monde ultra moderne de nos appareils et applications.

C’est un petit photon qui vous guide, sympathique et parfois impertinent. Qui mieux que lui pouvait nous expliquer les mystères de la lumière et comment les Hommes ont essayé de la dompter, de la garder avec eux ?

Si vous rêviez de savoir comment fonctionnait le collodion humide, comment on développait les daguerréotypes, les secrets de la camera obscura, c’est quoi un pixel, etc. ce livre est fait pour vous. Et il parviendra à vous étonner !

Ses allers-retours vers la peinture, les arts en général, l’histoire du monde sont très pertinentes et mettent en perspective tant les difficultés rencontrées que les progrès accomplis.

Un petit plus, son système de notes, en fin de chapitre, pour approfondir les sujets abordés.

Ah, j’ai quelques regrets, mais ça relève de l’anecdote : lorsqu’il met à l’honneur les femmes photographes qui se sont émancipées à travers la photographie au XX siècle, Lee Miller n’est pas citée; s’il cite la création de Magnum, seul le nom de HCB est retenu comme co-fondateur, par exemple.

Mais mon plus grand regret, in fine, c’est que l’intelligence de ce livre ne soit pas illustrée de vraies photographies, de vrais documents d’époque, juste des dessins – fort bien fait – et quelques croquis. Si cela ne nuit pas à l’intérêt du livre, ça lui donne comme un goût de « pas assez ».

Ne boudons pas notre plaisir : PhotoGraphix, la grande histoire de la photographie, Vincent Burgeon, éd. DunodGraphic, ISBN 978-2-10-081740-5.

Et grâce à notre ami Phil (de filimages), voici le lien pour l’acquérir : DunodGraphic

Un livre à mettre entre toutes les mains.

Infos utiles ou futiles

Du noir au gris, l’art du Zine

Nouvel exercice aujourd’hui et nouvelle expérience, celle d’un « Zine photo ».

-« Heu … ? »

Eh oui, un petit magasine, que l’on peut fabriquer soi-même facilement : quelques photos choisies, un programme comme Publisher pour la mise en page et hop, vos photos peuvent être présentées à qui vous voulez en tirage limité.

L’avantage de l’exercice est, bien évidemment, de faire connaître votre travail et surtout de ne plus laisser vos photos sur un disque dur ou – pire – une carte mémoire, sans pouvoir les partager.

Vous voilà entré dans le monde fantastique des « fanzines« , cette contre culture qui autorise toutes les audaces mais surtout synonyme de liberté, celle de votre expression.

Pour notre part, le premier exercice était un thème « imposé », celui du titre de cet article.

Nous sommes donc parti en petit groupe vers un lieu bien connu de la région du Centre, anciennement charbonnière, le Bois du Luc.

Cet ancien site charbonnier, à l’histoire étonnante, est chargé non seulement d’Histoire mais aussi d’une ambiance toute particulière, qui fait son charme et sa spécificité.

Pour les curieux, la carte est ici :

Mais revenons à notre sortie photographique …

L’exercice donc consistait à photographier, selon nos propres sensibilités ce lieu chargé d’émotions. Emotion notamment pour quelques uns d’entre nous, d’origine italienne souvent, car ce lieu a accueilli pas mal de migrants de la première et seconde vague (les accords « charbon contre main d’œuvre » liant la Belgique et l’Italie au sortir de la seconde guerre mondiale).

Puis chacun à trié ses photos – nous devions en garder seize – et les a mises en page pour fabriquer ce premier « Zine ». Comme dans toute bonne histoire, les mots ont leur importance : ici, ce sont des extraits de Germinal qui nous ont servi de fil … noir !

ces images sont des captures d’écran du Publisher réalisé à cette occasion.

Voilà, voilà …

Si ce petit exercice peut vous donner envie de faire pareil alors cet article aura été utile et vous aura permis de découvrir ce lieu sous un angle particulier.

Le Zinc du photographe

La Photo, art et langage, Albert Plécy

Si vous en souvenez, j’ai publié un article sur un sujet semblable avec L’Oeil du photographe de John Szarkowski.

En fait, c’était il y a quelques jours, le temps que je termine ce nouvel ouvrage.

Nouvel ouvrage, tout est relatif, il fut publié par les éditions Marabout Université en 1975, après avoir été l’objet d’une thèse en 1962 et 1968.

