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Le Semflex Standard 3,5B type 9

Cet appareil français est né dans le contexte troublé de l’après-guerre (1948).

Pour mémoire, les usines d’appareils photographiques allemandes ont soit été détruites, soit démantelées par les vainqueurs et ce sont parfois des usines entières qui passent une frontière (Contax par exemple). Seul Leica ne sera ni détruite ni démantibulée pour d’obscures raisons (il y aurait eu un centre d’interrogatoire allié dans ses bureaux).

Ensuite, des barrières douanières viennent encore freiner un peu plus les rares exportations allemandes, notamment vers la France.

Enfin, la plupart des brevets allemands sont remis dans le domaine public ou repris par des entreprises des pays victorieux au titre de dommages de guerre.

Toutes ces incertitudes conduisent certains fabricants à profiter de ces années de flottement pour occuper un terrain commercial de nouveau vide ou très peu occupé.

En France donc, si OPL Foca a tenté de prendre la place vacante des Leica avec ses beaux télémétriques, deux hommes vont choisir d’investir un créneau particulier, celui des TLR (twin lens reflex, les reflex bis-objectifs).

Messieurs Jean Cros et Paul Royet et leur Société des Établissements Modernes de Mécanique (le SEMM dite couramment SEM), gageant que Rolleiflex et Ikoflex ne vont pas revenir de sitôt sur le marché, misent sur la construction d’un nouvel appareil : ce sera le Semflex.

Initialement basée à St Etienne, elle déménage à Aurec (1947). Là, un jeune ingénieur du nom de Claude Forge va assurer le développement de l’appareil. Il est déjà l’inventeur d’un obturateur Orec (traduction phonétique du nom du lieu), qui équipera la plupart des boitiers.

Dès juillet 1948, les premiers appareils, le SEM I et II seront livrés car Paul Royet voulait absolument que l’appareil soit prêt rapidement, quitte à fabriquer d’abord un appareil plus simple. Il se raconte d’ailleurs que le premier prototype fut monté dans le train par Claude Forge alors qu’il accompagnait son patron au salon de photographie de Paris début 1948.

Les deux appareils avaient un objectif à trois lentilles ouvert à f4.5 et un obturateur Orec montant au 1/300s pour le SEM I et pour le II un objectif à quatre lentilles ouvrant à f3.5 avec un Orec au 1/400s.

Ensuite il s’en est suivi une large gamme de modèles que les spécialistes essaient de reconstituer. Certains parlent de 7 variantes alors que d’autres, sur des bases différentes, parlent même de 56 variantes. Il y eut aussi des modèles fabriqués pour de grands distributeurs de l’époque, comme Photo Hall ou Grenier Natkin. Du travail pour les collectionneurs …

Alors, pour essayer de faire simple, il y a essentiellement deux familles : le Standard, qui a un bouton pour l’avancement du film et une fenêtre rouge à l’arrière, qui sert de compteur de vue simplifié, et puis il y a le Otto avec une manivelle et un avancement automatique.

Au niveau des objectifs, on reste en France avec des SOM Berthiot, des Angénieux et des Tourret-Narat.

Sur l’exemplaire en ma possession c’est un SOM Berthiot de 75mm ouvrant à f3,5. Le 75mm sera la focale normale mais il y eut des focales différentes, souvent créées « à la carte » selon des besoins spécifiques (avec un 150mm f4,5 pour le studio par exemple).

L’objectif du dessus, qui ne sert qu’à la visée, ouvre lui à f2,8.

Ce choix d’une plus grande ouverture est assez courante en TLR. Associé à un dépoli de qualité, ça permet justement d’aider à la visée avec une plus grande clarté sur le dépoli. Un mot d’ailleurs à son sujet ici : ils sont généralement plats (sauf sur les premiers modèles haut de gamme où ils étaient concaves), soit sans marque, soit sérigraphiés, soit gravés des aides à la visée.

Soyons de bon compte, la vision est toujours un peu obscure, fut-ce déjà à cause de la « cheminée » au dessus du dépoli mais aussi de par la conception du système :

Elle n’est pas pire qu’une autre même si celle du Yashica D ou du Rolleiflex est un peu meilleure.

Pour ce qui est du réglage des vitesses, elle se fait avec un curseur placé sur le côté de l’objectif. L’obturateur est maison, c’est un Orec qui, sur ce modèle va de 1s au 1/400s plus une pose B.

Les premiers appareils étaient aussi pourvus d’un Orec mais limité à 1/300s. Il y eut même des modèles moins bien lotis : le Semflex T950 était limité au 1/250s et, pire, le Semflash ou le « Joie de vivre » n’avaient qu’une seule vitesse, le 1/50s. Pour être plus complet, à partir des années cinquante, il était possible de commander des obturateurs Synchro Compur donnant le 1/500s, des obturateurs …. allemands !

Si vous regardez bien l’image ci-dessus, vous voyez un second curseur, celui des ouvertures, qui vont de f3,5 à f22.

En jouant avec l’ouverture et la distance, sur la grosse molette à gauche, vous aviez une échelle de profondeur de champ facile à utiliser.

Ce qui frappe, en voyant le Semflex de face, ce sont les 2 prises pour la synchronisation du flash.

En fait, c’est une illusion esthétique car il n’y a de fait qu’une prise, une prise coaxiale de 3 mm. Par contre, sur le côté il y a de nouveau 2 prises femelles de 3mm avec 13mm d’écart (la prise SEM) qui permettait de fixer un flash spécial SEM, qui s’enfichait dedans et assurait et la fixation mécanique et électrique avec sélecteur F/X.

A l’origine, les Semflex n’étaient pas synchronisés pour les flashs, mais ils avaient une prise sur l’obturateur. Puis la prise changera de place selon les modèles et deviendra synchronisée avec un inverseur X/F. Ce dernier en situé en dessous de la platine d’objectifs, à côté du déclencheur.

Petit résumé en images de l’engin :

Remarquez, en passant, la qualité du « sac tout près », tout en cuir, articulé pour pouvoir utiliser facilement l’appareil sans devoir tout ôter.

Sur la droite, le gros bouton est celui de l’avancement du film. De l’autre côté, 2 boutons plus petits sont ceux pour placer la bobine de film et la réceptrice dans la chambre (il faut les écarter).

Par dessous, un gros verrou rotatif qui débloque tout le dos, monté sur charnière. Notez aussi la présence de 4 petits pieds métalliques, qui permettent de placer l’appareil sur une base stable

Ce modèle ne comporte à l’arrière qu’une fenêtre pour vérifier l’avancement du film. Celle-ci se ferme avec une partie coulissante en métal.

Avant d’aller plus loin, sachez que ces appareils ont presque tous quelque chose qui les rend uniques : soit un gainage, soit l’inscription du nom, soit la taille des boutons, soit le nombre de fenêtres, soit le nombre de prises pour le flash, soit l’âge du capitaine et la vitesse du vent …

Bref, le Semflex est un terrain de jeux apprécié des collectionneurs, qui rêvent tous de trouver l’exemplaire qui fera la différence.

Sinon, ce qu’il faut retenir, si on veut utiliser l’appareil, c’est qu’il est bien construit, avec des éléments de qualité. Rappelez-vous, ses concepteurs voulaient rivaliser avec ce qui se faisait de mieux en Allemagne. Le pari semble avoir été réussi même si l’appareil n’aura jamais l’aura de ses concurrents (Rolleiflex et Ikoflex), c’est dommage. La production des Semflex s’arrête au seuil des années septante. Dans ces années-là, la plupart des autres constructeurs auront aussi jeté l’éponge, sauf Yashica et Rolleiflex.

Celui que je vous présente est un Semflex Standard 3,5 B type 9, fabriqué de 1955 à 1959.

Bien évidemment le boitier est prévu pour du film 120 mais on pouvait aussi y placer du film 24×36. En fait un film qui n’existe plus de nos jours, du 828 qui est un 24×36 sans perforations et qui donne dès lors une surface utile de 28x40mm. Ce qui est particulier, c’est que je n’ai trouvé nulle part un cache pour mettre sur le dépoli afin de tenir compte du format de ce « petit film » lors de la prise de vue ni un autre à mettre dans la chambre pour réduire la taille de celle-ci aux dimensions du 828. Etrange.

Pour utiliser le Semflex Standard 3,5 B il faut soulever le capuchon en abaissant le petit levier à l’arrière. Il se soulève et les plaquettes se déplient dans le bon ordre pour créer le viseur.

Vous faites la mise au point en tournant dans un sens ou dans l’autre le gros bouton sur la gauche. La distance minimale pour la mise au point est de 90cm avec l’objectif de 75mm f3,5. Vous pouvez affiner la mise au point sur le dépoli en faisant sortir la loupe qui est intégrée dans le capuchon.

Il a existé des « bonnettes » pour pouvoir photographier encore plus près (vous pouvez les voir dans le mode d’emploi – réf. ci-dessous).

Lorsque vous aurez terminé vos photos, pour refermer le viseur, il suffit d’appuyer sur le capuchon pour le refermer jusqu’à entendre le « clic » du verrouillage.

Notons qu’il existe ce qu’ils appellent un « viseur sport », soit un simple cadre de métal lorsque vous avez fait basculer le capuchon. A utiliser avec le système du zone focus car vous n’avez alors pas d’informations sur le dépoli avec cette manière de viser.

Après avoir réglé la distance, l’ouverture et le vitesse, il faut armer l’appareil avant de déclencher. On arme l’obturateur avec le curseur sur le côté de l’objectif et le déclencheur est situé sous l’objectif du bas. Il est aussi prévu de pouvoir fixer un câble souple sur le déclencheur, pour les poses longues ou si utilisé en studio sur trépied.

Pour insérer un film, il faut tourner le gros verrou du dessous, qui libère le dos. Bizarrement, rien n’est écris à ce sujet sur le mode d’emploi. Parce que c’est très simple, ou parce que les clients étaient censés avoir déjà fait la manœuvre ? C’est vrai qu’à l’époque, le film 120 semblait plus simple à utiliser que le 135 (pas de rembobinage, bobine plus grande à manipuler).

En tout état de cause, il faut placer la bobine chargée en bas et tirer le film vers le haut, glisser le début de la languette dans la bobine réceptrice, tourner lentement jusqu’aux repères (généralement une flèche ou une ligne qui barre le papier), refermer le dos et continuer à tourner jusqu’à ce que le chiffre 1 apparaisse dans la fenêtre. Voilà, vous êtes prêt pour votre première image. Bienvenue dans le monde fascinant des grands négatifs et de la photo lente …

Que penser de ce bel appareil, in fine ?

Dire qu’il est beau est toujours subjectif. Par contre, on peut dire qu’il est bien construit. Tout en métal coulé, il respire la solidité. Les mécanismes sont doux, exempt de jeux et faciles à utiliser.

Si vous voulez vous lancer dans la découverte du monde fascinant du 6×6, c’est un excellent candidat : outre sa qualité de fabrication, les optiques sont très bonnes, les marques retenues font parties de plus anciennes fabriques d’optiques européennes. Sa vitesse maximale est dans la partie haute de celles de l’époque (1/400s) ce qui le destine aussi à pouvoir sortir sans trop de complexe. En paysage ou en portrait, il fera merveille.

Enfin, malgré toutes ses qualités, son prix reste très contenu : comptez environ 120€ pour un très bel exemplaire avec sa gaine en cuir. Difficile de faire mieux pour moins cher (je connais des Lubitel 2 en bakélite à ce prix) !

C’est presque dommage de les voir partir à ce pris-là !

Conclusion : si vous en trouvez un et que vous avez envie de vous initier au moyen format, ne le boudez pas, ce serait dommage de le voir partir.

Ce très bel exemplaire fait partie de la collection dont je vous ai déjà touché un mot.

Pour le mode d’emploi, il est à télécharger ici.

Petite videos d’illsutration :

Des références : https://www.hocus-focus.fr/2024/02/07/test-du-6×6-tlr-sem/, https://alexandre-s.fr/lhistoire-du-semflex/, https://fr.wikipedia.org/wiki/Semflex, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-12809-Sem_Semflex%20III.html, https://cameras-obscuras.blogspot.com/2008/09/en-tte-des-6×6-franais-le-semflex.html, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=1278, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Semflex, https://www.collectiongeven.com/piwigo/, http://glangl1.free.fr/Pages/Sem/Page_Standard.html, https://collection.click-clack.fr/sem-appareils-photo-6×6-cm/, http://clicclac.free.fr/clicclac.php?page=appareils_marque.php?marque=SEM, https://www.mes-appareils-photos.fr/Semflex-Standard-3.5.htm en français ; http://www.tlr-cameras.com/French/index.html, https://emulsive.org/reviews/camera-reviews/semflex-studio-the-tele-tlr-with-a-french-accent-by-gael-ld en anglais ; et si vous deviez réparer le vôtre : http://herlent.daniel.free.fr/reparation/semflex/index.html

Argentique

Le Zenit E

Encore un appareil russe mais pas n’importe lequel, le Zenit E.

En plus, celui-ci en particulier, c’est mon épouse qui l’a déniché et l’a trouvé beau avec son grand « sac tout prêt » en cuir noir. Ni une ni deux, elle l’a négocié et emporté pour une bouchée de pain. Se laisserait-elle gagner par ma passion … ?

Si l’appareil, de prime abord, se révèle assez simple, son histoire est surprenante et mérite qu’on s’y attarde un peu car figurez-vous que ce reflex est sans doute celui qui fut le plus fabriqué au monde. On parle de sept à huit millions d’appareils fabriqués entre 1965 et 1988, un record.

La production démarre en 1965 et s’arrête en 1988. Pendant ce temps, KMZ a produit approximativement 3.334.540 Zenit E alors que plus de 5.000.000 seront produit à la MMZ entre 1973 et 1986. Si l’on compte les modèles dérivés, ES, EM, ET, 11 et TTL qui étaient basés sur le Zenit E, on arrive à un total hallucinant de près de 12 millions d’exemplaires.

