Argentique

Le Zenit 122

Alors, dans la catégorie des appareils moches, celui-ci a toute sa place … Bien que l’esthétique soit affaire de goût et de sensibilité personnels, je me permets ce jugement péremptoire.

Mais avant d’aborder cet appareil, il serait utile de le situer dans le temps et l’espace.

On associe plus vite la marque Zorki à KMZ Krasnogorsk que celle de Zenit.

Les Zenit sont apparus en 1952, sur la base du Zorki 1, qui était une copie du Leica II de … 1934.

S’en est suivi une longue liste d’appareils siglés Zenit qui avaient pour principal attrait une certaine robustesse et un prix « démocratique » (fabriqué en Union Soviétique puis en Russie).

Ces appareils ont été vendu en masse et parfois exportés sous d’autres noms de marques commerciales : « Zeniflex », « Revue », « Revueflex », « Cambron », « Kalimar », « Prinzflex », « Meprozenit », « Phokina », « Spiraflex », etc.

Comme il se doit, les appareils photo Zenit étaient principalement exportés dans les pays socialistes, mais pas seulement : ils étaient également présents sur les marchés européens comme en Allemagne, en Autriche, en Belgique, en France, en Italie et au Royaume-Uni, où ils concurrençaient les marques occidentales et -surtout – japonaises.

Pour vous donner une idée de volume, le modèle le plus répandu est le « Zenit-E » (1965-1982), vendus à plus de huit millions d’exemplaires.

La marque elle-même fut encore utilisée pour exporter la production d’autres entreprises soviétiques, moins connues.

Et comble du succès, il y a eu aussi des cas d’utilisation abusive de la marque « Zenit » par des fabricants de matériel photographique asiatiques, notamment, .

Vingt ans après le premier reflex Zenit, sort le Zenit-16 (1972) qui sera un des tous premiers appareils photo en plastique. L’appareil a ainsi gagné en maniabilité et son utilisation a été rendue plus facile.

Quoique l’on en dise, les réflex Zenit ont remporté un grand nombre de prix internationaux et de récompenses. Par exemple, en 1979, le Zenit-EM a été plébiscité par le magazine britannique « What camera? », se voyant décerner le titre d’Appareil photo de l’Année.

Mais toutes les bonnes choses ayant une fin, la production des appareils photo Zenit a cessé en 2005.

Pourtant, elle sera relancée en 2018 dans l’usine historique de Krasnogorski par Rostec Corporation, propriétaire de celle-ci et projette de concurrencer les marques Leica et Hasselblad, rien de moins !.

Tout comme les Praktica, les Zenit ont souvent été des appareils école dans les pays occidentaux : peu chers mais possédant le minimum syndical pour faire des photos, ils ont conquis nombre d’amateurs, bien heureux de trouver là de quoi faire leurs premières armes à prix plus que raisonnable. Sachant aussi que ces appareils utilisaient la monture « universelle » en M42, ils vous donnaient accès à une multitude d’objectifs eux aussi très abordables.

Qui de vous n’a pas rencontré un jour cet appareil, en brocante ou sur le Net ?

source : https://www.digifotopro.nl/zenit-photosniper-letterlijk-fotos-schieten

Le « fameux » Photosniper qui vous fait ressembler, au mieux, à un paparazzo, au pire, à un terroriste !

Hé oui, le Zenit a été mis à toute les sauces.

Mais revenons à notre Zenit 122.

C’est donc un reflex fabriqué par KMZ, présenté en 1990 et fabriqué jusqu’en 2005 à 1.971.745 exemplaires.

Il garde la monture à vis en M42 mais il introduit le plastique (de l’ABS) dans sa construction, autrefois confiée au seul métal.

En fait, il s’agit d’un bon vieux 12XP sur le châssis duquel KMZ est venu greffer une enveloppe plus « moderne » en plastique. Ils en ont profité pour redessiner certaines commandes, comme le retardateur qui a prit une place étrange, dans la poignée, sous forme d’une molette latérale qui intrigue au premier abord, avant que l’on comprenne à quoi elle sert.

Outre ce ravalement de façade, on peut noter – surtout – l’apparition d’un compteur de vue qui se remet à zéro automatiquement lorsque l’on presse sur le bouton de débrayage lors du rembobinage du film.

Sur certains modèles, il y a aussi une curieuse fenêtre rectangulaire qui permettait de glisser un bout de l’emballage de votre film, un mémo en somme, à gauche de l’objectif (appareil face à soi). Tous les autres fabricants ont mis ça à l’arrière, pas KMZ.

Pour le reste, il possède un posemètre TTL (mesure à travers l’objectif donc), avec des témoins par LED rouges ou verte dans le viseur.

Les LED rouge indiquent soit une sous-exposition (celle du bas) soit une surexposition (celle du haut). Si elle est verte – celle du milieu -, c’est que le réglage est bon.

Le posemètre est construit avec deux petite cellules CdS placées derrière le prisme, ce qui donne une très bonne précision notamment lors des prises de vue en milieu plus sombre. La cellule est calibrée pour des sensibilités de 25 à 400 Iso.

Au niveau viseur, un champ de micro prisme entoure un stigmomètre. L’oculaire est grand mais pas spécialement lumineux bien qu’il soit une nette amélioration de celui du Zenit 12 XP. (lentille de Fresnel plus fine, dépoli sur 4 zones autour du champ de micro prisme).

L’obturateur est un rideau, à plan focal horizontal, donnant les vitesses de 1/30s à 1/500s, plus une pause B. C’est toujours l’obturateur du 12XP, lui-même hérité des appareils précédents. La séquence des vitesses est « à l’ancienne » : 1/30s, 1/60s, 1/125s, 1/250s, 1/500s, synchro-flash 1/30s, B

Le boitier possède un retardateur, comme je l’écrivais, à la commande bizarrement placée dans la poignée : il faut tourner une molette, qui définit plus ou moins le temps du déclenchement et puis il faut appuyer sur le bouton qui se trouve sous les chiffres 122 pour l’actionner. Et il n’est pas vraiment discret ni très facile à mettre en œuvre car il faut d’abord armer (pour fermer le diaphragme), enclencher le retardateur avec la fameuse molette puis le démarrer avec le bouton en façade.

Il possède encore une griffe flash, synchronisée au 1/30s.

Et comble de la félicité, il y a même un testeur de profondeur de champ !

Bref, que penser de cet appareil ?

Il n’est pas cher, c’est déjà une bonne chose (j’ai payé le mien 15€ avec un objectif 50mm et un flash électronique) mais cela suffit-il ?

Il est bruyant ! Non seulement l’habillage en ABS « couine » lorsqu’on manipule le boitier mais toutes les commandes sont sonores : l’armement, le déclencheur, le retardateur. Si vous devez passer inaperçu, oubliez le !

Ou alors utilisez le Photosniper avec un long, très long téléobjectif pour qu’on ne vous entende plus du tout … à moins de cinquante mètres

La course du levier d’armement est longue, rugueuse. Le déclencheur demande une certaine force, ce qui ne facilite pas les prises de vue à base vitesse (risque de flou de bougé) et il n’est pas discret non plus.

Deux bonnes vieilles LR44 à tout faire suffisent pour l’animer – notons qu’il est tout mécanique, les piles ne servent qu’à l’alimentation de la cellule couplée.

Il peut être fragile, j’ai lu quelques exemples où la panne fréquente semble être le rideau qui se décroche (mais c’est une panne connue des Zenit).

Sa tenue en mains n’est pas désagréable mais nous sommes loin du confort des Eos ou Minolta de la même époque.

Sans doute était-ce pour contenir les coût, mais les solutions techniques retenues étaient franchement dépassées : la cellule a une sensibilité peu étendue, les vitesses sont dans la veine des appareils des années cinquante/soixante, hors il est sorti en 1990 !

Si je devais faire un petit tableau récapitulatif, j’y mettrais :

Zenit 122ouinon
ergonomie+
silence de fonctionnement– –
viseur+
agrément d’utilisation
choix d’objectifs++
solutions techniques
prix+++
parc optique M42++

Voilà, je sens que je ne suis pas tendre avec ce Zenit 122, et je ne peux m’empêcher de penser qu’il a été produit pendant 15 ans et qu’il s’en est vendu près de 2 millions d’exemplaires !.

Des avis que j’ai pu lire pour préparer cet article, beaucoup en était satisfait, notamment grâce au parc optique souvent de qualité qui permettait de tirer le meilleur de cette boîte à images.

Bureau avec une lampe et divers fournitures de bureau, devant une fenêtre donnant sur un jardin.
Crédit photo : Patrick Leclair © , avec son aimable autorisation (Zenit 122, Fomapan 400, Hélios 44M-4 2/58)

Alors si vous voulez vous lancer vraiment à moindre coût dans l’aventure argentique, avec un réflex, celui-là est pour vous. Mais ne dépensez pas plus de 15€.

Il vous en donnera pour votre argent et même un peu plus si vous trouvez une bonne optique à prix bradé (vive les brocantes) mais le lui en demandez pas plus que ce qu’il peut vous offrir.

http://www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1581328351.jpg
source : Collectin-appareils, Photokina 1991-92

Quelques données techniques /

  • Reflex 24×36 à objectif interchangeable, M42 avec commande de fermeture du diaphragme.
  • Mesure de la lumière à travers l’objectif par cellules CdS
  • Alimentation: 2x LR44.
  • Obturateur à rideau textile type Leica, armement par levier.
  • Séquence de l’obturateur: B, 1/30s, 1/60s, 1/125s, 1/250s, 1/500s, synchro-flash 1/30s, retardateur.
  • Chargement: dos à charnière.

Petite video d’illustration

Pour le mode d' »emploi, c’est par LA

Quelques références : https://camerapedia.fandom.com/wiki/Zenit_122, http://vintagecameras.info/zenit-122-instruction-manual-with-photos-and-tips/, https://sovietcameras.org/zenit-122/,en anglais, http://t.hacquard.free.fr/site1/zenit_122.html, http://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=1509 en français, https://internoinbakelite.wordpress.com/2012/05/22/la-vite-m42-e-praga-prima-parte/ en italien

Les nouveautés en un lieu

Ce sont les vacances, photographions gaiement !

Oui mais … vacances rimes souvent avec insouciances et en évitant les prises de têtes, notamment au niveau des photos que l’on a envie de ramener.

