Argentique

L’Olympus OM 101

Celui-ci, c’est le dernier appareil acheté à la brocante de Champagne sur Oise.

Le vendeur n’avait pas la moindre idée s’il fonctionnait encore ou pas, mais comme j’avais en tête l’article que j’avais fait sur l’Olympus OM 707, je me suis laissé tenter.

Et je ne l’ai pas regretté, il s’est animé lorsque j’y ai mis 4 piles AAA.

Un petit nettoyage et le voilà prêt à se faire examiner de plus près.

J’ai bien écris « petit nettoyage » car sur le dos de cet Olympus, un(e) des propriétaires précédents à peint (oui, peint !), un délicat oiseau et je ne voulais pas l’abîmer.

Il semblerait que ce soit une pratique assez courante en Thaïlande, ces petites peintures, appliquées sur des objets, des sacs, … : la fleur est un jasmin et l’oiseau serait un Dicée à ventre orange (pique fleur).

Ça doit être mon côté fleur bleue …

Mais bon, revenons-en à cet appareil, sorti deux ans après l’assez catastrophique OM 707 que je vous ai présenté il y a peu, en 1988 donc.

Ont-ils retenus quelque chose de la leçon ?

De fait, le « vrai » nom de cet Olympus OM 101 (ou OM 88 sur les marchés au delà de l’Atlantique) se complète des termes Power Focus (PF en raccourci).

-« Heu, … et ça change quoi ? »

Ben que l’appareil n’est plus un autofocus mais que la mise au point est motorisée : en gros, ce n’est plus l’appareil qui fait le point mais vous, avec l’aide d’un moteur qui fait avancer les lentilles jusqu’au point net.

Et ça, vous le contrôlez avec votre pouce, grâce à une molette située au dos de l’appareil, à droite.

Notons déjà que les huit objectifs prévus pour l’OM 707 peuvent être récupéré, ainsi que la plupart des objectifs Zuiko MF.

Cependant, ils ont sorti deux objectifs typiquement destinés au 101, des PF (et ils ne fonctionnent qu’avec l’OM 101), le 50 mm f2 PF et le 35–70 mm f3,5–4,5 PF.

Pour l’anecdote, il semble que seul Olympus ait cru en cette technologie de mise au point motorisée, à l’époque. Ainsi, l’objectif AF 35-70 f4 introduit avec l’OM 30 (1983) était à la fois AF (autofocus) et PF (focus motorisé). Dès lors, contrairement aux autres fabricants, ils avaient tout simplement viré les bagues de mises au point traditionnelles sur ces objectifs, au grand dam des utilisateurs.

Rappelez-vous, c’est déjà ce qui fâchait sur l’OM 707, cet absence de contrôle possible, notamment, sur la bague de réglage des distances, ou d’ouverture, virées !

De fait, l’Olympus OM 101 était destiné aux amateurs qui voulaient se simplifier la vie avec un minimum de commandes. Ainsi lorsque les objectifs AF/PF sont montés sur le boitier, aucune information, tant sur la vitesse choisie que sur l’ouverture, n’est affichée nulle part.

Si on ajoute à cela que l’appareil ne propose qu’un seul programme, forcément non débrayable, le photographe ne sait tout simplement pas ce que le boitier sélectionne.

Maintenant, si vous utilisez un objectif de la famille Zuiko MF, là, le boitier passe en priorité ouverture mais vous ne savez toujours rien de la vitesse choisie.

Frustrant pour qui veut comprendre, naturel pour ceux qui se contentent d’appuyer sur le bouton.

Bon, comme Olympus n’avait pas envie de se fâcher avec ce qui lui restait de clients un tant soit peu exigeants, ils ont inventé une solution : un « adaptateur manuel 2 » (c’est son nom) qui autorise le réglage de l’exposition manuelle et de choisir l’ouverture avec les objectifs AF/PF.

C’est, somme toute, très logique : comme le boitier n’a quasi aucune commande manuelle, hormis le déclencheur, le bouton ON/OFF, un bouton de rétroéclairage qui semble ne servir à rien et celui du retardateur, ils ont inventé de quoi se compliquer un peu la vie en ajoutant cet appendice sur le côté, en option !

-« Qu’est ce que ça change ? »

Et bien, lorsque vous utilisez l’appareil en mode d’exposition manuelle, avec ce complément, des flèches de sous ou sur exposition s’affichent dans le viseur (oh joie !), et si vous êtes en priorité ouverture, la lettre A clignote si vous êtes en sur ou sous exposition, et – qui l’eut crû – si vous êtes en priorité vitesse, la lettre P (mode Programme) remplit la même fonction.

Finalement, que reste-t-il d’intéressant sur cet appareil ?

La molette Power Focus !

Elle est rapide, assez intuitive et réactive, qui accompagne bien le viseur à stignomètre à coïncidence (vous savez, l’image divisée qu’il faut faire correspondre).

En résumé, cet Olympus OM 101 est comme un gros compact, qui fait (presque) tout pour vous et qui vous offre la possibilité de changer d’objectif si besoin.

En gros, c’est un reflex tout automatique à priorité vitesse. Il ne devient priorité ouverture que si vous y ajoutez l’adaptateur manuel 2.

Sinon, le chargement du film est automatique, comme le rembobinage en fin et le film avance à la vue suivante après le déclenchement. Ah, il lit le codage DX (la sensibilité) de la bobine, que vous ne pouvez pas modifier ensuite (attention aux films sans ce codage).

Car à la place du levier d’armement habituel, vous trouverez la fameuse molette de mise au point motorisée. Vous l’actionnez vers la droite ou la gauche avec le pouce en visant votre sujet, plus ou moins près. Cette sélection peut être assez précise. Mais vous ne pouvez le faire que si votre objectif est en monture PF ou AF.

Les autres objectifs OM peuvent être utilisés mais avec eux, c’est vous qui tournez la bague de mise au point, comme avant !

Petit résumé en images

Que retenir de cet appareil ?

Il est massif, pas désagréable à tenir en mains et il donne une impression de « costaud ».

Tout est vraiment fait pour vous simplifier la vie : commençons par l’alimentation, confiée à 4 piles AAA très communes; son chargement est simplifié à l’extrême et dès que vous refermez le dos, l’appareil se charge de tout (enroulement à la première image, lecture codage DX et réglage de la sensibilité, puis avance motorisée); les objectifs ensuite, un 50mm à tout faire ou un 35-70 très polyvalent (celui de ce modèle), faciles à mettre ou retirer (baïonnette); simplification de fonctionnement avec un seul programme, que l’on peut – partiellement – contourner avec l’additif manuel 2 (mais soyons clair, la majorité des personnes ayant acheté cet appareil se sont contentés d’appuyer sur le déclencheur, l’OM 101 faisant le travail de sélectionner vitesse et ouverture, avec une certaine réussite tant que vous êtes dans des conditions « normales »).

Ce qui peut paraître un peu fou, c’est que l’OM 707 avait raté son marché et l’OM 101 ne le corrige pas, puisqu’il redevient un appareil à assistance électrique pour la mise au point, sans plus. Pour mémoire, en 1985, Minolta sortait son 7000 AF, autofocus et automatique, une réussite qui installa la marque en tête des ventes pour un bon bout de temps.

Comme je l’écrivais quelque part ici plus haut, c’est comme un gros compact des années nonante, qui fait tout à votre place, sans trop rien vous dire mais auquel vous pouvez changer l’objectif.

