Argentique

Le Canon 1000F/1000F N

Après quelques appareils tout manuels, automatiques ou semi-automatiques, je reviens à un appareil (enfin deux, mais quasi identiques) doté de l’autofocus, ce qui simplifie encore la prise de vue.

Ne nous y trompons pas, (re)découvrir l’argentique peut se faire de deux manières : soit la méthode « puriste » en reprenant la manipulation d’appareils anciens (mais pas trop, disons autour des années septante à quatre-vingt – en dessous de ces années là, c’est l’esthète qui parle), soit la méthode « moderne » en utilisant des appareils somme toute forts proches de ce que nous connaissons aujourd’hui en matière d’ergonomie, de commandes, voire de réutilisation de matériel (les objectifs notamment).

Il n’y a pas de bonne ou mauvaise façon de procéder, toutes les deux sont valables et le photographe pourra à son rythme passer de l’une à l’autre, pour le plaisir, finalement la seule chose qui compte dans la démarche.

Voilà, ceci étant dit, revenons à notre Canon 1000F (ou Eos Rebel S pour les USA). Cet appareil à vu le jour en 1990 et il fut très populaire parce que léger (500gr avec la batterie), acceptant tous les objectifs EF de la marque et très complet sous un abord simplifié.

Simplifié aussi en terme de construction car les ingénieurs de Canon ont réussi à réduire de près de 40% le nombre de pièces internes (557 pièces pour l’Eos 630 contre 362 pour l’Eos 1000F). Il est construit en plastique renforcé, y compris pour la baïonnette, ce qui a permis de contenir les coûts sans sacrifier à l’agrément de l’appareil. Cette philosophie a permis à Canon de prendre une place de leader dans ce marché très concurrentiel et à ses clients d’entrer dans un système photographique en expansion rapide.

Simplifié ne veut pas dire simpliste, jugez plutôt :

L’appareil photo comprend à la fois l’AF One-Shot (AF = auto focus, ici pour sujet peu mobile) et l’AF prédictif AI Servo (autofocus pour les sujets mobiles). Avec les modes de contrôle de l’exposition en AE (AE = mémorisation de l’exposition) avec priorité à la vitesse d’obturation (TTL = à travers l’objectif), AE avec priorité à l’ouverture (TTL), programme intelligent AE, profondeur de champ AE et mesure manuelle.

Il propose également un flash, qu’il faut sortir manuellement mais synchronisé (TTL).

Et il propose cette petite astuce que personnellement je trouve géniale, le pré-bobinage de la pellicule au chargement, ce qui signifie que seule la pellicule non exposée pourrait être détruite en cas d’ouverture intempestive du boitier, les photos prises étant remises dans la bobine au fur et à mesure des prises de vue.

Tant qu’à parler du chargement, d’ailleurs, pas de panique : vous ouvrez le dos de l’appareil, tirez l’amorce du film jusqu’au trait orange et vous refermez le tout. Le boitier se charge de lire le codage DX (sensibilité) du film, l’enroule autour de la bobine réceptrice, et vous voilà prêt pour la première photo.

Généralement fourni avec un 35 – 8Omm f4 – 5,6, il vous permet d’entrer de plein pied dans l’univers de la photo, sans rougir.

Et il nous propose quelques innovations : les 10 symboles picturaux « iconisés » sur la molette de commande pour définir les divers modes de fonctionnement. Ceux-ci servent de référence facile même aux débutants en photographie. Bien que la fonctionnalité ait été trouvée plus tôt avec l’EOS750 / 850, l’EOS 1000 F propose des options beaucoup plus flexibles .


Notamment les modes d’exposition suivant : Programme (décalable), 4 programmes résultats, priorité vitesse, priorité ouverture, manuel, DEP (une manière de déterminer deux points nets dans une photo), TTL au flash.
La mesure est multizone (3) ou sélective, ou intégrale avec prédominance centrale en manuel.
L’autofocus est utilisable en mode « one shot » ou « Ai Servo » (en continu)

Quoique considéré comme entrée de gamme, finalement ce boitier était mieux équipé que les précédant Eos 650, Eos 750/850.

L’obturateur électronique à plan focal à déplacement vertical fonctionne à partir de 30 secondes. – 1/1000 sec. + B, avec synchronisation X jusqu’à 1/90 s via une griffe porte-accessoires adaptée au flash à exposition automatique TTL de Canon (les flashs série EX). L’alimentation est fournie par une batterie 2CR5 6v.

Donc, même s’il s’agissait de l’entrée de gamme de chez Canon à l’époque, il dispose tout de même de tout ce dont nous avons besoin pour faire de bonnes photos:

  • une cellule moderne et fiable (pour mesurer le lumière de façon précise)
  • tous les modes automatiques et manuels dont on peut rêver

Que pourrait on lui reprocher ?

Sa baïonnette en plastique ? Franchement, 30ans plus tard, je n’ai pas noté la moindre déformation sur l’exemplaire en ma possession. Soyons réaliste, si vous voulez monter dessus un 1200mm, fixez le avec le collier du téléobjectif sur le trépied et vous n’aurez jamais le moindre soucis.

Sa vitesse limitée au 1/1000s ? A moins d’y mettre un film très rapide pour photographier en plein soleil, vous n’aurez jamais la moindre difficulté pour faire face à la quasi totalité des conditions de prises de vues.

Il n’est pas tropicalisé ? Ben non, il faut juste prévoir un carré de micro-fibres avec soi en cas de sortie humide et, comme pour tous les appareils, le protéger de la pluie battante.

Tiens oui, si je devais faire une remarque, c’est par rapport à la bague de commandes, que je trouve un peu fine (mais bon, j’ai des soucis de préhension parfois).

Et si réellement vous vous sentez limité, optez pour le Canon Eos 1000F N, sorti en 1990, à la suite de celui-ci.

Qu’a t’il de plus ? Pas grand chose … enfin, si : l’obturateur gagne en vitesse, de 30s à 1/2000s plus pause B, la plage de sensibilité évolue de 6 à 6400 Iso, l’autofocus est un poil plus rapide… et c’est tout.

Voilà. C’est encore un des boitiers école dont je parle souvent. Les modes scènes vous permettent d’appréhender toutes les situations de prises de vue et surtout, de vous familiariser avec les réglages préconisés. Ensuite, vous pouvez passer en mode P, où vous pourrez reprendre la main sur les réglages proposés. Mais en bénéficiant d’un autofocus déjà performant et précis.

Bref, une machine toute simple, qui a ravi des milliers de photographes en son temps et qui ne demande qu’à remettre le couvert.

Et si nous parlions prix ?

C’est un appareil qui doit se négocier, avec son objectif 35 – 80mm sous les 40€ (entre 20 et 40€ selon l’état cosmétique et les éventuels accessoires). En ce qui concerne le Eos 1000F N, pas de panique, les prix sont les mêmes.

Les données techniques du Canon Eos 1000F

Appareil photo à mise au point automatique SLR (reflex à objectif unique) à obturateur à plan focal fixe avec multi-modes, exposition automatique et entraînement par moteur intégré.
Objectif zoom standard normal: EF 35-80 mm f4-5,6
Monture d’objectif CANON EF
Système autofocus TTL-SIR AF. AF one-shot, mise au point manuelle, sélection automatique de l’autofocus one-shot / autofocus prédictif Al servo.
Obturateur à plan focal à déplacement vertical contrôlé électroniquement. Vitesses de 1/1000 s. à 30 sec. et bulb. (par incréments de 1/2 pas), synchro flash à 1/90s
Viseur par pentaprisme fixe . Grossissement de 0,75x et couverture de 90%.
Plage de vitesse du film: ISO 25 à 5000 automatiquement réglé par incréments de 1/3 selon le code DX, réglage manuel possible
LCD externe: vitesse d’obturation, réglage de l’ouverture, vitesse du film, indicateur de film chargé, compteur de vues, nombre d’expositions multiples, niveau d’exposition, profondeur de champ AE Retardateur électronique intégré de 10s (avec bip).
Compensation d’exposition ± 2 niveaux (par1/2 incréments)
Dimensions: 148,0 mm x 99,8 mm x 69,0 mm
Poids: 500 g (avec batterie)

Une petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est ICI

Et n’oubliez pas que tous les appareils testés ici sont en vente LA

Quelques références : http://camera-wiki.org/wiki/Canon_EOS_1000, https://global.canon/en/c-museum/product/film145.html, http://www.mir.com.my/rb/photography/hardwares/classics/eos/eoscamera/EOS1000FRebelS/ en anglais, https://www.mes-appareils-photos.fr/Canon-EOS-1000F-N.htm, http://35mm-compact.com/reflex/canon.htm, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1539-Canon_EOS%201000F.html, http://35mm-compact.com/forum/viewtopic.php?t=44356 en français

Argentique

Le Praktica LLC

Etonnant, en mettant de l’ordre, je retombe sur cet appareil, que j’allais oublier, un Praktica LLC et son objectif Pentacon electric 135mm f2,8.

Franchement, c’eut été impardonnable car cet appareil présentait une première mondiale, à savoir le couplage boîtier / objectif électrique.

On raille souvent la marque pour son aspect austère et assez peu « sexy », mais ils ont quand même présenté quelques belles avancées technologiques en leur temps.

Cette monture électrique, et les objectifs créés spécialement, permettait de passer astucieusement à la mesure TTL (à travers l’objectif) sans devoir modifier la monture, car Praktica gardait son principe d’objectif à viser (M42). Trois contacts électriques sont encastrés dans le pourtour de la monture et trois points de contacts sont sur l’objectif.

De ce fait, les objectifs non « Electric » peuvent toujours être utilisés sur ce type de boîtier. On ne perd donc pas sa clientèle !

Pour assurer la liaison avec le boitier, vous devez déplacer un curseur sur le collier de l’objectif (A = auto ou M = manuel) et sur le boitier, vous devez mettre le curseur sur la couronne de rembobinage sur le point blanc (le point noir c’est lorsque vous utilisez les objectifs non électriques). Dès lors, les informations d’ouvertures sont envoyées au calculateur de l’appareil, couplé à la cellule. Cellule que vous activez en pressant à mi-course le déclencheur. Celle-ci est sensible de 12 à 1600 Asa.

Mais revenons au début. Le Praktica LLC fut présenté en décembre 1969 et vendu jusqu’en décembre 1975, produit à 176.697 exemplaires. C’est un appareil fabriqué par le VEB Pentacon, à Dresde.

Outre sa « première mondiale », l’appareil est construit pour durer : (presque) tout en métal, avec un obturateur à rideau métallique performant (plan focal vertical), un miroir éclair.

Et des petits détails de « confort » comme par exemple le déclencheur, toujours placé en façade, incliné, que l’on peut tourner (petit point noir de repère) pour le bloquer et éviter ainsi accidentellement de déclencher l’appareil armé.

Il y a encore ce petit rappel discret dans le viseur (un triangle latéral), sur la gauche, qui vous indique si l’obturateur est armé ou non.

Bien que l’appareil nécessite une pile, destinée à alimenter la cellule et le mécanisme de couplage, il est toujours possible d’utiliser l’appareil, en tout manuel, même sans celle-ci.

Notons encore le système de chargement simplifié du film (le système PL) : la bobine réceptrice possède deux barres à ressort qui fixent le film lorsqu’il tourne, un peu comme une barre de sécurité dans les attractions à sensations. Il suffit d’aligner les encoches du film avec les pignons d’entrainement, d’enrouler un peu l’amorce et de refermer le dos de l’appareil.

Le viseur, grand et clair, est relativement dépouillé, j’en conviens, mais ça évite d’être distrait par des tas de « machins » : à gauche donc, le témoin d’obturateur armé, à droite, l’aiguille de la cellule qui doit s’inscrire dans un rond lors de l’ajustement, au centre, un grand rond en dépoli et microprismes pour assurer la mise au point, c’est tout. Simple et efficace.

Citons encore un retardateur d’environ 10 secondes, un compteur de vue qui se remet à zéro automatiquement, un ré armeur avec une position rapide et nous aurons fait le tour. L’appareil est complet, facile et efficace, que demander de plus ?

