Noël étant par tradition l’occasion d’une réunion de famille, avec enfants et petits enfants, j’ai eu l’idée saugrenue de mettre à disposition des appareils instantanés pour que chacun puisse emporter, partager immédiatement ces petits moments d’échanges.
Mais, prudent, j’ai d’abord testé les résultats de chacun, connaissant mes loustics, car si ceux-ci n’étaient pas à la hauteur, ils ne s’en serviraient pas.
Le One 600 est un « fix focus » (minimum de prise de vue à 90cm), le SuperColor 3500 possède un sonar pour effectuer la mise au point, à partir de 60cm, le Lomo Instant Wide se règle par zones (mise au point minimum de 60cm) et le Kodak fait la mise au point automatiquement.
Nous avons là plusieurs technologies instantanées :
le film Polaroid 600
le film Polaroid SX-70
le film Fuji Instax Wide
le film ZInk (Zero Ink)
Chacun de ces appareils étaient dotés d’un flash, intégré pour tous sauf le SuperColor 3500 qui utilise des Flashbar (10 lampes).
Plantons le décor : des luminaires avec lampe LED lumière chaude, lampe néon, lumières venant du sapin (clignotantes et multicolores) et un brin de lumière naturelle (dehors il pleut sans discontinuer), murs et plafonds blanc, un mur gris clair. Les flashs vont être de la partie, les réglages qui pourraient le rendre inutile n’existant pas sur ces appareils, sauf le Lomo et le Kodak.
Première photo de la table des convives
Bon, pour les Pola, pas terrible : images trop sombre et mal définies. Mieux pour l’Instax Wide (dont le résultat est flou parce que mal réglé la distance, ce qui n’est pas évident de faire) et le Zink.
Vous constaterez aussi qu’il est difficile de bien cadrer, les viseurs étant plus qu’approximatifs.
Seconde photo d’un détail de la table
Heu … toujours pas bon pour les Polaroid : encore et toujours trop sombre et flou
Finalement il va falloir départager le Lomo Instant Wide et le Kodak.
L’intérêt de ces deux appareils est de proposer un format assez large et plus lisible que les formats minis.
Le petit plus du Kodak est de pouvoir enregistrer les images aussi sur une carte SD (image JPEG de 16Mpx), ce qui autorise la duplication si besoin et des corrections si nécessaires.
Quant au Lomo – mais je ne les ai pas testé cette fois – nous aurions pu faire des fantaisies comme des surimpressions, des images prises avec le Splitzer et les autres compléments optiques (mais bon, nos invités ne sont pas de fans de photo – un comble – sauf avec leurs … smartphones – je désespère !).
Si je dois les départager, j’avoue que le Kodak est devant pour la qualité de ses images, plus nettes et définies que celles du Lomo.
Ce qui m’incite à réécrire un article plus complet à son sujet, bientôt.
Quant aux Polaroid, je leur donnerai une seconde chance en lumière naturelle mais ils ne partent pas gagnant. A vérifier au printemps.
Et j’ajouterai le Fuji Instax Square SQ10 qui, comme le Kodak, intègre une carte SD pour enregistrer les images.
Le hasard des greniers … c’est en cherchant toute autre chose que mon épouse a découvert celui-ci.
Et il est tout complet : sa boite, son flash, son mode d’emploi, sa facture d’achat, sa carte de garantie (bon, ok, elle est dépassée) et un boitier de film, vide.
Petite vérification, car ça doit bien faire quarante ans qu’il est remisé là : tout s’ouvre sans coller, tout déclenche mais la pile, une PX24 alcaline de 3v est bien oxydée. Toutefois, elle n’a pas vraiment coulé et hormis un peu d’oxydation sur les contacteurs, rien de grave, ouf !
Même topo pour le flash, mais là il y a un peu plus de dégâts car un fil a lâché sous l’oxydation. Je crains qu’il ne faille recâbler pour le refaire fonctionner. A voir plus tard.
A gauche, le compartiment pile de l’appareil, à droite, celui du flash
Il y a quelques temps – un an en fait, c’était le 1er décembre 2021- je vous avais présenté le Polaroid Land 360, que j’ai revendu entretemps avec des films Fuji FP-100.
Plus perfectionné que celui-ci, il était apparu sur le marché en 1969, soit en même temps que le 320 mais 6 ans après le premier de la famille, le Polaroid Land 100.
Pour vous donner une idée de la (grande) famille des appareils dits « pack 100 » :
Bon, qui dit grande famille chez les « Pack 100 » – en fait, le nom de la cartouche de film – dit « comment s’y retrouver ? »
En gros, il y a la famille des :
Model 100, de 1963 à 1967
Model 200, de 1967 à 1969
Model 300, de 1969 à 1971
Model 400, de 1971 à 1977
plus quelques modèles un peu inclassables mais toujours sous la forme de « folding, c.-à-d. avec un soufflet
puis toute une série d’appareils sans soufflet, qui s’étire de 1967 à 1978, mais qui utilisent la même cartouche dite pack 100, avec une image de 72 x 95 mm.
Ce film « pack 100 » offre donc une belle surface d’image et il ne contient pas (encore) de pile en interne. L’alimentation des boitiers étant assurée par une ou deux piles reliées à l’appareil.
Je crois qu’il est peut-être temps de parler des films Polaroid, car je vous cite les « Pack 100 », les « Intégral 600 », les « SXW-70, en oubliant les « Pack 80 » et les rouleaux des débuts, tout ça comme des évidences.
Il faut bien comprendre que, finalement, les appareils créés par Polaroid ne sont que des instruments pour l’utilisation des films, la « vraie » invention en somme. Ne faisons pas l’impasse sur elle … en n’oubliant pas que l’un ne va pas sans l’autre : pas d’appareil, pas de développement possible.
Avec un film « traditionnel », qu’il soit en 120, en 127, en 24×36 ou autre, la prise de vue avec un appareil photo sensibilise une surface recouverte d’halogénure d’argent. Pour voir le résultat, il faudra « développer » le film, c.-à-d. le plonger dans des bains qui vont révéler et fixer le sujet capté. Ensuite, il sera encore nécessaire de passer le film dans un appareil, l’agrandisseur, pour transférer l’image révélée sur un support papier et permettre ainsi de voir la photo finie (que les chagrins s’abstiennent, je sais que j’ai pas mal résumé le processus mais ce sont les étapes principales qui nous intéressent).
