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Le Minolta Dynax 5

Moi j’aime bien ces entreprises qui refusent de baiser les bras alors que les carottes commencent à sentir le roussi …. et Minolta nous a fait quelques beaux barouds d’honneur, dont cet excellent Minolta Dynax 5

Comme l’Eos 300, son unique vrai concurrent, il est sorti au seuil des années 2000 (en juin 2001 pour être précis) au moment où le numérique commençait à prendre pied et à rendre les photographes schizophrènes : fallait il renier l’argentique et passer au numérique, ou attendre encore un peu …

Notez qu’aujourd’hui, l’histoire (comme d’habitude) se répète : je garde ma voiture atmosphérique ou je passe à l’électrique ?

Bon, je m’éloigne du sujet …

Donc, ce Dynax 5 (ou Maxxum 5 dans les Amériques, α-Sweet II au Japon et α-5 en Chine, vous êtes habitués maintenant) est un condensé de technologies dans un (tout) petit boitier, sympa et léger. Il a même embraqué des fonctions de son illustre prédécesseur pro, le Dynax 7, mais …. trop tard !

Ce Dynax est le troisième de la série à un chiffre : il y eut le 9, le 7 et lui. Et il a introduit des changements de conception qui ont permis de substantielles économies. Par exemple, les réglages par bouton-poussoir et par cadran ont remplacés les cadrans et commutateurs dédiés des 9 et 7. La molette de fonction, à gauche, permet de sélectionner de nombreuses fonctions puis de les modifier par appuis sur un bouton et en déplaçant la molette de commande.

Cette molette de commande est montée verticalement, sur la face du boitier, facilement accessible.

L’appareil est en polycarbonate, léger et solide, avec une finition chromée satinée qui lui donne fière allure. Ergonomiquement, nous ne sommes pas loin du sans faute, la préhension est très bonne.

Même s’il est l’entrée de gamme de la bande, il embarque ce que ses prédécesseurs avaient de mieux mais en simplifiant la vie des photographes amateurs exigeants auxquels il était destiné.

Par exemple, il dispose toujours de 14 paramètres personnalisés, le point de mise au point est en forme de croix, les modes de programmations se règlent via la roue (PSAM), la correction de l’exposition par 1/2 incréments est toujours là, la synchro flash est au 1/125s, la vitesse d’obturation est exceptionnellement élevée et elle atteint 1/4000s.

La mesure de l’exposition se fait sur un nid d’abeille à 14 segments et elle est très performante, Minolta étant réputé pour la précision de ses cellules.

L’autofocus est extrêmement rapide, les testeurs de l’époque n’arrivaient pas à le départager avec le Dynax 7, réputé le plus véloce de l’époque.

Une particularité que j’aime bien, c’est la possibilité de « piloter par l’œil » le ou les collimateurs et ici, il a même la fonction de mettre l’appareil en opération sans que vous deviez toucher le déclencheur, dès que vous le portez à hauteur de vos yeux (pour autant que le curseur principal soit sur ON). Il y a de fait deux « contrôles » pour que l’autofocus se mette en route : le détecteur oculaire prés de la fenêtre du viseur et des contacts qui sont dissimulés dans la poignée. Efficace et rapide.

Personnellement j’aime bien cette fonction que vous ne trouverez pas souvent. Elle a été initiée par le Canon Eos 50e et est encore sur l’Eos 30

Le viseur a aussi droit à toute notre attention : bien que l’appareil fut petit et compact, celui-ci est très net et lumineux. Comme le Canon Eos 300, il possède plusieurs indicateurs de mise au point mais ici il vous indique celui sur lequel il se focalise (l’indicateur d’autofocus s’allume en rouge lorsqu’il est actif). Toutes les informations sont reprises sur l’écran sur le capot.

Et surtout, cet appareil est un des premiers à vous permettre de tout personnaliser « à votre main ». Par exemple, si vous n’aimez pas que le boitier fasse bip quand il a mis au point, vous pouvez l’éteindre; si vous n’avez pas envie de la fonction pilotage par l’œil (Eye-start), vous pouvez la débrancher; si vous n’aimez pas avoir plusieurs points de focalisation dans votre viseur, vous pouvez lui demander de n’en indiquer qu’un, au centre.

