Le Six-20 Brownie E made by Kodak

Nous arrivons au terme des appareils chinés dans les brocantes namuroises du 1er mai ’23 avec ce bel exemplaire de Brownie.

C’est sa boite/gaine, en bel état, qui m’a fait me pencher sur le stand et le cueillir : il est complet, en très bel état pour son âge et, de plus, il sera le chainon dans ceux que je vous ai déjà présenté, le Six-20 Brownie Model C et le Brownie Model F.

D’ailleurs à propos du dernier article, sur le Model F, je vous expliquais que c’était celui-ci, véritable “cheval de trait” à la longévité épatante (20 ans de production !) qui avait été l’inspiration pour un modèle “de luxe”.

J’ouvre ici une petite parenthèse car je vous avoue que je suis surpris du nombre de personnes qui ont vu et continuent à lire les articles consacrés à ces box. Franchement, ça me fait plaisir et j’espère que cela vous incitera à les ressortir et à y mettre une pellicule pour leur redonner vie.

Comme à leur époque, c’est un moyen rapide d’accéder au moyen format, presque dans l’esprit Lomography (revoir leur crédo LA), à savoir qu’on a juste envie de viser et de prendre la photo, les réglages étant réduit à leur plus simple expression, et pourtant, ça fonctionne et les images sont intéressantes. A méditer …

Bref, pour en revenir à ce Six-20 Brownie E (vous remarquerez qu’il est encore appelé d’abord “Six-20”), il fait partie d’une série d’appareils en métal, fabriqués en Angleterre au sortir de la seconde guerre mondiale. Ce sont les modèles C, D, E et F.

Cette progression, vous vous en doutez, correspond à une progression dans l’équipement et/ou la finition.

Par exemple, si le D et le E ont été produit quasi en même temps, le D ne possède pas le filtre jaune dont est équipé le E, et le F possède le filtre jaune et le filtre à portrait du E mais propose une finition plus luxueuse.

Quoique je continue à penser que Kodak avait trouvé là un bon moyen de vendre encore un peu plus, en sectionnant la clientèle selon des budgets et des propositions de produit qui y correspondent.

On peut considérer qu’il existe deux variantes du modèle E : la première, qui possède un décor de stries verticales et un bouton d’avance métallique, fut fabriqué de 1947 à 1953; tandis que la seconde aura des stries horizontales et le bouton sera en plastique. Celle-là sera produite de 1953 à 1957.

Le modèle que je vous présente date donc de la première série

S’il demeure très simple d’utilisation, il propose quelques améliorations par rapport aux modèles précédents, celles que vous avez pu découvrir en lisant l’article sur le Model F, que je vous résume :

  • objectif à ménisque de 100mm ouvrant à f11
  • bonnette montée sur une tirette pour réaliser des portraits
  • filtre jaune monté sur l’autre tirette
  • bouton de verrouillage du déclencheur
  • filetage pour installer un déclencheur souple, ou un retardateur mécanique
  • les broches pour brancher un flash Kodak

Même si on le présente comme moins luxueux que le F, je remarque un petit plus pas inintéressant : une charnière pour l’ouverture de la porte arrière (les autres modèles n’en possède pas).

Sinon, à l’intérieur, c’est la même chambre amovible en tôle emboutie, avec son “détrompeur” pour la remettre dans le bon sens, au cas où.

Bien évidemment, le fabriquant insiste pour que seuls ses films soient utilisés, au format 620, mais si vous avez lu les articles précédents, vous aurez compris qu’une bobine moderne en 120, un peu modifiée, fait parfaitement l’affaire.

Contrairement au Model C et comme le Model F, les viseurs sont clairs, ce qui aide quand même pour la prise de vue, plus agréable mais toujours aussi imprécise.

Pour les vitesses, il n’y en a toujours que 2 : celle indiquée par I qui donne le 1/60s et le B, pour les poses longues.

