Argentique

Remise en état Brownie Target Six-20.

Préambule.

Une brocante où tout le monde a les yeux braqués sur un ciel si gris qu’on a envie de se pendre ou de se jeter au canal (heu … voir Jacques Brel).

Malgré que nous soyons arrivé tôt, les brocanteurs hésitent à mettre leurs marchandises sur les toiles, étals et tables car un fin crachin continue à mouiller le sol (et le reste). Et pourtant la météo annonçait une matinée ensoleillée, les averses ne devaient nous arroser qu’en fin de journée.

Bref, en farfouillant ici et là, je tombe sur une boite qui me semble en bon état, propre et pas trop abîmée, celle d’un vieux Kodak surement.

J’extrais le box de sa boite et de fait, il s’agit d’un Brownie Target Six-20. Celui-là, je ne l’ai pas encore eu entre les mains. Petite négociation sur le prix, et hop, dans le sac à dos, bien vide.

Je ne trouverai rien d’autre et la pluie ne cesse pas, alors « retour maison » comme disait quelqu’un.

Un peu d’histoire.

Je vous ai déjà présenté quelques box Kodak : le Six-20 « Brownie » C made by Kodak, le Six-20 Brownie E made by Kodak, le Brownie Six-20 Camera Model F, le Brownie Six-20 « art déco ».

Je ne vais donc pas reprendre toute l’histoire que vous trouverez dans ces différents articles pour m’attacher à celle particulière de ce Brownie Target Six-20.

Il faut faire attention à la manière de nommer cet appareil car un Target Brownie Six-20 ce n’est pas un Brownie Target Six-20 !

Pourquoi faire simple ?

Toujours est-il que ce Brownie Target Six-20 fut fabriqué par Kodak USA et Canada de 1946 à 1952. Il est basé sur le Kodak Target Six-20 produit en 1941.

Ce qui le différencie est stylistique : produit peu après la série « Art Déco » (et la période du même nom), il arbore un panneau devant géométrique typiquement encore Art Déco appelé « Kodak Girl », avec comme particularités, outre le panneau, le tour des verres de visée chromé, le bouton pour faire avancer le film chromé, avec des cercles concentriques que celui-ci et une belle symétrie dans sa physionomie.

Ceci étant, à l’intérieur c’est quasi la même chose, mais il n’est plus fabriqué en carton recouvert de simili cuir noir mais bien en métal. Il reste le digne successeur des premiers box fabriqués par Kodak et qui ont mis la photographie à la portée du plus grand nombre, avec des appareils simples et très abordables. C’est avec la vente des films que la marque faisait le plus de bénéfices.

Et comme il n’y a pas de petits bénéfices, en 1932, Kodak décide de fabriquer un nouveau format, le 620 qui est en fait un film 120 avec une bobine plus fine et plus petite. Ils iront même jusqu’à ne plus fabriquer d’appareil acceptant le 120 pour vendre plus d’appareil et son film spécifique. Las, ils devront faire marche arrière, le format 120 étant décidément le plus populaire.

Comment fonctionne cet appareil ?

Sur le dessus et le côté vous voyez deux « viseurs », deux simples morceaux de verre qui fonctionnent comme de petites loupes. Grâce à un miroir incliné derrière le verre plat en façade, vous pouvez voir l’image de votre sujet. Il serait plus honnête d’écrire que vous pouvez « deviner » votre sujet, la précision de l’ensemble étant très aléatoire.

Cet appareil est un 6x9cm. Le viseur du haut est alors celui dédié au portrait, celui de côté dédié au paysage (en mettant l’appareil « à plat » dans ce cas).

L’objectif est un ménisque, c’est-à-dire un verre convexe placé devant l’obturateur et protégé par une simple vitre plate. Il ne se règle pas et sa précision est, disons, anecdotique.

Sur le côté gauche (vu de face), deux tiges métalliques dépassent. Celle du dessous, légèrement pliée, est le déclencheur monté sur un ressort qui fait remonter le mécanisme pour le rendre opérant de nouveau.

Le second, qui se tire vers l’extérieur, est la position B : en gardant votre doigt appuyé sur le premier, l’obturateur reste ouvert aussi longtemps que besoin.

Au dessus de l’appareil, il y a encore une autre tirette : celle-ci fait varier l’ouverture de f11 à f22 et inversement. C’est une simple pièce de métal, percée de deux trous de tailles différentes, qui passent devant l’obturateur.

Enfin, sur le côté, un gros bouton rond, qui sert à enrouler le film au fur et à mesure des déclenchements. Il faut le faire tourner dans le sens anti-horaire pour avancer le film. Sa seconde fonction est d’accompagner le verrouillage de la boîte, nous y reviendrons.

A l’arrière de l’appareil, une fenêtre rouge inactinique sert de compteur de vue. Il est recommandé de la couvrir d’un bout de gaffer noir pour éviter toute entrée de lumière car il ne faut pas oublier que nos films modernes sont infiniment plus sensibles à la luminosité que leurs ancêtres.

Un mot encore sur l’obturateur, rotatif et simplissime et qui ne donne qu’une seule vitesse, le 1/45s. Autrement dit, l’appareil sera sensible au flou de bougé.

L’appareil est composé de deux parties : la boîte externe, qui est aussi la chambre noire, et le magasin qui est à l’intérieur. Pour ouvrir l’engin, deux opérations à faire : tourner et tirer vers l’extérieur le bouton de réarmement, puis soulever la tirette qui tient la courroie de transport (sur laquelle, au passage, est inscrit le nom de l’appareil).

Il faut ensuite tirer sur la face avant, là où il y a de petites excroissances sur les côtés, pour faire sortir ce que j’appelle le magasin, c’est à dire la structure sur laquelle vous allez enrouler le film.

Je rappelle que le nom de Six-20 signifie que l’appareil ne supporte que du film à ce standard et … qui n’existe plus !

Quoiqu’une source bien informée me souffle qu’un fabricant belge va tout mettre en œuvre pour refaire vivre le 127, le 120 et le 620. A suivre …

Donc, si vous voulez essayer un appareil de ce type, ne vous compliquez pas la vie avec les trucs trouvés sur la Grand Toile, voici une astuce toute simple : après avoir mesuré avec un pied à coulisse l’épaisseur de la joue d’une bobine de 620 (en métal), j’ai obtenu 1/10mm. Dans l’autre main, une petite ponceuse électrique avec une feuille d’abrasif à 80gr qui me permet de réduire l’épaisseur du plastique à celle voulue. Ensuite, réduction du pourtour (plus étroit) aussi à la ponceuse. Un pinceau souple et large pour évacuer la poussière et hop, une bobine de 120 aux standards du 620 en moins de 10minutes.

C’est un appareil vraiment simple à utiliser si vous maitrisez un peu la règle du Sunny 16.

Pour vous aider, voici un petit tableau utile :

Constat.

Si ce Brownie Target Six-20 est rudimentaire, afin de pouvoir l’utiliser, il faut au minimum que l’objectif soit propre et les viseurs aussi.

Sur l’exemplaire que j’ai acheté, c’est loin d’être le cas (bon, pour sa défense, il a presque 80 ans) et je vais donc devoir le démonter pour nettoyer le tout.

Sur certains exemplaires, comme le Brownie F, le démontage est aisé car les pièces sont clipsées entre elles. Ici, ce n’est pas le cas car il faut passer par la façade qui est fermée par des rivets.

Il faudra donc les faire sauter et les remplacer par de petites vis à métaux. Et ça sans déformer la plaque métallique (enfin essayer de ne pas la massacrer).

Démontage/Nettoyage/Remontage.

J’ai fait l’acquisition, sur un grand site chinois, d’une série de petits outils destinés au démontage des tablettes et autres téléphones. Je pense qu’ils vont m’être utile ici.

Eh bien non, car en y regardant de plus près, ce sont de minuscules vis à tête carrée qui tiennent la face avant. Heureusement qu’un autre achat sur la même plateforme me fournit le minuscule embout pour dévisser.

Voilà la plaque décorative ôtée. Dessous, la face qui porte deux verres convexes, qui servent aussi de loupes et le protège objectif, simplement posé sur la plaque métallique (je pense qu’ils ont omis au montage de replier les pattes de serrage, mais je laisse comme ça).

Un bon nettoyage des « optiques » et je mets le tout de côté car je vais maintenant nettoyer les miroirs et les viseurs (qui sont aussi de verres en forme de loupe). La poussière s’est accumulée et il me faut mouiller plusieurs fois mes coton-tiges pour enlever le dépôt.

Les deux miroirs sont un peu atteint mais pas assez que pour les changer (et de toute manière, je n’en ai pas sous la main).

J’en profite pour vous montrer le mécanisme de l’obturateur, gardé ouvert grâce à la tirette de la pause B. Puis j’ai tiré la plaque au dessus, pour vous permettre de voir les 2 orifices de tailles différentes, qui représentent le f16 et le f22.

Mécanique simplissime mais efficace.

Les verres et miroirs sont propres et secs. Un dernier coup de soufflette partout pour nettoyer l’intérieur et je vous montre le résultat.

Bon, vient maintenant la phase de remontage. Ah ces f… vis ! Y en a toujours une qui résiste, tombe et retombe … Mais je l’ai eue !