Quoique c’est relatif, il n’y en eut que 2 en monture spécifique PF (le 50 et 35-70 déjà cités) Les autres objectifs de la marque ne permettant pas d’utiliser toutes les fonctions de l’appareil.

Il y eut un marché pour ce type d’appareil, mais dans la marque même, il était une sorte de chant du cygne car il n’y eut pas de suite.

Le seul reflex Olympus qui survécu fut l’OM-4 Ti (un OM-4 de compétition, en titane) car la marque passe ensuite à une autre gamme innovante, les IS, mais c’est une autre histoire.

Ils ont au moins une certaine constance dans cette évolution : pourquoi encore changer l’objectif de l’appareil qui fait déjà tout à votre place. Il suffit d’en mettre un qui couvre (presque) tous vos besoins, à demeure. Olympus avait inventé le bridge !

Est-il toujours intéressant de nos jours ?

Si vous en trouvez un complet, c.-à-d. avec son kit d’objectifs et son « manuel 2 », pourquoi pas. Mais si vous cherchez un appareil que vous voulez maitriser, passez votre chemin, il va vous frustrer.

Au niveau prix, complet, ne le payez pas plus de 50€.

Des exemples de photos prises avec cet appareil ICI.

Quelques pubs d’époque (merci Collection-appareils)

Phokina 1988-89
Porst 1989

Petites videos d’illustration

Pour ceux qui aiment la technique :

  • Appareil photo reflex 35 mm à exposition automatique TTL.
  • Informations sur le viseur : affichage LED pour flash prêt et signal d’exposition correct, modes d’exposition (P/A), avertissement de bougé de l’appareil photo, guide d’exposition manuel.
  • Chargement automatique (enroulé automatiquement à la première image) ; avertissement d’erreur de chargement automatique avec signaux sonores et visuels (PCV et LED).
  • Monture Olympus OM, conçue pour les objectifs AF/PF. Accepte les objectifs Olympus AF, les objectifs Olympus PF et les objectifs Olympus OM System Zuiko1.
  • Avance automatique (vitesse d’enroulement : max. 0,5 sec.).
  • Obturateur à plan focal à déplacement vertical contrôlé électroniquement.
  • Vitesse d’obturation : 2s à 1/2000 s. (l’exposition longue est possible avec l’adaptateur manuel 2).
  • Autonomie de la batterie : 25 rouleaux de film 24 vues ou plus (avec des piles alcalines au manganèse à température normale, selon les conditions de test Olympus).
  • Mise au point avec objectifs Olympus AF/PF : Power Focus avec cadran (l’entraînement de l’objectif est contrôlé en détectant la vitesse de fonctionnement); avec objectifs Zuiko : avec bague de mise au point.
  • Compteur de vues de type progressif avec remise à zéro automatique.
  • Méthode de mesure de la lumière : TTL Direct ‘OTF’ Mesure de la lumière (pondération centrale, mesure moyenne de la lumière).
  • Rembobinage automatique avec bouton de rembobinage. Arrêt automatique en fin de film.
  • Modes d’exposition : 1. Exposition programmée, 2. Exposition automatique à priorité ouverture (avec adaptateur manuel 2), 3. Exposition manuelle (avec adaptateur manuel 2). Passage automatique à l’exposition automatique à priorité ouverture avec les objectifs Zuiko.
  • Retardateur électronique, 12 s.
  • Contrôle d’exposition automatique programmé : obturateur électronique avec contrôle automatique de l’ouverture et de la vitesse d’obturation ; plage de mesure de la lumière : EV1~EV20 (ISO 100, 50 mm. F1.8).
  • Dos de la caméra interchangeable, muni d’une fenêtre de contrôle du film.
  • Compensation de contre-jour : +1,5 EV (avec bouton de commande de contre-jour).
  • Source d’alimentation : quatre piles de taille AAA.
  • Contrôle du flash : Flash automatique TTL Direct ‘OTF’ (lors de l’utilisation de flashs de la série T ou du flash Full-Synchro F280).
  • Vérification de la batterie : affichage en 3 étapes avec LED et PCV.
  • Synchronisation du flash via la griffe porte-accessoires (contact X). La vitesse d’obturation de synchronisation (1/80 s) est automatiquement réglée avec les flashs de la série T et le flash Full-Synchro F280.
    Les autres flashs ne peuvent être utilisés que lorsque l’adaptateur manuel 2 est installé ; l’adaptateur a un réglage X (1/80 sec.).
  • Sensibilité des films de 25 à 3200 Iso ; réglage automatique avec film codé DX.
  • Poids : 569g. (sans piles).
  • Verre de visée : fixe, Super Lumi-Micron Matte avec image fractionnée et microprisme. Champ de vision du Finder : 93 % du champ d’image réel. Grossissement : 0,8x à l’infini avec un objectif standard de 50 mm.
  • Remarque importante : les Zuiko 500/8, Zuiko 600/6.5, Zuiko 1000/11, 24/3.5 Shift, 35/2.8 Shift et Auto Bellows ne peuvent pas être utilisés.

Des références : https://www.vintagecamerareviews.com/brands/olympus/olympus-om-101/, https://cameragocamera.com/2018/12/05/olympus-om-101-om-88/, https://www.vintagecamerareviews.com/brands/olympus/olympus-om-101/, http://camera-wiki.org/wiki/Olympus_OM-101_/_OM-88, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Olympus_OM-101_/_OM-88, https://en.wikipedia.org/wiki/Olympus_OM_system, https://esif.world-traveller.org/om-sif/bodygroup/om101.htm, https://web.archive.org/web/20071210162400/http://www.olympus-global.com/en/corc/history/camera/popup/om_om101.cfm?message=1, en anglais; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1744-Olympus_OM101.html, https://35mm-compact.com/forum/viewtopic.php?t=56317, http://www.appaphot.be/brands/olympus/olympus-om-101/, https://35mm-compact.com/forum/viewtopic.php?t=56317 en français; http://www.pluto.dti.ne.jp/~masaki-k/camera%20olympus%20om101.htm, en japonais.

Belles rencontres

Le vieil arbre

Dans un article précédent, je vous parlais de ce vieil arbre, toujours plus tordu, brisé par le temps et l’âge.

Cet arbre représentait pourtant une lueur d’espoir, celle de la force de la nature, que je comparais à celle de mon père, luttant contre le cancer.

Hélas, le 30 septembre 2022, il s’est éteint, épuisé par les traitements et la maladie.

Aujourd’hui, c’est donc en noir que je vous présente, pour la dernière fois, ce vieux bois qui n’en finit pas de craquer.

Argentique

Le Konica C35 V

Ça fait un moment que je vous ai présenté le Konica C 35 Automatic. Je citais dans l’article la chronologie de ces petits appareils de poche, à savoir :

  • Konica C35, 1968, argent et noir, télémétrique couplé, objectif Hexanon de 38mm f2.8
  • Konica C35V, 1971, tout argenté, sans télémètre, avec 4 zones de focus préétablies, objectif Hexanon 38mm f2.8
  • Konica C35 Automatic, 1972, argent et noir, ou tout noir (rare), télémétrique couplé, objectif Hexanon 38mm f2.8 et système avancé du contrôle du flash

Celui-ci, c’est lors de la foire de Villers Bretonneux que je l’ai acheté.