Ce qui m’a frappé en lisant ces deux livres l’un à la suite de l’autre, c’est une certaine concordance dans les idées, même si celui que je vous présente est avant tout, comme son titre premier le désignait, l’ébauche « d’une grammaire élémentaire de l’image ».

L’auteur y développe un concept qui de nos jours semblent évident : l’avenir sera un monde d’images, au détriment de l’écriture, car l’image a une portée universelle, au delà des mots, qui ne sont pas les mêmes dans les différents pays.

Mais pour que cette nouvelle écriture soit compréhensible pour toutes/tous, il convient de créer une grammaire qui soit elle aussi universelle.

De fait, l’auteur invite à ce que les « lecteurs » s’initient au décodage des images, pour qu’ils les comprennent et n’en soient pas « victimes », manipulés par les reporters, les médias, la publicité.

Une idée généreuse, loin d’avoir été suivie – y a-t-il des cours pour apprendre aux enfants, aux adultes, les codes utilisés dans la grammaire des images qui nous submergent ? – et qui expliquerait la suprématie, aujourd’hui, de ce monde d’images qui nous « influence » sans que nous puissions en décoder les messages précis qui y sont cachés.

En résumé, l’auteur préjugeait de la capacité de l’image à nous manipuler, de l’utilisation qui allait en être faite par les publicistes, notamment.

Plein d’utopie et d’espoirs, ce livre est un manifeste pour l’utilisation d’une nouvelle forme de communication car l’auteur percevait parfaitement le basculement qui était en train de s’opérer aux tournant des années soixante : le monde de la lecture était supplanté par celui des images, fixes ou animées, relayé par des moyens jamais vus auparavant, tels la diffusion massive de magasines, envahissement de la télévision dans les foyers, mais aussi l’utilisation de l’image dans la scénographie muséale pour apporter la culture au plus grand nombre, la publicité comme moyen de vente de plus en plus performant, etc.

Il ne savait pas qu’une forme encore plus performante allait prendre forme vingt ans plus tard : Internet n’était pas encore à l’ordre du jour, ni les ordinateurs personnels !

C’est un petit livre étonnant, que vous ne trouverez sans doute pas facilement, et c’est dommage. Mais si vous tombez sur un exemplaire, lisez-le, c’est enrichissant.

La Photo, art et langage, Albert Plécy, éd. Marabout Université (1975), 217ème volume de la collection. Le titre original de l’ouvrage est « Grammaire élémentaire de l’image », publié hors commerce sous forme de thèse à l’Ecole Estienne en 1962 et 1968.

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Comment se passer des piles au mercure et garder le maximum de compatibilité par Olivier.

Alors là, Olivier a fait très fort !

Perso, je serais incapable d’effectuer ces réglages, en tout cas s’il n’y avait pas ses précieuses explications.

Mais comme il le dit lui-même, si vous ne vous sentez pas prêt, évitez la manipulation. Sinon, à vous la joie d’un OM-1 ou OM-1n qui vise juste même avec des piles modernes.

Ni Olivier ni moi ne pourrions être tenus pour responsables des dégâts éventuels à vos appareils si vous tentez la manipulation. Elle le sera à vos risques et périls.

Olivier l’a testée sur ses appareils, sans dommage, mais son niveau de compétences l’autorisait à le faire et il acceptait le risque que cela ne fonctionnât pas.

Comment se passer des piles au mercure et garder le maximum de compatibilité avec les OLYMPUS OM-1 et OM-1n

              Si vous êtes arrivé ici, c’est que vous connaissez déjà le problème. Les appareils de cette génération (*)  utilisent des piles au mercure de 1.35 V  et ces piles ne sont plus commercialisées depuis déjà plus de 10 ans. Vous avez trouvé sur le net plusieurs solutions qui permettent de redonner vie à vos appareils.  Les piles Zinc-Air pour les appareils auditifs donnent une tension de sortie de 1.4 Volt (donc pas très loin du 1.35 Volt de la pile au mercure). Pour ceux qui ont un fer à souder et qui bricolent un peu, ils pouvaient insérer une diode au germanium dans le fil d’alimentation et provoquer une chute de tension qui ramenait la tension d’alimentation à un niveau proche du 1.35 Volt.