Que penser de cet appareil ?

Vous l’avez compris, c’est un boitier très simple comme il y en eut des millions et qui se sont encore vendus jusqu’à l’aube des années soixante (tous modèles de box confondus) : on ne tue pas une poule aux œufs d’or trop vite !

Disons quand même à l’époque qu’il y avait aussi les foldings (appareil à soufflet), un brin plus sophistiqué (certains auront même un télémètre couplé), les télémétriques à focales fixes ou interchangeables et les appareils en dur (bakélite, métal) comme les Voigtländer Vito.

Le box restait un bas de gamme absolu qui n’avait d’autre avantage que de permettre un tirage par contact en 6x9cm.

Des millions d’albums de famille se sont construit avec ces Brownie’s, il y en a peut-être dans vos greniers.

De nos jours ils ne sont plus guère utilisables, en tout cas ceux en format 620 car la pellicule à quasi disparu.

D’autres, en bobine de 120, peuvent donner envie de les sortir pour « voir ce que ça donne » sans se ruiner.

Car ce type d’appareil se négocie entre 5 et 10€, souvent avec sa boite en cuis.

C’est une expérience à tenter, pourquoi pas ?

Videos d’illustration.

Un peu de technique.

Fabrication par Kodak USA et Canada
Produit de 1946 à 1952
Type de carrosserie : Boîte en tôle fine garnie de simili cuir noir
Construction en carton et métal
Type de film : 620
Taille de l’image : 6x9cm
Nombre d’images : 8 par bobine
Type de lentille : ménisque
Type de mise au point : fixe
Distance focale : équivalent 90mm
Plage de mise au point : +/- 3m à l’infini
Type d’ouverture : Multitrou devant l’obturateur
Ouverture : f/16, f/22
Type d’obturateur: rotatif
Vitesses d’obturation : B, 1/50 sec
Taille (l x h x p) : 83 x 118 x 130 mm
Poids: 470g

Des références.

https://www.brownie-camera.com/47.shtml, https://alysvintagecameraalley.com/2020/02/24/the-kodak-brownie-target-six-20/, http://camera-wiki.org/wiki/Kodak_Target_Brownie_Six-20, https://www.kodaklist.com/cameras/Target-BROWNIE-Sixxdashx20-Camera, http://artdecocameras.com/cameras/kodak/brownie-target-six-20/ en anglais ; https://www.autrefoislaphoto.com/musee/appareils-photographiques/box-et-detectives/kodak-brownie-target-six-20, http://www.ericconstantineau.com/photo/review_kodakbrownietargetsix20_fr.html, https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Kodak/Appareils_argentiques_Kodak/Kodak_Brownie_Target_Six-20

Argentique

Le Minolta Hi-Matic AF

Préambule.

Brrrr … nous sommes en plein milieu du mois de mai et il ne fait toujours pas bon : le ciel est (très) gris et on nous annonce de grosses averses pour la fin d’après-midi.

Ici, à Braine l’Alleud, le temps est maussade mais il fait sec. Arrivés tôt, nous allons devoir faire plusieurs fois le tour de la brocante car les vendeurs n’ont pas l’air pressés de déballer leurs objets.

Ainsi commence la quête du jour, qui va s’avérer désespérante : je n’ai pu trouver qu’un seul appareil qui mérite que je vous le présente et, de fait, je crois que j’en ai compté 4 à la vente, dont un superbe Nikon F4 hors de prix.

Finalement, c’est en retournant vers la voiture et un peu hors brocante que j’ai trouvé ce Minolta Hi-Matic AF, chez une dame qui vendait essentiellement des vêtements pour enfants.

Pourquoi l’ai-je pris ? Sa bobine est très proche des Konica C35 AF (le premier appareil autofocus au monde, 1977), ou du Canon AF 35 M, par exemple et parce que j’aime bien cette marque, disparue trop tôt.

Un peu d’histoire.

J’ai déjà écrit sur le Hi-Matic 7s et commis un article sur le Hi-Matic 11 Super Circuit 3, un magnifique boitier qui vient à la suite du Hi-Matic 9 et qui clôture, en quelque sorte, la série des Hi-Matic ancienne version.

Tout en métal, ce sont d’excellents appareils, dans la veine des Canonet ou des Yashica Electro 35, mais ils passeront progressivement aussi au plastique.

Le premier Hi-Matic a vu le jour en 1962 et le dernier, le Hi-Matic GF, en 1984.

Rappelez-vous, ces boitiers ont été conçu, en général, pour les photographes amateurs qui voulaient des appareils photo performants mais simplifiés : un objectif fixe de grande ouverture, avec quelques automatismes bien pensés pour seconder des télémètres performants.

Mais fin des années septante, début quatre-vingt, un nouvel argument est venu bouleverser cet ordre établi : l’autofocus, qui permettait de se passer de télémètre et de zones focus puisque c’est le boitier qui fait la mise au point pour vous, garantissant que vous soyez toujours net (en principe).

C’est donc le Konica C35 AF qui ouvre la voie, même si par la suite son système d’autofocus ne sera pas retenu (lent et peu fiable), au profit soit de télémètres à infra rouge, ou par sonar, ou encore par analyse du contraste.

Les constructeurs ajoutent de l’électronique et retire du métal. Finalement, on en arrive à des boitiers bien construits, fiables, mais où le plastique prend de plus en plus le pas sur le reste, à l’instar des compacts des années nonante, tout en plastique.

Ce Minolta Hi-Matic AF sera le premier autofocus de la marque, en 1979. Il sera remplacé en 1982 par un Hi-Matic AF2. Ensuite, ce seront les compacts des années nonante. Celui-ci fut donc le précurseur.

Comment fonctionne le Minolta Hi-Matic AF ?

Honnêtement, j’ai difficile de le nommer « compact » car vous ne pourrez pas le glisser dans une poche, tout au plus dans un petit sac, mais comme ses concurrents de l’époque du reste.

Avec ses 550gr (y compris les 2 piles AA), il tient bien en mains et son poids facilite la stabilisation de l’engin. Prévoyez quand même une dragonne ou une sangle pour rendre son port confortable. Notez que d’origine, il est fourni avec un « sac tout prêt ». en simili cuir, muni d’une sangle minimaliste et d’un cache objectif qu’il ne faut pas perdre car il protège en même temps le déclencheur, le viseur et la cellule. Si vous regardez bien, notez l’attention du constructeur pour ne pas égarer ce cache car il propose une languette, attachée au « sac tout prêt », à laquelle l’attacher. A l’époque, le photographe détachait le dessus de l’ensemble et gardait le demi-sac, muni de la sangle et de l’attache pour le cache objectif.

Comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous, l’appareil possède un flash électronique intégré, qui doit être actionné manuellement (ça évite les soucis dans les musées notamment).

Par dessous, un pas de vis pour le fixer à un trépied, le bouton de rembobinage sous la semelle et la trappe pour les 2 piles AA, très communes et accessibles en terme de budget.

Sur le capot, un levier d’armement, le compteur de vue (qui se remet à zéro automatiquement) et la molette pour le rembobinage. Ne tirez pas dessus pour ouvrir le dos de l’appareil, il y a un verrou prévu à cet effet derrière.

Sur le dos de l’appareil, un mémo pour les données du flash, toujours bien utile quand on l’utilise.

Ensuite, le viseur : clair, collimaté avec un cadre clair et au centre, un carré qui indique où l’appareil fait la mise au point. Au dessus du cadre, les symboles des distances.

L’appareil est un priorité ouverture programmé. C’est-à-dire que sans flash l’appareil utilise une exposition programmée alors qu’avec le flash, il le fait avec priorité à l’ouverture. La programmation tient compte de combinaisons vitesses/ouverture de 1/8s à f2,8 à 1/430s à f17.

Outre l’autofocus, sur lequel je vais revenir, ce qui retient l’attention sur cet appareil, c’est son objectif : un Rokkor de 38mm, comme nous l’avons vu qui ouvre de f2,8 à f17, avec une mise au point minimale de 1m. C’est un excellent objectif (4 élément en 3 groupes), qui donne de très bons résultats. Pour vous en convaincre, allez voir les exemples de photos ICI.

L’autofocus donc fonctionne par infra rouge et la distance réglée par l’appareil apparait dans le viseur, à l’aide de pictogrammes (montage, portrait, etc.) et d’une diode rouge qui s’allume au dessus du pictogramme retenu pour la distance évaluée.

Un faisceau dans le spectre de l’infra-rouge (invisible à l’oeil humain) est envoyé par l’appareil vers le sujet, qui renvoie le rayon vers le boitier. La distance parcourue est analysée par l’électronique et elle ajuste l’objectif pour donner une image nette. De nombreux concurrents ont utilisé aussi cette technique qui a deux défauts : le premier est que ça ne fonctionne pas si vous photographiez à travers une vitre en double vitrage, le second est que si vous êtes en très basse lumière, l’autofocus peine à accrocher. Souvenons-nous que cette technique était utilisée sur un appareil qui souffle ses 45 ans à l’heure d’écrire ces lignes !

Cet appareil vous propose quand même de verrouiller la mise au point : visez un sujet et faites la mise au point sur celui-ci, abaissez le verrou de mise au point (devant le déclencheur) et recomposez votre image. La mise au point verrouillée garanti de garder celle-ci jusqu’à ce que vous appuyiez à fond sur le déclencheur.

