Celui-ci, je l’ai acheté en lot avec un Bilora Bella 66 et quelques accessoires d’époque.
Il a un certain charme dans sa livrée beige et son fronton marron/doré.
En le regardant bien, impossible de nier une descendance du modèle que je vous présentais il y a peu, le Six-20 « Brownie » C. Fait amusant, ils seront produit quelques années ensemble (jusqu’en 1957) !
Ici les deux « viseurs » sont clairs alors qu’ils étaient dépolis sur le model C. Le bouton d’armement et le déclencheur sont en plastique, blanc cassé pour rester dans les tons. Et quelques détails sur lesquels je vais revenir.
Mais, ironie de la chose, ce qui est le plus fou, c’est de se dire que ce modèle est contemporain du Bilora Bella 66 !
Quand on les regarde côte à côte, on a l’impression de ne pas être sur la même planète photographique.
D’un côté un appareil fait de tôle, presque « à la va vite », au mécanisme biblique : une vitesse de1/50s et une pause B. Un objectif à minima : un ménisque de 100mm ouvrant à f11. Et quelques fonctionnalités intéressantes à venir.
De l’autre, un boitier en fonte et tôle d’aluminium, un obturateur central aussi simpliste que son concurrent mais qui offre trois vitesses (1/50s – 1/100s – pause B) et un objectif aussi simple, un ménisque là aussi de 100mm ouvrant à f8 (je vous laisse relire l’article à son sujet pour le reste).
Le choc des anciens et des modernes, version photographique en somme …
Tous les deux ont eu du succès, le premier grâce à la machine de guerre Kodak, le second pour son design moderne et agréable, très sixties, alors que son concurrent faisait « vieux ».
Méditons, méditons …
Et revenons-en à notre Brownie Six-20 Model F.
C’est la version « Deluxe » du populaire Six-20 Brownie Model E, un cheval de trait produit pendant plus de vingt ans (1937 – 1957) sans quasi aucun changement.
Nous savions les Anglais conservateurs, mais là !
Bon, d’accord, c’est du solide, de l’éprouvé : on trouve souvent de ces vieux Box dans les brocantes, les vide-grenier et bien souvent, malgré leur aspect miteux, ils fonctionnent toujours … les joies de la simplicité en fait.
Bref, notre appareil « luxueux » donc, introduit quand même quelques perfectionnements : tout d’abord, une prise flash sur le coté, avec deux broches en saillies, réservées aux seuls flashs Kodak.
Ensuite, toujours sur le même coté, deux excroissances en demi-cercle. Il s’agit en fait, pour la première, d’une lame qui porte une lentille accessoire pour pratiquer le portrait. Elle permet de descendre à 1,5 m – 3 m la mise au point minimale (d’habitude, le point minimum est à 2,5 – 3m). Une astuce souvent utilisée chez Kodak et Agfa (voir l’Agfa Billy-Clack 74) et sans doute aussi quelques concurrents de l’époque.
La seconde lame est munie d’un filtre jaune, souvent utilisé avec les films en N/B pour accentuer le contraste.
Une plaquette en laiton encadre le « réglage » de la vitesse (I pour instantané et B pour pose). En dessous, un petit bouton à descendre ou relever si on veut bloquer/débloquer le déclencheur, qui est en dessous. Pratique pour éviter la double exposition involontaire. Rappelez-vous, le fait d’avancer le film n’arme pas le déclencheur qui peut donc s’ouvrir à tout moment sur une vue déjà exposée.
Deux filetages vont permettre de le fixer à un trépied si besoin et surtout autoriser à greffer un support sur laquelle viendra se fixer le flash car il n’y a pas de griffe.
Pour le reste, c’est la même gymnastique que pour le model C quant au chargement du film, son avancement, la lecture des chiffres que l’on voit mal dans la petite fenêtre à l’orange inactinique fatigué.
Voilà, voilà …
Solide et pourtant quand j’ai reçu mon exemplaire, il faisait un inquiétant « bling – bling » qui laissait augurer quelques dégâts.
D’abord chercher sur la Grande Toile une façon de l’ouvrir qui ne l’abîme pas.
En fait, c’est très facile car sur les côtés, il y a comme deux « poinçons » dans le couvercle en tôle ; il suffit d’exercer une pression avec la lame d’un tournevis pour déboiter un côté puis l’autre. Toute la face avant vient en bloc si on lui demande gentiment (ne pas forcer sur les bords, la tôle est fini et plie vite).
Comme vous pouvez le voir, les principes utilisés sont d’une simplicité désarmante : les deux « viseur » sont de simples morceaux de tôle chromée serties à froid. Deux tunnels qui portent un miroir en verre, qui renvoient l’image vers le viseur, légèrement bombé (effet loupe) sur le dessus ou le côté droit de l’appareil.
Ensuite, dans le ventre de la boîte ouverte, le mécanisme élémentaire mais efficace de l’obturateur, du déclencheur, du réglage de la vitesse. C’est un obturateur à une seule lame, qui balaie la surface grâce à un ressort calibré.
Puis vient la raison du bruit entendu lors de la manipulation : un bout de languette cuivrée s’est détaché et un second morceau pointe le bout de son nez par dessous.
Aïe, va falloir enlever le bloc pour aller voir derrière ce qui se passe !
Mais pas de panique, là encore tout tient par un sertissage à froid. La lame du tournevis en vient vite à bout et en faisant basculer l’ensemble vers la droite, je dégage tout le bloc « mécanique ».
C’est là que je découvre le problème : les deux lamelles en cuivre devaient être les contacts du flash. Petite vérification sur le document que j’ai trouvé (et que vous pourrez télécharger ci-dessous), là je vois comment ils devaient se positionner et surtout ce qui manque : les deux broches en saillies du flash et les minuscules écrous qui tenaient les pièces ensembles.
Ça ne va pas être facile à trouver, sauf si je déniche une épave quelque part. Petit bout de gaffer pour ne pas perdre les pièces et je remonte.
Je ne suis pas certain de la taille de l’ampoule, mais je n’avais que celle-là sous la main.
Nous pouvons rester dubitatif sur de tel assemblage mais force est de constater qu’il a traversé les âges avec plus ou moins de bonheur et que beaucoup de ces appareils, comme je le faisais remarquer en préambule, fonctionnent encore près de 70 ans après avoir été construit.
Les résultats en images sont LA et ce n’est pas si mal.
Alors, honnêtement, ces appareils ont-ils encore un intérêt ?
Oui, pourquoi pas, si vous avez l’âme aventureuse et l’envie de (re)découvrir d’autre manière de photographier. D’autant qu’ici il ne faut pas se frotter à des techniques compliquées, juste adapter la bobine de 120 au diamètre de celle du film 620 (je l’ai décrit dans l’article du Six-20 Brownie C – video).
Le reste est affaire de labo lorsque vous déposerez votre film.
D’autant qu’utiliser ce type de boitier est d’une simplicité enfantine : vous visez, vous appuyez, c’est dans la boite !
Et si vous êtes perfectionniste, vous utilisez une cellule à main, un chrono pour votre pose B, et le résultat est (sensiblement) le même.
C’est une expérience, qui peut être amusante et en tout cas qui suscitera l’intérêt et la curiosité.
Au prix où vous trouverez ces petites boites, souvent une dizaine d’euros, faites-vous plaisir, essayez.
Petites videos d’illustration
Un peu de technique
Box pour film 620 (ou 120 modifié) Introduit en 1955 et arrêté en 1957 Taille du film : 620 pour une image en 6×9 cm (8 vues par film) Fabriqué au Royaume-Uni Objectif à Menisque de 100 mm ouvrant à f11, avec un objectif portrait coulissant et filtre jaune intégré Obturateur à une lame avec deux vitesses de 1/50s et pause B
Si un jour vous deviez le démonter, comme moi, voici le document utile :
C’est via un site de seconde main que j’ai déniché celui-ci. Le photos étaient bien nettes et l’appareil me semblait en très bon état.
La transaction conclue, je l’ai reçu hier, 20 avril 23, dans une grande boite en carton, super bien protégé. Petit déballage un peu fébrile pour découvrir un magnifique appareil dans sa gaine que l’on dirait neuve, tout comme l’appareil. Merci Kim, c’est un bel appareil, un Zeiss Ikon Ikonta M.
On le connait aussi sous la dénomination d’Ikonta III 21/4 x 21/4, d’Ikonta 524/16 M et Ikonta M.
M pour « Messucher », soit télémètre en allemand.
Car cet Ikonta est un appareil de transition entre l’Ikonta tout court, sans télémètre et le Super Ikonta, avec télémètre couplé. Ici, il propose un « entre-deux », à savoir un télémètre, mais non couplé.
Il utilise des films en 120, sur lequel vous ferez 12 images au format 6×6.
Il fut produit entre 1951 à 1954, à Stuttgart.
Comme souvent chez Zeiss Ikon (comme Voigtländer d’ailleurs) il sera proposé avec des objectifs et des obturateurs différents, avec des tarifs qui suivent les équipements : objectif Novar 4,5/75 mm dans un obturateur Prontor-SV (celui de l’article), objectif Novar 3,5/75 mm dans un obturateur Prontor-SV ou Prontor-SVS, objectif Tessar 3,5/75 mm dans un obturateur Synchro-Compur (le plus cher et plus rare – voir les prix sur la pub ci-dessous – 1953).
Il ne faut pas oublier que Zeiss Ikon fut un ogre en son temps, qui a fusionné nombre d’autres pionniers de la photographie (ICA, Contessa-Nettel, Ernemann, Goerz )pour devenir la Zeiss Ikon AG à Dresde en 1926. Après la seconde guerre mondiale, elle sera coupée en deux, une partie restant à Dresde (partie devenue Allemagne de l’Est), l’autre établie à Stuttgart.
Elle formait une entité de la Fondation Carl Zeiss, une autre part étant la société d’optique Carl Zeiss, ce qui explique que la plupart des appareils étaient équipé de ces optiques, les autres membres ayant dû abandonner leur propre fabrication, comme Goerz.
Les obturateurs Compur équipaient aussi 80% des caméras. Seuls les appareils d’entrée de gamme avaient droit aux obturateurs moins onéreux, comme le Klio.
Si Dresde était le royaume de la photographie allemande, Zeiss Ikon en était le prince le plus puissant, avec des usines à Stuttgart et Berlin.
Il fut aussi le premier fabricant mondial de caméra 8mm et le fournisseurs d’optiques pour l’industrie ou des fabricants tiers et la lunetterie réputée que l’on connait encore.
-« Mais pourquoi il s’égare encore dans l’histoire ? »
Parce qu’elle a son importance pour situer cet appareil. En effet, avec les fusions, Zeiss Ikon se retrouvait avec un catalogue immense de références parfois concurrentes et souvent disparates. Pour rationaliser tout ça, il fut décidé de ne garder que quelques modèles et d’en créer d’autres pour combler des lacunes de gammes.
Ainsi est née la lignée des Ikonta, qui se place entre les Nettar et les Super Ikonta.
Bon, maintenant on s’accroche car Zeiss Ikon est parfois difficile à décrypter dans ses catalogues.
Pour faire court, la série est lancée en 1929 et est proposée en quatre modèles, répartis en lettres (pour les Usa) et en chiffres pour le reste du monde : A-B-C-D. Ainsi les A, B et C utilisaient du film 120 et donnaient respectivement des négatifs de 6×4,5, 6×6, 6×9. Par contre, l’Ikonta D utilisait un négatif plus grand, le 116 ou 616, aujourd’hui disparu.
Et rien que pour compliquer la vie de ceux qui s’y intéresse, il y eut encore un Baby Ikonta qui utilisait un film 127 (qui lui existe toujours, assez proche de la taille des 24x36mm que nous connaissons).
Cette première série A, B et C fut étiquetée 520. Ce qui donnait les combinaisons suivantes : 520, 520/16, 520/2.
Aux alentours de 1940, la série 520 a laissé sa place à la série 521. Celle-ci ajoutait un déclencheur sur le corps de l’appareil et non plus seulement sur l’obturateur, et ajoutait un système pour prévenir de la double exposition. Cette série n’a repris, avec ces changements, que les modèles A, B et C.
Puis, dans les années ’50, ce fut la série des 523 mais seulement pour les modèles B et C. Un capot supérieur avec le viseur intégré et une griffe porte-accessoires font partie des modifications.