Quelques données techniques :

Objectifs : série « Electric » de Pentacon ou les objectifs à vis M42
Vitesses d’obturation B, 1s -1 / 1000s, synchronisation du flash à 1/125s ou 1/30s pour les anciens flashs
Viseur SLR (verre dépoli, spot microprismatique)
Exposition TTL avec celule CdS. Mesure TTL utilisant la simulation électronique de l’ouverture pour la mesure à pleine ouverture (avec les objectifs électriques) ou la mesure arrêtée avec des objectifs non électriques
Paramètres ASA 12-1600
Batterie d’origine PX21 4.5v, introuvable et qui demande un petit bricolage
Déclencheur frontal (active la cellule à mi-course)
Verrouillage de l’obturateur
Griffe flash sur le prisme

Que retenir de ce Praktica LLC si vous en trouvez un demain ?

S’il n’est pas « raffiné », il ne vous décevra pas parce qu’il a été conçu pour être solide et durable, toujours utilisable, avec ou sans pile. La gamme d’objectifs, électriques ou « classiques » est vaste et de qualité, vous aurez le choix.

A quoi vaut il faire attention ? La pile, une PX 21 de 4,5v qui n’existe plus devrea être remplacée par un bricolage à la porté e de tous : une CR123 plus un ressort (fait avec un fil de fer de 0,5mm), une rondelle en métal plus une pile LR44 entourée d’un joint torique ou – si vous en avez une sous la main, une PX 625. Vous avez la longueur et le voltage adéquat (4,5v)

Normalement le dos est étanche à la lumière sans rien faire, mais vérifiez avec un premier film « test » s’il ne faut pas ajouter des mousses fines (1,5mm).

Comme je l’écris souvent, c’est un parfait appareil école. Son prix devrait être de 50€ avec un objectif, sauf si …

… je vous donne un truc de filou (si, si …) : si vous en trouvez un en vide grenier, en brocante, etc. il y a fort à parier que le vendeur ne connaisse pas l’appareil. Ouvrez le pour vérifier que les lames de l’obturateur ne sont pas abîmées, que le compartiment à pile ne contient pas de traces d’oxydation, armez le et faites semblant de rien, mettez le bouton du déclencheur – discrètement hein ! – sur la position de sécurité (1/4 de tour en sens horaire en regardant l’appareil du dessus) et déclarez que vous voulez bien le prendre pour pièces car … il ne déclenche pas (ou une fois sur deux si vous n’avez pas su le bloquer tout de suite).

Oui, je sais, c’est pas bien, mais faut trouver des astuces pour se payer l’appareil (j’ai – à peine – honte) de ses envies.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Quelques références : https://www.philcameras.be/collection/collectionm/opqr/prakticam.html, https://fr.wikipedia.org/wiki/Praktica, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1252-Pentacon_Praktica%20LLC.html en français, http://camera-wiki.org/wiki/Praktica_LLC, http://mattsclassiccameras.com/slr/praktica-llc/, http://praktica.planetaclix.pt/M42.html, http://www.praktica-collector.de/173_Praktica_LLC.htm en anglais

Argentique

Le Ricoh KR-5

Parce que je veux être cohérent avec mon article précédant, je continue mes explorations d’appareils intéressants et qui ne doivent pas coûter, objectif compris, plus de 50€.

Appelons ça « ma » croisade contre les prix fous que l’on voit ces derniers temps …

Et donc, aujourd’hui, je vais vous présenter un appareil qui a eu pas mal de succès dans les années quatre-vingt, le Ricoh KR-5.

Celui-ci fut présenté à la PMA de Chicago en 1979, en même temps que le Richo FF-1 (un tout petit compact, très – trop ? – semblable au Minox 35).

Il est issu de la série XR (il s’appelle d’ailleurs XR-500 au Japon). Cette série utilise la monture K de Pentax, adoptée par Ricoh en 1977, qui voyait en elle la future monture trans-marques (ou monture universelle).

Le Ricoh KR-5 était le moins cher de la gamme, mais pas le plus pauvre. Il sera suivi par le KR-5 Super, le KR-5 Super II, etc.

C’est donc un appareil semi-automatique avec deux photocellules CdS à mesure TTL (c.-à-d. à travers l’objectif) à ouverture totale pour une lecture de la lumière moyenne pondérée centrale couplée aux vitesses d’obturation (que vous réglez avec le barillet des vitesses), la sensibilité des films (que vous indiquez avec la molette à gauche) et aux diaphragmes (que vous réglez sur l’objectif). La cellule est alimentée par 2 piles SR ou LR 44, très communes.

L’obturateur est un Copal métallique permettant des vitesses de 1/8 à 1/500s plus pause bulb. La vitesse de synchronisation du flash est le 1/60ème. Croyez moi, vous ferez face à la plupart des situations de prises de vue, sauf si vous mettez un Ilford Delta 3200 Iso pour photographier en plein soleil !

Petite particularité bien pensée, le levier d’armement est à deux positions : la première (à 30°) met sous tension le posemètre, la seconde permet l’armement. Lorsque le levier est rabattu, la cellule n’est plus alimentée (ce qui économise les piles) et s’il est contre le capot, vous ne pouvez pas déclencher l’appareil armé. Judicieux aussi pour économiser du film.

L’appareil était vendu avec un Riconar 55mm ouvrant à f2,2 mais, comme dit plus haut, toute la gamme des objectifs en monture K vous tend leur baïonnette !

Le viseur est clair, assez grand et sur le côté gauche, entre deux encoches, une aiguille qui monte et descend en fonction de la lumière reçue, le but étant de la stabiliser au milieu pour avoir une bonne exposition. Le stigmomètre (le rond brisé au milieu) est entouré de micro primes pour assurer la mise au point facilement

source : Mes appareils photos

Vous l’aurez compris, le Ricoh KR-5 est ce que j’appelle un appareil école qui vous fait entrer sans avoir besoin d’aspirines dans la famille des reflex argentiques.

Honnêtement, tout noir, il en jette avec son design sans prétention, fait pour durer et donner des sensations.

C’est un appareil reconnu pour sa fiabilité, ce qui en a fait l’appareil de pas mal de débutants, sans les contraindre à lire un mode d’emploi indigeste et inutile, ici on applique la bonne vieille règle du triangle d’exposition : sensibilité – vitesse – ouverture, à la main, avec l’aide judicieuse de la cellule pour vous permettre d’être au plus juste.

En résumé, les caractéristiques de l’appareil :

Monture d’objectif: baïonnette de type «  K  »
Obturateur à déplacement vertical à commande mécanique avec des vitesses de 1/8 à 1/500 seconde plus B (ampoule); La synchronisation du flash X était de 1/8 à 1 / 60e de seconde
Viseur: pentaprisme fixe
Mise au point par stigmomètre, lentille de Fresnel
Deux photocellules CdS, mesure TTL à ouverture totale pour une lecture de lumière moyenne pondérée centrale couplée aux vitesses d’obturation, aux sensibilités des film et aux ouvertures du diaphragme.
Gamme de vitesse de film: ASA 12 ~ 3200 (DIN 12 ~ 36)
Alimentation de la cellule par deux piles de 1,5 V (deux LR44)
Contact flash: contact «  X  » sur la griffe flash pour un flash électronique sans fil
Compteur de vue avec réinitialisation automatique.

C’est un boitier que l’on a plaisir à prendre en main, pas très gros, maniable et qui est attrayant dans sa robe noire. Sa monture permet de lui adjoindre quantité d’optiques de qualité si besoin

Si vous en trouvez un, partez avec lui si vous cherchez un premier appareil ou si vous voulez remettre le pied à l’étrier sans prise de tête.

Un mot encore sur le prix, je continue à défendre que cet appareil, comme ceux que je vous ai suggéré ces derniers jours, ne doit pas se vendre plus de 50€ avec un 50mm (celui d’origine ou un autre 50mm en monture K raisonnable). Vous trouverez d’ailleurs celui que je vous présente ici dans la rubrique à vendre à ce prix là, tout à fait fonctionnel.

Quelques photos d’illustration avec cet appareil ICI

Petite video d’illustration

pour bénéficier de sous-titres dans votre langue, aller sur paramètres, cliquez sur « anglais généré automatiquement », puis traduire automatiquement et choisissez parmi celles offertes

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Ricoh_KR-5, https://www.lomography.com/magazine/182234-my-fathers-camera-ricoh-kr-5, https://latedeveloper.blog/2018/03/20/the-ricoh-kr-5-slr-minimalism/, https://filmisback.blogspot.com/2014/06/ricoh-kr-5-super.html en anglais, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11186-Ricoh_KR-5.html, https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Ricoh/Ricoh_KR-5, https://www.mes-appareils-photos.fr/Ricoh-KR5.htm en français

Argentique

Agfamatic 2008

Tiens, j’allais l’oublier celui-ci, un Agfamatic 2008 que j’ai reçu, dans sa boîte d’origine, avec sa dragonne, un flipflash (entamé), le mode d’emploi, sa carte de garantie et … un film avec 9 photos déjà faites.

Si je regarde la lignée des Agfamatic, cet appareil est apparu sur le marché en 1975, soit 3 ans plus tard que le 4000 que je vous présentais il y a peu. Et il est considéré comme entrée de gamme.

Quoique il propose tout de même un « ‘téléobjectif » dont la mise au point sera fixée entre 1,2m et l’infini. Près du déclencheur, se trouve un petit curseur qui vous fait passer de l’objectif au téléobjectif en faisant glisser un complément optique devant ledit objectif. La focale passe du 26 au 43 mm (soit 55 et 90m en équivalant 24X36, pas mal !) et le viseur s’adapte au changement de focale

L’objectif proprement dit est un Colar Agnar de 26mm en 3 éléments ouvrant à f9,5. L’appareil travaille avec 2 vitesses d’obturation, le 1/50s et le 1/100s que vous réglez en sélectionnant l’image d’un soleil ou d’un nuage avec le curseur placé sur le dessus de l’appareil. Et si vous n’aviez pas assez de lumière, vous pouvez lui adjoindre une barre de flipflash.

Le « flipflash » est une barre en plastique, munie de lampes flash (10 en général) qui se déclenche au fur et à mesure. Dès que vous êtes à la moitié de la barre, vous la retournez pour terminer les flashs

Le viseur est toujours aussi lumineux, avec des marqueurs pour la parallaxe.

Rien de plus, rien de moins … et c’est ce qui fait le charme de cet appareil qui, pour être considéré comme entrée de gamme, n’en est pas moins sophistiqué. Je vous laisse découvrir la subtile mécanique qui se cache sous son habillage métal/plastique. Qui, soit dit en passant, à remporté le iF Product Design Award en 1974, comme quoi, il ne faut pas se fier aux apparences !


Comme le reste de la gamme, cet appareil est équipé du déclencheur Sensor et de l’armement Repitomatic.

Un mot sur ces deux termes :

Le Sensor, cette pastille orange, typique des appareils Agfamatic Sensor a été une petite révolution à l’époque de sa création. Les ingénieurs voulaient offrir un déclenchement sans vibration. Ils ont donc imaginé un bouton souple qui permet une tension délicate d’une partie en métal moulé. On peut déclencher en appuyant tout doucement sur le Sensor sans causer la moindre vibration contrairement aux anciens déclencheurs mécaniques sur lesquels il fallait « pousser » et qui risquaient de déstabiliser l’appareil lors de la prise de vue.

Le système d’armement Repitomatic, une autre idée géniale. Si vous vous souvenez de l’article sur le Minox B, le soucis principal était qu’une fois armé,vous deviez prendre la photo car si vous refermiez l’appareil sans le faire, la photo était « perdue » . Eh bien le système Repitomatic permet de faire coulisser l’une dans l’autre les deux parties du boitier, ce qui actionne un mécanisme qui fait avancer le film et arme l’obturateur. Et tant que vous n’aurez pas déclenché, vous pouvez refaire le geste, sans plus perdre la moindre photo !

En fait ce qui est passionnant avec ces appareils, c’est leur apparente simplicité qui les rend immédiatement utilisable, sans devoir lire un mode d’emploi à la limite : vous sortez l’appareil de votre poche, vous l’ouvrez, vous visez et déclenchez, puis « Ritsch-Ratsch-Klick » (le bruit du mouvement et du déclenchement) et vous recommencez.

Cette simplicité d’utilisation en a fait un cadeau tout trouvé pour des milliers d’enfants et d’adolescents, pour qui ce fut souvent le premier appareil photo.

Cette gestion très facile laisse la place à l’instantanéité propre aux enfants : ils voient quelque chose qui les amuse, les intéresse, leur paraît étrange ou beau, « Ritsch-Ratsch-Klick » c’est dans la (petite) boîte.