Ces appareils ont donc été fabriqué dans deux usines, KMZ (Krasnogorski Mechanicheskii Zavod près de Moscou ) et MMZ (Minsk Mechanicheskii Zavod à Vileyka, en Biélorussie). Il faut savoir que l’usine mécanique de KMZ était une usine d’armement, qui produisait des viseurs pour chars et canons, des périscopes pour les sous-marins et des appareils de vision nocturne, dont des lentilles spéciales pour les satellites espion. De l’avis général, la fabrication des appareils photo ressemblait plus à une couverture de façade qu’à une vraie volonté de fabriquer du matériel purement photographique.

Ce qui veut dire que certains changements dans la fabrication de ces appareils ne sont pas clairement établis car classifiés « secret défense ». Il faudra attendre la Perestroïka des années nonante pour y voir plus clair, l’usine KMZ étant déclassifiée.

Pourtant, rien n’est simple car les fondateurs ont tous disparus et les archives se sont souvent éparpillées avant cette « ouverture ». Il reste à analyser les modèles entre eux pour essayer de trouver des réponses aux nombreuses questions que soulève la découverte des modèles différents, qui portent pourtant tous le nom de Zenit E.

Le site Kosmo Foto en est le spécialiste. Ses références sont en bas de l’article, comme d’habitude. Si vous voulez comprendre toutes les subtilités, je vous y donne rendez-vous.

Pour commencer, il faut savoir que l’obturateur est dérivé de celui du Leica II (1933) avec l’ajout d’un miroir et d’une synchronisation du flash (comme le Zorki S). Ce miroir est à retour instantané toutefois, contrairement aux Zenit reflex précédant.

Le changement le plus radical fut le passage de la monture initiale, au filetage M39, à celle plus universelle du M42.

Si vous vous en souvenez, les Zorki et Fed, copies plus ou moins fidèles du Leica d’avant guerre, utilisaient déjà la monture M39. Si celle-ci fut gardée dans un premier temps, c’est qu’elle était la manière la plus facile de concevoir un nouvel appareil sans devoir trop modifier les machines de production. Deux autres appareils utilisaient aussi cette monture, le Zenit Kristall et le Zenit 3M, nous y reviendrons.

Mais au fur et à mesure de la production et de l’ouverture de l’URSS aux exportations, il est devenu nécessaire de délaisser la monture plus ancienne du M39 au profit de la « nouvelle » M42. De fait, pendant quelques années les deux montures se sont côtoyées : M39 pour le marché intérieur car les photographes russes avaient un large parc optique dans cette monture et M42 pour les appareils destinés à l’export. Il en était de même pour le filetage du trépied : 1/4′ pour l’exportation et 3/8′ pour les consommateurs russes.

Finalement, la monture M42 et le filetage 1/4′ se sont imposés. On pense que la transition a eut lieu dès 1967 pour s’affermir au début des années septante, même si des numéros de série laissent encore planer le doute car des appareils plus récents étaient encore construits avec l’ancienne monture. Les collectionneurs apprécient.

D’autant que d’habitude, les numéros de série des appareils russes présentes l’année de fabrication avec les 2 premiers chiffres du numéro. Sauf qu’ici, lorsqu’on arrivait à 9999, on repartait à une autre série. Ce n’était plus dicté par le nombre sorti mais par de la comptabilité interne, pour les pièces notamment. Un vrai casse-tête !

Une autre explication serait que le Zenit 3M, normalement le prédécesseur du Zenit E, aurait encore été produit simultanément de 1965 à 1970. Dès lors il pouvait y avoir des boitiers construits de la même façon mais qui recevaient des « montages « platines » (ou brides) différentes selon les objectifs qu’on allait y monter par la suite.

La volonté de planification et d’unification chez les fabricants soviétiques pourraient d’ailleurs expliquer pourquoi le Zenit 3M (comme le Zenit Kristall) et le Zenit E sont si proches en interne. De nombreuses pièces de l’un sont interchangeables avec l’autre, en tout cas dans les premiers temps de production. Outre la molette des vitesses qui fut strictement la même pendant deux ans sur les deux appareils, la plupart des pièces de l’obturateur, le pentaprisme, le verre dépoli et d’autres détails internes, tels que la bobine réceptrice, étaient également similaires. Cette approche a réduit le coût de reconfiguration des machines et des équipements pour la production de nouveaux modèles. Les objectifs fournis avec les deux appareils photo étaient également les mêmes, les Hélios 44-2.

La grosse différence entre les deux appareils se situait sur le prisme, redessiné pour accueillir une cellule au sélénium non couplée pour le Zenit E.

Etonnant non ?

Cet appareil lourd, peu équipé (une cellule au sélénium non couplée), sans vitesses lentes et limité au 1/500s, avec un viseur peu agréable (un auteur cite « […] qu’il est particulièrement sombre et fait voir le monde en gris ») a pourtant eu un succès énorme.

Vendu à prix dérisoire, il fut, avec les Praktica, responsable de l’engouement d’une bonne partie des amateurs peu argentés à la pratique de la photographie.

A l’époque des Pentax Spotmatic ou des Olympus OM-2, ces appareils représentaient une alternative intéressante.

Pendant la guerre froide, des millions d’exemplaires seront envoyés en Europe. Des entreprises, notamment en Allemagne de l’Ouest comme Foto Quelle l’ont rebaptisé Revueflex E, alors que la chaine Dixons en Angleterre le vendait sous le nom de Prinzflex 500E. Aux USA même, l’importateur Kalimar le vendait sous les noms de SR 200 et SR 300, alors que Cambridge Caméra (Boston) le renommait Cambron SE.

Petite anecdote à ce sujet : dans les années 1970 et 1980, Technical & Optical Equipment (TOE) a importé des centaines de milliers de ces appareils photo, destinés aux amateurs anglais. Ils ont envoyés leurs techniciens chez KMZ à Moscou où ils ont appris sur la chaine de montage même comment ces appareils étaient fabriqués. De retour en Angleterre, ces mêmes techniciens ont démonté et réassemblé chaque Zenit E entrant au Royaume-Uni. Ce sont sans doute là les Zenit E les plus fiables jamais construit ! Car dans ces années-là, le slogan en Russie était « l’économie doit être économe ». La baisse de qualité des appareils russes était en partie due au besoin de faire des économies sur les matériaux, les échelles de production, etc.

Ils sont nombreux ceux qui ont fait leurs premières armes sur cet appareil, avant de se tourner vers des boitiers plus riches en fonctionnalités une fois leur écolage fait et dès qu’ils en ont eu les moyens.

Encore de nos jours, si vous voulez apprendre les rudiments de la photographie argentique sans vous ruiner, il demeure un excellent appareil école (encore une fois comme les Praktica) car le prix reste intéressant, même muni d’un objectif russe, qui sera souvent de qualité, n’en déplaise à certains.

Car la monture M42 vous ouvre un vaste choix d’objectifs : des Pentax (« l’inventeur de la monture universelle M42 »), du Yashica (comme sur cet exemplaire), Praktica, Chinon, Cosina, Ricoh, Fujca et Edixa, sans être exhaustif. Essayez quand même un jour un Helios 44-2 (58mm f2), vous serez surpris de la qualité de cet objectif (mon ami Pierre sera bien d’accord là-dessus). L’appareil sera aussi livré avec un Industar 50-2 (50mm f3,5) moins performant mais plus compact.

A ce sujet, il est amusant mais instructif de lire dans le mode d’emploi « dévisser ou viser l’objectif Industar 50-2 uniquement par la bague moletée de l’échelle de profondeur de champ, mais l’objectif Helios 44-2 par la bague molette de mise au point ». Vous voilà prévenus.

Voici un petit aperçu des objectifs recommandés pour le Zenit E. Il s’agit uniquement ici d’objectifs russes, que l’on connait mal finalement.

Une petite remarque à propos du Yashica Yashinon XD 50mm f1,7 qui équipe cet appareil : comme je l’expliquais, souvent l’acheteur préférait mettre un peu plus d’argent pour un objectif de qualité, puisque le prix d’achat très abordable du Zenit E permettait quelques économies.

J’écrivais donc que le Zenit E est un appareil simple :

  • les vitesses vont de 1/30s à 1/500s plus une pose B (pas de vitesses lentes donc). Remarque importante : il faut soulever le bouton pour changer les vitesses, et comme pour les Zorki, il vaut mieux le faire quand l’appareil est armé, pour ne rien abîmer
  • une cellule au sélénium non couplée avec un cadran sur le dessus pour la lecture
  • un retardateur mécanique sur la façade
  • un viseur sans stignomètre à coïncidence ni lentille de Fresnel, ni dépoli, ni aucune autre information d’ailleurs
  • une griffe flash
  • un sélecteur de vitesse où il ne faut jamais tourner la molette de B directement à 500. Vous devez la tourner complètement de B à 30-x à 60 et ainsi de suite
  • un compteur de vue qu’il faut réinitialiser à chaque changement de film
  • un bouton de rembobinage qui doit être enfoncé pour faire sortir une manivelle de rembobinage qui est une simple tige avec une tête métallique moletée pour faciliter la prise en main lorsqu’il est utilisé par temps froid (on est en Russie ne l’oublions pas)
  • un miroir à retour instantané (si, si)
  • pas d’attaches pour y passer une sangle de transport (il faut garder la moitié du sac tout prêt avec soi, c’est elle qui a les sangles)

Difficile de faire plus simple et pourtant, quand on y fait un minimum attention, le Zenit E est capable de délivrer d’excellentes photographies.

Si ce n’est pas un appareil « glamour », il a un côté rassurant, du style char d’assaut : tout en métal, il approche le kilogramme.

Ci-dessous, quelques remarques auxquelles faire attention pour éviter bien des déboires.

Soyez attentif à la cellule au sélénium. Si elle a été protégée, elle devrait encore vous donner toute satisfaction mais il est probable que le sélénium soit épuisé. Dans ce cas, vous utilisez soit la règle du Sunny 16 ou une cellule indépendante.

La lecture de la mesure se fait avec l’affichage à aiguille sur le capot, à gauche. Il faut tourner la molette autour du bouton de rembobinage jusqu’à ce qu’un anneau sur l’écran se trouve au-dessus de l’aiguille, auquel cas, si la vitesse du film est correctement réglée, vous pouvez lire une gamme de réglages équivalents de l’appareil photo à partir des marquages ​​sur l’anneau. Le compteur descend jusqu’à 30 secondes d’ouverture et f/2, et jusqu’à 1/500ème et f/32.

Les boitiers destinés à l’exportation sont marqués avec des vitesses en ASA et DIN, mais l’échelle ASA est étrangement numérotée – les chiffres correspondent à peu près aux vitesses de films soviétiques courantes, converties de l’échelle GOST en ASA (les deux sont mesurées dans des unités extrêmement similaires et correspondent étroitement, mais pas précisément), et sont généralement un peu moins qu’un arrêt par rapport aux vitesses internationales courantes (320 au lieu de 400, 80 au lieu de 100, 40 au lieu de 64, et cetera.) La seule vitesse internationale courante sur le cadran est 160 ASA, connue pour être la vitesse nominale de certaines émulsions Portra.

La synchronisation du flash est au 1/30s (comme sur les vieux Leica). Le sélecteur est en dessous du sélecteur de vitesse, il faut le faire glisser vers M ou X. En principe, on peut ajuster le délai de la synchro X à la M mais ils n’ont pas noté les marques en millisecondes sur le cadran des vitesses. Pifomètre sera votre meilleur allié.

Les tous premiers modèles du Zenit E ne possédait pas de griffe pour le flash. Par la suite, elle fut ajoutée comme une pièce rapportée, qui avait la fâcheuse tendance de se faire la malle quand elle avait été trop malmenée. Puis elle sera intégrée au boitier et mieux fixée.

Je reviens encore sur un point qui me semble intéressant de signaler : pour changer les vitesses, en tirant le sélecteur vers le haut, vous devez d’abord armer l’obturateur. Un petit point au centre du cadran montre le réglage en cours, pour mémoire. Il faut tourner le cadran dans le sens anti-horaire (lorsque vous déclenchez, vous le voyez tourner dans l’autre sens). Il existe aussi la possibilité de caler l’obturateur sur la position B : il faut maintenir enfoncé le déclencheur et tourner le cadran dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.

Pour le rembobinage, vous verrez au centre de la couronne un petit rond métallique. Il faut le faire tourner dans le sens de la flèche et l’enfoncer pour libérer la tige qui servira à rembobiner le film. Ne pas oublier d’enfoncer et maintenir enfoncé le petit bouton près du déclencheur pendant la manœuvre (il débraye le mécanisme).

Pour charger un nouveau film, il faut ouvrir le verrou sur la tranche, qui libère le dos. Placez la bobine dans la chambre et tirez l’amorce jusqu’à la bobine réceptrice. Là, il faut avouer que ce n’est pas facile de l’y glisser car, en tout cas sur les premiers modèles, la tige de la bobine est entourée d’une feuille métallique sous laquelle il faut glisser le bout du film. Plus tard, Zenit optera pour une bobine en plastique, plus simple.

Le retardateur, qui est en façade ne peut être mis en bas que si vous avez d’abord armé l’appareil. Pour le libérer, il faut appuyer sur le petit bouton et vous aurez 9 secondes pour être sur la photo, … ou pas.

Bon, j’écrivais que l’appareil était simple, quoique … En effet, même s’il faut tenir compte des petites choses auxquelles faire attention ci-dessus, il y a des petits trucs pour vous aider à la prise de vue (je vous recommande le voir la première vidéo à ce sujet), comme par exemple le système de la lecture des données de la cellule : dès que vous avez fait tourner la molette pour juxtaposer le rond et l’aiguille, vous avez les infos pour l’ouverture et la vitesse recommandées, que vous n’aurez plus qu’à reproduire sur le cadran des vitesses et sur l’objectif. C’est pas gentil ça ?

