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L’Olympus Quickmatic EEM

Nous sommes en septembre, l’été se termine et il fait – enfin – beau. Nous avons d’ailleurs choisi ce dimanche ensoleillé pour parcourir la Ville de Thuin., l’appareil photo en embuscade.

Au détour d’un chemin, lors de notre balade photographique, j’avais repéré une brocante. Et dès la fin de notre balade, je suis venu flâner sur celle-ci, vous me connaissez.

J’avoue que la moisson fut bonne, malgré, finalement, l’heure tardive de ma tournée. Je vous ai déjà présenté quelques uns des appareils recueillis ce jour-là (le Pentax Espio 35-70, le Canon Prima Zoom 90u par exemple) et celui-ci, l’Olympus Quickmatic EEM en fait partie.

Il m’a intrigué et, je le concède, j’ai failli ne pas le prendre. Il était propre, dans sa trousse « tout prêt » mais la grande fenêtre, à l’arrière, a fait clignoter un signal chez moi : attention, cassette ! Serait elle encore trouvable si besoin ?

Mais la curiosité a été la plus forte et j’ai négocié le prix pour le mettre dans mon sac à dos, et vous le présenter aujourd’hui.

Un peu d’histoire : cet appareil est apparu à la Photokina de 1966 et sera commercialisé de 1967 à 1969.

C’est un pari un peu fou, preuve peut-être d’une certain indécision chez Olympus quant à l’avenir du 35mm (24×36).

Apparu au début des années soixante, le format 126, initié par Kodak, a fait trembler le petit monde de la photo « populaire », c.-à-d. destinée à « Monsieur et Madame tout le monde ».

Cette cassette assurait un chargement très simplifié, un suivi facile des vues engrangées, une certaine sécurité pour les distraits qui ouvraient pas mégarde leur appareil photo, des manipulations du film réduites à leur plus simple expression.

Mais Kodak, fidèle à sa volonté de vendre beaucoup d’appareils ultra simples/faciles d’usage a aussi fait l’impasse sur la qualité, non pas des films mais des boitiers et leurs objectifs, souvent en plastique..

Ce qui a contribué à la mauvaise réputation des film en 126 dont on disait que la qualité photographique était médiocre, rendant l’usage des appareils et des films à destination des jeunes et … des dames (machos à l’époque, non ?), surtout pour les vacances ou les évènements familiaux, Monsieur se réservant la « photo artistique » avec son beau réflex et ses films en 24×36 classiques (‘ce qui ne gageait en rien qu’il put mieux s’en servir, soyons de bons comptes).

Bref, Kodak résolu de ne sortir que du 64 et du 400 Asa, en couleurs et quelques rares bobines en noir et blanc.

Mais ils en ont vendu des camions de ces films, avec les millions d’Instamatic qui allaient avec. Le format sera remplacé ensuite par le 110 à la fin des années soixante. Mais c’est une autre histoire.

Ces Instamatic étaient simplifiés à l’extrême, pour gagner un maximum de sous : généralement des fix-focus, sans même d’indicateur des vues prises – car on le voyait à travers la découpe d’une fenêtre à l’arrière du film, pas de levier d’armement mais une molette, pas de griffe flash mais des cubes contenant 4 lampes éclairs, ou une rampe d’ampoules. Le minimum syndical de la photographie !

Deux mondes se côtoyait : les films 24×36 classiques, destinés aux appareils de qualité (surtout les reflex) et la cassette 126, pour tous les autres (non, non, je n’oublie pas les 120 mais ils restaient l’apanage des puristes).

Des fabricants ont réagit devant la déferlante de la cassette en 126, rappelons-le, très facile d’usage. Des marques comme Canon, Minolta, Yashica, etc. ont inventé des systèmes mécaniques qui simplifiaient le chargement des bobines classiques en 24×36 (ou 135mm). Je cite par exemple le principe des QL – pour quick load – des Canonet.

Olympus lui a choisi de faire le grand écart. Outre qu’il gardait une production d’appareils de qualité, tels les Olympus Pen, contemporains, il a tâté de la cassette en proposant un appareil simple d’utilisation mais de bonne tenue. La série des Quickmatic n’aura toutefois pas de descendance.

