Si, si, y en a qui bosse, la preuve, un très chouette article concocté par l’ami Olivier, qui aime bien mettre les mains, les doigts, le nez … dans nos vieilleries un peu capricieuses parfois.

En images et en mots, le pas à pas pour redonner vie à un flash de qualité, accessoire bien utile de nos chers argentiques.

Mais je lui laisse la place …

Les anciens appareils photos ont besoin d’anciens flashs.

              Et, oui n’oubliez pas que le CANON ( ou autres ) que vous avez trouvé à bon prix avec son objectif de 50 mm ne sera pas utilisable pour un anniversaire en famille si celui-ci se déroule en intérieur.  Un flash s’avèrera utile et là les surprises arrivent… Les flashs modernes ont perdu leur universalité quand les appareils argentiques sont devenus autofocus. En effet, si les premiers appareils autofocus comme un Minolta 9000 acceptent encore les flashs « antiques », les suivants comme les Minolta Xi, n’en voudront pas.  Alors votre CANON risque fort de ne plus être utilisable en basse lumière. Mais ce n’est pas grave, on trouvera bien un flash qui nous aidera dans ces situations.

              En conséquence, si vous voulez vous équiper d’un boitier argentique, n’oubliez pas de vous renseigner sur les flashs disponibles et utilisables. En effet, la majorités des flashs des années 70/90 seront utilisables. Mais certains boitiers ont des contacts supplémentaires associés à des spécificités de la marque. La plupart du temps, le flash du constructeur se chargera de passer le boitier à la vitesse de synchronisation dès qu’il sera sous tension et il vous enverra un signal lumineux dans le viseur pour vous informer que la photo est correctement exposée.  Compte tenu des prix des flashs en occasion, pour quelques efforts de recherche et quelques euro en plus, vous arriverez bien à trouver le flash qui va agréablement compléter votre boitier. Bien évidement, suivant les boitiers, la recherche sera fructueuse ou non. Si vous espérez trouver facilement un Flash dédié à votre Leica R4…

              Bref, je vais utiliser un exemple pour vous montrer qu’il faut avoir une vue bien plus large si vous voulez faire de la photo argentique. Avoir un boitier qui vous plait, c’est bien, mais il faut s’assurer qu’il ne restera orphelin.

              La remise en état qu’un flash OLYMPUS Quick 310  ( année 80 )

              Vous avez trouvé un Olympus OM-1 ou OM-2 ( mais pas la version OM-1n ou OM-2n ). Comme des flash T-32 se trouvent à des prix voisins des flash Quick 310, autant donner à votre OM-2, le flash qui convient, et en plus, avec un peu de chance, vous trouverez aussi la Bounce-Grip 1 et le sensor déporté. Cela vous donne un ensemble particulière versatile ( tête entièrement orientable et une grande réserve d’autonomie car les piles sont dans la poignée ). Enfin, le Quick 310 a un nombre guide de 34 !

Olympus OM-2 ( ici un OM-2n ) équipé de tous les accessoires proposés par Olympus pour le flash Quick-310.

              C’est gagné, vous avez fini par trouver un flash sur un site de vente en ligne ( entre particulier ) et il arrive dans un carton très bien protégé. Alors vous mettez les piles et…..   Un sifflement se fait entendre et après quelques minutes le néon d’indication de charge est toujours éteint. Horreur, je me sui fait avoir…. Il faut être conscient que l’utilisation de matériel qui a atteint un âge de plus de 50 ans est quand même aléatoire. Le matériel de ces époques était très bien conçu et fait pour durer, mais tous les composants n’ont pas la même durée de vie. Finalement, nous allons voir que le problème n’est pas insurmontable et bien au contraire, il n’y a que le vieux matériel qui acceptera d’être remis en état à peu de frais.

              Pour comprendre de qui se passe dans notre cas, il faut garder en tête que le flash contient une capacité chimique ( condensateur ) de forte valeur (  1 000 uF ) et qui est aussi adapté au forte tension ( 300 Volts ). Maintenant, vous savez pourquoi on vous dit de ne pas jouer avec les contacts du flash, il y en a un dans le lot qui est probablement à 300 V ! Mais vous avez au mieux 4 piles de 1.5 volt dans le bac à pile et on est loin des 300 V.  Ainsi, il ya un circuit électronique qui va augmenter la tension. Une faible tension d’entrée et une forte tension en sortie. Cette élévation de tension se fait avec des courants très faibles. Si vous avez des défauts d’isolation dans la partie haute tension,  le courant que vous envoyez dans la partie haute-tension se dissipera dans les défauts d’isolation et ne chargera pas le condensateur… Et vous pourrez attendre longtemps l’allumage du voyant de charge ! Cherchons un peu ce qui se passe et est-il possible d’y remédier ?