Pas que j’en avais vraiment besoin, mais je les trouve toujours aussi « craquants » ces petits appareils !

Et en plus, il est plus rare que les autres C 35, na !

Celui-ci est particulièrement en forme et en bon état : tout fonctionne parfaitement, le vendeur ayant eu l’amabilité d’y glisser une LR44 pour montrer que la cellule fonctionnait correctement.

Si je devais le résumer : il ne possède pas de télémètre mais la profondeur de champ de son optique, le 38mm f2,8 s’en affranchit; quatre zones pour ne pas rater sa mise au point; tout automatique.

Voilà, voilà … mais comme eut dit Cyrano, « c’est un peu court, Monsieur ! »

Allez, on creuse …

Vous l’avez compris, c’est une version « allégée » du Konica C 35 puisqu’il a perdu le télémètre et le retardateur de ce dernier.

Pourtant, faire la mise au point est d’une simplicité enfantine, notamment grâce aux pictogrammes.

Et, comme dit plus haut, la profondeur de champ du 38mm se charge de toute erreur raisonnable dans l’appréciation de la distance.

Petit plus, dans le coin inférieur droit du viseur, une petite fenêtre permet de voir le symbole de la mise au point choisi.

Puisque nous en sommes au viseur, il est clair et, finalement, bien fourni : outre le rappel de la distance, le cadre collimaté, une échelle, à droite, vous montre l’ouverture et la vitesse choisies par l’appareil.

Comme il est tout automatique, selon la sensibilité du film que vous aurez réglée, il sélectionnera l’ouverture et la vitesse. Son obturateur est programmé du 1/30s au 1/650s et les ouvertures s’échelonnent de f2,8 à f14.

C’est typiquement un chouette petit bloc-note que l’on a envie d’emporter partout, parce qu’il est beau (si, si, ça compte aussi), qu’il fonctionne bien sans trop de questions inutiles et que les images qu’il délivre sont bonnes (ce qui ne gâte rien, vous en conviendrez – voir exemples de photos plus bas).

Si vous avez la chance d’en dégoter un, prenez-le, il vous le rendra bien. Pas lourd même si construit en majorité en métal, compact (pour l’époque), facile à manipuler, il trouvera sa place dans un petit sac ou une grande poche et sera toujours prêt à déclencher au bon moment (idéal pour la photo de rue).

Question prix, même s’il est moins complet que son grand frère, le C35, il est aussi plus rare. Prévoyez au moins 60€ pour un bel exemplaire.

Ah, et je réitère mon conseil, s’il n’est pas fourni avec, trouvez-lui un bouchon d’objectif (diamètre de 46mm) car la cellule est toujours sur ON et risque de vider la pile assez vite. Or sans pile, il ne fonctionne pas (obturateur électronique, pour rappel).

Petit résumé en images :

Des exemples de photo captée par ce petit Konica C 35 V ICI.

Quelques pub d’époque (merci Collection-appareils)

Photo-Plait 1972, très intéressante car on voit la concurrence de l’époque, résumée.
Grenier-Natkin 1972

Une video d’illustration :

Petit résumé technique :

Disponible uniquement en argent
Objectif Hexanon à quatre éléments, 38 mm f2.8 – Filetage de filtre 46 mm
Réglage de la mise au point par zone (quatre pictogrammes)
Compteur CdS (19-27 DIN, 25-400ASA)
Pas de retardateur
Mise au point la plus proche – 1 m
Obturateur programmé Copal B mat
Vitesses 1/30s à 1/650s

Flash compatible Konica X-14
Synchro flash au 1/25s
Levier d’armement rapide, prévention de la double exposition, réinitialisation du compteur d’images
Cadre délimité par des lignes lumineuses
Indication de l’aiguille de la vitesse d’obturation et de l’ouverture visible sur le côté droit du viseur
Fenêtre en bas à droite pour quelques positions de mise au point sur l’objectif
Poids 340g

Des références : http://www.appaphot.be/fr/brands/konishiroku-konica/konica-c35-v/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-11311-Konica_C35V.html, en français; http://camera-wiki.org/wiki/Konica_C35, http://www.dominicfontana.co.uk/cameras/konicac35v.htm en anglais

Argentique

Le Chinon 35F-A Autofocus

Celui-ci vient encore de la brocante de Champagne sur Oise. Il y en aura encore deux à vous présenter bientôt, pour clôturer cette belle récolte.

L’appareil est complet avec sa gaine, que je dois un peu recoller, mais rien de grave.

J’y mets deux piles AA et … il fonctionne, le flash y compris, chouette.

Franchement, je trouve qu’il a un air de famille avec le Konic C35 AF, vous ne trouvez pas ?

Allez, on va à la pêche aux infos …

Manifestement, ce boitier est sorti en 1979, soit au début de l’autofocus car, si vous vous en souvenez, le Konica C35 AF – pour rappel, le tout premier appareil autofocus au monde – est apparu en 1977.

Au point de vue forme et encombrement, il est aussi très proche du Chinon 35 F EE. Et pourtant, il embarque un obturateur différent parce qu’il est équipé de l’autofocus.

Et parlons-en de cet autofocus car, sans trop de surprise, c’est le Visitronic que le Konica utilise aussi. Je ne vais pas le réexpliquer ici, il est dans l’article consacré à son concurrent (voir ci-dessus).

Il fonctionne pourtant un peu différemment : lorsque l’on appuie sur le déclencheur, une LED rouge s’allume dans le viseur. Cette LED signifie que le système essaie de faire la mise au point (et accessoirement vérifie la pile). Si la LED passe au vert, c’est que ce dernier est acquis.

Mais, en même temps que cette LED, une aiguille, à droite, vient se mettre devant le pictogramme d’une montagne puis elle va descendre vers le pictogramme qui correspond à la bonne distance, et la LED verte s’allume. Le point est fait, vous pouvez faire la photo.

Ce sont les progrès enregistrés sur le système Visitronic qui ont permis que, déclencheur enfoncé à mi-course, ce dernier enregistre la distance, et le réglage se bloque sur celle-ci.

Puisque je mentionnais le viseur, sachez qu’il existe encore une troisième LED, orange, qui est le témoin du flash lorsque celui-ci est chargé.

Le viseur est collimaté, avec lignes pour la correction de parallaxe et un petit cadre qui délimite le champ d’action de l’autofocus.

Les deux piles AA nécessaires au fonctionnement du boitier sont utilisées par le Visitronic, l’obturateur et le flash.

Par contre, le chargement du film, son avancement sont encore manuel. Les moteurs d’entrainement, ce sera pour plus tard, lors de la sortie du 35 F – AM.

Le flash doit être actionné manuellement, via un curseur en façade. Celui-ci est synchronisé à toutes les vitesses supérieures au 1/60s.

Bien évidemment, l’appareil est équipé d’une cellule CdS, sur la face avant de l’objectif, sous le filtre éventuel (diamètre de 46mm). Vous réglez sa sensibilité via une couronne crantée autour de l’objectif (et entre nous , elle est assez sensible aux déplacements). Sa sensibilité s’étend de 25 à 400Asa

De fait, lorsque l’appareil fait la mise au point, la cellule calcule la vitesse de déclenchement et l’ouverture adéquate. L’obturateur travaille entre 1/80s et 1/500s. Exit donc les vitesses lentes !