Revenons donc au premier film à développement instantané et à l’appareil qui permettait sa mise en œuvre, le Model 95. Nous sommes en septembre 1948.
Au début, nous voyons en N/B (et même plutôt Sépia, le « vrai » N/B sortira en 1950) : le négatif est exposé à la lumière lors de la prise de vue, puis il est mis en contact avec un papier sensible. Ces deux feuilles sont ensuite pressées ensembles en passant à travers les rouleaux de l’appareil, ce qui a pour effet de répandre un liquide sur le papier, permettant le développement puis le fixation de l’image et la photo finie sort de l’appareil en une minute.
Tout le génie d’Edwin Land (et ses équipes de chercheurs) est d’avoir créé un négatif d’un format précis sur laquelle un papier photo sera pressé (là on évite le passage par l’agrandisseur) et sur lesquels une chimie sera déversée pour révéler la photo et la fixer (ici on évite le passage fastidieux au labo).
Le second coup de génie – et il y en aura beaucoup d’autres – sera la fabrication, en 1962, du premier film couleur à développement instantané, le Polacolor.
Les progrès de l’émulsionnage (le fait de coucher sur un support une chimie donnée de manière régulière et précise) ont permis ces avancées car le négatif est constitué de 3 doubles couches d’émulsion fabriquées avec des grains d’halogénure d’argent et une couche de révélateur chromogène (un révélateur sensible à la chaleur). Chaque couche d’émulsion est sensible à une des trois couleurs primaires.
Le processus semble simple mais le principe extrêmement complexe : plus de 500 réactions chimiques se mettent en branle pour vous présenter votre image en une dizaine de minutes.
Là encore, le développement d’une photo Polacolor après impression du film commence lorsqu’on tire sur la languette du film, qui sort de l’appareil.
Enfin, à l’aube des années septante, Polaroid crée le film SX-70, précurseur du film 600, qui sera développé dix ans plus tard.
Il s’agit cette fois d’un film dit intégral car il contient toujours la photo en devenir, la chimie pour la révéler et fixer mais en plus, la pile qui alimente l’appareil est aussi incluse dans la cassette et est suffisante pour tirer les 10 vues prévues, même avec le flash.
L’appareil joue cette fois un rôle plus important que celui d’une « simple » chambre noire. Lorsque la photo est captée, l’appareil éjecte de lui-même celle-ci hors de l’appareil, créant la réaction en chaine du développement par le passage de la photo entre les rouleaux et elle continue à se développer à l’air libre et à la lumière (enfin, pas trop, il est toujours conseillé de retourner celle-ci pour éviter que les rayons du soleil n’interfèrent trop dans le processus).
Ce changement est fondamental : auparavant, la photo se développaient « dans le noir » de son enveloppe et au sein de l’appareil. Un temps de développement était inscrit sur les boitiers et sur certains, un « réchauffeur » maintenait la chaleur idéale le temps du processus constant, quelques uns auront même un minuteur pour calculer le temps nécessaire avant de tirer sur la languette du film et sortir la photo, qu’il faut ensuite « peler », c.-à-d. séparer du négatif.
Avec le film SX-70 puis le film 600, lorsque la photo est éjectée de l’appareil, elle se développe seule, comme je l’écrivais, à la lumière du jour. Il n’est plus nécessaire de séparer la photo de son négatif, ils ne font plus qu’un.
Si la technologie vous titille, je vous renvoie à cet article qui explique les différentes réactions chimiques. Moi, j’avoue être fâché avec cette discipline depuis des cours épiques en humanités !
Voilà, voilà … en résumé, après les films en rouleaux qui se développaient à l’intérieur des appareils, Polaroid a introduit les premier films en « pack », c.-à-d. un paquet fermé contenant x photographies en devenir. Si ces premiers films avaient encore besoin de l’abri de la cartouche avant de révéler la photo prise, avec le SX-70 et ensuite le 600, la photo instantanée entre dans la modernité. Nous sommes en 1970 pour le premier, en 1980 pour le second.
Voici, en images, les films d’époque compatibles (merci Polaroid Passion) :
Mais pour en revenir à notre Polaroid Automatic 320, comme je le notais plus haut, il est sorti en 1969, année chère à Gainsbourg et Jane Birkin. Il ne sera produit que jusqu’en 1971 mais se vendra encore jusqu’en 1976 (ils avaient du stock).
C’est un appareil dit « folding », ou pliable, ce qui diminue son encombrement lorsqu’il est replié dans sa coque grise.
Ces caractéristiques sont communes aux Model 100 – 400, à savoir :
un couvercle en plastique qui protège l’ensemble
un soufflet donc avec entretoise en ciseaux
réglage de la distance par un bras coulissant qui fait avancer/reculer l’ensemble objectif
une exposition automatique
armement manuel par curseur, le déclencheur est situé sur le dessus de l’appareil
prise PC poru le flash, qui se clipse sur le dessus du boitier (sauf le 360)
le film pack 100 qui donne un format de tirage de 8,5 x 10,5cm pour une image en 7,5 x 9,5cm (un beau format et déjà le célèbre bord blanc)
Comme il était l’appareil le moins cher de la gamme, il fut bien accueillit et fit le bonheur de nombreux ménages car les réductions de coûts de fabrication – du plastique au lieu du métal, un boitier d’objectif lui aussi en plastique, tout comme l’objectif lui-même – ont aussi contribué à le rendre plus léger et maniable, facile à emporter en voyage.
Revenons un instant sur l’objectif, composé de deux éléments en plastique, un 114mm ouvrant à f8,8 jusque f42 (!). Ce n’est pas un foudre de guère mais il tire son épingle du jeu, la taille du film faisant le reste. Un point particulier à soulever, quand même, il est traité pour les UV (ultra violet), ce qui, dit la publicité de l’époque « … adoucit et rend les images plus naturelles ».
Il possède un posemètre – la cellule se voit, à côté de l’objectif, en forme d’œil rond – qui autorise une exposition automatique. Il peut utiliser des films avec une sensibilité de 75 à 3000 Asa.
Un mot sur l’obturateur, électronique, car je ne résiste pas à la réclame qui lui est faite :
Aaah, ça sent bien les années septante, ces « script-girls » !