              En fait, aucune de ces solutions n’est une solution définitive. La pile Zinc-Air n’est pas à 1.35 Volt et elle a une géométrie différente (Fig.-1),  il faut l’insérer dans un support pour qu’elle tienne dans le réceptacle de la pile. La diode au germanium provoque bien une chute de tension qui nous rapproche de 1.35 V mais cette chute de tension n’est pas constante en fonction du courant qui est absorbé par l’appareil (Fig.-2).

Fig.-1 : Pile au format 625 / pile Zinc-Air
Fig.-2 : Pile PX 625 A (1.5 V) + diode au germanium (1N34A) = 1.35 V

              Il existe une autre solution qui vous permettra aussi de vérifier si votre exposition n’a pas été altérée avec le temps.  Il faut démonter l’appareil et repositionner certaines pièces. Heureusement que nous trouvons sur internet les manuels de réparation qui nous permettent de mieux comprendre comment fonctionnent nos merveilleuses mécaniques. Voyons maintenant comment nous allons procéder. MAIS ne tentez pas cette manipulation si vous n’avez jamais démonté d’appareil photo ou si vous ne vous sentez pas capable de le faire. Ce travail, s’il devait être classé en difficulté, serait à 4 sur une échelle maximum de 5, d’une part, vous pouvez complètement fausser votre exposition si vous faites une mauvaise manipulation , et d’autre part vous allez manipuler des pièces d’une taille telle qu’elles peuvent se perdre très facilement.

a) La cellule réagit à la quantité de lumière qui traverse notre objectif et notre aiguille nous dira si nous avons bien choisi le couple diaphragme/vitesse.

              Vous savez comme moi que si le couple diaphragme 4 / vitesse 1/60  est bon, alors le couple diaphragme 5.6 / vitesse 1/30 est aussi bon ainsi que le couple diaphragme 2.8 / vitesse 1/125.

Pour chacun de  ces réglages, la quantité de lumière qui va arriver sur la couche sensible sera la même. L’astuce d’OLYMPUS est d’avoir utilisé un système mécanique qui reprend ce qui a été dit.

              Ce qui nous intéresse, c’est la position du fil (1) qui va au galvanomètre (aiguille dans le viseur).  Si position 4 /  1/60  est la position requise, alors la position 2.8 / 1/125 amènera le fil qui va au galvanomètre à la même position. Avec un système de poulie et d’engrenage OLYMPUS réalise dans l’OM-1 un montage qui ne renvoie au galvanomètre que la quantité de lumière qui est associée au couple diaphragme / vitesse.

              Le montage fait dans l’OM-1 est un peu plus complexe, mais cela reste identique au principe ci dessus. (Fig.-3)

Fig.-3, montage réalisé dans l’OM-1 ( service manual OLYMPUS )

b) Le galvanomètre mesure le courant que laisse passer les deux cellules au  CdS et il fera dévier l’aiguille visible dans le viseur (Fig.-4). Ce galvanomètre est relié au système précédent et la déviation de l’aiguille pourra être annulée car le déplacement du fil (1) compense la déviation de l’aiguille.

              La lumière reçue par les cellules engendre un courant. Ce courant est mesuré par le galvanomètre et l’aiguille dévie de sa position d’origine. En modifiant la vitesse ou le diaphragme, vous allez modifier la position du fil qui va au galvanomètre. Vous allez ainsi faire tourner le cadre du galvanomètre et remettre l’aiguille à sa position d’origine.

Fig.-4 : montage du galvanomètre et du fil issu du montage précédent ( Service Manual OM-1 )

              Comme la pile de 1.5 Volt engendrera plus de courant que la pile de 1.35 Volt, il suffirait de modifier la position d’origine du galvanomètre pour corriger l’exposition.  Comme nous ne pouvons pas modifier la position du galvanomètre, nous allons modifier la position d’origine de la commande en vitesse. Par exemple, avec une pile de 1.35 V, vous avez un couple diaphragme :vitesse de 4 : 1/30 , et pour une pile de 1.5 Volt, il passe à 4 : 1/60 .  Il suffit de décaler la commande de la poulie associée aux vitesses de manière à ce que la position 1/30 donne un déplacement suffisant pour avoir l’aiguille du galvanomètre en exposition correcte.  Cette possibilité est réelle compte tenu de la mécanique de l’OM-1 .

              Dans le dessin suivant, nous allons identifier les pièces à démonter et les précautions à prendre.

