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Minolta SR-7

Si vous avez lu l’article consacré au Miranda Sensomat, vous vous souvenez peut-être de l’état des lieux du marché des reflex dans les années cinquante.

Pour mémoire (ben oui, je ne vais pas vous obliger à tout relire !), les appareils reflex à objectifs uniques ou SLR (par opposition aux reflex bi-objectifs de style Rolleiflex appelés TLR pour « twin lens reflex ») commençaient à gagner du terrain, au détriment des appareils télémétriques notamment.

Surtout en Allemagne et au Japon, qui avaient respectivement sorti les premiers appareils du genre dès avant la seconde guerre mondiale : le Ihagee Exakta et le Praktiflex dès 1936 puis le Contax S de Zeiss Ikon en 1949.

Le gouvernement japonais, conscient de ce futur marché, encourageait ses entreprises à développer leurs propres gammes d’appareils, et ce dès 1951. Si Miranda y répondit de manière originale, Asahi et Topcon s’étaient déjà lancé aussi et Minolta avait ensuite saisi la balle au bond, un an avant Canon et Nippon Kogaku (le futur Nikon).

Minolta sortira son premier reflex en 1958, le SR-2 (éh oui, ils auraient pu l’appeler SR ou SR-1, c’eut été plus logique, mais nous sommes chez Minolta …).

Il semble que dès le départ la politique de la firme était de viser « le grand nombre » et donc le Minolta SR-2 n’était pas destiné aux professionnels, il s’agissait plutôt d’un SLR assez basique, sans viseurs interchangeables ni testeur de profondeur de champ, ni mesure d’exposition mais il possédait un miroir à retour rapide et il présentait une baïonnette spécifique, la SR qui servira de base aux futurs objectifs MC et MD d’excellente réputation.

Dès 1960, la firme sortira le SR-1 et le SR-3 qui allaient combler quelques lacunes de ce premier jet.

Et dès 1962, sortait le SR-7, qui fut le premier appareil reflex au monde avec un posemètre CdS intégré (une bonne année 1962 !).

Nous n’en sommes pas encore à l’analyse de la lumière à travers l’objectif (mesure TTL) mais d’abord la cellule était intégrée et ensuite, elle était au CdS (sulfure de cadnium) alors que la plupart des cellules étaient encore au sélénium.

Produit de 1962 à 1966, avec quelques évolutions mineures, très bien construit, il propose des fonctionnalités inédites, digne d’un moyen voire d’un haut de gamme. Il fut l’appareil le plus en avance sur son temps de l’époque.

Par exemple, la boîte noire autour du miroir comporte deux petites chicanes qui bloquent toute intrusion de lumière, la plaque de pression du film est « gaufrée » pour éviter les griffes par un contact moins important sur la surface, il y a deux guides pour éviter que le film ne glisse et avance bien droit, l’oculaire est très grand pour offrir le viseur le plus lumineux, mais la caractéristique la plus remarquée est la cellule au CdS et le sélecteur de vitesse d’obturation qui est couplé.

la cellule positionnée en façade

Autour des années soixante, les mesures s’effectuaient avec une échelle de valeur de la lumière qui demandait au photographe de vérifier la mesure de la cellule puis à traduire celle-ci en valeur de vitesse ou d’ouverture du diaphragme pour obtenir une exposition correcte.

Ici, la cellule est couplée à la molette des vitesses. La cellule correspond correctement à la vitesse d’obturation sur laquelle l’appareil est réglé et le photographe doit alors sélectionner l’ouverture à laquelle la cellule renvoie. Le tout est visible à l’extérieur du boitier, par un affichage sur le capot.

Quand vous tournez le sélecteur des vitesses, le ruban dans la fenêtre d’exposition se déplace, faisant bouger deux rangées de nombre des ouvertures et une petite aiguille rouge se déplace en fonction de la quantité de lumière reçue par la cellule.

Ça à l’air compliqué ? Prenons un exemple : vous avez réglé la sensibilité du film sur 100 Asa, vous réglez la vitesse sur le 1/125s. La fenêtre d’exposition affichera les ouvertures de f2 à f22. Pour choisir l’ouverture de l’objectif, regardez vers quel chiffre l’aiguille rouge pointe, elle vous indiquera l’ouverture recommandée.

Plus tard, ce système sera remplacé, dans le viseur, par l’aiguille allumette que l’on ajuste entre des signes plus ou moins et plus tard encore, des diodes remplaceront cette aiguille baladeuse.

Comme je l’ai écris plus haut, quelques améliorations ont accompagné la vie du modèle, la plus utile sera sans doute l’interrupteur ON/OFF de la cellule qui, auparavant, était toujours en fonction et avait la fâcheuse habitude de vider la batterie rapidement, à moins de laisser le boitier dans son « sac tout prêt » et donc dans l’obscurité (1963).

