Aller au contenu principal

Le Canon Eos 5

Comme souvent, une belle brocante, sous un soleil chaleureux, avec des particuliers et quelques vides greniers. Pour une fois, je m’arrête devant le « stand » d’un de ceux-ci car je vois un sac Lowepro d’ancienne génération bien garni : un Eos 5 plein de poussière avec un objectif 24 – 80mm Canon Ef et un Sigma 75 – 300mm (à première vue).

Le premier prix cité me semble absolument excessif et je tente le coup, pour l’emporter au prix que je voulais.

Me voilà parcourant la brocante avec le sac à l’épaule.

Une fois à la maison, grand déballage du sac pour y découvrir non seulement le boitier, les objectifs déjà cités, sa sangle Canon toujours emballée, le mode d’emploi et 5 boites de films non entamées, plus un autre dans l’appareil. J’ai de quoi m’amuser.

Grand nettoyage du tout (je ne supporte pas l’odeur de la cigarette), le sac Lowepro passera à la machine à laver et installation d’une nouvelle pile (une 2CR5) et …. tout fonctionne comme au premier jour !

Mais profitons en pour vous présenter ce bel appareil qui, finalement, ne déconcertera pas les possesseurs des Eos actuels, la logique des menus et l’ergonomie de l’engin est, finalement, la base de ce que nous connaissons de nos jours dans la gamme..

EOS A2 / EOS A2E pour l’’Amérique, ou EOS 5 pour l’Europe et encore EOS 5QD pour le Japon, c’est en novembre 1992 que Canon lance cette bombe : le premier reflex au monde doté d’une mise au point pilotée par l’œil du photographe !

Quand je pense à la pub qu’ils font aujourd’hui pour leur Eos R3 qui opte pour le même principe, je me prends à penser que les « marketers » ont la mémoire courte … ou l’oubli facile …

Notons que cette technologie géniale fut reprise sur l’Eos 50E, l’Eos 30 et l’Eos 30v puis elle disparu, on ne sait trop pourquoi avant de revenir sur l’Eos R, le premier hybride Canon !.

Qu’offre t’elle de si spécial ? Une grande simplicité d’utilisation car il suffit de regarder le point sur lequel on veut faire la mise au point pour le sélectionner et le boitier fait la mise au point automatiquement sur celui-ci.

La fonction de mise au point contrôlée par l’œil, qui permet donc à l’utilisateur de sélectionner l’un des cinq points de mise au point juste en le regardant dans le viseur permet aussi d’activer l’aperçu de la profondeur de champ en regardant un sixième point marqué dans le coin supérieur gauche du viseur. À l’époque, cette fonction était unique à Canon. L’Eos A2 disposait des mêmes cinq points de mise au point, mais ils ne pouvaient être sélectionnés que manuellement – comme se sera le cas plus tard avec l’Eos 50 (sans E) ou l’Eos 33. Bien que l’EOS 5 dispose d’une poignée verticale optionnelle, la fonction de mise au point contrôlée par l’œil ne fonctionne que lorsque l’appareil est tenu en position horizontale.

Bon, on peut aussi choisir de le faire la mise au point manuellement avec l’Eos 5, mais pourquoi se priver d’une telle fonctionnalité ?

Cet appareil, considéré comme semi-pro à l’époque, proposait d’autres particularités intéressantes et, honnêtement, je pense toujours actuelles. Le pro de l’époque étant l’Eos 1, avec châssis en alliage de magnésium et joints d’étanchéité..

Citons le fonctionnement silencieux, la mesure évaluative sur 16 zones liée au 5 points de mises au point, la mesure spot à 3,5% au centre, la mesure moyenne à pondération centrale, l’AE aux multiples priorités : à la vitesse d’obturation, à la priorité ouverture, au programme intelligent, à la profondeur de champ, plus les modes de contrôle d’image (les modes scènes) et le mode manuel avec mesure intégrée.

C’est un boitier autofocus à exposition automatique apparu donc en 1992 et qui fut remplacé en 1998 par le Canon Eos 3, quasi le dernier réflex pro ou semi-pro analogique de la marque.