Bien évidemment, le Minolta Hi-Matic AF est équipé d’un posemètre au CdS, alimenté par les 2 piles (qui servent aussi pour le flash). Sa sensibilité est de 25 à 400 Iso, que vous réglez avec la molette crantée autour de l’objectif.

Petit écueil à ce sujet : si vous montez un filtre devant l’objectif (diamètre de 46mm), l’œil de la cellule en tiendra compte car il est sur le pourtour de l’objectif mais en même temps, si vous avez monté ce filtre, il est impossible de régler la sensibilité sans le retirer. Soit vous utilisez régulièrement la même sensibilité de film soit vous démontez le filtre à chaque fois. Pas pratique !

Comme je le précisais en préambule, ce type d’appareil était destiné aux amateurs. Ce qui veut dire que votre rôle se borne à cadrer et viser car lorsque vous appuyez à mi-course sur le déclencheur, le boitier calcule l’exposition correcte et fait la mise au point sur le sujet cadré. Si la luminosité requiert l’utilisation du flash, un témoin rouge vous signale qu’il est nécessaire de le sortir ou d’utiliser un trépied car la vitesse sera inférieur à 1/45s.

Si vous avez fait coulisser la réglette qui fait jaillir le flash, il vous faut attendre que le voyant de mise en tension de celui-ci clignote avant de déclencher. N’oubliez pas de consulter le mémo au dos de l’appareil pour éviter les déconvenues.

Petit truc: si au bout de 30 secondes le flash ne s’est pas rechargé c’est qu’il faut changer les piles. Les vérifier avant de considérer que ledit flash peut-être hors service aussi.

Le flash peut-être utilisé en cas de fill-in (contraste très marqué, comme dans un contre-jour). Attention, souvent les flashs de ces appareils ne sont plus fonctionnels (condensateur), ce qui n’empêche pas d’utiliser l’engin.

Il y a encore un retardateur qui vous laissera environ 10 secondes pour être sur la photo.

Un mot sur le chargement du film. Vous avez ouvert le dos de l’appareil et glissé une bobine dans la chambre : il faut tirer l’amorce jusqu’à la bobine réceptrice et l’y glisser dans une fente, faire tourner au moins un tour avec le doigt en vérifiant que le film est bien au-dessus des roues d’entrainement, refermer le tout et armer/déclencher au moins deux fois.

Rien de trop compliqué mais il faut faire attention à l’introduction de l’amorce dans la bobine, ce n’est pas le plus facile. Un témoin orange, sur la droite du capot à l’arrière, indique si le film est bien engagé.

Les piles, deux AA très classiques et peu chères, servent donc à alimenter le flash, la cellule et … le déclencheur. Donc sans elles, pas de photos possible.

Que penser de cet appareil ?

Si nous devions le considérer comme un compact, eu égard aux normes des appareils des années nonante, il est gros et massif, mais pas plus que ses concurrents de l’époque in fine.

Ceci dit, achetez un petit sac et une sangle pour rendre son port plus agréable.

Il est stable en mains et les commandes tombent bien sous les doigts, sans devoir chercher où elles sont (oui, l’Olympus XA est bien plus petit, mais faut aussi de petits doigts et de bons yeux pour s’en servir. Faut choisir !).

Un petit truc déconcertant, c’est le déclencheur, qui reste dans la veine des autres Hi-Matic : la course est longue et lorsqu’on appuie dessus, jusqu’au bout, il y a un petit bruit bizarre, sans doute dû au moteur de l’obturateur. Ça n’a aucune incidence sur la qualité de l’appareil, c’est juste en peu étrange, au début.

Son autofocus fonctionne bien mais rappelez-vous qu’il a 45 ans bien sonné. Il apprécie la lumière et ne le brusquez pas trop, il a besoin de prendre son temps pour vous délivrer le meilleur. S’il reste bien utilisable en photo de rue, par exemple, en photos de sport, il avouera bien vite ses limites. D’autant que vous n’avez pas les moyens de contourner l’utilisation de l’autofocus en recourant à des mesures manuelles.

C’est un appareil novateur car c’est le premier autofocus de la marque, avant le célèbre reflex Minolta 7000 AF mais il reste, paradoxalement, très proche des anciens Hi-Matic puisqu’il faut le charger soit même, régler la sensibilité du film, faire avancer la pellicule après chaque prise de vue. Le Minolta Hi-Matic AF2 résoudra ces anachronismes en 1982.

Reste qu’avec sa belle robe noire, il est beau (je sais, c’est subjectif) et qu’il est parfaitement capable de délivrer d’excellentes images.

Si vous en trouvez un dans un très bel état, avec son bouchon et son « sac tout prêt », il vous en coûtera maximum 50€. Ajoutez à cela que vous devrez refaire les mousses du dos, même si ça ne coûte pas très cher, il faut le faire.

Voilà, voilà … sans être vraiment rare il n’est pas très courant et il vous donnera l’occasion de photographier différemment, avec brio.

Bonnes photos.

Videos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

  • Boitier avec viseur
  • Format de film35mm
  • Transport de films manuel
  • Format d’image24 mm x 36 mm
  • Objectif Rokkor de 38mm ouvrant à f2,8
  • Autofocus par infrarouge
  • Filetage du filtre de 46 mm
  • Temps d’exposition de 1/430 ​​seconde à 1/8 seconde
  • Posemètre au CdS
  • Sensibilité des films prise en charge de 25 Iso à 400
  • Modes d’exposition par programme automatique
  • Paramètres d’exposition manuels. Non
  • Flash intégré
  • Vitesse de synchronisation du flash au 1/40 s
  • Support pour trépied
  • Pas de filetage du déclencheur pour câble
  • Retardateur
  • Alimentation x piles AA
  • Pays de production Japon

Des références.

http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_Hi-Matic_AF, https://medium.com/@deonisiusp/minolta-hi-matic-af-review-rokkor-and-roll-7c210b0c501d, https://emulsive.org/reviews/camera-reviews/minolta-hi-matic-af-by-adi-w, https://filmphotography.eu/en/minolta-hi-matic-af/ en anglais ; https://ichi.pro/fr/test-minolta-hi-matic-af-rokkor-and-roll-136481361121309, https://fr.wikipedia.org/wiki/Minolta_Hi-Matic en français ; http://progsch.net/mediawiki2/index.php?title=Hi-Matic_AF, en allemand.

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Le Fuji TW-300

Préambule.

Décidément, je n’avais pas fini de fouiller dans la caisse de l’Emmaüs de Ghlin, ou alors ils ont remis des appareils, car ce Fuji TW-300 a échappé à mon attention.

Mais je l’ai rattrapé et je vous avoue qu’il m’intrigue surtout parce que les indications, à l’arrière, sont en … japonais ! Serait-ce un appareil acheté la-bas par un(e) grand(e) voyageur-se ?

Nous allons tenter de le découvrir (tiens, j’en viens à regretter qu’il n’y ait pas de film oublié à l’intérieur).

Un (petit) peu d’histoire.

Ce qui est amusant, c’est que j’ai trouvé cet appareil après le Chinon Auto GX Télé et qu’ils partagent tous deux ce principe d’un objectif bifocal, c’est-à-dire qu’il varie d’une focale (ici 38mm) à une autre (65mm) sans passer par des focales intermédiaires : c’est l’une ou l’autre, pas d’entre deux.

Nous avons d’ailleurs ici l’explication des lettres TW pour « Tele-Wide ».

Pourquoi choisir cette solution ? Elle est bien moins couteuse qu’un vrai zoom car le déplacement d’une focale à l’autre se fait par le déplacement d’un groupe d’éléments optiques situés devant ou derrière un groupe qui lui reste fixe. Ici, comme sur le Chinon, il faut tourner une bague pour changer de focale.

Et si nous regardons bien, il ne s’agit pas vraiment d’un grand angle (38mm) ni d’un vrai téléobjectif (65mm) mais cela couvre des besoins courants pour le photographe amateur à qui est destiné cet appareil.

Typiquement, son design nous projette dans les années quatre-vingt, avec ses formes plutôt anguleuses et ses arrondis discrets (oui, je sais, c’est antinomique !). Une légère poignée, qui masque l’endroit où l’on insère la pile, assure un bon maintient, même si le revêtement est lisse, fait d’un plastique de qualité, bien assemblé.

Sorti en 1985, il s’appelle TW-300 hors du Japon et Tandem au pays du soleil levant.

Tout comme le DL 200 que je dois toujours réparer, les premiers modèles étaient équipés d’un jeux de piles soudées, qu’il fallait faire remplacer dans un atelier agréé. L’exemplaire que je vous présente fait partie des boitiers sortis après 1986 car il utilise une pile.

Autre « nouveauté » introduite dans cet appareil, le système « drop in loading » ou chargement instantané, breveté par Fuji dès 1982 et qui simplifie grandement le chargement du film pour les photographes inexpérimentés.

Présentation du Fuji TW-300.