Et il n’y a pas que les enfants qui s’en sont servis, Bernard Plossu en a tiré un livre, intitulé Paris-Matic dans lequel il exprime sa joie d’utiliser quelque chose d’aussi simple et intuitif.

Tout est-il parfait dans ce monde là ?

Non car sauf à utiliser les modèles les plus sophistiqués, les réglages sont à minima (mais c’est parfois ça le fun de la chose). Ensuite, la qualité des films en 110 a été décriée. Pourtant aujourd’hui, c’est justement ces imprécisions, ces approximations qui en font le sel. Les membres de Lomography ne s’y sont pas trompé, eux qui proposent plusieurs types de films intéressants dans ce format.

Ici pas besoin de post-production, de filtres créatifs à gogo, l’appareil vous surprendra toujours (généralement en bien) avec des images très personnelles.

Personnellement, j’ai un Agfamatic 5008 (qui sera sans doute doublé par un 6008 bientôt) dans la poche et à chaque sortie, je l’utilise, juste pour le plaisir de la facilité d’utilisation et son encombrement réduit. Je sais que je ne sortirai pas des agrandissements époustouflants mais ce n’est pas la démarche. C’est celle d’avoir sur soi toujours un moyen simple de capter un moment par essence fugace.

A l’heure où je vous écris ces lignes, des sites comme Ebay (re)commencent à s’intéresser à ces appareils et les cotes commencent à monter, ce qui est dommage. Essayez de faire le tour de vos connaissances, famille ou amis, ils doivent en avoir qui trainent dans un coin et demandez qu’ils vous les cèdent. A défaut, écumez les sites de vente et repérez les bons prix (je dirais 5€ pour les modèles d’entrée de gamme et max. 20€ pour les plus sophistiqués).

A quoi faut il faire attention en cas d’achat ? Le mécanisme fonctionne t’il bien (fluide), les piles – quand il y en a – n’ont elles pas coulé, les curseurs coulissent ils bien, les optiques sont elles propres, le mécanisme d’armement tourne t’il (une petite molette à l’intérieur de la chambre, en métal) … ?

Vous vous en doutiez, les plus sophistiqués sont ceux qui ont un numéro élevé (2000 – > 4000). Ceux qui se terminent par un zéro utilisent un flash cube et ceux qui se terminent par huit, un flipflash, tous les deux introuvables, sauf à tomber sur quelques stocks mais sans garantie qu’ils fonctionnent encore. Sur certains modèles (ceux avec flipflash), il est parfois possible de trouver un flash électronique de la marque, avec une prise spéciale qui s’insère dans celle du flipflash (p.ex. le flash Agfamatic Pocket Lux 234) … mais a t’on besoin d’un flash ?

Enfin, sachez que je vous parle ici des Agfamatic mais que d’autres marques ont sortis des appareils dans ce format de film, dont Kodak, Minolta, Canon, … évitez seulement les marques exotiques comme Regula, Hanimex Halina et autres fantaisies, qui sont souvent de pâles copies sans grand intérêt.

Et concernant les Minolta ou Canon, faites attention au prix : ils sont sophistiqués, certes, mais la facture grimpe vite.

Pour les Kodak Instamatic Pocket, vérifiez le type de pile : si ce sont des K Size, elles sont introuvables, laissez tomber. Si ce sont des PX 625, comme sur les Agfamatic, on en trouve facilement, voire on peut détourner le problème avec un adaptateur et une bonne vieille LR44.

Une interview , en français, du designer Julian Schlagheck (dont le père fut un des ingénieurs concepteurs), vous permettra de mieux cerner les motivations à la création et l’évolution des Agfamatic.

Une petite vidéo d’illustration

Des références : https://casualphotophile.com/2020/06/05/agfamatic-2008-pocket-sensor-110-camera-review-featuring-lomography-film/, https://www.lomography.com/homes/stratski/notes/93621-my-camerapaedia-agfamatic-2008-tele-pocket-sensor, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Agfamatic_2008_tele_pocket,_Pocket_lux_234-3988.jpg?uselang=fr en anglais, http://apphotnum.free.fr/Agfamatic%20recap.html, http://www.app-phot-col.com/photcol/pdfr/T34/2088.pdf, http://www.click-clack.fr/index.php?/category/453 en français

Argentique

Agfamatic 4000

Ah, nostalgie quand tu nous tiens … quoique cela puisse simplement être de la curiosité car, en fait, je n’ai jamais eu de pocket étant plus jeune, très tôt conquis par l’univers des reflex.

C’est donc pour moi – et je l’espère pour vous aussi – l’occasion de (re)découvrir ces appareils qui ont été partout du début des années septante jusque la fin des années nonante.

Si vous vous en souvenez, j’ai abordé les pockets avec l’Agfamatic 6008, puis l’Agfamatic 901, motorisé. Celui que je vais vous décrire aujourd’hui n’était pas dans ma caisse à malices mais chez le vide-grenier de Chièvres où j’ai aussi cueilli le Kodak Instamatic 154 d’un article précédant.

Si je reprends l’historique de ces pockets, et leurs « nomenclatures », on peut les diviser en 3 catégories : les boitiers simples, ceux aux réglages multiples et enfin ceux à exposition automatique, les plus « sophistiqués ».

Et donc pour reprendre cet ordre, en 1974, sont apparus un Agfamatic 2000, un Agfamatic 3000 et l’Agfamatic 4000 d’aujourd’hui. Encore un peu plus sophistiqués, la même année sont sortis un Optima Pocket 5000 et un 6000. Leur différence tenait dans leurs optiques, plus lumineuses, un Agfa Solinar ouvrant à f2,7. Ces deux derniers appareils n’ont pas connu de descendances sous la forme de pocket mais bien une autre lignée très connue, les Optima Sensor, mais c’est une autre histoire, que vous pouvez découvrir sur le site de Philcameras.

Et donc, j’en reviens à mon Agfamatic 4000.

Comme les autres pockets, il utilise le film en cassette 110, qui autorise 12 ou 24 vues. Plus facile que ça, ce n’est pas possible : vous ouvrez l’appareil, l’emballage du film, vous glissez le second dans le premier, vous armez deux fois et c’est parti !

Il est un peu plus compact que l’Agfamatic 6008, avec une partie métallique et le reste en plastique. Même s’il semble « dense » dans la main, il ne pèse que 180gr, film et piles comprises. Celui-là, vous pouvez le glisser dans toutes les poches et il est toujours prêt.

Sur cet appareil, à l’aide de pictogrammes, vous réglez la distance de mise au point (un personnage = 1,2 m à 2m, deux = 2 à 4m, une montagne = 4m à l’infini) et leur équivalant en pieds ou centimètres (en caractères bleus), surtout utilisé pour l’utilisation du flash cube.

Son objectif est un Color Apotar en trois éléments, empruntés à la gamme Optima, mais un peu moins lumineux, ouvrant à f6,3. C’est un 26 mm, qui correspond environ à un 55mm en 24×36. Cet avantage d’un objectif réglable en distances est encore accentué par un obturateur électronique.

Pourtant, à l’époque de sa sortie, quelques uns se plaignaient de devoir appuyer fort sur le déclencheur, pourtant appelé  » sensor », ce qui risquait de provoquer des flous de bougé. Mais c’était sans comprendre la subtile mécanique interne de cet obturateur : le client pouvait s’attendre à un déclencheur électrique, couplé à l’obturateur électronique mais Agfa y a placé une déclencheur mécanique parce que celui-ci a une double fonction :

  • lors du déclenchement, un levier engage le posemètre et lorsqu’on pousse un peu plus, il libère la première lamelle de l’obturateur
  • lorsque la première lamelle a été déclenchée mécaniquement, elle actionne un second interrupteur qui maintient le contact jusqu’à ce que la seconde lamelle de l’obturateur se referme

Deux avantages à cette procédure : un, la cellule ne s’active que lorsque l’on en a besoin (ce qui économise les piles) et deux, il ne faut pas maintenir le doigt sur le déclencheur, la première poussée ayant engendré les différentes réactions.

Pas mal vu la taille de l’appareil …

Quelques mots du viseur ensuite : il est clair, avec un cadre qui reprend les marques de corrections de la parallaxe. Il y a une diode rouge qui s’éclaire pour signaler que le flash cube est fini (les 4 ampoules ont été utilisées) et une autre diode rouge s’allume si la durée d’exposition dépasse le 1/30s et elle reste allumée jusqu’à ce que la seconde lamelle de l’obturateur coupe le circuit. Pour les longues expositions, c’est un indicateur de temps de pause (bon, c’est vous qui devez égrainer les secondes).

Le réglage de l’exposition est de 30s à 1/500s, la synchronisation avec le flash cube étant réalisée au 1/50s. Le tout était réglé par la cellule, visible à côté du viseur.

Dernière petite attention, vous pouvez y viser un déclencheur souple pour une pause plus lente mais vous devrez le poser sur une surface plane car il n’y a pas d’endroit pour le fixer sur un pied.

Alors quelle sensation avec ce type d’appareil ?

Il faut un (tout) petit temps d’adaptation, surtout pour le tenir correctement entre les doigts, sans en mettre un devant le viseur ou l’objectif et le tenir le plus horizontalement possible. Puis, j’avoue, c’est assez addictif, vous le dégainez rapidement et clic-clac, vous passez à la vue suivante …

Franchement, je comprends qu’il s’en soit vendu des camions !

Un point positif sur cet appareil, contrairement par exemple au 6008, c’est que vous pouvez atteindre les piles, placées sous l’appareil, sans devoir ouvrir la chambre de celui-ci.

C’est une expérience à tenter si vous n’en avez jamais eu un en mains, D’autant que vous les trouverez à des prix ridicules : +/- 15€ pour les plus sophistiqués, que je vous recommande afin de bénéficier d’une cellule, de quelques réglages de distances, voire de motorisation pour certains (cf. l’Agfamatic 901 p. ex.)

Juste pour le plaisir, une petite video publicitaire de l’époque

Une petite vidéo d’illustration

Je ne le répèterai jamais assez mais les films 110 sont toujours en vente et la firme Lomography propose quelques variantes pour aller jusqu’au bout de la démarche : effets spéciaux assurés !

Vous en trouverez aussi chez Fotoimpex et RetroCamera. Vous n’aurez plus d’excuses pour ne pas succomber à ces appareils terriblement intuitifs, qui donnent envie de faire des photos. La taille des appareils leur permet de se glisser partout.

Essayez, vous ne serez pas déçu, en tout cas si vous acceptez les limites naturelles de ce type de film, qui font le charme de cette photographie.

Des références comme d’habitude : http://www.app-phot-col.com/photcol/pdfr/T34/2092.pdf, https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Agfa/Agfa_Agfamatic_4000_pocket_sensor, http://www.app-phot-col.com/photcol/pdfr/T34/2055.pdf, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-556-Agfa_Agfamatic%204000%20Pocket.html en français, http://apphotnum.free.fr/Agfamatic-e.html, http://apphotnum.free.fr/Agfamatic%20recap.html, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Agfamatic_4000_pocket_sensor, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Agfa_Optima_6000_pocket_sensor en anglais, https://de.wikipedia.org/wiki/Agfamatic en allemand

Argentique

Le Kodak Instamatic 154

Petite visite dans un vide grenier à Chièvres car dehors il fait moche et gris, la neige a fondu et le ciel hésite encore à nous tomber sur la tête.

Bref, j’ai déjà trouvé chez lui quelques pépites (des Pentax que je vous ai présenté) mais cette fois-ci la pêche est maigre … quoique, j’ai déniché un drôle d’appareil, un Kodak Instamatic Camera 154.

Hmm … comme le précédant Kodak, le 324 , il ne va pas gagner un prix de design mais il est suffisamment bizarre pour que je négocie et l’emporte, d’ailleurs avec un « confrère » un peu plus moderne, un Agfamatic 4000.

En fait, deux éléments ont emporté ma curiosité : sa forme d’abord, et le fait ensuite qu’il y ait encore un film à l’intérieur, … si, si…

Je ne reviendrai pas sur l’histoire de la cassette en 126, que vous trouverez sur l’excellent site de Philcameras, mais c’est bien elle qui se cache dans l’appareil.

Ceci étant, je ne sais pas si je vais pouvoir le faire fonctionner, les 2 piles crayons qui étaient à l’intérieur devaient dater de sa sortie (1965 – 1969) et – se sentant sans doute abandonnées – se sont répandues dans le compartiment. Quoique, normalement, elles ne servaient qu’à alimenter un flashcube.