S’il est qualifié de semi-pro, nombre des photographes professionnels l’ont utilisé, séduits par ses caractéristiques citées, auxquelles on peut ajouter le flash intégré bien pratique (que les appareils pro de la marque s’obstinaient à snober), la lumière d’assistance pour l’AF (autofocus), un moteur rapide et ses célèbres modes d’exposition automatiques prédéfinis et performants, outre un poids relativement contenus (le corps est en composite et pas en alliage de magnésium).

Le boitier pouvait être complété par une poignée verticale Canon VG-10 qui comporte une molette, un bouton de verrouillage de l’exposition et un bouton de sélection de la zone de mise au point et, bien évidemment, un déclencheur. Toutefois, celle-ci ne pouvait recevoir des piles AA pour accroitre l’autonomie.

De plus, l’appareil possède de nombreux modes opérationnels, qu’on sélectionne avec la molette située sur le côté gauche de l’appareil. Avec eux, vous pouvez choisir que les paramètres d’exposition soient automatiques, semi-automatiques ou manuels. Molette multi fonction car elle fait également office interrupteur ON/OFF.

Et puis il y a les trois modes de mesure intégrés : une évaluative, une moyenne à prépondérance centrale et enfin une spot. Vous sélectionnez ces modes avec le bouton situé au dos de l’appareil et la molette de commande.

Pour le reste, c’est – maintenant – du connu avec la molette à gauche qui est la roue PSAM : mode programme, mode tout automatique, mode priorité à l’ouverture, à la vitesse, les modes scènes et le manuel. On n’a rien inventé de mieux depuis les premiers Eos.

En fait, pour contrôler l’appareil, vous avez deux molettes principales : celle au-dessus du bouton de déclenchement qui permet de régler la vitesse d’obturation en mode priorité vitesse (TV) ou l’ouverture si vous êtes en priorité ouverture (AV) et une seconde à l’arrière de l’Eos 5.. Si vous êtes en mode tout manuel, cette molette vous sert à régler la vitesse et celle à l’arrière du boitier contrôle l’ouverture.

Petite anecdote amusante au sujet de cet Eos 5 : sur le marché européen, vous bénéficiez d’une indication de la sur ou sous exposition, indiquée sur une échelle graduée en demi valeur, qui va de -2 à +2. Par contre pour des raisons de brevet, les appareils américains (les A2 et A2e) ne pouvaient bénéficier de cet outil. Il va sans dire que de nombreux photographes US ont importé le modèle européen.

Que dire de plus ? Ah oui, une rafale à 5i/s, un obturateur capable de monter au 1/8000s (ils n’étaient pas nombreux à l’époque de telle performance : le Minolta 8000si et le Nikon F90), la possibilité de changer les verres de visée complètent le tableau.

Tout était-il parfait pour autant ? Non, personnellement, je trouve la molette de réglage PSAM mal fichue (trop fine) avec le bouton de blocage au milieu qui, finalement, peut être fragile.

Et puis il y a un soucis bien connu, celui des revêtements qui deviennent « collants ». Rien de grave, bien évidemment, juste désagréable au toucher car la poignée semble être « poisseuse ». Pour y remédier, vous trouverez plein d’astuces plus ou moins efficaces sur le Net. Celle que j’ai retenue est l’utilisation d’un produit que l’on utilise pour retirer les résidus de colle : un chiffon non pelucheux, un peu de ce produit et vous frottez le revêtement qui redevient « sec » sans s’abimer. Ça ne coûte pas très cher et ça marche vraiment bien.

L’ergonomie, si elle est proche de ce que nous connaissons, n’égale pas, par exemple, le confort d’un Eos 30, franchement plus proche des productions actuelles.

Mais, si nous ajoutons que le boitier accepte toutes les optiques en monture EF, nous avons là un appareil qui tient toujours parfaitement la route pour des prix riquiquis : comptez environ 30€ pour un bel exemplaire nu et 50€ avec un 24 – 80 ou le 24 – 105 de l’époque.