Si certains seront tenté de tout mettre sur leur téléphone « intelligent », au risque de le perdre, de ne plus regarder ensuite les milliers de clichés qui s’enchainent, sans queue ni tête,d’autres opteront pour un bon vieil appareil argentique, dont ils mettront les photos en albums, et il sera un compagnon idéal pour se souvenir.

Inutile de se ruiner, de chercher midi à a quatorze heure, les années nonante et le début des années deux mille nous ont laissé, dans des tiroirs, des brocantes, chez des parents, des amis, des dizaines de millier de petit compacts, autrefois très performants – et qui le sont resté, n’en déplaisent aux progrès du numérique ! – qui n’attendent généralement qu’une ou deux piles (des AA très communes souvent) pour reprendre vie et vous accompagner.

J’y avais fait allusion dans quelques articles, dont celui-ci (ICI) pour trouver le meilleur compagnon de vos sorties.

Ces compacts étaient arrivé, pour la plupart, à être des condensés de ce qui se faisait de très bon à l’époque, sans que vous deviez investir dans des nuits blanches pour savoir comment les manipuler. Tous leurs automatismes étaient au service de vos images, de vos histoires, simplement et généralement avec d’excellents résultats.

Comme les brocantes reprennent, que le soleil a enfin daigné nous accompagner, que les frontières se ré ouvrent, même timidement, et donc de nouveaux horizons à découvrir, faites-vous plaisir, investissez quelques euros dans un de ces petits appareils ingénieux et fidèles.

Si vous vous promenez dans la rubrique « petites analyses subjectives du matériel photographie » vous aurez, je le souhaite, plein d’idées pour vous faire aimer ces petits moments précieux où le doigt presse le déclencheur avec à la clé le plaisir de re découvrir un peu plus tard le fruit de vos errances.

-« Oui mais les films, ça coute cher ! »

Ah ma bonne Dame, mon bon Monsieur, bien moins que le smartphone qui n’aime pas le sable et l’eau, bien moins que votre précieux APN (appareil photo numérique) tout aussi frileux et délicat, ne parlons même pas de votre lourd réflex au prix exorbitant … entre 10 et 20€ pour l’appareil, 5 à 8€ pour le film, encore quelques euros pour le développement et le tirage … Mais le plaisir de revoir en famille, entre amis les moments qui vous ont charmé n’a pas de prix, lui !

Si de si nombreux (nouveaux) adeptes se précipitent sur ces joyaux de la photographie argentique, ce n’est pas sans raison.

Regardez le plaisir que prennent les gens de chez Lomography, les utilisateurs de vieux appareils, de films exotiques ou périmés et vous re découvrirez la magie de la photo.

Tentez l’aventure, ce sont les vacances après tout !

Argentique

Le Konica Minolta Zoom 80C

Encore un sauvé d’une caisse poussiéreuse où s’entassaient des épaves bonnes à jeter et ce petit bijou.

Car, après une rapide inspection (pas d’oxydation dans la trappe à piles, chambre propre), je décide de négocier un prix déjà ridiculement bas mais c’est juste pour faire payer à ce vendeur peu scrupuleux le traitement infligé à ce malheureux Minolta !

Première remarque, avant de me plonger dans le Net à la recherche d’infos supplémentaires, s’il se nomme Konica-Minolta c’est que c’est un appareil de fin de vie de Minolta, lorsque Konica l’eut racheté en 2003. Vous trouverez nombre de références sur l’épopée Minolta sur le site et aussi chez Monsieur Suandeau, le spécialiste français de la marque.

Pour mémoire, Minolta abandonnera toutes activités dans la photographie en 2006, en vendant sa technologie à Sony, qui reprendra la gamme des Dynax sous le nom d’Alpha, gamme que vous connaissez encore

Et de fait, il date de 2004, alors que le numérique balbutiait et que nombre de personnes hésitaient encore entre l’argentique, au sommet de ses performances et les nouveaux venus qui semblaient prometteurs, … vous connaissez la suite.

Bref, le Konica-Minolta Zoom 80c doit beaucoup au Minolta Zoom 80, même s’il a été repensé pour former un mélange entre le Konica et les compacts Minolta de dernière génération.

Ne nous leurrons pas, c’est un appareil facile, destinés aux photographes occasionnels, généralement aux familles pour leurs vacances ou les petits moments du quotidiens. Vos albums anciens ont peut-être quelques photos issues de ce type d’appareil, qui ne s’en sortaient pas si mal au fonds.

Vous pouvez vous en servir tout de suite, même sans avoir lu un mode d’emploi ni cherché sur le Net un « tuto » quelconque.

Il possède un zoom pratique de 35 à 80mm, ouvrant de f6 à f12 avec une mise au point à partir de 90cm. Le réglage du zoom s’effectue avec un bouton poussoir dans un sens W (wide) grand angle et T (télé) téléobjectif..

Notez que le viseur suit en temps réel le déplacement du zoom.

Pour le charger, rien de bien compliqué non plus : lorsque vous déposez la cartouche du film, le boitier lit le codage DX (avec toutefois la limite des 100 à 400 Iso). A défaut de codage DX, l’appareil se règle par défaut sur 100 Iso et si ça dépasse les 400, il le règle par défaut sur 400 Iso..Il n’est pas possible d’effectuer un réglage manuel, que la plupart des utilisateurs n’auraient pas utilisé de toute manière. Le Minolta va charger le film et l’amener à la première vue, automatiquement. En fin de film, il rebobine tout seul.

Ces valeurs, arbitraires j’en conviens, sont propices à une utilisation par grand soleil (100 Iso) ou par temps couvert (400 Iso).

Si jamais ce n’était pas assez, le flash supplée aux faibles luminosités. Un petit flash utile en cas de fill-in (en contre-jour), que l’on peut aussi – heureusement – débrayer, mais il faut le faire à chaque allumage de l’appareil.

Notons encore un retardateur d’environ 10 secondes, un petit filet pour le monter sur un trépied léger, lui -même n’étant pas bien lourd, 200gr avec la pile.

Pour les modèles de luxe il y avait même un dos dateur. Vu la date de fabrication, il est possible que celui-ci soit encore fonctionnel en 2021, on ne sait jamais.

Lorsque j’ai acheté ce Konica Minolta Zoom 80C, j’avais vu qu’un film était encore à l’intérieur.

Ne sachant pas combien de vues il restait (le compteur est tributaire de l’état de la pile), j’ai décidé de prendre l’appareil lors d’une ou deux sorties familiales, pour le terminer. J’aurai donc sous peu le résultat des prises de vue. C’était un Fuji color de 12 vues en 400 Asa et 3 vues avaient été faites par son précédant propriétaire. J’ignore depuis quand il est périmé.

Et franchement, je l’ai trouvé sympa ce petit cube argenté : il tient dans une poche, petit et rectangulaire, on le tient bien en main et tous les boutons sont faciles d’accès et agréables au toucher. Son semblant de petit grip à l’avant et à l’arrière sont finalement efficaces pour la tenue à une main et pour prendre des photos à la volée, si besoin.

Le viseur bien que clair et agréable ne contient aucunes données de prise de vue, il faut s’y faire mais à quoi bon puisque l’appareil gère tout lui-même : vous visez, l’autofocus fait la mise au point, la cellule calcule la luminosité et règle l’appareil pour la prise de vue, clic-clac, c’est dans la boîte !

Si vous connaissez un peu Minolta, vous savez que leur matériel est fiable au niveau cellule et programmation des réglages, faites lui donc confiance.

Ses modes d’expositions travaillerons correctement dans les situations classiques de prise de vues : il suffit de déplacer le petit index sur les pictogrammes dédiés aux mode macro (fleur), groupe (un groupe), infini (montagne), portrait de nuit (idem), puis le retardateur et le mode flash.

Comme je le dis souvent avec ce type d’appareil, vous n’aurez pas peur de le sortir si vous voulez éviter que votre beau matos ne prenne un coup, par exemple lors d’un carnaval ou si vous avez la chance de participer au Holi, en Inde.

Il est très discret, de par sa taille et sa forme, ainsi que ses mécanismes, finalement peu bruyants.

Si donc vous en trouviez un dans une caisse sale, prenez votre courage à deux mains (va falloir le nettoyer) et ne sortez pas plus d’un billet de 10€ s’il est en parfait état (et vous aurez sans doute la chance de l’avoir pour moins que ça).

Seule la pile est un peu onéreuse, une CR2, mais elle durera au moins un an (un peu moins si vous sollicitez souvent le flash). Prenez en toujours une d’avance car sans pile, rien ne fonctionne bien évidemment !

Video d’illustration

Spécifications techniques :

  • Objectif zoom 35-80 mm, 5 lentilles en 5 groupes, 1 asphérique
  • Plage d’ouverture de f/6 à f/12
  • Plage d’obturation de 1/2 sec. à 1/500 s.
  • Le code DX ne lit que 100 ou 400 films ISO
  • Modes d’exposition automatique
  • Contrôle de l’obturateur électronique
  • Délai du retardateur 10 secondes
  • Mesure de l’exposition moyenne
  • Modes de mise au point automatique
  • Verrouillage de la mise au point automatique
  • Modes de flash : mode automatique, mode remplissage, mode flash OFF, mode nuit, réduction des yeux rouges, synchro lente
  • Viseur
  • Distance minimale de mise au point 90cm
  • Alimenté par une pile CR2

Des exemples de photos prises avec cet appareil LA

Quelques références : https://filmphotography.eu/en/konica-minolta-zoom-80c/, http://camera-wiki.org/wiki/Konica_Minolta_Zoom_80c, https://www.cnet.com/products/konica-minolta-zoom-80c-point-shoot-zoom-camera-35mm/, https://35mmco.com/products/minolta-zoom-80c, https://retrocamerashop.com/product/konica-zoom-80c/, http://www.sironline.com/press/pdf/minolta/pma04/camera/35mm/zoomrel.pdf en anglais

Le Zinc du photographe

Lee Miller, dans l’œil de l’Histoire, une photographe

J’ai rarement été aussi ému à la lecture d’une biographie, mais celle-ci m’a touché.

Trop souvent connue comme la muse de Man Ray, l’épouse de Penrose, elle fut, aux hasards de l’Histoire, et grâce à sa détermination, son esprit libre, son intelligence et sa créativité une des premières femmes photojournalistes, dans la plus pure acceptation du terme.

Mannequin, elle découvre l’envers du décor et se lance dans la photographie, avec les plus grands de l’époque.

Mais ces mondanités cèdent sous l’urgence de parler du monde, d’un monde qui se déchire, qui devient fou, celui d’une guerre impitoyable.