Le « flashcube », comme son nom l’indique est un petit cube de plastique qui contient 4 lampes flash, alimentées par les piles de l’appareil photo. Elles se déclenchent au fur et à mesure des photos, lorsque vous êtes en position flash. Lorsque le cube est terminé, vous le jetez.

Bon, physiquement, c’est un petit parallélépipède assez lourd pour sa taille, surmonté d’une drôle de grosse molette à tourner, qui est en fait le remontoir d’un ressort, ce qui n’arrange pas sa silhouette.

Pas de moteur pour faire avancer le film et armer l’obturateur mais donc un bon vieux mécanisme à ressort. Mais sans doute a t’il été trop remonté car tout semble bloqué et l’appareil ne déclenche pas, dommage.

A l’époque il n’y avait pas encore de micro moteur mais des mécanismes perfectionnés pour y suppléer. Kodak n’est d’ailleurs pas le seul à avoir eu recours à cette technique, je pense notamment aux Robot, eux aussi doté de cet appendice mécanique.

En fait il s’agit ici d’un Kodak Instamatic 104 sur lequel on a greffé ce « moteur »

Alors techniquement, c’est assez simple :

Objectif: 43 mm ouvrant à f 11
Format image 28 × 28 mm (typique de la cartouche 126)
Obturateur à vantail mécanique, 1/90 sec. et 1/40 sec. avec flash cube attaché
Alimentation: 2 piles AAA pour flash
Le viseur est extrêmement simple, sans marquages

Si nous résumons, dans les années soixante, il y avait les appareils « bijou » comme le Penti II et il y avait le Kodak … deux philosophies esthétiques mais une même volonté de rendre la photographie simple et accessible à toutes et tous, le premier en utilisant les cassettes Agfa, le second la cassette 126 Kodak.

Notons simplement que ni l’un ni l’autre n’ont survécu car si le premier était effectivement très joli, comme le second, ils étaient techniquement limités et les formules de films proposés avaient un défaut rédhibitoire, le manque de planéité de la pellicule qui, assorti aux limites des optiques, ne rendait pas des résultats photographiques exceptionnels. Petit avantage toutefois au Penti II qui avait une meilleure optique et un mécanisme qui aidait à mieux maintenir le film.

Cependant, le Kodak s’est vendu « à la pelle » comme on dit : plus de 50 millions d’appareils Instamatic (tous modèles confondus), dont 7,5 millions les deux premières années de production.

C’est pourquoi vous en trouvez pléthore dans les tiroirs, les greniers ou les caves (pas bon ça) de vos grands parents ou parents, dans les brocantes, les vides greniers … et, à moins de tomber sur un modèle un peu particulier, ils n’ont plus grand intérêt, la cartouche n’existant plus (en théorie car j’ai vu sur Ebay un hollandais qui en avait reconstitué avec une imprimante 3D et dans laquelle vous pouvez glisser un classique film 135mm).

Quoique j’en connaisse qui en ont transformé quelques uns en « caméras cachées » en glissant dedans des caméras de surveillance, d’autres en serre-livre (lestés de plâtre), d’autres encore en luminaire, … et je vous laisse imaginer d’autres dérivations, car je vous avoue que j’ai toujours très difficile de me débarrasser d’un appareil, même hors service (les pièces, la récup., le détournement, etc. sont les meilleurs moyens d’en préserver quelques uns).

Ah, encore un mot sur celui que je vous présente : j’ai réussi à le faire déclencher … quelques fois, avec beaucoup de patience. En fait, les piles qui ont coulé à l’intérieur ont oxydé toute la mécanique, y compris celle du déclencheur et de l’obturateur. Lorsque j’ai réussi à le faire déclencher, des particules d’acide solidifié ont jailli de toute part, expulsée par la force du ressort. Le démonter demanderait trop de travail pour sa valeur, je pense qu’il finira en objet de décoration ou en serre-livres …

Une video d’illustration de ce drôle d’engin

Kodak s’est même fendu, en 1963, d’un court-métrage promotionnel, avec Buster Keaton

Si vous voulez voir le film, c’est par ICI

Voici le synopsis : « Le triomphe de Lester Snapwell montre tous les ennuis d’un homme (nommé Lester Snapwell – Keaton), qui, à la fin des années 1860, tente de photographier sa chérie, Clementine, (Nelsson) et sa mère (Varela). Cependant, il a trop de problèmes avec l’appareil photo encombrant. Puis il est accidentellement tué et il traverse le temps, et à chaque époque successive, Lester se débat avec la technologie photographique du moment. Quand il arrive dans les années 60, le nouvel appareil photo Kodak Instamatic met fin à tous les problèmes de Lester« . Écrit par Jonathan McDevitt

Et quand j’écrivais que la plupart de ces appareils finissaient en objet de décoration, vu sur 2ememain.be, un vendeur qui peint des Instamatic

Des références : https://fr.wikipedia.org/wiki/Instamatic, https://www.philcameras.be/collection/collectionm/ijk/kodakm/instamatic126m.html en français, https://www.kodaklist.com/cameras/KODAK-INSTAMATIC-154-lparenOutfitrparen, https://www.kodaklist.com/kodak-camera-photos que je vous recommande pour tout savoir sur la marque, en anglais

Argentique

Praktica Super TL 3

Voila le second Praktica que je vous présente, après le MTL 3.

A y regarder de près, rien ne semble les distinguer, sauf les inscriptions qui les différencient.

Ça c’est pour les économies d’échelle : fabriquer plusieurs boitiers, pendant des années, avec le même « moule ». N’oublions pas que nous sommes à l’Est, en RDA, en 1978.

Ce fut une des raisons du déclin de la marque, pas mauvaise du tout en soit, mais qui n’a jamais été un parangon du design « sexy ». Le même modèle fut présenté, sous des étiquettes différentes, de 1970 jusque la fin des années quatre-vingt : les spécifications internes changeaient avec l’évolution des boitiers mais la robe restait désespérément identique !

Celui-ci est la continuité du modèle STL présenté en 1967, suivi du STL 2 de 1976. Le STL 3 a fermé la marche, il n’y a pas eu de STL 4.

Ce modèle fut produit de mars 1978 à janvier 1980, à 99.992 exemplaires. Il a donc croisé le MTL 3 que je vous ai présenté.

Alors, justement, quels sont les différences ?

Il mesure toujours la lumière à travers l’objectif (TTL), son viseur est avec microprismes et stigmomètre (le rond coupé qu’il faut faire coïncider pour être net), sa synchronisation flash sur le X (1/125s), la griffe porte-accessoire en haut du pentaprisme, prise flash coaxiale sur le boîtier de l’appareil photo pour les systèmes avec d’anciens flashs, il a toujours le même système « rapide » propre à Praktica pour l’accrochage du film, il possède un compteur de vue avec remise à zéro automatique son obturateur est toujours métallique, la cellule est toujours calibrée de 12 à 1600 Asa.

MAIS il n’a pas de retardateur et son obturateur est limité au 1/500s (B, 1/1, 1/2, 1/4, 1/8, 1/15 1/30, 1/60, 1/125, 1/250,1/500)

Pour le reste, comme vous avez pu le lire, c’est kif-kif.

Pas de retardateur, oui mais non, …. la vitesse limitée à 1/500s ? Cela est-il un handicap ? Pas vraiment et nombreux étaient encore les appareils de cette époque à ne pas dépasser cette vitesse.

-« Oui mais en cas de forte luminosité ? »

Ben on ferme d’un ou plusieurs diaphragmes et le tour est joué ou vous mettez un film plus lent !

Tiens au fait, un mot aussi sur la monture, toujours en M42 « universelle », ce qui vous ouvre le même parc optique que le Praktica MTL 3 et les autres appareils Praktica à vis.

C’est du tout bon, pas cher, et il y a là quelques cailloux qui valent la peine (voir l’article du MTL3)

En résumé, c’est aussi un boitier école, quasi indestructible. Lors d’un achat, vérifier les mousses du compartiment arrière, le compartiment à piles (oxydation), si les lamelles de l’obturateur ne sont pas tordues et si tout ça est ok, lancez-vous.

Allez, dernier point qui va vous convaincre, son prix : 35€ souvent avec un objectif, 50€ avec en plus une pile et les mousses refaites. Ça vaut la peine de tenter le coup …

Pour avoir une idée de photos prises avec cet appareil, le site Lomography

Une petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est ICI

Des références, par curiosité : http://www.praktica-collector.de/Praktica_L_3rd_generation.html, https://simonhawketts.co.uk/2016/03/23/praktica-super-tl3/, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Praktica_super_TL_3 en anglais, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-12760-Pentacon_Praktica%20Super%20TL3.html, https://fr.wikipedia.org/wiki/Praktica, https://www.mes-appareils-photos.fr/Praktica-Super-TL3.htm en français

Argentique

Pentax PZ-70

Heu, voilà, je crois que ce sera mon dernier Pentax … quoique si je trouve un LX à prix décent …, non là je rêve, les derniers que j’ai vu dépassaient les 300€ !

Voici donc le Pentax PZ-70 (ou Z-70 aux USA) qui fut présenté au monde en 1995.

Il est le dernier d’une série commencée avec le Pentax PZ-1 (1991), le PZ-10 (1991), le PZ-20 (1992), le PZ-50 (1992), le PZ-1P (1994), le PZ-5P (1994) et donc celui qui nous occupe en 1995.

Il utilise la monture K AF 2 à mise au point automatique mais vous pouvez toujours monter les anciennes optiques à monture K dessus, sans garder alors les automatismes.

Quelques personnes voient une ressemblance avec un Canon Eos … pourquoi pas ?

Nul doute que Pentax ait repris l’inspiration de la série SF précédente avec l’écran d’affichage derrière le flash intégré et la griffe du flash additionnel montée sur la poignée, au dessus du déclencheur …ça ne dépaysera pas les habitués de la marque.

Ecran hyper complet, qui vous permet de bien maitriser l’appareil.

Si la qualité de fabrication est solide, ici, même la monture d’objectif est en polycarbonate au lieu d’être en acier. Mais bon, 26 ans plus tard, je ne constate pas de déformation sur le mien.

C’est comme pour tous ces appareils, ne les montez pas avec un 1200mm sur un trépied sans poser l’ensemble avec le collier de l’objectif, simple précaution !

Je dirais que c’est un appareil dans la tradition Pentax, pensé pour simplifier la vie du photographe qui peut dès lors se concentrer sur la prise de vue mais qui doit faire confiance aux automatismes de son appareil. Et ceux-ci sont bons, rassurez-vous. Mais nous sommes ici avec un appareil destiné aux amateurs éclairés ou à ceux qui veulent le devenir et vous pouvez alors débrayer tous les automatismes, ou seulement quelques uns.

Puisque vous gardez la main sur tout et avec quelques boutons – et même une molette placée sous l’index -vous pouvez tout modifier et composer votre photo à vos envies ou besoins.

La mise au point automatique est rapide et la molette de commande, bien crantée avec un brin de résistance, est agréable.

Le viseur est lui aussi très complet et facile à lire

Et qu’a t’il dans le ventre ce Pentax PZ-70?

Il dispose d’un obturateur à plan focal électronique vertical en métal avec des vitesses de 30 s à 1/2000 plus le mode bulb. La synchronisation du flash est au 1/100 s. Le retardateur est électronique avec un retard d’environ 12 secondes.

Une petite remarque par rapport à l’obturateur : il est composé de lames métalliques. Si vous en achetez un, vérifiez qu’elles ne soient pas tordues ou pliées, c’est rédhibitoire.

Les modes d’exposition comprennent les modes Av (ouverture), HyM, P, action, gros plan, paysage, portrait et Tv (vitesse).

Le système de mesure diffère selon le type d’objectif utilisé. Les objectifs K et M plus anciens prennent en charge la mesure pondérée centrale, tandis que les objectifs de type F, A, FA plus récents peuvent utiliser un mode de mesure segmentée.

Pour charger un film, c’est toujours aussi simple : vous installez la cartouche dans le logement ad hoc, vous tirez la languette jusqu’au repère et vous refermez le dos de l’appareil. Lorsque vous le mettez sur ON, il charge le film à la première vue. Entre temps, il aura lu le codage DX de la pellicule (il accepte les films de 25 à 5000 Iso), ce qui permet de régler la sensibilité de la cellule photoélectrique au silicium.Si vous deviez interrompre, le film en cours de route, il y a toujours un bouton pour forcer le rembobinage.