La cellule est à double plage, soit une base et une haute, sélectionnée au début par un bouton poussoir à l’arrière de l’appareil puis par un nouveau bouton situé sur la monture porte objectif (modèle V), à gauche de celui-ci.

Notez que l’appareil est entièrement mécanique. Donc, même si la batterie est vide, tout fonctionne … sauf la cellule, qui nécessite une pile (une PX625, celle au mercure étant depuis 2007 interdite).

Au rayon des petites choses auxquels nous sommes habitués mais qui étaient modernes, notons que pour ouvrir le dos de l’appareil, il suffit de soulever la molette de rembobinage.

-« Ben, c’est évident, non ? »

Eh non, auparavant, les appareils étaient munis d’une espèce de verrou qu’il fallait soulever ou enfoncer pour libérer la porte arrière …, moderne, je vous écrivais !

Mais résumons les fonctions du SR-7 :

  • retardateur de 10 secondes
  • verrouillage du miroir
  • déclencheur avec un filetage pour déclencher avec un câble si besoin
  • cadran mémo de la vitesse du film utilisé au dos du boitier
  • possibilité de régler la sensibilité de 6 à 6400 Asa
  • obturateur à plan focal offrant des vitesses de 1s à 1/1000s plus pause B
  • synchronisation du flash au 1/100s (prises X) et 1/30s (FP – lampe)
  • remise à zéro du compteur de vues
  • blocage du miroir en position haute
  • miroir à retour rapide
  • viseur avec mise au point par microprismes et lentille de Fresnel

Vous remarquerez qu’il n’y a pas de sabot flash sur le boitier, celui-ci sera en option, à glisser dans le cadre du viseur, avec un clip de fixation pour les dernières versions.

Le Minolta SR-7 sera le dernier de la série des SR. En 1966 elle sera remplacée par la nouvelle série des SR-T dont le fameux SR-T101, qui avait lui la particularité d’être TTL (through the lens = à travers l’objectif pour la mesure de lumière) et qui inaugurera une nouvelle monture, la MC car il y avait maintenant une broche de couplage pour la cellule.

La série des SR-T sera un immense succès pour Minolta qui proposera une douzaine de variantes de son cheval gagnant. Ceux-ci seront produits jusqu’en 1981, alors même que de nouveaux appareils, plus petits et légers étaient sur le marché.Mais c’est une autre histoire …

Comme je l’écrivais un peu avant, il y eut plusieurs versions du SR-7, la plus significative sera celle dite V (bien qu’elle ne soit notée nulle part sur l’appareil mais qu’elle apparaisse dans la documentation de l’usine). La carrosserie change et sera « allégée » par rapport à la première (épaules étagées sur le corps de l’appareil supprimées) et elle préparera la venue de la série SR-T

Finalement, que penser de cet appareil ?

Il a été construit solide, pour durer. La preuve, 59 ans plus tard, il fonctionne toujours !

Si sa cellule n’est pas TTL, elle n’en demeure pas moins efficace et précise.

Avec lui, vous aurez un beau morceau d’histoire de la photo en main et qui vous donnera encore pleine satisfaction qui plus est.

Moins recherché que les sempiternels SR-T 101 et consort, vous devriez pouvoir faire une bonne affaire avec lui, d’autant qu’il accepte toutes les optiques Minolta, même récentes (mais vous n’aurez pas les automatismes prévus), ce qui vous offre le champ d’un vaste choix de cailloux non seulement de qualité mais aussi abordables.

Comptez environ 30€ pour un boitier seul et 40€ pour un muni d’un objectif. A ce prix là, c’est presque donné pour la qualité offerte …. alors profitez en et offrez-vous un fleuron de la photographie à l’ancienne.

Quelques publicités d’époque

https://i1.wp.com/www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1443735050.jpg?w=695
source : Collection-appareils, Foto-Quelle 1963
https://i1.wp.com/www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1242247661.jpg?w=695
source : Collection-appareils, Photo-Hall mai 1964

Une video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Quelques références : http://minolta.suaudeau.eu/ressources_iconographiques/SR-7_fr.pdf, http://patrick.badaire.free.fr/mysite3/Minolta%20SR/minolta_sr-7.htm, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11512-Minolta_SR-7.html en français, https://en.wikipedia.org/wiki/Minolta_SR-7, https://www.mikeeckman.com/2017/06/minolta-sr-7-1962/ http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_SR-7 en anglais, http://progsch.net/mediawiki2/index.php?title=SR-7 en allemand

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