Elle a rendu compte de la vie sous l’occupation, au plus près du désespoir et de la volonté de s’en sortir. Sous les bombes à Londres, rendant compte du désespoir et en même temps de l’énergie des Londoniens dans cet enfer. Parcourant ensuite les plus grands théâtre d’actions de cette guerre interminable et cruelle pour témoigner de la douleur des gens, des petites gens …

Elle a vécu l’horreur de la découverte des camps mais elle n’a pas eu la chance que l’on comprenne les traumatismes que cela a provoqué en elle. Si elle n’a pas perdu son énergie, elle a perdu sa joie de vivre et s’est étiolée.

Je vous recommandé vivement la lecture de cet ouvrage et en même temps d’aller visiter le musée de la photographie de Charleroi (collections permanentes) pour y découvrir, en photos, les premières années de sa vie extraordinaire, dans le foisonnement des années trente, de ses rencontres incroyables avec les plus grands noms de l’histoire de l’art, de la littérature, de la photographie. Lee Miller, une femme extraordinaire, vraiment.

Lee Miller, dans l’œil de l’Histoire, une photographe, Carolyne Burke, éd. Autrement, ISBN 978-2-7467-1007-8.

Le Zinc du photographe

Henri-Cartier Bresson et le Monde

Oui, ce pourrait être le résumé d’une vie et celle d’HCB pouvait prétendre à ce résumé …

Mais il s’agit du titre d’un livre qui lui est consacré, d’une façon plus particulière qu’une énième biographie de ce grand photographe.

« Henri Cartier-Bresson et le Monde » est l’histoire singulière de cet homme avec un grand journal français. Une histoire qui débute en 1945, à la naissance de ce quotidien influent et reconnu pour son sérieux.

Mais si vous connaissez justement ce journal, vous me ferez remarquer que sa particularité est de n’avoir quasi jamais employé en photos pour illustrer ses articles !

C’est en partie vrai. Toutefois, on peut parler d’un photographe, d’une photo, d’une exposition de photos sans illustration. C’est là tout le talent des journalistes du Monde.

Pourtant, au delà de l’anecdote, c’est le récit singulier de toutes ses années d’échanges qui sont ici contées.

Elles permettent de découvrir l’artiste sous de multiples facettes, celles de l’homme engagé, intègre, parfois intransigeant, curieux, défenseur des droits des auteurs photographes, polémique quelque fois, solidaire, qui partage des émotions et des brides d’une histoire personnelle qui a traversé le siècle précédant.

Si le concept étonne au départ – parler d’un journal pour découvrir un artiste tel qu’Henri Cartier-Bresson – la lecture est riche de souvenirs, de rencontres avec un personnage qui a façonné d’une certaine manière l’histoire de la photographie moderne.

Si vous êtes parfois allergiques aux bio classiques, je vous suggère la lecture de ce beau livre pour découvrir cet immense photographe autrement.

Henri Cartier-Bresson et le Monde, Michel Guerrin, éd. Gallimard, Art et Artistes, ISBN 978-2-07-012269-1

Argentique

Le Minolta Riva AF35c

Encore un que j’ai sorti d’une caisse où il croupissait sous la poussière et quelques épaves absolument inintéressantes.

Petite vérification sommaire de l’état de la trappe à piles, pas d’oxydation; la chambre est propre aussi. Ok, je demande le prix, négocie pour le plaisir et me voilà embarquant ce Riva AF 35 C dont je vais vous conter l’histoire aujourd’hui …

En fait, l’histoire sera courte car ce petit appareil est dans la grande moyenne des petits compacts tout automatique des années nonante.

Il va inaugurer, avec le Riva 105i la loooongue série des Riva. Heu… peut-on dire que c’est historique ?

En 1990, Minolta sortait le Riva AF 35 en Europe (Freedom AF 35 aux USA et Mac 35 au Japon). Un compact très facile, à mise au point automatique, chargement, avance et rembobinage du film, exposition et flash eux aussi automatiques.

Bref, vous chargez le film, vous visez et l’appareil fait le reste !

Son objectif est protégé par un volet coulissant, ce qui permet de l’emporter partout sans risque.

Basique donc … quoiqu’il ait existé une version « dateback », avec dos dateur en français, le comble du luxe.

Puis, en 1992, Minolta nous sort le Riva AF 35c (ou Freedom AF 35R aux USA, vous connaissez la suite).

En gros, on prend le même mais on lui ajoute une fonction pré-flash pour éviter l’effet « yeux rouges » et un retardateur.

Le flash peut être débrayé sinon il est d’office sur automatique.

Le viseur est clair, sans indications sauf un cadre pour cerner le sujet que vous voulez photographier et une correction de la parallaxe pour les sujets proches. Une Led verte clignote, sur le côté du viseur, pour indiquer que la photo peut être captée.

Ah oui, il existe toujours la possibilité de l’acheter avec un dos dateur.

La lecture des code DX, qui initialise la cellule, ne laisse travailler l’appareil que de 100 à 4OO Iso. Si donc vous installez un film non codé, il sera traité comme un 100 Iso et si il dépasse les 400, il sera traité comme un 400.

Bon, nous sommes d’accord de considérer que ce n’est pas trop avec ce genre d’appareil que l’on s’amuse à jouer sur les sensibilités : 100 Iso, c’est l’idéal pour les journées de vacances au soleil et 400 Iso pour quand on rentre en Belgique, sous la « drache » nationale qui nous suivra pendant l’automne et l’hiver.

Basique mais un peu sophistiqué pour répondre aux besoins des photos souvenirs que l’on fait pour le plaisir, de celles que vous retrouvez dans tous les albums photos familiaux.

La mesure pondérée et à prédominance centrale effectuée par la cellule fait que la majorité des photos sont justes, ce qui n’est déjà pas mal.

Si ces petits appareils n’ont pas révolutionné la technologie, ils ont surtout servis à documenter la vie familiale des années nonante et début des années deux-mille, en toute simplicité.

Voilà, si comme moi vous en trouvez un dans une caisse, emportez le mais ne payez pas plus de 10€ (15 s’il a sa dragonne et sa trousse d’origine en bon état).

Pour le reste, il ne vous coûtera que le prix des films que vous mettrez dedans et les deux piles AA nécessaires pour le faire fonctionner, et un peu d’alcool à 90° pour le dégager de sa gangue de poussière et le rendre présentable.

Typiquement le type de petit boitier que l’on prend avec soi pour ne pas abîmer son couteux matos quand on doit aller dans des endroits « dangereux » mais qui rendra de bons services, simplement.

Une petite video

Les données techniques :

Objectif de 35 mm f/4,5.
Mise au point par autofocus infrarouge actif de 0,95 m à l’infini.
Exposition avec mesure pondérée par le sujet
Flash intégré, activé automatiquement, non débrayable avec pré-flash en option. Portée de 0,95m –3,3 m. Signal LED prêt à clignoter.
Transport du film : Chargement, avance et rembobinage automatiques.
Alimentation par 2 piles alcalines AA ou NiCD.
Dimensions : 136 x 73 x 47,5 mm.
Poids : 255 g avec piles.

Des références si besoin : http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_Riva_AF_35c, http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_Riva_AF_35, https://filmphotography.eu/en/minolta-riva-af-35c/ en anglais, https://www.silvervintageshop.fr/product-page/minolta-riva-af35c, https://www.mes-appareils-photos.fr/Minolta.htm, http://collection-appareils.fr/x/html/appareil-11556-Minolta_Riva%20AF%2035c.html en français

Argentique

Le Miranda TM

Je reviens sur cette marque au passé prestigieux et aux appareils étonnants.

Vous avez pu la découvrir avec la présentation du Miranda Sensomat faite il y a un moment déjà.

Ici, au détour d’une petite annonce sympa, j’ai pu acquérir un appareil plus tardif, le Miranda TM.

S’il y a quelque chose qui ne change pas avec ces boitiers, c’est la sensation de qualité des assemblages, de robustesse, celle des matériaux utilisés et des solutions originales proposées par ses concepteurs, issus, pour mémoire, du monde de l’aviation.

De beaux objets, vraiment, et qui proposent des options élégantes, même si le TM est considéré comme un » entrée de gamme ». On lui a retiré le retardateur, par exemple.

Visuellement, il est très proche du Sensomat et pour cause, produit de 1969 à 1974, il est basé sur le Miranda Sensomat RE.

Pour mémoire, une des particularités du Semsonat (et par extension du RE) était de proposer une monture originale : en effet, celle-ci était double !

Vous avez bien lu, une double monture ! En l’occurrence, la baïonnette Miranda et une monture filetée de 44mm, qui autorisait, grâce à la conception particulière du boitier, d’accepter, moyennant des adaptateurs, les montures en 42mm et même en 39mm. Cela permettait aux acquéreurs de l’appareil de garder, les cas échéant, leurs objectifs précédents.

Cependant, ici, la marque choisit de simplifier l’offre et propose une monture « universelle », la monture à vis en 42mm initiée par Praktica/Pentax. Finalement, l’objectif restait le même : permettre une large gamme d’optiques compatibles avec le Miranda TM (au fait TM = Thread Mount indiquait qu’il s’agit d’un objectif à vis et non à baïonnette).

Techniquement, le Sensomat TM propose une mesure de la lumière à travers l’objectif (TTL), en utilisant une cellule CdS placée derrière le miroir, découpé de quelques fentes pour donner un type de mesure pondérée vers le bas du miroir mais répartie sur (presque car 2/3) l’ensemble du miroir. Cette position donne une luminosité optimale sur le stigmomètre à microprismes, extrêmement précis.

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source : https://oldcamera.blog/2017/11/08/soligor-tm/

Les Miranda sont reconnus pour la fiabilité de leur cellule à l’agencement précis.

Il garde encore une autre spécificité du Miranda, à savoir le prisme que l’on peut ôter et qui est interchangeable. En actionnant le bouton sur la gauche de l’appareil (vous devez tourner d’un quart de tour anti-horaire pour dégager le prisme), vous pouvez libérer le pentaprisme (une belle pièce de verre de 120gr quand même) pour opter une visée à la Edixa, par au dessus. Dans ce cas, l’image est inversée, comme lorsque vous utilisez, par exemple, un Yashica D. Il y eut donc plusieurs viseurs proposés : viseur de poitrine pliant, viseurs verticaux à différents grossissements, viseur prisme avec cellule CDS (pour mesure TTL optionnelle sur modèles antérieurs).

Dans le viseur, l’indicateur de la cellule se fait en déplaçant une aiguille dans un cadre, sur la droite.