Le transport du film est motorisé (chargement, avance, rembobinage) et autorise une « rafale » à 1,5 image/seconde. L’alimentation provient d’une batterie 6v 2CR5.

Le système autofocus, performant et rapide, est géré par le principe SAFOXO, deuxième du nom ici

En résumé, c’est un appareil léger (450 gr nu), facile à prendre en mains et qui donne de très bons résultats. Le parc optique est largement suffisant que pour répondre à vos attentes ou besoins de photographe;

Les automatismes sont bons mais vous pouvez tout régler manuellement si vous le désirez sans vous sentir « largué », l’appareil vous faisant toujours des suggestions en fonction des programmes utilisés.

Enfin, c’est un appareil que vous devez pouvoir trouver aux alentours des 50€ avec un objectif, ce qui le rends éminemment intéressant.

Donc, si vous en trouvez un dans ces eaux là, faites vous plaisir …

Une petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI et LA. Et à propos de ces modes d’emploi, vous constaterez déjà une évolution avec les appareils tout mécaniques précédents, où toutes les pages sont utiles et vous donnent même un « cours » accéléré en photographie. Ici il y a déjà 3 pages d’avertissements pour l’entretien de l’appareil et pour les piles !

Honnêtement, ça me fait toujours rigoler quand je prends un mode d’emploi « moderne » : sur 590 pages, il y en a près de 80 de « précautions » dont la lecture vous fait penser qu’il doit y avoir de fameux cornichons sur terre (ça vous viendrait à l’idée vous de jeter une batterie au feu, de nettoyer votre appareil à l’eau courante, …. ?)

Quelques références : https://www.pentaxforums.com/camerareviews/pentax-z-70-pz-70.html, http://camera-wiki.org/wiki/Pentax_Z-70/PZ-70, http://kmp.pentaxians.eu/bodies/film_z-pz/zpz70/ en anglais, http://dictionnaire.sensagent.leparisien.fr/Pentax/fr-fr/, https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Pentax en français

Argentique

Praktica MTL 3

Le petit article que j’ai fais paraître il y a peu m’a fait réfléchir. Je vais donc vous présenter des appareils argentiques, parfaitement utilisables mais qui sauront aussi préserver votre portefeuille … la chasse commence.

Et le premier a être tombé dans mon filet est le Praktica MTL 3.

C’est un appareil qui fut fabriqué à Dresden, de 1978 à 1984, à 865.395 exemplaires. Il n’est donc pas particulièrement rare, tant mieux. Et comme son nom le laisse penser, c’est la troisième itération du Parktica LTL (ben oui) et il fut suivi d’un Praktica MTL 5, puis MTL 5b.

Le modèle est classique, très facile d’utilisation et ne nécessitant qu’une pile pour alimenter la cellule.

C’est réellement ce que j’appellerai un boitier « école » et c’est l’idéal pour (re)commencer l’argentique, sans menus à rallonge et indigestes : vous mettez un film, vous armez jusqu’à la première vue, vous réglez la sensibilité, vous visez en vérifiant ce que vous indique la cellule pour ajuster la vitesse et/ou l’ouverture et clic ! c’est dans la boîte.

-« Quoi, c’est si facile que ça un reflex argentique ? »

Ben … oui, c’est ce qu’on appelle le « triangle d’exposition » – sensibilité/vitesse/ouverture.

Pas besoin d’avoir fait l’unif pour s’en servir, juste quelques notions autour de ces trois mots, que vous trouverez dans de nombreux tutos sur le Net et vous voilà parti

Mais revenons une minute sur cet appareil sympathique.

Il vient de derrière le rideau de fer (rappelons le, tombé en 1989), fabriqué dans une société qui s’appelle Kombinat VEB Pentacon. Je vous invite à découvrir l’histoire peu banale de Praktica, qui a vu le jour en …1830 en parcourant, entre autre, le lien suivant, c’est instructif. Comme par exemple les trois lettres VEB qui veulent dire littéralement : « entreprise possédée par le peuple ». Toute une époque !

Sauf à vous dire, rapidement, que le KW Praktiflex fut un des tous premiers reflex 24×36 apparus sur le marché après le KINE-EXAKTA de Ihagee de 1936. Ça vous pose un hom… pardon, un reflex dans le grand livre de l’histoire.

Il a été fabriqué pour durer, ça se voit : tout métallique, ce n’est pas le plus léger ( 560 gr nu – mais un Canon A-1, contemporain, est plus lourd) mais vous ne craindrez pas de le sortir (prenez quand même une bonne sangle de cou, pour votre confort – précaution valable avec n’importe quel reflex d’ailleurs)

Au niveau technique, pas de fioritures mais du costaud, éprouvé :

  • Réglage ISO de 12 à 1600
  • Viseur en verre dépoli, stigmomètre avec spot microprismatique (un rond brisé entouré de micro-prismes à faire coïncider, on n’a rien inventé de plus simple)
  • Objectif multicouche Auto Pentacon 50 mm f / 1.8-16 à vis M42 (dotation de base)
  • Vitesse d’obturation: B, 1 seconde à 1/1000, synchronisation à 1/125, obturateur métallique plan focal vertical
  • Cellule alimentée par une pile PX 625 (1,5 v)
  • Mesure TTL utilisant la mesure pondérée centrale, contrôlée par un interrupteur à côté de la monture d’objectif au-dessus du bouton de déclenchement
  • Synchronisation X (1/125s), griffe porte-accessoire en haut du pentaprisme, prise flash coaxiale sur le boîtier de l’appareil photo pour les systèmes avec des flashs non électroniques
  • Retardateur 10 secondes

Deux point à retenir de ces données : la synchro flash au 1/125s, ce qui n’est pas mal du tout (souvent 1/90s ailleurs) et – surtout – la monture retenue : la M42, la première monture universelle qui vous ouvre l’accès à un parc d’optiques de qualité, par exemple chez le Carl Zeiss Jena, le Pentax Super Takumar 50mm, l’Hélios 44, le pancake Industar 50mm russe, … j’en passe et des meilleurs.

Heu, je reviens un instant sur le flash … donc la position avec un flash électronique, c’est le 1/125s, puis il y a la possibilité d’utiliser d’ancien flash, voire même les ampoules flash à combustion rapide (bonjour les années 30 !) si vous vous mettez sur le symbole de l’ampoule, là vous serrez au 1/30s

Deux petites particularités de l’appareil :

  • son déclencheur n’est pas sur le capot mais sur l’avant de l’appareil. Si ça semble un peu étrange au début, on s’y habitue très vite et cela devient vite naturel. Notez que si vous tenez correctement le boitier (main gauche sous la semelle et l’objectif), appuyer sur le bouton ainsi placé limite les risques de bougé.
  • le bouton noir, au dessus du déclencheur est la commande pour actionner la cellule, ce qui économise la durée de vie de la pile. Vous visez, appuyez sur ce bouton, voyez quelle correction apporter éventuellement sur les bagues de l’objectif (vitesse, ouverture) et c’est dans la boîte

Pour mettre le film, c’est presque aussi facile qu’avec les Canon ou Minolta de l’époque vous placez le film dans la chambre, vous tirez l’amorce jusqu’à un trait vert, vous la faites passer sous la fine barre métallique et vérifiez qu’elle est bien prise dans les dents de la molette d’avancement, puis vous refermez le dos de l’appareil et vous armez une fois ou deux, jusqu’à ce que le chiffre un apparaisse au compteur de vue (qui se remet à zéro automatiquement). Si jamais le film ne s’est pas bien accroché, il y a un petit triangle qui apparait dans le viseur pour vous le signaler.

Enfin, une dernière chose, cet appareil fonctionne même sans pile, vu qu’elle ne sert qu’à alimenter la cellule. Et il supporte toutes les températures, même très bases …

Aaaah, je vous sens craquer …

A quoi faire attention en cas d’achat ? Le compartiment des piles – à fuir si il y a de l’oxydation (comme tous les appareils) et vérifier l’état des mousses de la porte du dos (opération facile à faire mais qui vous permet de faire encore descendre le prix le cas échéant). Ne vous inquiétez pas si vous trouvez de la fine ficelle à la place d’une mousse le long des rails du dos de l’appareil, c’est normal (et d’origine) et vous pouvez la remplacer par des mousses photographiques (je recommande toujours Aki-Asahi) Et vérifier que les rideaux en acier ne sont pas pliés. Sinon, rien d’autre à signaler.

Honnêtement, c’est un appareil que les gens boudent, non pour ses qualités en dessous de la concurrence mais parce que son « design » n’est pas le plus sexy de la bande … quoique, les goûts et les couleurs …

Toujours est-il que ça fait vos affaires car qui dit appareil boudé, dit prix intéressant : celui-ci vous ne devez pas le payer plus de 50€ avec un bon 50mm et, en cherchant bien, vous le trouverez même encore moins cher.

Pour avoir une idée des photos réalisées avec cet appareil : Lomograpahy

Une video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est ICI

Des références, comme d’habitude : http://www.praktica-collector.de/Praktica_L_3rd_generation.html, http://mattsclassiccameras.com/slr/praktica-mtl-3/, https://lewiscollard.com/cameras/praktica-mtl3/, https://www.lomography.fr/magazine/290433-lomopedia-praktica-mtl-3, https://www.wikihow.com/Use-a-Praktica-MTL3-35mm-Film-Camera en anglais, http://benber.fr/revue-express-praktica-mtl3/, https://stylelightning.com/fr/2020/3/8/tout-sur-les-appareils-photo-praktica/, http://www.collection-appareils.fr/Timeline/frise.php?Marque=Pentacon, https://www.philcameras.be/collection/collectionm/opqr/prakticam.html en français

Les nouveautés en un lieu

Non mais, faut arrêter …

C’est la réflexion que je me suis faite ce matin, après avoir été faire un tour sur 2ememain.be et Ebay, comme d’habitude (ben oui, les brocantes c’est pas encore pour demain !).

Je sais qu’il y a un certain regain, pour ne pas écrire un regain certain pour les appareils argentiques mais faut quand même pas pousser !

Quand je vois les prix pratiqués, je me dis que le monde tourne à l’envers

Pensez donc, les vieux boitiers qu’hier on retrouvait dans tous les tiroirs des parents et grands parent, ou pire, dans les déchetteries parce que plus personne ne savait qu’en faire, ni s’en servir, aujourd’hui vous les retrouvez à prix d’or sur les sites de vente.

Et là je dis STOP !

Quelques petits malins créent des « modes » pour tel ou tel appareil, et les prix flambent …

Un exemple, parmi tant d’autres, le Canon AE-1. Si ce n’est pas un mauvais appareil, il est quand même limité car c’est seulement un priorité vitesse alors que beaucoup préfèrerait une priorité ouverture (et il en existe dans la gamme Canon, moins connus).

En 2019, il se négociait autour des 50€, avec un objectif et en parfait état. Aujourd’hui, même les quasi épaves se négocient autour des 100€.

Soyons sérieux, cet appareil a été fabriqué à 1.200.000 exemplaires, il n’est donc pas rare.

Un autre exemple ? L’Olympus Mju. Hier, on le jetait parce que plus personne ne voulait se servir d’une savonnette certes assez facile à mettre en poche mais capricieuse, voire fragile, mais, d’accord, avec un bon objectif (pour la petite histoire, cet objectif existait depuis le Trip 35 de 1967 !).

En 2019, on le proposait autour des 50€ aussi et aujourd’hui vous n’en trouverez plus sous les 90€. Et lui il a été fabriqué à plus de 5 millions d’exemplaires.

Le XA ? ok, il est mignon, c’est un condensé de design signé Maitani Yoshihisa mais c’est comme les Minox 35mm, ils sont tellement petits que ça devient difficile de s’en servir avec des doigts d’adulte …. et sans lunettes.

Vous en doutez ? Voici un extrait savoureux d’un gars dithyrambique sur l’appareil « Le seul problème que je peux trouver dans cet appareil, c’est qu’il est parfois difficile de faire la mise au point car il peut être difficile de voir dans le viseur télémétrique, ce qui peut résulter dans des clichés légèrement flous comme vous pouvez le voir dans quelques de mes photos. En revanche, j’ai trouvé une solution, il suffit de régler le diaphragme sur f/5.6 et de faire la mise en point légèrement en dessous de 3m. Maintenant, tout est net (0,9m à l’infini). Ce qui veut dire que vous pouvez littéralement, viser et shooter, pour ne rien rater. Aussi vous bénéficierez de la mise au point optimale au diaphragme de 5,6. » source : Lomography Magazine …. brave garçon, il a découvert le zone focus !