La série 524 ajoutera un télémètre non couplé et s’appelait le « Mess Ikonta ». Ce n’est pas le même que celui de cet article, car lui s’ouvre vers la gauche et non vers le bas.
Pour mémoire, le Super Ikonta aura lui un télémètre couplé et il commence leur série par un 530 et 531, mais c’est une autre histoire que vous pourrez découvrir ICI et LA.
Comme je le signalais plus haut, les prix des appareils variaient en fonction des combinaisons objectif/obturateur et c’est aussi ce qui différenciait la gamme Nettar de celle des Ikonta.
Les objectifs pour la série 524 étaient des Novar f4,5 ou f3,5 et Tessar f3,5.
La focale était de 75mm pour les appareils en 6×6 et de 105mm pour les 6×9.
Les Novar, un triplet, étaient sous traités chez Rodenstock ou Steinheil alors que les Tessar, en quatre éléments, étaient fabriqués par Zeiss.
Rarissimes sur les Ikonta et Mess Ikonta, ils équipaient le plus souvent les Super Ikonta.
Les objectifs d’après guerre sont enduits afin de réduire les reflets entre les éléments, ce qui était un grand progrès, surtout pour ceux qui osaient utiliser le films couleur de l’époque.
Dernier point commun à tous les Ikonta, la distance se règle en tournant la lentille frontale.
Les obturateurs retenus étaient des Prontor SV ou SVS à huit vitesses et le Synchro-Compur à dix vitesses.
Sans être méchant, les Nettar recevaient les combinaisons les moins chères, étant des entrées de gamme.
J’espère non seulement ne pas vous avoir perdu mais vous avoir permis de mieux comprendre les subtilités de ces appareils. Utile si vous devez négocier le prix chez un vide-grenier « qui a été voir les prix sur Internet » sans comprendre ces différences, fondamentales, et qui justifient à elles-seules les écarts de prix conséquent d’un modèle à l’autre.
Revenons donc à l’exemplaire que j’ai reçu, un Ikonta M équipé d’un objectif Novar f4,5 de 75 mm dans un obturateur Prontor-SV.
A l’époque, son concurrent était, notamment, l’Agfa Isolette III, un autre pliant avec un télémètre non couplé, lui aussi très recherché car tout aussi bon et surtout, pour les deux, moins chers que les appareils à télémètre couplés. Un bon moyen, en somme, de découvrir ce qui se faisait de mieux dans ces appareils sans se ruiner.
Première image : Agfa Isolette devant le Ikonta M, puis l’inverse
Puisque j’en parle de ce télémètre, comme cela fonctionnait-il ?
Sur la face avant, vous avez une fenêtre carrée au milieu, le viseur, et de chaque côté, deux petites fenêtres rectangulaires, le système du télémètre. Avec, finalement, une base assez courte (environ 4,5cm).
Et, autre désagrément, si le viseur reste acceptable, celui du télémètre est minuscule.
Mais bon, il y a le mérite d’exister.
Donc, quand vous regardez par le trou de serrure de ce dernier, vous voyez l’image dédoublée de votre sujet. En tournant la molette de droite (en regardant par dessus le boitier), vous ajustez les deux images pour qu’elles n’en forment plus qu’une. La mise au point est alors bonne.
Il faut alors lire la distance reprise sur le cadran de cette molette et la reporter sur la lentille frontale de l’objectif. C’est pratique, précis, mais guère rapide.
Ou, pour aller plus vite, utiliser le bon vieux système du zone focus, en préparant à l’avance une zone de netteté qui sera fonction de la distance choisie et de l’ouverture.
Les marques sur le fut de l’objectif vous aideront dans cet exercice.
Pour le reste, tant que nous sommes sur le dessus de l’appareil, voyez la seconde molette, à gauche. Outre qu’elle serve à rembobiner le film en fin de course, elle sert aussi de pense-bête pour le type de film utilisé, en DIN (nous sommes bien en Allemagne). Vous faites tourner les repères grâce aux minuscules petits plots sur la couronne.
Toujours là-haut, deux petits boutons à enfoncer : celui de gauche permet d’ouvrir l’abattant qui libère la partie objectif/obturateur, le second est le déclencheur.
Juste derrière lui, un tout petit trou qui a son importance. Regardez le attentivement : s’il apparait gris, c’est que vous avez pris une photo, s’il apparait rouge, c’est que l’appareil est armé (vous avez avancé le film d’une vue).
Alors, pour éviter de gâcher de la pellicule, sachez que le fait d’avancer d’une vue n’arme pas le déclencheur, il permet juste de le mettre en position de prendre une photo si, et seulement si vous avez aussi armé le déclencheur qui se trouve sur l’obturateur.
Si vous avez armé le déclencheur de l’obturateur mais pas fait avancer le film, impossible de déclencher, c’est la fameuse protection contre la double exposition.Un argument de choix sur les publicités de l’époque … que l’on peut contourner facilement en actionnant avec le doigt la came qui lance normalement le déclenchement, obturateur armé …
Puisque nous sommes descendus au niveau du bloc optique/obturateur, restons-y.
Nous avons-là un obturateur Prontor SV qui offre des vitesses de 1s – 1/2s – 1/5s – 1/10s – 1/25s – 1/50s – 1/100s et 1/300s, plus une pose B. Et la synchro flash pour les flash magnésiques M et X pour les « électroniques ». Le flash pouvait se fixer sur la griffe porte-accessoires et il était relié à la borne au dessus, près du déclencheur manuel.
L’ouverture se règle avec la languette tout à l’arrière de l’obturateur et la vitesse avec la roue crantée qui est elle tout à l’avant de ce dernier.
Tout en dessous, le retardateur (plus ou moins 10 sec.). Attention, il faut d’abord armer le déclencheur avant de mettre le retardateur en position.
Pour refermer le tout, juste appuyer sur les deux genouillères en haut et aider lentement le bloc à rentrer dans la chambre, sans forcer.
Et pour charger un film, il suffit d’abaisser le verrou et de tirer la porte arrière vers soi. Pour placer la bobine, il faut abaisser le support, monté sur ressort et qui sera bloqué lorsque vous refermerez le dos (voir les découpes dans le métal). Idem lorsque vous devrez enlever la cartouche sur laquelle la film s’est enroulé.
Avec les films 120, vous aurez noté qu’il n’y a pas de bouton pour rembobiner le film. En effet, ce n’est pas nécessaire, la pellicule s’enroulant au fur et à mesure sur la bobine réceptrice à droite (appareil ouvert). Ne pas oublier de bien serrer et refermer le film avec la languette à coller au bout du film.
S’il n’y a pas non plus de roue dentée pour assurer le transport, notez que la « cage » est nervurée pour que la pellicule reste bien droite, guidée aussi par le presse-film et les deux rails qui assurent un défilement doux.
Pour refermer, ne pas oublier de remonter le verrou pour assurer l’étanchéité à la lumière. Vous remarquerez aussi la qualité de l’ajustement des pièces. C’est de la belle mécanique, assurément.
Si je résume, nous avons là un superbe appareil, très facile à transporter car relativement fin lorsqu’il est fermé. En tout cas bien moins épais que les autres appareils en moyen format ou même les premiers reflex de l’époque.
Personnellement, j’apprécie beaucoup que la porte s’ouvre vers le bas, ce qui assure une meilleure prise en mains, plus naturelle et stable.
Le format 6×6 est intéressant car il offre une belle surface de négatif, qui autorisera de beaux agrandissements si besoin.
A la question ritournelle « cet appareil a-t-il encore un intérêt », je réponds « oui, bien certainement ».
Son prix reste attrayant, bien plus abordable que les Super Ikonta pour une qualité aussi très bonne (surtout si vous avez la chance de tomber sur un Tessar, quoique les autres ne soient pas des manchots non plus !).
S’il faut quand même une grande poche, ou un petit sac pour le transporter, il n’en demeure pas moins facile à emmener partout.
Au rayon des regrets, la taille du viseur et du télémètre qui ne sont définitivement pas très grands (doux euphémisme) mais ils font le minimum syndical qu’on attend d’eux.
De toute manière, si vous voulez vous en servir, par exemple, en photo de rue, vous travaillerez en zone focus, bien plus rapide et plus pratique.
Franchement, je l’écris souvent, mais du milieu de gamme de cette qualité, on en redemande. Près de 70 ans plus tard, cet appareil fonctionne toujours comme au premier jour.
Alors si vous avez la chance d’en découvrir un et que le format 120 vous attire, prévoyez quand même plus ou moins septante euro (soixante-dix pour nos amis français) pour un bel exemplaire, avec sa gaine en cuir. S’il est équipé d’un Tessar, le prix sera plus proche des 100€.
Si vous voulez voir un aperçu de ses capacités, c’est par ICI.
Combinaisons d’objectif/obturateur connues : Objectif Novar 4,5/75 mm dans un obturateur Prontor-SV (celui de l’article), objectif Novar 3,5/75 mm dans un obturateur Prontor-SV ou Prontor-SVS, objectif Tessar 3,5/75 mm dans un obturateur Synchro-Compur (le plus cher et plus rare)
Taille du filtre :
Synchronisation du flash : prise sur l’obturateur, synchronisation M et X
Retardateur : Oui
Système de posemètre : aucun
Prévention de la double exposition : Oui
Télémètre : Non couplé
Finition de couleur : Noir avec couvercle et ornements chromés
C’est un fait avéré, de nombreux jeunes – et moins jeunes – se tournent vers les appareils et techniques argentiques, pour découvrir « autre chose » que les ultra performants mais froids appareils numériques.
Des lecteurs ou des acheteurs des boitiers que je revends me posent parfois des questions sur « où trouver des bonnes infos » pour ne pas être déçus ?
Si ce site essaie, modestement, de vous aider à choisir du matériel utilisable, rien ne vaut la pratique et la découverte, sur le terrain, des réglages utiles. Mais avant de se lancer, quelques infos sont bien utiles …
Le Net, comme d’habitude, regorge d’informations mais souvent le pire y côtoie le meilleur et sans bases de départs, il est difficile de s’y retrouver.
Voici une petite sélection toute personnelle de sites qui aideront à comprendre et à progresser avec ce médium qui intrigue tant.
Je vais commencer par une petit video, celle de Baptiste de EMGK.
Notre ami Baptiste y va avec humour et sans prise de tête, un must !
Et voici la liste de ce que EMGK Photographie vous propose, assurément incontournable : EMGK Photograhie, c’est super bien fait, par un professionnel passionné … passionnant.
Alors, si j’apprécie Baptiste, que je ne connais pas personnellement, je vous recommande encore le site de Frédéric, d’Histoire de Photos : lui est un ami et surtout un photographe professionnel du Nord de la France (pardon, les Hauts de France !) qui n’a jamais cessé de pratiquer tant pour ces activités professionnelles que personnelles la photographie argentique. Non seulement il la maitrise parfaitement mais il vous donne des conseils utiles et judicieux tant sur les films que sur les appareils. Un autre passionné qui aime partager. Voyez d’ailleurs sur son site, il organise des sorties d’apprentissage avec votre boitier argentique. Un site incontournable.
Encore un site où il fait bon se perdre : Dans ta cuve. Plein d’infos sur les pratiques, les appareils, les films, les techniques et un agenda pour les activités argentiques (en France).
Un classique aussi, Apprendre la Photo, qui approche aussi avec des petits guides gratuits la photographie et la photographie argentique en particulier.
Pour la découvert de quelques matériel argentique, je vous propose encore le site de la FilleRenne, qui a fait – et fait toujours – pas mal d’expérimentations avec toutes sortes de vieux boitiers.
Un autre site super bien fait, qui porte bien son nom : Pose Partage.
Dans le même genre, un autre incontournable, le site de Thomas Hammoudi, parce que la photographie, c’est aussi voir plus loin que le bout de son objectif.
Plus commercial mais pas inintéressant, Lomography relance sa « School Lomography » où ils vont reprendre les principes de la double exposition, le light painting, les films, etc. Malheureusement en anglais, mais avec Deepl Traducteur cela devient un jeu d’enfant (en tout cas pour ceux qui ne sont pas habitué à l’anglais).
Ah, encore un bel objet, que l’on prend plaisir à prendre en mains.
Du même acabit que le Balda Baldessa 1 mais en plus perfectionné, vous verrez.
Je vous ai déjà présenté le Kodak Retina IIIc, (si vous êtes curieux, la genèse de ces appareils s’y trouve), voici le petit frère.