Les vitesses vont de 1s à 1/1000s, plus pause B. L’obturateur est à rideaux, très silencieux. Sans doute d’ailleurs un des obturateurs les plus silencieux équipant un reflex. Le miroir est aussi particulièrement bien discret, la fin de sa course est amortie par des pattes sur ressorts qui autorisent alors le déroulement des rideaux de l’obturateur.

La cellule, non couplée, est actionnée par un bouton, en bas à gauche de l’objectif. Sur le TM, ce bouton est toujours couplé au test de profondeur de champ habituel.

Le réglage du diaphragme à la cellule se fait en armant le boitier, ce qui allume la cellule (ce qui veut dire que si vous voulez économiser les piles, ne réarmez pas l’appareil en fin de prise de vues). À gauche de la monture d’objectif (à droite, en regardant l’objectif) vous verrez un gros bouton. Appuyez dessus pour fermer le diaphragme à iris de l’objectif, ce qui vous donne un aperçu de la profondeur de champ. Ce bouton actionne aussi le posemètre car celui-ci mesure la lumière réelle entrant dans la chambre. Le bouton fonctionne sur une bascule – une pression ferme le diaphragme ; une nouvelle pression ouvre à nouveau le diaphragme. Cela vous permet de continuer à composer votre photo après avoir réglé l’exposition. L’indicateur de la cellule est du type où vous centrez l’aiguille dans le viseur.

La sensibilité de la cellule plafonne à 1600 ASA (en commençant à 25) sur les premiers TM alors que les derniers montent jusqu’à 6400

C’est un beau boitier que vous trouverez aussi sous d’autres dénominations, notamment Soligor TM ou Pallas TM.

Et ce qui est particulier, c’est que, paradoxalement, j’ai presque trouvé plus d’infos sur le Soligor que sur le Miranda, alors que le premier ne faisait que re-badger le second. Ah, triste sort …

Outre ces dénominations différentes, il y eut deux version du TM. La seconde proposait une griffe flash, non couplée (dite froide) sur le prisme et perdait la fente originale placée sous le bouton de gauche qui autorisait l’accouplement avec des accessoires, dont … un flash. Mais il faut toujours une prise PC pour le flash. Il y a d’ailleurs deux connecteurs disponibles (FP et X) pour les flashs magnésiques et électroniques . La vitesse de synchronisation du flash pour le flash électronique est indiquée en rouge, entre 1/30 et 1/60 secondes, soit environ 1/45.

Ensuite, le verrouillage du dos, sur les premiers modèles est semblable au Sensomat RE, avec un loquet sur la tranche tandis que la seconde version passe à une ouverture par traction sur le levier de rembobinage.

Quelques autres interventions ont eu lieu en interne dont le passage à une pile de 1,5v (une SR ou LR 44) contre une ancienne au mercure de 1,35v (la planète vous dit merci).

Enfin, le TM a été remplacé par le TM II en 1975, moment où est sorti le Soligor et le Pallas.

L’exemplaire que je vous propose est un Miranda de la première heure, voyez le loquet sur la tranche pour ouvrir le dos..

Que vous dire de plus ? Ah oui, le Sensomat possédait encore une particularité, son double déclencheur : un en façade et un second sur le dessus de l’appareil, très discret dans lequel il fallait viser une tige spécifique. Le TM ne garde que le déclencheur sur le dessus.

Le compteur de vue se réinitialise sur S dès l’ouverture du dos. Les chiffres 24 et 36 sont en orange et il faut savoir que le compteur n’avance plus après la 36 vue même s’il est encore possible de faire des photos.

Sur la corolle de la molette de gauche (qui permet rappelez-vous de débloquer le prisme), il y a un mémo pour le type de film employé (couleur ou N/B) mais qui n’a aucune incidence pour le réglage de la cellule, qui se fait avec le barillet de droite, en le soulevant pour modifier la valeur des Asa.

Personnellement, je trouve que c’est un très bel appareil, au design soigné.

Une très belle alternative aux boitiers très (trop) connus de l’époque, tout en présentant les mêmes caractéristiques, en y ajoutant un soupçon de « classe », qui sort de l’ordinaire.

Et il offre la possibilité de monter une vaste gamme d’objectifs en monture M42.

Relativement rare, il peut toutefois se négocier, avec un objectif, à un prix avantageux. Il ne devrait pas dépasser les 50€ en excellent état.

Petite video d’illustration

Des données techniques :

  • Obturateur à plan focal horizontal, rideaux textiles, pause B 1s-1/1000s
  • Synchro flash 1/45s
  • Réglage semi automatique de l’exposition par coïncidence aiguille-repère
  • Cellule Cds TTL à pleine ouverture.
  • Viseur pentaprisme modifiable.
  • Batterie : SR44

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Quelques références : http://camera-wiki.org/wiki/Miranda_TM, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Miranda_TM, http://thecamerasite.lauro.fi/01_SLR_Cameras/Pages/mirandatm.htm, http://mirandageek.eu/about-miranda, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Miranda, https://oldcamera.blog/2017/11/08/soligor-tm/, http://camera-wiki.org/wiki/Soligor_TM en anglais, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-3992-Miranda_TM.html, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11492-Soligor_TM.html, https://www.mes-appareils-photos.fr/Soligor%20TM.htm, http://www.app-phot-col.com/photcol/pdfr/T39/2194.pdf, http://www.suaudeau.eu/memo/collection/rfl35/Soligor_TM.html en français

Argentique

Le Minolta Riva Zoom 7W

Honnêtement, je lui trouve un petit air d’Olympus Mju avec ses formes toutes rondes, sa couleur noire (même s’il existé aussi en argenté, « titane » qu’ils disent).

Même sa conception est fort proche …

Sorti en 1995, il reprend les caractéristiques que l’on attendait à cette époque : tout automatique, de l’armement au rembobinage, avec un petit flash intégré et automatique, débrayable si besoin, avec un zoom pas trop long mais efficace de 28 -70mm ouvrant à f3,5.

Il a un proche cousin, le Minolta Riva Zoom 70 (sans le W donc) qui propose un zoom moins étendu de 35 à 70mm. D’où le W de cet exemplaire pour Wide = large car il propose lui un vrai grand angle.

Ce zoom est composé de 4 lentilles asphériques en 4 groupes qui est net dès 50 cm (ou 40 cm en mode macro) et jusque l’infini.

Présenté en Europe sous le vocable de Minolta Riva Zoom 70W, il fut connu aux USA comme Freedom Zoom Explorer 70W ou au Japon sous le nom de Minolta Capios 25. Il sera remplacé ensuite par le Minolta Riva Zoom 75W qui avait, vous l’eûtes deviné, un zoom un peu plus long dans un boitier du même gabarit.

C’est, comme la plupart des appareils de cet acabit et de ces moments là, un boitier destiné aux familles (et il n’y a là rien de péjoratif), voulu simple, pratique et fiable.

La preuve, c’est que 30 ans plus tard, il fonctionne toujours.

Techniquement, l’objectif zoom de l’appareil photo est fixe. C’est avec un petit curseur que vous pouvez choisir les focales entre 28 mm et 70 mm. L’ouverture maximale est de f/3,5 à 28 mm et f/8,4 à 70 mm. C’est assez étonnant de caser une telle amplitude dans un corps aussi petit.

C’est l’appareil qui fait la mise au point automatiquement et il sera net, comme je l’écrivais plus haut, de 40 cm en mode macro ou 50cm en mode normal.

Tout est prévu pour faciliter la vie des utilisateurs : lorsque vous placez un film dans l’appareil, vous tirez la languette jusqu’à la marque de la bobine réceptrice, refermez le capot arrière et l’appareil charge le film. au passage, il aura « lu » le codage DX de la pellicule et réglé la sensibilité de la cellule (sensible de 25 à 3200 Iso). Ensuite, il réglera, sans votre intervention, la vitesse et l’ouverture selon les besoins de la photo envisagée.

Facile je vous disais …

D’ailleurs, le boitier propose différents modes d’exposition : le mode full auto, le mode macro, le mode paysage et un mode pour les portraits de nuit, dans lequel l’utilisation du flash permet de figer le sujet. Une fois le mode choisit, il le garde en mémoire jusqu’à ce que vous le modifiez ou éteigniez le Minolta Riva Zoom 70 W.

Puisque nous parlons du flash, il peut se déclencher automatiquement, être forcé ou désactivé. Il possède une fonction de prévention des yeux rouges, qui fait – comme d’habitude – ce qu’elle peut.

Comme je le disais en préambule, c’est un petit boitier, un peu épais, léger (240gr), tout en plastique comme on en fabriquait dans ces années-là. On l’a bien en mains, son côté « savonnette » le rend agréable à manipuler. Un pas de vis sous le boitier permet de le fixer sur un trépied le cas échéant.

L’œil de la cellule est positionné sur l’objectif ce qui permet d’utiliser des filtres (si vous en trouvez) qui se clipsent sur celui-ci car la mesure se fera dès lors en tenant compte du filtre utilisé.

Il faut être attentif à un petit détail : le Minolta fait la mise au point automatiquement grâce à un système de mesure active (infra rouge). Si cette méthode permet de travailler même « dans le noir » mais l’appareil va « patiner » si vous voulez faire la mise au point sur un miroir ou à travers une vitre.

Revenons un instant sur les focales choisies pour ce boitier très compact : un 28 – 70mm. Ce qui est, me semble-t’il, un choix judicieux. Ils ne sont pas nombreux les compacts de cette époque à commencer avec un grand angle comme un 28mm. Généralement, il s’agit d’un 35mm ou, plus courant encore, d’un 38mm. Si vous en souvenez, j’avais fait l’analyse du Fuji DL 500 Mini Wide qui proposait un 28mm f3,5 et ils n’étaient pas nombreux à proposer une telle ouverture (citons peut-être aussi le Fuji DL Mini Super, le Minolta TC-1). C’est donc un bon point, même si certains estiment que les images pourraient être plus piquées, mais il ne faut pas toujours tout comparer à nos appareils d’aujourd’hui. A l’époque, les photos issues de ce boitier ont fait le bonheur de bien des utilisateurs.

Remarquons encore que le zoom est marqué 28 – 50 – 70mm, pas 35. Petite bizarrerie mais finalement, on a un grand angle, pourquoi utiliser moins ?