Eux aussi ont été fabriqué à des millions d’exemplaires et il en reste beaucoup alors de grâce, ne donnez plus 100€ pour en avoir un en poche, que vous n’utiliserez pas longtemps parce que vous en aurez marre des photos floues… ou des photos manquées à tâtonner vos réglages.

Je continue, le Minolta SRT 101, certes un bel appareil, costaud, mais que je voyais dans les annonces à 25€ en 2019, il se négocie maintenant à près de 90€, boitier nu ! Et en noir, ça frôle l’hystérie : 200€. Heu, entre nous, le SRT 303 est mieux Vous saviez que tous modèles SRT confondus, Minolta en a vendu plus de 5.700.000 dont 3.500.000 rien que pour le ST 101 ? Rare disent les annonces, allons mon bon monsieur, soyons sérieux !

Les Yashica Electro 35, une autre folie du moment, … le premier que j’ai acheté, fin 2018, un Electro 35 GSN, je l’avais payé 25€. Le GTN (noir), quelques mois plus tard était déjà à 50€. Aujourd’hui, ne regardez plus les prix, ça fait peur ! Regardez plutôt vers le Minolta Hi-Matic 7s, on le boude encore et il est sous les 50€.

Vous remarquerez que je n’ose pas aborder les Canonet car l’hystérie autour du QL 17 G III atteint des proportions dantesques, surtout s’il est en noir (plus de 200€). Regardez plutôt le Canonet QL 19 G III, c’est le même (vous mettrez juste un film un peu plus rapide si besoin de compenser son ouverture de f1,9 plutôt que f1,7)

Et puis il y a les Nikon … un Nikon FG, digne successeur du EM c’est un entrée de gamme, certes avec les qualités des appareils Nikon, mais il n’a rien révolutionné le gaillard. Eh bien il s’en trouve aujourd’hui à plus de 100€ alors qu’au début 2019 le prix tournait autour des 45€.

Toujours chez Nikon, prenons l’exemple du Nikon 35 Ti. … oui, oui, il est beau (les goûts et les couleurs, hein !), avec un objectif magnifique mais … limité au 1/500s, ce qui interdit les films rapides et avec un autofocus qui patine si ça va un peu vite, est-il raisonnable de lui consacrer 800€ de nos jours ? Et là, je ne parle pas du 28 Ti …

Je vous fais grâce des Contax, des Ricoh GR dont la majorité des écrans se font la malle, les Voigtländer Bessa, les Hasselblad fragiles (prenez un Zenza Bronica S2 A c’est indestructible !), les Leica antédiluviens et malcommodes … les prix deviennent hallucinants.

Et cette liste est loin d’être exhaustive …

Revenons sur terre. Si vous voulez (re)commencer à travailler en argentique, laissez tomber les modes et cherchez des appareils qui vont vous permettre d’évoluer, à votre rythme et confortablement.

Les reflex sont faciles, et si vous choisissez un modèle avec autofocus, c’est encore plus simple et finalement proche des appareils d’aujourd’hui . Pourquoi facile, mais parce que vous voyez à travers l’objectif ce que vous voulez capter. Et parce que les automatismes vont vous permettre d’avancer sans trop tâtonner et ensuite vous pourrez toujours passer en manuel quant vous vous sentirez prêt.

Lequel choisir ? Allez faire un tour sur Histoires de photo, sur Lafillerenne, sur Benber et, éventuellement, votre serviteur. Souvent nous essayons de vous donner des bons plans à prix raisonnés

Vous préféreriez un compact, plus petit ? Pourquoi pas si vous en connaissez les limites et que vous les acceptez, ce peuvent être de merveilleux compagnons de voyage ou de rue. Les mêmes sites peuvent vous aider dans vos recherches.

Le télémétrique vous tente ? C’est un univers à découvrir, effectivement mais tenez compte de ses particularités et pensez que ce sont des appareils qui demandent quelques notions. Sinon, c’est un plaisir. Laissez tomber les Leica, les Nikon, les Canon, les Minolta très anciens, ils ne sont pas confortables et bien trop chers, à moins que vous ne commenciez à vouloir investir (le Leica de Walkers Evans s’est vendu l’an passé plus de 60.000€ hors frais). Regardez vers les télémétriques russes, ils restent très abordables, sont toujours réparables et la qualité d’une photo, c’est l’objectif qui la fait, hors vous pouvez y monter toutes les focales en Ltm 39 (Leica visant).

Mais fixez-vous des limites et – honnêtement – essayez de ne pas dépasser les 50€, voire 80€ si l’appareil est accompagné d’un premier objectif (un 50mm ou un petit 35 – 80mm p. ex.).

Fouillez les tiroirs de vos parents, grands-parents, oncles et tantes, dites autour de vous que vous cherchez un ancien appareil, il y en a plein qui trainent depuis des années et que l’on vous cèdera volontiers.

Soyez attentifs aux piles, si elles ont coulé dans l’appareil, passez votre chemin. Regardez aussi si on en trouve toujours (certains Praktica, p. ex., utilisent des piles qui nécessiteront une adaptation car elles n’existent plus de nos jours), cherchez à voir quels sont les objectifs utiles pour votre pratique photographique en sachant que les focales fixes sont meilleures et moins chères. Parfois il faudra changer les mousses, tenez compte de ce petit surcoût, tout comme le prix de certaines piles (sachez néanmoins que les anciens appareils ne sont jamais aussi gourmands en énergie que les actuels hybrides).

Ne vous découragez pas, vous trouverez le boitier qui vous fera plaisir et vous entrainera dans de belles découvertes.

Encore un dernier mot. Dans quelques articles, j’ai fait l’analyse de certaines merveilleuses machines qui dépassent les 50 ou 80€ que je préconise, c’est tout à fait vrai. Pourquoi alors prêcher l’inverse ? Mais parce qu’il est encore possible de trouver ces appareils au prix recommandé et que le prix ne reflète pas la qualité de l’appareil. Ce que j’essaie de vous indiquer, c’est justement cette qualité, qui pourrait répondre à vos attentes de photographes, d’amateur à amateur éclairé.

Gardez la en tête lorsque vous faites votre marché et négociez. Si ça ne marche pas, regardez ailleurs, il y a plein d’autres opportunités et d’appareils aussi intéressants car – rappelez-vous – ce qui fait le photographe, c’est son regard, pas son matériel !

Argentique

Le Canon Eos 5000

Ne boudons pas notre plaisir, voici encore un appareil d’entrée de gamme de chez Canon, l’Eos 5000.

Si je vous en parle c’est bien parce que c’est un appareil tout simple, vraiment pas cher, qui vous permettra, si vous hésitez encore à faire le pas vers un reflex argentique, à le faire sans aucun remords.

Cet appareil a vu le jour en janvier 1995 et uniquement pour le marché européen sous cette dénomination (il ne fut jamais vendu au Japon ni aux USA). C’est un entrée de gamme facile à appréhender et dans la tradition du Canon T50 que je vous présentais il y a peu. Il sera remplacé par l’Eos 3000 en 1999.

Dans la continuité d’idée du T50 donc, il est simplifié dans sa présentation et son utilisation. Ici une seule molette sur le dessus de l’appareil photo qui contrôle tout. Néanmoins, le boitier vous offre cinq modes d’exposition entièrement automatiques (les modes scènes) et une à priorité vitesse en plus du mode tout auto P.

Le minuscule écran ne sert qu’à vous indiquer si la pile est ok (dès que vous quittez la positon L rouge) et les ouvertures que le boitier aura choisies fonction des vitesses sélectionnées, sauf si vous êtes sur la position P = Program car dans ce cas là, c’est lui qui décide de tout pour vous.

Son public, clairement, est celui des amateurs habitués au compact qui voudraient goûter aux joies du reflex sans se poser de question !

Outre ses modes programme, il possède un retardateur (10s); selon le mode choisi, une mise au point à priorité centrale, ou évaluative sur 6 zones, un flash à extraction manuelle mais synchronisé; il possède 3 collimateurs autofocus; vous pouvez mémoriser l’exposition lors de la mise au point décentrée (AE à l’arrière du boitier); il est particulièrement silencieux au demeurant. Enfin, vous pouvez lui adjoindre un flash externe, qui sera aussi synchronisé (au 1/90s) selon le programme choisi, notamment les flashs Canon Speedligth. La puissance du flash est réglée en fonction du programme en cours

Chargement simplifié du film ici aussi : vous ouvrez le dos de l’appareil, déposez la cartouche dans le logement ad hoc, le boitier lit le code DX (sensibilité), et vous tirez l’amorce jusqu’au trait orange, puis refermez l’appareil. C’est tout.

Petite particularité que j’ai toujours trouvée intéressante (surtout pour les distraits) : lorsque vous chargez le film dans l’appareil, celui-ci l’embobine sur la bobine réceptrice. Au fur et à mesure de vos prises de vue, le film revient dans la cartouche. Le gros avantage de cette manière de faire est que si vous ouvrez pas erreur le dos de l’appareil, seule la partie non exposée du film est voilée, vos photos elles sont à l’abri dans la cartouche.

Mais – et je dirais surtout – vous pouvez y monter les objectifs à monture EF de la gamme Eos, ce qui ouvre quelques belles possibilités de découverte autrement plus amusantes qu’avec un compact.

Je pense que cet appareil, comme l’Eos 3000 s’accommoderait très bien d’une 50mm f1,8, d’un petit 35 – 80, voire d’un 24 – 105 pour pallier à toutes les éventualités.

Une petite video d’illustration

Vous trouverez quelques exemples de photo faites avec cet appareil sur le site Lomography

Quelques références utiles : https://en.wikipedia.org/wiki/Canon_EOS_5000, https://global.canon/en/c-museum/product/film176.html en anglais, http://35mm-compact.com/reflex/canon.htm, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-6633-Canon_EOS%205000.html en français

Argentique

Le Minolta 7000 AF

Lancé en 1985, il fut le premier appareil reflex populaire avec autofocus au monde. Collector donc.

Le Minolta 7000 AF ou Maxxum 7000 aux USA et Alpha 7000 au Japon a donc franchi le dernier pas vers un autofocus intégré dans un reflex et il a surtout conçu un nouveau concept pour ce type d’appareil.

Canon, Nikon, Pentax, Olympus avaient bien expérimenté l’autofocus mais avec des objectifs autofocus autonomes qui ne fonctionnaient qu’avec leurs appareils parce qu’ils utilisaient les montures existantes. Pour l’époque, ça semblait logique d’installer l’autofocus dans les objectifs mais les logiques sont faites pour être bousculées : c’est ce que Minolta a fait.

crédit photo : Fou du Canon F-1

Le premier reflex professionnel avec autofocus avec détection de mise au point par contraste a été présenté par Nikon, le F3 AF en 1983, mais ça passait toujours par l’objectif.

crédit photo : MIR.com

Alors lorsque Minolta a présenté son 7000 AF, il allait révolutionner les appareils autofocus en rendant abordable cette technologie pour les amateurs de photographie.

Et il allait construire véritablement un nouveau « système »‘ AF complet autour de cet appareil (objectifs, accessoires) pour prouver que ce n’était pas un appareil avec autofocus ajouté mais bien pensé autofocus de A à Z. Et ça, c’était assez révolutionnaire … .

Mais qui dit nouveau système dit aussi – presque à chaque fois – nouvelles optiques : la Minolta A venait de voir le jour. Ce qui a généralement le don d’énerver les possesseurs du parc optique de la génération d’avant !

Cependant, ici l’avancée était telle que mêmes les râleurs de service ont bien dû admettre l’évolution positive de cette nouvelle gamme.

Etre le premier est un avantage tactique : Minolta a d’ailleurs dominé le marché du reflex pendant près de deux ans après ce lancement.

Minolta a intégré au boitier le système AF qui voit son prolongement naturel dans les objectifs, conçus pour la technologie « optoélectronique », extrêmement compacts, légers et à hautes performances. Un circuit intégré ROM (Read Only Memory Integrated) a été installé dans chacun des objectifs Minolta AF pour transférer automatiquement plus de 30 données essentielles de l’objectif vers l’ordinateur de l’appareil photo pour la mise au point automatique et le contrôle automatique de l’exposition, etc.