De gauche à droite, le Balda Baldessa 1, le Kodak Retina IIIc et le Retina IIc.
Et pour une fois, l’article sera court … quoique …
Car tout ce que j’ai écris sur le Kodak Retina IIIc est valable, la seule différence entre les deux, c’est que celui-ci ne possède pas de cellule au sélénium.
Sachant de toute manière que celle-là s’épuise avec le temps, malgré toutes les précautions, finalement, ce n’est pas le plus indispensable. Une bonne cellule à main dans le sac et le tour est joué.
Bon, je ne vais pas obliger tout le monde relire l’autre article – pourtant il est chouette ! – alors voici les principales caractéristiques de ce sympathique petit appareil qu’on a vite envie de sortir, pas seulement pour le plaisir mais aussi parce que c’est une excellente machine à raconter des histoires.
Il était une fois, donc …
Bien que cela ne se voie pas de l’extérieur, il s’agit d’un appareil à soufflet mais vous ne le découvrirez que si vous ouvrez le dos de celui-ci, objectif sorti.
Produit de 1954 à 1957, c’est encore un appareil construit, certes en quantité (on estime que 136.000 exemplaires ont été produit), mais pas – encore – en masse, ce qui adviendra au début des années soixante chez Kodak et quelques concurrents. Ici l’appareil respire la solidité, l’assemblage de précision, la recherche du détail (vous verrez plus loin).
Bref, c’est du solide, fait pour durer : la preuve, près de 65 ans plus tard, l’exemplaire que je vous présente fonctionne parfaitement.
Sans refaire toute l’histoire des Retina, leur épopée commence avant la seconde guerre mondiale (1931), lorsque Kodak rachète Nagel Camera Werk AG, du nom d’un génial inventeur qui imagine et réalise ce petit bijou d’ingéniosité, qui évoluera avec le temps mais sans perdre son essence : un appareil au format contenu, qui doit pouvoir répondre à un maximum de situations, fiable et qui utilise les premiers films en cartouches scellées crées par … Nagel pour Kodak (1934).
Et dans ces évolutions donc, en 1954, apparait ce Retina IIc, qui offre le vrai confort d’un télémètre précis, la possibilité de changer de focales, une synchro flash et surtout, un magnifique objectif Schneider-Kreuznach Retina-Xenon C de 50mm ouvrant à f2.8, net et au rendu des couleurs, délicates, presque pastel.
Je reviens deux secondes sur l’histoire du changement de focales : en fait, on ne change pas d’objectif mais seulement l’élément avant, que l’on remplace par une autre « demi » optique pour obtenir soit un 35mm, soit un 80mm, en sus du 50mm de base.
Soyons honnêtes, ils ne sont pas faciles à trouver et comme le viseur n’est pas collimaté pour celles-là, il faut acheter à part un/des viseurs qui en tiennent compte. Peut-être pas vraiment utile, mais dans l’air du temps en 1954.
Ce qui est important de retenir c’est que tout ça se présente sous un format très compact pour l’époque, qui autorise à le glisser dans une (grande) poche.
Cette compacité se gagne grâce au principe du soufflet, justement caché derrière une petit porte qui va s’ouvrir vers la droite, en appuyant sur le petit bouton rond en métal sur le bord de cette dernière.
Pour refermer, deux manipulations à ne pas oublier : premièrement, remettre l’objectif sur l’infini, ensuite appuyer simultanément sur les deux boutons en saillie sur le bloc optique/obturateur et repousser le tout vers l’arrière, jusqu’au « clic » de la porte fermée. Sans ces deux manœuvres, impossible de fermer l’appareil, ne jamais forcer.
Mais laissons le ouvert encore un moment, le temps de découvrir ce qu’il nous offre.
Son objectif, que j’ai présenté plus haut, dont on règle la distance grâce à l’espèce d’oreille située sur le côté, et un obturateur Synchro Compur offrant des vitesses de 1s au 1/500s, plus une pose B et la synchronisation (X – M) du flash, à toutes les vitesses.
Rappelez-vous, nous sommes en 1954, date à laquelle est présentée à la Photokina un « nouveau » système appelé EV/LV (comme sur le Balda Baldessa 1. Le principe est expliqué dans l’article), EV pour Exposure Value, valeur d’exposition.
C’est-à-dire plutôt que de régler la vitesse d’obturation et l’ouverture séparément, vous définissez plutôt une valeur d’exposition. Après cela, lorsque vous modifiez la vitesse d’obturation, l’ouverture change automatiquement avec elle. On peut sortir de ce système, avec la languette sous l’objectif mais ça simplifie quand même la rapidité de prise de vue.
Une fois la valeur déterminée, l’ouverture et la vitesse d’obturation sont verrouillées, et vous pouvez faire tourner la bague de vitesse d’obturation du Retina IIc pour voir et choisir exactement la combinaison d’ouverture et de vitesse d’obturation que vous voulez, afin d’obtenir les résultats que vous recherchez.
Prenons un exemple : vous voulez privilégier la profondeur de champ, vous déterminez la valeur de lumination (EV) puis vous faites tourner la bague des vitesses jusqu’à ce que le levier pointe sur la valeur f-stop désirée, c’est tout.
Maintenant, si vous voulez jouer sur le flou de mouvement ou au contraire le figer, vous indiquez la vitesse que vous estimez nécessaire et lorsque vous tournerez la bague, l’ouverture s’adaptera automatiquement.
De plus, si vous voulez utiliser la compensation d’exposition, c’est aussi facile, vous n’avez qu’à ajuster un élément : EV inférieur = plus de lumière sur le film, EV supérieur = moins de lumière sur le film et 1 EV = 1 stop. Il suffit de soulever et déplacer le levier EV dans la direction où vous souhaitez obtenir la compensation souhaitée.
Voilà, voilà …
Reste à mettre un film dans l’appareil. Comme pour le Rétina IIIc, il faut faire tourner un verrou, en dessous, sous lequel se cache le bouton de déverrouillage du dos. Monté sur charnière, il s’ouvre et découvre la chambre
Petite bizarrerie, le compteur de vue ne se remet pas à zéro tout seul, il faut le faire à sa place. De fait, lorsque vous avez chargé un nouveau film, il faut maintenir enfoncé le bouton derrière le déclencheur tout en faisant glisser le bouton à l’arrière de l’appareil photo, de gauche à droite, plusieurs fois, pour réinitialiser manuellement le compteur. Vous verrez alors la fenêtre avec les chiffres défiler. Si vous avez un film de 36 vues, une petite marque va apparaître, vous stoppez là. Maintenant, à chaque photo prise, le compteur va « décompter » les vues mais lorsque vous arriverez au chiffre un, vous ne pourrez plus déclencher, il sera temps de rembobiner le film
Pour y arriver, sous la semelle, dans le creux de ré-armeur, il y a un bouton sur lequel il faut appuyer, puis tourner la molette afin de rembobiner la pellicule.
Dites-vous qu’à l’époque, la norme pour les films était 20 ou 36 poses. De nos jours, c’est plutôt 24 et 36. Pensez-y lorsque vous chargez le film car immanquablement, au chiffre 1, il va se bloquer.
Allez, un petit truc utile : sur le petit bouton, il y a un minuscule point dessus. Lorsque vous rembobinez le film, le point vous permet de voir ce bouton tourner. Tout d’abord, vous saurez que vous rembobinez le film correctement, mais deuxièmement, lorsque le bouton arrête de tourner, vous savez que le film est hors de la bobine réceptrice à l’intérieur de l’appareil photo, et vous pouvez arrêter le rembobinage à ce stade. Il laissera l’amorce du film à l’extérieur de la cartouche
Et si nous parlions un peu du viseur car, je le rappelle, ce Retina IIc est un télémétrique, ce qui aide à la mise au point, même si on peut toujours travailler par zone focus (échelle sur le fut de l’objectif).
Lorsque vous approchez votre œil du viseur, vous verrez une petite zone en forme de losange au centre. C’est dans ce losange que vous verrez deux images qui se superposent. En déplaçant le levier de mise au point, vous allez voir les images se déplacer, le but étant de les faire coïncider jusqu’ à ce qu’elles n’en forment qu’une.
Ça y est, vous y êtes ? Vous pouvez déclencher, l’image sera au point.
Comme je le faisais remarquer, le télémètre c’est utile mais pas toujours utilisable, par exemple en cas de lieu sombre ou trop contrasté, là, on n’y voit pas grand chose.
Mais les concepteurs de ce chouette petit appareil y ont pensé.
Donc, comme je l’écrivais, vous pouvez toujours faire la mise au point par zone, et c’est là que les ingénieurs ont pensé à vous : ils ont ajouté 2 petits cercles, un pour la mise au point de zone à courte distance et le second pour les distances plus grandes.
Si vous les positionnez, par exemple, avec une ouverture de f8 à la vitesse appropriée, vous obtiendrez une profondeur de champ utilisable immédiatement. Ainsi le cercle à « courte portée » vous donnera une mise au point d’environ 1,8m à 3m, tandis que l’autre cercle donnera une mise au point de 3m à l’infini.
Avouons que Kodak a fait du bon boulot avec ce petit appareil sympathique.
Quelques photos pour résumer :
Question habituelle : cet appareil est-il encore utilisable ?
Oh que oui !
Sa forme trapue, sa prise en main (il est vrai un peu déroutante au début avec la porte qui s’ouvre sur la droite), sa construction solide, ses petits perfectionnements bien pensés le rendent tout à fait apte à prodiguer d’excellentes photo, même de nos jours.
Quelques accessoires utiles sont difficiles à trouver, notamment les filtres de couleur (filtre de 29,5 mm intérieur, 32mm extérieur, à viser), les éventuels compléments optiques (mais que je ne trouve pas primordiaux) et n’empêche en rien l’utilisation ludique de ce Retina IIc.
Accompagnez-le d’une bonne cellule à main, il n’a besoin de rien d’autre pour vous donner satisfaction.
Par contre, il vous faudra un peu de temps pour bien appréhender des techniques qui nous semblent bien lointaines mais qui, une fois acquises, vous simplifieront vraiment la prise de vue.
Vous n’en trouverez pas souvent, ce n’est pas un appareil de masse mais si vous en trouvez un beau, prenez-le, il vous le rendra bien.
Concrètement, comptez environ 100€ pour un bel exemplaire avec son sac tout prêt, un peu moins s’il n’est équipé que d’un Rodenstock ou d’un Heligon à la place du Schneider-Kreuznack Retina Xenon C.
Second appareil trouvé chez le vide-grenier, après un Minolta Riva Zoom 70.
De prime abord, je ne l’avais pas regardé, dans son « sac tout prêt » en cuir, il ressemblait à tant d’autres appareils de son époque (1955 – 1960), comme les Agfa, les Voigtländer Vitoret, etc.
Et puis, … il n’y avait pas grand chose à me mettre sous les yeux et donc je suis revenu vers l’appareil.
J’ai ouvert le sac et découvert, ma foi, un appareil quasi neuf, un Balda Baldessa 1, que je ne connaissais pas.
D’autant que ce petit boitier n’est pas avare en surprises, vous verrez.
Mais peut-être d’abord quelques mots de cette marque, disparue.
C’est en 1908 qu’un certain Max Baldeweg crée sa société, qui deviendra en 1913 la Balda-Werk, à Dresde. Au début, cette société produit des accessoires pour la photographie. Puis, vers 1920, elle commence la production de box, de folding à plaques ou à film en rouleaux (rollfilms).
Elle en fabrique sous son propre nom et aussi comme « produit blanc » pour d’autres marques. Sa spécificité étant de produire des appareils bon marché quoique de bonne qualité.
Mais voilà, la seconde guerre mondiale est passée par là et si l’usine est remise en route en 1946, elle est passée à l’Est.
Tandis que Max Baldeweg, lui, passe à l’Ouest, à Bünde (Westphalie) et y re fonde en 1948 une société, la Balda Kamera-Werk. Dès 1951, elle produira les Baldini, Baldinette, Baldafix et consorts.
Pendant ce temps, l’usine initiale devient en 1951 la Balda-Werk et elle sera absorbée en 1956 par la VEB Pentacon, l’orgre Est-Allemand qui dévorait/rassemblait toutes les anciennes gloires photographiques malheureusement passées entre-temps derrière ce qui deviendra le rideau de fer.
Pour mémoire, VEB veut dire, littéralement « possédé par le peuple » … toute une autre histoire en somme …
Des modèles seront alors construit soit sous leur premier nom, Balda, soit sous les nom de Belca (Pentacon)
Mais revenons à notre Balda Baldessa 1, fabriqué en « West Germany », à l’Ouest donc.