Vous trouverez aussi le sempiternel réglage « clair-obscur » pour la compensation de l’exposition, mais je ne suis pas encore convaincu. Quoique le constructeur recommande de s’en servir en fonction des films, qui portent sur une étiquette le réglage a adopter.
Le plus intéressant étant dans son viseur, avec correction de la parallaxe et estimation de la distance. A côté, un viseur télémétrique séparé.
Etant l’entrée de gamme, il ne possède pas le fameux « compte temps » mécanique (une minuterie quoi) qu’on actionne avant de sortir la photo pour respecter les temps de développement.
Par contre, il a le réglage pour la couleur ou le noir et blanc. Le N/B se développe en 15 secondes contre 60 pour la couleur.
Comme pour tout bon Polaroid qui se respecte, celui-ci a besoin d’un flash pour donner le meilleur de lui-même. J’ai la chance de voir mon exemplaire équipé du flash dédié, le modèle 268, avec sa belle couleur bleue.Les ampoules se trouvent encore, par contre les piles, c’est plus compliqué mais ce sont des 1,5v. Je dois pouvoir bricoler, et réparer (cf. ci-dessus).
Quant on le voit pour la première fois, on se rend compte qu’il doit s’agir d’un appareil photo car un viseur dépasse (sur les modèles plus perfectionnés, comme le 360, il s’escamote dans la coque de protection).
Facile à ouvrir (on appuie sur le dessus de la demi coque et tire sur le devant), on voit apparaître l’objectif posé sur le soufflet replié.
Heu, si la coque vous gêne, on peut l’ôter en appuyant sur le loquet de la charnière et en la soulevant un peu.
Pour déplier le soufflet et mettre l’objectif en bonne position, il ne faut surtout pas tirer en force mais bien soulever la tirette marquée d’une flèche, elle libère les ressorts qui ouvrent le tout. Comme ils sont prévenant chez Pola, ils ont marqué cette tirette du chiffre 1.
Allez jusqu’au bout en tirant sur le soufflet, la barre de verrouillage doit être bien enclenchée pour éviter les flous de mise au point.
Pour refermer, il vous faudra appuyer sur la barre de verrouillage et repousser le soufflet. Ne jamais forcer.
C’est vrai qu’une fois ouvert, il fait un peu « mini chambre », non ?
Pour le tenir, vous devrez utiliser vos deux mains, en horizontal comme en vertical.
Ne pas oublier de régler la sensibilité de la cellule (ou vérifier que celle-ci n’a pas bougé car vous ne faites cette opération normalement que lorsque vous mettez un film dans la chambre) : sur 75 Iso s’il s’agit d’un film couleur, sur 3000 Iso si c’est un film N/B.
Mettons l’œil au viseur, ou plutôt d’abord dans le télémètre : vous verrez votre image se dédoubler si vous n’êtes pas « au point ». Pour régler celle-ci, il faut faire glisser vers le droite ou la gauche le curseur que vous avez utilisé pour ouvrir l’appareil.
Vous verrez l’image coïncider dès que vous serez sur la bonne distance.
Il vous reste ensuite à vérifier le cadrage en revenant au « vrai » viseur, collimaté pour une éventuelle correction de la parallaxe.
Notez que le curseur de distance propose aussi des « zones » prédéfinies, utiles si vous voulez prendre des photos à la volée (de 1,5 m à l’infini).
Pour prendre la photo, vous aurez au préalable armé l’obturateur avec la tirette qui dépasse sur le bloc objectif (et marquée du chiffre 3 – on faisait dans le didactique chez Polaroid !). Ensuite, il suffit d’appuyer sur le bouton rouge (marqué 2) sur le dessus du capot : clic – clac, c’est dans la boîte.
Vous aurez remarqué que je n’explique pas comment charger le film, un peu inutile puisque le film n’existe plus. Mais soyons précis, allons jusqu’au bout.
Pour ouvrir le dos de l’appareil, il faut manœuvrer le curseur en dessous. Celui-ci va libérer le dos, qu’il faut soulever pour y glisser la cartouche. En la tenant par les côtés, vous la glissez dans le compartiment en vous assurant qu’elle est bien positionnée. Il faut aussi s’assurer que les languettes blanches soient à l’extérieur de la cartouche, ainsi que la première languette noire : c’est sur celle-ci que vous allez devoir tirer pour faire sortir la photo prise, qui se développera hors de l’appareil mais dans son « enveloppe » noire, jusqu’au moment déterminé où vous pourrez la séparer de son support.
Pour le reste, qui concerne la manipulation du film, comment sortir la languette, etc. je vous renvoie au mode d’emploi que je vous ai mis en fichier à télécharger ci-dessous.
Je ne m’y attarde pas car il reste que ce bel appareil ne peut plus fonctionner car le film n’existe plus depuis 2008 pour les films Polaroid et 2017 pour Fuji qui en avait repris la fabrication.
Ah oui, au rayon des « bonnes idées » de chez Polaroid, un petit accessoire intéressant, le réchauffeur !
Pour bien comprendre son rôle, il faut se rappeler que la chimie des photos est soumise à de nombreux aléas, dont la température. Si vous faites vos photos en dessous de 18°C, elles auront besoin soit de plus de temps de développement, soit de chaleur complémentaire.
D’où l’idée de ce réchauffeur, deux fines plaques métalliques tenues ensembles par un scotch, que l’on conseille de glisser dans une poche intérieur ou sous vos aisselles afin de « chauffer » celle-ci.
Lorsque vous aurez pris votre photo, vous la sortez de l’appareil et la glissez entre les plaques du réchauffeur, qu’on vous conseille d’encore glisser dans une poche pour être certain de garder la chaleur suffisante au moins une minute avant de séparer la photo de son support.
Le mode d’emploi précise encore deux choses : ne pas utiliser cet accessoires pour les photos en N/B et faire attention aux éventuelles coulées de « gelée acide » sur la plaque, qui pourrait abîmer d’autre image par la suite (et vos poches, vos aisselles ?).
Comme manifestement la température influe beaucoup sur la qualité des images produites, selon celle-ci, il faut aussi régler le « dark/ligth » (ouverture). Toujours uniquement pour les photos couleur, le N/B n’est pas aussi « sensible ». Enfin, façon de parler, il est à 3000Iso contre 75 pour la couleur !
