Première « vraie » brocante ce 3 avril 22 à Soignies. Franchement, chapeau aux valeureux exposants, cette nuit nous avons atteint en Hainaut les moins 6°C !

Mais c’est sous le soleil que nous déambulons dans les avenues du Parc Pater et si tous les exposants prévus (150) ne sont pas là, les courageux présents font aussi œuvre de charité car le coût des emplacements va au Télévie de Soignies. Perso, ça m’incite à acheter.

Par exemple ce Fuji DL 200.

Pourquoi lui ? D’abord pour son optique, un 32mm qui ouvre à f2,8 et ensuite … parce que je n’ai pas réussi à trouver, sur place, où on mettait la pile nécessaire à son fonctionnement d’autofocus des années quatre-vingt et quand ça m’intrigue …

Donc, une fois rentré à la maison, je le tourne et retourne à nouveau dans les mains pour trouver l’astuce : rien sur l’extérieur de l’appareil ne laisse supposer une trappe quelconque, il faut donc chercher à l’intérieur. Or, quand on ouvre la porte arrière, celle-ci se bloque grâce à un mécanisme que j’ai déjà vu sur d’autre appareil : en fait, c’est fait pour les chargements automatiques de l’époque, j’y reviendrai. En faisant sauter le loquet du système, la porte s’ouvre normalement et là je trouve la pile.

Enfin, les piles, car je tombe sur un « bricolage » assez étrange qui me fait penser que la pile d’origine ne va pas être facile à trouver …

Mais, ne brulons pas les étapes et découvrons ce petit appareil à la forme très typée années quatre-vingt et sympathique.

Un petit bloc, genre briquette, avec un cache objectif qui sert aussi d’interrupteur pour la mise en route ou éteindre l’engin. Il est facile à transporter, sa surface n’ayant aucune aspérité et son objectif étant protégé.

C’est typiquement un « point and shoot » de ces années-là. Mais il est doté d’un objectif de 32mm ouvrant à f2,8 (4 éléments en 4 groupes) reconnu pour sa qualité.

Sorti en 1983, il se nomme Fuji Cardia au Japon et Fuji DL-200 partout ailleurs. Les deux lettres « DL » signifient « drop in loading ». En fait un système de chargement ultra simplifié : vous glissez la cartouche dans l’appareil, amorce légèrement sortie et l’appareil se charge de tout, et même plus car il soigne les distraits ou les maladroits qui risquent d’ouvrir la porte arrière par inadvertance. En effet, lorsque vous introduisez un film dans le logement ad hoc, l’appareil pré-enroule le film sur la bobine réceptrice et les vues « rentrent » au fur et à mesure des prises de vue. Donc, si vous ouvrez l’appareil par erreur, ne seront gâchées que les vues non encore exposées.

Fuji présentait cet appareil comme le premier au monde à proposer cette technologie.

En outre, le boitier « lit » le codage DX du film (sensibilité de 50 à 1600 Iso), tout ça pendant les quelques 13 secondes pendant lesquelles il enroule votre film de 24 vues. Sympa, non ?

Ensuite, ce petit boitier est équipé de deux cellules, dirigées vers le film, et qui mesurent en continu l’exposition, y compris lorsque vous utilisez le flash.

Et puisque je parle du flash, il est automatique mais débrayable et vous pouvez décider quand l’actionner, par exemple pour un fill-in (débouchage des ombres).

La mise au point est, bien entendu, automatique, à partir de 60cm et elle est mémorisable (appuis à mi-course sur le déclencheur). Petit détail à remarquer, l’autofocus fonctionne aussi la nuit, ce qui n’est pas toujours le cas pour les appareils de ces années-là.

L’exposition est aussi automatique, programmée de 1/4s à 1/400s, avec synchro flash bien sûr.

Allez, je résume : un point and shot autofocus efficace, avec un très bel objectif, lumineux, un flash intégré et débrayable, facile à transporter.

L’appareil parfait ?

Eh non, M’sieurs – Dames, ça n’existe pas !

Car les ingénieurs de l’époque ont eu une idée tout à fait saugrenue : lorsque la pile rendait l’âme, vous étiez obligé de renvoyer l’appareil en usine pour qu’ils vous la changent !