Il y eut, en 1957, un premier modèle, bien vite amélioré en 1958, celui qui devient le Baldessa 1.
Source : lesappareilsphotographiques, à gauche le modèle sorti en 1957, avec le déclencheur sur le dessus et l’absence de fenêtre. A droite, le Baldessa 1 avec le déclencheur en façade et la fenêtre pour illuminer le cadre.
Le premier du nom avait un objectif Westanar de 45mm ouvrant à f2,8 avec un obturateur Pronto-SVS.
Le second aura le choix entre trois objectifs : un Color-Baldanar, un Color-Isconar ou un Westanar, toujours en 45mm ouvrant à f2,8. Celui que j’ai acquis possède le premier cité.
Ce n’est pas le plus luxueux mais c’est une formule Tessar à quatre éléments. Vous pourrez voir ICI les résultats en photos. On a déjà vu pire (et mieux, je vous l’accorde).
Ensuite, il a aussi le choix entre quatre obturateurs, un Vario, un Pronto, un Pronto 125 ou un Pronto SVS, échelonné pour ce dernier de 60s (!) à 1/500s plus une pose B. C’est celui qui équipe l’exemplaire présenté.
Autre grand changement par rapport à l’appareil initial, le viseur reçoit l’aide d’une fenêtre adjacente, qui « illumine » ce dernier, ce qui rend la visée bien plus confortable. Viseur avec un cadre lumineux et des corrections de parallaxe, un vrai charme.
Ce n’est pas un télémétrique – ça se sera pour les Baldessa 1a et Baldessa 1b (qui gagne encore une cellule) – et l’objectif se règle de 1m à l’infini avec la bague avant de l’objectif. Il est évidemment possible de travailler en zone-focus, une échelle est présente sur le fut.
Il n’y a pas de cellule et pourtant vous pouvez régler la sensibilité du film via une couronne autour du filetage du trépied, de 10 à 200Asa. Disons que c’est plutôt un aide mémoire, qui vous permet aussi de savoir si vous avez mis un film couleur ou N/B.
Puisque nous sommes sous l’appareil, remarquons deux traits caractéristiques et assez uniques de ce Baldessa 1 : la clé de rembobinage et celle pour l’armement.
Lorsque vous placez un film dans la chambre, vous devez réinitialiser le compteur manuellement. Et donc, lorsque vous arrivez en fin de pellicule, pour rembobiner celle-ci, vous devez faire basculer une tirette notée T – R vers le R. Cela libère la clé de rembobinage pour vous permettre de recharger le film dans sa cartouche.
L’opération terminée, vous repositionnez la manivelle à sa place et refermez la tirette sur le T, qui la bloque et libère de ce fait le déclencheur, autrement calé tant que vous êtes sur la lettre R.
Toujours par dessous, une seconde clé, à gauche : c’est pour armer le boitier. Vous soulevez la « clé » et tournez un demi-tour pour armer le déclencheur et faire avancer le film d’une vue. Ingénieux mais peu courant comme système. Il faut s’y habituer, un peu comme avec l’espèce de gâchette du Kodak Retina IIIC ou IIC ou du Ricoh 35, contemporains ou presque.
Tant qu’à faire le tour des spécificités du Baldessa 1, ne cherchez pas un quelconque verrou sur une tranche, n’essayez pas de tirer sur la clé de remontage, non, il faut simplement appuyer, en même temps, sur les deux boutons placés sur la tranche gauche, et tout le dos se déclipse.
Pour le remettre en place, vous l’accrochez d’abord vers la droite puis une pression sur la gauche, pour re clipser les deux boutons dans leurs encoches et fermer le tout.
Pas courant, vous en conviendrez.
J’ai écris plus haut que la marque fabriquait des appareils abordables, d’aucun dirait bas de gamme. Eh bien, du bas de gamme comme ça, j’en veux bien tous les jours !
Presque tout est métallique sur ce Baldessa 1, ce qui confère un poids stable et une bonne prise en main. De plus, le déclencheur en façade permet d’éviter, avec un peu d’habitude, les bougés dus aux appuis sur le bouton.
Remarquez, par dessous le déclencheur, un filetage pour un déclencheur souple.
Encore une particularité, le système EV/LV pour les vitesses et les ouvertures, couplées. Notez que l’on peut débrayer la chose grâce à bouton noir sur la couronne des ouvertures.
-« Heu … c’est quoi le système EV/LV ? »
Ah, une belle invention (!?) introduite en 1954 à la Photokina et embarqué par des marques aussi prestigieuses que Rollei ou Hasselblad.
C’est le fait de coupler la vitesse et le diaphragme en liaison avec l’indice de lumination (la quantité de lumière reçue pour une sensibilité donnée sur une surface x).
Un exemple concret : si vous avez réglé EV 10, 1/30 s à f4, le passage à 1/60 s changera automatiquement l’ouverture à f2.8 et le passage à 1/15 s s’arrêtera automatiquement à f5.6.
Pour expliquer le principe, LV, valeur de lumière et EV, valeur d’exposition, sont des termes utilisés pour permettre un rapport facile entre l’exposition et la lumière sans la confusion des nombreuses combinaisons équivalentes vitesses d’obturation et ouvertures.
LV fait référence à la luminosité du sujet. EV est le réglage de l’exposition sur l’appareil photo.
EV et LV suivent une échelle ouverte. Chacun d’entre eux est éloigné d’un cran du suivant. En photographie, des valeurs d’environ 0 à 18 sont couramment utilisées. Les valeurs négatives sont parfaitement valables, juste très sombres et ne se produisent que dans la photographie de nuit. LV 15 correspond à la pleine lumière du jour, par exemple.
Chaque valeur d’exposition, ou EV, représente l’une des nombreuses combinaisons différentes mais équivalentes de f/stop et de vitesse d’obturation. Par exemple, 1/250 à f/8 correspond à EV14, de même que 1/125 à f/11. 1/125 à f/8, un diaphragme de plus, correspond à EV13, et 1/250 à f/11, un diaphragme de moins, correspond à EV15. Vous n’avez pas besoin de vous en souvenir, elles sont sur le cadran de votre posemètre.
La compréhension de ces valeurs vous permettra de reconnaître les valeurs d’éclairage courantes et de deviner correctement les expositions, même sans posemètre.(source : https://lilinguas.com/fr/que-sont-lv-et-ev/)
En gros, pour faire simple, quand vous avez déterminé, par exemple avec votre posemètre, une « lumière », vous la reportez sur la bague des ouvertures et lorsque vous voudrez faire varier soit celle-ci, soit la vitesse, elles avanceront de concert, vous donnant toujours la bonne combinaison.
De mémoire, les Yashica Minister D fonctionnaient aussi avec cette échelle. Il faut s’y habituer mais ensuite, c’est facile.
Source : Philcameras, l’évolution du modèle : le Baldessa 1 en bas; le 1a au dessus, avec télémètre; le 1b tout en haut avec télémètre et cellule au sélénium.
Revenons à notre Balda Baldessa 1 car, finalement, ce petit appareil nous a réservé son lot de surprises.
J’allais oublier la griffe flash, synchronisée X pour les flash électroniques et M, avec câble pour les flash plus anciens.
Petit, agréable à tenir en mains, avec un beau viseur, un système ingénieux pour les réglages, il tient la comparaison avec un Voigtländer Vito CLR, par exemple et il surpasse, à mon avis, un Dacoraau niveau qualité de fabrication (ok, ces deux-là ont une cellule … au sélénium, qui ne fonctionne plus, souvent).
Son esthétique est délicieusement rétro, entre années cinquante et soixante, ce qui fait son charme.
Il est encore parfaitement utilisable. Et je pense qu’il attirera aussi la sympathie de ceux que vous prendrez dans le cadre.
Sans être vraiment rare, il n’est pas très courant. Son prix devrait se fixer à 40 voire 50€ pour un très bel exemplaire, complet avec sa gaine.
Je l’écris souvent, et je le ré affirme, pourquoi acheter des appareils chez Lomography, bien chers (là, il vont m’en vouloir), en plastiques, alors qu’il existe encore tant d’appareils, de qualité, parfaitement utilisables, par exemple avec les films de chez … Lomography (allez, je me rattrape).
Si vous en trouvez un, ne le laissez pas passer, il vous le rendra bien.
Objectif Color – Baldanar 45mm ouvrant à f2,8 Mise au point par rotation de la frontale à partir de 1 m.
Viseur
Viseur optique à cadre lumineux et indication pour la parallaxe
Obturateur
Obturateur central PRONTOR SVS 60s – 1/500s + B Déclencheur sur la face avant avec filetage pour déclencheur souple
Flash
Synchro-flash X et M par câble. Sabot standard sur le capot
Poids, dimensions
465gr
Divers
Levier de rebobinage également rabattable et déverrouillable par le sélecteur de rebobinage se trouvant sous l’objectif. Compteur de vues également sur la semelle, à remise à zéro manuelle. Ecrou de pied avec disque de rappel de la sensibilité du film. Dos entièrement amovible
Cela ne vous échappe pas, le matériel photographique argentique subit un large regain d’intérêt depuis au moins trois ans.
Si cet attrait intéresse surtout la génération Y, celle qui a encore connu l’argentique, elle intrigue la génération Z (celle d’après les années 2000) qui n’a pas connu ces appareils ni ces techniques.
Pourquoi ce regain ?
Nous pourrions penser a un effet « post-covid », où les photographes « à l’ancienne » se découvraient plus de temps et l’envie de re découvrir des techniques autrefois maitrisées, pour lesquels ils avaient encore – parfois en tout ou partie – du matériel utilisable : appareil photo, matériel de développement, de labo, …
Cela a sans doute joué, mais pour la génération des plus jeunes, il s’agit clairement d’une forme de rejet, peut-être même inconscient, des techniques trop parfaites, trop surfaites, trop manipulées ou manipulables (phénomène des AI).
Ne soyons pas naïfs, les manipulations existaient aussi au temps de l’argentique (rappelons-nous les photos d’officiels disparaissant au gré des coups d’états sur les photos « historiques »). Toutefois, déposer son film, ou le développer soi-même, apporte toujours cette magie de l’image qui se révèle et la certitude, à ce moment précis, que cette image est la traduction intacte d’une vision, qui peut être toute personnelle.
Une autre raison pourrait être évoquée, celle de pouvoir « réellement » partager un moment de vie.
Fuji l’a très bien compris et c’est une des raisons qui fait cartonner les films Instax : nos plus jeunes découvrent les joies de la photo instantanée, que l’on partage « en vrai », physiquement, qui reste en souvenir tangible d’un moment de « communion » entre ami(e)s.
C’est ce qui a expliqué, un moment, le retour en grâce des vieux Polaroid. Cependant, la gourmandise et/ou la radinerie de la marque (dont tout le monde connait maintenant la saga) font que même les plus assidus se posent des questions : 8 vues au lieu des 10 d’antan, un prix qui frôle voire dépasse les 2€ la vue, ça fait réfléchir !
D’autant que la qualité des films plus modernes, Instax ou Zink, distance réellement celle des Pola. De même, les appareils d’aujourd’hui proposent des solutions bien plus intéressantes/utiles que celles des ancêtres de l’instantané.
Autre indice sérieux de l’intérêt renouvelé pour l’argentique : le prix des vieux appareils, qui ne cesse de monter, parfois – souvent – au delà de tout réalisme.
J’en fais souvent l’écho dans les articles que je vous soumets, horrifié de voir aujourd’hui que des appareils vendus hier entre 10 et 15€ atteignent voire dépassent les 100€.
Cela concerne tant de vieux reflex, que des télémétriques, que les compacts des années nonante, et, dans un autre mesure, les moyens formats.
Autrefois dédaignés, délaissés, tout ce qui touche aux sels d’argent semble se muer en valeur or !
Enfin, un troisième signe, pourtant tout à fait improbable il y a encore moins de deux ans, des marques historiques nous ressortent, ou sont sur le point de le faire, des appareils neufs mais avec film.