C’est un fait, le Zenit E n’avait pas la souplesse des appareils japonais, ou même allemands, de l’époque, ni même leur agrément d’utilisation et ne parlons pas de leur sophistication par rapport à ses capacités. Mais au prix où il était vendu, il était tout aussi capable de faire d’excellentes photographies et, encore une fois, des générations de photographes amateurs ont connu avec lui leurs premiers émois photographiques (bon, ok, leurs premiers déboires aussi, parfois).

De nos jours, les Zenit E se vendent pour 10 à 15€, avec leur objectif d’origine. Et c’est presque triste à écrire, mais si l’exemplaire acheté venait à tomber en panne, il est moins couteux d’en racheter un que d’essayer de le réparer. Ils sont courants et faciles encore à trouver. Vérifiez quand même, lors de l’achat, si votre exemplaire vient d’Angleterre, auquel cas vous faites une excellente affaire pour ce prix-là.

Dans tous les cas, ouvrez-le après l’avoir armé et déclenchez à toutes les vitesses en observant attentivement les rideaux, qui doivent se refermer ensembles (pas de décalage). C’est une question de tension et/ou de graissage qui fera que ça fonctionne ou pas. Si tout est ok, faites le pas, pour le plaisir de l’expérience.

Petites videos d’illustration :

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Des références : https://sovietcameras.org/zenit-e/, https://kosmofoto.com/2018/12/zenit-e-russian-camera-review/, https://www.lomography.com/magazine/20726-zenit-e-all-its-cracked-up-to-be, https://kosmofoto.com/2022/11/zenit-e-solving-the-enduring-mysteries-of-the-worlds-most-popular-slr/, https://www.lomography.com/magazine/187194-zenit-e-the-sturdy-metal-heart-of-russian-photography en anglais ; https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-508-Krasnogorsk_Zenit%20E.html, https://fr.rbth.com/art/histoire/2017/09/01/zenit-petite-histoire-de-lappareil-photo-le-plus-produit-au-monde_832506 en français

info utiles ou futiles

Quand les fabricants de film rendaient la photographie amateur facile et agréable.

Au détour d’un paquet de vieux documents ayant trait à la photographie argentique (vieux catalogues, modes d’emploi, etc.), j’ai retrouvé un petit fascicule édité par Fujicolor.

Plein de nostalgie, je l’ai feuilleté et je me suis dit que j’allais vous le scanner car sous des dehors bon enfant, toutes les notions de la photographie amateure y sont reprises.

Eh oui, à l’époque les fabricants de film se coupaient en quatre pour vous faire aimer la photo familiale, de vacances, celle que l’on appelle pompeusement « vernaculaire » (oui, j’ai osé le jeu de mots !). D’abord parce qu’ils vendaient encore plus de films et ensuite parce que ça décomplexait la photo, la rendant accessible et ludique.

Si vous veniez d’acheter votre Zenit E, votre Praktica MTL 5, votre Fujica ST 605, par exemple, vous aviez envie de faire de belles images sans trop gaspiller cette précieuse pellicule.

Après avoir lu le mode d’emploi de votre appareil, généralement bien fait et plein de bons conseils, vous lisiez ce petit opus fournit par le fabriquant de film et vous étiez prêt à affronter le monde.

Je ne résiste pas à vous présenter celui fournit par Fuji Film.

Voilà, voilà … Fuji Film n’était pas le seul a fournir ce type de « mémo » utile. Kodak, Agfa et consorts s’y sont mis aussi avec plus ou moins de bonheur.

Et si ne gardiez que la grille ci-dessous près de votre appareil photo, vous pouviez affronter tous les types de prises de vue.

Je vous le mets en PDF à télécharger, si vous en aviez un jour besoin.

Argentique

Le Pentax Super A

Trouvé sur une brocante en juillet, je n’avais pas encore pris le temps de vous le présenter, quelle erreur !

Mais commençons par le début …

Ce Pentax Super A ou Super Program pour le marché anglo-saxon, apparu en 1983, il fait partie de la série A de la marque, même si sa taille et sa présentation sont assez proches de la série des M comme les ME et Super ME, qui l’ont précédé.

Disons-le d’emblée, il est un concurrent du Fujica AX 5, du Minolta XD-7 et du Canon A-1, c’est dire les ambitions du Monsieur.

Si en taille il est proche du Fujica, par rapport au Canon, il est (tout) petit.

Mais c’est un concentré de technologie aussi, nous allons le voir ensemble.

Pourquoi « Super A » ? Pour insister sur les automatismes d’exposition qu’il propose.

S’il y en avait déjà quelques uns sur les ME, ME Super et consorts, ici on va aller plus loin. Et pour y arriver, la baïonnette va devoir évoluer : exit la K, bonjour la K-A.

De fait c’est une K munie maintenant de 6 contacts électriques pour pouvoir bénéficier des nouveaux modes de l’appareil et les objectifs s’appellent désormais SMC Pentax A.

Ne jetez pas pour autant vos cailloux en K, ils sont toujours acceptés et vous garderez l’automatisme avec priorité ouverture.

Par contre, ici, sans piles, point de salut, même en mode manuel.

Ah quel suspens ! Mais il nous propose quoi de plus ce Pentax Super A ?

C’est le premier Pentax avec les modes d’expositions P (programme) – Tv (priorité vitesse) – Av (priorité ouverture) et M (manuel), le tout avec contrôle du flash TTL.

Pour autant que vous utilisiez la nouvelle monture K-A, sinon il reste les modes priorité ouverture et manuel avec les anciens objectifs M et K.

Disons-le d’emblée, si nous ne sommes pas dans la cour du Pentax LX, ce Pentax Super A est le haut de gamme du moment chez Pentax.

Mais reprenons point par point, ce sera plus facile.

C’est donc un appareil multimodes avec des modes entièrement automatiques programmés, à priorité ouverture, priorité vitesse et manuel.

Pour mémoire : en mode Program, le boitier définit automatiquement la combinaison précise d’ouverture et de vitesse en appuyant sur un bouton.

En priorité à l’ouverture, vous définissez l’ouverture et contrôlez la profondeur de champ sur la partie la plus importante de votre image. Le Pentax Super A définit la bonne vitesse d’obturation.

Et en priorité vitesse, vous définissez la vitesse d’obturation et le Super A définit l’ouverture juste.

Ajoutons-y des modes flashs automatiques avec mesure TTL (à travers l’objectif).

S’il innove, il ne réinvente pas tout : comme sur le ME Super avant lui, ce Super A utilise des boutons-poussoirs pour effectuer les réglages, dont le fameux A pour automatique sur la bague de réglages.

Là je vous avoue que je mets un bémol car ces boutons-poussoirs ne sont pas très pratiques. Déjà il faut appuyer sur un minuscule bouton pour déverrouiller la bague et mettre l’appareil en route, mais les différents réglages se font en poussant alternativement sur deux autres boutons pas beaucoup plus grands. De même chez Minolta avec son 7000 AF. Vous aller trouver que je ne suis pas impartial, mais lorsque Canon avec le T-90 (1986), a introduit le principe de la molette de commande électronique, que l’on retrouvera ensuite sur les EOS (1987), il a littéralement définit un nouveau standard, qui sera ensuite repris par les autres constructeurs, y compris Pentax, et qui perdure encore de nos jours.

La prise en mains est excellente, surtout si votre exemplaire possède les deux « poignées » prévues : un repose pouce à l’arrière, inamovible, qui porte aussi le mémo du film utilisé, et devant une petite poignée qui se fixe à l’avant (comme sur le Canon A-1), manquante sur mon appareil. C’est surtout pour les grandes mains que ces accessoires sont utiles, pour assurer une meilleure préhension car, n’oublions pas, le boitier est compact.

Lorsque vous le portez à hauteur d’œil, vous découvrez un viseur dans la veine des Pentax de l’époque : clair, aéré et qui couvre 92% de la surface (agrandissement x 0,82). Un stignomètre à coïncidence entouré d’un fin micro-prisme permet une visée facile à régler.

Voyez, en dessous, les 2 fenêtres pour les indications de prise de vue.

Vous y trouverez la vitesse sur le côté gauche et sur la droite les modes d’exposition sélectionnés avec leur indicateur : en mode programme ou en mode priorité vitesse, c’est l’ouverture qui est affichée ; en mode priorité à l’ouverture, par contre, vous ne verrez rien alors qu’en mode manuel, vous pourrez voir la correction d’exposition que vous pouvez apporter pour éviter une sur ou sous expo. Dans n’importe quel mode, si la compensation d’exposition est activée, elle est affichée sur le côté dans l’indicateur de droite.

Ces indications reçoivent la lumière naturelle à travers une fenêtre en plastique translucide sur le boîtier du pentaprisme (comme sur le Canon F-1), ce qui est une bonne idée mais ces indicateurs, il faut bien le reconnaître, ne sont pas toujours bien visibles, notamment en plein soleil. Il y a bien un petit bouton, sur le côté du barillet de l’objectif, qui actionne une petite lampe, mais c’est limite.

Pour mettre l’appareil en route, il faut enfoncer donc un minuscule bouton sur la couronne de la molette de réglage et passer sur la positon Auto, par exemple. Ensuite, la sélection du mode de fonctionnement s’effectue par une combinaison de la molette de mode et la position A sur l’objectif. Petit résumé ci-dessous :

N’oubliez pas que ces options ne sont possibles que si vous utilisez un objectif de la série A (monture KA). A défaut, les options Program et Tv (priorité vitesse) ne sont pas accessibles.

Toujours sur la molette de mode, la position 1/125 pour la synchro flash et B pour les poses longues.

Un petit écran LCD, parfois capricieux, affiche la vitesse et un P si vous avez choisit le mode Program.

De l’autre côté, autour de la manivelle de rembobinage, vous trouverez le réglage ISO et la compensation d’exposition. Contrairement aux autres réflex de l’époque, pour régler les ISO il ne faut pas soulever la molette mais bien enfoncer le bouton de verrouillage. Chacun son truc, finalement.

La mesure est pondérée centrale et il n’y a pas de verrouillage de l’exposition (AE).

Je reviens un instant sur l’utilisation du flash car le Pentax Super A propose deux modes de flash automatique dont un réservé au flash dédié et l’autre pour les flashs tiers :

  • avec le flash dédié, en mode Program, le boitier sélectionne la vitesse et l’ouverture appropriées et contrôle automatiquement la puissance de l’éclair
  • avec le flash TTL, en réglant le boitier sur la priorité ouverture (Av), la quantité d’éclair est mesurée pendant l’exposition. Ceci vous permet de sélectionner n’importe quelle ouverture dans la plage du flash et de contrôler la profondeur de champ avec le flash auto.

Avec des flashs tiers ou non dédiés, il faudra utiliser un cordon qui se branche dans la prise PC, sur le côté, près de l’interrupteur de lumière du viseur.

Le boitier propose des vitesses de 15s à 1/2000s, que vous sélectionnez avec les boutons noirs pour augmenter ou diminuer la vitesse. N’oubliez pas encore que si avec les ME Super vous pouviez encore photographier au 1/125s sans piles, ici ce n’est pas possible car l’obturateur est électronique. Pensez à avoir deux LR44 avec vous pour éviter tous déboires.

Tant que je compare le Super A au ME Super, ajoutons qu’une des caractéristiques supplémentaires est la possibilité de mesurer la profondeur de champ et l’autre réside dans le retardateur qui n’est plus actionné par un levier mais devient électronique (12s).

Pour charger l’appareil, du classique : on soulève la manivelle de rembobinage et le dos s’ouvre. Vous tirez l’amorce jusqu’aux baguettes magiques de la bobine réceptrice (une série de fine baguette de plastique, ce qui facilite l’accrochage) et vous armez et déclenchez une à deux fois avant de refermer la partie arrière. Le compteur se remet automatiquement à zéro (compteur additif). Juste sous le levier d’armement, vous verrez une petite fenêtre, qui est un témoin de l’accrochage du film.

L’appareil était accompagné de plusieurs accessoires : j’ai déjà évoqué les flashs dédiés (Pentax AF4OOT, AF200T, AF200S, AF 160) mais il y avait aussi un dos avec dateur, un moteur (Winder ME II ou Motor Drive A) qui donnait une cadence de 3,5i/s et bien entendu des objectifs en monture KA.

Que retenir de ce petit appareil sympathique ?

J’aime bien sa taille contenue, sa prise en mains assez typique de ces années-là. Il est bourré d’électronique, qui peut très mal vieillir, on le sait, mais généralement le boitier supporte bien les années.

Très bien fournit, des lectures que j’ai pu faire sur les différents sites consultés, l’avis est unanime, c’est un très bon appareil, qui donne d’excellents résultats. Les objectifs en monture KA valant aussi très largement les autres objectifs de la marque.

Personnellement, même si d’aucuns trouvent facile les réglages avec les petits boutons, qui permettent en principe de ne pas quitter le viseur des yeux pendant les modifications, je ne m’y habitue pas (sorry, je ne les sens pas sous les doigts).

Pour le reste, ce Super A fait partie des excellents appareils proposés par Pentax.

Il a existé en version chromée et noire, qui reste toujours un peu plus cher à l’achat et que je trouve plus jolie (avis tout personnel mais je le partage).

Question prix d’ailleurs, s’il n’atteint pas les folies des Canon AE-1, il se négocie quand même autour des 75€.

S’il n’a pas l’aura mythique d’un Pentax LX, il n’en demeure pas moins un excellent appareil qui mérite le détour, et l’achat.

Videos d’illustration :

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI (très complet mais en anglais).

