Je vous épargne l’histoire habituelle d’une brocante, vous connaissez maintenant.

Toujours est-il que dans une caisse, il y avait toute une série d’appareils, des reflex, des vieux télémétriques et quelques Polaroid : un 636, un 636 Close-Up, un Land 340 et cet Impulse 600.

Coup de chance, dans un des 636, un boitier de film vide mais dont la pile était toujours ok. Avec une jeune dame qui cherchait aussi à faire un achat, nous avons glissé ce boitier dans les différents Pola pour constater que le 636 Close-Up était HS (la pile d’un vieux pack avait coulé à l’intérieur), que le Land 340 était cassé (pas besoin de film pour le voir ça). Nous nous sommes partagé le 636 pour elle, l’Impulse pour moi.

Et j’avoue avoir été un peu vite car je pensais que c’était un Impluse AF, mais bon …

De fait, celui-ci est le plus basique de la série, sans aucun réglage, hormis l’habituel « clair/obscur » avec une réglette sous l’objectif. Il est quand même équipé d’un système d’exposition automatique et d’un compteur de vue (le luxe quoi !).

Ce qui m’a attiré, c’est le modèle, très éloigné des autres appareils qui utilisent le film 600. Il ressemble plus aux appareils non pliant SX-70, avec une conception proche du OneStep ou du Pronto, modèles sortis pour le film SX-70 puisqu’ils ont un corps en plastique non pliable, une lentille en plastique à élément unique et une mise au point fixe.

Lors de sa sortie, en 1988 (et il sera produit jusqu’en 1994), il est apparu dans une grande variété de couleurs, parfois assez « flashy », histoire de rompre un peu avec le monotone noir des coques anciennes. Pas de bol, le mien est gris, avec cependant une fine ligne rouge qui fait le tour pour égayer le tout.

Fait amusant, sur le modèle jaune, Polaroid a ajouté un sticker précisant que l’appareil n’est pas étanche, le jaune étant souvent réservé à cette gamme d’appareil.

Celui-ci, pour le mettre en route, il faut appuyer sur le dessus de flash, ce qui le fait sortir et – surtout – escamote le volet qui ferme l’objectif.

Puisque je parle du flash, disons qu’il est automatique et se déclenche si besoin. J’ai déjà noté que les Polaroid aimaient bien la lumière et qu’ils n’en avaient jamais assez : il se déclenchera souvent …

Au niveau préhension, deux renforts en caoutchouc améliore celle-ci. Moins haut que les autres appareils 600, il est un peu plus « portable ».

Un regret cependant : l’emplacement du déclencheur, vraiment mal fichu, à l’arrière de l’appareil, même s’il tombe naturellement sous l’index lorsque vous prenez l’engin entre vos mains, façon jumelle.

Et si je le compare au Kodak EK-100, hormis la position de visée, ils ont un encombrement assez identique.

Reste que porter un Polaroid autour du cou, c’est une expérience car l’appareil ne passe pas inaperçu, vous vous en doutez. Ceci étant, ici la lanière inspire confiance, tout comme son mode d’accrochage (contrairement au Kodak EK-100).

Comme je prends souvent un sac Lowepro Passport sling, je sais le glisser dedans sans soucis et cela reste discret, jusqu’à ce que je l’extraie pour faire une photo !

Un sac trop peu connu à mon sens, qui offre de multiples poches pour y glisser tout ce qu’on veut et qui s’agrandit grâce à une tirette, à l’intérieur, qui augmente sa capacité. Le mien est de la première génération mais vous trouverez des infos ICI sur les nouveaux.

Bref, pour en revenir à notre Polaroid Impulse, sachez que c’est un appareil dans la tradition de la marque : pas de fioritures, de la technologie mais que vous ne voyez pas, et tout automatique, y compris donc le flash qui se déclenche quand l’appareil l’estime nécessaire (c.-à-d. souvent)

Le viseur est toujours aussi basique – aucune indication à l’intérieur – mais il est très lumineux et avec un grossissement qui doit permettre aux porteurs de lunettes de ne pas se sentir exclus.

Je faisais allusion à ma « petite » déception, qu’il ne soit pas AF (autofocus donc), bénéficiant d’une mise au point automatique (avec sonar) et d’un objectif avec 3 éléments de meilleurs qualité, ce qui était un plus indéniable..

Ceci étant, il sera produit en plusieurs éditions et variantes :

  • Polaroid Impulse Close-up (avec objectif gros plan)
  • Polaroid Impulse CL (avec objectif gros plan)
  • Polaroid Impulse Portrait (le boitier ajoute un objectif « gros plan » en plastique, diminuant la mise au point entre 60cm et 1,2m.)
  • Polaroid Impulse QPS (avec et sans objectif gros plan ; également en édition « Kylie Minogue »)
  • Polaroid Impulse SE (comme la version normale ; avec et sans objectif gros plan)

Les caractéristiques communes à tous les modèles à focale fixe Impulse sont :

  • Lentille en plastique à élément unique avec ouverture fixe (105 mm, f14)
  • Distance minimale de mise au point de 1,2 m
  • Commandes de compensation d’exposition sous l’objectif.
  • Le flash se déclenche à chaque prise de vue, sans que vous puissiez le débrayer.
  • Obturateur électronique de 1/3s au 1/200s
  • Cellule au silicium à deux canaux
  • Flash à recharge rapide (4 secondes)

Petite parenthèse, puisque je parlais du côté forcément « vintage » de l’engin, un petit coup d’œil à la production moderne, Polaroid Originals (c.-à-d. le nouveau nom de Polaroid qui était devenu Impossible Project avant de redevenir Polaroid … vous suivez ?) a sorti Polaroid Originals One Step2 Edition Stranger Thing, qui lui ressemble … beaucoup.

Le design n’est pas tout mais ils ont (enfin ?) modifié l’emplacement du déclencheur, plus pratique en façade que sur l’arrière pour l’Impulse.

Quant à la présentation (ici d’un modèle AF dont il faut retirer la grille ronde dorée (le sonar) et le retardateur) elle permet d’utiliser l’appareil même sans lire un quelconque mode d’emploi.

Finalement, Polaroid utilisait les mêmes arguments que son grand rival Kodak : « vous visez, clic, vroom, la photo sort » et se développera dans les soixante secondes sous vos yeux ébahis !

Autre gros argument en faveur de cet Impulse : on trouve toujours les film en 600. Même s’ils ne sont pas donnés (compter 19€ la boite de 8 vues), cela reste un plaisir à partager ou un terrain de jeux pour des expérimentation ludiques.

N’oubliez pas qu’avec les nouveaux films 600 il existe deux modèles : un dit Vintage qui contient une pile et les autres, sans pile puisque le boitier moderne est alimenté aujourd’hui.

Si vous en trouvez un en bon état, faites comme moi, négociez le prix et idéalement, essayez d’avoir une boite de film (même vide mais avec la pile fonctionnelle) avec vous pour être certain qu’il fonctionne toujours (quoique c’est solide un Polaroid). J’ai payé le mien 15€, en sachant qu’il fonctionnait.

Comme d’habitude, je ne résiste pas au plaisir d’une pub d’époque.

Source : Collection-appareils, Photokina 1990-91

Petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Des références : https://www.lemeilleuravis.com/polaroid-600-impulse-test/, https://www.polaroid-passion.com/polaroid-600.php?id=9, https://lafillerenne.fr/blog/859/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-397-Polaroid_Impulse.html en français, https://filmphotography.eu/en/polaroid-impulse/, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Polaroid_Impulse, https://en.wikipedia.org/wiki/Polaroid_Impulse en anglais