Oublions peut-être Leica et son « new » M6 au prix stratosphérique mais Pentax, un autre vieux de l’histoire photographique, semble sur le point de nous ressortir un « tout mécanique » à prix capable de rivaliser avec ce qui se vend aujourd’hui, en occasion.
pour passer à la traduction en français, allez dans les « paramètres, sous-titres«
Effet de mode, baroud d’honneur ? La question reste en suspend car elle implique quand même quelques questions. A moins d’avoir gardé dans leurs cartons à archives des plans réutilisables (des modèles de dernière génération qui ne seraient pas sortis à cause de la déferlante du numérique), on s’imagine mal les services RD (recherche et développement) se lancer à grands frais dans cette aventure.
D’autant que ces firmes, et les autres aussi d’ailleurs, n’ont plus le personnel ayant les connaissances de ces appareils. A moins de rappeler quelques ingénieurs retraités et encore vaillants ?
Économiquement, tout le monde est d’accord, ce n’est pas réaliste.
Et pourtant … nous aimerions y croire : posséder un appareil argentique, garanti, à un prix abordable, utilisant – ironie de l’histoire – les optiques des numériques pour ne pas devoir se refaire une sacoche de cailloux onéreux, ce serait comme un rêve devenu réalité …
Une autre piste serait peut-être que des labo puissent de nouveau assurer la réparation, l’entretien de ces anciens appareils, sachant pertinemment que le stock de pièces diminue et/ou se fait rare. Il y aurait quelques essais, mais encore bien isolés.
En attendant, modestement, ce site continue à vous proposer de (re)découvrir des appareils d’autrefois, surtout ceux que l’on peut encore utiliser sans trop de complications (on trouve encore des objectifs, des accessoires), en gardant en mémoire qu’ils sont toujours susceptibles, un jour, de ne plus fonctionner, sans trop d’espoir.
Mais tant qu’ils nous délivrent les images qu’ils sont capables de faire, profitons-en, presque deux siècles d’histoire photographique, ça laisse un parc suffisant et des moments de bonheur.
C’est une amie (merci Isabelle) qui m’a confié ce box.
Généralement, je ne m’y attarde pas car ils sont souvent en piteux état. Celui-ci par contre est dans sa gaine en cuir et il est encore très beau.
Alors, une fois n’est pas coutume, je vais vous présenter cette célèbre boite, qui a fait le bonheur de tant de photographes et qui a lancé la photographie de masse, inventée il est vrai par … Kodak.
Kodak est américain mais, très vite, ils ont délocalisés des usines et certains pays ont développé des produits estampillés Kodak mais qui n’ont jamais vu les Etats-Unis.
C’est le cas aussi des box, qui furent fabriqués en Angleterre, en Allemagne, en Australie et, bien évidemment, aux USA et au Canada.
Si vous voulez découvrir la multitude d’appareils que cela représente, je vous renvoie avec plaisir sur le site Browniecam.com qui est une mine de renseignements.
L’aventure anglaise de ce modèle commence en 1935 avec le Six-20 Brownie Junior super model pour se terminer en 1957 avec le Brownie Six-20 camera model F et une multitude d’appareil entre ces deux dates.
Mais pour bien comprendre la longévité de ces appareils, il faut revenir au début de l’histoire, qui débute en février 1900 aux Etats-Unis.
La volonté de Eastman Kodak était de proposer un appareil simple, peu couteux à produire et donc à vendre. Les premiers exemplaires, en carton, coutaient 1$.
Des générations de photographes ont enregistré leur vie et celle de leurs proches avec cet appareil.
Il s’en est vendu des dizaine de millions, aussi sous d’autres marques, mais immanquablement, lorsqu’on parlait d’un box, on l’appelait Brownie (un peu comme on dit Bic pour un stylo bille).
Les enfants de ces pionniers, leurs petits-enfants, leurs arrière-petit-enfants, photographes anonymes ou célèbres ont tous eu un box Kodak Brownie en mains, car on leur offrait souvent cet appareil en cadeau.
La firme avait bien compris la chose et s’était fendue d’un slogan publicitaire imparable : Plantez le gland Brownie et le chêne Kodak poussera.
Bien sur, le boitier évoluera, se perfectionnera, mais il restera toujours abordable et vendu en quantité.
Dès le début (1898), le credo de Georges Eastman fut de concevoir un appareil aux coûts minimaux avec un rendement maximal, tout en étant capable de prendre des photos réussies. C’est Frank Brownell qui le conçut : le premier box était né.
Le but étant de vendre un maximum de film Kodak et de fidéliser à vie la clientèle.
Source : Science Museum Group collection, A Brownie at the seaside, c. 1905.
Ce premier appareil, sous la forme d’une petite boîte mesurant 12 cm de long sur 7 cm de haut et de large était fabriqué à partir de planches de jute, renforcées de bois, recouverte de similicuir noir.
L’objectif était un simple ménisque ouvrant à f14. L’obturateur, rotatif, donnait le 1/50s ou une pause longue (tant que vous gardiez le doigt sur le déclencheur).
Pas de viseur (sauf en option) et six négatifs de 5,7 x 5,7 sur un film appelé 117.
Mais d’où vient le nom de Brownie ?
En fait, c’est l’illustrateur canadiens pour enfants, Palmer Cox, qui, en dessinant les premiers emballages d’appareils destinés à la jeunesse, a donné l’idée du Brownie, un petit farfadet écossais.
Source : Science Museum Group collection, Packaging for the No 2 Brownie camera.
Une légende était née.
Car qu’est-ce qui a fait le succès de ces box ? Rappelez-vous, les premiers appareils photos étaient lourds, encombrants, demandaient des plaques de verres ou de métal et beaucoup de manipulations avec des produits chimiques dangereux.
Ici, vous aviez un appareil léger, préchargé d’un film capable de vous donner 100 photos (pour les premiers exemplaires de 1898), un film souple, inventé par Eastman, que l’on développait en renvoyant l’appareil à la firme (encore une fois pour les premiers box) ou vous déposiez le film terminé dans un laboratoire, voire même pour les plus aguerris, vous développiez à la maison le résultat de vos efforts.
Une révolution, un confort inouï pour l’époque, qui a donné envie à beaucoup de se lancer dans l’aventure photographique, d’autant que le constructeur avait bien pris soin de comprimer, en plus, les prix et les coûts.
Mais revenons à notre Six-20 « Brownie » C.
Il date de 1946, la seconde version de ce Brownie (la première s’étend de 1937 à 1941, la seconde de 1946 à 1953 puis, la troisième, de 1953 à 1957). On le reconnait à sa face noire et son « verrou » de fermeture, un ressort en forme de lyre pour fermer la boîte. Le déclencheur et le bouton d’armement sont chromés, autre signes distinctifs.
Il est fabriqué en tôle et accepte les films 620 de chez Kodak (le Six-20 de sa dénomination).
Au niveau utilisation, rien de plus simple : deux viseurs en dépoli, sur le dessus ou le côté, permettent de voir à travers deux lentilles la scène à photographier. Ce n’est pas très précis mais c’est déjà pas si mal.
C’est un « point and shot » avant l’heure : ici, pas de réglage de distance. Vous serez bon de 2,5m – 3m à l’infini grâce à l’objectif à ménisque ouvrant à f11.
Pas non plus de réglage de vitesses : une seule, le 1/50s ou la pose longue si vous gardez le doigt sur le déclencheur.
I pour Instantané, le 1/50s et B pour la pose longue
Ah, et pas non plus de réglage de sensibilité. Ça, vous pouviez le garder, éventuellement, pour l’utilisation d’une cellule à main. Mais peu de gens se servait de cet accessoire, tout se faisait « au pif ».
Aussi déroutant que la forme le laisse supposer, on a bien l’appareil en mains : c’est un petit rectangle léger (L 11,5cm x l 7,5cm x H 10,5cm) avec donc un minimum de boutons. Juste une petite lanière en cuir sur le dessus, pour le porter facilement.
Si vous le tenez en hauteur, vous ferez une photo en mode « portrait » et si vous le tenez couché, vous serez en mode « paysage ».
Le film 620 est comme un 120 si ce n’est que la bobine est plus fine et plus étroite. Cette pellicule n’est plus produite de nos jours mais vous verrez dans une video ci-dessous comment transformer une 120 en 620 sans passer par les fastidieux et fumeux rembobinages d’une 120 sur une cartouche de 620, dans le noir absolu.
Un film vous donnera huit images en 6×9 cm, en théorie.
Bon, comment ça fonctionne ?
Vous ouvrez le dos en tirant sur le ressort en forme de lyre, au dessus de la boite.
A l’intérieur, une boite en métal qu’il faut sortir. Attention, ne pas oublier de tirer sur la molette de rembobinage pour pouvoir le faire. C’est sur cet assemblage que vous devrez poser, au dessus, la bobine de 120 modifiée. Vous tirez le film vers le bas, vers la bobine réceptrice. Vous glisserez dedans l’amorce du film, puis vous tournez au moins une fois pour bien amorcer le film.
Lorsque vous avez ouvert le dos, la boîte qui porte les bobines apparait. Elle est « collée » au fonds de la chambre, derrière l’objectif. Une fois sortie, admirez la simplicité de la chambre, en tôle noire.Le porte bobine possède un « détrompeur », marqué Key side, pour ne pas la remettre à l’envers.Au dessus, la bobine réceptrice, qui devra passer en bas lorsqu’on installe un nouveau film.
A ce stade, vous remettez l’ensemble dans la chambre, refermez le bouton de rembobinage et commencez à le faire tourner jusqu’à ce qu’une ligne apparaisse sur le papier du film, au niveau de la barre métallique, en bas (vous verrez, dans la video ci-dessous, c’est bien expliqué).
C’est le moment de refermer le dos. Maintenant, c’est à travers la fenêtre inactinique que vous verrez défiler les signes et chiffres qui vous mènerons à la première vue.
Il n’y a pas d’arrêt, c’est vous qui stoppez le défilement quand vous êtes à la photo une (et suivante).
Sur le côté, sous le premier viseur dépoli, une languette que vous pouvez faire glisser du haut vers le bas : position haute, déclencheur à 1/50s, position basse, c’est la pose B (c’est vous qui choisissez la durée de l’ouverture).
Tout en bas, un gros bouton argenté en saillie : c’est le déclencheur.
« Clic, clac, c’est dans la boîte » … autre slogan célèbre de la marque !
Vous reprenez la molette chromée pour faire avancer le film jusqu’au prochain numéro de vue, en regardant toujours par la fenêtre inactinique – et je vous avoue que ce n’est pas toujours évident de bien voir ce qui se passe.
Avec un peu d’habitude, vous saurez le nombre de tours nécessaires au passage d’une vue à l’autre A défaut, vous ferez comme tout le monde, vous superposerez un bout d’image sur l’autre, ou vous décalerez vos vues. Donc, les huit vues prévues pour un film de 120, c’est quand vous aurez bien compris le truc !
Tout est intéressant mais pour ce qui nous concerne, allez directement à 6′ 44 » de la bande.
Autre chose à laquelle faire attention : il n’y a pas de sécurité sur le déclencheur. Inévitablement, vous ferez des surimpressions, volontaires, ou pas. Ça fait partie du charme de ces boitiers.
Quand vous serez au bout de la pellicule, pas de bouton de rembobinage : vous continuez à tourner la molette jusqu’à ce que le reste du film soit enroulé sur la tige réceptrice.
Quand vous ne voyez plus rien par la fenêtre rouge, vous pouvez ouvrir le dos, extraire le film, dont vous collez la languette qui dépasse, en serrant bien, pour garantir contre les fuites de lumières. L’idéal, c’est de le mettre dans une boite prévue à cet effet (un tube de 120 en métal ou plastique).
Viens maintenant la question ultime : ces appareils ont-ils encore un intérêt ?
Oui, tout compte fait, il en ont tous, surtout si vous êtes curieux.
L’avantage, c’est qu’il ne demande, in fine, pas de manipulations trop spéciales pour pouvoir s’en servir, juste modifier un peu le film de 120.
Le reste, c’est le plaisir de découvrir autre chose, des gestes oubliés, ceux de vos grands-parents ou même arrière-grands-parents, de ceux qui ont garnis les vieux albums familiaux que vous regardez encore avec nostalgie et/ou curiosité.
Bon, d’accord, on va vous regarder d’un drôle d’air dans la rue, mais ce sera l’occasion de créer du lien avec les curieux, et de faire de belles rencontres.
Allez donc voir ICI ce que ça donne, vous serez étonné !
Et au niveau prix, vous vous en sortirez souvent avec un billet de 10€. Regardez juste bien que l’appareil est complet, pas trop rouillé, avec des viseurs propres (même si c’est assez facile de les nettoyer), que le déclencheur déclenche encore (pas gommé) et lancez-vous dans l’aventure.