Mais revenons à nos considérations : un bel appareil mais guère plus utilisable, le film ayant disparu. C’est bien dommage car le grand format était intéressant et la qualité des images très bonnes parait-il. Le « nouveau » Polaroid Original n’a pas cru bon de relancer cette gamme, au grand désespoir de ceux qui possèdent encore ces boitiers de qualité.
Vous pourriez trouver des pack, notamment sur Ebay, mais à quel prix ! Et sans savoir s’ils sont encore utilisables.
A la question légitime : peut-on bidouiller quelque chose avec des films 600 ou des Instax Wide de chez Fuji ? Je répondrai « peut-être », mais je n’ai pas encore trouvé !
Enfin si, mais en anglais, le mariage improbable d’un vieux Polaroid 455 avec un Instax 200 et le film Instax Wilde.
Vous trouverez à la fin de l’article la video de cet assemblage, pour le plaisir.
Tout ceci étant, est-ce un appareil a acheter ? Hélas, non. Par manque de film d’abord et ensuite parce que cet appareil, qui fut un best-seller en son temps était un entrée de gamme peu évolué.
Si vous cherchez une base pour des manipulations/modifications, il est parfait car vous en trouverez à moins de 10€.
Si c’est pour de la collection, il faudra qu’il soit complet (house, accessoires, flash, etc.)
Si c’est pour décorer – parce que, honnêtement, il a un petit côté « vintage » assumé – il sera aussi très bien, ouvert et prêt à.
J’en connais même qui s’amusent à y glisser une petite caméra de surveillance, comme d’autre l’ont fait avec de vieux « box » Kodak et consorts.
Donc, selon vos envies, faites-vous plaisir.
Quelques pubs d’époque :
Sources : Collection-appareils : en haut, Odéon-Photo 1970, en bas, Grenier-Natkin 1970.
Voici le dernier appareil acheté lors de la brocante des 26 – 27 novembre 22.
Après deux Yashica, en réflex, place à un compact typique des années nonante, un Olympus SuperZoom 70 dans sa sacoche et avec son mode d’emploi (et même un film dedans !).
C’est une charmante dame qui me l’a apporté, avec un vieil Agfa Clack bien moisi et un Kodak 255X malheureusement inutilisable (cassette 126). Si je n’ai pas gardé les deux derniers cités, pour lui faire plaisir, j’ai acheté cet Olympus.
Représentant assez typique des appareils des années nonante (1993), il ne transfigure pas le matériel photographique mais apporte sa petite touche.
Comme d’habitude, s’il se nomme SuperZoom 70 en Europe, ce sera OZ 70 Zoom au Japon et Infinity Zoom 2000 aux USA. Et pour être le plus complet, il a existé en version DX, c.-à-d. affublé d’un dos dateur, vraisemblablement inutile de nos jours, et en version Panorama, visiblement réservée au seul marché nippon (OZ Panorama 70 Zoom).
Vous l’avez compris, c’est un compact fait pour se simplifier la vie : on vise le sujet, qu’on essaie de placer sur une croix au milieu du viseur (qui est quand même colimaté avec correction de parallaxe), on attend qu’une lampe verte apparaisse pour être certain que l’autofocus est bien verrouillé sur la cible, éventuellement une lampe orange si on a eu besoin du flash, et on appuie sur le déclencheur. C’est tout, l’appareil fait le reste : il avance la vue, réarme pour la suivante.
A noter que si vous deviez rembobiner votre film pour une raison ou l’autre, il faudra attendre d’avoir atteint la dixième vue pour pouvoir le faire. Pourquoi 10 ?
Il vous propose un zoom finalement raisonnable, un 38 – 70mm ouvrant de f4,5 à f7,8. Pas bluffant mais honnête face à la concurrence de l’époque. Si vous regardez en bas de l’article, je vous ai mis un lien vers des photos prises avec cet appareil et les résultats sont correctes.
-« Mais alors, qu’est -ce qui le rend intéressant ? »
Ah, je vous dirais son ergonomie d’abord, avec une poignée bien dessinée qui offre un réel confort d’utilisation et, accessoirement, de loger les piles.
Tiens, parlons-en des piles : normalement, 2 piles AA de 1,5v suffissent mais – et c’est particulier – il y a aussi un emplacement pour mettre une pile lithium de 3v (type CR123). Ce n’est pas courant mais ça peut être utile en voyage notamment.
Ensuite son écran LCD, bien complet et facile à lire et son viseur, clair et suffisamment grand pour bien cadrer ses sujets.
Outre donc qu’on l’ait bien en mains, les commandes tombent naturellement sous les doigts et sont fluides.
Comme je l’écrivais plus haut, ce n’est pas un compact révolutionnaire, mais un bon petit appareil qui fait bien ce qu’on lui demande de faire : des photos sans prise de tête mais correctes.
Outre le fait qu’il chargera votre film presque tout seul, qu’il réglera la sensibilité de celui-ci sans intervention (de 50 à 3200 Asa), il vous propose une gamme de focales intéressantes : un 38mm qui est presque un grand angle et un 70mm qui est presque un mini télé. L’objectif est composé de 5 éléments en 4 groupes.
Vous pourrez faire du paysage et du portrait puisqu’il vous propose ces compromis honorables. La mise au point commence à 60cm jusque l’infini.
Vous vous en doutez, l’obturateur est électronique et les vitesses sont liées à la détection de lumière faite par la cellule. Elles sont de 1s à 1/500s.
Il vous propose quand même le verrouillage de l’autofocus, par pression à mi-course du déclencheur, pour vous permettre de recadrer votre sujet si besoin.
Et, ce que j’aime bien, la possibilité de débrayer le flash. Attention toutefois, à chaque re démarrage, il faut penser à modifier le réglage, par défaut, sur flash auto.
Un petit flash qui sur la position Flash S propose à vos sujets d’éviter d’avoir des yeux de lapins effrayés, en émettant une série de pré-éclairs avant la prise de vue.
Et vous avez la possibilité de « forcer » le flash en cas de contre-jour important, p. ex.