Au niveau manipulation, pas de soucis, les boutons sont faciles à atteindre et à mettre en action. Le petit écran LCD, sur le dessus vous permet de voir quels modes sont sélectionnés mais avec un peu d’habitude, je suis persuadé que vous allez mémoriser rapidement la « séquence » des modes et que vous ne le regardez même plus.

La mise en route est discrète et assez rapide. Si vous avez besoin d’actionner le zoom, le viseur suit le mouvement, qui est lui aussi assez rapide et- surtout – peu bruyant, un plus.

Le couvercle qui masque l’objectif s’ouvre de lui -même lorsque vous enfoncez le bouton ON. Ce n’est pas le clapet qui met le boitier sous tension, comme sur l’Olympus Mju, le Trip 300 ou autres « inspirés » du Mju.

Les vitesses vont de 8s à 1/500s, ce qui autorisent quelques fantaisies, pour peu que vous ayez un petit trépied pour éviter le flou de bougé.

Pour terminer, sachez que si vous maintenez le doigt sur le déclencheur, celui-ci exécutera une « rafale » à 1,2 image/seconde. Pas mal pour faire une « petite séquence » si besoin mais qui videra vite votre bobine de 36 vues à ce rythme là !

Je reviens un instant sur le viseur qui, s’il semble petit, n’est est pas moins très clair et agréable. Il suit le mouvement avant ou arrière du zoom « en temps réel », ce qui est confortable. N’y cherchez pas d’indications sur la vitesse, l’ouverture, il n’y en a pas. Juste un rectangle au milieu pour indiquer la mise au point, que vous pouvez décaler en gardant le doigt à mi-course sur le déclencheur, et deux diodes (rouge et verte) sur le côté du viseur, que vous entrevoyez au moment de la prise de vue, indiquant que la mise au point est verrouillée et si le flash est nécessaire (diode rouge).

En résumé, un chouette petit appareil qui se glissera dans un tout petit sac à défaut de le faire dans une poche de chemise (il est un peu épais). Vraiment facile d’utilisation, il pourrait frustrer ceux qui veulent toujours avoir le contrôle sur tout mais ravira ceux qui désirent juste faire de bonnes photos sans prise de tête inutile, car il le fait bien.

C’est un petit boitier que vous devriez trouver pour 20€ maximum, en bon état.

Et c’est typiquement le type d’appareil que vous n’aurez pas peur d’emmener même dans des endroits « dangereux » pour préserver vos appareils plus coûteux. Il n’est pas traité « all weather » mais un minimum d’attention lui permettra de fonctionner partout.

Ah oui, n’oubliez pas d’emmener une ou deux CR123 avec vous, pas qu’il soit excessivement gourmand, mais sans une pile, rien de fonctionne.

Amusant de comparer les modèles de l’époque, dont les caractéristiques se tiennent dans un mouchoir …

http://collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1558470658.jpg
source : Collection-appareils.fr, Camara Juillet 1998

Quelques données techniques :

  • Objectif : zoom motorisé Minolta 28-70 mm. Quatre éléments en quatre groupes. Max. ouverture f/3,5-8,4.
  • Autofocus de 0,5 m à l’infini, avec capacité macro de 0,4 à 1 m.
  • Autofocus actif à 3 faisceaux infra rouge
  • Exposition automatique avec des vitesses d’obturation de 2-1/500 s à 28 mm et 8-1/350 s à 70 mm.
  • Mémorisation de l’exposition par appui à mi-course sur le déclencheur
  • Avance du film : chargement automatique, enroulement et rembobinage du film codé DX (vitesses automatiques du film : ISO 25-3200).
  • Retardateur de 10sec
  • Rembobinage automatique à la fin du film ou manuel par pression sur le bouton ad hoc
  • Flash pop-up intégré, avec plusieurs modes. La portée maximale à 28 mm et 100 ISO est de 6 m.
  • Alimentation : un CR123/DL123A au lithium 3 V.
  • Dimensions : 121 × 66,5 × 44 mm
  • Poids : 240g

Une petite video d’illustration

Des exemples d’images ICI et LA

Quelques références : https://www.mes-appareils-photos.fr/Minolta-Riva-70W.htm, http://collection-appareils.fr/x/html/appareil-12567-Minolta_Riva%20Zoom%2070W%20.html en français, http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_Riva_Zoom_70W, https://filmphotography.eu/en/minolta-riva-zoom-70w/ en anglais

Argentique

Le Vivitar Série 1 470 PZ

Ah, vous avouerais-je que cet appareil, j’ai failli le laisser dans la caisse « à brol » dans laquelle il croupissait ?

Heu … pour ceux qui ne sont pas habitué aux belgicismes, « brol » veut dire bric à brac, ensemble de choses dépareillées, vieux trucs entassés, … vous voyez l’esprit ?

Bref, si je me suis finalement décidé à l’extirper de cette caisse c’est parce que c’était l’occasion de vous parler de cette marque autrefois bien connue des amateurs de photographie.

Alors allons-y … il était une fois deux immigrés allemands, qui avaient choisi l’Amérique pour fuir un horrible petit moustachu arrivé au pouvoir dans leur pays.

C’est à Santa Monica (Californie) que les deux compères ont commencé en tant que distributeurs de produits photographiques, en 1938. Ils créèrent la Ponder & Best Inc. ( Max Ponder et John C. Best).

Comme beaucoup d’histoires folles, Best rédigeait les factures sur la banquette arrière de leur Oldsmobile tandis que Ponder vendait leur matériel, qu’il puisait dans le coffre de la même voiture !

Ponder & Best ont entretenu des relations commerciales avec les principaux fabricants de l’époque, notamment Mamyia, Olympus, Rollei, Voigtländer, Petri, etc. devenant les distributeurs américains des entreprises au Japon et en Allemagne.

Mais en 1964, ayant perdu les droits de distribution de Rollei et Olympus, ils décident de créer leur propre marque et de re badger les équipements qu’ils vendent.

C’est ainsi que nait le nom Vivitar, leur marque, déposée en 1965.

Ils vendront essentiellement des objectifs sous ce nom, dont les fameux « série 1 » qui désignaient leur haut de gamme. Les années soixante à septante seront les années de succès, dues à leur stratégie de fournir des objectifs de qualité pour les appareils reflex à des prix moindres que ceux des fabricants.

Souvenez-vous, leur façon de faire était d’acheter du matériel chez d’autres, qu’ils rebaptisaient Vivitar, en ce compris donc les objectifs qui faisaient leur force. Mais au début des années septante, le duo décide de créer leurs propres objectifs de qualité, en sous traitant la fabrication des lentilles mais en les assemblant selon leur propre conception et spécifications. Cette nouvelle série porteront les verres Vivitar Série 1.

Les personnes dont ils se sont entouré étaient des « pointures », un certain Betensky notamment, qui est à l’origine d’idées nouvelles qui permettaient des mises au point rapprochées qui dépassaient de loin les conceptions des autres objectifs de l’époque

Finalement, Vivitar, devenue Vivitar Corp en 1979 était devenue une entreprise multinationale tant pour la fabrication que pour la commercialisation, avec des filiales au Japon, en Allemagne de l’Ouest, en France, au Canada, au Angleterre, en Belgique et en Suisse.

Parfois à grandir très vite et à devoir adopter des méthodes de travail qui externalise des secrets de fabrication, on s’expose à la contre façon, au détournement ou au vol pur et simple de ces secrets. C’est qui arriva à Vivitar.

Copié, volé et après avoir perdu quelques procès pour d’obscures raisons des lois américaines, Vivitar, qui commençait à perdre de l’argent, est racheté par le groupe Hanimex (1985), société australienne, un autre grand distributeur de produits photographiques.

La situation financière s’étant améliorée, les études pouvaient reprendre et Vivitar introduit des objectifs autofocus autonomes (alimenté par batteries) pour les montures Canon Fd, Pentax K, Nikon AI-S et quelques autres.

Las, fin des années quatre-vingt, Vivitar et Hanimex sont revendus à la société britannique Gestetner PLC (détenue par Ricoh – vous vous souvenez des photocopieurs Gestetner ?).

Vivitar abandonne peu à peu la fabrication des objectifs pour se tourner vers celle des flashs haut de gamme et des appareils photo.

En 1994, un tremblement de terre à Northridge endommage les installations principales de Vivitar, détruisant d’importants stocks de marchandises, ce qui précipite encore un peu plus la disparition des objectifs Série 1, entre temps repris par Gestetner.

De rachat en revente, Vivitar passait de la fabrication d’objectif haut de gamme à celle d’accessoires et même à celle d’appareils compacts. Elle a même tutoyé le numérique.

Mais en 2008, après un ultime rachat, les stocks et actifs de Vivitar étaient vendus en ligne, signant la fin de la société, septante ans après sa création.

Toutefois, le nom existe toujours, utilisé pour la commercialisation de matériel photographique

Encore une histoire peu commune, non ?

Mais revenons à notre Vivitar Série 1 470 PZ, pour Power Zoom.

Il fut présenté à la PMA de Las Vegas en 1992 où Vivitar offrait une profusion d’appareils photo, objectifs, jumelles et accessoires divers.

Deux appareils en fait retenaient l’attention, le 440 PZ et le 470 PZ, des quasi-jumeaux qui possèdent, entre autres caractéristiques, un flash possédant le « mode musée » (c.-à-d. un flash off), un mode automatique (qui ne s’active qu’en fonction du contexte de la photo), un mode fill-in, et l’auto focus, dans son mode paysage, permet le blocage sur l’infini. Ils possèdent encore un retardateur et un zoom 38 – 70 mm.

En fait c’est un appareil bien dans la veine de ses concurrents de la même époque : exposition, flash, mise au point, avance et rembobinage automatiques. Avec un excellent zoom assez passe-partout par ses focales étendues.

Léger, pas vraiment compact, il fonctionne avec une pile CR123. Il a été pensé pour être simple d’utilisation : vous mettez un film dedans, dont il lit le codage DX pour régler sa cellule, vous visez et il fait le reste sans que vous ayez à intervenir.

Son viseur est clair, sans surprise, avec un cadre qui suit les mouvements du zoom, avec indication de correction pour la parallaxe en cas de vue rapprochée mais sans aucune indication ni de vitesse ni d’ouverture choisie par le boitier.

Son déclencheur est très doux, le moteur pas vraiment bruyant et ses automatismes assez pertinents, y compris pour le flash, que vous pourrez toujours débrayer … dans les musées !