Comme je l’écrivais plus haut, il se présente comme un rectangle aux coins arrondis (?!) assez massif. Bien fini, il tient parfaitement en mains, même si j’avais préféré un revêtement moins lisse. La petite poignée devant, qui abrite donc la trappe pour la pile, est la bienvenue. Sa taille et son poids ne le destine pas aux poches mais plutôt à un petit sac ou, comme à son époque, une pochette souple que l’on faisait glisser le long de la dragonne, portée autour du cou, lorsqu’on voulait photographier quelque chose.

Vu de face, on aperçoit une « paupière » devant l’objectif, qu’il faut ouvrir pour mettre l’appareil en route. Un petit curseur sur le pourtour de l’objectif sert à la manœuvre. Si celle-ci n’est pas ouverte, pas de déclenchement possible.

Sur le bord de l’objectif, deux protubérances striées permettent de saisir fermement celui-ci pour passer du grand angle à la position téléobjectif, et inversement. Contrairement au Chinon, cela se fait dans le silence et de façon très fluide.

A la différence toujours du Chinon, pas de mise au point par zones en position télé car le Fuji TW-300 est équipé d’un autofocus. Ceci ajoute à son agrément.

Un peu plus avant j’écrivais que cet appareil était destiné aux photographes amateurs, finalement les plus nombreux. C’est pourquoi l’appareil est doté du système de chargement rapide cher à Fuji : on introduit la cartouche en ayant tiré quelques centimètres de l’amorce, on referme l’appareil et celui-ci charge le film avec une particularité que j’aime bien : il débobine tout le film pour le réintroduire au fur et à mesure des prises de vue dans la cartouche. Avec le gros avantage que si on ouvre distraitement le dos du TW-300 on ne voile pas les photos déjà prises puisqu’elles sont à l’abri.

Le boitier lit le codage DX des films et règle la sensibilité de la cellule dans une fourchette de 50 à 1600Iso. Si vous utilisez un film non codé, le boitier applique une valeur par défaut de 100Iso.

Lorsque l’on ouvre le dos de l’appareil on permet aussi de déverrouiller la porte qui retient la pile, partiellement cachée par le rebord de la porte arrière. La pile est ici une CRP-2 de 6v.

Je reviens un instant sur l’objectif – ou devrais-je écrire les objectifs. De fait, le 38mm, ouvrant à f3,5 est en 3 éléments en 3 groupes tandis que le téléobjectif – qui n’en est pas vraiment un – de 65mm, qui ouvre à f6, est en 6 éléments et 6 groupes.

Lorsque vous êtes en position 38mm, le viseur donne le cadre pour cette focale et lorsque vous passez en position 65 mm, un bloc optique pivote derrière le bloc du 38mm, entre le plan film et l’objectif qui s’éloigne dans la manœuvre, et le viseur change de position pour vous donner le cadre du 65mm : astucieux !

La mise au point minimale est de 1mètre.

Le flash n’est pas automatique – vous n’allez pas vous faire incendier au musée – il faut l’actionner avec le petit interrupteur sur la gauche du viseur. Un petit mémo vous indique sa portée ne fonction de la sensibilité du film et de la distance au sujet.

Dans le viseur vous verrez une diode rouge s’allumer si la luminosité est trop faible, vous incitant à bien vous caler ou à utiliser le flash.

Toujours dans le viseur, bien dégagé et clair, un cadre, avec correction de la parallaxe, change en fonction de la focale choisie. Et, en bas, lorsque vous appuyez à mi-course sur le déclencheur, vous verrez une barrette se placer devant un pictogramme qui indique la distance retenue pour la mise au point par l’autofocus, matérialisé lui par un cercle au centre du viseur. Simple mais efficace. Bien que sa visibilité ne soit pas optimale selon les circonstances de lumière.

Ensuite, un petit écran LCD, à l’arrière, vous indique la capacité de la pile et le compteur de vue. Un petit bouton, assez mal fichu je trouve, sur l’extrême droite, est celui du retardateur. Il vous laissera 10 secondes pour être aussi sur la photo. Une lampe rouge, devant, clignote pendant le décompte des secondes.

Enfin, comme l’appareil est automatique, vous ne verrez pas ce qu’il choisit comme vitesse mais celles-ci s’échelonnent de 1/60s au 1/500s.

Que penser de ce Fuji TW-300 ?

Ce n’est pas non plus un appareil courant. Pourtant, il mérite le détour car il est bien fait et les photos qu’il délivre sont très acceptables. Des exemples sont illustrés ICI.

Simple à utiliser, il pardonne beaucoup aux photographes moins expérimentés et leur facilite grandement la tâche pour les opérations qui les effraient (chargement du film, mise au point, gestion du flash). On le tient bien en mains mais ne comptez pas trop le mettre dans une poche, plutôt un petit sac.

En tout cas, photographier avec un Fuji TW-300 est une expérience différente des autres appareils de son époque et il faut parfois oser sortir des entiers battus.

Si vous en trouvez un en très bon état, vous ne devriez pas le payer plus de 20€ et il sera un chouette compagnon de sortie.

Le
Fuji TW-300 est un appareil photo point & shoot 35 mm lancé en 1985
en tant qu’appareil photo autofocus à double focale. Un interrupteur en
façade permet de basculer entre les modes grand angle (38 mm) et télé
(65 mm). Il s’agit de l’un des premiers appareils photo à utiliser le
système de « chargement instantané » de Fuji, avec pré-enroulement :
lorsqu’une cartouche de film est insérée, le film entier est chargé dans
l’appareil photo puis enroulé à l’envers dans la cartouche pour
protéger les images exposées au cas où le Le dos de l’appareil photo est
ouvert par accident.Il arbore un objectif 38 mm F/3,5 d’une
flexibilité impressionnante et est un appareil photo 35 mm entièrement
automatique : l’exposition et l’ouverture sont gérées pour vous.L’appareil
photo est ultra compact et léger, ce qui le rend idéal à transporter à
tout moment. Il existe plusieurs modes de flash, notamment automatique,
yeux rouges, remplissage et arrêt. Il utilise un système de chargement
de film instantané. Il utilise une fonction de pré-enroulement pour le
transport du film ; par conséquent, le compteur d’expositions affiche le
nombre d’expositions restantes et diminue à mesure que les expositions
sont capturées. Il offre une variété de vitesses d’obturation
automatisées allant de 1/6 à 1/500 sec.Si vous recherchez un appareil photo léger et durable mais étonnamment net, ne cherchez pas plus loin que le Fuji TW-300 !

Video d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

  • Grand angle de 38 mm f/3,5 (3 éléments, 3 groupes) et Télé: 65 mm f/6 (6 éléments, 6 groupes)
  • Mise au point la plus proche à 1 m.
  • Cache objectif intégré.
  • Vitesses d’obturation de 1/6s —1/500 s.
  • Plage d’exposition : EV 6 à 17 (grand angle) ; EV 7,5—18,5 (télé) à 100 ISO.
  • Flash pop-up intégré (flashmatic) ; peut être utilisé comme flash d’appoint à la lumière du jour.
  • Portée du flash de 1 à 5 m en grand angle à 100 ISO (télé : 1 à 3 m)
  • Lit les films codés DX à des vitesses de 50 à 1 600 ISO. Le film non DX est exposé à 100 ISO.
  • Alimentation : pile au lithium 6 V CR-P2/BR-P2/DL-223.
  • Dimensions et poids : 136x71x54 mm, 400 g.

Des références.

https://collectiblend.com/Cameras/Fuji-Optical/Fuji-TW-300-(Tandem).html, http://camera-wiki.org/wiki/Fuji_TW-300, https://www.australiananalog.com.au/products/fuji-tw-300, en anglais ; https://benber.fr/boutique/produit/fuji-tw-300/, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-14571-Fuji_TW-300.html en français

Argentique

Le Chinon Auto GX télé

Préambule.

Du soleil, qui se faisait rare, des brocanteurs, des caisses et des boites, vous connaissez l’histoire …

En l’occurrence ici, une boite presque intacte attire mon attention car elle semble renfermer un appareil que je ne connais pas.

De fait, tout est dans l’emballage : l’appareil et sa dragonne, ses notices, un petit mot du propriétaire précédant sur les réglages.

Bon, à vue de nez, il doit dater des années quatre-vingt. Mais voyons cela de plus près.

Présentation du Chinon Auto GX télé.

Disons le tout de suite, je n’ai pas trouvé pléthore d’informations à son sujet. Dois-je en déduire qu’il n’a pas révolutionné le monde de la photographie ?

Source : collection-appareils. Une publicité Porst des années quatre-vingt sur les deux modèles : le GX Télé-Wide (1986) et le Auto GLX Télé-Wide (1987)

Il existe de fait deux appareils, sortis à un an d’intervalle, qui portent sensiblement le même nom mais qui sont distincts.

Le premier, celui qui nous occupe aujourd’hui, est le Chinon GX Auto Télé-Wide et le second est le Chinon Auto GLX Télé-Wide.

Les grandes différences résident dans le fait que le second est équipé de l’autofocus, pas le premier et que les focales ne sont pas les mêmes : 35 – 55 pour le premier et 35 – 60 pour le second.

Pour le reste, ils proposent tous les deux une façon simple de passer de la focale 35mm à la focale 55mm ou 60mm : il faut faire tourner une bague ou un curseur pour passer d’une focale à l’autre. C’est donc un 35mm ou un 55mm (ou 60mm). Si la première focale peut être considérée comme un grand angle, la seconde ne peut prétendre être un téléobjectif en commençant à 55 ou 60mm.