Résumé technique (source : pentaxforums.com)

  • Appareil photo reflex 35 mm avec commandes d’exposition automatiques multimodes, obturateur à plan focal à commande électronique et mesure à travers l’objectif à pondération centrale à ouverture ouverte
  • Six modes de contrôle d’exposition : AE programmé, AE à priorité ouverture, AE à priorité vitesse, manuel mesuré, flash automatique TTL et mode flash automatique programmé
  • Réglage du mode de contrôle de l’exposition : En utilisant des combinaisons de réglages sur le cadran d’obturation et la bague d’ouverture des objectifs de la série « A »
  • Monture : Pentax KA Bayonet (monture à baïonnette Pentax K avec contact électrique)
  • Obturateur à plan focal métallique à course verticale Seiko MFC-E3, exposition automatique et réglages manuels, vitesses contrôlées électroniquement de 15 à 1/2000 s, 1/125 s (synchro flash) et B. Déclencheur électromagnétique avec bouton de déclenchement verrouillage
  • Indication d’exposition dans le viseur : Écran à cristaux liquides (LCD). Vitesses d’obturation automatiques et manuelles, ouvertures d’objectif réglées automatiquement, avertissement de facteur d’exposition, avertissement d’erreur de réglage de la vitesse d’obturation, avertissement de durée de vie de la batterie et indication AE programmée (P). Éclairage de la fenêtre LCD
  • Indication externe : vitesses d’obturation automatique et manuelle, indication AE programmée (P) et indicateur d’obturation armé
  • Synchronisation du flash : Griffe flash (contact X-synch, contacts flash dédiés), X-sync à 1/125 sec.
  • Couplage automatique du flash dédié : Réglage automatique de 1/125 sec. vitesse de synchronisation avec des flashs automatiques dédiés. Le contrôle automatique du flash TTL permet une mesure sur le plan du film. Plus lent que 1/125 sec. La photographie avec flash synchronisé est possible en mode manuel.
  • Retardateur : à commande électronique, indication du temps de retard par lampe clignotante et buzzer électronique, env. 12 secondes. délai d’attente, résiliable à tout moment ; lancer le processus en appuyant sur le déclencheur
  • Viseur pentaprisme à revêtement argenté avec écran de mise au point à image divisée/microprisme ; montre 92 % de la zone de l’image, grossissement 0,82X avec objectif 50 mm à l’infini. -1,1 oculaire dioptrique
  • Miroir à retour instantané de type à bascule arrière
  • Chargement du film à « aiguille magique » (un ensemble de fines baguettes dans lesquels on glisse l’amorce)
  • Levier d’armement rapide à une seule course avec une projection de 135° et un angle d’écartement de 30° ; Indicateur d’armement de l’obturateur LCD ; fenêtre indicatrice d’avance et de rembobinage du film. Accepte Winder ME II, Motor Drive A
  • Compteur d’exposition : additif, remise à zéro automatique. Règle automatiquement la vitesse d’obturation à 1/1000 sec. jusqu’à l’image « 0 » sur le compteur lorsque la molette d’obturation est réglée sur AUTO ou M
  • Rembobinage du film par manivelle
  • Mesure de l’exposition : Système de mesure de surface moyenne à ouverture ouverte, à travers l’objectif, à pondération centrale avec cellule GPD. Mesure film-plan pour flashs électroniques automatiques dédiés
  • Plage demesure : EV 1 (f/1,4, 1 sec) ~ EV 19 (f/16, 1/2000 sec. ou f/22, 1/1000 sec.) avec objectif 50 mm f/1,4 et film ASA/ISO 100
  • Réglage ASA/ISO : 6 à 3.200
  • Compenstion d’exposition : Cadran de compensation indexé à 4X, 2X, 1X, 1/2X et 1/4X
  • Témoin profondeur de champ : via le levier d’aperçu de la profondeur de champ lorsque l’ouverture est réglée manuellement
  • Alimentation : Deux piles alcalines ou à l’oxyde d’argent de 1,5 V, ou une pile au lithium de 3 V
  • Interrupteur principal : Allumé par le déclencheur et reste allumé pendant environ 30 secondes, arrêt par minuterie intégrée
  • Avertissement de batterie : Lorsque les piles s’affaiblissent, l’écran LCD fait clignoter alternativement les désignations d’exposition et le signe « ooo ». Lorsque les piles sont épuisées, les écrans LCD s’éteignent et l’obturateur se verrouille
  • Porte arrière : Dos d’appareil photo standard avec loquet à ressort, support/poignée pour mémo intégré, entièrement interchangeable avec Dial Data ME et Digital Data M

Des références : https://benber.fr/revue-pentax-super-a/, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-2039-Pentax_Super%20A.html en français ; https://www.pentaxforums.com/camerareviews/pentax-super-super-program.html, http://camera-wiki.org/wiki/Pentax_Super_A, https://www.35mmc.com/03/07/2020/pentax-super-program-review-by-chris-colten/, https://en.wikipedia.org/wiki/Pentax_Super-A, https://lens-db.com/camera/pentax-super-a-1983/, https://everythingvintage.uk/vintage-camera/pentax-super-program-super-a-review/, https://cjo.info/classic-analogue-cameras/pentax-super-a/, en anglais

Argentique

Le Canon Eos 100

Troisième appareil reçu de Philippe, un Eos 100 avec son zoom 28 – 80mm d’époque, un monument.

Pour mémoire, la gamme Eos a vu le jour en 1987, pour le cinquantième anniversaire de la marque.

Nous sommes en pleine transition car l’autofocus fait son apparition et il sera l’avenir dans la photographie, professionnelle ou amateure.

Leader du marché de la photo depuis des années, Canon perd ce statut malgré le lancement, en avril 1985, du T-80, le premier reflex autofocus de la marque : Minolta a lancé son 7000 AF en février, qui est un succès énorme, et Nikon, avec son F-501, lui a emboité le pas (avril 1986).

Le T-80 est un bon appareil mais son autofocus, de l’aveu même de la marque, est déjà dépassé par la concurrence. En juin 1986 le boitier est abandonné.

En plus, les Jeux Olympiques de 1987 approchent à grands pas et ils sont une vitrine que Canon ne peut pas rater, il en va de sa survie. Il faut trouver une nouvelle stratégie, et vite !

Ils présentent bien, en 1986, le Canon RC-701, le premier appareil video au monde mais ce balbutiement du numérique est trop en avance. Ce n’est pas la solution attendue.

Pendant deux ans, les ingénieurs de Canon travaillent d’arrache-pied sur une nouvelle monture, les optiques EF, pour Electro Focus, qui sont mues par des moteurs circulaires USM (Ultrasonic Motor) intégrés dans l’objectif. Ainsi va naître le système EOS (Electro Optical System) et il aura de l’avenir.

Cette monture propose un diamètre interne de 54mm, le plus grand, toutes montures pour 24×36 confondues. L’avantage, c’est d’offrir des objectifs à grande ouverture pour les nouveaux boitiers EOS.

L’originalité de la technologie développée pour les objectifs EF, c’est le moteur pour l’autofocus intégré à l’objectif lui-même. Il n’y a dès lors plus d’interface mécanique entre l’objectif et le boitier, tout se fait par signaux électriques. Les autres marques utilisent encore des cames pour leur moteur, associé à des contacts électriques et une vis hélicoïdale intégrée à l’optique .

Les objectifs EF de chez Canon ont alors un moteur spécifique par focale et le mécanisme est pensé pour être durable, la « mécanique » de jonction ayant été évacuée.

Depuis 1987, la gamme des EF s’est diversifiée et spécialisée pour répondre à tous les usages : du sport au portrait, en passant par le paysage, le photojournalisme. Elle a aussi bénéficié de toutes les nouveautés optiques ou électro-mécaniques, comme les moteurs ultrasoniques (USM), la stabilisation optique (IS), les verres diffringents (DO), l’utilisation de la fluorite pour le traitement des verres et des éléments asphériques sont encore introduits dans la construction de certaines focales, notamment celles des séries L (professionnelles).

En 2003, le numérique a fait sa place et Canon propose des boitiers à capteurs APS-C (Canon Eos 300D). La firme lance alors des objectifs spécifiques à cette gamme, les EF-S (S pour « Short back focus »), parce que l’arrière de l’optique est plus proche du capteur APS-C que les objectifs EF ne le sont des capteurs plein format.

Si on peut monter un objectif EF sur un boitier APS-C, la réciproque n’est pas vraie (un détrompeur empêche d’ailleurs de le faire). L’avantage d’un objectif EF sur un boitier à capteur plus petit, c’est qu’il « augmente » la longueur de l’objectif : ainsi un 24 – 70mm en EF devient, après application d’un coefficient de 1,6x, un objectif de 38 – 112mm. Si ce n’est pas toujours flagrant en focale classique, imaginez en photos animalières l’avantage que cela représente : un télé comme le 70 – 200 f2,8 devient un 112 – 320mm ouvrant toujours à f2,8. Vous pouvez y mettre un doubleur de focale, vous ne perdrez pas grand chose en luminosité.

Par contre, pour les très grands angles, il faut absolument passer par un objectif EF-S pour ne par perdre l’intérêt de la focale avec le coefficient de conversion (1,6x pour la majorité des cas, parfois 1,62x)

Petit aparté utile : les Canon Eos 10D – D 30 et D 60 sont les seuls numériques à petit capteur qui utilisent encore une monture EF et pas EF-S. Tous ceux venus après l’EOS 300D (2003) seront exclusivement en EF-S.

Pour être assez complet, en 2011 Canon lance les objectifs CN-E à réglage manuel, qui ne sont destinés qu’aux appareils du système EOS Cinéma.

L’année suivante, Canon met un pied dans les appareils hybrides, avec la série des EOS M et crée, dans la foulée, la monture EF-M, exclusive à ces modèles. Si vous vouliez réutiliser vos optiques EF et EF-S sur les appareils à monture EF-M, il fallait acheter une bague d’adaptation EF-EOS M. Particularité de ces objectifs EF-M par rapport aux autres : ils n’ont pas de sélecteur pour la mise au point ni de commutateur pour la stabilisation (IS).

Cette gamme ne sera pas poursuivie car lorsque Canon lancera ses premiers hybrides plein format (Canon R et RP), il lancera une nouvelle monture, la gamme RF

Second aparté : Canon a choisi une voie qui aurait pu s’avérer dangereuse en changeant totalement de monture. Les aficionados de la marque avaient déjà eu du mal à accepter le passage du FL vers le FD (les anciennes optiques argentiques mécaniques), mais leur annoncer tout de go qu’ils ne pourraient plus utiliser leurs anciens cailloux sur les nouveaux EOS pouvaient être catastrophique, surtout s’ils avaient investi dans des optiques de qualité. Le grand rival, Nikon, se targue de pouvoir utiliser toujours la mythique monture de ses F, même sur des appareils modernes (ce qui n’est pas tout à fait exact vu le nombre de restrictions), même si c’est au prix de tergiversations compliquées. Canon a eut le courage de couper les ponts et repartir sur de nouvelles bases, saines.

Bon, je résume cette épopée : retenons surtout que Canon, après l’échec de son T-80 qui était son premier autofocus avec monture FD, avait développé un T-90, sans autofocus, encore en monture FD. Si cet appareil était considéré alors comme le plus sophistiqué du moment, il était clair que la monture allait être l’obstacle qu’il fallait lever pour progresser (heu … j’en connais quelques uns qui vont me mettre en commentaire que ce T-90 était catastrophique, à cause de son électronique capricieuse. Mais bon, au moment de sa sortie, sur papier, il était « moderne »).

Une petite video résume tout cela en quelques images.

Canon remet donc ses ingénieurs à la planche à dessin avec un impératif : faire vite et bien !

C’est ainsi qu’est apparu le Canon EOS 650 en 1987, le premier EOS d’une longue série qui va perdurer jusqu’à nos jours (même si la monture RF et les hybrides semblent sonner le glas des reflex classiques de la marque).

Alors que la base est proche du T-90, nous avons là un tout nouvel appareil qui incorpore un microprocesseur, un moteur de très haute précision (à ultrasons) et un capteur CMOS pour l’analyse des images, très sensible. La vitesse de réaction de l’autofocus, liée à la précision de l’analyse des scènes l’ont rapidement rendu populaire, surtout auprès des photographes professionnels proches des milieux sportifs.

Il révolutionne aussi l’ergonomie des reflex : on quitte les angles vifs pour entrer dans du « rond ». Tout est pensé pour que les commandes tombent naturellement sous les doigts et que le port du boitier soit confortable.

Attention, l’autre coup de génie a été de proposer non pas un appareil neuf mais un « écosystème » complet autour de l’EOS 650 : des objectifs en veux-tu en voilà (162 références), des flashs, des accessoires, … bref, de quoi capter les utilisateurs qui deviendront fidèles à la mise au point automatique et l’automatisme de réglage de l’ouverture grâce aux moteurs électriques, silencieux et rapides.

Tiens au fait, pourquoi EOS ? Ce peut être une référence à la déesse grecque de l’aurore mais c’est surtout l’acronyme de Electro Optical System (système optique électronique).

Si l’EOS 650 était destiné aux amateurs experts, quoique, nous l’avons lu, aussi par des professionnels, il sera suivi, dès 1989 par l’EOS-1, le premier boitier vraiment professionnel en monture EF (les anciens Canon New F-1 étaient en monture FD).

Cet Eos-1 présente une ergonomie bien étudiée, de nombreux modes de prise de vue (programmes) et une vitesse d’obturation qui monte au 1/8000s. De plus, il propose un capteur d’images BASIS qui peut effectuer la mise au point automatique dans des conditions trop sombres pour le faire manuellement. Il est l’archétype des appareils modernes de la firme.

Bien que les professionnels et les amateurs éclairés soient bien servis, il faudra attendre 1993 et le Canon EOS 500 pour ouvrir la gamme des boitiers et des objectifs aux amateurs, c’est-à-dire au plus grand nombre de clients potentiels. Et ce avec un boitier performant, léger et compact.