A part ça, du grand classique donc.

Au rayon des accessoires utiles, le pas de vis pour un trépied et un verrou pour empêcher de déclencher par erreur, un compteur de vue à remise à zéro automatique.

Le levier d’armement est à course relativement courte.

Au niveau esthétique, notons la présence d’un fut d’objectif carré, au lieu des ronds alors usités. J’imagine que ça devait donner un petit côté novateur, le reste des linges étant assez tendues, on restait dans l’esprit.

Ah, un mot encore, au sujet de l’objectif : un Chinonex Color Lens de 38mm ouvrant à f2,8. Des images que j’ai pu voir, il ne semble pas mauvais.

En fait, c’est un appareil un peu « hybride » : son look est encore dans la ligne des appareils des années septante, comme les Canonet ou les Electro 35, Petri 7 mais son cœur devient moderne et intègre une nouvelle technologie (pour l’époque)

Petit résumé en images

Si vous en trouvez-un, à un prix intéressant – c.-à-d. autour des 40€ maximum s’il est complet avec sa gaine – dites-vous bien que l’autofocus de cet appareil date des débuts : il fonctionne, il est précis mais pas rapide et bien moins sensible que nos systèmes actuels. La technologie a vraiment beaucoup évolué depuis, sans même parler des autofocus à détection de phase et dual pixels des numériques.

Personnellement, je trouve que, comme le Konica C 35 AF, c’est un boitier à essayer, pour le plaisir de la découverte. Ou à utiliser car on veut prendre le temps de régler ses images, à son rythme.

Quelques pubs d’époque (merci Collection-appareils).

Des exemples de photos prises avec cet appareil LA.

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Des références : https://www.lomography.com/magazine/19431-chinon-35-f-a-japanese-deadstock-ftw, http://camera-wiki.org/wiki/Chinon_35F-A, https://classicameras.blogspot.com/2009/01/chinon-35f.html, en anglais; https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=10583, https://drquid.pagesperso-orange.fr/PhotoCine/appareils-photographiques/chinon/chinon-35f-a.html, en français

Argentique

L’Agfa Optima Parat ou Sylverfish

Voilà le dernier appareil acheté lors de la foire de Villers Bretonneux.

Si généralement on connait Agfa pour ses camions d’appareils bon marché, comme Kodak, ils ont aussi produit des appareils innovants, aux solutions techniques élégantes, à l’esthétique soignée.

Cet Agfa Optima Parat, surnommé Sylverfish, en est un excellent exemple.

Cet appareil est apparu en 1964, en Allemagne et sera produit jusqu’en 1968.

Tout d’abord, c’est un demi-format, soit un 18×24. Si cela ne saute pas aux yeux quand on voit l’appareil pour la première fois, lorsque vous visez avec, vous êtes face à un viseur « en hauteur », typique de ces appareils.

Tout en métal, très élégant avec cet aluminium brillant et légèrement nervuré sur la face avant, il est « carrossé » comme ces voitures de rêve ou ces caravanes légendaires des années soixante …

Mais ce n’est pas tout, au delà du plumage, il y a le ramage.

Tour d’abord, c’est un 24×36, qui double le nombre de vos photos puisque demi-format.

A ce sujet, il faut savoir qu’un film de 36 vues en donnera donc 72, un 24 vues, 48.

Comme ça risquait d’être long avant d’avoir terminé son film, Agfa a sorti un film baptisé Weekend, un 12 vues qui en donnait 24 ! Malin …

C’est un savant mélange entre la série Parat en 24×36 et les Optima, automatiques. Pour vous donner une idée de la gamme :

modèleproductionprixactualisé
Parat-I1963-68Version simple,
sans posemètre.
168 francs270,79€
Paramat1963-67Identique au Parat-I, mais avec réglage automatique de l’ouverture par le posemètre337 francs543,19€
Optima-Parat1964-68Appareil entièrement automatique, comme les Optima contemporains548 francs883,29€
Je suis confus, je ne me souviens plus d’où j’ai péché cette info, que j’ai légèrement remaniée.

Modèle haut de gamme donc de la série Parat, il est tout automatique et possède un objectif Solinar 30mm f2,8 (jusque f22) à quatre lentilles de haute qualité, sur lequel pouvait venir se monter un complément optique télé AGFA COLOR TELEPAR f2,8 de 55mm du plus effet et très rare. La mise au point minimale est de 0,9mètre. Le réglage de la distance se fait au moyen d’icônes ou selon une échelle gravée sur le fut.

Cet objectif équivaut à un 45mm en « vrai » 24×36.

Son obturateur, un Compur, offre des vitesses de 1/30s à 1/500s plus une pose B.

La cellule, au sélénium, le dispense de piles mais, hélas, elle s’épuise avec le temps, souvent.

Sinon, lorsqu’elle fonctionne, un voyant rouge dans le viseur signale une sous exposition, ou un voyant vert prévient que celle-ci est bonne.

De fait, lorsque vous appuyez à mi-course sur le déclencheur, le voyant adéquat s’allume et le boitier calcule l’ouverture et la vitesse optimale pour la prise de vue.

Heu … je vous rappelle que cet appareil date de 1964 !

Notons encore que l’automatisme est débrayable, ce qui le rend utilisable même lorsque la cellule est HS.

Le viseur est collimaté avec un cadre de visée pour le complément télé-objectif de 55mm et le signal rouge/vert, sur la droite qui signale l’exposition correcte.

Mais voyons comment il fonctionne de plus près.

Pour mettre un film dans la chambre, il faut déverrouiller le verrou sous la semelle. C’est tout le dos de l’appareil qui s’escamote. Notons la présence de gorges profondes pour glisser les deux parties l’une dans l’autre, assurant de la sorte une excellente étanchéité à la lumière. Remarquons aussi, en passant, la qualité des matériaux.

Une fois le film en place, ne pas oublier de noter la sensibilité de celui-ci, grâce à la molette au dessus de l’appareil. Celle-ci est exprimée en Asa et en Din (nous sommes en Allemagne). Une piécette est nécessaire pour tourner le bouton.

Ah, et n’oubliez pas de positionner le compteur sur le nombre de vues que vous allez prendre (pour rappel, un film de 36 = 72, un de 24 = 48, etc.). Le compteur va « décompter » les vues restantes au fur et à mesure des prises.

Il faut mettre le chiffre sur la flèche rouge, vous l’avez deviné.

Le petit levier d’armement à une course très courte, silencieuse, un régal. Et, ce qui ne gâte rien, il est particulièrement discret, bien intégré dans la carrosserie.

Le déclencheur est positionné sur la face avant. Il faut l’appuyer vers le bas pour prendre une photo. Particularité : si vous le descendez à mi-course, il enclenche la cellule qui vous donne le signal rouge (sous ex) ou vert (ok), puis vous appuyez à fond pour capter l’image.

Il manque une petite plaquette métallique sur le devant du déclencheur.

Toujours sur le dessus de l’appareil, un discret bouton marqué « R », qu’il faut faire tourner pour pouvoir rembobiner le film en fin de course.

A côté, la griffe pour le flash, avec contact central pour la synchronisation au 1/30s.

Vous avez vu, c’est compact et bien étudié.

Sur la face avant, la large « fenêtre » qui cache le viseur et la cellule, tout à gauche (face à l’appareil). Celle-là, il faut la protéger autant que faire se peut de la lumière si l’appareil n’est pas utilisé, pour l’économiser (cellule au sélénium).