Si comme moi vous en trouvez un en brocante, prenez le avec vous, ce n’est pas son prix qui devrait vous effrayer : 15€ maximum s’il est fourni avec sa dragonne et son étui marqué d’un beau Série 1 en rouge sur fond noir.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Quelques références : http://www.jollinger.com/photo/cam-coll/cameras/Vivitar_440pz.html, https://www.fstopcameras.com/pointandshoot/vivitar-point-and-shoot-35mm-film-camera-2nax3,http://camera-wiki.org/wiki/Vivitar en anglais, https://en.silvervintageshop.fr/product-page/vivitar-series-1-450pz-zoom, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-2066-Vivitar_Series%201%20440%20PZ.html en français

Argentique

Le Canon AF 35 M

Il y a quelques temps, je vous avais présenté sa descendance, le Canon AF 35 M II, il était temps de revenir au pionnier …

Nous somme en 1979 et un an auparavant, coiffant tout le monde sur le poteau, Konica sortait le premier appareil autofocus au monde, le Konica C 35 AF. Canon se devait de réagir, vite, car le projet était dans ses cartons, prêt à sortir.

Le Canon AF 35 M sera donc le second appareil au monde à proposer l’autofocus sur un boitier compact et éminemment portable, même si nous sommes encore loin de la miniaturisation des années nonante.

Bon, revenons un instant sur cette histoire de premier ou deuxième sur le marché de l’autofocus.

« Techniquement », le premier appareil autofocus fut effectivement le Konica C 35 AF, quoiqu’il s’agissait d’un autofocus dit « passif » alors que celui du Canon est qualifié « d’actif »

Konica a utilisé le système Visitronic AF qui a été créé et produit par Honeywell. Ce système était une conception de mise au point automatique passive qui utilisait un télémètre traditionnel à deux fenêtres pour comparer la lumière entrant dans chaque fenêtre.

Par contre, le CAFS (Canon Auto Focus System) utilisait un faisceau de lumière infrarouge de balayage qui triangulait la distance en réfléchissant la lumière rebondissant vers l’appareil photo.

Le système de Konica était facilement trompé et ne pouvait pas très bien gérer les objets en mouvement ou très petits. Le système CAFS de Canon était loin d’être infaillible, mais il a géré une variété de scènes, y compris des situations de faible luminosité, de manière beaucoup plus fiable.

Tout ceci étant dit, gardons surtout en tête que grâce à ces systèmes, ces marques ont établi les standards de ce que deviendraient ensuite les autres appareils des 10 à 20 ans à venir : un appareil compact, équipé d’un moteur d’entrainement, des automatismes faciles.

Cet appareil connu un immense succès et il fut produit à des millions d’exemplaires (rare qu’il disait dans l’annonce !?). Pour vous donner une idée, il s’en fabriquait 110.000 exemplaires par mois au second semestre de 1981

Ceci dit, en trouver un en bon état n’est pas chose aisée (quoique, vu la quantité produite) car ils ont travaillé ces appareils.

Mais rendez-vous compte : pour la première fois (enfin la seconde si on veut), un appareil n’avait plus besoin que vous fassiez la mise au point, il s’en chargeait aussi, en plus du calcul de l’exposition et de la vitesse, de l’armement et du rembobinage de la pellicule. Une révolution qui allait combler tous les amateurs de photos familiales !

Rien d’étonnant à ce qu’il fut une des principales attractions du Salon International de la Photographie de Paris en 1979.

Comme je ne vais pas vous obliger à relire le texte sur le Canon AF 35 MII, ni moi réécrire ce que j’ai déjà écris, je vais me payer le luxe (si, si) de me citer :

« Le système de mise au point automatique de l’appareil n’est ni la détection de contraste utilisée dans les appareils photo numériques actuels, ni la détection de phase utilisée dans les reflex numériques. Il utilise plutôt la triangulation du faisceau actif dans le proche infrarouge. Ce système n’offre pas de mise au point automatique multipoint ni de détection des visages, mais il permet à l’appareil photo de faire la mise au point dans l’obscurité totale !

Le système d’auto-exposition utilise une photorésistance CdS, et c’est l’un des meilleurs systèmes de mesure que l’on puisse trouver dans un compact d’époque. Même dans les situations les plus difficiles, comme la prise de vue de nuit et la prise de vue dans la neige claire, les sous-expositions et les surexpositions sont très rares. »

Si je résume la technique la dessous, le système de mise au point automatique actif utilise une diode émettrice dans le proche infrarouge et une photodiode à broche pour déterminer la position du sujet par triangulation comme le ferait un télémètre à image coïncidente. Cela signifie que le système est indépendant des niveaux de lumière ambiante et atteint un haut degré de précision.

Pourtant, il pourrait être dupé par le verre (qui n’est pas transparent au rayonnement infrarouge). La zone de mise au point automatique est marquée sur le viseur optique « galiléen inversé », qui a également des lignes de cadre projetées, des marques de mise au point de zone pour près, moyen et éloigné (allumées pour indiquer la zone approximative que la mise au point automatique a sélectionnée), des marques de correction de parallaxe pour la photo de près et une vérification de la batterie et un LED rouge d’avertissement en cas de risque de flou de bougé, nous y reviendrons.

Parlons ensuite un peu de l’objectif. Il s’agit ici d’un 38mm ouvrant à f1:2,8 en 4 éléments et 3 groupes. La distance de mise au point minimale est de 90 cm. A l’époque, il utilisait encore de beaux objectifs pour les compacts !

Le bord de l’objectif est fileté pour permettre d’y ajouter des filtres si besoin (diamètre de 48mm) et d’autres accessoires comme des compléments optiques pour, par exemple, bénéficier d’un téléobjectif ou d’un grand angle.

Outre cet objectif, l’appareil offre cinq automatismes :

  • automatisme de la mise au point
  • automatisme de l’exposition
  • automatisme du flash
  • automatisme de l’avancement du film lors du réarmement (après chaque déclenchement)
  • automatisme du rembobinage en fin de film

Et tout ça dans un petit bloc de plastique noir, solide, guère plus grand que les autres compacts de l’époque (semblable à un Canonet 28 pour illustrer le propos), mais lui posséde un moteur et les spécificités citées ci-dessus !

Il fonctionne simplement avec deux piles AA, très communes, qui assurent environ 50 bobines de 36 vues par jeu de piles (soit près de 1800 photos !). Petite attention supplémentaire : à la fin du film, une fois rembobiné, l’alimentation se coupe, pour économiser encore un peu plus les AA. Il ne sort de sa torpeur que si vous insérez un nouveau film.

Il possède encore un flash intégré, qui se recycle assez vite (plus ou moins 8sec quand même) et à en outre le bon goût de ne pas systématiquement donner des yeux de lapins effrayés aux personnes que vous prenez en photos (il n’est pas trop puissant et pas trop près de l’objectif).

Soyons de bon compte, si cet appareil offrait un autofocus performant, nous en étions au balbutiements de la chose et tout n’était pas encore parfait.

Si vous voyez le sigle « CAFS » sur la façade de l’appareil, sachez qu’il désigne le principe de la mise au point par infrarouge. Cet émetteur est une lentille placée à gauche de l’appareil (si vous le regardez de face). En regardant ensuite vers la droite, vous verrez la fenêtre qui éclaire le cadre collimaté, puis le viseur et enfin le récepteur infrarouge

Comment ça marche ?

Lorsque vous visez un sujet, enfoncer le déclencheur vous permettra de faire la mise au point au centre de la photo et de la prendre.

Mais il faudra faire entièrement confiance à la technologie de l’appareil car vous ne verrez rien de ce qui se passe !

Si cela peut être frustrant pour certain, l’esprit de l’appareil allait aux familles qui voulaient juste ramener de belles photos, sans prises de tête … et ça fonctionne très bien.

N’espérez pas faire une mise au point, la garder en mémoire pour recadrer votre image en appuyant à m:i-course sur le déclencheur … ce serait trop simple !

Vous voyez le petit levier, en bas, marqué « self-timer/pré-focus » ?

Il a une double fonction, celle de retardateur, vous aviez compris, mais aussi, lorsqu’il est abaissé de garder la mémoire de la distance de mise au point. Si vous déclenchez endéans les 10 secondes, il n’y a plus de modification de la distance relevée par l’autofocus. Si vous attendez plus de 10 secondes, le déclenchement sera celui du retardateur habituel. Ce système vous permettra de faire la mise au point, puis de recadrer la photo si besoin..

Seconde particularité, vous ne verrez le point de mise au point que lorsque vous aurez pris la photo !

En effet, l’appareil vous indique sur une échelle avec des symboles tels que un visage, un groupe ou une montage l’endroit où il a fait la mise au point, ce qui n’est pas forcément ce que vous aviez visé mais bien ce que le faisceau IR (infra rouge) a estimé être la bonne distance. Notez qu’on s’y fait mais c’est déconcertant pour les utilisateurs de machins modernes ultra sophistiqués que nous sommes devenus

Le moteur se fait entendre mais il y a un petit truc pour éviter de se faire repérer quand vous avez pris une photo « délicate » : gardez le doigt sur le déclencheur, le réarmement ne s’effectuera que lorsque vous le relâcherez.

Charger un film est d’une facilité déconcertante, ce qui semblait être la hantise de beaucoup d’amateurs, mais elle n’est pas automatique : vous devrez glisser le bout de l’amorce dans la fente de la bobine réceptrice. Lorsque le film est inséré dans la dite bobine, vous refermez le dos et appuyez une ou deux fois sur le déclencheur, jusqu’à ce que le zéro s’affiche dans le compteur de vue (mélange de l’ancien et du moderne quoi !). Et pour rassurer complètement, l’AF35M dispose d’une fenêtre de chargement sécurisé pour indiquer que le film avance correctement.

Ensuite, grâce à la bague en plastique autour de l’objectif, vous réglez la sensibilité du film, qui doit être comprise entre 125 et 400 Asa

Sous l’optique de la lentille elle-même, se trouve la photorésistance au sulfure de cadmium (CdS) pour le posemètre. L’emplacement de la cellule à l’intérieur de la bague de filtre de l’objectif, indique que le compteur fonctionnera avec précision même avec des filtres installés sur l’objectif.

source : Casualphotfile
CanonVF
source : Mike Eckman

Un mot encore du viseur, qui comporte des lignes de cadre et des lignes de cadre corrigées de parallaxe pour la prise de vue rapprochée, un indicateur de mise au point (au milieu du viseur), une lampe d’avertissement de faible luminosité … et c’est tout, mais pour l’époque, c’est vraiment très bien.