Bref, à peu près toutes les fonctions de l’appareil peuvent être personnalisées … mais vous devrez passer par la lecture du manuel pour savoir comment faire (mais ça, nous en avons l’habitude avec nos « usines à gaz » modernes).

Enfin, si vous vous lassez de certains réglages non pertinents, un appuis sur le bouton « P » réinitialise tout par défaut mais conserve vos paramètres personnalisés.

Petit détail amusant, le verrou de sécurité sur la porte arrière est déplacé à droite du boitier et la charnière de celle-ci est à gauche.

Résumé des caractéristiques du Dynax 5 :

  • obturateur à plan focal à déplacement vertical contrôlé électroniquement pour des vitesses de 30s à 1/4000s, plus une pause B
  • synchronisation du flash au 1/125s et possibilité de synchronisation plus lente si besoin; flash intégré automatique, débrayable
  • flash intégré peut commander des flashs déportés
  • retardateur de 10 seconde
  • cellule photodiode en silicium en nid d’abeille à 14 segments
  • roue codeuse PSAM : mode programmes (modes scène pour portrait, paysage, gros plan, sport, portrait de nuit), priorité à ‘l’ouverture, priorité à la vitesse, exposition manuelle
  • mise au point automatique TTL pour sujet fixe ou sujet en mouvement (mise au point en continu); mise au point manuelle possible
  • braketing d’exposition
  • autofocus à système à détection de phase à travers l’objectif (TTL) à capteur CCD croisé. Modes automatique et manuel
  • lecture de la sensibilité du film (codage DX) de 25 à 5000 Iso, qui peut être réglée manuellement et modifiée de 6 à 6400 Iso. Si le film n’est pas codé, le boitier reprend les Iso du dernier film chargé (y faire attention)
  • chargement et transport du film motorisé, rafale possible à 3 images/seconde
  • rembobinage automatique en fin de film, avec la possibilité de rembobiner en « mid-roll » (c.-à-d. bobine entamée) manuellement si besoin
  • double compteur de vues : au dessus pour l’avance du film et en dessous pour le rembobinage
  • alimentation par deux piles CR2

Franchement, que désirer de plus ? Vous avez là un super appareil qui, s’il n’était pas le haut de gamme de la marque à l’époque, vous proposait le meilleur de ce dont était capable Minolta. Et si vous avez lu les articles précédents sur la marque, ils étaient très bons.

Si je n’avais pas mon parc d’objectifs chez Canon, c’est ce Dynax 5 que je prendrais pour mes sorties « sans soucis » en argentique.

Autrement dit, si vous voulez découvrir le monde de l’argentique avec un appareil qui vous en donnera largement pour votre argent, n’hésitez pas, ce Dynax 5 est le meilleur choix.

D’autant que le parc optique est vaste et large en monture Alpha (pour rappel, toujours utilisée par Sony)

Vous avez la légèreté, la compacité qui vous donne envie de le sortir partout; ses capacités qui couvriront toutes vos envies photographiques, son large choix d’optiques de qualité et abordables.

Là, vous n’aurez plus aucune excuse pour ne pas le prendre.

Allez, un dernier argument : son prix. Comptez moins de 50€, avec un objectif !

Honnêtement, parfois je ne comprends pas pourquoi certains « nouveaux photographes » – entendez par là ceux qui s’initient à l’argentique – veulent à toute fin commencer par un appareil école des années septante, qui risque de les décevoir car ils ne maitrisent pas encore les fondamentaux, alors qu’il existe, comme ici, des boitiers fantastiques qui leur donneront envie d’aller plus loin et d’éprouver de grandes satisfactions.

A méditer…

Des publicités de l’époque :

https://i2.wp.com/www.collection-appareils.fr/gestion_catalogue/images/1558379368.jpg?w=695
source : Collection-appareils, Camara novembre 2001

Petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Quelques références : https://www.danstacuve.org/test-minolta-dynax-5/, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-7165-Minolta_Dynax%205.html en français, http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_Dynax_5, http://www.virtualtraveller.org/dynax5review.htm, https://www.35mmc.com/02/10/2020/minolta-dynax-5-dynax-60-review/en anglais

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