Malgré le bouton pour éviter les doubles expositions (blocage du déclencheur), dites-vous bien qu’elles sont faciles à faire. Le danger de ce déclencheur, c’est qu’il déclenche dès qu’on le touche, l’armement ne sert en fait qu’à faire avancer le film, rien d’autre.

A ce sujet, le compteur de vue reste la vision à travers la fenêtre rouge des chiffres du film. Mon conseil : ne tournez pas trop vite le bouton pour être juste sur les chiffres Rappelez-vous qu’on ne sait pas rebobiner un film de 120, il ne peut aller que dans un sens, celui de la “lecture”

Voilà, voilà …

Finalement, pour une dizaine d’euros vous pourriez être l’heureux propriétaire d’un de ces beaux box anglais et vous lancer à moindre coût dans le moyen format, et sans prise de tête au niveau réglage : vous visez, vous appuyez, la photo est dans la boite !

Pourquoi se priver de ce petit plaisir simple ?

Petit video d’illustration

Pour le mode d’emploi (6 pages quand même !) c’est à télécharger ci-dessous :

Un peu de technique :

  • Fabricant: Kodak production de 1947 à 1953
  • Moyen format 6×9 sur bobine de 620 ou 120 modifiée
  • Nombre d’images : 8
  • Type de corps : boîte métallique (box)
  • Type d’objectif : Ménisque
  • Type de mise au point : fixe avec objectif gros plan (bonnette)
  • Distance focale : 100 mm
  • Plage de mise au point : 1,8m à l’infini, gros plan 1,2m à 1,8m
  • Type d’ouverture fixe
  • Ouverture :f/11
  • Type d’obturateur : rotatif
  • Vitesses d’obturation : B, I (1/60 s)
  • Taille (l x h x p):85 x 104 x 118 mm
  • Poids : 575 g

Des références : http://www.artdecocameras.com/cameras/kodak/six-20-brownie-e/, https://brownie-camera.com/73.shtml, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Kodak_Six-20_Brownie, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Kodak_Six-20_Brownie,_Models_C,_D,_E,_and_F en anglais; https://www.philcameras.be/kodak-brownie/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-847-Kodak_Six-20%20Brownie%20E.html, https://www.collectiongeven.com/piwigo/picture.php?/22220 en français

4 commentaires sur “Le Six-20 Brownie E made by Kodak

  1. Eternel problème avec Kodak : Le film 620, alors qu’il y a pléthore de boitiers 120 qui ne coûtent guère plus chers et sont utilisables en l’état.

    Autre problème (mais cette fois Kodak est à la même enseigne que les autres fabricants) : L’obtu qui tourne à 1/60 de seconde maxi (et encore…). C’etait logique du temps où les films “rapides” n’existaient pas. Aujourd’hui, c’est un handicap certain sauf à se tenir à 64 ISO ou moins…

    Bref, il y a plus adapté pour se faire la main en moyen format même si, c’est vrai, ces boitiers ont le charme d’une esthetique d’un autre âge.

    Cordialement,.

    • Bonjour Nic, ah photographier avec ces vieux box se mérite ! Tu as raison, il y a plus “souple” pour commencer en 120 mais ici, pas de chichis, pas de questions (hormis la vitesse du film) : tu “vises”, tu appuies, c’est dans la boite et en plus, s’il y a quelqu’un dans les parages, tu engageras la conversation et partagera ton moment. Bien amicalement.

      • Les reflex bi-objectifs sont aussi un bon moyen d’engager la conversation (quelle que soit la marque) même avec des jeunes qui n’ont connu que le numérique…

        • Bonjour Nicolas, tout à fait d’accord avec toi, je l’ai déjà souligné avec certains appareils. Et en plus, ce sont des beaux objets souvent, qui ouvrent des perspectives différentes. Ah, si les gens étaient plus curieux de sortir des sentiers archi-battus des reflex pour (re)découvrir tous ces appareils … Toutes mes amitiés.

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