Ne le boudez pas si vous en trouvez un, c’est non seulement un morceau d’histoire innovante mais une très bonne machine à photographier.

https://i1.wp.com/collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1558470617.jpg?w=695&ssl=1
source : collection-appareils.fr, Camara, juillet 1998. Intéressant pour comparer les stars de l’époque.

Une video d’illustration

Des références : https://en.wikipedia.org/wiki/Canon_EOS_5, https://web.archive.org/web/20150923200243/http://www.canon.com/camera-museum/camera/film/data/1991-1995/1992_eos5_qd.html?lang=us&categ=crn&page=1991-1995, https://global.canon/en/c-museum/product/film159.html en anglais, http://35mm-compact.com/reflex/canon.htm, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-1155-Canon_EOS%205.html en français

Petit résumé de l’histoire Canon :

source : https://blog.michaeldanielho.com/2014/02/canon-and-nikon-posters-decades-of.html

6 réponses »

  1. Cela me rappelle une anecdote. il y a une vingtaine d’années, j’étais invité au mariage d’un ami. Le photographe officiel s’était plaint auprès des mariés parce que j’avais sorti un EOS3 juste pour deux ou trois souvenirs du couple. Il avait menacé les mariés de quitter la réception si je ne rangeais pas mon appareil mais jamais il n’était venu me dire un mot en privé. C’est le mariage qui a dû me demander de stopper. Le photographe en question avait un EOS 5. Bon dimanche JP.

    • hihihi… il y a toujours le gars courageux qui fait dire aux autres ce qu’il pense tout bas ! Tu es tombé sur le coincé de service cette fois-là et j’imagine qu’il devait être jaloux car ton Eos 3 était mieux que son Eos 5, qui datait déjà un peu, même sans démériter pour autant (n’était-il pas plus silencieux que le 3 justement ?). J’espère juste que ses photos ont plu au jeune couple. Bon weekend à toi aussi Fred.

      • Oui, effectivement, l’EOS 3 est très bruyant. C’est pour cette raison que je ne l’utilise pas pendant les cérémonies. Mais à l’époque, je n’étais pas encore à mon compte et les deux ou trois photos que j’ai pu prendre de mon ami et de son épouse ont été faites pendant un temps mort du vin d’honneur. Pas de quoi faire concurrence. Aujourd’hui, je dois faire le gendarme à l’église et interdire toute présence en dehors des mariés lors de la séance couple.

        • Oui, et si mes souvenirs sont exacts, le plus agaçant, se sont les « photographes » aux iPhones et consorts qui s’imaginent encore rivaliser et se mettent n’importent où et n’importent quand devant le pro qui tente de ne pas louper LE moment qui fait sens dans la cérémonie. Courage Fred,

  2. J’ai eu un EOS 50E et un EOS 50, en même temps, l’un chargé en négatif et l’autre en diapo. J’étais bien chargé ! Le numérique m’a permis de m’alléger puisqu’il n’est plus utile de transporter 2 appareils. Bref, j’ai adoré le pilotage par l’œil qui marchait très bien avec moi. Certains le décriaient car ils trouvaient que ça ne marchait pas très bien pour eux. Je pense surtout qu’ils avaient mal calibré le système avant de l’utiliser. 😉
    J’ai ensuite eu un EOS 30. J’ai regretté que le pilotage par l’œil soit abandonné par Canon, tellement c’était pratique, rapide et efficace.
    Finalement, ça revient…

    • Bonjour Phil, ben oui, parfois un ingénieur plus curieux que les autres retombent sur une vieille archive, la montre à un « marketer » en mal d’inspiration et hop, voilà une « nouveauté » qui refait surface ! Ceci dit, ne nous plaignons pas, ils y sont revenus … Un excellent weekend à toi.

Vos commentaires sont les bienvenus, ils aident à faire avancer nos réflexions.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Abonnez-vous à ce blog par e-mail.

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à ce blog et recevoir une notification de chaque nouvel article par e-mail.

Traduire/tradurre/traducir/translate/vertalen/übersetzen

Archives du blog

L’Atelier de JP

Passionné de photographie et de peinture

Statistiques du blog

  • 39 871 visites
%d blogueurs aiment cette page :