Canon redevient le leader incontesté mais des appareils autofocus cette fois ! Si autrefois la bagarre avec Nikon, sur le marché professionnel, penchait encore et toujours vers la marque jaune, dès le moment où Canon a introduit le système EOS, la tendance s’est complètement inversée. Et, cerise sur le (gros) gâteau, il a même raflé une grande partie de la clientèle privée qui trouvait là un choix de matériel extraordinaire et évolutif.

Oui, changer radicalement de monture était un pari risqué, mais pari réussit !

Source : mir.com. La domination de Canon… Le moment de tension entre les photographes professionnels qui attendent à l’arrivée de la finale du 100 m hommes. Jeux olympiques d’Athènes 2004. Crédit : Vincent Thian, AP.

Venons-en à notre Canon Eos 100 ou Eos Elan aux States et Eos 100QD (avec dos dateur)/100 panorama (uniquement pour le marché intérieur) au Japon, apparu en 1993.

Commençons fort car c’est le premier reflex autofocus au monde qui intègre le concept du fonctionnement silencieux !

Bien qu’on entende encore les mouches voler, il faut quand même bien dire que les mécanismes dits silencieux (Whisper Drive) ont permis de réduire le bruit d’avance ou de rembobinage du film à un huitième du niveau sonore des appareils précédant.

Ici plus d’engrenages mais des courroie en néoprène renforcé de fibres qui ont le même office, le silence en plus.

Des blocs de caoutchouc sont utilisés pour amortir les vibrations et un système avancé de guidage du film par infrarouge, sans pignon, réduit encore plus le niveau de bruit. Si on ajoute encore l’avantage du fonctionnement tout aussi silencieux des objectifs USM, on peut dire que c’est un appareil particulièrement peu bruyant.

Un petit mot sur le guidage du film : dans les autres appareils, le film se rebobine grâce à une chaine d’engrenages bruyants et l’avance se fait grâce aux perforations le long des bords du film dont l’espacement détermine la distance entre deux images. Cliquetis en tout genre sont bien entendu au rendez-vous !

Dans l’Eos 100, c’est un système de détection optique qui mesure la distance d’avancement du film, sans même le toucher. De plus, deux moteurs sans noyau remplacent les moteurs classiques. Leur rotation est plus douce, quasi sans vibrations, et cela contribue encore à réduire le bruit du système d’entrainement.

Et pour aller au bout de la logique, des caoutchouc et de la mousse acrylique servent de supports flottants dans le corps même de l’appareil, isolant les vibrations qui pourraient atteindre la carcasse.

Le boitier porte un flash intégré, TTL, qui ajuste automatiquement l’angle du flash en fonction de l’angle de vue de l’objectif. Parmi les autres fonctionnalités de ce flash, on peut citer la synchro sur le deuxième rideau, la réduction des yeux rouges, la compensation d’exposition au flash. Il se déclenche automatiquement dans les situations de contre-jour (fill-in) ou de faible éclairage (attention, l’Elan américain n’a pas – allez savoir pourquoi – cette fonctionnalité).

Autre petite attention qui a réjouit les professionnels, une molette de contrôle rapide qui permet de régler la compensation d’exposition en temps réel, pendant que vous regardez la scène dans le viseur.

S’il a gardé le look des EOS 650 – 630, rajeunit, il a surtout gardé les fonctions intéressantes du EOS -10, à savoir la lecture des codes barre et, moins anecdotique, la molette arrière pour régler les fonctions utiles.

Et, bien sûr, il a engrangé quelques avancées technologiques, parfois issue des autres appareils de la gamme. Par exemple, il a opté pour le capteur BASIS de type croisé du EOS -1 pour détecter la mise au point sur les contrastes horizontaux et verticaux (l’EOS -10 utilisait des capteurs Tri-AF, moins sensibles).

Toujours emprunté au EOS-1, le boitier pro de la marque, la molette de commandes rapides, à l’arrière du boitier, pour contrôler les modes de fonctionnement. En plus, on peut personnaliser les fonctions (jusqu’à 8) que l’on utilise le plus souvent et on configure alors son appareil selon ses préférences.

Source : mir.com

J’ai bien l’impression que ces appareils ont inscrit la genèse des menus que nous connaissons encore et ils l’ont bien fait car déjà, ils étaient clairs et faciles à utiliser.

La plupart des fonctions de l’EOS 100 sont contrôlées par les trois parties de la molette « Commande », qui définit les modes d’exposition et sélectionne les modes de réglage pour la vitesse du film, l’exposition multiple, le bracketing d’exposition automatique et les fonctions personnalisées.

Un écran LCD très complet (tout ne s’allume pas en même temps, rassurez-vous).

Un mot sur le viseur : très clair, avec en son centre la mire de l’autofocus mais contrairement à l’écran LCD, il n’y a pas pléthore d’informations : la vitesse, l’ouverture, la correction d’exposition et le signal qui confirme la mise au point. L’essentiel en somme.

Autre gros avantage de l’EOS 100, son autofocus prédictif !

Avec un système d’autofocus classique, la mise au point se verrouille lorsque le déclencheur est enfoncé. Ce qui veut dire que pour les sujets en mouvements rapides peuvent être flous au moment du déclenchement.

Avec le système d’autofocus prédictif, l’appareil suit le mouvement du sujet et évalue sa vitesse et sa direction. Dès lors, il va « prédire » où se trouvera le sujet à l’ouverture de l’obturateur et la mise au point se fait à cette distance. Grâce au capteur Basis (Base Stored Image Sensor) , tout cela se fait en une fraction de seconde et garantit des images nettes.

L’EOS 100 propose encore une analyse fine de la profondeur de champ. Si vous dirigez l’appareil vers le point le plus proche de votre sujet, il suffit d’enfoncer à mi-course le déclencheur. Ensuite il faut viser le point le plus éloigné du sujet et de nouveau appuyer à mi-course sur le déclencheur. Cadrez et prenez la photo.

En fait, le micro ordinateur intégré dans le boitier définit automatiquement une ouverture et une distance de mise au point qui sera maintenue sur le sujet.

Il est encore possible d’utiliser le mode AE profondeur de champ en paysage, pour étendre la zone de mise au point du premier plan jusqu’à l’horizon, ou pour les portraits pour isoler le sujet avec un arrière-plan flou.

Si vous optez pour le réglage tout automatique (le carré vert), l’appareil vous avertit en cas de risque de bougé, grâce au capteur de mise au point du boitier, qui détecte les mouvements intempestifs. Si besoin, l’EOS 100 va alors sélectionner une vitesse appropriée, tenant compte du réglage de la distance focale de l’objectif pour dépasser l’effet de flou induit par le mouvement.

Autre innovation de cet EOS 100, la lecture de codes-barre.

Une série de conditions de prises de vue difficiles ont été mises en algorithmes que le boitier va pouvoir intégrer grâce à un petit lecteur de codes-barres (bar-code Reader E) qui se branche sur le côté. Selon votre pratique photographique, vous pouvez stocker la lecture de 5 codes-barres, que vous irez rechercher avec la molette de sélection de programmes.

Lorsque vous avez recours à ce système, l’appareil a intégré les paramètres pré-déterminés pour tel ou tel type de prise de vue. Vous pouvez dès lors personnaliser votre appareil photo finement.

Si cette solution peut sembler anecdotique, Minolta l’a utilisée sous forme de « carte » qui fallait glisser dans sa série des Dynax, à partir du 7ix si mes souvenirs sont bons.

Plus classique (enfin, maintenant que nous sommes habitués à cette configuration moderne et utilisée par tous les fabricants plus ou moins de la même manière), la roue de sélection des programmes, avec ses modes créatif, semi-automatique, automatique et manuel.

De nos jours tous ces « programmes » sont intégrés dans l’ordinateur de nos boitiers. Certains commencent même à recourir à l’AI pour certains types de prise de vue …

Dès lors, le cœur de commande de l’EOS 100, c’est sa molette de sélection. Elle permet de régler la vitesse, l’ouverture, la sensibilité du film, les fonctions personnalisées, le nombre d’expositions multiples, le bracketing d’exposition, etc.

Comme sur les Canon modernes, vous aurez donc la molette de sélection, une roue dentée à l’arrière, le « contrôle rapide » et une petite derrière le déclencheur. C’est avec la combinaison du jeu entre ces trois molettes que vous réglerez, comme aujourd’hui, les paramètres de prise de vue.

Je ne vais pas vous faire le mode d’emploi ici (il est en référence en bas de l’article, comme d’habitude) mais je vous suggère de regarder aussi les vidéos.

Sachez que vous avez d’office 8 fonctions personnalisées :

  • la synchro flash au premier ou second rideau,
  • le réglage des ISO, qui se fait automatiquement par la lecture du code DX, peut être fait manuellement
  • le faisceau d’assistance AF, qui peut être débrayé (le faisceau rouge est parfois intense)
  • le verrouillage ou déverrouillage AE
  • le bip sonore du retardateur peut être désactivé
  • le verrouillage du miroir, avec le retardateur : le déclenchement se fait 2 secondes après que le miroir ait été relevé, pour éviter les vibrations.
  • le bracketing d’exposition automatique (AEB) prendra 3 photos de la même scène, chacune avec une exposition légèrement modifiée. Vous pouvez régler la compensation d’exposition entre +/- 0,5 et +/- 2 valeurs (sous ex/exposition correcte/sur ex)
  • l’exposition multiple, qu permet jusqu’à 9 expositions sur la même image.

En résumant ici, nous pouvons qualifier cet appareil de moderne. S’il n’a pas le statut du EOS -1, le professionnel de la bande, il ne lui manque pas grand chose en terme de fonctionnalités.

Vous pouvez encore lui ajouter toutes une série d’accessoires, comme différents flashs, une commande à distance, le lecteur de codes-barres, etc.

Que retenir de cet EOS 100 ?

Outre ses molettes de commande si proches de celles que nous utilisons encore si nous sommes « canonistes », la grand nouveauté fut, ne l’oublions pas, l’électrification des commandes de l’appareil vers ses accessoires et réciproquement.

Plus de 50 types d’informations différentes sont traitées via la monture EF et le boitier.

De plus, le diaphragme électromagnétique autorise un contrôle rapide et précis de l’ouverture et un aperçu de la profondeur de champ en temps réel. Il sera bien secondé par un obturateur à lamelles métalliques à déplacement vertical qui autorise des vitesses de 30s à 1/4000s.

Enfin, comme chaque objectif EF est doté de moteurs de mise au point intégrés, ces moteurs sont à chaque fois calibrés en fonction du type d’objectif et finalement, ils sont plus rapides en mise au point autofocus que manuelle. Deux grandes familles de moteurs se côtoient alors : les AFD pour Arc Form Drive, qui sont des moteurs avec un couple élevé, les USM (ultra sonic) sont encore plus rapides et silencieux. Ces derniers équipent les objectifs des séries L, professionnelles.

Que dire encore ? Ah oui, il charge automatiquement le film, lit le code DX pour régler la sensibilité de la cellule et en fin de course, rembobine le film (on peut le faire aussi sans avoir terminé le film).

Franchement, quand on voit cet EOS 100, on a envie de le retourner pour vérifier l’écran. Et il n’y en a pas !

C’est un appareil trop peu recherché de nos jours, pourtant il offre encore des performances qui sont loin d’être ridicules. Avec un objectif 28 – 80mm, il devrait être à vous pour 50€.

Il sera remplacé, en 1995, par l’EOS 50/50E, mais c’est une autre histoire ….

Une video qui retrace l’histoire de la marque

Videos d’illustration :

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Un peu de technique :

  • Type Appareil photo reflex AF multimode à obturateur à plan focal 35 mm
  • Taille de l’image 24 x 36 mm
  • Objectif normal EF 28-80 mm f/3,5-5,6 USM, et toute la gamme EF ou tiers compatibles
  • Monture d’objectif Monture EF
  • Détection de phase TTL du système AF. Modes AF : AF One-Shot/AF servo prédictif AI (commutation automatique). Plage de fonctionnement AF à 100 ISO : EV 0 – 18. BASE de type croisé pour le capteur AF.
  • Obturateur Obturateur électronique à déplacement vertical et plan focal. 30 secondes. – 1/4000 sec., B. X-sync à 1/125 sec. (chaussure chaude). La vitesse d’obturation peut être réglée par incréments d’un demi-arrêt. Retardateur électronique intégré (avec bip).
  • Viseur Pentaprisme fixe au niveau des yeux. Grossissement 0,75x et couverture 90 %. Nouvel écran Laser Mat.
  • Viseur
  • Informations Marque AF, indicateur de mise au point, cercle de mesure partielle, vitesse d’obturation, réglage de l’ouverture, profondeur de champ AE, niveau d’exposition manuel, flash prêt, verrouillage AE, compensation d’exposition, lampe de réduction des yeux rouges, niveau de bracketing automatique et autres les indications.
  • Comptage et
  • SPC composite de contrôle d’exposition pour la mesure TTL à pleine ouverture (évaluation à 6 zones, partielle de 6,5 % au centre et moyenne pondérée centrale) avec AE priorité à la vitesse d’obturation, AE priorité à l’ouverture, AE profondeur de champ, programme intelligent décalable AE, modes de contrôle d’image programmé, mode code à barres et manuel de mesure. Verrouillage AE avec mesure partielle activée. Compensation d’exposition et plage de bracketing automatique de ±2 EV (par incréments de 1/2 valeur). Plage de mesure à 100 ISO et f/1,4 : EV 1 – 20. Plage de sensibilité du film : ISO 6 à 6400. Maximum 9 expositions multiples. 7 fonctions personnalisées.
  • Écran LCD externe Vitesse d’obturation, réglage de l’ouverture, vitesse du film, profondeur de champ AE, programme et numéro de code à barres, numéro de fonction personnalisée, mode de transport du film, vérification de la batterie, mode de mesure, mode AF, nombre d’expositions multiples, réduction des yeux rouges , bracketing automatique, compensation d’exposition, manuel et autres indications.
  • Flash intégré Situé sur la bosse du pentaprisme. Tête de flash pop-up automatique. Contrôle du flash automatique du zoom TTL avec mesure hors film. Lampe anti-yeux rouges fournie. Synchronisation sur le deuxième rideau activée. Guide n° 12 – 17 (à ISO 100 en m). Tête de flash à zoom automatique pour des focales de 28 mm, 50 mm et 80 mm.
  • Rapide
  • Molette de commande La molette située à l’arrière de l’appareil photo règle le montant de la compensation d’exposition en modes AE, l’ouverture en mode manuel et le montant de compensation d’exposition au flash pour le flash intégré.
  • Source d’alimentation Une pile au lithium 6 V 2CR5
  • Chargement des films et
  • Avancez Alignez l’amorce du film sur la marque, puis fermez l’appareil photo pour le chargement automatique. Avance automatique du film avec moteur intégré. Vitesse d’avance du film : env. 3 fps et avance unique.
  • Film Rewind Automatique avec moteur intégré. Rembobinage midroll activé.
  • Dimensions &
  • Poids 154 x 105 x 69 mm, 580 g