Ah, il vous offre encore un retardateur de 12 secondes, qui peut être piloté par une télécommande à infra-rouge en option), qui vous offre un délais supplémentaire de 3 secondes avant de lancer soit le déclenchement pur et simple, soit d’enclencher le retardateur que vous aviez programmé.
Voilà, voilà … un petit compact que vous devriez pouvoir emporter pour 15€ maximum, avec sa dragonne et son petit sac, que l’on peut porter à la ceinture.
Celui-là ne vous donnera pas de frisons mais fera son job correctement, des photos de bonne facture.
Petite video d’illustration
Des exemples de photos prises avec cet appareil ICI.
Ça y est, il fait froid, il gèle même depuis quelques jours. Ce matin (17/12/22), le thermomètre extérieur affichait un beau -7°C. Brrr …
Est-ce une raison pour hiberner jusqu’à la fin mars et remiser nos appareils photo bien au chaud ?
Non, ce serait dommage, le temps froid, voire la neige et la glace nous révèle un monde différend, aussi très photogénique, mais qu’il convient d’aborder avec les précautions d’usage.
En voici quelques unes qui, je l’espère, vous serviront …
Si vous avez prévu une sortie hivernale, un petit truc tout simple est de prévoir, sur le parcours, au moins un endroit où vous pourrez vous réchauffer. L’abri seul de votre véhicule au moment du retour risque d’être un peu juste, car lui aussi aura passé la journée dehors, au froid, et le temps qu’il ne vous donne un peu de chaleur …
Ah, et à éviter, la consommation d’alcool qui donne une impression de chaleur, mais bien fugitive. Vous finirez votre flasque plus vite que vous n’aurez vraiment chaud !
Commençons par nous habiller chaudement. Pour ceux qui sont habitués à la randonnée, rien de nouveau je pense mais un petit rappel toujours utile : il n’est pas nécessaire d’enfiler 5 pulls chauds, ils ne feront que gêner vos mouvements.
La meilleure façon de faire consiste à empiler des vêtements fins, si possible dit « thermique » (ah, les bons vieux Damart de nos grands mères !). Il en existe de toutes les marques et vous en trouverez des abordables chez Décathlon par exemple. Les meilleurs, à mon avis, à mettre sur la peau, sont ceux avec de la laine Mérinos. Non seulement ils sont vraiment chauds mais il évacue la transpiration et sont efficaces contre les odeurs. Un inconvénient toutefois, ils sont assez chers (+/- 50€) mais si vous en prenez soin, ils durent longtemps. Sinon, la marque Cryvit de chez Lidl propose aussi des dessous thermiques efficaces, y compris des sous pantalons.
Un fin pull en « fleece » ou « polaire » (cette matière toute douce faite de bouclette ou de tissus gratté), par dessus vous assure un cousin d’air qui gardera votre chaleur longtemps. En plus, petit côté écolo pas négligeable, la plupart sont fabriqués à partir de matières plastiques recyclées.
La troisième couche pourra à nouveau être confiée à un pull dans cette matière, mais un peu plus « lourd » : l’idéal étant d’atteindre les 350gr. Des marques comme Lafuma, Columbia, Jack Wolfskin, Millet en font d’excellents. Comme ils demandent peu d’entretien, sèchent vite et sont solides, ils seront vite amorti au fil de vos sorties.
Je ne renie pas la laine, toujours excellente, mais plus délicate à l’usage (lavage, séchage avec précaution).
La dernière couche sera votre blouson ou manteau. Idéalement imperméable, coupe-vent mais respirant pour plus de confort. Les marques citées plus hauts – mais elles ne sont pas les seules, juste que celles-là je les connais bien – en proposent d’excellents, mais à acheter en solde pour ne pas faire frémir votre budget.
Des chaussettes chaudes dans des chaussures confortables et prévues pour l’hiver seront un plus indéniable. Rien de pire que d’avoir les orteils qui gèlent surtout lors des stations arrêtées un peu longues (pose longue, affut, etc.). Las encore des magasins comme Décathlon ont des rayons bien fournis à prix abordables (finalement, je vais leur demander de me sponsoriser, non ?).
A l’autre extrémité, vos mains et vos doigts méritent la plus grande attention car manipuler son boitier les doigts gelés est quasi impossible.
Ici aussi vous pouvez jouer la carte de l’empilement avec des sous gants fins. Ceux en soie sont excellents, voire – en second choix – ceux en polaire fin. Au dessus, des gants de cuir souples et doublés ou ceux en matières dites « techniques » : des tissus chauds, résistants, imperméables et coupe-vent.
J’en ai acheté une paire sur un grand site chinois pour moins de 10€ et je n’ai pas eu froid lors de notre sortie hivernale de Namur. De plus, la paume est garnie d’une matière antidérapante et le bout de l’index est dit « tactile » pour pouvoir manipuler les écrans sans devoir ôter le gant.
D’autre, lors de la sortie, avaient opté pour des gants en cuir fourré mais dont le bout de l’index peut se retourner pour sentir mieux les commandes, l’écran et le déclencheur.
Sachez qu’il existe une solution mixte : le sous-gant tactile à glisser sous le gant principal.
La marque Vallerret propose des gants spéciaux pour photographe, comme le Markhof Pro (tarif de +/-70€). A se faire offrir ?
Encore un peu plus haut, comment protéger son cou, responsable de presque 60% des déperditions de chaleur de notre corps ? Il y a toujours la bonne vieille écharpe, vous savez, ce truc qui glisse tout le temps ! De nos jours, on utilise plutôt des « tours de cous » qui sont bien plus près du cou et bien plus chauds. Pour tous les budgets et de toutes les couleurs si on veut.
Petite remarque, en passant, car la plupart des vestes « outdoor » proposent maintenant des fermetures hautes, qui protègent déjà bien cet endroit. Et si vous avez opté pour un pull en polaire, le tour de cou ne sera pas nécessaire puisqu’il monte haut.
Dernier étage, votre tête, l’autre endroit qui enregistre le plus de déperdition calorique.
Alors, il y a les adeptes du chapeau, de la casquette et du … bonnet ! Franchement plus pratique et bien plus chaud que les deux autres couvre-chefs cités. Ici aussi, la laine le dispute au tissus polaire, à chacun ses préférences.
Vous, vous voila parés pour affronter les grands froids, et votre matériel ?