Je vais donc rester concentré sur celui que j’ai trouvé, le 35 – 55mm.

L’aspect de l’appareil est un peu étrange, avec ce crochet par dessous, et les petits pieds ajoutés pour que le boitier puisse tenir debout.

Ceci étant, on l’a bien en mains, la poignée est bien creusée et les quelques commandes tombent naturellement sous les doigts.

Pour passer donc d’une focale à l’autre (il n’y en a pas d’intermédiaires), il faut actionner le curseur qui se trouve en dessous de l’objectif.

En position 35mm, c’est un « point and shot » classique, sans réglages, tandis qu’en position 55mm on peut régler 2 zones : de 1,3m à 3m puis de 3m à l’infini.

Avouons que ce n’est pas très intuitif.

C’est un appareil tout automatique et il bénéficie d’un système de chargement rapide afin de simplifier la mise en place de la pellicule.

Pour le reste, c’est un petit appareil sympa, à la forme qui sort de l’ordinaire, notamment à cause de cette tirette, en dessous de l’appareil, pour changer la position de la focale. Par la suite, celle-ci sera placée sur la face avant de l’appareil, sans être forcément plus pratique (voir la publicité plus haut, qui présente les 2 modèles).

Le viseur est clair mais sans ligne de cadre ou des lignes pour délimiter le cadrage en tenant compte de la parallaxe. Pas d’indications sauf une diode rouge pour signaler que vous manquez de lumière et que vous êtes à la limite du flou de bougé.

Par contre, lorsque vous changez de focale (35 vers 55 et inversement), le viseur s’adapte et vous donne une vison « grand angle » ou « normale ». Mais il le fait avec un bruit (un « clong » bien senti) qui vous invite à ne pas changer de focale dans un endroit de recueillement !

Le flash n’est pas automatique, il faut le mettre en marche en déplaçant vers le haut le curseur (un trait jaune apparait, qui signale qu’il est en fonction) qui se trouve à l’extrême droite, presque sur la tranche. Il faut garder le doigt enfoncé sur le déclencheur à mi-course 10 longues secondes pour un premier éclair, mais on peut en faire un second tout de suite après, puis il faut recharger le condensateur. Un témoin orange vous signale quand il est prêt.

Autre bizarrerie, le réglage de la plage Iso : vous l’actionnez avec la réglette à droite, protège objectif fermé. Elle vous donne comme valeur 100 – 200 et 400 – 1000 Iso. C’est large mais peu précis !

Par dessous, outre la réglette pour passer de grand angle à « télé », des petits pieds en plastique assurent une bonne tenue de l’appareil. Le bouton de rembobinage est aussi en dessous, tout comme la porte pour les deux piles AA. Faites-y attention, elle ne tient pas à l’appareil, il ne faudrait pas la perdre.

Le compteur de vue se remet à zéro dès que l’on ouvre le dos de l’appareil.

Que penser de cet appareil ?

Paradoxalement, on l’a bien en mains, notamment grâce à la mini poignée sur le devant (qui accueille les piles) et des stries à l’arrière qui retiennent le pouce. On peut facilement s’en servir d’une seule main.

Les photos qu’il délivre ne sont pas mauvaises, vous pouvez voir des exemples de photos prises avec cet appareil ICI.

Ce n’est pas un appareil courant, sans être très rare. Si vous en trouvez un en parfait état, dans sa boite, avec sa dragonne, ne dépensez pas plus de 20€, il est quand même techniquement limité.

Sinon, je pense qu’il peut être un bon compagnon de balade, l’objectif est bien protégé si vous le glissez dans un sac.

A découvrir.

Des données techniques.

Objectif de 35 mm f4 (3 éléments en 3 groupes) et 55 mm f5,6 (6 éléments en 5 groupes).
Viseur avec LED d’avertissement de sous-exposition.
Obturateur mécanique, fixé au 1/90s.
Mise au point par zones en position « télé »
Posemètre au CdS, règle automatiquement l’ouverture sur f4, 7,5 et 15 (grand angle) ou f6,5, 12, 24 (télé).
Plage ISO réglée DX limitée à 100-200 et 400-1000 Iso
Chargement automatique, enroulement et rembobinage du film.
Flash intégré avec GN de ​​12 (ISO 100, mètres). Portée efficace de 1,5 à 4,2 m en réglage grand angle.
Alimentation par 2 piles AA.
Dimensions de 135 x 78,5 x 55,5 mm
Poids de 330g

Des références.

https://camerapedia.fandom.com/wiki/Chinon_Auto_GLX_(Tele_Date), en anglais ; https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-5061-Chinon_Auto%20GX%20Tele-Wide.html, en français

Belles rencontres

Rencontre amicale sur la brocante d’Imagipark (Mons)

Ce dimanche là il faisait beau, les promeneurs et acheteurs nombreux et, à l’exception d’une averse que personne n’avait pu prévoir, tout se passa bien.

J’ai eu le plaisir de revoir Michel et d’échanger à nouveau quelques mots avec lui. Si vous vous en souvenez, je vous ai présenté son blog qui parle de sa passion pour les objectifs anciens en M42.

Il se fait que j’avais dans mes « vieux machins » un bel objectif Minolta Rokkor 50mm f1,4 dont le diaphragme semblait hors service.

Bon, ce n’est pas du M42 mais connaissant Michel, il va pouvoir en faire quelque chose, que je vous invite à découvrir sur son site car il a toujours plein d’astuces et de ressources.

Crédit photo : Michel Maurice.

Promis, la prochaine fois, je prends la caisse avec les M42 que je possède encore, tu vas t’amuser.

A bientôt pour une autre rencontre bien sympathique.

Argentique

Le Canon T80

Préambule.

Vous connaissez mon attachement à la marque Canon.

Aujourd’hui, je vais m’attaquer à un appareil qui jouit, une fois n’est pas coutume, d’une (très) mauvaise réputation, le Canon T80.

Oui, oui, je sais, il y en eu d’autres, ne remuons pas le couteau dans la plaie …

Pourtant, cet appareil devait marquer l’entrée de la marque dans le futur, celui de l’autofocus sur un reflex.

Mais en l’occurrence, Canon l’a reconnu lui-même, la marque a raté le coche.

Quelques explications … historiques.

En mars 1982, Canon proposait le AL-1, un appareil qui utilisait la monture FD et fonctionnait comme ses frères, le AE-1 et le A-1, en automatique, semi-auto et manuel.

Un bosselage sur le côté droit assurait une bonne prise en mains et surtout contenait les deux piles AA qui assurait son fonctionnement.

Mais sa particularité c’était son système d’aide à la mise au point, le « Quick Focus ».

Attention, ce n’est pas encore un système d’autofocus mais un système d’aide à la mise au point : une diode verte s’allume si celle-ci est correcte et deux autres diodes, rouges, indiquent la correction à apporter. La diode en forme de flèche indique même dans quel sens tourner l’objectif !

Le principe technique de cette assistance fait appel à un miroir principal transparent, donc une partie de la lumière qui le traverse est reflétée par un second miroir, caché derrière le principal, vers trois capteurs CCD. Un micro-ordinateur mesure le contraste sur les capteurs et après calcul donne des instructions aux diodes d’indication. C’est le principe d’un télémétrique électronique.

Simple quoique sophistiqué, fiable, le principe était bon. Cependant le modèle n’a pas connu un franc succès. C’est souvent le cas pour des modèles précurseurs : plus vraiment comme les anciens et pas encore révolutionnaire.

Pourquoi parler de révolution ? Parce que depuis quelques temps des bruits de plus en plus concrets parlent d’un système qui aiderait les photographes à faire la mise au point sans faillir. Un drôle de nom circule, « l’autofocus ».

Mais encore un peu de patience …

Ça et là des tentatives sont faites pour y arriver, les plus abouties se concentraient sur un système glissé dans l’objectif lui-même, comme le AF-Nikkor 80 mm f/4,5 (1971), le Pentax AF Zoom 35-70mm f/2.8 (1981) mais la révolution ultime, se sera le Minolta 7000 AF (1987) qui associait un boitier et un objectif compatible pour assurer un système d’autofocus complet.

Canon entend garder sa monture FD, sortie en 1971, pour son autofocus maison. Il va toutefois la modifier pour qu’elle accepte les « instructions » électriques venant du boitier. Ainsi nait la monture FD AC, avec des contacts électriques.

Au delà de cette avancée technologique, Canon voulait aussi renouveler sa gamme de réflex qui, depuis le début des années septante, avaient gardé un « look » assez uniforme.

La gamme s’appelle désormais T et elle succède aux A et F, plus « classiques ».

Dès que vous voyez un de ces boitiers, vous aurez tendance, si vous avez plus de 40 ans, à le positionner dans les années quatre-vingt sans trop chercher : carré, en plastique, avec des embryons d’ergonomie, tout motorisé … et en plus, c’est marqué dessus !

Elle se décline en T50 (entrée de gamme), T70, T80 (avec autofocus donc) et T90, qui revient aux automatismes « classiques » tout en étant l’appareil le plus sophistiqué du moment (mais que son électronique trahit souvent). Un ultime T60, fabriqué par Cosina (?) fera son apparition en 1991, mais c’est une autre erreur !