Autre remarque, la position du photographe : on ne porte pas le boitier à l’œil, mais on incline la tête vers lui (un peu comme avec les Rolleiflex et consorts). Dès lors, votre point de vue sera décalé, ce qui ajoute un plus à vos prises de vues, vous le verrez dans la video ci-dessous.
Petite video d’illustration
Et si aviez envie d’essayer, voici comment le charger et un petit truc utile
Si vous avez l’âme aventureuse, un autre truc amusant (bidouille assurée)
Fabricant : Kodak Ltd, Harrow en Angleterre Texte sur le bracelet : Fabriqué par Kodak Ltd. Londres. Dates : 1946 – 1957 avec deux modèles Type de film : bobine de 620 pour une image de 6×9 cm, de nos jours sur bobine 120 modifiée Objectif/Obturateur standard : ménisque de 100mm ouvrant à f/11, obturateur à lame unique et vitesse de 1/50s
De 1946 à 1953 : corps et façade noirs (émail uni et corps recouvert de faux cuir noir); le bouton d’avance du film et le déclencheur sont en métal chromé, ressort en forme de lyre à l’arrière.
De 1953 à 1957 : façade à rayures horizontales, bouton d’avance du film et déclencheur en plastique noir, verrou de fermeture à ressort triangulaire.
Allez, je vous l’avoue, c’est grâce à Fred, d’Histoire de Photos que j’ai repris goût à ce grand format (ça y est, je me trouve des excuses maintenant pour craquer sur un bel appareil !).
Oui, oui, j’ai vu les résultats de son utilisation du Franka Solida III L et ça m’a donné envie … en toute humilité car Fred est un pro de l’argentique et je pense encore un des seuls photographes à oser le proposer à ses clients, qui en redemandent, bluffés par les résultats. Allez voir sur son site, vous serez étonné de la magie de ses photos.
Alors, allons-y pour la présentation de ce Voigtländer Bessa I.
Dans la grande famille des firmes historiques, il y a (presque) deux camps : ceux qui venaient de l’optique, au sens large, et ceux qui fabriquaient du film.
Dans la première catégorie, nous pouvons citer Zeiss, Nikon, Voigtländer et dans la seconde, Gaumont, Agfa, Kodak, par exemple.
Voigtländer fait partie de la grande tradition des opticiens allemands. C’est en 1756 que Johan Christoph Voigtländer crée son entreprise d’instruments optiques à Vienne.
Puis, en 1840, premiers essais de construction d’appareils photos avec lentilles.
1849, fabrication du premier appareil photographique en métal, qui est une première mondiale, les autres fabricants étant toujours à l’âge du bois.
Le 10.000ème objectif estampillé Voigtländer sort des usines en 1868. Pour rappel, nous sommes vraiment encore aux balbutiements de la photographie.
Et la firme produit des appareils à plaques de verre, tantôt chers mais de grandes qualité, tantôt abordables, sans renier cette dernière.
Mais voilà, un certain Georges Eastman lance un film souple, en rouleau, sous sa marque, Kodak, et Voigtländer comprend aussitôt que l’avenir est là.
Ils développent alors un nouvel appareil, à soufflet (folding en anglais), qui utilisera le film Kodak, mais ils se font battre sur le fil par Agfa, qui sort en 1928 l’Agfa Billy.
Ce petit nom, américain, fait penser aux Allemands la sonorité de « billig« , qui veut dire bon marché dans la langue de Goethe.
Alors c’est décidé, leur nouvel appareil devra être abordable mais meilleur que la concurrence. Ils emprunteront au dialecte bavarois et berlinois le mot « Bessa« , qui signifie « le meilleur ».
C’est un mot facile, presque dans toutes les langues, plus rond et « confortable » que le cinglant (mais tout aussi efficace) Kodak, qui évoque le déclic sec de leurs appareils.
C’est fait, il est adopté et les premiers Bessa voient le jour en 1929 : ce sont des appareils à l’aspect robuste et pourtant tout en rondeur (pas d’angles vifs), qui utilisent les bobines de film 120 et donnent des images en 6x9cm.
L’appareil est un succès. Il sera décliné en plusieurs versions, selon l’objectif et l’obturateur qui l’équipent, faisant varier les prix du simple au quadruple selon les montes envisagées.
Mais avant de commencer l’histoire singulière du Bessa I, je continue l’histoire de la marque, en quelques mots.
Si le Bessa est la première « production de masse » de la marque, en 1939, ils sortent leur 2.000.000ème optique, qu’ils produisent aussi pour des tiers.
Après le temps des folding, vient celui des reflex. En 1959, ils sortent le Bessamatic, en même temps qu’un certain Nikon F.
1960, nouvelle première mondiale : Voigtländer commercialise le premier zoom pour appareil photo, le Zoomar.
A cette époque, la concurrence nippone fait rage, notamment avec la déferlante des reflex. Pour tenter de résister, en 1970, Voigtländer s’associe à Zeiss Ikon, le rival d’autrefois, mais sans trop de succès car en 1972, ils ferment leurs usines.
Fin de l’histoire ? Non, car en 1974, Rollei rachète la marque un temps, celui de la céder, en 1996 à la société allemande Plusfoto GmbH. Celle-ci est dorénavant propriétaire de la marque et elle confie à Cosina la réalisation de télémétriques haut de gamme, les fameux … Bessa !
La boucle est bouclée …
Venons-en donc à ce fameux pliant au format généreux : plié, il n’est guère épais, poins de 4cm, sur une longueur de 16cm et 9,5 cm de haut.
Mais il offre une image de 6×9 cm sur bobine de 120, soit 8 photos ou 12 en format 4,5×6.
Produit de la fin des années vingt jusqu’à celles des années cinquante, le Bessa fut décliné en plusieurs versions. Nous allons nous arrêter sur le Bessa I, produit entre 1951 et 1957.
Ce n’est pas un appareil télémétrique, même si on peut lui adjoindre un télémètre non couplé de la marque, que l’on monte sur la griffe porte-accessoires.
Le viseur de l’appareil en lui-même n’est ni très grand, ni très confortable, à peine un trou de serrure. Lui proposer le viseur télémétrique assurait un meilleur aperçu.
D’autant que Voigtländer a utilisé la même échelle sur le télémètre (de la marque) et sur l’objectif. Lorsque vous associez les deux, vous disposez alors d’un bon outil pour la mise au point.
Je m’explique : comme le télémètre n’est pas couplé, il vous donne une distance par rapport à votre sujet. Vous reportez ensuite celle-ci sur l’objectif. Si vous êtes entre deux traits, par exemple 2,7m, réglez le sur 3m et faites un demi-pas en arrière. Votre mise au point sera juste.
Il faudra attendre le Bessa II pour bénéficier d’un télémètre intégré.
Comme je l’écrivais plus haut, le Bessa a été proposé avec 4 objectifs différents : un Voigtar, un Vaskar, un Skopar et un Color Skopar.
Ceux-ci étaient secondés par trois obturateurs différents eux-aussi : un Prontor -S, un Compur et un Compur Rapid.
L’objectif de l’appareil que j’ai acheté (en fait, il y en a eux, vous le verrez sur les photos) est un Vaskar de 105mm ouvrant à f4,5, un triplet commun à l’époque. Si vous aimez les comparaisons osées, grâce au moyen format, vous obtenez l’équivalent de 115Mpx avec un bon scanner et un bon film. De quoi être impressionné !
Un négatif 6×9 représente environ 6,25 fois la surface d’un négatif de 35 mm. Cela nécessite donc beaucoup moins de grossissement du négatif pour une taille d’image donnée, qu’elle soit imprimée ou visualisée à l’écran.
Ici j’ouvre une petite parenthèse : on critique souvent la qualité de fabrication du Bessa. Elle est le résultat d’une production plus massive que les produits antérieurs mais ça ne veut pas dire « bâclée » pour autant. Simplement, cet appareil qui accuse ses soixante ans a dû passer entre bien des mains, pas toujours expertes, pas toujours délicates et, notamment au niveau des charnières d’ouverture/fermeture, il peut y avoir du jeu, qui va se répercuter sur la qualité des images (si vous n’êtes plus dans l’axe parfait du plan film). Alors, soit vous êtes doué en fine mécanique et vous remédiez au problème, soit vous choisissez un modèle en très bon état. Parce que, cela étant dit, la qualité des optiques, même de base comme le Vaskar, est étonnamment bonne.
Si vous regardez bien, notez le reflet bleuté de la lentille, qui a reçu un léger traitement, rare pour l’époque.
Si vous voulez faire du gros plan avec cet appareil, sachez que vous ne pourrez pas descendre en dessous d’1,4m pour la mise au point.
Le fameux bokeh est, parait-il, très agréable, in fine. Les lames de l’obturateur sont légèrement arrondies et donnent une belle ouverture.
Comme je vous l’écrivais, le Vaskar est l’optique la moins chère des trois proposées (c’est dès lors celle que l’on trouvera le plus couramment). Lorsque vous êtes au format 6×9, la distance focale équivaut à un 50mm en 24×36. Si vous êtes en 6×4,5, c’est comme si vous aviez un petit télé à portrait sous la main.
Regardez les lames de l’obturateur.
C’est un ensemble cohérent au vu de la taille du film.
Tiens, au fait, il a existé des inserts, permettant de passer du 6×9 au 6×4,5, ce qui permettait de doubler le nombre de photo sur la bobine de 120. Malheureusement, ces inserts ont une fâcheuse tendance à se faire la malle et je ne les ai pas.
Le dos est d’ailleurs munis, comme ici en dessous, de deux fenêtres, selon le gabarit que vous aurez choisi (parce que les marques sur le film ne sont pas aux mêmes endroits).
Pour vous donner une idée, voici celles du Zeiss Ikon Super Ikonta 531/2 que je vous présentais il y a quelques temps.
Puisque nous en somme à l’obturateur, celui de ces appareils est un Prontor-S. Il offre des vitesses de 1s à 1/250s plus une pose B. Fait remarquable pour l’époque, il propose un retardateur (le bouton rouge sur le côté droit) de plus ou moins 10s.
Ces appareils sont équipés d’un déclencheur, sur le dessus, mais qui n’opérera pas si vous n’avez pas d’abord armé l’obturateur, avec le petit levier sur le côté.
Allez savoir pourquoi, ces appareils sont aussi équipés d’un système qui évite les doubles expositions : si vous n’avez pas fait avancer le film, impossible de déclencher une seconde fois (quand vous faites tourner la bobine, il y a un petit « clic » caractéristique qui annonce que la sécurité est levée).
Mais pour ce qui est des réglages, tout se trouve sur l’avant du soufflet en somme.
Vous réglerez la vitesse en faisant tourner la molette crantée sur le tour de l’obturateur, en mettant le trait en face de la vitesse sélectionnée.
Alors que la distance se règle en faisant tourner la lentille.
Par contre, l’ouverture se modifie avec une réglette dont les chiffres sont derrière ceux des vitesses.
Notez, en dessous, le petit fut qui dépasse : c’est la prise pour le flash, synchronisé à toutes les vitesses.
Bon, si tout ça est d’époque, malheureusement, pour faire fonctionner le dit flash, il faudrait retrouver une pile de 22,5v !
Sauf si quelqu’un peut m’expliquer comme modifier l’engin pour y mettre une pile de 1,5v capable de donner en sortie 300v (condensateur moderne).
Allez, je résume les commandes :
Devant, la lentille qui tourne pour la distance ( de1,4m à l’infini), ensuite la couronne crantée pour les vitesses : le trait rouge doit être mis en regard de la vitesse choisie; entre la couronne crantée et la plaquette noire avec les chiffres, le levier d’armement de l’obturateur; derrière, les chiffres des ouvertures, de f4,5 à f22; par dessous, le branchement du flash.Le bouton rouge indique la réglette pour armer le minuteur.
Un mot sur le viseur, dont je vous ai déjà écris qu’il était assez étroit et finalement petit pour la taille de l’appareil.
Il n’y a pas d’indications à l’intérieur. Par contre, une petite roue crantée, juste à côté, vous permet de sélectionner la taille du cadre, qui se voit dans le viseur. Et, cerise sur le viseur, le cadrage tient compte de l’erreur de parallaxe pour la mise au point rapprochée. Pour cela, il faut sélectionner le cadre avec la mention 6×9 1m ou 4×6 1m. Bien pratique et astucieux, non ?