Les pièces importantes :             La commande des vitesses (rouge)

                                                    La bague intermédiaire (vert)

                                                    L’arbre de transmission (bleu)

Quand vous tournez la commande des vitesses, vous entrainez la bague intermédiaire qui porte une denture. Cette denture est en lien avec l’arbre de transmission qui pilote le fil de la vitesse (Fig-3)

              Comment connaitre mon décalage ?  Pour avoir cette réponse, il faut faire une mesure d’exposition  en montant une pile de 1.35 V et une mesure identique avec une pile de 1.5 V. En mettant le même diaphragme pour ces deux mesures, vous allez obtenir deux vitesses différentes et  vous saurez quel est le décalage à réaliser.   Par exemple, si la pile de 1.35 V vous donne une vitesse de 1/30 et la pile de 1.5 V une vitesse de 1/125, cela veut dire que vous devrez faire un décalage de deux crans au niveau de votre bague intermédiaire.

              Une autre solution consiste à utiliser un deuxième appareil photo qui servira de référence. C’est lui qui vous dira quelle est la vitesse que vous auriez eu si vous aviez fait la mesure avec l’OM-1 équipé d’une pile de 1.35 V.

Voyons maintenant un cas pratique.

              La première chose à faire est de déterminer  la correction. Pour cela, il vous faut un deuxième appareil qui servira de référence.  Chez vous , vous allez utiliser un éclairage artificiel et un deuxième appareil photo ayant un objectif identique ( 50 mm, 1.7 ou 1.8  en général ). Le deuxième appareil doit être particulièrement précis. Par exemple un CANON A1 vous donne la vitesse et le diaphragme choisi avec une très bonne précision ( il peut vous donner 1/90 en vitesse et 6.3 en diaphragme ), un appareil avec un posemètre à aiguille est tout aussi précis et un RICOH KR-5 est amplement suffisant. Vous allez  faire une mesure sur un mur éclairé avec votre appareil de référence et  moduler l’éclairage  ou l’angle de prise de vue ) de manière à arriver à des valeurs  normalisées en vitesse ( 1/15 , 1/30 , 1/60 , 1/125 … ) et en diaphragme ( 2.8 , 4  , 5.6 , 8 … ).  Vous faites exactement la même mesure avec votre OM-1 équipé de la pile PX625A de 1.5 Volt. Il est évident que vous n’allez pas trouver la même chose. Vous mettez exactement le même diaphragme que celui utilisé sur l’appareil de référence et vous cherchez la vitesse qui donne une exposition correcte pour la cellule de l’OM-1 . On pourra augmenter la précision en ajoutant une deuxième opération )

Ainsi, vous pouvez arriver au cas suivant :

-> Exposition de référence     Diaphragme  5.6     Vitesse 1/1000

-> Exposition donnée par l’OM-1  :   diaphragme 8.0 , vitesse   1/1000

Il faut donc décaler la commande des vitesses de 1  crantage ou modifier le réglage du diaphragme de 1 cran aussi.

La suite en image.

Vous faites une mesure d’exposition avec votre OM-1n ou OM-1 équipé de la nouvelle pile de 1.5 V. Vous mettez l’aiguille bien au centre des repères et vous avez l’exposition suivante ( 1/60 , f:4.0 )

Exposition jugée correcte par votre cellule

MAIS, votre appareil de référence ( ou votre cellule ) vous dit que pour lui, il faut 1/60 , f 5.6.

Exposition requise par l’appareil de référence.

Ainsi imaginons que vous décaliez d’un cran vers la gauche la commande du diaphragme par rapport à la bague qui porte les indications d’ouverture….

L’exposition donnée par la cellule est OK, le plot rouge est donc dans la bonne position. Mais la bague qui porte l’indication du diaphragme n’est pas au bon endroit.

Bien évidement, si je place ma bague sur la position 5.6, la plot rouge n’est plus au bon endroit et l’aiguille me dira que l’exposition n’est pas correcte.

Si je désolidarise la bague portant les ouvertures de la commande du diaphragme et que je l’avance d’un cran, alors quand je mettrais une ouverture de 5.6, le plot rouge se trouvera dans la position ou l’aiguille me dit que l’exposition est bonne.

ET JE VERRAIS COMME COUPLE RETENU:

Vitesse = 1/60

Diaphragme f : 5.6

C’EST A DIRE L’EXPOSITION DONNEE PAR L’APPAREIL DE REFERENCE

ATTENTION,   Olympus précise dans son « service manual », que la commande des vitesses doit être au 1/1000, c’est à dire en butée. Mettez la commande des vitesses au 1/1000 avant de retirer les trois vis de fixation.