Petite précaution utile, avant toute sortie au froid, chargez bien vos batteries, elles n’aiment pas la fraicheur. Leurs performances diminuent au grand froid. Cependant, si vous les remettez au chaud, elles reprendront vigueur. Le mieux étant dès lors de les garder dans une poche interne de votre veste/blouson et de ne les sortir qu’en cas de besoin.
Avec les reflex modernes et surtout les hybrides, je ne saurais trop vous conseiller que d’avoir au moins deux batteries de secours (en sus de celle déjà dans l’appareil).
Ensuite, votre sac à dos : il sera l’ultime rempart contre les intempéries, que ce soit la neige, la pluie, le froid.
Soyons bien clairs, il ne va pas réchauffer votre matos mais bien garder une « chaleur » acceptable pour celui-ci, c.-à-d. couper le froid vif et l’humidité ambiante.
Surtout, on n’y pense pas assez, il va servir de tampon thermique pour votre appareil photo et son objectif.
Nous l’avons déjà tous expérimenté, un fort écart de température ente l’intérieur et l’extérieur a pour conséquence immédiate la formation de buée sur les écrans, les viseurs et les optiques.
C’est le phénomène de condensation qui se présente lorsque vous mettez un objet froid dans un environnement chaud et humide. L’eau présente dans l’air va se déposer, par condensation, sur cet objet froid. Si vous êtes porteurs de lunettes, vous savez de quoi nous parlons !
Outre que c’est gênant si vous voulez continuer à prendre des photos en intérieur, ce n’est pas très bon pour le matériel cette humidité. Si vous avez du matériel dit « tropicalisé », les risques seront moindre (l’eau ne se glissera pas à l’intérieur du boitier et de l’objectif), pour les autres, c’est un réel problème qui risque, à terme, d’entrainer des moisissures toujours difficiles à enlever et à de l’oxydation sur les circuits électroniques.
Quelles sont les solutions pour éviter ce phénomène désagréable ?
Monsieur de La Palice vous aurait dit d’éviter les changements de températures brusques, mais il n’était pas photographe.
D’autres préconisent de glisser l’appareil froid dans un sac plastique étanche, en chassant le plus d’air possible, et de le placer dans un endroit frais de la maison (ou du lieu où vous entrez). La condensation se formera alors sur le plastique du sac et pas sur l’appareil. Plus la différence de température sera importante, plus longtemps il faudra laisser l’appareil dedans.
Attention toutefois que cette solution a, à mon sens, un gros désagrément : celui de ne pas laisser l’appareil plus que nécessaire (difficile à déterminer) pour éviter, in fine, que l’eau de condensation ne coule sur le matériel, surtout si on manipule le sachet.
La manière douce pour (tenter d’) éviter ces chocs, c’est d’utiliser votre sac comme coquille thermique : lorsque vous êtes dehors, avant d’entrer quelque part au chaud, glissez dedans votre boitier, le sac le gardera à la température proche de celle du dehors.
Et si vous devez ressortir, après in chocolat chaud par exemple, ne ressortez le boitier qu’au dehors, le sac ayant toujours gardé une température plus ou moins constante (ne le déposez pas contre un radiateur, évidemment).
Une remarque en passant : si un peu de condensation venait à geler, du fait d’un très grand écart de température, certains éléments pourraient se figer. Ne forcez surtout pas, attendez que le matériel se réchauffe lentement. Mais vous aurez de l’humidité.
C’est le moment ou jamais de garder tous les petits sachets de silicates (silicate-gel) que vous pourrez trouver et de les disperser dans votre sac à dos, là où vous rangez vos boitiers et optiques. Ils absorberont l’humidité ambiante et assécheront le matériel.
Et lorsqu’ils auront accompli leur office, petit tour au four à micro-ondes pour les assécher et pouvoir les réutiliser.
Dernier point sans doute, que faire en cas de neige ou de forte pluie ?
Pas de miracles, il vous faudra une protection étanche pour le matériel. On vend des sacs prévus à cet effet ou un sac plastique tout simple fera aussi l’affaire, mais il faut alors prévoir comment faire passer l’objectif à travers sans créer d’ouverture inutile (merci l’attache par élastique ou bande velcro).
Fixer le pare-soleil sur son optique retarde encore le dépôt de pluie ou de neige (pensez à laisser le boitier vers le bas dans ce cas).
Si, tout de même, quelques flocons facétieux se posent sur votre optique, ne frottez pas avec les doigts mais essayez de les souffler avec une poire à souffler, ça évitera les taches difficiles à enlever.
En tout cas, j’espère que vous aurez pris la peine de placer un filtre UV sur votre optique, c’est lui qui prendra tout pour ne pas abîmer nos chères lentilles !
Le cas extrême, ce sera la formation de givre sur le filtre. Surtout ne soufflez pas dessus, ce sera pire. Ayez plutôt un carré de microfibre sur vous pour l’enlever.
Au terme de votre sortie, quand vous serez rentré au chaud, à la maison, l’hôtel, le camping car, enfin tout endroit chaud, essuyez bien tout le matériel, placez-le dans un endroit sec avec des sachets de silicate-gel autour et laissez-le se reposer aussi de cette froide aventure ! Vous regarderez vos photos le lendemain.
Voilà, pas de solutions miracles mais quelques conseils de bon sens qui vous aideront à envisager vos sorties hivernales sereinement.
Car l’hiver transfigure les paysages et ce serait dommage de passer à côté.
Voici le second appareil acheté lors de la brocante des 26 et 27 novembre (le premier étant le Yashica FX-3).
Disons-le d’emblée, je l’ai acheté parce que je ne connaissais pas du tout mais je savais qu’il était en panne, enrouleur bloqué, un vilain coup sur le filtre UV de protection, le plastique de la cellule abîmé.
J’essaierai de lui redonner vie – ou pas – mais en attendant, je vous le présente tel quel.
Vu la disposition des pièces, je me suis douté qu’il s’agissait d’un appareil plus ancien, car il ressemble un peu au Minolta SR-1.
Alors, d’où provient ce J-P ? (avec des initiales pareilles, je ne pouvais pas le laisser là !)
D’abord, il y eut le Pentamatic, sorti en 1960, un reflex tout mécanique, sans cellule interne ou externe avec objectifs interchangeables et une griffe flash à l’épaule gauche.