Le signal vert/rouge ne se met en route que sur le mode automatique. Je l’ai découvert par hasard, pensant que la cellule était HS. Quelle ne fut pas ma joie de voir apparaitre le point vert alors que j’avais changé la position de la bague de réglage sur A.

Comme on peut débrayer le mode, l’appareil déclenche quand même, ce qui m’a induit en erreur. Vous serrez alors sans doute au 1/30s sur f2,8.

Je reviens un moment sur les optiques présentes. Celle de base est un 30mm ouvrant à f2,8, un Agfa Color Solinar. Si vous regardez bien la photo ci-dessous, vous verrez une couronne crénelée. C’est sur celle-ci que se place le complément optique, qui se vise ensuite sur le pas intérieur de l’objectif.

Sans doute a-t-il existé un étui spécial pour remiser le complément optique car je me dis qu’avec la protubérance du bloc arrière, il faut le manipuler avec précaution (tiens, comme le Jupiter 12, par exemple). Comme je ne l’ai pas, je le laisse monté sur le boitier.

Et pour tout vous dire, c’est lui qui m’a fait de l’œil quand j’ai vu l’appareil pour la première fois : ce grand rond limpide, qui me fixait de son regard froid.

A savoir, un autre complément, un « close up » appelé Natarix, existait aussi, accompagné d’un viser spécifique.

Petite remarque utile me semble-t-il : la fenêtre de visée est en « mode portrait », ce qui veut dire que si vous voulez prendre une photo en « paysage », vous devrez tourner l’appareil en vertical !

Faire la mise au point est simplifiée, grâce aux symboles, qui sont reportés ensuite sur les distances (vous utilisez l’un ou l’autre).

L’avantage de ce système, c’est que vous pouvez vous positionner entre deux pictogrammes, la distance sera justement reportée en dessous pour plus de précision si besoin.

Dans le viseur, les lignes sont bien marquées. Elles délimitent le cadre de la photo au 30mm, plus celles (plus à l’intérieur) du 55mm et il y a encore des lignes pour la correction de la parallaxe en cas de photographie à courte distance, soit sous le mètre.

Sur la droite, le marqueur rouge/vert indiquant si l’exposition est juste.

Le mode d’emploi fait remarquer qu’il faut au moins une seconde au posemètre pour analyser correctement la luminosité, le temps d’appuyer à mi-course sur le déclencheur en fait (pas mal en 1964, sans pile !).

Maintenant, si vous devez utiliser le flash, vous devez quitter la positon automatique en tournant les bagues autour de l’objectif.

Petit résumé des fonctions de l’appareil

De ce que j’ai pu lire à son sujet, il est très intéressant de l’utiliser en mode automatique, ce pour quoi il a été conçu. En tout cas si vous avez un exemplaire dont la cellule est toujours fonctionnelle, comme ici.

Beaucoup de photographes s’amusent avec le demi-format pour constituer des diptyques, voire des triptyques (il n’y a pas de limite en fait). Vous remarquerez alors un demi-rond sur le négatif, qui est comme la signature de l’appareil.

Source : Photothinking

Vous trouverez encore des exemples de photos ICI.

Que retenir de cet Agfa Optima Parat ?

Il est agréable à tenir en main. On sent la qualité de sa fabrication au poids (470gr nu) sans que ce soit gênant Un peu glissant sans doute avec ce beau métal brillant, mais on s’y fait vite.

Au rayon des regrets, il n’est pas pourvu d’œillet pour y attacher une lanière. A l’origine, il était équipé d’un « sac tout prêt » en deux partie, qui possédait ces lanières de portage. Un trouver un serait un must.

Une solution intermédiaire serait de lui ajouter une dragonne fixée par en dessous, au niveau du pas de vis du trépied.

De toute manière, pour préserver sa cellule, il faut le remettre dans un petit sac lorsqu’on ne s’en sert pas.

Autre désagrément, la vitesse maximale des films est de 250Asa. A l’époque, les films n’étaient pas encore « rapides ». Il faut en tenir compte si vous achetez des films pour l’utiliser.

Au delà de son esthétique, que je trouve très belle – et pourtant, j’ai toujours un faible pour les boitiers en noir ! – et comme hors du temps, sa « mécanique » était à la pointe dans les années soixante.

A cette époque, Agfa, comme son concurrent Kodak, fabriquait encore des appareils solides, élégants, innovants.

Ne me faites pas écrire ce que je n’ai pas écris : les années qui viendront ensuite verront chez ces deux marques une quantité astronomique de petits appareils, faciles, bon marché, non dénués d’innovation, qui ouvriront au plus grand nombre les joies de la photo de loisir. Ce qui fut, en soi, une bonne chose.

Mais la qualité de ce modèle ne se retrouvera plus alors.

J’ai la chance d’avoir pu essayer et vous présenter un très beau modèle, toujours entièrement fonctionnel et, qui plus est, équipé d’un complément optique rare de nos jours.

En trouver un relève de la chance et le prix s’en ressent. Comptez au minimum 60€ pour un très bel exemplaire fonctionnel, au moins 100€ s’il possède un complément optique et plus de 150€ s’il est complet, c.-à-d. avec sa gaine, ses deux compléments optiques et le viseur du close-up.

Utiliser ce genre de boitier est une expérience qu’il faut tenter, pour le plaisir, rien que le plaisir.

Petite video d’illustration

Pour le mode d’emploi, c’est en dessous.

Quelques pubs d’époque (merci Collection-appareils)

Photo-Plait 1964
Grenier-Natkin 1965
Photo-Hall 1966, intéressant car montre les concurrents de l’époque.

Un brin de technique :

Production1963-1968 – AGFA AG
Type de film135
Format image18×24
BoîtierElégant boîtier en métal fondu entièrement garni de métal satiné ou chromé.
ObjectifCOLOR SOLINAR f:2,8/30mm. Mise au point par rotation de la frontale à partir de 0,9m (mètres, pieds et symboles)
Un complément télé AGFA COLOR TELEPAR f:2,8/55mm est prévu en option ainsi qu’un « close up » avec son viseur spécifique, le Natarix.
ViseurOptique, avec cadre lumineux + repères pour la parallaxe et repères pour l’utilisation du complément optique 55mm.
Signal vert dans le viseur indiquant la bonne exposition.
ObturateurCOMPUR automatique du 1/30e au 1/500e couplé à la cellule. Débrayable pour le flash et la pose B.
Déclencheur sur la face avant avec filetage pour souple ou retardateur mécanique
PosemètreCellule au Sélénium pilotant l’automatisme programmé de 1/30s à f2,8 au 1/500s à f22. Réglable de 12 à 24 DIN (max. 250 Asa) .
FlashSynchro-flash par contact central dans la griffe standard sur le capot. Système de réglage automatique par affichage du nombre guide dans une petite fenêtre sur le côté de l’obturateur.
Poids, dimensions 470 gr nu
DiversDeux petites fenêtres sur le dessus de l’obturateur laissent apparaître la valeur de diaphragme (en mode flash ou pose B) et le choix du mode : Auto, flash ou B.