En utilisant un article de Larry Lyells ( année 80 ) qui nous explique le fonctionnement des circuits électroniques , nous allons présenter le problème.

a) L’alimentation du tube à éclat est faite par un condensateur.

Ce condensateur est de forte valeur et a une tension de service de plus de  300 Volt.

              Ce condensateur est associé à des circuits de commande qui seront aussi sous une tension élevée, d’ou l’impossibilité de monter un ancien flash sur un appareil photo numérique qui ne supportera pas cette tension élevée. On voit sur ce schéma qu’il existe une autre capacité ( 0.22 uF, 200 V ) qui sera aussi à une tension élevée.

              La haute tension, provient d’une source qui est à faible tension ( des piles ! ). Alors, il faut des circuits électroniques qui se chargeront d’augmenter cette tension. L’intérêt pour nous, c’est que finalement, le nombre de condensateur soumis à une tension élevée sera faible. De plus, leur taille fera qu’ils seront facilement identifiables. Et heureusement, car les circuits électroniques associés à ces équipements sont loin d’être simples. Voici le schéma électrique d’un flash Vivitar en provenance du manuel de réparation.

Flash VIVITAR ( Service Manual ). Heureusement, il y a toujours dans ces documents, une liste des composants et vous identifierez facilement les capacités chimiques « haute tension ».

              Schéma de principe montrant qu’une rupture d’isolation se traduit par une impossibilité de charge complète de la capacité. Le voyant de charge ne s’allumera jamais. L’énergie en provenance du circuit de charge doit se répartir entre la capacité haute tension et la résistance de fuite. Cette répartition fait que la capacité ne peut pas atteindre sa tension nominale de fonctionnement.

              Allez, passons à la pratique car je n’ai pas trouvé le service manual de mon Quick 310. Bon et bien, il faut démonter !  ( n’oubliez pas de faire des photos pour le remontage )

              Le Quick 310 est un flash imposant , il a un volume tel que votre OM-1 passera pour un jouet si vous le montez sur la griffe accessoire, d’où  l’intérêt du Bounce-Grip. En plus, la griffe accessoire des Olympus n’est pas un modèle de résistance mécanique.

              Quand on voit les possibilités de réglage pour un flash de cette époque, cela serait dommage de ne pas en profiter ( 3 réglages automatiques, deux puissances différentes en manuel et un mode dédié à l’OM-2 pour que la cellule interne de l’OM-2 règle la puissance). De plus, la qualité d’un flash vient de sa capacité à éclairer une scène. La plupart des anciens flash peuvent couvrir l’angle de vue d’un 24 mm sans accessoire additionnel.  Cela veut dire que le nombre guide de 34 est utilisable sur un 24 mm. Bien souvent les marques proposant des flashs moins cher ne couvrent qu’un angle équivalent à un objectif de 28 mm et peuvent utiliser un tube à éclat moins puissant tout en revendiquant un nombre guide identique.  Il suffit de rajouter le diffuseur sur un de ces flashs pour constater la baisse importante du nombre guide. Un autre élément qui plaide en faveur du Quick 310 est sa stabilité en température couleur.  En effet, pour avoir des nombres guides conséquents, on est tenté d’envoyer un éclair qui ne respecte pas les couleurs ( par exemple, les flashs inclus dans les boitiers compacts sont de très petite taille et pourtant arrivent à faire des photos de groupe ), cela se traduit par des visage bien top blancs par rapport à la réalité. Les grands constructeurs n’ont pas voulu s’orienter vers ces solutions et ils ont proposé du matériel particulièrement performant à des pris hélas élevés. Heureusement pour nous, amateurs éclairés, les prix proposés sur le marché de l’occasion ne reprennent plus les écarts de prix initiaux.

Super, il n’y a qu’une vis à retirer…  Et bien non, il n’y en qu’une de visible ! donc, il va falloir ruser… C’est à dire chercher des zones ou des clips peuvent exister.

Enfin, on a trouvé les clips. Ils sont au nombre de 4, deux à l’avant et 2 autres sur la partie arrière. Dès que les deux clips de la partie avant sont désengagés, le reste suit.

Ouf, c’est plein comme un œuf !  Mais on devine très vite qui sera la capacité de 1 000 uF de 350 Volt et on a même une petite idée de la position des autres capacités haute tension.

Généralement, cette capacité est de très grande qualité et il y a peu de chance pour qu’elle soit en cause même après 50 ans. Par contre, il y en a d’autres qui sont certainement défaillantes. Dans mon cas, cette capacité était un peu déformé ( fond bombé ) et je l’ai remplacée.