Vitesse sur 1/1000

( – on retire l’objectif – )

( – on démonte les trois vis de fixation – )

( – Pas de risque de voir la bague partir même si les trois vis sont retirées – )

Vous pouvez maintenant retirer la bague de fixation

( – voici enfin la partie qui nous intéresse – )

( Pour éviter que l’arbre de commande bouge pendant la photo, il y a un petit bloc de pâte à modeler qui l’immobilise )

(a) Vous rehaussez légèrement la couronne de transfert  de manière à ce qu’elle ne touche plus la commande de vitesse.

(b), vous mettez une petite marque sur la couronne de transfert de manière a visualiser le déplacement.

Photo faite après la rotation d’un cran de diaphragme.

Il faut maintenant immobiliser l’arbre de commande et repositionner la couronne comme elle l’était avant le démontage. Et oui la couronne doit revenir dans le cran d’entrainement (c)

Pour repérer l’écart angulaire qui doit être réalisé, il suffit d’utiliser la couronne indiquant les vitesse. Quand vous tourner dans le sens horaire et que vous désirez faire un décalage de 1 cran, il suffit de regarder la vitesse qui est en face du repère que vous avez posé  ( ici c’est mon petit repère rouge ) et de faire tourner la couronne pour amener la repère rouge à la vitesse immédiatement inférieure. Quand vous faites tourner la couronne, vous entrainez en même temps l’arbre de transmission.

Voilà, c’est fait, vous avez avancé d’un cran la position transmise par la bague des diaphragmes… Vous pouvez remonter la bague qui supporte l’objectif et vérifier l’exposition.

Il est fort possible que vous n’ayez pas encore une exposition parfaite (cela se règle à une dent près ! )

Maintenant, si vous avez bien compris ce qui se passe, vous pourrez même refaire complètement la manipulation si jamais vous faites une erreur, comme par exemple, laisser tourner par inadvertance l’arbre de transmission… Vous pouvez répéter l’opération jusqu’à obtenir une bonne exposition.

ENCORE UNE FOIS, CETTE MANIPULATION DEMANDE QUAND MEME DE LA PATIENCE ET UN PEU DE DEXTERITE. ALORS SI VOUS NE VOUS EN SENTEZ PAS CAPABLE, NE FAITES RIEN…

PS Si vous pensez que ce souci de calibrage est marginal, je vous invite à parcourir ce forum, généralement bien documenté, qui en parler en plusieurs endroits : 35mm-compact

Le Zinc du photographe

Ai-je fini de tâtonner ?

En novembre 2021, je vous signalais une petite révolution dans mes appareils.

Et en relisant cet article aujourd’hui, je me rends compte qu’il n’y a plus grand chose de bon dans ce que je présentais.

Tout d’abord, je quitte – à regret – l’univers Canon. Pourquoi ?

Mon Canon Eos 5D Mark III était devenu définitivement trop lourd, équipé qui plus est des optiques en série L qui l’accompagnaient.

Et je n’ai rien trouvé chez eux pour le remplacer car les full frame n’existent quasi pas en occasion (Canon et Nikon ont attendu longtemps avant de réagir à l’offensive de Sony, puis de Lumix) et les neufs sont hors budget.

Même en APS-C hybride, ils sont largués : le Canon Eos 50M, qui est un chouette petit appareil, n’a jamais – et n’aura jamais – d’optiques intéressantes. Fuji a pris toute la place, avec des appareils compétitifs et performants, plus des objectifs qui suivent.

En compact expert, idem : aucun de leurs boitiers ne proposent un viseur intégré (sauf le GX5, mais il n’est pas vraiment compact). Là aussi, Fuji, Sony, Lumix ont tout raflé.

Finalement, je ne garde (pour l’instant) que le Canon Eos 70D, … et l’Eos 30, le Canon AE-1, le Canon AV-1, le Canon FTb QL, qui sont des argentiques de la belle époque de Canon !

Par quoi ai-je remplacé les Canon ?

J’ai sauté le pas de l’hybride car j’ai trouvé qu’il était à maturité : les viseurs sont vraiment en temps réel maintenant et ne sont plus sensibles au soleil.

Grâce à ces progrès, je n’ai plus l’impression désagréable de viser à travers une image qui ne soit pas réellement ce que je vois.