Ensuite, Canon dévoilera ses Eos (1987) et la monture EF qui seront, eux, vraiment révolutionnaires et qui ne quittent, lentement, la scène que devant les hybrides actuels. Nous pourrions alors écrire que la gamme T sera une gamme de « transition ».

Découvrons le T80.

C’est donc le premier reflex Canon a être tout automatisé et qui bénéficie d’un objectif avec mise au point entièrement automatique. L’ensemble est cohérent et, à son époque, il dut être très attirant. La publicité fera le reste …

Source : Singe-urbain (je vous invite à y lire le décryptage de cette publicité)

Comme je l’écrivais plus avant, le T80 gardait la monture FD, modifiée (FD AC) et lors de son lancement, il sera accompagné de 3 objectifs spécifiques : l’AC 50 mm f1,8, l’AC 35-70 mm f3,5-4,5 monté sur cet appareil et l’AC 75-200mm f4.5.

Cette monture combine la difficulté de garder des commandes mécaniques et d’intégrer un moteur commandé électriquement (la protubérance sur le côté). Le moteur est alimenté par les 4 piles AAA du boitier.

Petite digression : lors du lancement du système EOS et de la monture EF, Canon abandonnait tout contact mécanique pour que les instructions données par le boitier soient électriques (plus rapides et sans conflits éventuels). Mais ce changement radical imposait aux utilisateurs de changer tout leur matériel !

Esthétiquement, il rompait avec les séries précédentes de par sa forme, les matériaux de construction, l’abandon de commandes manuelles, l’ajout de boutons et autres curseurs, et d’écrans LCD.

Finies aussi les molettes de réglages, celle pour rembobiner, le levier d’armement. Finalement, seul le bouton de déclencheur restait à sa place, mais il était dorénavant électrique.

Ce qui frappe le plus, c’est cet écran LCD, derrière le déclencheur.

Et son côté « tout plastique » (en fait du matériau composite) qui, s’il fait moins « costaud » que ses ancêtres, offre une bonne tenue en mains, notamment grâce au grip formé par le bossage qui contient les piles et un repose-pouce judicieusement placé à l’arrière.

Remarquez, si vous devez vous en servir dehors, lorsqu’il fait (très) froid, vous apprécierez qu’il ne soit pas en métal. Tout comme lorsque vous devrez le porter autour du coup lors d’une longue balade, il est beaucoup plus léger.

Avant de voir les commandes, l’autre point d’achoppement, lorsqu’on regarde leT80, c’est son objectif, avec cette grosse bosse sur le côté, qui déséquilibre l’harmonie de la silhouette globale. Nous sommes loin des micro-moteurs actuels.

De fait, les ingénieurs de chez Canon ont pris la capacité d’assistance à la mise au point intégrée au AL-1, puis ils ont fabriqué un objectif à mise au point automatique spécial doté d’un moteur intégré à l’objectif : c’est le moteur qui ferait la mise au point et non plus le photographe. Exit donc la bague de mise au point (elle existe toujours mais elle est bien cachée).

Le moteur reçoit ses instructions du boitier via des contacts électriques sur le pourtour de la baïonnette et de l’objectif. Exit donc aussi la bague d’ouverture puisque c’est le T80 qui décide.

Si la monture reste compatible avec les objectifs FD anciens, c’est clairement pour ne pas perdre une clientèle fidèle depuis près de 25 ans à ses objectifs. Vous pouvez d’ailleurs les utiliser sur le T80 mais avec la mise au point manuelle. Tout comme vous auriez pu monter un FD-AC sur n’importe quel boitier à monture FD, toujours en manuel.

Ce n’est que sur le T80 que vous retrouviez tous les automatismes du mariage boitier – lentille FD-AC.

Sur l’objectif, il y a trois commandes immédiatement accessibles : prise de vue unique (one shot), prise de vue multiple (servo) et mise au point manuelle (manual).

Puis, un gros curseur pour rapprocher la mise au point si besoin, et sur le côté, un autre curseur qui permet de faire passer l’objectif de la position 35mm à 70mm. Une petite fenêtre, au bout de l’objectif, vous indique la position arrêtée pour la photo.

Et je vous écrivais que la mise au point était toujours possible mais il faut ôter le bouchon spécifique de l’objectif et, avec les doigts glissés entre les deux fentes ainsi libérées, faire tourner la lentille sur la distance vue à travers la vitre. Pas pratique mais faisable.

Venons-en aux commandes.

A l’arrière, l’interrupteur principal offre trois positions : fermé (L), ouvert (A) et retardateur (symbole). Sur l’écran LCD vous verrez apparaître ceci :

Vous voilà prêt pour commencer à l’utiliser. Notez que je vous renvoie au mode d’emploi (voir dans les données techniques) pour y placer les piles et pour les différentes manœuvres pour charger un film (comme sur un compact d’ailleurs).

Lorsque vous portez l’appareil à votre œil, vous serez surpris de constater que le viseur est très clair mais très … vide. Hormis un centre divisé en 4 parties, il n’y a rien.

Enfin si, quatre voyants qui indiquent si vous êtes en mode manuel (M), en mode programme (P), une espèce de petit diamant qui donne une indication de mode et le symbole du flash si vous en avez connecté un et qu’il est prêt à être utilisé.

Attention, il faut absolument mettre un film dans l’appareil pour voir apparaître ces éléments et faire fonctionner correctement les commandes.

Il est muni de plusieurs programmes adaptant la réponse de l’automatisme au genre de scène à photographier :

  • Standard : programme « passe-partout » privilégiant un peu l’accroissement de vitesse.
  • Stop action : vitesse très rapide pour figer le mouvement mais ouverture maximum limitée à f2 (assez étrange dans la mesure où l’objectif standard vendu avec l’appareil, le zoom 35-70 AF, n’ouvre qu’à f3.5).
  • Grande profondeur de champ : ouverture entre f8 et f11.
  • Faible profondeur de champ : même paramètres que le « stop action ».
  • Fond filé : vitesse choisie par le photographe entre 1/15s et 1/125s. Réglage par défaut sur 1/30s.

Ces programmes sont à sélectionner sur l’écran LCD grâce à des pictogrammes.

Puisque le T80 est tout automatique, il se dispense de vous indiquer la vitesse ou l’ouverture qu’il a choisies. Si un P apparait dans le viseur, à droite, c’est que c’est bon et vous pouvez déclencher.

Vous devez vous rappeler à ce moment du récit que les années quatre-vingt voient de plus en plus de photographes amateurs migrer vers des compacts efficaces, les « point and shot » (viser et déclencher) qui offrent l’avantage de la simplicité d’utilisation grâce à leurs automatismes. Les Canon de la gamme T veulent ramener aux reflex ces consommateurs égarés.

La simplicité du T50, du T70 rencontre leurs attentes alors que le T80 les comble puisqu’il ajoute la mise au point toute automatique !

Néanmoins, cette mise au point automatique ne pouvait se faire qu’avec les trois objectifs cités (l’AC 50 mm f/1.8, l’AC 35-70 mm f/3.5-4.5 et l’AC 75-200 mm f/4.5), qui sont devenus très rares de nos jours.

De fait, le T80 est équipé d’un microprocesseur qui contrôle les fonctions d’exposition et de mise au point.  Le système de mise au point analyse une partie de la lumière qui traverse le miroir semi transparent grâce à 3 capteurs CCD situés dans le fond de la chambre reflex. Le signal est ensuite envoyé au microprocesseur qui calcule la distance de mise au point et transmet l’information au micro-moteur chargé de faire la mise au point de l’objectif.
Lorsque il fait grand soleil, pas (trop) de soucis, ça fonctionne très bien, mais lorsque la lumière commence à faire défaut, l’autofocus patine et il essaie désespérément de trouver un contraste suffisant que pour s’y accrocher.

Ceci dit, l’objectif, basé sur une formule éprouvée d’objectif FD, n’est pas mauvais mais son association avec l’autofocus ne permet pas souvent de s’en rendre compte.

En résumé, l’autofocus n’était vraiment pas au point, en tout cas loin des performances du Minolta 7000 AF sorti lui aussi en 1985.

Lancé en avril 1985, le Canon T80 ne vécu qu’une année. Il sera remplacé dès 1987 par le séduisant Eos 650, le premier des Eos. Mais c’est une autre histoire …

Deux flashs dédiés, les Speedlite 244-T et 277-T viennent compléter le T80.

Que penser de cet appareil ?

Celui que j’ai trouvé sur une brocante fonctionne parfaitement. Il m’a suffit de remettre 4 piles AAA pour que tout s’anime.

Pas trop besoin non plus d’explications pour l’utiliser, les pictogrammes sont efficaces et les commandes pas trop éloignées de ce que l’on connait finalement.

Reste que, de fait, lorsque la lumière se fait plus rare, l’autofocus a tendance à chercher, chercher … sans toujours trouver un point lui permettant de le faire.

A réserver aux vacances au soleil, pourquoi pas ?

Avec son look assez typé, il est agréable à porter et à utiliser mais semble « un peu à part » dans les lignées des Canons que l’on connait et que l’on aime : plus moderne que les classiques tout métal mais déjà dépassé par la ligne des Eos.