Des références : https://fr.wikipedia.org/wiki/Canon_EOS, https://global.canon/en/c-museum/product/film148.html, https://www.mir.com.my/rb/photography/hardwares/classics/eos/index.htm, https://www.mir.com.my/rb/photography/hardwares/classics/eos/eoscamera/EOS100Elan/index.htm en anglais ; https://leblogphoto.net/levolution-des-appareils-canon-eos-30-ans-dhistoire-et-dinnovations/, https://photoetmac.com/2007/06/les-canon-eos-o/, https://fr.wikipedia.org/wiki/Monture_Canon_EF, https://www.central-manuels.com/manuel_notice_mode_emploi_appareil_photo/canon.php (à garder pour trouver des modes d’emploi d’origine Canon), https://fr.independent-photo.com/news/a-brief-history-of-canon/, https://phototrend.fr/2022/02/ecosysteme-canon-eos-35-ans/, https://canon.ca/fr/a-propos-de-can, https://www.lesnumeriques.com/photo/les-abreviations-et-sigles-des-optiques-canon-pu100667.html, https://objectifreflex.com/objectifs-reflex-canon/, en français.

Argentique

Le Fujica ST 605

Celui-ci ça faisait un moment que je le cherchais et c’est grâce à la collection, qui a fait l’objet d’un article, que j’ai pu l’acquérir.

En fait, si vous vous en souvenez, c’est avec le Canon FTb des parents que j’ai appris à photographier (bon, je sais, ça ne nous rajeunit pas !). Par la suite, et je ne désespère pas de les retrouver dans le capharnaüm du grenier des parents, mon frère et moi avons eu quelques appareils « à nous ». De vénérables petits « pockets » avec cassettes 110 ou 126 et de petits appareils en 24×36.

Mais mon premier « vrai » reflex, ce fut ce Fujica ST 605. Acheté en Andorre à l’époque (1977) parce que les taxes y étant moins élevées, il était abordable pour mes économies que je partageais avec ma Honda SS50 et mon envie de cet appareil photo (et un petit coup de pouce de papa-maman en cadeau).

En plus, comme il possédait une monture à vis (M42, j’y reviendrai), je pouvais, au fil du temps, acheter quelques bons objectifs pour l’accompagner.

C’est aussi avec lui que j’ai fait mes premiers pas dans un labo photo, avec quelques camarades apprentis photographes et scouts pour la plupart. C’est à Monsieur Roland Thys que je dois cet engouement pour la photo, je ne l’en remercierai jamais assez.

Du haut de mes 15 ans, armé de ce Fujica ST 605, avec les autres apprentis, j’ai écumé la région du Centre (La Louvière, Manage et communes avoisinantes) pour de passionnants mini-reportages et quelques concours que nous avons remportés et que seules nos mémoires gardent précieusement en trophées.

Vous l’aurez compris, j’ai retrouvé un bout de mémoire et quelques nostalgies …

Alors, ce Fujica ST 605, que nous propose t’il ?

Il fait suite au ST 601 et il sera suivi d’un ST 605n qui a fait l’objet d’un précédant article. Sorti en 1976, il sera remplacé en 1978. Notez qu’il y aura un Fujica ST 605 II aussi mais réservé au seul marché nippon.

Oh, il n’a rien révolutionné mais il a fait avancer le ST 601 dans la modernité, notamment en passant résolument aux piles alcalines et non plus au mercure, en adaptant, bien évidemment, au passage sa cellule à la nouvelle énergie. Ici il n’est pas besoin de modifier quoique ce soit au niveau tension ou autre. Un bon point.

Par contre il garde la « mesure d’arrêt ». J’explique.

La cellule n’est activée que si vous appuyez sur un bouton en façade, au dessus du levier du retardateur. Il faut donc régler l’ouverture et la vitesse à un moment T, celui de l’appui sur le bouton. Ce n’est pas, comme sur le ST 801 (le haut de gamme), une cellule qui travaille en continu.

De fait, l’appareil fait une mesure pondérée centrale à travers l’objectif (TTL). Deux récepteurs de photocellules en silicium sont couplés à un circuit FET (Fiel Effect Transistor) et transmettent l’information à une aiguille, sur la droite dans le viseur, qu’il faut faire tenir dans le centre de l’échelle pour avoir une exposition correcte.

Voici ce que le constructeur disait de cette cellule :

La sensibilité était courante pour les films de l’époque : de 25 à 3200Iso/Asa. Pour régler celle-ci, il suffit de soulever le barillet des vitesses et de tourner ce dernier jusqu’à la valeur voulue.

Petit aparté utile : Fujica a été un constructeur fécond et il a proposé quelques belles trouvailles dont l’adoption de photodiodes au silicium (SPD) pour le système de mesure TTL du ST701(1971), qui étaient plus sensibles que les cellules CdS (sulfure de cadmium) largement utilisées auparavant, et que d’autres utiliseront ensuite.

Autre chose qu’il a gardé du ST 601, la monture M42, dite « monture universelle » par Pentax, qui l’ a lancée. Ce qui ouvre, comme je le signalais plus haut, une large gamme d’objectifs intéressants et aujourd’hui abordables. Et ne faisons pas l’impasse sur les objectifs Fujinon contemporains, qui couvraient toute la gamme des cailloux disponibles à l’époque, du fish-eye 16mm au téléobjectif 1.000mm. Les optiques Fujinon comptaient parmi celles qui bénéficiaient des meilleures avancées en matière d’optique car la marque Fuji était présente dans l’industrie, le cinéma, la télévision.

Il suffit de tourner l’objectif dans le sens anti horaire pour enlever l’objectif et dans l’autre sens pour le remettre (2 tours et demi sont nécessaires. Ne forcez pas quand il est en bout de course, ça ne sert à rien)

Petit aperçu des objectifs Fujinon :

Et second petit aparté : lorsque Fujica a remplacé son ST 701 par le ST 705 (1977), il a également trouvé un moyen de permettre une mesure à pleine ouverture, une commodité inhabituelle sur un appareil photo reflex à vis. Malheureusement, le ST 605, considéré comme entrée de gamme n’en a pas bénéficié.

D’autres innovations sont à mettre à leur actif, comme le premier constructeur à avoir utilisé un affichage LED dans un viseur (1972, Fujica ST801) et qui sera encore améliorée par un affichage LED de la vitesse dans le viseur (1974, Fujica ST901).

Puisque nous en sommes à la monture M42, revenons un instant sur « la mesure d’arrêt ». Elle était une nécessité de la monture des objectifs à vis (ce fut d’ailleurs la principale raison pour laquelle elle a finalement été universellement abandonnée pour les raccords à baïonnette) et cela signifiait que l’objectif se fermait toujours jusqu’à l’ouverture réglée lors de la lecture de l’exposition. Par conséquent, le viseur s’assombrit progressivement avec les ouvertures plus petites et devient plus difficile à voir, notamment à f/16 et f/22. Heureusement, le viseur du ST605 est assez lumineux au départ et le 55 mm f/2,2 d’origine ne s’arrête qu’à f/16, auquel cas vous pouvez toujours voir clairement ce qui se passe. Bien sûr, en arrêtant l’objectif, vous obtenez un aperçu de la profondeur de champ pour faire bonne mesure. On n’a pas tout perdu …

Pour le reste, le Fujica ST 605 est un appareil tout mécanique, sans fioritures inutiles : du simple, du compact (pour l’époque), du solide.

A titre de comparaison, les concurrents du moment se nommaient Canon AT-1, Nikkormat FT-2, Cosina CS-1 ou Pentax K1000 et MX. Du beau monde, vous en conviendrez.

Fujica que l’on connait encore aujourd’hui, après un passage à vide, s’est largement inspiré du ST 605 pour sa gamme néo-retro.

Décrit comme « remarquable par sa compacité et sa légèreté », le ST 605 fait quand même ses 570 gr nu ou 705 gr avec l’objectif standard Fujinon 55 mm f/2,2. Il serait aujourd’hui considéré comme un poids lourd par rapport à des modèles comme le Fujifilm X-T30 II qui pèse 329 gr nu et le X-T200 faisant pencher la balance à 321 gr tout nu aussi.

Mais revenons à notre Fujica ST 605 car il a une autre particularité : des vitesses qui s’échelonnent de 1/2s à 1/700s. Pourquoi cette vitesse du 1/700s alors que tous les autres étaient au 1/1000s voire plus ? Mystère, je n’ai pas trouvé de réponse à cette question lancinante !

Techniquement, le mécanisme de l’obturateur ne comporte pas d’huile (ils ont utilisé du silicium pour lubrifier), ce qui lui permettait de rester fiable dans les températures extrêmes.

Pourtant, c’est un obturateur à rideau en tissu de soie recouverte de caoutchouc qui se déplace horizontalement qui équipe le ST 605. Alors que la norme sera celle des obturateurs à déplacement vertical et à lames métalliques (plus rapide car le chemin à parcourir est plus court). Un pied dans le passé et l’autre dans l’avenir …

Avec ce type de boitier, on se simplifie la vie. Ce n’est pas moi qui le dit mais le mode d’emploi :

Facile et on peut travailler sans pile à tous les coups !

L’appareil bénéficie d’une griffe flash avec synchro au centre et une prise PC, pour les flashs plus anciens. La synchronisation est au 1/60s.

C’est vraiment ce que j’appelle communément un appareil école : vous faites la mise au point, vous réglez la vitesse et/ou l’ouverture fonction des indications de la cellule et vous appuyez sur le déclencheur. C’est dans la boite.

Pour charger une bobine, rien de sorcier : il faut tirer sur la manivelle de rembobinage, ce qui libère le dos sur charnière. Vous glissez le film dans la chambre et tirez sur l’amorce jusqu’à la bobine réceptrice. Vous la glissez dans la fente, armez une ou deux fois en vérifiant que le film est bien engagé dans les dents du cabestan. Refermez le dos et armez encore une ou deux fois. Un point blanc (les chiffres impairs) va apparaître dans la fenêtre du compteur de vue. C’est bon, vous pouvez prendre vos premières photos. Un dernier petit conseil : quand vous avez chargé votre film, faites faire un petit tour à la manivelle de rembobinage dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, ça tend bien le film (sans forcer, hein !).

Et lorsque vous serez arrivé à la dernière vue, pour sortir le film, il faut appuyer sur le petit bouton en dessous (sur la semelle), dégager la manivelle (sans tirer sur le barillet vers le haut surtout pour ne pas ouvrir le dos intempestivement) et tourner celle-ci dans le sens de la flèche. Lorsqu’elle tourne sans résistance, c’est que toute la pellicule est revenue dans la bobine, vous pouvez ouvrir. Le compteur de vue se remet à zéro automatiquement.

Soyons de bons comptes, vous ferez pas mal d’essais/erreurs mais vous apprendrez à maitriser tous les paramètres du triangle d’exposition avec lui et ça vous servira aussi avec votre numérique, ou d’autres vieux argentiques.

Ce petit éclaté, issu du mode d’emploi, vous montre bien la simplicité de l’engin :

Le viseur ne vous donnera pas pléthore d’informations, juste une échelle pour la cellule, sur la droite et c’est tout. Mais en son centre, un stignomètre à coïncidence et un dépoli très fin vous aide efficacement lors des prises de vue. Le cadre est d’ailleurs assez lumineux pour ce type d’appareil (il couvre 92% de la surface).

J’ai signalé au début de cet article que l’appareil avait le bon goût de fonctionner avec des piles « modernes », c’est-à-dire des alcalines et non plus de celles au mercure. Comme je le précisais, c’est un grand avantage car il ne faut pas modifier quoique ce soit, la cellule donnera des indications justes avec deux LR44 classiques.

Tiens, et si vous voulez vérifier que celles-ci sont toujours bonnes, petite gymnastique pour le contrôle :

Remarquez qu’il est fait mention de « pile rechargeable » ! Ne vous y trompez pas, la traduction nous égare car ils veulent dire si les piles sont mal introduites dans l’appareil (chargée dans …) il faut les recharger (dans le bon sens) dedans !

Tant qu’à explorer ce vieux mode d’emploi et comme je le signale souvent, à l’époque il faisait dans le sobre et l’efficace. Petit exemple pour l’explication de la profondeur de champ (parfois un cauchemar pour les néophytes) :

Ai-je oublié quelque chose ? Ah oui, le boitier est équipé d’un retardateur de +/- 10 secondes. Pour l’enclencher, il faut abaisser le levier complètement vers le bas puis appuyez sur le minuscule bouton argenté en dessous pour le libérer. Notez qu’on peut l’armer avant ou après avoir armé l’appareil mais si vous appuyez sur le déclencheur, la photo sera prise.