La lampe qui vous signale la faible luminosité n’enclenche pas le flash automatiquement, vous devrez le déployer. Personnellement, j’aime mieux que ces flashs qui s’allument à tout bout de champ sans que l’on puisse les débrayer. Le flash est synchronisé avec le posemètre de l’appareil photo à toutes les vitesses.

Que penser de l’appareil ?

Le design des années quatre-vingt, on aime ou pas. Personnellement, je lui trouve un charme désuet qui lui va bien mais ne le rend pas « ringard » comme certains. C’est propre, c’est net et fonctionnel : tout tombe sous les doigts comme on s’y attend.

Pour le reste, il faut être conscient que l’appareil accuse ses quarante ans.

Il ne vous décevra pas (trop) mais ne lui demandez pas ce qu’il n’est pas capable de faire et ne le comparez pas aux appareils des années nonante voire début deux mille, ce n’est pas la même époque.

Mais ce qu’il fait, il le faut toujours bien, c’est un excellent boitier, avec un charme certain.

Vous devriez pouvoir en trouver un vers les 40€ maximum (en parfait état, avec sa gaine d’origine et sa dragonne). Il ne réclamera que deux piles AA pour repartir avec vous …

Un peu de technique :
Objectif Canon 38mm f/2.8 avec revêtement 4 éléments en 3 groupes
Mise au point automatique dans le proche infrarouge (cellule émettrice et cellule réceptrice, triangulation)
Obturateur à feuille électronique
Vitesses de: 1/8 – 1/500 secondes, en continu
Compteur CdS couplée
Pile 2 x alcalines AA 1.5v
Flash électronique intégré
Poids 405 grammes (avec piles)

http://collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1335472691.jpg
source : Collection-appareils.fr, Grenier-Natkin 1981

Petite video d’illustration

Quelques références : https://www.35mmc.com/03/08/2018/canon-af35m-making-review/, https://en.wikipedia.org/wiki/Canon_AF35M, https://www.mikeeckman.com/2016/04/canon-af35m-1979/, https://casualphotophile.com/2015/02/23/canon-af35m-vs-nikon-l35af-camera-review/ en anglais, http://collection-appareils.fr/x/html/appareil-1146-Canon_AF%2035M.html en français

Argentique

Le Yashica Electro 35 G

Les Electro 35 fascinent encore et toujours. Si leur porte drapeau fut le Yashica Electro 35 GTN, celui que je vais vous présenter est celui qui a ouvert la voie.

Pour mémoire, le modèle original Yashica Electro 35 a été introduit en 1966. On peut le qualifier de « compact » mais n’espérez pas le glisser dans une poche, à moins qu’elle fut grande et solide car l’appareil fait son poids et ce n’est pas un Rollei 35 !

Cet appareil photo dispose d’un système d’exposition automatique à priorité ouverture, alimenté par une pile initialement au mercure, une TR164 de 5,6v.

Etant donné la vitesse des films de l’époque, la plage ASA va de 12 à 400. On règle cette vitesse (pour le système de contrôle d’exposition automatique) grâce un cadran qui présente à la fois les réglages ASA et DIN.

Mais l’innovation majeure de Yashica fut un obturateur automatique unique et entièrement électronique, dont la vitesse est contrôlée par un électro-aimant. Cela a donné naissance à la désignation de modèle « Electro ». .

On détermine l’exposition correcte en tournant la bague des ouvertures jusqu’à ce que ni les lampes rouge ni orange ne soient allumées. Celles-ci sont visibles à la fois sur le dessus de l’appareil photo et dans le viseur. Si la lampe jaune s’allume, vous serez dans un temps d’exposition long qui demandera un trépied ou un appuis. La lampe rouge vous averti de la surexposition. Les lampes telles qu’elles apparaissent dans le viseur sont rondes. Elles prendront la forme de flèches dans les modèles ultérieurs.

Un objectif rapide, une cellule précise, un automatisme confortable ont fait de cet appareil un énorme succès commercial.

Dès lors, en 1968, Yashica a introduit un nouveau modèle, le Electro .35 G (pour « grade up »). Si son esthétique a été légèrement modifiée pour le rendre « plus moderne », le fabuleux Yashinon ouvrant à f1,7 est resté, en arborant maintenant la désignation Yashinon Color, qui n’avait d’autre but que de rassurer les clients sur le fait que cet objectif était apte pour l’utilisation des films couleurs, en pleine explosion. Les Yashinon étaient déjà traité pour assurer la meilleure colorimétrie et le meilleur rendu, mais le fait de le noter avait surtout un poids psychologique et … marketing assumé !

L’objectif n’a subit d’autre modification interne que celle de son engrenage de mise au point, rendu encore plus efficace.

Le modèle Electro G originel était en version chromée satinée. En 1969, une version noire fit son apparition sous le nom de Electro GT. Il était livré avec un pare-soleil exclusif censé bloquer l’appareil sur la position Auto. Même s’il n’y a pas de blocage mécanique à proprement parler, l’emploi du pare-soleil rend quasi impossible tout réglage, laissant de facto le boitier sur la position Auto.

L’ergonomie a été bien pensée et s’il faut actionner un verrou pour ouvrir la porte arrière, son dessin spécifique permet de l’ouvrir très facilement.

Le viseur de l’Electro 35 G s’ajuste pendant le réglage pour compenser la parallaxe et le patch, en forme de diamant jaune, est bien visible. Le télémètre est entièrement couplé aux déplacements de l’optique.

Lorsque vous effectuez une mise au point rapprochée, les lignes du viseur se déplacent pour compenser la parallaxe, ce qui est bien pratique en photo de portrait ou pour de petits objets..

Une légère modification interviendra dans le modèle : la tirette pour ouvrir la porte arrière sera abandonnée au profit de la classique molette de rembobinage que l’on soulève pour provoquer l’ouverture.

Une prise flash est prévue pour recevoir un flash avec câble de raccordement PC (connecteur spécifique). Une griffe porte flash est installée sur le capot de l’appareil mais sans contact.

L’échelle des ASA va de 12 à 500, les films couleurs devenant plus sensibles.

La cellule doit donc être alimentée par une pile, ce qui n’empêche par l’appareil de fonctionner sans, mais à la vitesse de 1/500sec fixe alors. Un petit bouton pour vérifier la charge de la batterie est installé sur une plaquette à l’arrière. Une lampe verte s’allume ensuite dans le compteur de vue.

Finalement, en 1970, l’Electro 35 G sera suivi d’un Electro 35 GS, puis d’un GSN, etc (voir l’article sur l‘Electgro 35 GTN).

Il restera une référence dans la série des Electro 35 qui en fait encore et toujours un appareil très agréable d’emploi, facile et d’excellente qualité. Moins cher en occasion que son petit fils, il est une excellente affaire si vous voulez vous initier au télémétrique à objectif fixe.

Sachez que l’optique de 45mm est le rapport le plus proche de la diagonale du film 24×36, soit 41,3mm. C’est aussi celle qui se rapproche le plus de la visée humaine, le 35mm étant plus large et le 50mm plus étroit.

Il fait partie des « Gold Mechanica » avec son G doré, qui atteste que les contacts internes sont dorés à l’or fin, pour assurer de meilleurs contacts électriques et les garantir de l’oxydation.

Si la pile TR 164 n’existe plus – et heureusement, elle contenait du mercure ! – vous pouvez la remplacer par un petit bricolage qui vous donner du 6v, mais parfaitement « encaissé » par la cellule : une CR123 à laquelle vous ajoutez 2 LR44. Cela fonctionne très bien et vous coûtera bien moins cher que certains adaptateurs vendus près de 10€ ! La cellule est une CdS très performante.

Rappelez-vous c’est un appareil avec un obturateur électronique qui permet des vitesses de 1/500ème à 30 secondes,  et un fonctionnement semi automatique (priorité ouverture) non débrayable. Quoique la position flash 1/30s ou la pause B puissent être considérées comme des modes manuels, restreints il est vrai.

Je reviens encore un instant sur son système semi-automatique de priorité à l’ouverture : vous choisissez uniquement l’ouverture et l’appareil règle automatiquement la vitesse ce qui rend le fonctionnement de l’Electro 35 vraiment enfantin. Et redoutable en photo de rue, même en soirée, à main levée, grâce à son ouverture de f1,7.

Concrètement, comment ça marche ?

Vous choisissez avec la bague de l’objectif l’ouverture désirée, vous visez, et vous appuyez sur le déclencheur … c’est tout !

Ce qui peut être déconcertant, c’est que si tout est bon, vous ne verrez rien se passer sauf à entendre le léger clic du déclencheur.

Par contre, si l’ouverture que vous avez choisie est trop faible ou trop grande et que l’appareil ne peut pas compenser l’ouverture par un temps d’exposition adéquat, soit la diode jaune « slow » (lent) ou rouge »over » (au delà) s’allumera dans le viseur et sur le capot.

Donc, lumière jaune = ouverture trop petite (donc un « f » grand, f11 par ex.) : l’appareil passe sous le 1/30sec et le risque de flou de bougé est important. Il vous faut ouvrir plus grand ( un « f » plus petit, f2.8 par ex.)

Si la lumière est rouge = risque de sur-exposition (un « f » trop petit, f1.7 par ex.) et là vous devrez diminuer la lumière qui entre dans l’objectif en fermant le diaphragme (passer de f1,7 à f11 par ex.).

L'ouverture choisie ici est trop petite (grand F/) et l'appareil doit donc choisir une vitesse trop lente ("slow"), ce qui générera du flou.

La limitation de la vitesse à 1/500sec vous obligera à utiliser des films lents pour les journées ensoleillées mais – avec un film « normal » de 200 Asa – dès le crépuscule, il est royal.

Il est conseillé de ne pas descendre sous le 1/60 sec à main levée, pour éviter les flous de bougés. Et si vous deviez travailler au 1/30sec, ayez un trépied ou – au pire – une assisse solide.

Un petit truc que j’ai relevé sur le site « 35mm ethnochraphy » : … On ne peut pas choisir sa vitesse mais il y a cependant une astuce si on veut régler la vitesse et non l’ouverture. Il faut fermer le diaphragme jusqu’à ce que « slow » apparaissent dans le viseur, ça signifie que l’obturateur s’est réglé à 1/15s. En ouvrant d’un cran, il passe à 1/30s. Deux crans, 1/60s. Et ainsi de suite. Si vous voulez faire un filé sportif avec un arrière plan flou, par exemple, il faudra donc ouvrir en conséquence (ne pas trop ouvrir pour que l’obturateur soit relativement lent) ».