Bref, un appareil qui fait partie de l’histoire mais sans l’avoir fait trembler.

Comme il ne fut produit qu’une petite année, il est assez rare mais sa réputation ne le place pas parmi les appareils vraiment recherchés, sauf par un collectionneur attentif.

Si vous en trouvez un, impérativement avec un objectif dédié (FD-AC), tentez-le, il vous intriguera et pourrait même vous charmer. Ne dépensez pas plus de 30€ pour un exemplaire en très bon état.

Et lancez-vous dans l’aventure des débuts de l’autofocus !

Videos d’illustration

Les données techniques.

Pour le monde d’emploi, c’est par ICI (en français) ou par LA (en anglais, plus complet).

  • Appareil photo reflex AF à obturateur à plan focal de 35 mm avec monteur intégré et AE multimode
  • Taille de l’image 24 x 36 mm
  • Objectif de dotation FD 35-70 mm f/3,5-4,5, et autres monture d’objectif FD (avec capacité de transmission de signal CA)
  • Système AF CCD pour la détection de mise au point TTL avec objectifs AC dédiés. Modes AF One Shot et AF continu fournis. L’AF se verrouille pendant la prise de vue en continu. Plage de détection AF à 100 ISO et f/1,8 : EV 4 – 18.
  • Obturateur électronique à déplacement vertical et plan focal. Avec AE multi-programmes et ouverture prédéfinie AE : 2, 1, 1/2, 1/4, 1/8, 1/15, 1/30, 1/60, 1/125, 1/250, 1/500, 1/1000 s. Pour manuel : B et 1/60 sec. Synchronisation X à 1/90 sec. (chaussure chaude). Retardateur électronique intégré (avec bip et écran LCD pour indiquer le compte à rebours).
  • Viseur à pentaprisme fixe au niveau des yeux. Grossissement 0,83x, couverture verticale de 92 %, couverture horizontale de 93 %. Laser mat avec télémètre à prisme croisé.
  • Dans le viseur : informations via quatre LED et éclairage. Exposition correcte, et en mode programme : exposition correcte, avertissement de bougé de l’appareil photo, manuel et avertissements. Compteur de vue et contrôle d’exposition SPC pour la mesure TTL à pleine ouverture (moyenne pondérée centrale) avec AE multi-programmes et ouverture prédéfinie TTL. Mode de prise de vue sélectionné avec pictogramme sur l’écran LCD externe. Plage de compensation d’exposition de 1,5 EV. Plage de mesure à 100 ISO et f/1,4 : EV 1 – 19. Plage de sensibilité du film de 12 ISO à 1 600.
  • Ecran LCD externe : Affichage du programme, pictogrammes, sensibilité du film, transport du film, vérification de la batterie, compteur d’images et autres indications.
  • Source d’alimentation par quatre piles AAA de 1,5 V
  • Chargement des films et avance après avoir aligné l’amorce du film sur la marque, fermez l’arrière de l’appareil photo pour le chargement automatique. Avance automatique du film avec moteur intégré. Prise de vue en continu à 0,7 images par seconde.
  • Rembobinage du film avec le moteur intégré.
  • Dimensions et poids : 141 x 102 x 55 mm, 555 g

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Canon_T80, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=10518, https://www.singe-urbain.com/pub-canon-t80/, en français ; https://global.canon/en/c-museum/product/film115.html, https://www.canonclassics.com/canon-t80/20-17/, https://mikeeckman.com/2020/06/canon-t80-1985/, https://casualphotophile.com/2019/01/21/canon-t80-review/, https://www.vintagecamerareviews.com/brands/canon/canon-t80/, https://www.the3rs.uk/canon-t80-and-ac-50mm-review-canons-auto-focus-pictograph-dream/, http://www.jollinger.com/photo/cam-coll/cameras/Canon_T80.html, https://soperfectimages.co.uk/reviews/canon-t80/, https://www.mir.com.my/rb/photography/companies/canon/fdresources/SLRs/canont80/index1.htm, https://www.mir.com.my/rb/photography/companies/canon/fdresources/SLRs/canont80/index.htm, https://www.bhphotovideo.com/explora/photography/features/canon-t-series-cameras-the-bridge-to-contemporary, en anglais

Argentique

Le Fujifilm Clear Shot Super

Préambule.

Comme d’habitude, un petit tour chez Emmaüs pour farfouiller dans les caisses où sont déposés les appareils photo.

Il n’en reste pas beaucoup et quelques uns ont été abîmés par des indélicats.

C’est donc là que j’ai trouvé ce petit compact Fujifilm. De fait, je l’ai pris en mains, l’ai redéposé, puis repris … c’est le flash qui me posait problème car je n’aime pas trop ces appendices qui sortent comme un diablotin de sa boîte.

Mais, en y regardant mieux, il a aussi quelques avantages, que nous allons voir dans les lignes qui suivront.

Comme souvent, cet appareil a des dénominations différentes selon l’endroit où il est commercialisé : en l’occurrence, Clear Shot Super pour l’Europe et Clear Shop Supreme aux USA.

Un peu d’histoire.

C’est au milieu des années nonante que Fujifilm introduit la gamme des « Clear Shot ».

La forme des premiers Clear Shot.

Clairement, ce sont des appareils d’entrée de gamme, souvent des « point and shot » avec un objectif 35mm. Ils sont vendus à bas prix et se retrouvent même dans les rayons des supermarchés, à côté des « jetables » (que la firme a d’ailleurs aussi inventés).

Vous l’aurez compris, ici pas de technique compliquée : on vise, on appuie et l’appareil fait ce qu’il a à faire, tout seul.

Et pour bien enfoncer le clou de la simplicité, ils sont pourvus d’un système inédit, qui appartient à Fujifilm, le « drop-in loading ».

En français, « le chargement à la volée » serait la meilleure traduction, nous y reviendrons.

Si vous vous en souvenez, en son temps, Kodak avait aussi tenté de résoudre ce qui semblait un challenge insurmontable pour beaucoup de photographes (très) amateurs, à savoir le chargement du film dans l’appareil. C’est pourquoi il avait lancé le format 126 avec sa cassette contenant le film (1963) et récidivé avec le film 110, toujours en cassette (1972).

Ces deux systèmes avaient leurs avantages, comme effectivement la simplicité de chargement et la tranquillité d’esprit des photographes. Ils avaient aussi de gros inconvénients : les formats demandaient de forts agrandissements (surtout le 110) à des photos de piètres qualités, car les appareils étaient simplistes, peu qualitatifs et avaient dus être adapté aux nouveaux formats et ses spécificités ; ils demandaient aux labos de repenser leurs machines pour exploiter les films. Et pourtant, il s’en est vendu des millions …

Fujifilm décida lui d’une autre route : on gardait la cartouche classique de 135 mais un système pratique permettait aux néophytes de charger leurs films aisément dans les appareils équipés du « drop-in loading ».

Fonctionnement de l’appareil.

Comment ça marche le « Drop-in Loading » ?

Si vous vous souvenez du Fuji DL 200, du Fuji DL 500 ou du Fujica DL 100, le pionnier (1982), ils étaient tous équipés de ce système, assez révolutionnaire pour l’époque.

Lorsque vous ouvrez le dos de l’appareil, celui-ci ne fait que s’entrouvrir, retenu par un crochet (que l’on sait ôter si besoin).

Il vous suffit d’insérer la cartouche dans le logement ainsi dégagé, après avoir tiré sur l’amorce jusqu’ ce qu’elle atteigne le trait vert. Ensuite, vous enfoncez le tout vers le fonds et vous refermez le dos. Le film avancera alors automatiquement jusqu’à la première image, après avoir lu le codage DX du film et voir réglé la sensibilité de la cellule interne. Plus simple que ça …. !

Autre particularité de ce petit compact, un mode panorama. En fait, lorsque vous actionnez le curseur sur cette position, dans la chambre, deux volets viennent former une bande horizontale à partir du cadre 24×36. De fait, ce « recadrage » donne l’illusion d’un panorama mais la photo reste dans la longueur des 36mm. Là où un « vrai » panoramique offrirait une longueur bien différente, comme par exemple en moyen format avec une taille d’image de 6 × 17 ou même 6 × 24 (les tailles d’image moyen format standard étant de 6 × 4,5, 6 × 6, 6 × 7, 6 × 9cm).

Pour le reste, c’est un appareil tout automatique mais pas autofocus : l’objectif est préréglé à une distance hyperfocale et combiné à la grande profondeur de champ de son objectif grand angle, la plupart des objets d’une photo devraient avoir une netteté raisonnable pour les petits tirages.

Le flash se déclenche automatiquement dans des situations sombres mais il n’y a pas de mode flash forcé et il n’y a donc aucun moyen de faire un fill-in dans des situations de contre-jour, ce qui est un inconvénient pour ce petit appareil photo.

Pour mettre l’appareil en route, il suffit de faire coulisser le volet vers la gauche. Le flash sort alors et se met à la verticale. Peu discret !

Le gros bouton gris, en bas à droite, c’est le retardateur qui vous laisse 10 secondes pour être sur la photo.

Le viseur est assez clair sans être très large. A l’intérieur, des lignes brillantes indiquent le cadre du 24×36 et celles en pointillés celui du « panorama ».

