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Le Miranda Sensomat RE

Il y a quelques temps, je vous avais présenté le Miranda Sensomat et plus récemment, leur successeur, le Miranda TM

En effet, le Miranda Sensomat RE se situe entre ces deux-là.

Pour mémoire, le Sensomat était la version « économique » du Sensorex, apparu lui en 1966. Il était le premier appareil de la marque à proposer une mesure CdS à travers l’objectif (TTL). Il était équipé d’un bras externe de couplage entre la cellule et le diaphragme de l’objectif.

Cet assemblage, particulier, aussi au point de vue esthétique, permet de mesure l’exposition avec l’objectif à son ouverture maximale, puis de réduire celle-ci au moment du déclenchement. L’avantage de cette technique est de permettre de composer sa photo en même temps que l’appareil mesure l’exposition. A défaut, vous devez d’abord composer votre photo, puis réduire l’objectif à l’ouverture souhaitée et enfin mesurer.

Le Sensomat a été introduit en 1969 (année chère à Birkin et Gainsbourg) et produit jusqu’en 1975.

Il ne possédait plus ce fameux bras de couplage. Par contre, il gardait la double monture (Miranda et M44 filetée qui autorisait le montage, moyennant adaptateurs, de toutes une série d’objectifs venant d’autres marques. Miranda commercialisait d’ailleurs des bagues d’adaptation pour la majorité des objectifs des grandes marques d’alors telles Praktica, Exakta, Pentax, Topcon, Canon, Leica, Contax, Nikon.

Techniquement, l’absence de ce bras externe demandait d’armer l’appareil (ce qui met la cellule sous tension), de composer sa photo et faire la mise au point, puis d’appuyer sur le gros bouton en façade, à gauche de l’objectif (appareil face à vous) pour activer la cellule.

Celle-ci se matérialise par une aiguille dans le viseur, qu’il faut ajuster dans un cadre marqué plus (sur exposition) et moins (sous exposition). Cette aiguille bouge en fonction de la quantité de lumière reçue soit en modifiant la vitesse d’obturation soit l’ouverture du diaphragme. Lorsque vous avez stabilisé l’aiguille au centre, vous pouvez déclencher, ce qui coupe l’alimentation de la cellule et il faut recommencer le cycle pour la prochaine photo.

Si vous décidez, après avoir obtenu une exposition correcte, de refaire la mise au point, vous devez appuyer sur le petit bouton situé à l’avant de l’appareil photo pour désactiver la cellule et ramener l’objectif à la pleine ouverture. Le déclenchement de l’obturateur réduira correctement l’ouverture au réglage souhaité, cellule activé ou non.

On s’y fait avec un peu d’expérience.

Comme d’habitude, la prise de mesure de la cellule est précise : elle se fait, via le posemètre CdS, dans la partie basse de la visée, afin d’éliminer l’influence du ciel (ce qui doit poser quelques problèmes d’exposition dans le cas d’une photo verticale, ou d’un portrait).

En 1971, apparait celui qui nous préoccupe, le Sensomat RE, qui comporte quelques améliorations par rapport à son prédécesseur. Il sera produit jusqu’en 1977.

La première, le RE n’a plus le double déclencheur. Il ne garde que celui sur le capot. Et il reste toujours aussi souple et silencieux.

Mais le changement majeur c’est qu’il n’y a plus deux boutons à actionner pour la mesure de lumière, il suffit d’appuyer sur le bouton de prévisualisation de la profondeur de champ. Ouf !

Ceci étant, il garde encore le prisme interchangeable et la possibilité de viser à hauteur de poitrine – dans ce cas, ne pas oublier de « retourner » l’image, comme lorsque l’on vise avec un Yashica Mat p. ex.

Il gagne un sabot de flash avec contact central (synchro X au 1/60s) et il faut toujours un câble pour se brancher sur une prise FP (pour les plus vieux flash magnésiques)

La cellule, toujours aussi précise, est incrustée dans le miroir permettant au choix la mesure globale ou spot, comme le Sensomat, ce qui est rare pour l’époque. C’est un automatisme avec priorité à la vitesse.

En résumé, le Sensomat RE est un bel appareil, comme son prédécesseur. Il a une ligne finalement très moderne pour son époque, ce qui le rend encore très attrayant de nos jours.

Il possède tous les ingrédients des autres appareils phares des années septante mais vous permettra de photographier « différemment » des autres, nostalgiques d’une époque qui fabriquait du beau et du bon ou afficionados d’une marque telle Canon, Nikon, Pentax, Minolta, etc.

Que penser finalement de ce boitier ?

Je vais me répéter, mais il est beau (enfin, je trouve).

Ses assemblages respirent le solide, le bien pensé, même si certaines solutions retenues étaient originales.

Son agrément d’utilisation reste fort (douceur, silence de fonctionnement, possibilité de monter beaucoup d’optiques même de marques tierces et/ou concurrentes), son ergonomie est bonne, ses systèmes de visée (prisme ou à hauteur de poitrine) restent intéressants.

L’appareil n’est pas vraiment rare mais il est peu courant et en tous cas, il attirera toujours les regards (envieux ?), excellent moyen de communication.

Donc, si vous en trouvez un, n’hésitez pas, faites vous plaisir. Son acquisition vous délestera d’environ 50€, avec un objectif. Ce qui n’est pas cher compte tenu de la cote de ses concurrents.

Bon amusement et surtout, bonnes photos.

https://i1.wp.com/www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1383777613.jpg?w=695
source : Collection-appareils, Odéon Photo 1972

Quelques données techniques :

Viseur reflex par pentaprisme, interchangeable. Visée sur dépoli avec stigmomètre au centre.
Grossissement : 0,92x, Couverture : 96%
Rideaux textile horizontaux de 1 seconde à 1/1.000e + B
Déclencheur sur le capot avec filetage pour déclencheur souple.
Retardateur mécanique
Cellule au CDS TTL incrustée dans le miroir permettant au choix la mesure globale ou spot. Automatisme priorité aux vitesses.
Interrupteur ON/OFF – Auto – Spot et contrôle de piles par une molette à la base du bouton de rembobinage.
Réglable de 25 à 1600 ASA; Sensibilité : EV 3 à 18 (avec 50mm f:1,4)
Alimentation par 1 pile 1,5V au mercure PX675
Synchro-flash par câble et contact central dans le sabot sur le prisme.
X au 1/60e
Le déverrouillage du dos sur charnière se fait en tirant la manivelle de rembobinage vers le haut.
Un petit voyant près du levier d’armement indique que l’appareil est prêt à déclencher

Video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par LA

Des références : http://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=239., https://www.philcameras.be/collection/collectionm/lmn/mirandam.html, http://www.app-phot-col.com/photcol/pdfr/T34/2046.pdf, http://www.photorigines.com/miranda2.html en français, https://simonhawketts.co.uk/2014/10/20/miranda-sensomat-re/, http://www.jollinger.com/photo/cam-coll/cameras/Miranda_SensomatRE.html en anglais

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