C’est Gaël qui m’a soufflé l’idée de cet article, et je l’en remercie.

Il est vrai que lorsque l’on extirpe d’une caisse sale, d’un grenier poussiéreux, un appareil que l’on a envie d’utiliser ou tester, on aime qu’il soit propre.

Mes « petits trucs » sont ceux que j’ai testé sur mes appareils. Ils donnent de bons résultats et, surtout, ils respectent les matériaux utilisés et les couleurs.

Pour les boitiers, comme je l’écris souvent, de l’alcool modifié mais avec un bon taux d’alcool, pour éviter les traces grasses. Appliqué avec de l’ouate, y compris au coton-tige pour les petits endroits difficilement accessibles. Jamais en excès, pour éviter que cela ne coule dans l’appareil, les viseurs, etc. Ensuite, je passe avec un tissus en micro fibre partout.

L’avantage du produit est qu’il respecte les peintures, les caoutchouc, les sérigraphies.

Parfois, ce n’est pas suffisant, alors, toujours avec parcimonie, de l’essence de nettoyage. Comme pour l’alcool modifié, travaillez dans un lieu aéré et pensez à reboucher systématiquement votre bidon, l’essence est très volatile.

Et laissez tomber cette f… cigarette !

Petite passage au carré de micro fibre ensuite.

L’essence est agressive sur certains plastiques, faites toujours un essai dans un endroit qui ne se voit pas, au cas où.

Pour les verres d’optique, oubliez les petites serviettes emballées vendues en grande surface pour nettoyer vos lunettes (et évitez aussi ça pour vos lunettes, d’ailleurs). Les opticiens sérieux vendent des produits en spray qui respectent les traitements de surface, fragiles.

Le mieux étant toujours de commencer par le passage avec la poire et pinceaux pour dégrossir le travail. Si, réellement, il y a des traces « collantes », alors le spray sera utile. Mieux vaut le vaporiser sur un chiffon, toujours en micro fibre, puis frotter doucement, en partant du centre vers les bords, par mouvements circulaires.

Idem pour les verres de viseur ; passage au coton tige humecté du produit puis repassage au coton tige sec. N’appuyez pas trop fort sur les verres, ils sont parfois sertis très juste et risqueraient de se détacher.

Sur les télémétriques russes, notamment mais pas qu’eux, il faudra parfois démonter pour aller nettoyer les verres « de l’intérieur », mais c’est une autre histoire.

Il faut être certain qu’il n’y a pas de poussières ou de champignons dans les lentilles, qui donnent parfois cet aspect de sale, mais à l’intérieur.

Là, je vais demander à Olivier de me faire un article, il ose les démonter. Quoique pour les champignons, c’est pas gagné.

Honnêtement, sauf pour les optiques d’exception, mieux vaut laisser tomber les attaques champignonnières.

Pour retirer les mousses des boitiers, d’abord un travail de « raclage » au scalpel (gaffe aux doigts) puis passage au coton tige humecté de dissolvant à base d’acétone, voire avec un petit bout de bois taillé en biseau (j’utilise des baguettes chinoises pour avoir un bois assez solide).

Attention, l’acétone va attaquer la peinture et si vous frottez beaucoup à un endroit, mettre le métal à nu. Ce n’est pas grave si c’est dans les rainures d’un dos de boitier, que vous allez regarnir de nouvelles mousses.

Ce produit est à prescrire irrémédiablement si vous devez travailler sur des plastiques, il les décolore et les rend fragiles. Donc, si vous devez enlever la mousse d’une fenêtre « contrôle film » d’un compact, bien gratter et utiliser un produit qui enlève la colle, en vous assurant qu’il ne contient pas d’acétone !

En ce qui concerne les mousses de miroir, dans les reflex, bien faire attention au dépoli. Il vaut mieux travailler avec l’appareil « tête en bas » pour que les débris tombent en dehors. Si vous y arrivez, collez un « post-it » sur le dépoli, qui ramassera les éventuels chutes. La colle du « post-it » ne laisse pas de trace si vous ne le laissez pas dix ans collé dessus !

Travaillez avec un scalpel avec attention pour ne pas griffer les miroirs de renvoi, les dépolis. Et un coton tige humecté d’acétone pour bien tout enlever.

Quand vous avez fini, passage à la poire à souffler et pinceau doux pour tout enlever.

Enfin, nettoyer est une affaire de patience et de précision. Procédez pas petites touches successives pour voir le résultat.

Les vieux appareils avaient parfois des molettes d’entrainement des films, de rembobinage en métal guillochés, qui ont ramassé des années de traces (soyons cash : de crasse) : il peut être utile de d’abord gratter avec un objet fin pour dégager le plus gros. Puis il faudra sans doute laisser la ouate imbibée quelques minutes autour de la pièce (la tête en bas si cette pièce est sur le dessus, pour éviter que ça ne coule à l’intérieur). Et recommencer l’opération, souvent, pour l’avoir bien propre.

Pour les sérigraphies blanches (comme sur les anciens Canon), passez d’abord à l’alcool dénaturé, pour les nettoyer. Pour tenter de leur rendre leur blancheur d’origine, une petite préparation à base de bicarbonate de soude (eau + bicarbonate). Cette préparation doit avoir la consistance d’une pâte pas trop liquide et vous la déposez sur les endroits à traiter au pinceau. Laissez agir quelques minutes, frottez un peu soit avec un pinceau dur (ne jetez plus vos vieille brosses à dents) soit avec un tissu en microfibre. Bien faire attention que ce ne soit pas liquide pour éviter que la mixture ne coule dans le boitier. Souvent, la blancheur des écris revient assez vite.

Pour les vieux cuirs (les leatherettes), idéalement, travailler avec un baume nettoyant incolore, comme pour vos chaussures en cuir. Non seulement ça les nettoient en douceur, mais ça les nourrit. Plusieurs applications seront sans doute nécessaire, selon l’état de saleté.

Sur certains appareils, ces applications de « cuir » ont tendance à se « racrapoter » et/ou à se faire la malle. S’il est encore possible de les recoller, utiliser de la colle contact avec enduit sur les 2 faces du produits. Et soyez prudent, ces colles peuvent laisser des traces. Si vous le pouvez, prenez en de la transparente. Si vraiment le cuir est HS, pensez à Aki-Asahi, au Japon, qui vend des « cover » prédécoupés pour beaucoup de marque ou à découper soi-même. Les produits sont excellents et d’un prix très raisonnable.

Si les grips sont en plastiques, devenus collant, utilisez du produit pour enlever les colles (sans acétone) avec une microfibre non pelucheuse. Plusieurs passages peuvent être nécessaire.

Sont à proscrire : l’éther, l’acétone (sauf ce qui a été dit plus haut), le thinner cellulosique et autres solvants bien trop agressifs.

Toujours travailler dans un lieu aéré et sans flamme vive à proximité (ça à l’air évident, mais on oublie parfois la clope qui se consume à côté, le fer à souder qui vient de servir, …).

Et soyez patient surtout. Le résultat en vaut bien la peine.