Des références : https://www.philcameras.be/agfa-optima/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-535-Agfa_Optima-Parat.html en français; https://photothinking.com/2020-12-16-agfa-optima-parat-half-frame-jewel/, https://johnnymartyr.wordpress.com/2018/11/01/a-rave-review-of-the-agfa-optima-parat/ en anglais; https://www.photo-foto.eu/agfa/agfa-optima-sensor/agfa-optima-parat/, en allemand

Argentique

Le Petri Computor 35

Ah, celui-ci vient de la brocante de Champagne sur Oise que j’ai évoquée dans l’article que vous trouverez ICI.

Il était dans une house, malheureusement en très mauvais état. L’appareil lui est beau, un peu poussiéreux, mais sans plus.

Impossible de le tester car manifestement, sans pile il ne fonctionne pas. Allez, je prends le risque, il a une bouille sympa !

Et, de plus, il a une forme qui rappelle vaguement d’autres appareils de l’époque, comme les Yashica Electro 35, le Minolta Hi-Matic F par exemple.

Alors voilà, maintenant que j’ai un peu de temps, je le reprends et je vais essayer de vous l’expliquer.

Son modèle, déjà, nous indique son époque : 1970, celle où les appareils électroniques avaient encore quelque chose de moderne, de futuriste. Computor, ça fait « tendance » et – accessoirement – référence à son obturateur électronique, nous y reviendrons.

Sorti donc en 1970 et produit jusqu’en 1974, alors même que d’autres modèles ultérieurs l’ont suivi, comme le Computor II de1972 à 74, le Computor III (qui l’eut crû !) à partir de 1974 (mais moins bien fourni que son aïeul toujours vendu), il est produit en noir et en chromé (mais vous ne connaissez, c’est le noir que je préfère).

Ce qui m’avait intrigué quand je l’ai pris en mains, c’est le sigle sur la face avant, qui me rappelait celui apposé sur les Yashica Electro 35 et suivant.

Ce sigle, ou symbole, indiquait que l’appareil était « électronique ».

De fait, si vous regardez bien la photo ci-dessus, vous voyez sur le dessus de l’objectif, un petit « œil », celui de la cellule, une CdS.

Cet emplacement est toujours judicieux car si vous montez un filtre sur l’objectif, la cellule en tient automatiquement compte.

Cette cellule se règle de 25 à 800 Asa (eh oui, à l’époque, les films n’étaient pas encore « rapides ») grâce à une bague sur l’avant de l’objectif.

Puisque nous sommes sur ce dernier, c’est un C.C. Petri de 40mm ouvrant à f2,8. Vous y découvrez aussi la bague d’ouverture, marquée de f2,8 à f22 et de deux lettres en vert, EE, pour exposition électronique.

L’ouverture et la vitesse d’obturation sont sélectionnées en fonction du posemètre. De fait, les réglages d’ouverture manuelle sont destinés à un usage du flash, la vitesse d’obturation étant alors réglée sur 1/30s.

L’obturateur est donc électronique – comme je le faisais remarquer plus haut, sans piles, point de salut ! – et il donne des vitesses de 4s à 1/250s. Deux LED, une verte et une rouge, indiquent si la vitesse sélectionnée est plus ou moins que 1/30s, limite du risque de bougé.

Tant qu’à faire le tour du boitier, vous verrez qu’il est équipé d’un sabot avec prise centrale synchro X et il possède aussi une prise PC . Le compteur de vue, classique avec remise à zéro automatique, est aussi au dessus. A côté du sabot, les deux LED indicatives.

En dessous, rien de spécial : la trappe à piles (2LR44), le filetage pour un trépied, le bouton pour débrayer lors du rembobinage.

Juste aussi le rappel discret, sur le fut de l’objectif, que cet appareil est japonais.

Ce Petri 35 Computor est un télémétrique, avec un télémètre couplé, que vous actionnez avec la bague de mise au point, munie d’un « doigt » pour une meilleure préhension. Le patch, jaune, se déplace dans le viseur jusqu’à ce que vous fassiez coïncider les 2 images.

Le viseur est collimaté, sans rappel de correction de la parallaxe. Les deux LED du dessus sont présentes aussi dans le viseur.

Pour le charger, c’est facile : abaissez le verrou sur la tranche gauche et le dos s’ouvre.

Vous glissez la bobine dans la chambre, tirez l’amorce jusqu’à la bobine réceptrice, largement fendue, actionnez une fois l’armement pour faire prendre le film, en vérifiant que vous êtes bien aligné sur les roues dentées, et vous refermez. Encore deux « tirs » à blanc, et vous voilà prêt à sortir.

Bon, n’oubliez pas de régler la sensibilité sur la bague avant de l’objectif sinon le posemètre intégré sera induit en erreur.

Que penser de cet appareil finalement ?

Esthétiquement, il est beau (mais la beauté est subjective !), surtout en noir. Techniquement, il n’est pas mal avec son obturateur électronique, son télémètre couplé, sa cellule judicieusement placée, son encombrement réduit (à peu près la taille d’un Yashica GX).

On peut lui reprocher sa vitesse maximale, un peu limitée (1/250s) mais d’autres ne font guère mieux à l’époque. Ou son viseur, un peu avares en informations, mais encore une fois, les concurrents ne font pas mieux et lui peut compter sur ses deux LED indicatives.

Ou son ouverture de f2,8 un peu faible ? Là, c’est vrai que les concurrents faisaient mieux tels les Yashica avec leurs ouvertures à f1,7, le Minolta aussi mais ce n’est pas rédhibitoire.

De ce que j’ai pu découvrir, et les exemples sont ci-dessous, les images qu’il délivre ne sont pas mauvaises du tout. Elles ont le charme des appareils télémétriques fixes des années septante.

Si vous en trouvez un en très bon état, 50€ me semble un juste prix pour que vous puissiez l’emporter. Dites-vous encore que le modèle n’est pas très courant.

Récapitulatif des images

Des exemples de photos prises avec cet appareil LA et dans la video ci-dessous

Pub d’époque (merci Collection-appareils)

Grenier-Natkin 1972

Phokina 1972-73.

Petite video d’illustration

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Petri_Computor_35, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Petri_Computor_35, https://en.wikipedia.org/wiki/Petri_Camera en anglais; https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-11404-Petri_Computor%2035.html, http://www.fexmania.fr/picture.php?/1299 en français

Argentique

L’Hanimex 35 SF

C’est bien évidemment encore au hasard d’une caisse dans une brocante que je me suis baisé pour pécher ce petit compact, à mon avis, très typé année 80.

Petite vérification rapide, il ne manque rien, un peu de traces d’oxydation sur les contacts des piles, mais rien de bien méchant, le dos s’ouvre bien, verrou intact.

Allez, petite négociation et il atterrit dans le sac à dos.

Reste à trouver des infos à son sujet car, de mémoire, Hanimex était le nom d’une société créée par Jack Hannes pour importer en Australie des appareils photographiques européens. L’origine du nom est l’abréviation de « Hannes Import Export ». Cet importateur, comme son homologue allemand Quelle, re badgeait des appareils sous sa marque.

D’abord des appareils allemands (Dacora, Fineta, p.ex.) et est-allemand (Pentacon), quelques japonais (Topcon) puis divers appareils et accessoires chinois.

Ceux qui ont plus de vingt ans se souvienne sans doute de cette marque, présente avec des 35mm, des 110, quelques reflex re badgés, des objectifs, des zooms, des flashs, etc. In fine, l’entreprise sera absorbée par Fujifilm Australia en 2004.