Résumons pour bien assimiler: le Minolta 7000 AF n’est pas un reflex traditionnel auquel on a ajouté un autofocus. C’est un appareil révolutionnaire qui redéfinit le reflex, construit avec un micro ordinateur dans le boitier, qui dialoguera avec les objectifs dédiés, eux-mêmes munis de puces et les flashs pour contrôler les fonctions de l’appareil afin d’obtenir un résultat optimal. Par exemple, les têtes de flash de l’appareil photo zoomaient automatiquement lors des changements de distance focale.

Là, Minolta avait atteint un niveau de sophistication jamais encore atteint, les autres marques se contentant alors d’un entrainement par moteur intégré et quelques fonctionnalités automatisées.

Enfonçons le clou encore un peu : le Minolta, en plus donc de son autofocus, possède le mode manuel, la priorité à l’ouverture, la priorité à la vitesse et les modes programme. Il est donc complet.

Ce qui déroute un peu aujourd’hui mais faisait partie de cette vision « moderne » en 1983, les molettes ont été remplacées par des boutons poussoirs et un écran à cristaux liquides (LCD), y compris pour le viseur.

Faut il préciser que certains ont peu apprécié ?

Ensuite, l’appareil est fabriqué en composites de plastique, ce qui le rend léger mais s’il paraissait solide à l’époque, de nos jours, ceux-ci vieillissent parfois mal.

Voyez la poignée de mon exemplaire, fissurée. Ça n’affecte pas les fonctionnalités de l’appareil mais esthétiquement ce n’est pas très joli et pas … rassurant. N’oublions pas cependant que ce reflex à maintenant 38 ans.

Tout n’a pas été rose car Honeywell a fait valoir que le système de Minolta enfreignait leurs brevets. Après un long procès, Minolta a été condamné en 1991 à payer des dommages et intérêts pour un montant de 127,6 millions de dollars.

Et les autres ? Nikon et Pentax ont emboité le pas de la mise au point automatique, en utilisant un système AF à matrice passive assez semblable à celle de Minolta mais ils ont décidé eux de garder la compatibilité avec leurs montures « historiques », la F et la K à mise au point manuelle.

Canon lui a choisi la même route que Minolta et il a créé une nouvelle monture en introduisant l’Eos 600, la monture EF, toujours d’actualité.

Pour ces deux marques, cette rupture leur a fait perdre des clients, (légitimement ?) frustrés mais leur en a fait gagner d’autres.

De nos jours, seules les montures K de Pentax, F de Nikon et EF de Canon ont toujours cours, Minolta ayant malheureusement disparu, absorbé par Sony … en fait, ce n’est pas tout à fait vrai, car la monture Minolta A est celle des Alpha de Sony !

Donc, cher possesseur de Sony Alpha dites-vous bien que vous pouvez monter toutes les montures anciennes des Minolta à monture A, ce qui vous coûtera moins cher que d’acheter d’autres optiques avec des bagues d’adaptation (ça doit faire dans les 50 objectifs différents)

-« Bon, c’est très bien tout ça, mais est-il toujours utilisable ? »

Mais oui mon bon monsieur ! Et même très bien. L’autofocus fonctionne parfaitement et rapidement – le seul regret serait qu’il soit un peu bruyant mais bon, les moteurs silencieux, c’est pour plus tard !

Il faut toutefois que le sujet à mettre au point soit bien contrasté, et pas trop sombre, pour qu’il ne patine pas ou ne se bloque

Le viseur est grand, clair, confortable avec des données clairement affichées. Au milieu, un grand rectangle et un second plus petit à l’intérieur indique le point AF. On peut facilement lire le mode d’exposition, les ISO et la compensation d’exposition, et les modifier.

Petite particularité, l’affichage des données dans le bas du viseur est éclairé par la lumière ambiante ou par un écran LCD orange en cas de faible éclairage. La LED s’allume automatiquement en fonction de la lumière provenant de l’avant de l’objectif, et non de la lumière réelle éclairant l’écran LCD par le haut.

L’écran LCD supérieur affiche le nombre de vue, l’exposition et le mode d’avance du film même lorsqu’il est éteint ou inactif.

Lorsque vous chargez le 7000 AF, le boitier lit le codage DX mais on peut modifier la valeur manuellement si besoin. Ceci dit, le chargement est automatisé : vous installez la cartouche dans la chambre, tirez l’amorce jusqu’au repère, fermez le dos et l’appareil charge le film pour la première photo. A la fin du film, appuyez sur le bouton marqué R et faites glisser vers la gauche.

Encore un mot sur le déclencheur à détection tactile qui est génial : l’écran se réveille sans avoir besoin de pousser, il suffit de l’effleurer.

Je ne vais pas reprendre toutes les données techniques (et elles sont nombreuses) de cet appareil, ce n’est pas ma tasse de thé et vous les trouverez dans les références ci-dessous.

Simplement je dirai que cet appareil, que vous pouvez trouver aujourd’hui pour trois fois rien (environ 20€) a ouvert la voie des appareils modernes et ça mérite le respect, d’autant qu’il est toujours parfaitement fonctionnel et performant (tenant compte de son âge).

Si vous en trouvez un en bon état, allez-y ne fut ce que pour revivre l’exaltation des premiers propriétaires de cet appareil qui pensaient avoir un morceau de modernité entre les mains … et ils n’avaient pas tort.

Une petite video publicitaire de l’époque, pour sourire

Petite video d’illustration :

Quelques références : https://www.beevar.com/minolta-af-7000-considere-comme-le-reflex-analogique-en-detail/, http://35mm-compact.com/forum/viewtopic.php?t=8689, http://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=11505 en français, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Minolta_7000, https://www.kenrockwell.com/minolta/maxxum/7000.htm, http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_7000, https://www.mir.com.my/rb/photography/hardwares/classics/maxxum7k/index6.htm, https://cameralegend.com/tag/minolta-maxxum-7000-review/, http://www.mir.com.my/rb/photography/hardwares/classics/maxxum7k/index.htm en anglais

Argentique

Le Canon T50

Cet appareil est sorti en 1983 et fut produit jusqu’en 1989. Il fait partie d’un quintet : Canon T50 – T60 -T70 – T80 – T90, représentant l’entrée de gamme, le moyen de gamme et le haut de gamme.

Il marque la fin de la série A, reflex tout métallique de la génération précédente pour entrer dans l’ère du plastique (ici plastique renforcé de fibre de verre)

C’est un tournant dans l’histoire des reflex. Pourquoi ? Revenons un peu en arrière : tout au long des années soixante, puis septante, les différents constructeurs d’appareils reflex ont multiplié les avancées technologiques, rendant leurs appareils de plus en plus performants mais aussi « compliqués » pour les photographes amateurs.

Cela ressemble à un paradoxe mais c’était une réalité : les fabricants de reflex avaient inondé le marché d’appareil de plus en plus sophistiqués, qui ravisaient les « technophiles » mais qui ont eu pour conséquence d’effrayer les amateurs, qui cherchaient un appareil facile à appréhender et le plus automatisé possible. Ce fut la grande époque des compacts tels les Konica C 35 AF, les Canon AF 35 M II, les Fujica DL 100 et consorts, qui offraient un excellent confort d’utilisation et que l’on utilisait prioritairement en mode automatique.

Autre réalité, puisqu’ils avaient saturé le marché, il était difficile de vendre de nouveau un réflex, les photographes un peu expérimenté en ayant déjà un et les prix de l’époque ne favorisaient pas les achats compulsifs (et ce n’était pas dans les habitudes du temps : les appareils étaient fabriqué pour durer alors on les usait jusqu’au bout)

Nous étions donc devant une double difficulté : d’une part les amateurs avaient la crainte de se retrouver avec un appareil trop compliqué et d’autre part, le marché des compacts semblait répondre à leurs attentes de qualité et de simplicité.

Canon fut un des premiers à se rendre compte de cette situation – Konica y avait été sensible aussi lorsqu’il avait présenté son FP-1 – et il eu l’idée de produire un reflex aussi facile à utiliser qu’un compact tout en autorisant quelques fantaisies comme celle de changer d’objectifs pour voir large ou loin, ce que les compacts ne pouvaient faire.

C’est la raison de la sortie de ce Canon T 50, qui fut sans doute le reflex le plus simple de tous les temps.

Donc ici, pas de folie et cela se voit sur la forme de l’appareil et le dépouillement des commandes.

le panneau de commande(s) : j’ai hésité à mettre le « s » car il y a le déclencheur, le barillet de programme, le sélecteur Asa/Iso et … c’est tout !

L’exploit fut de proposer un, mode d’exposition unique, non débrayable en mode manuel ou semi auto. Le Canon T 50 ne propose qu’un mode Program dans lequel l’appareil choisi seul la vitesse et le diaphragme. L’utilisateur n’a plus qu’à régler la distance de son sujet (ben oui, l’autofocus n’est pas encore de mise sur les reflex).

Quelques autres caractéristiques de ce drôle d’engin :

  • il utilise des pellicules qui peuvent aller de 25 à 1600 ASA.
  • moteur intégré permettant une prise de vue en rafale à la vitesse de 1,4 images par seconde (autonomie avec des piles alcalines : 75 pellicules 24 poses ou 50 pellicules 36 poses). Le rembobinage de la pellicule, par contre, demeure manuel.
  • il bénéficie d’un retardateur (position SELF) de 10 secondes.
  • existence d’un testeur de piles (position B.C. pour Battery Check).
  • moteur pour l’avancement du film mais rembobinage manuel (cadence de prise de vue 1,4 photo/s)
  • les vitesses – que vous ne verrez jamais – vont de 2s à 1/1000s

Avez-vous noté le mot « moteur » dans cette petite liste ? Ce fut le premier réflex à en intégrer un en interne, … comme sur les compacts !

Mais pour se démarquer, il y avait quand même quelques accessoires, tel le flash Canon Speedlite 244T, spécialement conçu pour le T50 qui mesure par infrarouge la distance du sujet, tel le déclencheur à distance filaire (le Remote Switch T3) ou un contrôleur sans fil permettant le déclenchement de l’appareil par un faisceau infrarouge (le LC-1), ou encore un minuteur TM-1 Quartz, qui permet de programmer des intervalles temporels allant de 1 seconde à 30 minutes entre les photos

Pour les objectifs, du connu, c’est la monture FD (qui succédait à la FL) et celle-là seulement. Notez que l’appareil apprécie plutôt les focales courtes, ses capacités en basse lumière ne sont pas trop compatibles avec les longs télé peu lumineux.

Les focales recommandées sont :

  1. l’objectif de base – Canon FD 50mm f/1.8 ou un f/1,4 (un must !)
  2. un grand angle – Canon FD 28mm f/3.5
  3. un mini télé considéré comme celui pour les portraits – Canon FD 100mm f/2.8
  4. un zoom assez lumineux – Vivitar Series 1 70-210mm f/3.5
  5. un objectif macro – Vivitar 90mm f/2.8

Mais attention : sur les montures FD il y a un mode A, qui assure la totale compatibilité avec le mode Program du boitier. Si vous décidez de quitter ce mode A, l’appareil verrouille la vitesse au 1/60s, ce qui limite les possibilités. Le message est clair : restez en mode P (et sur A pour l’objectif !).

Le viseur est très lumineux à défaut d’apporter une foule d’informations. Vous y trouverez un stigmomètre entouré de microprisme pour la mise au point des objectif FD. A droite de la fenêtre du viseur, un petit écran LED affiche le mode P ou M, qui indique seulement que la bague d’ouverture de l’objectif n’est pas sur A.

Bon, vous avez mis des piles AA (2), vous avez placé une pellicule dans l’appareil, vous avez indiqué la sensibilité de votre pellicule, vous avez « réglé » l’appareil sur le mode P (aviez-vous d’autre choix ?), appuyez une fois sur le déclencheur pour amorcer le film et vous collez votre œil au viseur pour prendre votre première photo … alors vérifiez le P vert dans la fenêtre car il vous donne des infos utiles :

  • Un P vert qui ne clignote pas signifie que vous pouvez prendre la photo
  • Un P qui clignote lentement (deux fois à la seconde) vous avertit que la photo peut être floue par un mouvement de l’appareil (ça arrive lorsque l’obturateur a une vitesse d’ouverture de moins de 1/30). Là, pas trente-six solutions : utilisez un trépied ou stabilisez-vous sur une surface solide. Ou bien, dans le pire des cas, montez le flash sur l’appareil. Sinon, trichez avec les Asa/Iso pour augmenter la sensibilité du film.
  • Un P clignotant rapidement : impossible de prendre la photo, il fait trop sombre et la vitesse de déclenchement est plus lente que celle prévue pour le boitier (2s). Reste le flash …

Lorsque vous appuyez sur le déclencheur, le film avance automatiquement à la vue suivante. Si vous laissez le doigt sur le dit déclencheur, vous engagez une « rafale  » d’environ une image (1,4) par seconde. A la fin du film, un petit bip vous signale que vous êtes au bout et vous allez pouvoir rembobiner, manuellement.