Notons que ces deux appareils proposent un déclencheur en façade, façon Praktica ou Miranda TM, voire Topcon RE Super par exemple. Celui du Penta J est déjà « à enfoncer » vers le corps parce qu’une cellule indépendante pouvait y être fixée.
Si ça déconcerte un peu au début, car on appuie naturellement dessus avec le majeur, finalement on s’y fait assez vite. Le fait d’enfoncer le bouton vers soi minimise aussi les risques de bougé.
Puis, en 1964, vient le Yashica J-P qui nous occupe aujourd’hui. Normalement, les Yashica avec la lettre « J » possédait une cellule interne au CdS, non couplée. Ici, une « pince » à été prévue pour un posemètre livré en accessoire et qui est couplé au cadran des vitesses.
Il semble bien que ce modèle fut « l’entrée de gamme » de la série J et donc dépouillé de la cellule, même si on pouvait, moyennant supplément, lui en greffer une.
On peut lui adjoindre les optiques en monture M42 à viser, ce qui ouvre un large champ de focales.
L’obturateur à plan focal horizontal propose des vitesses de 1/2s à 1/500s, plus pose B et synchro flash au 1/60s. Si le 1/500s nous semble toujours un peu juste, il ne faut pas oublier que dans les années soixante, la vitesse des films étaient de 32 à 125 Asa et donc le 1/500s largement suffisant. Evidemment, si vous mettez dedans un 400 Asa en plein soleil ….
Il possède aussi un retardateur, j’imagine de 10s (je ne peux pas l’essayer, il est bloqué).
La couronne des vitesses est prévue pour la greffe d’une cellule externe, qui vient s’imbriquer dans un petit carré et lui permettra de tourner en suivant la lecture que vous ferez de la vitesse et/ou de l’ouverture proposée (après avoir réglé ladite cellule qui, paradoxalement, va jusqu’aux 800 Asa).
L’avantage de cette cellule externe est d’être fixée sur l’appareil (gain de place) mais son rôle se borne à vous donner les mêmes indications que votre cellule à main.
Si je regarde la pub ci-dessous, je m’aperçois que ce posemètre « interdépendant » avait un certain coût (175 Fr de l’époque pour un appareil qui en coûtait 1.372 Fr). Je n’ai pas d’idée de prix des cellules à main de l’époque mais je gage qu’elles étaient moins chères. Notez que j’adore la petite phrase qui précise que « … dans l’immédiat, les appareils ne peuvent être livrés sans leur cellule ».
Bon, qu’écrire d’autre sur cet appareil somme toute très simple ?
Le viseur n’est pas le plus lumineux que j’aie vu. La visée se fait au moyen d’un cercle de micro prismes. Il n’y a pas de stignomètre au centre.
Pas de griffe porte accessoires non plus. Il valait fixer le flash sur un support attaché sous l’appareil. Il y a deux prises de synchronisation, une X et une FP pour Flat Peak (pour les lampes éclairs plus lentes). A ce sujet, je vous encourage à lire l’excellent article sur « l’histoire du flash et de la synchro » que vous trouverez ICI.
L’appareil est lourd et pourtant, il n’est pas très grand, moins haut par exemple que le FX-1 qui possède lui une cellule interne couplée efficace.
Vous aurez remarqué que sur la photo ci-dessus, j’ai réussi à retirer le filtre UV qui avait pris un méchant coup. Si vous deviez faire la même opération, protégez toujours vos yeux car le verre contraint pas la déformation risque à tout moment d’éclater. Et c’est là qu’on se félicite d’avoir posé ce genre d’accessoire car la lentille, elle, n’a rien.
Cet appareil a-t-il encore un quelconque intérêt ? Pour la collection, bien sûr. Il n’est pas très courant me semble-t-il.
Au niveau utilisation et agrément de celle-ci, avec ou sans cellule rapportée, on l’a bien en mains grâce à sa forme trapue.
Mais c’est un boitier « basique » qui n’offre, en réel agrément, que de pouvoir viser précisément ce que l’on regarde à travers l’objectif (le principe minimum du reflex en gros).
Pour le reste, c’est à vous de choisir entre rusticité assumée ou aide minima à la prise de vue. Ce n’est pas, me semble-t-il, un appareil que je recommanderai aux plus jeunes qui veulent se lancer dans l’argentique, à moins qu’ils possèdent déjà un bagage suffisant des réglages et leurs effets.
Au niveau prix, ne dépassez pas les 40€ pour un exemplaire en très bon état et muni d’un objectif 50mm.
Une fois n’est pas coutume, c’est comme vendeurs que nous participions à une brocante en cette fin de mois de novembre (2022).
Et heu … comme acheteur aussi, car je nous ai trouvé un Yashica FX-3 qui a bien voyagé, équipé d’un magnifique objectif Yashica DSB 135mm ouvrant à f2,8.
Oui, il a perdu une partie de la couverture de son « cuir » d’origine, mais c’est au soleil de la Vallée de la Mort, en 1992, lors du dernier voyage qu’il a effectué en compagnie de la charmante dame qui me l’a vendu.
Ceci étant, c’est un peu la « maladie » commune aux Contax (voir l’article sur le Contax 139). Heureusement, Aki-Asahi a une solution !
Vous avez déjà pu lire l’article consacré au Yashica FX-1, celui qui a inauguré la famille des FX en 1975. Et donc, vous vous en doutez, il y aura un FX-2 et un FX-3 (1979).
Et pour être complet, un FX-7 aussi en 1979 (là, ils ont sauté quelques numéros mais de fait, c’est le même appareil en bis-tons), un FX-3 Super en 1984, un FX-7 Super en 1985, puis un FX-3 Super 2000 en 1988, qui sera produit jusqu’en 2002.
Ce sera un des derniers appareils non autofocus a être encore produit à l’aube du numérique, comme le Pentax P30 ou le Minolta X9.
Petit exercice de comparaison : à gauche, le FX-3, à droite, le FX-1.
Vous remarquez au premier coup d’œil le changement de design. A droite, un appareil des années septante, tout en métal, anguleux et lourd (650gr nu), à gauche, un appareil des années quatre-vingt, plus petit, plus arrondi, avec un capot en plastique bien qu’il garde le corps et la semelle en métal, plus léger (450gr nu).
