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Praktica MTL 3

Le petit article que j’ai fais paraître il y a peu m’a fait réfléchir. Je vais donc vous présenter des appareils argentiques, parfaitement utilisables mais qui sauront aussi préserver votre portefeuille … la chasse commence.

Et le premier a être tombé dans mon filet est le Praktica MTL 3.

C’est un appareil qui fut fabriqué à Dresden, de 1978 à 1984, à 865.395 exemplaires. Il n’est donc pas particulièrement rare, tant mieux. Et comme son nom le laisse penser, c’est la troisième itération du Parktica LTL (ben oui) et il fut suivi d’un Praktica MTL 5, puis MTL 5b.

Le modèle est classique, très facile d’utilisation et ne nécessitant qu’une pile pour alimenter la cellule.

C’est réellement ce que j’appellerai un boitier « école » et c’est l’idéal pour (re)commencer l’argentique, sans menus à rallonge et indigestes : vous mettez un film, vous armez jusqu’à la première vue, vous réglez la sensibilité, vous visez en vérifiant ce que vous indique la cellule pour ajuster la vitesse et/ou l’ouverture et clic ! c’est dans la boîte.

-« Quoi, c’est si facile que ça un reflex argentique ? »

Ben … oui, c’est ce qu’on appelle le « triangle d’exposition » – sensibilité/vitesse/ouverture.

Pas besoin d’avoir fait l’unif pour s’en servir, juste quelques notions autour de ces trois mots, que vous trouverez dans de nombreux tutos sur le Net et vous voilà parti

Mais revenons une minute sur cet appareil sympathique.

Il vient de derrière le rideau de fer (rappelons le, tombé en 1989), fabriqué dans une société qui s’appelle Kombinat VEB Pentacon. Je vous invite à découvrir l’histoire peu banale de Praktica, qui a vu le jour en …1830 en parcourant, entre autre, le lien suivant, c’est instructif. Comme par exemple les trois lettres VEB qui veulent dire littéralement : « entreprise possédée par le peuple ». Toute une époque !

Sauf à vous dire, rapidement, que le KW Praktiflex fut un des tous premiers reflex 24×36 apparus sur le marché après le KINE-EXAKTA de Ihagee de 1936. Ça vous pose un hom… pardon, un reflex dans le grand livre de l’histoire.

Il a été fabriqué pour durer, ça se voit : tout métallique, ce n’est pas le plus léger ( 560 gr nu – mais un Canon A-1, contemporain, est plus lourd) mais vous ne craindrez pas de le sortir (prenez quand même une bonne sangle de cou, pour votre confort – précaution valable avec n’importe quel reflex d’ailleurs)

Au niveau technique, pas de fioritures mais du costaud, éprouvé :

  • Réglage ISO de 12 à 1600
  • Viseur en verre dépoli, stigmomètre avec spot microprismatique (un rond brisé entouré de micro-prismes à faire coïncider, on n’a rien inventé de plus simple)
  • Objectif multicouche Auto Pentacon 50 mm f / 1.8-16 à vis M42 (dotation de base)
  • Vitesse d’obturation: B, 1 seconde à 1/1000, synchronisation à 1/125, obturateur métallique plan focal vertical
  • Cellule alimentée par une pile PX 625 (1,5 v)
  • Mesure TTL utilisant la mesure pondérée centrale, contrôlée par un interrupteur à côté de la monture d’objectif au-dessus du bouton de déclenchement
  • Synchronisation X (1/125s), griffe porte-accessoire en haut du pentaprisme, prise flash coaxiale sur le boîtier de l’appareil photo pour les systèmes avec des flashs non électroniques
  • Retardateur 10 secondes

Deux point à retenir de ces données : la synchro flash au 1/125s, ce qui n’est pas mal du tout (souvent 1/90s ailleurs) et – surtout – la monture retenue : la M42, la première monture universelle qui vous ouvre l’accès à un parc d’optiques de qualité, par exemple chez le Carl Zeiss Jena, le Pentax Super Takumar 50mm, l’Hélios 44, le pancake Industar 50mm russe, … j’en passe et des meilleurs.