Que dire d’autre sur cet appareil ?

Esthétiquement, ce n’est pas le plus beau mais pourtant il est dense et on l’a bien en mains, la petite poignée contribuant à ce confort.

Son moteur est bruyant mais efficace.

Le parc optique des objectifs en monture FD est large et généralement très qualitatif. Aujourd’hui, elles sont toutes abordables.

Si vous jouez le jeux avec l’appareil, à savoir le laisser se débrouiller pour tout, en connaissant ses limites, accouplé aux excellentes optiques Canon FD, vous ne serez pas déçu des résultats et vous aurez vraiment le sentiment d’un gentil saut dans le temps, celui d’une certaine insouciance, n’ayant plus qu’à vous concentrer sur la prise de vue.

C’est un appareil délaissé, parce que trop simple, mais il est amusant à manipuler et les résultats sont bons. Vous en trouverez en très bon état autour des 15€, parfois même avec un objectif !

Si vous vous sentez l’âme un peu aventureuse, laissez vous tenter, vous rajeunirez de 30 ans en quelques secondes …

Une petite vidéo d’illustration

Toujours pas convaincu des capacités de l’appareil ? Vous trouverez quelques exemples de photo sur le site Lomography

Pour le mode d’emploi, c’est ICI ou LA

Des références : https://fr.wikipedia.org/wiki/Canon_T50, https://fr.wikihow.com/utiliser-un-appareil-photo-Canon-T50-35mm, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-10516-Canon_T50.html, https://www.fou-du-canon-f-1.net/appareils-canon-apres-le-f-1/canon-t-90/, http://www.canon.photo.free.fr/photos/modeles/reflex-manuel.php?canon=63 en français, https://casualphotophile.com/2014/05/05/canon-t50-camera-review/, https://www.outsidetheshot.com/best-canon-t50-camera-lenses/ en anglais

Argentique

Le Nikon F 65

Nous sommes en 2001, le numérique n’est pas loin mais on fabrique toujours d’excellents appareils argentiques. Ce Nikon F 65 en est la preuve.

Bon, ce n’est pas un haut de gamme, plutôt un entrée de gamme mais tout le savoir faire de Nikon y est pour vous aider à réaliser de bonnes photos.

Réduction des coûts dit généralement boitier en polycarbonate, léger et agréable à porter, ce qui est important si vous voulez avoir du plaisir à sortir votre appareil pour faire des photos, souvent. Toutefois, la monture de la baïonnette est en métal, pour monter tous les objectifs de la gamme.

Il a existé soit en robe noire, soit comme ici, argenté et noir. Affaire de goût, je ne tranche pas, ce n’est pas ça qui fait de bonnes photos.

C’est plutôt ce qui est dedans et là vous avez du tout bon. Comme c’est un appareil destiné aux amateurs qui veulent pouvoir progresser, les automatismes sont bien présents mais vous pourrez prendre la main en manuel lorsque vous serez prêt.

Les modes programmes vous permettent de vous concentrer sur la prise de vue, le plus important en fait : le fameux PSAM : mode Program, priorité vitesse, priorité ouverture, manuel, cinq Vari-programme (l’équivalent des modes scène chez Canon).

L’autofocus (AF) est dit « dynamique » et travaille sur 5 zones et une large plage pour assurer une parfaite netteté des sujets et vise à éliminer les risques de flou. La mesure est dite matricielle, c.-à-d. en simplifiant, que la mesure est faite sur cinq plages différentes. Pour chacune, la luminosité est mesurée, ainsi le contraste de la scène est déduit. Puis les mesures sont comparées à 25 cas enregistrés dans la mémoire de l’appareil. Le programme en déduit une adaptation de sa pondération de mesure. Il est possible de basculer en mesure centrée. La mesure matricielle n’est possible qu’avec les objectifs AF toutefois. Vous pouvez même contrôler la profondeur de champ (intéressant lorsque vous voulez éliminer les arrières plan disgracieux)

Vous bénéficiez d’un flash intégré automatique, qui permet le dosage du flash par rapport à l’ambiance et qui émet l’exacte quantité de lumière nécessaire pour garantir une photo équilibrée. Si besoin, vous pouvez ajouter un flash externe, dont on pourrait regretter que la vitesse de synchronisation est un peu lente : 1/90s. Mais à moins d’avoir besoin d’utiliser régulièrement un flash pour votre pratique, ce n’est pas handicapant.

Ensuite, le grand écran de contrôle CL, bien lisible, vous permet de vérifier d’un seul coup d’œil tous les réglages de l’appareil. Du retardateur au choix de la zone de l’autofocus en passant par le bracketing ou les modifications d’ouverture ou vitesse, les multi expositions.

Le viseur contient tout ce dont vous avez besoin pour contrôler la prise de vue. L’autofocus est performant et vous pouvez avoir une assistance pour la mise au point (lampe d’assistance AF) ,

Pour le charger, c’est comme chez Canon : vous posez la bobine dans la chambre, l’appareil lit le codage DX (sensibilité), vous tirer l’amorce jusqu’à un repère et vous refermez l’appareil. Il charge le film et c’est près pour la première photo.

Enfin, pour parler des optiques, comme chez Canon ou Pentax, le choix est vaste et de qualité. Il faut toutefois faire attention à ce que ce soit des Nikkor AF G pour bénéficier de tous les automatismes.

Au sujet des optiques, petite digression utile : Chez Njkon et chez Pentax, leur monture originelle est toujours de mise. Ça veut dire que vous pouvez toujours utiliser sur des boitiers plus récents des optiques parfois sorties il y a soixante ans, la baïonnette n’ayant pas changé. Soyons de bons comptes cependant : si vous pouvez toujours les monter, soyez réaliste, des perfectionnements ont eu lieu et les derniers comme les contacteurs électriques, voire les puces internes des nouvelles optiques vous permettent de bénéficier des avancées des nouveaux boitiers (p. ex. autofocus, stabilisation, réglages particuliers). Donc, si vous montez un objectif qui a soixante ans sur un boitier plus récent, vous devrez tout régler à la main mais vous pourrez toujours photographier avec.

Chez Canon, ils ont créé une nouvelle monture en 1987, la fameuse Canon EF. Qui contient déjà des contacts électriques pour assurer la liaison avec les boitiers. Donc si vous montez une optique ancienne sur un nouveau boitier, vous ne perdrez pas tous les automatismes mais certaines nouvelles fonctions ne seront pas disponibles (p. ex. commande de stabilisation)

En résumé, si c’est un appareil d’entrée de gamme, il possède certaines des caractéristiques techniques qui n’en sont pas moins communes au reste de la gamme, même au niveau le plus élevé. Nikon ne va pas « brader » ses produits.

Généralement boudé par les puristes de la marque, il se trouve facilement à des prix raisonnables, autour des 40€ nu. Ça vous permet de choisir ensuite les bonnes optiques qui iront avec. Comme d’habitude, un bon vieux 50mm ou un mini trans standard style 24 – 70 mais là aussi évitez les objectifs trop pointus.

Là encore vous ferez un bon achat.

Si vous cherchez son mode d’emploi, c’est par ICI (en français)

Enfin, une petite vidéo d’illustration

Quelques références : https://www.nikon.be/fr_BE/product/discontinued/film-cameras/2006/film-slr-camera-f65-black, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1910-Nikon_F65.html en français, https://www.kenrockwell.com/nikon/n65.htm en anglais

Argentique

Le Canon Eos 3000

Je pense que dans les personnes qui veulent (re)tâter de l’argentique, il y a deux profils : ceux qui veulent découvrir le début de l’histoire et qui se tourneront vers des appareils qui nécessitent un peu d’investissement, et ceux qui ont envie d’entrer dans le vif du sujet et pour qui la technique n’est pas un must.

Si j’osais une image, je dirais qu’il y a ceux qui achètent une épave de Fiat 500 « originale » et qui vont se plonger dans sa restauration de A à Z, et ceux qui en achètent une qui roule !

L’appareil dont je fais faire la présentation ici est dans la seconde catégorie.

C’est un Canon EOs 3000, un appareil d’entrée de gamme (l’Eos 5000 dont je parlerai plus tard est son prédécesseur dans cette gamme) qui permet d’entrer dans l’univers du reflex sans se ruiner.

Apparu sur le marché en mars 1999, il est donc le successeur de l’Eos 5000, avec des fonctions de base largement étendues par rapport à ce dernier.

Par exemple, il intègre le fameux sélecteur PSAM – modes programme et position manuelle (Programme – S vitesse – A ouverture – M manuel). et les traditionnels modes scènes.

Il possède une mesure évaluative à six zones liée à trois collimateurs de mise au point. Son flash intégré, s’il faut l’activer manuellement, est lié à la mesure pendant la prise de vue pour permettre un contrôle précis de l’exposition.

Vous pouvez monter dessus toutes les optiques Canon EF, ou tierces. Toutefois, peut-être pas les toutes dernières, prévues pour la précision extrême des capteurs numériques. Tant mieux, vous pourrez vous concentrer sur les premières versions, qui sont excellentes et abordables.

C’est un appareil simplifié mais loin d’être simpliste. Sa vitesse d’obturation de 30s à 1/2000s plus le mode bulb (pause longue) vous permet de faire face à la plupart des scènes à photographier. Vous pouvez aussi corriger l’exposition par incrément d’1/2 stop. Toutes les infos sont reprises sur l’écran LCD, à gauche, au dessus du déclencheur.

Vous pouvez aussi mémoriser l’exposition si vous devez recadrer votre sujet et vous bénéficiez d’un bip de mise au point (que vous pouvez désactiver si vous voulez rester très discret) et vous voyez dans le viseur l’indicateur AF de mise au point.

De plus, vous avez dans le viseur toutes les indications utiles lors de la prise de vue.

Autres petites attentions : une position permettant de verrouiller l’appareil en OFF (L en rouge sur le barillet), un retardateur, une assistance pour éviter les yeux rouges en cas d’utilisation du flash. Ppur charger le film, facile : vous ouvrez le dos, glissez la cartouche dans le compartiment, tirez l’amorce jusqu’au repère orange, et vous refermez l’appareil. Il va lire le codage DX (sensibilité) du film et amorcer le film jusqu’à la première vue. Maintenant, c’est à vous de jouer !

Bien évidemment, vous pouvez monter dessus tous les flash Canon de la série EX, ils sont synchronisés (au 1/90s) et ils règleront leur puissance fonction de l’ouverture choisir.

En résumé, c’est vraiment un appareil école, qui vous permet de mettre un premier pied, le cas échéant, dans l’univers des reflex Canon Eos.

Vous ne vous ruinerez pas avec lui. Comptez environ 25€ pour un boitier nu, ce qui vous laisse de la marge pour un bon objectif, un 35 – 80 ou un 24 – 105 par exemple, ou encore un excellent 50mm en f1,8 (ou moins si vous avez encore un peu de sous).

Si ce n’est pas le plus sophistiqué, c’est celui qui vous permettra de faire, éventuellement, vos premières armes, tout en vous permettant d’évoluer à votre rythme.

Il n’est pas difficile d’en trouver, en parfait état, et déjà équipé d’un objectif dans les sites de seconde main

Mais surtout, comme c’est déjà un Eos, vous ne serez pas trop dépaysé si vous évoluez dans la gamme par après, y compris en numérique, car les bases sont toujours les mêmes et l’ergonomie fort proche.

Donc, si vous en trouvez un, laissez vous tenter si un appareil pas trop sophistiqué vous convient, il vous permettra de voir venir. Et celui-là, vous n’aurez pas peur de le sortir, même dans des conditions difficiles.

Une petite vidéo d’illustration :

Des références, comme d’habitude : https://www.petervis.com/Cameras/canon-eos-3000/canon-eos-3000-review.html, https://fr.wikipedia.org/wiki/Canon_EOS, https://global.canon/en/c-museum/product/film207.htmlen anglais, http://35mm-compact.com/reflex/canon.htm http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1295-Canon_EOS%203000.html en français