Un design plus « passe-partout » qui me rappelle furieusement celui des Cosina.
Et pour cause, c’est bien Cosina qui a conçu et fabriqué ce FX-3, en gardant la monture C/Y (Contax/Yashica) conçue par Zeiss pour Contax et … Yashica qui y posera juste son nom pour le commercialiser.
Deux remarques, en passant : la première c’est le coup d’accélérateur entre 1975 et 1979 dans l’évolution des formes, la seconde c’est que Yashica est déjà en mauvaise posture et essaie de sauver ce qui peut l’être en passant par la sous-traitance.
Bref, faut-il déjà condamner ce FX-3 ?
Surtout pas car grâce à sa monture, vous aurez accès aux objectifs de la gamme C/Y dont les fameux Zeiss T* (voir l’article sur le FX-1 pour ces optiques), les Yashica ML et quelques fabricants tiers, comme Vivitar.
C’est même un moyen d’entrer par la grande porte dans cet univers de très bons, voire excellents cailloux car Vivitar et Cosina ont commercialisé ce boitier en monture M42 et Pentax PK, notamment, pour attirer les débutants, les photographes et étudiants en photographie moins argentés que ceux qui s’offraient la monture C/Y.
Un dernier mot au sujet des optiques prévues pour cet appareil : si les Contax Zeiss T* vous semblent encore inabordables, visez les Yashica ML conçues sur le même modèle et aussi avec un traitement multi-couches, voire sur les DSB (comme celle installée sur cet appareil), qui garde la conception du Zeiss mais sont mono-couche.
Ah oui, pour déverrouiller l’objectif, il suffit d’appuyer sur le bouton à gauche du fut d’objectif et de tourner dans le sens anti-horaire.
De plus, comme il n’existe qu’en noir (vous connaissez mon penchant pour cette couleur), il donne un côté « pro » que son homologue, le FX-7 – pourtant identique – n’a pas avec sa couleur bis-tons argenté et noir.
Et puis ce FX-3 est reconnu pour être un appareil fait pour durer et fiable : sa conception simple et entièrement mécanique est robuste et bien pensée.
Les modèles ultérieurs (les Super) seront fabriqué en Chine avec un cahier des charges qui vise à diminuer les coûts drastiquement : la qualité et la fiabilité s’en ressentiront immanquablement.
Entièrement mécanique et pourtant, il y a une pile de 3v que l’on remplace aisément par deux LR44. Celle-ci ne fait qu’alimenter un posemètre et des LED indicatives car l’obturateur est bien tout mécanique. Toutes les vitesses et ouvertures sont utilisables sans pile.
Pour cette fois, la pile est conventionnelle, logée dans la semelle.
Parlons-en de cet obturateur puisque j’aborde le sujet : il est donc mécanique à lame métallique verticale et propose des vitesses de 1s au 1/1000s plus une pose B avec synchro flash au 1/125s. Il possède aussi un retardateur d’environ 10 secondes, qu’on arme avec le levier en façade. La lame métallique induit quelques micros vibrations mais se révèle assez silencieuse en action.
Contrairement à son aîné, pour le flash, il n’y a plus de connecteur PC pour les anciens flashs.
Le posemètre a une sensibilité réglable de 12 à 1600 Asa. Son réglage est des plus classique : vous soulevez le barillet des vitesses et tournez le cadran jusqu’à la valeur souhaitée.
Dans le viseur, trois LED vous indique si vous êtes en sur ou sous exposition (LED rouge en bas ou en haut) ou juste (LED verte). Certains n’aiment pas cette configuration, préférant la bonne vieille indication par aiguille. Elle n’est pas plus précise cependant.
Puisque nous sommes dans le viseur, celui-ci est clair, assez large et … dépouillé : vous verrez juste les LED s’animer non pas en appuyant à mi-course sur le déclencheur mais en enfonçant le petit bouton situé à l’arrière du boitier (sur les modèles ultérieurs ils abandonneront cette manœuvre pour revenir au bon vieux déclencheur). Par contre, la mise au point se fait grâce à un stignomètre à coïncidence qui a la bonne idée d’être en positon oblique, entouré d’un champ de micro-prismes fins.
Pourquoi est-ce une bonne idée cette inclinaison du stignomètre ? Elle permet de mieux faire coïncider les deux parties de votre images, plus rapidement, surtout sur les sujet verticaux et/ou difficiles à discerner.
Le déclencheur est ferme et produit un son bien net, pas trop bruyant finalement. Il n’y a plus de sélecteur pour le bloquer.
Enfin, pour ouvrir l’appareil, comme d’habitude, on soulève la molette de rembobinage et elle libère le verrou du dos.
Bon, si je résume, nous avons là un appareil simple, sans artifices mais solide. Pas d’autofocus, pas d’automatismes, ce sont vos réglages qui feront (ou pas) la différence. Bref, un bon boitier école qui utilise d’excellents optiques au service de votre créativité.
-« Pas de défauts alors ? »
Ah, comme je l’écris souvent, l’appareil parfait n’existe, hélas, pas.
Le premier et évident défaut, c’est le revêtement en simili cuir qui ne tient pas les années. Mais on peut le changer facilement via des « cuirs » prédécoupés comme ceux cités plus haut (Aki Asahi).
Ensuite, les mousses du miroir, du dos, qui sont à changer impérativement (mais comme sur les Canons, les Minolta, etc. de même époque). C’est un travail un peu minutieux mais facile à faire avec un peu d’attention.
Sur mon exemplaire, la pile a coulé. Heureusement, le moins vers le bas, la coulée n’a finalement endommagé que les contacts du réceptacle. Que je vais devoir refaire car ils sont complètement cuits par l’acide.
Ceci dit, rappelez-vous, ça n’empêche pas l’appareil de fonctionner mais vous n’aurez pas la mesure de la lumière à travers l’objectif et, franchement, ça aide même si ce n’est pas indispensable.
Cet appareil n’est pas très courant. Il n’est pas non plus sophistiqué donc le prix doit rester raisonnable. Je dirais maximum 40€ avec un 50mm (plus si l’objectif est un Zeiss T*, qui vaudra souvent plus cher que le Yashica).
Si vous cherchez un bon boitier école, celui-ci devrait faire l’affaire.
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