Autre petit truc bien pensé, un indicateur de verrouillage de l’obturateur : à côté du déclencheur, il y a une fenêtre avec soit une flèche vers la gauche, soit vers l’avant.
Si elle indique la gauche, c’est que vous n’avez pas tourné la molette d’avancement du film qui arme le déclencheur; si elle pointe vers l’avant, c’est que vous êtes prêt à photographier. En n’oubliant pas que vous devez encore armer l’obturateur. En fait, cette manœuvre vous permet d’être « en attente » puisqu’il ne vous reste qu’à armer l’obturateur pour pouvoir déclencher.
Hihihi … et je me rends compte que je vous explique tout ça sans vous avoir dit comme y accéder à ce soufflet !
Sur le capot, à l’opposé du déclencheur, près de la molette pour faire avancer le film, il y a un petit bouton. C’est lui que vous devez enfoncer pour ouvrir la porte, qui se déplie vigoureusement. Vous devez juste l’accompagner pour bloquer correctement le verrouillage des entretoises.
Pour refermer, il suffit de suivre la petite flèche rouge, sur les genouillères de l’entretoise et l’ensemble se replie facilement.
La languette métallique, sur le devant de la porte, ne sert qu’à stabiliser l’ensemble en position portrait (c’est un point d’appui).
Pour mettre un film dedans, il faut ouvrir la partie arrière en appuyant simultanément sur les deux bords du verrou et le tirer vers soi doucement avec l’aide de la dragonne qui est fixée par dessus l’ensemble du verrou.
L’intérieur dévoile ici le soufflet refermé avec le cadre du 6×9. Admirez le presse-film largement dimensionné, et la recommandation pour les films … Agfa, avec la dénomination ancienne B8, qui désignait les rollfims en 120.
Les deux Bessa I sont un peu différents, sans doute dû à leur année de production : le premier (en haut) possède encore les demi-coquilles qui maintiennent le film fermement, tandis que la seconde version se contente de ressorts à clip costauds.
Sur le dos de l’appareil, vous verrez deux fenêtres rouges inactiniques, qui servent en fait de compteur de vue puisque les chiffres défilent à travers. Ces deux fenêtres peuvent être occultées en actionnant le petit verrou rond entre les deux.
Vous aurez remarqué que le boitier ne porte pas d’anneaux pour y fixer une courroie de portage. De fait, comme souvent à cette époque, c’est le sac tout prêt qui la porte, en cuir.
La partie avant ne se détache pas : elle va donc bailler devant, à moins de demander à son cordonnier préféré de faire une petite modification (comme pour le Zorki 4K).
Par dessous, un filetage pour y fixer un trépied.
Voilà, voilà, je pense en avoir terminé avec la présentation « technique », venons-en au côté « subjectif » : quelles sensations ce Bessa I va-t-il nous apporter ?
C’est un appareil imposant et pourtant bien moins encombrant qu’un reflex, voir même qu’un appareil bi-objectifs type Voigtländer Brillant ou Rolleicord.
Ok, l’objectif est fixe mais assez polyvalent, en tout cas pour l’époque (pour mémoire, les reflex étaient encore rares à cette époque même s’ils allaient tout emporter dans les années suivantes, folding et télémètres compris).
Il fait son poids (770gr) mais n’est pas désagréable à porter. N’espérez pas le mettre dans une poche, ou alors elle sera vraiment très grande. Alors, soit vous le gardez dans son « sac tout prêt », soit vous le glissez dans un petit sac moderne.
Ce que je regrette parfois, c’est la porte qui s’ouvre vers la droite. Il faut un peu d’habitude pour le prendre en main, mais ça vient facilement. Et si vous le positionnez en position verticale, c’est très intuitif.
Sinon, pour le reste, il est aisé à manipuler, les commendes étant simples à comprendre et à mettre en œuvre.
Si cet appareil fut produit aussi longtemps (et à près de 80.000 exemplaires), c’est qu’il répondait aux attentes de la clientèle de l’époque, bien plus exigeante que de nos jours.
Il faut se rendre à l’évidence, photographier avec ce genre d’appareil, et ce format, c’est une démarche : celle du temps que l’on accepte de se donner pour faire de bonnes images, sans courir.
Mais les résultats sont à la hauteur, même si vous n’avez pas celui équipé d’un Color-Skopar 105mm f3,5 et d’un Prontor- SVS (le plus cher de la bande).
Si vous voulez voir le résultat de quelques pérégrinations photographiques, c’est par ICI. Et vous découvrirez que cet appareil, pourtant prédestiné à la photographie N/B ne s’en tire pas mal du tout en couleurs.
Vous avez envie de vous laisser tenter ?
Au niveau prix, celui que je vous soumets (avec sa gaine) devrait se négocier autour des 90€, l’autre, qui a un peu plus de traces (qui n’affectent en rien son fonctionnement), environ 60€.
Évidemment, si vous cherchez le nec plus ultra de la série (voir ci-dessus), votre portefeuille risque de chauffer plus et vous serez plus proche des 200€.
Le plus difficile étant de se procurer, à prix raisonnable, les compléments usuels, comme le télémètre, un flash d’époque fonctionnel, les filtres (diamètre de 37mm à clipser), un pare-soleil, par exemple.
Si vous voulez faire évoluer votre pratique photographique en testant le 120 (moyen format), c’est un très bel appareil, accessible (et bien moins onéreux que d’autres moyens formats connus).
Attention toutefois, l’essayer, c’est l’adopter !
Video d’illustration :
Un peu de technique :
Objectif Vaskar 105mm f/4.5 Format d’enregistrement 6×9 ou 6×4.5 format moyen, commutable Masque 645 en option dans le compartiment film Vitesses d’obturation 1 s à 1/250 s et pose B, graduation allemande Ouverture f4,5 à f22 en continu Règles pour le transport de films Fenêtre de visualisation du numéro d’image dans dos du boitier (peut être recouverte) Caméra pliante à soufflet Déclencheur sur le capot ne sert que si l’obturateur est armé Verrouillage contre la double exposition
Combinaisons normales obturateur/objectif : Vaskar 105mm f4.5 (revêtu) dans un obturateur à lames Pronto, Prontor-S ou Prontor-SV Color-Skopar 105mm f3.5 (enduit) dans un obturateur à lames Prontor-S, Prontor-SV ou Prontor-SVS Taille du filtre : poussoir 37 mm Viseur : viseur optique à vision directe avec quatre masques différents, deux formats (6×9 et 4,5×6) et deux corrections de parallaxe (1 mètre, gros plan) distinctes pour chaque format Dimensions (plié) : 168x98x48mm Poids : 770 grammes
Encore un appareil chiné lors de la brocante de Champagne sur Oise, un appareil français cette fois.
Un télémétrique avec, j’avoue, une large base pour celui-ci : 5,8cm, c’est presque autant, de mémoire, que celle d’un Contax ou d’un Kiev 4.
Normalement, c’est aussi gage d’une meilleure précision lors de la visée.
Mais ne brûlons pas les étapes et commençons par présenter cette marque qui eut son heure de gloire.
C’est la société Optique et Précision de Levallois (OPL), alors spécialisée dans les appareils optiques destinés à la médecine, à l’armée, à l’industrie, qui est à l’origine des appareils photographiques de haute précision FOCA.
L’ambition d’un homme, le duc Armand de Gramont fut l’impulsion : il voulait concurrencer les productions allemandes de l’époque, dont Leica.
Pourquoi FOCA ? En référence avec une de ses caractéristiques, l’obturateur focal et parce que ça sonnait aussi bien que le concurrent allemand.
Logiquement donc, les premiers appareils fabriqués étaient des télémètres avec objectifs interchangeables.
Disons le tout de suite, je ne vais pas me lancer dans une exégèse de cette marque, de ces appareils. Cela susciterait trop de polémiques car je ne peux prétendre en faire l’histoire sur la base d’un seul appareil, finalement tardif. C’est une marque qui ravit les collectionneurs, tant pour la recherche du premier appareil, mythique, dont on ne sait semble-t-il pas s’il était un prototype ou un appareil de pré série (vous pouvez le voir sur le site de Monsieur Weber, grand collectionneur et spécialiste de la marque (trente ans qu’il la traque !), que pour la complexité de sa production.
Donc pour résumer, il y eut les appareils à rideaux (les PF avec ou sans étoiles, gravées ou sérigraphiées) , les réflex (Focaflex), et ceux qui nous préoccupent, les appareils à obturateur central non reflex (Focasport, Focamatic, Marly).
Hormis le mythique premier appareil télémétrique, apparu en 1940 -1942, les premiers PF datent de 1945 et seront produits jusqu’en 1962.
Les reflex sont complexes car OPL a choisi une voie difficile, celle de l’obturateur central sur un reflex. Nous avons déjà vu avec l’Agfa Ambiflex ou le Zeiss Ikon Contaflex Super toute l’ingénierie qu’entraine cette solution finalement peu adaptée aux reflex. Ils ne seront produits que de 1961 à 1962.
Puis il y eut les appareils à obturateurs central sans objectifs interchangeables, les FOCAsport.
Si les PF sont d’excellents appareils télémétriques, soigneusement assemblés et performants, ils sont aussi chers et la démocratisation des appareils, au début des années cinquante, notamment avec les Kodak Retinette et consorts, va obliger la marque à essayer de grappiller des parts de marché qui lui échappent. Ainsi naissent les FOCAsport en 1955.
Ils continueront à produire les PF pour les photographes exigeants et fortunés et les FOCAsport prendront la relève pour les autres acheteurs.
Toujours dans la logique de « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué », la série des FOCAsport se décline en trois familles :
la première apparaît en 1955, sa caractéristique principale est l’armement par un gros bouton; puis, en 1958, un levier remplace ledit bouton d’armement et en 1957 arrive le FOCAsport II
la seconde sera inaugurée par le FOCAsport I en 1962 : boitier sans télémètre ni cellule; la série évolue avec le CF, puis le C, un II F, un II C, un Spécial
la troisième, apparue en 1963 commence avec un FOCAsport S, suivi d’un SC, d’un SF, puis un FOCAmatic et enfin un MARLY (une catastrophe bien éloignée des standards de la marque)
Bref, cette marque est un régal pour le collectionneur qui se battra avec les Etoiles gravées ou sérigraphiées, les bouton d’armement qui changent au cours du temps, les obturateurs avec x ou y lamelles, les optiques qui changent on ne sait trop pourquoi, l’évidemment ou pas devant la bobine réceptrice, la taille ou la forme du presse-film …
Et donc, le FOCAsport II que je vous présente aujourd’hui a débuté sa carrière en 1957.
Il eut un succès fou : l’armée et la gendarmerie française l’ont adopté, ainsi que les familles des corps concernés, entre autre. Il fut primé à l’exposition universelle de Bruxelles, en 1958.
Par rapport à ses prédécesseurs, il apportait plusieurs perfectionnements qui font la différence sur les modèles précédents :
d’abord la présence d’un télémètre à très large base (58mm) donnant une image claire et précise,
ensuite la mise au point se fait avec le déplacement complet de l’objectif qui comporte maintenant quatre lentilles.
puis le diaphragme est cranté, ce qui permet d’en changer le réglage plus facilement.
Une publicité de l’époque, pour nous situer l’évènement :
Celui en ma possession doit dater de 1961, date d’introduction de la numérotation à 5 chiffres suivis de la lettre G (66.289 G).
Petite subtilité : le chiffre des distances 5 m est peint en rouge (et non plus le 4) et le repère situé entre le 2 m et le 3 m disparait aussi.
Sinon, l’objectif est un Oplar Color de 45mm ouvrant à f2,8 en 4 éléments, que l’on règle facilement grâce à un bouton visé dans la couronne. La mise au point minimale est de 1m.
L’obturateur, un Atos 2, compte 5 lamelles qui avec le temps ont tendance à gommer si l’appareil est resté longtemps inactif (c’est le cas du mien, zut ! je vois bien les lamelles, ouvertes). Les vitesses s’échelonnent de 1s au 1/300s plus pose B.
Ce qui ne m’arrange pas du tout car si j’en crois (et j’ai toutes les raisons de le faire) Monsieur Weber, il est très difficile de démonter un FOCA sans les outils créés spécialement pour les différents modèles, re-zut !Toutefois, des explications claires sont ICI si vous vous sentez l’âme bricoleuse.