Pour terminer le démontage, il faut dévisser le centre du disque de réglage ( quand on a l’habitude du matériel de marque, on sait que les ingénieurs sont très créatifs quand il s’agit de cacher les organes de fixation, surtout les ingénieurs japonais ).

Cette fois, c’est fait, on a accès à toute l’électronique et on pourra en profiter pour nettoyer les contacts des piles qui seront bien souvent oxydés.  C’est fou le nombre d’utilisateur qui oublient les piles dans les flashs !

Enfin, on arrive à identifier deux capacités chimiques qui ont des tensions de service élevés ( 315 Volt ). Les capacités chimiques sont polarisées ( il y a un signe – sur l’une des pattes de fixation ). Si vous avez de la chance, les capacités que vous avez en face de vous sont les capacités d’origine (*).

(*) il m’est arrivé de démonter un flash et de découvrir qu’il avait fait un séjour au SAV ( Service Après Vente ) et que les techniciens n’avaient pas remplacé correctement les capacités chimiques. Ils n’avaient plus qu’une seule valeur dans la boite, alors ils ont mis la même capacité partout !  Le SAV n’est plus ce qu’il était. En plus, un transistor avait été remplacé par un composant qui n’avait pas du tout la même fonction ( un thyristor !) . Sans doute qu’un stagiaire l’avait eu dans les mains… Comme d’habitude,  quand il y a un problème, c’est la faute du stagiaire ( même s’il n’est plus là depuis 3 mois !).  Un jour, j’ai entendu une personne qui avait une activité dans le secteur électronique me dire, et bien, c’est la même forme et la même couleur !

Bref, vous dessoudez les deux capacités et vous les examinez à la loupe.  Vous remarquez que les deux opercules sont déformés ou sortent de leur logement.

Une comparaison avec une capacité chimique neuve vous montre bien qu’il y a un problème. Devinez qui est la neuve !

Vous notez bien les caractéristiques, ici 1.5 uF , 315 V que vous pourrez remplacer par une capacité de 1.5 uF de 350 V. La deuxième est une capacité de 0.47 uF 315 V.

Elle sera bien avantageusement remplacée par une capacité non polarisé de 0.33 uF ou 0.47 uF, 400 V. La durée de vie de ces capacités est bien supérieure à la durée de vie des capacités chimiques ( Condensateur non polarisé = condensateur céramique , condensateur polyester… ).

Si vous cherchez dans tous les recoins, vous allez trouver d’autres capacités chimiques qui seront avec des tensions de service bien moindres ( 10 V  ou un peu plus ). Elles ne sont absolument pas contraintes et il est très rare qu’elles soient en défaut. Mais si vous voulez les changer, pourquoi pas. Dans mon cas, le non remplacement n’a pas été dommageable. Vous pouvez remarquer que les cartes comportent des résistances ajustables qu’il conviendra de ne pas dérégler. En effet, s’il y a des résistances ajustables, c’est pour pouvoir faire des réglages. Ceux-ci sont liés aux imprécisions des valeurs des composants. Une capacité de 1 uf qui a une précision de 20% peut faire entre 0.8 et 1.2 uF !  Alors éviter de changer inutilement les condensateurs car ces changements apportent aussi leur lot de modification du montage et finiront peut-être par imposer un nouveau réglage.

On remonte le tout en prenant soin de ne pas faire un court-circuit, on est à 300 V en fonctionnement nominal quand même à certains endroits. ( un regard perspicace remarquera que le petit condensateur noir a été remplacé par un condensateur MKT au polyester de même valeur)

              En conclusion, allez-vous changer de voiture sous prétexte que l’un des phares est cassé ? Bien sûr que non… Mais votre voiture est trop vielle et le concessionnaire vous dit que les pièces ne sont plus disponibles. Alors vous allez explorer le web et partir à la recherche d’un phare d’occasion. Ici, c’est le même principe et l’opération est quand même un peu plus complexe que le simple nettoyage d’un objectif ( autre article publié par JP que je remercie encore une fois ) . Une telle opération ne se justifie que pour du matériel d’exception ou ayant des caractéristiques uniques ( c’est le cas du Quick 310 ). Ne perdez pas de temps avec un flash de nombre guide 20 qui n’a même pas de mode automatique.

Voilà, voilà …

Comme d’habitude, le rappel des règles de prudence : ne vous lancez dans ces opérations que si vous êtes un minimum bricoleur. Nous ne saurions être tenus pour responsables de dégâts à votre matériel suite à ce tutoriel.

Et encore une chose : vous allez travailler parfois à du 300v, donc faites attention, ça pique !