Voilà donc un petit appareil sympathique et plein de nostalgie pour moi. Pour l’époque, il pouvait étonnamment être accessoirisé de multiples façons, en voici un aperçu.

Les Fujica ont souvent été les parents pauvres de l’époque, parce qu’ils n’ont pas développé de gamme professionnelle en 24×36, contrairement à leurs concurrents de l’époque (Canon, Nikon, Pentax, Minolta par exemple). De nos jours, en tout cas pour les plus jeunes qui ne connaissent que les productions modernes, c’est un peu comme si la marque était « nouvelle ». Or Fuji a un beau passé dans l’histoire de la photographie, par ses appareils et sa production de film, qui ont souvent été des précurseurs innovants.

Reste que ce déficit de connaissances font que les Fujica, sauf peut-être les AX, sont moins côtés que d’autres boitiers de la même époque. Et c’est tout bénéfice pour vous qui en chercheriez un. Pour 50€ vous devriez pouvoir vous offrir celui-ci avec un Fujinon 50mm f1,4.

Et il vous restera assez de sous pour une lanière dans le ton de l’époque (je n’ai pas résisté pour le mien) et quelques boites de film.

Soyez raisonnable, faites-vous plaisir, le Fujica ST 605 ne demande qu’à sortir en balade.

Si vous voulez voir ce que peut délivrer cet appareils, quelques exemples ICI, LA et LA car je n’ai pas encore retrouvé nos diapositives familiales et je ne suis pas certain de leur état.

Des videos d’illustration :

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Un peu de technique :

Monture d’objectif M42
Mise au point manuelle via un télémètre à image divisée et un dépoli à microprisme fin.
Contrôle de l’exposition par mesure TTL avec moyenne complète à l’aide d’une photodiode au silicium « bleue » (SPD) couplée à un FET (Field Effect Transistor). Comptage d’arrêt. Plage de mesure = EV 3,3-17,6 (ISO 100, f/1,4).
Obturateur à plan focal à commande mécanique, déplacement horizontal, rideaux en tissu, de 1/2s à 1/700s seconde plus « B ». Synchronisation du flash jusqu’à 1/60s.
Deux piles bouton de 1,5 volts (type SR/LR44).
Dimensions : 133x86x50mm (boitier).
Poids : 570g (boitier nu sans piles)

Des références : http://www.alexluyckx.com/blog/2019/01/28/camera-review-blog-no-101-fujica-st605/, https://web.archive.org/web/20211113223657/https://www.beautycameras.com/fujica-st605, https://www.digitalcameraworld.com/reviews/fujica-st605-review, http://camera-wiki.org/wiki/Fujica_ST605, en anglais ; https://www.guidafotousato.com/4-STORIA_MARCHE/imm-fujica/00_FUJICA-new.htm, en italien ; https://alibi5753.blogspot.com/2018/09/fujica-st605.html, en japonais

Argentique

Humour de brocanteur …

Un dimanche matin, froid et gris, mais j’ai envie de sortir un peu.

Comme il y a une brocante qui se tient toute l’année dans d’anciens locaux d’un sidérurgiste à Jemappes, je décide d’aller y faire un tour.

C’est un endroit étonnant, on y trouve de tout même parfois du n’importe quoi, mais ça fait partie du charme de l’endroit quand on aime farfouiller. Ceci étant, pas grand chose à se mettre dans le sac à dos, la pêche sera pauvre.

Finalement, je découvre un Minolta dans son sac tout prêt en cuir noir, assorti d’une sacoche typée des année septante dans laquelle traine un second objectif et un vieux flash cuit par l’acide des piles qui y ont coulé.

J’ouvre le sac tout prêt pour découvrir un srT 101 clc à l’aspect pas trop mal, hormis qu’il est très sale.

J’arme, il déclenche. Un bon point.

Mais comme je veux voir l’état du compartiment de la pile (une PX625), j’ôte le rabat du sac tout prêt pour avoir plus facile à tout enlever.

Tiens, c’est quoi ce truc … ?

Entre-temps, le brocanteur s’est approché : « c’est 30€ avec la sacoche et les accessoires » (entendez par là le second objectif, le flash pourri et la sacoche elle-même).

Pour toute réponse, je le préviens que je vais vérifier l’état de la pile et j’entreprends de déshabiller le boitier.

Et là, qu’elle ne fut pas ma surprise en voyant ceci :

Un bout de ferraille plié pour fermer le dos de l’appareil et le tenir contre !

Comme je le montre au brocanteur, il me répond tout sourire, « oui, mais il déclenche bien et on sait l’armer facilement « .

De fait, les crochets du verrou ont été arraché et pour assurer la fermeture du dos, on a bidouillé ce bout de fer qui sert de crochet.

En plus de cela, la pile commençait à couler dans son compartiment, je l’ai donc vite enlevée et remise au brocanteur.

S’en suit une brève négociation sur le prix car je lui fais remarquer à ce brave brocanteur que son appareil est quand même bien cassé et qu’il sera difficile de le réparer. Que la pile a coulé dans son logement et que le flash, comme la sacoche, sont tout juste bons pour la poubelle.

Finalement, j’emporte ce magnifique srT 101 avec un Minolta MC Rokkor PF de 58mm ouvrant à f1,4, un Minolta MD 50mm f2 et un sac tout prêt en bon état pour la somme folle de 20€ (j’espérais m’en sortir pour 10€ mais le retors brocanteur n’en démordit pas).

Morale de l’histoire : faites toujours attention à tout lorsque vous voulez acheter un appareil ancien et, normalement, fuyez tous les bricolages exotiques inventés pour fermer telle ou telle chose ou faire tenir tel ou tel morceau.

Ici je me retrouve certes avec une épave mais les objectifs sauvent la mise.

Argentique

Le Minolta Riva Zoom 135ex

Petit tour dans mon Emmaüs préféré mais où il y a de moins en moins d’appareils photo à se mettre sous la main …

Par acquis de conscience, je vais voir la caisse où se trouve les quelques uns qui restent : de vieux Kodak Instamatic, de vieux Pola en pack 80 désormais inutilisables, un Polaroid 636 CL, un magnifique mais incompris Minolta Vectis 100, un autre Minolta, un 20ix avec son flash mais à un prix indécent pour cette entrée de gamme, un pocket Kodak 400, de vieilles caméras magnifiques en 8mm et super 8mm et ce Minolta Riva Zoom 135ex dans sa pochette.

J’ai fait remarquer à la responsable qu’il serait temps de recharger un peu la caisse, on verra si j’ai été entendu …

Bref, revenons à la trouvaille du jour. Je regarde s’il s’allume encore car il y a des piles dedans : elles sont quasi vides mais l’écran me l’indique, c’est presque bon signe.

Revenu à la maison, vous connaissez le rituel : nettoyage du corps, vérification de l’état des mousses, nouvelles piles, allumage pour voir si tout fonctionne et j’ai ajouté le test avec un film-test car ces appareils aux mécanismes en plastique déclenchent parfois tout à fait normalement mais sont incapables de faire avancer un film. Ici, tout va bien.

Je vous avoue que j’aime bien ces grands écarts car hier je vous proposais un Agfa Billy Record de 1933, puis un Yashica Mat 124 G des années ’80 et nous voici avec un compact des années ’90 aujourd’hui.

Quand j’écris que l’histoire de la photographie nous propose toujours de belles découvertes. Du rudimentaire Agfa en passant par le sérieux Yashica, nous atteignons ce qui fit le bonheur de tant de photographes amateurs : un appareil qui fait le point pour vous, qui étudie la lumière et fait les réglages à votre place, qui charge le film tout seul ou presque et le rembobine en fin de course. Vous n’avez plus qu’à viser, cadrer et appuyer sur le déclencheur.

Et en plus, ces appareils bénéficiaient déjà d’une longue tradition photographique, compilée dans de véritables mini ordinateurs, ce qui donnaient, pour la plupart des cas photographiés, de très bons résultats lors de la prise de vue.

Les plus jeunes d’entre nous peuvent difficilement comprendre l’engouement que ces appareils, qu’ils délaissent souvent avec dédain, ont pu provoquer chez leurs parents et grands-parents. Toutes les marques historiques encore présentes dans ces années-là se sont battues à coup de petites astuces, d’améliorations discrètes ou sensationnelles pour proposer à leur clientèle le meilleur de la photo amateur de l’époque.

Et je vous avoue que parfois j’ai une espèce de nostalgie. Car essayez de trouver de nos jours un appareil numérique au format 24×36, avec un viseur, des réglages automatisés pertinents et la possibilité de revenir au tout manuel si besoin, qui tiennent en plus dans une poche !

Je n’en ai pas encore trouvé qui pourrait remplacer mon bon vieux Ricoh R1. Et vous ?

Mais revenons à notre Minolta Riva Zomm 135ex ou Freedom Zoom 135EX de l’autre côté de l’Atlantique.

Celui-ci fait partie des hauts de gamme de l’époque (1994), que vous pourrez acquérir pour un prix dérisoire aujourd’hui.

La pièce maitresse c’est son objectif, composé de 8 éléments dont 2 asphériques qui offrent une excellente qualité d’image.

C’est un zoom 38 – 135mm qui ouvre au maximum à f3,5 et f9,2 au 135. Bien évidemment, la netteté se fait grâce à un autofocus efficace. La distance minimale de mise au point est de 80cm au 38mm, qui peut descendre à 50cm quand on met l’appareil sur le mode « macro ».

Si vous aviez besoin de le mettre sur un pied pour des photos rapprochées ou prises avec le retardateur, il a aussi existé une télécommande à infra rouge (modèle RC-3).

Bien évidemment, comme pour tous les appareils de ce type, lorsque vous mettez un film dans la chambre, il lit le code DX qui règle la sensibilité du film pour la cellule, sensibilité qui va de 25 à 3200Iso.

Outre cet excellent objectif, l’appareil proposait aussi des modes de prise de vue intéressants. Le but étant toujours de faciliter la prise de vue et de pouvoir le faire de manière créative si on le désirait.

Le zoom se manipule du pouce droit, avec la grosse molette à l’arrière. Fluide et assez rapide, vous suivez son mouvement dans le viseur.

Par exemple, il est doté d’un mode « autoportrait » qui permet de bloquer la mise au point si vous aviez envie de passer l’appareil à un badaud pour qu’il vous imprime sur la pellicule. Attention, si vous l’utilisez, pensez que l’appareil passe automatiquement en 38mm. Il faudra demander à votre complice de se rapprocher si vous ne voulez pas être perdu dans le cadre.

Puisque l’appareil est tout automatique, tant l’ouverture que la vitesse sont réglées par le boitier.

Pourtant, il existe quelques réglages, outre les modes, que vous pouvez actionner, comme une correction d’exposition de +/-1,5.

Quant aux fameux modes, vous pouvez choisir photo sportive, portrait, portrait de nuit, prise de vue en continu ou choisir une mesure spot.

Tout cela est clairement indiqué sur le petit écran LCD et les petits boutons autour servent à faire les réglages.

Pour les plus téméraires, le Minolta Riva Zoom 135ex vous permet de faire des doubles expositions.

N’oublions pas les modes du flash intégré, qui par défaut est automatique, avec un effet anti-yeux rouges, pour le fill-in et il peut être désactivé. Sa portée, pour un film de 100Iso, va jusque 5,5m. En plus, il se recharge assez vite pour sa catégorie (4s).

Un petit appareil d’environ 300gr, que vous alimenterez avec 2 piles C123A, qui devraient vous assurer 550 déclenchements dont la moitié avec le flash. Economique en plus.

Le viseur ne vous donnera pas beaucoup d’informations mais il propose les traits pour la correction de la parallaxe et sur les côtés, vous verrez 2 diodes s’allumer, qui signalent le chargement du flash ou la mise au point.

1. la zone de mise au point de l’autofocus, 2. cercle dans lequel l’appareil fait la mesure en spot, 3. diode verte fixe = point verrouillé – diode verte clignote rapidement = mise au point pas juste – diode verte clignote lentement = surexposition, 4. diode orange du flash = clignote rapidement, il charge – fixe = le flash est prêt, clignote lentement = problème, 5 traits pour corriger la parallaxe.

Pour être complet, sachez qu’il a existé en noir ou en argenté. Il y eut même une version avec un dos dateur (Quartz Date). Ce modèle possède une petite horloge intégrée pour l’impression des dates, qui se font avec des LED tournées vers le film.

Il fallait une pile supplémentaire (CR1220) pour alimenter le dos dateur. Mais comme la plupart de ces appendices, il ne dépasse pas l’année 2019.

En résumé, si vous cherchez un petit compagnon de sortie, polyvalent et de qualité, je pense que ce Riva Zoom 135ex est un bon appareil compact. C’est le genre de petit boitier que l’on peut négocier, en très bon état et avec sa house, autour des 20€. Décidément, il a tout pour lui.