Absurde n’est-il pas ? Bon, ok, ils ont corrigé le tir avec le Fuji DL-200 II (ou Cardia II) où l’on pouvait changer la pile soi-même, mais, et nous, on fait comment ?

Si vous avez bien regardé les photos ci-dessus, vous aurez, comme moi, découvert deux piles CR123A soudées. Ce que je pensais être un bricolage était en fait le montage d’usine.

A l’époque, Fuji estimait que ce montage permettait de prendre environ 1000 photos en utilisant le flash pour la moitié du temps, ou 8 ans en utilisation normale.

Ben, à mon avis, l’exemplaire que j’ai acheté a été remisé quand ses piles ont rendu l’âme. Heureusement qu’elles n’ont pas coulé.

La video ci-dessous vous montre comment contourner le problème. Perso, je penche plutôt pour une solution à une pile de 6v, je vais creuser.

Le viseur est bien clair, assez grand pour ce type d’appareil, avec un cadre bien défini et un point central pour indiquer la mise au point. Il n’y a pas d’indication sur les paramètres que choisit l’appareil, c’est habituel pour ce genre de boitier. Il faut lui faire confiance, mais il vous décevra rarement.

Si j’en crois les articles que j’ai pu lire pour préparer cette chronique, un autre soucis est le temps d’éveil : le bougre serait lent à se « réveiller » lorsqu’on le met en batterie une première fois. Près de 20 secondes ! En fait, le temps de charger ses condensateurs, dont celui du flash.

Le conseil étant dès lors de le réveiller avant votre séance photo, pour qu’il soit prêt à temps. Le constat vaut surtout dans des conditions de base lumière, moins quand il y a du soleil.

Mais je ne pourrai le vérifier que lorsque j’aurai trouvé la solution pour la pile, et le tester en vrai.

Que vous dire d’autre si ce n’est qu’il a existé avec un dos dateur qui, outre un certain embonpoint, ne doit plus être d’aucune utilité de nos jours.

Que penser au final de ce petit Fuji DL-200 ?

Si ce n’est le souci de la pile, qu’il faut résoudre si ça n’a pas été fait par un utilisateur bricoleur avant, c’est un beau petit appareil, très typé de son époque mais qui ne manque pas de charme, un peu désuet. Des exemples de photos que vous trouverez ci-dessous, il délivre de belles images.

Sa tenue est agréable, pas trop grand ni trop épais, le revêtement granuleux assure une bonne préhension. Le déclencheur est souple et bien placé.

Ne pas oublier de changer la mousse autour du témoin de film (la petite fenêtre à l’arrière) pour éviter les fuites de lumière. Pour le reste, c’est bien construit et solide, le plastique de qualité.

Remarquez la petite saillie en dessous du flash, pour éviter d’y poser les doigts quand on le tient en mains, une petite astuce bien pratique qui vous évite aussi de mettre un doigt devant l’objectif (si, si, ça arrive).

Reste qu’il faut en trouver un et ne pas avoir peur de prendre son fer à souder. Celui que j’ai acheté ne m’a coûté que 3,5€ car le vendeur ne le connaissait pas non plus. Mais j’imagine que vous devriez pouvoir le négocier dans les 15€ maximum, avec sa dragonne et, idéalement, sa sacoche.

Petite video d’illustration

Source : Collection-appareils, Camara janvier 1987.

Des exemples de photos ICI et LA.

Pour le mode d’emploi, c’est par là-bas.

Quelques données techniques :

Objectif : Fujinon 32 mm f/2,8 (4 éléments/4 groupes)
Mise au point : Autofocus avec verrouillage de la mise au point, 0,6 m à l’infini.
Obturateur : Électronique programmé, 1/40–1/400 s, retardateur.
Mesure : mesure directe hors film à travers l’objectif.
Sensibilité du film : ISO 50–1600, définie par code DX. Films non DX exposés à ISO 100.
Flash : Flash TTL intégré, GN 10.
Alimentation : batterie au lithium 6 V intégrée.
Dimensions : 134 x 69 x 42,5 mm.
Poids : 265 grammes.

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Fuji_DL-200, https://filmphotography.eu/en/fuji-dl-200/, https://filmandsensor.com/oh-another-point-and-shoot-camera-fuji-dl-200/, https://www.newwavepool.shop/products/fuji-dl-200-35mm-film-camera?variant=33372566159446, en anglais, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=1641, en français