Pour actionner cette fonction, il suffit de faire glisser le curseur gris à côté du viseur. Vous entendrez un « clac » à l’intérieur quand les volets se mettent en place et dans le viseur un petit « P » apparait, en dessous.

Enfin, sur le dos de l’appareil, un dernier curseur, assez gros, est celui du rembobinage anticipé du film.

Que penser de ce Fujifilm Clear Shot Super ?

Si je résume, nous avons donc un « visez – tirez » muni d’un grand angle dans un objectif d’assez bonne qualité. Il n’y a donc rien à régler pour la distance. La vitesse est fixe, au 1/125s et l’électronique fait en sorte que l’ouverture se règle selon la sensibilité du film.

En d’autres termes, il s’agit d’un système d’exposition qui s’appuie fortement sur la grande latitude des négatifs couleur grand public !

L’appareil est assez agréable à tenir en mains, ses plastiques sont de qualité et son assemblage bien fait. Vous pourrez le glisser dans tous les sacs, le volet d’ouverture est efficace pour assurer la protection de l’objectif. Si vous voulez le mettre dans une poche, il faudra qu’elle soit grande car l’appareil est assez épais.

Pour l’alimenter vous ne vous ruinerez pas, deux piles AA suffissent.

Franchement, si vous en trouvez un, ne dépensez pas plus de 20€ pour un exemplaire en excellent état. Mais ce sera un chouette petit compagnon de voyage, sans prise de tête et assez efficace.

Des exemples de photos prises avec cet appareil, ICI.

Quelques vidéos d’illustration.

Des références.

http://camera-wiki.org/wiki/Fujifilm_Clear_Shot_Super, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Fuji_Clear_Shot_series, https://www.vintage-analogue.com/products/fuji-clear-shot-super-new-boxed, https://yashicasailorboy.com/2017/05/19/fujifilm-smart-shot-deluxe-1994/, https://mycameracabinet.wordpress.com/2011/06/25/fujifilm-clear-shot-super/, en anglais ; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-14574-Fujifilm_Clear%20Shot%20Super.html, en français

Les nouveautés en un lieu

Les mésaventures du Leica M9

Si vous vous souvenez de l’article précédent, il convenait de trouver la solution de Leica pour le moins cavalière : nous ne réparons plus cet appareil mais nous vous encourageons à en acheter un nouveau, sur lequel on vous fera une (petite) ristourne.

A savoir 40% de remise pour l’achat d’un M11 (8.950€) ou 20% si vous optez pour un Q3 (5959€) et en échange vous abandonnez votre M 9.

Alors, si je reviens sur cet incident malheureux, c’est grâce à la ténacité de Jean-Marc (il se reconnaîtra) qui m’a fournit l’adresse d’un site américain proposant l’échange du capteur.

Mais surtout, sur ce site, il y a une longue explication (en anglais, off course) sur les tenants et aboutissants de ce problème.

En voici les grandes lignes, c’est assez interpellant …

Le Leica M9 a été produit dans une multitude de déclinaisons (séries spéciales, coloris spéciaux, accessoires chers, etc.) entre 2009 et 2014, à plus ou moins 180.000 exemplaires.

Le M 9 reste dans la tradition du M3 (1953), un appareil sans aucune aide de type autofocus (AF), ni automatismes d’aucune sorte : vous réglez la sensibilité, vous réglez la distance soit avec le télémètre soit via le « zone focus », vous réglez la vitesse et vous appuyez sur le déclencheur … c’est dans la boite !

Comme on dit un peu abruptement, « c’est un appareil qui se mérite » et il vous oblige à prendre le temps de faire votre photo : déjà le temps de régler votre prise de vue (cadrage, distance), puis son exposition (vitesse) et juste après avoir déclenché, vous attendez, encore … au moins 7 secondes à voir une loupiote clignoter, le temps – encore lui – que l’image captée s’inscrive sur la carte mémoire.

Notez, pendant ce temps-là, vous avez l’occasion de philosopher sur celui qui passe …

Ne comptez pas trop sur la mémoire tampon, elle supporte bravement 7 à 8 vues, mais ensuite il faut les écrire sur la carte mémoire. Et c’est reparti …

Pour saisir « l’instant décisif », il vous faudra être ingénieux, pro-actif et réfléchi afin d’avoir le bon timing.

Avec un appareil vendu à 6800€ nu, vous auriez sans doute aimé qu’on ajoute quelques puces mémoire, qui sont peu onéreuses, afin de garantir un plus grand confort pendant la prise de vue. Il semble que Leica n’y ait pas pensé.

Venons-en au cœur du problème, le capteur.

Il s’agit d’un CCD plein format de 18mp fournit par Kodak, qui a vendu cette activité à Truesense (Platinium Equity en 2011), qui l’a vendu à son tour en 2014 à On Semi.

Ce capteur utilisait un filtre anti-Infra Rouge (ICF), qui est un morceau de verre séparé du reste, placé devant la lamelle transparente du capteur. L’ICF est généralement une combinaison de verre absorbant les infrarouges, de divers revêtements et de couches de niobate de lithium qui constituent le filtre anti-crénelage/passe-bas optique/filtre de flou de l’appareil photo. Le niobate de lithium divise la lumière en deux polarisations. L’épaisseur du filtre détermine l’ampleur de la division. Il existe deux couches : les divisions verticales et horizontales.

Maintenant, l’ICF est fixé sur le capteur, ce qui, en cas de griffe, oblige à changer ce dernier car on n’arrive jamais à récupérer les traces sur le verre et comme la résolution des capteurs est élevée, le moindre défaut est rédhibitoire.

Quelques spécialistes, dont MaxMax pouvaient remplacer les ICF car ils achetaient en gros, pour chaque type d’appareil, les verres correspondant, ce qui nécessite de gros moyens financiers.

D’autres faisaient de « bricolage » en utilisant des verres standards, avec la conséquence que souvent le plan focale était modifié (pas la bonne épaisseur du verre) ou alors bidouillé avec des cales de fortune. A éviter évidemment.

Mais la question qui reste est : qu’elle est réellement cette « corrosion du capteur »?

Il est vraisemblable que Kodak ait utilisé de la colle époxy pour coller l’ICF sur la puce du capteur, qui s’est détériorée et empêchait d’ôter la fine couche de verre du capteur. Ou une oxydation qui s’est formée au moment de la phase vapeur utilisée pour le collage.

Toujours est-il qu’au début Leica remplaçait gratuitement les capteurs défectueux en s’armant de patience car il fallait souvent plus de 6 mois pour retrouver son appareil remis en état.

Le temps faisant sont œuvre, de plus en plus de capteurs étaient touchés et Leica demandait alors 1500€ pour faire la même opération. En tout cas jusqu’à ce que On Semi, qui fabriquait ces capteurs, se retire du secteur et Leica ne put plus remplacer ces derniers.

Source : Maxmax. On voit très bien l’état du capteur corrodé.

Et donc les clients se retrouvaient avec un appareil souvent en très bon état mais inutilisable. Leica aurait-il pu proposer un échange de capteur d’une autre marque, une remise à niveau de l’appareil avec un nouveau capteur et une nouvelle « carte mère » ?

On ne le saura jamais car la proposition fut celle citée plus haut si achat d’un nouvel appareil Leica M11 ou Q3 qui, entre-temps, avaient vu leurs tarifs gonflés.

La société Maxmax, en essayant de comprendre le pourquoi de ce désastre a fait une découverte déconcertante : Kodak a utilisé un verre de type Schott BG non traité (je cite). Il semble reconnu que ce type de verre BG (et UG) soit sensible à l’oxydation et ne soit en aucun cas recommandé ce pourquoi il a été utilisé ici.

Alors quoi, économie à la petite semaine, erreur lors des assemblages ? Toujours est-il que la cause de ces désagréments soit un manque de revêtements protecteurs sur le verre ICF.

Finalement, y a-t-il une solution ?

Maxmax en propose plusieurs, qui doivent faire l’objet de devis, mais, dans les grandes lignes :

  • Remplacer l’ICF défectueux par un nouvel ICF en laissant la caméra comme une caméra couleur 
  • Remplacer l’ICF défectueux par une fenêtre UV-VIS-IR transformant la caméra en une caméra couleur à spectre complet

Notez qu’avec cette conversion, vous devrez utiliser un filtre sur votre objectif. Pour les images en lumière visible, il faudra utiliser un filtre bloquant les UV et les IR.

  • Remplacer l’ICF défectueux par un nouvel ICF et changer le capteur en monochrome
  • Remplacer l’ICF défectueux par une fenêtre UV-VIS-IR transformant la caméra en une caméra monochrome à spectre complet

La sensibilité aux UV sera environ 6 fois supérieure à celle d’un appareil photo couleur. Encore une fois, il faudra utiliser des filtres sur votre objectif en fonction du type de lumière que vous souhaitez que votre appareil photo voie.

Evidemment, les solutions ne sont pas exemptes de désagréments mais plutôt qu’un bel objet devenu totalement inutilisable, vous retrouverez un appareil partiellement efficace et peut-être que ses nouvelles limites seront sources de créativité.

Quant au prix, comptez en gros entre 1500 et 2500€, auquel il faudra ajouter les frais de port au delà de l’Atlantique, au moins.