Des exemples de photos prises avec cet appareil ICI

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Petite video d’illustration :

Quelques données techniques :

Type de caméraCaméra instantanée
Format de film35mm
Transport de filmAutomatique
Mécanisme de transport du filmMoteur
Format d’image24 mm x 36 mm
Distance focale38 mm – 135 mm
Plus grande ouverturef/3,5
Distance de mise au point minimale80 cm / 2,624 pieds
Fonction zoomOui
FocusAutofocus
Conception de l’objectif8 éléments en 7 groupes
Temps d’exposition1/500 seconde à 4 secondes
PosemètreOui
Vitesses de film prises en chargeISO 25 à 3200
Auto DXYOui
Modes d’expositionProgramme automatique
Paramètres d’exposition manuelsNon
Impression de la dateVariante du modèle
Fonction double et/ou exposition multipleOui
FlashFlash intégré
Portée du flash0,8 Mètre – 5,5 Mètre
Modes de flashFlash d’appoint, Réduction des yeux rouges
Support pour trépiedOui
Filetage de dégagement du câbleNon
RetardateurOui, fonction retardateur avec un délai de 10 secondes
Alimentation2x piles CR123A
Taille13,1 x 6,9 x 5,7 cm
Dimensions en pouces5,16 x 2,72 x 2,24 pouces
Poids305 grammes
Pays de productionJapon
Valeur estimée / Prix d’occasion49,72 Euro i
Prix ​​d’occasion moyen au cours de l’année 202351,02 Euro (55.20 US-Dollar)

Des références : https://www.minolta.suaudeau.eu/appareils/135/AF/riva-zoom-135.html, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-5705-Minolta_Riva%20Zoom%20135ex.html, https://pellochemoi.com/produit/minolta-riva-zoom-135ex/ en français ; https://filmphotography.eu/en/minolta-riva-zoom-135ex/

Et si nous parlions (un peu) technique ?

Les cellules indépendantes

C’est suite à l’article consacré aux Zorki 4 et Zorki 4K que je me suis dit qu’un petit article sur les cellules indépendantes (cellule dite « à main » ou posemètre) avait sa pertinence.

Sur des appareils anciens, il n’y a pas de système de mesure intégré. Il faudra attendre la moitié des années soixante pour voir apparaitre des cellules, d’abord au sélénium, puis au CdS , et les années septante pour celle au silicium bleu, embarquées dans l’appareil photo. Ces cellules étaient souvent sur des reflex à l’époque car la miniaturisation de l’électronique n’est pas encore au top et il faut un peu de place pour caser tout ça.

Mais à quoi sert la cellule, le posemètre ?

Rappelez-vous le sacro-saint principe du triangle d’exposition :

ou expliqué différemment :

Illustrons-le par cette petite animation :

Une des caractéristiques de ce triangle est donc la sensibilité du film (exprimée en Iso ou Asa, ou Din, ou Weston, ou Gost, etc.). Pourquoi ?

Si on considère qu’une photographie est correctement exposée lorsque la surface sensible reçoit la bonne quantité de lumière, le photographe doit donc savoir quelle est cette « bonne quantité », c.-à-d. celle qui donnera une image ni trop claire ni trop sombre, toute en nuances.

Pour cela on va considérer la quantité de lumière par « unité de surface », ce que l’on appelle l’exposition lumineuse ou lumination. Celle-ci s’exprime en lux-seconde (lx.s pour le symbole).

Cette lumination va produit un effet sur la surface sensible – capteur (valeur numérique en pixels) ou film argentique (noircissement du négatif) – et on cherchera à connaître la valeur qui est nécessaire pour obtenir cet effet.

La sensibilité sera alors définie comme l’inverse de la lumination. Petite formule pour les matheux : {\displaystyle S={\frac {H_{0}}{H}}}H est la lumination nécessaire pour le résultat recherché, et H0 une constante qui permet de fixer l’échelle de sensibilité.

Si comme moi vous êtes allergique aux formules, que faut-il retenir ? C’est que la sensibilité est inversement proportionnelle à la lumination nécessaire.

-« Heu … ? »

En gros, un film de 200Iso étant deux fois plus sensible qu’un film de 100Iso, il aura besoin de deux fois moins de lumière pour le même résultat.

Cette sensibilité, que l’on appellera aussi « rapidité » déterminera les films « lents » (sensibilité basse) des films « rapides » (sensibilité élevée).

Des tas d’ingénieurs/chercheurs se sont penchés sur ce problème et le premier à avoir proposé une « échelle » de valeur est un ingénieur Polonais, Władysław Małachowski (1837–1900), surnommé Leon Warnerke – en 1880.

Sans les citer tous (vous trouverez les références ci-dessous), les plus connues sont sans doute l’échelle de Weston (1932) qui fabriqua un des tous premiers posemètres, le « Weston model 617 »; puis vint le système DIN (Deutsches Institut für Normung) en 1934, suivi par le BSI (British Standards Institution), ensuite les Asa (pour American Standards Association, connue aussi sous la dénomination de ANSI – American National Standards Institute, 1943) qui sont une standardisation des normes existantes, ensuite le Gost russe (1951), équivalent aux Asa.

Enfin, en 1974, l’échelle ISO remplace celle des Asa et DIN. Vous verrez souvent sur l’étiquette d’un film la sensibilité écrite « ISO 100/21° » : la première valeur étant celle des Asa, la seconde celle exprimée en Din. Mais dans la vraie vie, on parle de 100Iso, la norme Din ayant peu à peu disparu.

-« Ça va, vous suivez toujours ? »

Il fallait donc créer un appareil capable de donner, rapidement, une lecture de la luminosité et par là, ensuite, de déterminer l’ouverture adéquate.

Le tout premier « posemètre » fut l’œuvre de Alfred Watkins, en 1890.

Entièrement mécanique, il est le résultat des calculs faits par Watkins et se présente sous la forme d’une règle à calculs.

Mais un « vrai » posemètre est composé d’une cellule photo-électrique et d’un calculateur, manuel (de type règle à calcul) ou électronique.

La première cellule au sélénium est inventée par un américain, Charles Fritts, en 1883.

Le principe est simple : une plaque de métal est recouverte de sélénium, qui produit de l’électricité lorsque l’énergie lumineuse touche sa surface. Un amplificateur est nécessaire pour restituer la quantité infime d’électricité produite par le sélénium, ce qui complique les choses si on veut que le posemètre soit portable.

Comme d’habitude, il faudra hélas attendre la fin de la première guerre mondiale pour bénéficier des avancées technologiques issues du conflit pour voir apparaitre le premier posemètre à énergie, inventé et vendu par J. Thomas Rhamstine de Détroit (1931).

Puis, le japonais Tokushichi Mishima utilise une autre technologie qui ne nécessite pas de batteries et il présente le posemètre Alnico.

C’est à ce moment là qu’entrent en jeu deux autres pionniers de la mesure de la lumière, Gossen (Allemagne) avec le Gossen Ombrux et le Weston 617 dont j’ai écrit quelques mots plus haut.

Et rendons à Weston ce qui lui appartient : la paternité du premier posemètre avec mesure de la lumière et règle à calcul intégré.

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Les cellules à main ou posemètres travaillent soit avec une cellule photovoltaïque, qui permet au posemètre de fonctionner sans alimentation électrique (comme le sélénium), soit une cellule photo-résistante, soit encore une photodiode (ces deux derniers systèmes ont besoin d’une batterie ou pile pour fonctionner).

Bien évidemment, dès ce moment-là, des dizaines de fabricants vont se ruer sur la fabrication des posemètres, chacun avec son petit « truc » en plus (ou pas d’ailleurs).

Le maître mot étant celui de la portabilité et de la justesse des mesures indiquées, en plus de celle de la lecture simple et rapide des informations nécessaires.

S’il peut être tentant d’acquérir une cellule ancienne – il y en a de très belles – je ne le conseille pas, en tout cas, pas pour un usage courant.

Le sélénium ou autre produit photovoltaïque ont tendance à « s’épuiser » avec le temps, rendant la cellule inopérante.

Les autres, qui nécessitent une source d’énergie, faisaient appel, souvent, à des piles ou batteries aujourd’hui disparues et impossibles à remplacer car au mercure.

Enfin, une cellule indépendante, ça « traine » dans un sac, une poche, ça prend des coups et s’abime. J’en ai quelques unes ainsi, cassées, fêlées, qui se décollent et finissent par tomber en morceaux.

Puis, les plastiques de l’époque, voire la bakélite pour certains modèles, se dessèchent, se fissurent et cassent.

Bref, si vous aimez les beaux objets, pourquoi pas, mais laissez-les en exposition.

Pour sortir et faire des photos, prenez du neuf ou du « pas très vieux » toujours utilisable.

Là il y a aussi quelques écoles : celle de la cellule à main et celle de la cellule que l’on fixe sur l’appareil, et celle que je n’aime pas mais qui dépanne, celle du smartphone à tout faire (via des applications).

Que choisir ?

Chacun son école. Disons que la cellule à main est la plus « universelle », souvent la plus lisible car bien proportionnée.

Les cellules à fixer sur l’appareil peuvent participer au « look » de celui-ci. Anecdotique ? Pas vraiment car photographier avec un vieil appareil donne un charme discret que je trouverais dommage de dénaturer.

Quelles marques et quels budgets ?

Alors là, comme pour le reste, tout est possible en terme de budget.

Au point de vue des marques, les Sekonic, les Gossen se disputent le marché et se valent en terme de qualité.

Trois modèles semblent revenir en tête pour ce qui concernent les cellules à main :

  • Gossen Digisix 2, très compacte et légère (40gr), on la glisse dans toutes les poches. Lecture numérique multimodes. Elle offre les fonctions du posemètre classique, en incluant la mesure de la lumière incidente et la mesure de contraste. En plus de sa fonction première, l’appareil dispose d’un thermomètre et d’une horloge avec une fonction alarme et une fonction chrono, mais ça, c’est presque inutile (prix approximatif 220€).
  • Gossen Sixtomat 2 Electronic, analogique avec un pointeur. Un grand classique toujours d’actualité (prix approximatif 70€)
  • Sekonic L-208 Twin Mate. Ici aussi, de l’analogique avec un pointeur : il suffit juste de tourner une molette pour aligner le marqueur d’index à la position du pointeur, ensuite il reste à lire les combinaisons vitesse d’obturation et ouverture (prix approximatif de 105€).

Petit exemple d’utilisation via le Sekonic L-208 Twin Mate (merci initiation à la photographie)

Avant toute chose, il faut ajuster la sensibilité du film que vous allez utiliser, les ISO (cercle jaune).

Ensuite, il faut choisir le mode de mesure que vous allez effectuer : lumière incidente ou lumière réfléchie.

Par exemple, pour une sensibilité de 100 iso, vous obtenez les couples f/5,6 et 500s, f/8 et 250s; f/11 et 125s ; f/16 et 60s. A vous de choisir en fonction de ce que vous voulez privilégier : profondeur de champ, vitesse pour éviter le flou de bougé, etc.

Comme leur nom l’indique, la lumière incidente est celle qui éclaire le sujet, la lumière réfléchie est celle renvoyée par le celui-ci

Pour la première, on se place au plus près du sujet et on oriente la cellule vers l’appareil photo. Cette mesure convient bien au portraits et aux sujets cadrés serrés, qu’il est facile d’approcher.

La seconde est encore plus simple : vous orientez la cellule vers le sujet. Elle convient de ce fait bien aux paysages. Idéalement, on balaye le ciel, les zones d’ombre, les zones claires et on en tient compte pour calculer son exposition.

Dans la pratique, c’est celle que l’on utilise le plus souvent. Vérifiez quand même sur votre cellule laquelle vous avez mis en œuvre, pour éviter des données faussées.

Notez que ça se voit vite car généralement c’est un bout de plastique blanc que l’on déplace qui vous fait passer de l’une à l’autre sur la cellule.

L’utilisation d’une cellule ne vous dispense pas de réfléchir car elle peut se faire piéger dans certains cas. Le plus classique est celui de la neige : très blanche, elle induira une sous-exposition, qu’il vous faut corriger en surexposant ou en allongeant le temps de pose. Les belles plages de sable blanc écrasées de soleil vous joueront les mêmes tours !

Toutes les explications ci-avant valent bien évidemment pour la seconde sorte de cellule, celles que l’on fixe sur l’appareil, généralement dans la griffe porte flash ou accessoires.

Je ne vous présente ici que des modèles récents. Il en existe de plus anciens mais les remarques faites pour les cellules à main restent évidemment valables (épuisement des cellules au sélénium, piles introuvables, etc.).

Le principe reste sensiblement le même : vous réglez la sensibilité du film utilisé et, pour le premier modèle, vous pouvez régler selon votre goût vitesse et ouverture et l’appareil vous soumet son réglage. Pour le second, après avoir réglé la sensibilité, vous visez votre sujet et vous lisez la proposition faite sur le petit écran.

C’est le second modèle que j’ai commandé sur un grand site chinois bien connu (35€ frais d’envoi compris !) et j’ai retrouvé une Gossen Sixtar au CdS (avec une pile PX 625) qui fonctionne comme au premier jour.

Bref, vous savez maintenant que le choix existe, qu’il est assez vaste. Déterminez d’abord vos besoins (paysage, portrait, studio) car ils influeront sur le choix de telle ou telle cellule.

Mais gardez en tête qu’il vaut mieux en acheter une récente, calibrée correctement, que d’utiliser les jolies anciennes devenues moins fiables avec le temps.

Dernier petit truc si vous n’avez pas de cellule sous la main : si votre carnation est dans la moyenne des européens (pas trop blanche, pas bronzée), faites une mesure sur la paume de votre main, sa « couleur » est très proche du gris à 18% (c’est empirique mais ça dépanne !).

Bonnes photos.

Petites videos ajoutées grâce à l’intervention pertinente d’Olivier : comment mesure la lumière avec une cellule ? (Eric Gibaud)

Des références : https://www.filmisundead.com/cellule-a-main-posemetre-a-quoi-ca-sert-comment-sen-servir/, http://vivre-de-la-photo.fr/comprendre-et-maitriser-le-triangle-dexposition/, https://posenature.fr/triangle-exposition/, https://pix-visu.me/2022/08/01/comprendre-le-triangle-dexposition/, https://fr.wikipedia.org/wiki/Sensibilit%C3%A9_ISO, https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Watkins, https://fr.wikipedia.org/wiki/Posem%C3%A8tre, https://www.nicolas-beaumont.com/le-posemetre-apps-materiel/,https://photosavi.com/les-meilleurs-posemetres-pour-la-photographie-en-2021/, https://initiationphoto.com/comprendre-et-utiliser-le-posemetre-a-main-sekonic-l-208-twinmate/