Bon marché et facile, je pense pouvoir dire que c’est l’un des meilleurs compacts d’initiation au genre télémétrique.

Au niveau des prix, les GSN/GTN atteignent des prix fous (et c’est dommage). Par contre, un Electro 35 G se négocie encore autour des 30€- ce qui est très bien.

Si vous en voyez un sur un site de vente ou sur une brocante, vérifiez comme toujours si la trappe des piles n’est pas oxydées, si l’objectif est fluide, s’il arme et déclenche (même sans pile, rappelez-vous mais limité au 1/500sec), si le loquet d’ouverture du dos fonctionne, ou la molette de rembobinage (selon les modèles) et si la porte arrière n’est pas gauchie (risque de fuite de lumière).

Si tout est OK, faites vous plaisir, c’est un excellent investissement et – surtout – un excellent compagnon.

source : :Collections-appareil, Alpha 1969.

Pour mémoire, les caractéristiques :

  • Obturateur Copal Auto qui assure un automatisme à priorité à l’ouverture
  • Vitesses de 30 secondes à 1/500eme de manière linéaire (ce qui veut dire que toutes les vitesses sont possible, pas seulement par fraction, l’exposition est donc très précise).
  • Objectif Yashinon DX 45mm ouvrant à f1,7, avec 6 lentilles en 4 groupes.  

Petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est ICI (il s’agit de l’Electro 35 premier du nom mais il est plus proche du G qu’un GS ou un GTN)

Et si vous deviez faire quelques travaux

Les références (toutes celles de l’article sur l’Electro 35 GTN, plus) : http://www.yashica-guy.com/document/chrono.html en anglais, https://35mmethnography.wordpress.com/2014/12/15/le-yashica-electro-35-g/, http://rangefinder.free.fr/Electro35GSN.html en français

Argentique

Le Fujica Half

Ah, vous dire le bonheur de retourner sur des brocantes !

Depuis le 08 mai 21, elles peuvent de nouveau être ouvertes au public, pour autant que ce soient des professionnels qui vendent (pourquoi ? Monsieur et Madame tout le monde sont plus contagieux ? … décidément les décisions de nos sinistres ministrables sont bien obscures !)

Et donc, nous avons pu humer le pavé frais et pluvieux de ce dimanche 23 mai.

Il n’y avait pas beaucoup de vendeurs mais la foule était bien présente, preuve que ce passe-temps était bien attendu.

Armé, discrètement, de mon Lomo, j’en ai profité pour faire quelques essais.

Puis, au détour de deux échoppes, j’ai trouvé de quoi occuper nos longues soirées pluvieuses : un Mikon MV-35 tout neuf, dans sa boîte et celui qui nous occupe, le Fujica Half.

Précisons d’emblée qu’un appareil demi ou half (in english) est un appareil dit « demi-format », c-à-d. que le format de la photo sera la moitié d’un format normal en 24×36, avec la conséquence immédiate que vous ferez deux fois plus de photos avec le même film. Soit 72 vues avec un 36 pauses classiques.

Le format utile était donc de 18x24mm, soit en horizontal ou en vertical (il faut y penser lorsque l’on tient l’appareil en main).

Bref, à l’époque où ces appareils sont sorti, vous pouviez faire vos vacances avec moins de films dans la besace … mais pour les « petits photographes », il fallait terminer le film … et 72 vues, c’est (parfois) long !

Le Fujica ne fut pas seul, citons en vrac les Canon demi (dont le fameux demi EE17 avec un objectif ouvrant à f1,7), Canon Dial 35, Olympus Pen EE-2, Olympus Pen EE-3, Olympus Pen F (un reflex celui-là), Olympus Pen FT, Olympus Pen FV, Yashica Half 17 Rapid (ici aussi un objectif de f1,7), Braun Paxette 28 BC, Penti II.

J’en oublie sans doute, mais ils sont sortis aux alentours des années soixante.

Pas vraiment par hasard car nous pourrions dire qu’il s’agit d’un âge d’or de la photographie argentique, celui de la photographie familiale, abordable au plus grand nombre bien que le film couleur fut encore assez cher, en tout cas par rapport au N/B, le grand standard. C’est ce qui a décidé quelques fabricants de passer au demi-format, qui permettait plus de photos sur un même film, avec la garantie d’un très bon rendu même en impression standard (10×13 ou 10×15).

Le prix du film couleur diminuera progressivement, son utilisation augmentant régulièrement. Vers la fin des années soixante, les appareils « plein format » reprenait la main et les demi disparaissaient du paysage.

S’ils ont connu une vie relativement courte (plus ou moins 10 ans), ces appareils ont été très bien vendus, leur facilité d’utilisation et leur compacité ayant régalé de très nombreux utilisateurs. Ils ne sont donc pas rares et leur prix devrait rester raisonnable, d’autant que leur cellule, souvent au sélénium, n’a pas toujours su traverser le temps. Ça ne les rend pas inutilisables mais vous perdez un de leur attrait. Tenez en compte en cas d’achat.

Bref, au moment où Canon se lance sur le marché des demi-formats (1963) pour concurrencer l’Olympus Pen, qui fait un carton, Fuji en fait de même. D’ailleurs, en y regardant bien, le Canon Demi et le Fuji Half se ressemblent esthétiquement

Bien sûr, ils proposent des caractéristiques techniques et une utilisation très proches (pourquoi réinventer la roue ?).

Enfin, sachez qu’en 1964, Fujica a lancé un modèle avec moteur, ou plutôt avec un gros ressort à remonter, qui servait de moteur, le Fujica Drive

Bien qu’il soit de petite taille, l’appareil est « dense », on le sent bien en mains.

Ce qui frappe, c’est sa compacité, accentuée encore par un objectif que je qualifierais de « pancake » tellement il est « court ». Celui-là, vous le mettrez dans un (petit) sac sans problème, voire même une poche (solide quand même).

C’est du costaud. Sur l’exemplaire que j’ai trouvé sur la brocante, outre la poussière habituelle dont j’ai dû le débarrasser, je n’ai à déplorer que la fêlure de la vitre qui couvre le viseur, mais sans occasionner la moindre gêne (sauf esthétique pour les plus tatillons).

Revenons un instant sur l’objectif, un Fujinon 28mm ouvrant de f2,8 à f22 en 5 éléments. La distance de mise au point minimale est de 60cm jusque l’infini. Vous réglez la distance sur l’objectif mais il faut savoir que c’est une focale qui pardonne beaucoup les mises au point approximatives et donne, généralement, d’excellents résultats.

Le viseur est confortable, même s’il ne propose pas de correction de la parallaxe lors du réglage de la distance mais il propose de voir la vitesse d’obturation retenue lorsque vous êtes en automatique, sur une échelle à gauche du viseur (pour autant que la cellule fonctionne toujours, ce qui est le cas pour mon exemplaire). Son cadre, bien délimité, permet de viser très correctement le sujet.

source : https://www.mikeeckman.com/2018/05/fujica-drive-1964/

Etant donné la faible vitesse des films couleur de l’époque, la cellule en dépasse pas les 200 Asa et les vitesses vont du 1/30, 1/60, 1/125 et 1/300sec, largement suffisant pour la plupart des prises de vue. C’est avec un petit sélecteur à l’arrière de l’appareil que vous réglez la sensibilité de la cellule.

Soit vous utilisez l’appareil en tout automatique, soit vous optez pour les réglages manuels. En tout automatique, le posemètre fixe la combinaison ouverture / vitesse et l’affiche dans le viseur. En mode manuel, les deux paramètres peuvent être fixés indépendamment.

La cellule est un luxmètre au sélénium, qui repose sur la réaction chimique (photovoltaïque) que l’élément sélénium a avec la lumière. Puisque le compteur Selenium produit sa propre charge électrique, il n’y a pas besoin de batterie ! Malheureusement, ces compteurs ont généralement près de 60 ans, et à cet âge, le câblage se corrode, l’électro-aimant qui lit le courant du compteur s’use, etc. A vérifier donc au moment de l’achat. Sachez que les appareils tenus dans le noir (un petit sac ?) et dans de bonnes conditions ont plus de chance de garder une cellule en état. Gardez cela en mémoire et protégez le vôtre dans une pochette.

Vous aurez découvert le compteur de vue, sous la semelle (mais bon, avec 72 vues, on ne le regarde pas souvent, … sauf si on trouve le temps long !).

Le déclencheur est un peu ferme, même s’il est relativement peu bruyant. attention au flou de bougé en vitesse lente.

L’ouverture du dos se fait avec le verrou sur la tranche. Les mousses sont à vérifier (normal à cet âge là).

En résumé, malgré sa petite taille, le Fujica Half regorge de nombreuses fonctionnalités, notamment l’exposition automatique à priorité ouverture, avec commande manuelle complète et un excellent objectif Fujinon f/2.8 à 5 éléments

Un autre attrait de ces petits appareils est de vous permettre de raconter une histoire différemment. En effet, en combinant deux prises de vue sur la même surface de pellicule, vous pouvez montrer deux aspects différents ou complémentaires de votre vision. C’est un exercice de style qui rend aussi ce type d’appareil intéressant. Je vous invite à aller voir ICI pour comprendre mon propos.

Quelques données techniques :

  • Obturateur Seikosha-L 1/30-1/300 + B
  • Objectif Fujinon 28 mm f/2,8, 5 éléments, enduit, filetage de filtre 22,5 mm
  • Zone Focus, avec une mise au point rapprochée à 0,6 m
  • Ouverture : f/2.8 – f/22 arrêts de clic complets
  • Mode Auto qui sélectionne un combo ouverture et obturateur couplés. (Contrôle manuel complet de l’ouverture et de l’obturateur possible.)
  • Levier d’armement rapide.
  • Synchro flash X avec sabot mais sans contact central.
  • Taille de l’image ‘Half-Frame’ 12x18mm, 72 images d’un film standard 135/36.

Une video de présentation

Des exemples de photos prises avec cet appareil à voir LA

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Quelques références : https://ohnowhatdidisay.wordpress.com/2013/10/21/fujica-half-the-snapshot-ace/, https://thegashaus.com/2018/05/12/fujica-half/, https://www.halfframeclub.com/fujicahalf.html, https://lensebender.org/2016/02/01/fujica/, https://www.filmshooterscollective.com/analog-film-photography-blog/fujica-half-review-3-5, en anglais, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-5849-Fujica_Half.html en français

Tiens, et si vous deviez réparer le vôtre, une petite vidéo utile