Il existe une griffe sur le dessus de l’appareil, pour le flash, synchronisé à toutes les vitesses pour les flashs électroniques et au 1/25s pour les anciens flashs à lampe au magnésium.
Sur la gauche, un gros bouton qui servira au rembobinage, porte aussi un mémo pour la vitesse du film (de 6 à 100Asa), en couleur ou N/B
Sur l’objectif, outre le bouton en saillie pour le réglage rapide des distances, on trouve aussi une roue crantée pour les ouvertures. Pas facile à régler mais elle a l’avantage de ne pas se dérober facilement.
Les vitesses se règlent avec la dernière couronne dentée, non crantée elle.
Enfin, une règle, fixée tout au début du fut d’objectif, permet de travailler en zone focus.
Le viseur ne comporte aucune marque, ni cadre, ni correction de la parallaxe. Il est relativement étroit mais le « patch » du télémètre, un rectangle plus clair, est bien visible. Aidé par l’excroissance sur le fut de l’objectif, on peut aisément ajuster le télémètre, rapidement, un gage utile en photo de rue.
Pour charger l’appareil, un large verrou coulissant au centre de la semelle, libère le dos entier du boitier. Une bobine fixe, sur la droite, accueillera le nouveau film.
Le compteur de vitesse, manquant sur mon exemplaire, est sur le disque du levier d’armement. De ce que j’ai pu lire, il faut noter le nombre de vues du film (36, 24, …) sur le disque car le mécanisme va « décompter » les vues.
Enfin, le déclencheur, fileté pour accueillir un retardateur externe ou un câble souple, est doux et peu bruyant.
Que retenir de cet appareil ?
Franchement, il est compact et « dense » (500gr environ sur la balance). Sa prise en main est agréable. Malgré que l’exemplaire que j’ai trouvé ait souffert, on sent qu’il a été fabriqué avec précision et avec des matériaux de qualité (il n’y a quasi pas de plastique dedans).
Je ne sais pas si je parviendrai à rétablir le fonctionnement de son obturateur, ni à retrouver la couronne du compte vue, mais c’est un boitier que j’aimerais utiliser tant il semble « confortable ».
De plus, son télémètre doit donner de beaux résultats et l’optique qui l’équipe a bonne réputation.
Et voilà l’avant dernier appareil acheté lors de la brocante de Champagne sur Oise de février 2023.
Ici, c’est du costaud, du lourd même, et du sophistiqué/compliqué !
Je vous avoue que j’ai tourné autour, ne sachant pas trop, et puis j’ai renégocié le prix avec le vendeur en fin de brocante, qui était bien content de ne pas devoir ré emporter ce gros bloc métallique !
Pourquoi ai-je hésité ? Il est complet avec sa gaine ou « sac tout prêt ». Un petit coup, pas bien méchant sur le prisme, une demi-plaquette de déco manque, la cellule fonctionne toujours. Mais il me semblait complexe.
Et puis, j’ai craqué car je ne recule jamais devant la difficulté et que la curiosité est toujours la plus forte.
Ensuite, un reflex de chez Agfa, ce n’est pas courant ! Tout le mode connait la marque, surtout pour ses appareils fournit pas camions entiers, au temps de sa splendeur, mais des réflex ?
En ben oui, fin des années cinquante (1958) et jusqu’au début des années soixante (1963), Agfa a commis cet Ambiflex, aussi appelé Agfaflex outre Atlantique.
Notez que si j’ai bien compris la chronologie de la marque au sujet des reflex, celui-ci est le premier, enfin, l’Ambiflex premier du nom. Il sera suivi d’un étonnant Flexilette (1960), un gros reflex bi-objectifs, comme les Rolleiflex (il coûtait d’ailleurs plus cher que ce dernier), mais c’est une autre histoire …
Bref, après nous avoir submergé de folding, de box, de Click et de Clack, d’Isolette, d’Isoly et d’Isola, de Silette, innové avec les Optima, la firme sortait ses premiers reflex.
Et quel reflex !
Pour l’anecdote, comme Agfa n’a semble-t-il pas de documentation précise sur les chaines de productions de leurs appareils, il est difficile de dire si l’Ambiflex est le premier reflex de la marque. Une Selectaflex, de la même époque, utilise aussi des objectifs interchangeables et il semble même qu’il puisse utiliser certains des objectifs de l’Ambiflex
L’Ambiflex premier du nom (1959) – appelé Agfaflex III aux Etats-Unis – est un reflex mono-objectif, interchangeable, avec un viseur poitrine et cellule couplée au sélénium. L’objectif est un Color Solinar de 50 mm ouvrant à f2,8.
Le second Ambiflex (appelé Agfaflex IV aux Etats-Unis) gagne un prisme de visée mais garde le même objectif.
Le troisième, l’Ambilex III – encore appelé Agfaflex V au bout de l’Atlantique – celui qui va nous préoccuper, garde le prisme et la visée de poitrine (je vous expliquerai) et gagne un objectif Color Solagon de 55mm ouvrant à f2.
En même temps que l’Ambiflex, Agfa sort le Colorflex, un reflex à objectif fixe et sans cellule, l’entrée de gamme en quelque sorte des réflex du constructeur allemand.
Ce reflex est le concurrent direct du Zeiss Contaflex, du Kodak Retina et de Voigtländer.
Les trois Ambiflex sont équipés d’un obturateur Prontor Reflex qui donne une pose B et des vitesses de 1s à 1/300s. Petite particularité, l’obturateur est central (tiens comme le Mamya 528 TTL et plus proche de celui qui nous préoccupe, le Zeiss Ikon Contaflex Super, qui aimait aussi la difficulté et la belle mécanique).
Avec cet obturateur, l’ouverture est complète lorsque l’appareil photo est armé et n’est réduite à la valeur définie que peu de temps avant le déclenchement de l’obturateur. Cela signifie que la luminosité maximale est disponible lorsque vous regardez dans le viseur.
Si l’appareil n’est pas armé, impossible de voir dans le viseur, le miroir est en position haute. C’est un « volet » à ressort entièrement automatique et au jeu … complexe : le boitier non armé, l’obturateur est fermé et le miroir relevé donc. Lorsque vous armez, le miroir se baisse, un volet vient fermer la fenêtre image, l’obturateur s’ouvre et le diaphragme aussi, à la pleine ouverture. L’image n’est donc visible au viseur que jusqu’au déclenchement.
Ils sont en outre équipé d’une cellule au sélénium, visible dans une petite fenêtre sur le capot, à la droite du viseur. Cellule à préserver si elle fonctionne toujours, en la gardant dans le « sac tout prêt », dans le noir.
Il faut indiquer la sensibilité du film, en Asa ou Din (de 10 à 640 Asa) sur l’objectif, derrière la bague de diaphragme. Puis, en réglant ce dernier et/ou la vitesse, l’exposition est correcte lorsque l’aiguille de la cellule est alignée entre les deux repères.
Petit bémol : si vous utilisez le prisme, qui a le grand avantage de redresser l’image « dans le bon sens », vous devez le quitter pour voir la cellule.
Par contre, si vous utilisez le viseur de poitrine, vous gardez la maitrise du cadrage – enfin, là, ça se discute, surtout pour les gens comme moi qui n’arrivent pas à redresser l’image – et de la cellule.
Pour enlever et remettre ensuite le prisme, il faut appuyer sur les deux ailettes, au dessus, et le sortir par le haut.
Les objectifs Color Ambion 35mm ouvrant à f3,4 ou Color Telinear 90mm ouvrant à f3,4, et Color Telinear 135mm f4 étaient également disponibles.
Source : Udospickmann, de gauche à droite, l’Agfa Telinear 135mm f4, L’Ambion 35mm f4 et le Color Telenear 90mm f3,4
Que dire encore ? Il dispose d’un verrouillage contre la double exposition, d’un retardateur et d’une synchronisation du flash. Le flash doit être monté sur un accessoire (il n’y a pas de griffe) et relié au corps par un câble.
Enfin, il y a un filetage pour trépied et/ou accessoires.
En dessous de l’appareil, dans la ceinture qui le ceint, une roue dentée : c’est celle du compteur de vue, que vous devez régler sur zéro au départ d’un nouveau film.
Pour terminer, une particularité que je n’ai toujours pas comprise, c’est l’indicateur de profondeur de champ, constitué par un secteur noir plus ou moins visible dans une échancrure pratiquée sur la bague des distances, en fonction de la mise au point et de l’ouverture du diaphragme. Noter aussi que les objectifs ne possèdent pas de bague de réglage du diaphragme, celle-ci est solidaire du bloc obturateur et transmet le réglage sélectionné à l’objectif par un jeu de leviers et de cames.
Si l’objectif est interchangeable, comme pour le Contaflex, c’est une partie de celui-ci que l’on ôte et remplace.
Admirez l’usinage de la bague et la complexité des jeux de cames !
Pour le déverrouiller, puis le remettre en place, il faut appuyer sur un bouton, à gauche de l’objectif, sur la platine.
En résumé, un gros appareil, bien pensé, avec des solutions originales à défaut d’être très pratiques. Le métal est roi – et cela se ressent – et est usiné comme pour un concours Lépine.
Mais cela donne-t-il envie de s’en servir ?
Personnellement, je reste perplexe : trop lourd, pas assez ergonomique que pour être agréable à utiliser.
Même si je reconnais la technicité de l’ensemble, la qualité de celui-ci, celle des optiques, je reste – je crois – comme les rares acheteurs qui ont fait le pas dans les années soixante (le prix était plus que conséquent : environ 600 DM pour le boitier et jusqu’à 1400 DM pour le 50mm de base), dubitatif.
Il a plus sa place sur l’étagère d’un collectionneur que dans le sac d’un photographe moderne qui veut (re)découvrir les joies de l’argentiques.
Finalement, j’en viens à regarder d’un œil neuf les autres productions de la marque, dont les Optima, presque contemporains et totalement innovant (tout automatiques) et bien plus agréables à manipuler, voire même les Iso-Rapid, qui ouvriront la voie à la photographie de masse.
Je ne regrette pas cet achat, il m’a permis de découvrir, comme avec le Zeiss Contaflex, une autre vision de la riche fratrie des appareils de haute qualité, mais je n’ai pas envie de m’en servir.
Question prix, de nos jours, un bel exemplaire, complet (avec un objectif), ayant sa cellule toujours fonctionnelle et son sac tout prêt devrait se négocier autour des 90€.
Alors, si vous en trouvez un et avez envie d’expérience unique, laissez-vous tenter.
Petit résumé des images
Pour avoir une idée des qualités de l’appareil, c’est par LA.
Un peu de technique : Appareil photo reflex mono-objectif Format de film 35mm Objectif interchangeables, dotation 50 mm f2,8 Vitesse d’obturation de 1/300 s à 1 s plus pose B Posemètre (cellule au sélénium) couplé à l’extérieur Vitesses de film prises en charge 8 à 640 Asa Pas de griffe flash Connexion Flash PC Support de trépied
Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désabonner si vous le souhaitez - This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Paramètres des cookies/Cookie settingsACCEPTER / ACCEPT
Privacy & Cookies Policy
Privacy Overview
Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience lorsque vous naviguez sur le site. Parmi ces cookies, les cookies qui sont classés comme nécessaires sont stockés sur votre navigateur car ils sont essentiels au fonctionnement des fonctionnalités de base du site Web. Nous utilisons également des cookies de tiers qui nous aident à analyser et à comprendre comment vous utilisez ce site Web. Ces cookies ne seront stockés dans votre navigateur qu'avec votre accord. Vous avez également la possibilité de refuser ces cookies. Mais le fait de refuser certains de ces cookies peut avoir un effet sur votre expérience de navigation.
Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)This website uses cookies to improve your experience while you navigate through the website. Out of these cookies, the cookies that are categorized as necessary are stored on your browser as they are essential for the working of basic functionalities of the website. We also use third-party cookies that help us analyze and understand how you use this website. These cookies will be stored in your browser only with your consent. You also have the option to opt-out of these cookies. But opting out of some of these cookies may have an effect on your browsing experience.
Les cookies sont absolument nécessaires pour le bon fonctionnement du site Web. Cette catégorie ne comprend que les cookies qui assurent les fonctionnalités de base et les caractéristiques de sécurité du site Web. Ces cookies ne stockent aucune information personnelle. - Necessary cookies are absolutely essential for the website to function properly. This category only includes cookies that ensures basic functionalities and security features of the website. These cookies do not store any personal information.