C' »est ainsi qu’est né le Quickmatic (clin d’œil aux Instamatic ?), un bel appareil qui ressemble aux Pen de l’époque (carrosserie), qui propose un objectif Zuiko 35mm ouvrant à f2,8, tout automatique avec le principe de la mise au point par zones (3 en fait : proche – moyen – lointain), avec un moteur électrique pour l’avance du film, l’armement de l’obturateur, et une cellule au sélénium, en nid d’abeilles autour de l’objectif qui règle l’exposition automatiquement en fonction de la luminosité..

Techniquement, sur le fut de l’objectif vous faites la mise au point en choisissant un des pictogrammes portrait – famille – montagne. Notez qu’ils apparaissent dans le viseur (le luxe !). Le viseur contient encore des repères pour la correction de la parallaxe. Il est relativement grand et confortable.

Lorsque vous enfoncez le déclencheur à mi-course, fonction de la lumière, le diaphragme s’ouvre/se ferme. C’est la cellule au sélénium qui permet une exposition programmée, le fameux Electric Eye ou EE d’Olympus.

Nous avons là une partie de la dénomination du Quickmantic EE, le M indiquant, in fine, qu’il était motorisé (alimentation par deux piles AA).

Pour être complet, sachez que le Quickmatic a existé avec deux objectifs différents : le Zuiko 35mm f2,8 et un Zuiko 35mm f 3,5.

La version 35mm f 3,5 avait une griffe flash classique tandis que le Qickmatic avec objectif 35mm f2,8 abandonnait la griffe pour des cubes flash

Honnêtement, c’est un bel appareil, à « l’ancienne », fait pour durer. Dans l’exemplaire que j’ai acquis, j’ai juste mis deux piles AA et le moteur s’est remis en route sans rouspéter. Le déclencheur fonctionne parfaitement et il est prêt à accueillir une cassette. Même la cellule fonctionne toujours, bien protégée par son « sac tout prêt » en cuir, en très bel état.

Il suffit d’appuyer sur le gros carré sur la semelle pour déverrouiller la porte arrière. Notons la présence d’un presse film sur la dite porte, gage de planéité du film, généralement pas garantie avec les appareils Kodak. C’est dire le sérieux apporté par Olympus à ce Quickmatic.

Ah oui, comme pour les cassettes en 110, il n’est pas nécessaire de rembobiner le film en fin de course, il « rentre » dans la cartouche.

Je ne peux pas le qualifier de vraiment compact. Il ne rentrera jamais dans une poche par exemple. Il est un peu plus long qu’un Pen ou un Trip 35, pour vous donner une idée.

Sobre, bien construit, il sort des sentiers battus avec son esthétique épurée, allant à l’essentiel : faire des photos sans chichis mais de qualité.

-« Mais trouve-t-on encore de la pellicule pour en profiter ? »

Hmm … c’est là que ça se complique car le format n’existe plus, au contraire du 127. Dommage car l’appareil propose un format carré de 28 X 28 mm flatteur.

Mais des petits malins ont bien compris l’intérêt de relancer cette cassette. Grâce à la technologie des imprimantes 3D certains proposent des cassettes que vous pourrez charger de films 24×36

Manière élégante de redonner vie à ces appareils, qui le méritent bien.

Donc, si par hasard – car il est quand même assez rare – si vous tombez sur un bel exemplaire de cet Olympus Quickmatic EEM, laissez-vous tenter :vous aurez un appareil très facile à utiliser qui donne de très bons résultats.

https://i0.wp.com/www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1261038993.jpg?w=695&ssl=1
source : Collection-appareils.fr, Photo-Hall 1968 – notez les différents appareils de l’époque qui utilisaient la cassette 126 en proposant des solutions plus qualitatives que Kodak.

Les données techniques :

  • Mise au point par zone et échelle. Zones : « portrait » (0,9-1,5m) – « groupe » (1,5 – 5m) – « montagnes » (5m + infini)
  • Objectif Zuiko fixe 35mm f2,! (ou f3,5), distance minimale de mise au point 90cm
  • Obturateur dans l’objectif, dit à feuilles
  • Mesure avec cellule au sélénium autour de l’objectif
  • Alimentation du moteur par 2 piles AA

Pour le mode d’emploi, c’est par LA (c’est pour le plaisir car l’appareil est très simple).

Quelques références : http://www.photoethnography.com/ClassicCameras/index-frameset.html?OlympusQm-EEM.html~mainFrame, http://www.photoethnography.com/equipment.html, http://www.jollinger.com/photo/cam-coll/cameras/Olympus_EEM.html, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Olympus_Quickmatic, en anglais, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=12780, http://pics.idemdito.org/fr/tech/film/format-126.htm en français

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