Alors, pour tout vous avouer, je n’ai trouvé qu’un minimum d’infos sur Collection-appareils.

Bon, c’est un début. Cet appareil est sorti en 1985.

Pourquoi l’ai-je pris ?

Parce qu’il me rappelait vaguement des appareils assez semblables que je vous ai présentés. Je songe notamment au Canon MC ou au Canon Snappy 20, le Ricoh TF-900, le Ricoh FF-70, voire l’Olympus AF-1 ou même un Olympus Trip MD.

Il semblerait être basé sur le Halina Flash 300, qui a donné naissance à un Hanimex 35 S, c-à-d. le même que celui-ci mais dépourvu des LED de sur ou sous exposition car sans posemètre.

Donc, notre Hanimex 35 SF est un « point and shot » avec un objectif fixe de 35mm ouvrant à f4,5. On ne peut modifier que la sensibilité du film, le reste est affaire de l’appareil.

De fait, ce petit boitier est tout automatique : lorsque vous placez le film dans la chambre, en refermant le dos de l’appareil, il charge ce dernier et l’amène à la première vue.

Ensuite, vous réglez la sensibilité du film, grâce à une réglette graduée de 100 à 400 Iso.

Et pour prendre une photo, vous visez, vous estimez l’ouverture souhaitée en fonction de petits symboles tels que soleil, nuage, sombre, besoin de flash, etc. et vous appuyez sur le déclencheur.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est Hanimex-35SF-8-1024x681.jpg

La cellule est bien visible, à côté du viseur, le petit cercle.

Si l’exposition est trop basse, une LED indique que vous devez mettre le flash en route. Une LED verte indiquera quand celui-ci est chargé.A

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est Hanimex-35SF-6-1024x681.jpg

Et c’est tout !

L’appareil détermine la meilleure ouverture et la meilleure vitesse (maximum 1/125s semble-t-il) en fonction de la sensibilité du film et de la lumière ambiante (ah, le fameux « triangle d’exposition » mis en équation !)

Le viseur est clair sans être exceptionnel. Seul le cadre est indiqué, avec deux lignes pour la correction de parallaxe. Pas de rappel de la vitesse ou de l’ouverture, c’est un appareil clairement dédié aux amateurs qui ne veulent pas se compliquer la vie !

Petit, agréable à prendre en main, notamment grâce au petit bossage à l’avant droit, qui abrite les deux piles AA, c’est typiquement le petit compagnon qu’on glisse dans un sac, pour le cas où ….

Il bénéficie quand même de quelques aménagements utiles, comme le volet de protection de l’objectif, coulissant, et d’un compteur de vue, curieusement placé sous l’appareil et d’un filetage pour l’installer sur un trépied (oui, enfin, il n’y a pas de retardateur).

Que retenir de ce petit Hanimex 35SF ?

Paradoxalement, qu’il est assez rare et donc « collectionnable » même si je persiste à penser qu’il serait mieux dans une poche ou un sac, chargé d’un film.

Si vous en trouvez un en (très) bon état, ne dépensez pas plus de 20€. C’est évidemment un appareil d’entrée de gamme, tout en plastique, qui a son petit charme mais sans plus.

Des références : https://en.wikipedia.org/wiki/Hanimex, https://filmphotography.eu/en/hanimex-35s/ en anglais; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1139.html en français.

Argentique

Le Canon AL-1, bis

Si vous vous en souvenez, Olivier nous a déjà présenté cet appareil ICI.

Il se fait que, finalement, j’ai pu en acquérir un à prix très raisonnable car il était inutilisable.

Cet article va donc reprendre quelques points du précédant (pour ceux qui ne veulent pas aller relire l’autre article, au demeurant fort bien fait) mais va aussi entrouvrir des options différentes.

Mais reprenons un peu le fil du temps : le Canon AL-1 est apparu en mars 1982, dernier de la série A de Canon, qui débutait en 1976 avec l’AE-1. Il fut aussi l’un des derniers à utiliser la monture FD, bientôt remplacée par celle que nous connaissons encore, la EF (1985), celle des Eos (qui, soit dit en passant, disparait au profit de la RF, celle des hybrides, Canon – tout comme Nikon – ayant décidé, avec retard, de se lancer exclusivement dans l’hybride. De nos jours, seul Pentax offre encore une gamme intéressante de « vrais » réflex avec sa monture historique, la K).

Je le qualifierais d’appareil de transition car s’il possède un système performant de confirmation de la mise au point par détection de phase, il n’est pas autofocus. Ça se sera pour le T80 qui le remplacera.

Le AL-1 permet de faire une mise au point assistée tout en gardant les objectifs classiques de la gamme FD (et ils sont nombreux !).

Si vous combinez cette particularité à l’exposition automatique, à priorité ouverture, vous avez là un appareil finalement assez avancé qui non seulement simplifie l’exposition mais aussi la mise au point (composition). Bref, l’appareil idéal pour le photographe amateur.

Cette orientation se remarque aussi, par exemple, dans la gamme des vitesses : l’obturateur est réduit et ne propose que les vitesses de 1/15, 1/30, 1/60 ( synchro flash), 1/125, 1/250, 1/500, et le 1/1000ème plus la pose B. Exit donc les vitesses vraiment lentes.

Pour le reste, il fonctionne en mode automatique ou manuel.

Je reviens un instant sur les lettres « qF » qui sont en façade : elles signifient « quick focus ». Répétons-le, ce n’est pas un autofocus mais une assistance à la mise au point.

Source : Mike Eckman

Deux diodes rouges, sous forme de flèche, indique dans quel sens tourner l’objectif pour être net, et dans ce cas, une troisième diode, ronde et verte, s’allume, confirmant que c’est ok.

Comment cela fonctionne-t-il ?

Le miroir possède un réseau complexe de motif semi-transparent, qui laisse la lumière atteindre un « sous-miroir », qui pointe vers une ligne de 3 capteurs CCD nichés au fond de la chambre à miroir.

Comme pour les appareils modernes, ce système utilise une détection de contraste pour aider à la mise au point. C’est un vrai précurseur dans le domaine.

Cela fonctionne-t-il bien ?

Oui dans la grande majorité des cas. Cependant, les forts contrastes, la faible luminosité, les contre-jours, les tons sur tons vont poser problème. Mais ça n’empêchera pas le photographe de faire sa mise au point avec le dépoli et de faire la photo.

Finalement, c’est un appareil qui pourrait être tout à fait sympathique, sauf que …

Sans piles, point de salut ! Et les piles, deux AAA toutes simples, c’est le cauchemar de cet AL-1.

Enfin, pas les piles en elles-mêmes mais le compartiment dans lequel elles se trouvent. Notez que l’idée était bonne, au départ : un léger grip – le compartiment des piles – posé sur l’avant assurait une très bonne tenue de main, mieux même que sur ces frères (AE-1 et consorts) mais, saperlipopette, pourquoi Canon a-t-il mis là la pire porte de trappe à piles qu’il ait jamais conçu ?

Elle est d’une fragilité légendaire car non seulement le « verrou » en plastique se brise, mais la partie métallique, qui assure les contacts électriques, se fait généralement la malle, rendant l’appareil inutilisable …

… sauf si vous savez un peu bricoler !

Celui que j’ai acheté souffre de cette tare : le verrou est cassé mais j’ai la chance d’avoir encore la plaquette métallique.