Heu, je reviens un instant sur le flash … donc la position avec un flash électronique, c’est le 1/125s, puis il y a la possibilité d’utiliser d’ancien flash, voire même les ampoules flash à combustion rapide (bonjour les années 30 !) si vous vous mettez sur le symbole de l’ampoule, là vous serrez au 1/30s

Deux petites particularités de l’appareil :

  • son déclencheur n’est pas sur le capot mais sur l’avant de l’appareil. Si ça semble un peu étrange au début, on s’y habitue très vite et cela devient vite naturel. Notez que si vous tenez correctement le boitier (main gauche sous la semelle et l’objectif), appuyer sur le bouton ainsi placé limite les risques de bougé.
  • le bouton noir, au dessus du déclencheur est la commande pour actionner la cellule, ce qui économise la durée de vie de la pile. Vous visez, appuyez sur ce bouton, voyez quelle correction apporter éventuellement sur les bagues de l’objectif (vitesse, ouverture) et c’est dans la boîte

Pour mettre le film, c’est presque aussi facile qu’avec les Canon ou Minolta de l’époque vous placez le film dans la chambre, vous tirez l’amorce jusqu’à un trait vert, vous la faites passer sous la fine barre métallique et vérifiez qu’elle est bien prise dans les dents de la molette d’avancement, puis vous refermez le dos de l’appareil et vous armez une fois ou deux, jusqu’à ce que le chiffre un apparaisse au compteur de vue (qui se remet à zéro automatiquement). Si jamais le film ne s’est pas bien accroché, il y a un petit triangle qui apparait dans le viseur pour vous le signaler.

Enfin, une dernière chose, cet appareil fonctionne même sans pile, vu qu’elle ne sert qu’à alimenter la cellule. Et il supporte toutes les températures, même très bases …

Aaaah, je vous sens craquer …

A quoi faire attention en cas d’achat ? Le compartiment des piles – à fuir si il y a de l’oxydation (comme tous les appareils) et vérifier l’état des mousses de la porte du dos (opération facile à faire mais qui vous permet de faire encore descendre le prix le cas échéant). Ne vous inquiétez pas si vous trouvez de la fine ficelle à la place d’une mousse le long des rails du dos de l’appareil, c’est normal (et d’origine) et vous pouvez la remplacer par des mousses photographiques (je recommande toujours Aki-Asahi) Et vérifier que les rideaux en acier ne sont pas pliés. Sinon, rien d’autre à signaler.

Honnêtement, c’est un appareil que les gens boudent, non pour ses qualités en dessous de la concurrence mais parce que son « design » n’est pas le plus sexy de la bande … quoique, les goûts et les couleurs …

Toujours est-il que ça fait vos affaires car qui dit appareil boudé, dit prix intéressant : celui-ci vous ne devez pas le payer plus de 50€ avec un bon 50mm et, en cherchant bien, vous le trouverez même encore moins cher.

Pour avoir une idée des photos réalisées avec cet appareil : Lomograpahy

Une video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est ICI

Des références, comme d’habitude : http://www.praktica-collector.de/Praktica_L_3rd_generation.html, http://mattsclassiccameras.com/slr/praktica-mtl-3/, https://lewiscollard.com/cameras/praktica-mtl3/, https://www.lomography.fr/magazine/290433-lomopedia-praktica-mtl-3, https://www.wikihow.com/Use-a-Praktica-MTL3-35mm-Film-Camera en anglais, http://benber.fr/revue-express-praktica-mtl3/, https://stylelightning.com/fr/2020/3/8/tout-sur-les-appareils-photo-praktica/, http://www.collection-appareils.fr/Timeline/frise.php?Marque=Pentacon, https://www.philcameras.be/collection/collectionm/opqr/prakticam.html en français

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