Un ami utilise depuis longtemps des Olympus et son travail est splendide (c-à-d que ses appareils suivent fidèlement sa créativité).

J’ai donc repris mon Olympus OM-D M-1 (première génération) : petit, léger (même si avec une coque en magnésium), tropicalisé, avec une large gamme d’optiques performantes.

C’est un micro 4/3, avec ses avantages et ses limites : rapidité de l’autofocus, précision de celui-ci mais limite dans les hautes sensibilités.

Je l’avais doublé d’un Lumix G7, de même génération, avec les mêmes avantages, sauf la tropicalisation, encore plus léger. Puis je me suis rendu compte qu’il était inutile d’avoir deux appareils en micro 4/3 car le plein format me manque pour certaines choses : je vais tenter un Sony A7 et son 24-70mm.Si je résume tout ça en numérique :

  1. en reflex :
  • un Sony A7 hybride full frame
  • un Olympus OM-D EM-1 hybride en micro 4/3
  • un Canon Eos 70D reflex en APS-C

2. en compact « expert » :

  • un Lumix GX9 en micro 4/3
  • un Lumix TZ100 en un pouce (1″)

Même exercice en argentique :

  1. en réflex :
  • un Canon Eos 30
  • un Canon AE-1
  • un Canon AV-1
  • un Canon FTb QL

2. en compact :

  • un Leica M5
  • un Rollei R1
  • un Lomo (russe) LC-A

3. en moyen format :

  • un Mamya 645 Super
  • un Meopta Flexaret V

4. en appareils instantané :

  • un Lomo Instant Wide
  • un Kodak Classic Smile

Et là, je me rends compte de quelque chose qui me perturbe depuis un moment, que je résume en un mot, trop ! (et chez nous, on dit « trop is te veel » – jeu de mots bilingue).

Trop envie de tout essayer, trop envie de tester, de comprendre … et pas assez de temps pour tout ça.

Mais pas – encore – envie de rationaliser, … pourtant il faudra que je m’y mette car mes choix, j’en suis conscient, vont orienter ma pratique, que je n’ai pas encore suffisamment définie.

Infos utiles ou futiles

La porte du cache-pile de mon Canon AE-1 est cassée, suite.

Décidément, il y a un mot que j’aime bien, c’est « partage ».

Le premier article consacré à ce petit souci, assez récurrent sur les Canon AE-1 a inspiré plusieurs lecteurs attentifs, qui ont eu la gentillesse de partager leurs connaissances pour que cette mésaventure soit passagère.

Phil, Olivier, Gaël et Fred se reconnaitront et je les remercie encore.

Car grâce à eux, vous aurez accès aux infos pertinentes pour réparer proprement votre fidèle compagnon de sorties argentiques.

Reprenons dans l’ordre chronologique :

  • pour démonter correctement l’appareil, voici le lien vers les plans pour le faire proprement,
  • pour faire reconstruire la porte cassée, voici le lien vers les plans et conseils pour une impression en 3D
  • pour découvrir les facettes de la photo argentique avec les conseils avisés d’un photographe Lillois, c’est par ICI

Voilà, voilà … à vos boitiers et à bientôt pour de nouvelles aventures … partagées.

Le Zinc du photographe

Le Canon PowerShot S70

C’est en cherchant les papiers de la voiture de mon père que je suis tombé (sans me faire mal) sur ce petit compact Canon, dans la boite à gants (ancien terme bien désuet, non ?).

J’essaie de le mettre en route, batteries mortes (oui, il y en avait une de réserve dans le petit sac), il fallait s’y attendre ! Heureusement que j’ai toujours un chargeur universel pour ce type de situation et je « regonfle » les batteries en quelques heures.

Voyons voir ce que donne l’engin …

Sorti en août 2004, il succède au Canon PowerShot S60, présenté lui en juin de la même année.

En gros, il garde la plupart des spécifications du S60 comme le capteur CCD 1/1,8″ de 7,1 mégapixels (celui qui équipait à l’époque le Powershot G6, le « pro » de la bande), comme le « même zoom optique grand angle 3,6x que le S60, qui, réalisant une plage de zoom équivalente à 28-100 mm au format 35 mm, permet aux utilisateurs la flexibilité de tout photographier, des paysages panoramiques aux portraits en gros plan. Doté d’un objectif asphérique à indice de réfraction ultra élevé (UA) moulé en verre, qui possède l’indice de réfraction le plus élevé au monde  » (dixit le Musée Canon).

Mais alors, me direz-vous, pourquoi avoir sorti un nouvel appareil ?

Il faut bien vendre mon bon Monsieur …

Voyons un peu ce qu’il apporte de mieux : en fait, il est une évolution du S60 qui permet – enfin – de prendre en charge la sélection de la zone AF dans les modes de prises de vue Programme, Tv (time value ou priorité vitesse), Av (aperture value ou priorité ouverture) et Manuel même si le cadre AF est fixé au centre lorsque vous photographiez. Ensuite la mise au point et le bracketing AE sont présents, ainsi qu’un réglage de la puissance du flash.

Les ingénieurs – qui n’avaient sans doute pas eu le temps de fourrer tout ça dans le S60 – ont ajouté une fonction macro jusqu’à 4cm, une vitesse d’obturation maximale de 1/2000 de seconde, un préréglage de balance des blancs « sous-marin » (eh, gaffe, il est pas étanche !), l’enregistrement de clips vidéo VGA (640 x 480 pixels) et, lors de la prise de vue au format RAW, la possibilité de sélectionner la résolution de l’image d’aperçu JPEG qui est enregistrée simultanément avec le fichier RAW.

Le S70 pouvait aussi se mettre en branle un peu plus vite que son prédécesseur, soit un peu moins de 3 secondes (on prenait le temps à l’époque, maintenant on râle quand on compte en millisecondes !).

Ça c’était le côté technique de la présentation, passons au côté « je le prends en main ».

C’est un petit bloc rectangulaire qui inspire confiance. Il est dense sans être lourd (un peu moins de 300gr) et il est construit comme Canon sait le faire, sérieusement.

Un volet coulissant cache l’objectif, qu’il protège. C’est aussi « l’interrupteur » pour allumer l’appareil et déployer l’objectif.

Les commandes tombent assez naturellement sous les doigts, comme celles du zoom qu’on manipule du pouce, la molette de sélection PSAM et les quelques boutons autour de la roue, qui agit comme le « trèfle » que nous connaissons de nos jours.

Les menus sont clairs, dans la tradition Canon, faciles à appréhender et suffisamment complets que pour tirer le meilleur de l’appareil.

Le viseur n’est pas le plus grand que j’ai pu voir, mais il y a un viseur. C’est quand même toujours plus facile de viser ainsi qu’avec un écran qui devient illisible au moindre rayon de soleil !

J’avoue que j’ai encore du mal de comprendre pourquoi les différents constructeurs ont abandonné cette idée. Il n’y a qu’a voir l’engouement des Fuji X10 et X20, puis leurs successeurs pour se rendre compte que les photographes attendaient que le viseur revienne sur les compacts !

Mais c’est là un autre débat …

Revenons à notre Powershot S70. A-t-il encore un avenir ?

De prime abord, nous pourrions nous dire qu’avec ses 7,1Mp c’est cuit !

Ben non, car avec une telle résolution vous pouvez quand même imprimer un 20x30cm sans soucis, mais vous ne pourrez pas recadrer, à moins de choisir de faire du 10x15cm

Pour Internet, c’est encore largement suffisant.

Dès lors, à qui destiner cet appareil, que vous trouverez pour une bouchée de pain de nos jours ? A vos enfants, par exemple, qui auront là un bon compact pour apprendre, à vous aussi, qui pourrez l’utiliser comme bloc-notes ou aide-mémoire (usage auquel il était destiné dans la boite à gants du paternel)

-« Mais j’ai mon GSM pour ça ! »

Peut-être, mais sur votre téléphone intelligent, vous n’aurez pas un vrai zoom 28-100 mm, un vrai viseur pour cadrer correctement, des modes vraiment intelligents pour prendre de vraies photos, na !

C’est du bon, de l’éprouvé, du Canon (simplicité d’utilisation) et du … pas cher.

Une petite vidéo d’illustration

Tiens et s’il vous prenait l’envie de connaître les capacité d’impression des appareils, voilà un site fort bien fait : https://avecunphotographe.fr/resolution-et-definition-de-limage/

Quelques références : https://global.canon/en/c-museum/product/dcc500.html, https://www.dpreview.com/reviews/canons70, https://www.photoreview.com.au/reviews/other-cameras/canon-powershot-s70/ en anglais