Armé d’une petite perceuse, j’ai entamé la poignée pour pratiquer une fente, dans laquelle j’ai glissé un bout de ferraille (récupéré sur une structure métallique de film Polaroid !), et l’extrémité de cette languette vient bloquer la porte, assurant un bon contact électrique (j’avais essayé avec un bout de gaffer, mais la pression n’était pas suffisante pour assurer un bon contact). Le bout est replié vers la poignée et entouré d’un morceau de gaffer à tout faire.

Ce n’est sans doute pas le moyen le plus élégant pour corriger le problème mais il ne coûte rien et ça fonctionne !

Ce bel AL-1 qui risquait de terminer sa vie en presse livre, sur une étagère, marche de nouveau parfaitement bien, et comme c’est un priorité ouverture, j’avoue qu’il a ma préférence dans la gamme des Canon A.

D’autant que ce boitier – réalisé en polycarbonate de très belle qualité, on croirait qu’il est tout en métal – est confortable sans être très léger (490gr nu). Son ergonomie est soignée avec la petite poignée du porte-pile, son levier d’armement qui se prolonge vers le déclencheur, assurant une excellente prise, voire même une certaine rapidité pour ré-armer.

Source : Peter Vis

A son époque, seuls quelques appareils presque confidentiels comme le très rare Minolta X-600, le Pentax ME F et Olympus OM-30, proposaient une assistance à la mise au point utilisant des objectifs à mise au point manuelle. Le Canon AL-1 fut le plus produit et le plus vendu.

Il sera aussi un formidable banc d’essai pour Canon car il inspirera sans aucun doute les recherches qui donneront lieu à la création de l’Eos 650 (1987), salué comme étant l’appareil avec la meilleure mise au point de l’époque, au grand détriment des concurrents tels que Minolta et Nikon.

Petite particularité toutefois : l’aide à la mise au point ne se fait qu’au milieu de l’image. Si vous voulez décentrer celle-ci il faut maintenir le déclencheur enfoncé à mi-course et recomposer votre image avant d’appuyer à fond pour prendre la photo.

Autre petit point auquel faire attention, les objectifs FD que vous allez utiliser. Les plus anciens ont une position A (automatique), qui était destinée à l’automatisme des AE-1 (priorité vitesse). Ici, lorsque vous modifiez l’ouverture de votre objectif, le boitier calcule la vitesse la plus appropriée. Sur les AE-1 et consort, c’est l’inverse. Ne laissez donc pas ces objectifs sur le A sinon vos images seront exposées à l’ouverture minimale de ces derniers (f16 ou f22 souvent).

Cette remarque est également valable pour les AV-1, eux aussi à priorité ouverture (mais non débrayables eux).

En résumé, un très bon appareil dans la veine de la série des Canon A, automatique ou manuel (vous choisissez alors vous-même la vitesse), compatible avec toutes les optiques en monture FD et New FD – à privilégier (et même FL avec un adaptateur), qui utilise des piles ultra basique (deux AAA), qui vous assiste dans la mise au point et qui le fait très bien.

S’il n’était affublé de cette satanée porte du compartiment à pile qui ne demande qu’à se caser, il serait parfait.

La pièce n’existe plus mais avec un peu d’astuce, on peut y remédier et remettre en service de beau joujou. Il se dit qu’avec un Winder A1 ou A2 (moteur de réarmement), bien serré au boitier, ça tient aussi la trappe en place, ça alourdit juste un peu la silhouette et le poids de l’ensemble … A voir aussi avec un plateau Arka Swiss, qui pourrait bloquer la trappe, les solutions existent.

Alors, si vous en trouvez un en parfait état, prenez-le, vous ne le regretterez pas. Et si celui que l’on vous propose n’a plus de quoi fermer le compartiment piles prenez-le aussi, vous pourrez toujours en faire quelque chose et le remettre en route à peu de frais.

Et pour économiser les piles, n’oubliez pas de remettre le sélecteur sur L (en rouge, lock) quant vous en avez terminé.

Une petite video promotionnelle d’époque

Caractéristiques principales :

Reflex mono-objectif 24×36 mm à exposition automatique réglée électroniquement
Objectifs utilisables : FD et la plupart de la série FL
Objectif standard : FD 50 mm f/1.2, 50 mm f/1.4 ou 50 mm f/1.8
Monture baïonnette Canon
Viseur prismatique, fixe
Champ 92% verticalement, 93% horizontalement de l’image réelle
Grossissement 0,87x avec objectif standard réglé sur l’infini
Réglage dioptrique de l’oculaire : -1 dioptrie
Verre de visée : dépoli laser avec collimateur de mise au point
Mesure de la lumière à travers l’objectif
Exposition automatique : priorité à l’ouverture
Système de mise au point rapide : à travers l’objectif et faisant appel à trois capteurs CCD; infos relatives à la mise au point calculées et affichées par micro-ordinateur
Témoins de mise au point : 3 LED, rouge flou (mise au point trop courte), vert net, rouge flou (mise au point trop longue)
Déclencheur électromagnétique bi-étagé.
Vitesses d’obturation : réglage auto en continu de 2s à 1/1000 s. Réglage manuel 1/1000, 1/500, 1/250, 1/30, 1/15 et « B »
Retardateur électronique délai de 10s commandé par le déclencheur
Exposition auto au flash


Système Quick Focus :
Le système recherche le pic de contraste de l’image obtenu par trois rangées de capteurs CCD linéaires
L’exposition est commandée par une cellule photo-électrique TTL au silicium. Le Canon AL-1 QF dispose d’une mesure intégrale à prédominance centrale.


Une publicité d’époque (merci Collection-appareils)

Cette pub Phokina 1982-83 est intéressante car elle présente la gamme Canon de l’époque.

Des références : https://en.wikipedia.org/wiki/Canon_AL-1, https://mikeeckman.com/2018/03/canon-al-1-1982/, https://www.canonclassics.com/canon-al-1/20-13/, https://www.petervis.com/Cameras/canon-al-1/canon-al-1-review.html, https://global.canon/en/c-museum/product/film106.html en anglais; https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-10263-Canon_AL-1%20QF.html, https://www.fou-du-canon-f-1.net/appareils-canon-apres-le-f-1/canon-serie-a/(vous y trouverez aussi une autre technique de réparation), en français.

Belles rencontres

Mori Film Lab, vous connaissez ?

Vous le savez, j’ai toujours un faible pour les belles histoires, celles qui naissent d’une rencontre, souvent.

Ici, j’avais publié une annonce sur un site de vente entre particuliers, pour vendre les appareils que je vous ai présentés et qui encombrent mes armoires, ma table, mon bureau … Et j’ai été contacté par Raphaël, qui désirait venir voir ce que je proposais.

Rendez-vous fut donc pris.

J’avais remarqué qu’il représentait une société, Mori Film Lab, à Forest (Bruxelles) et j’ai donc un peu farfouillé sur leur site.

Ce qui avait retenu mon attention c’est le professionnalisme que je pressentais derrière les mots, les images.

Mais commençons l’histoire !

Il était une fois … deux amis, unis comme deux frères, Raphaël et Cole, qui vivent à Melbourne (Australie). Comme beaucoup de plus jeunes, ils ont découvert le monde de l’argentique en empruntant les vieux reflex de leurs parents, et ils y ont pris goût.

Ils ont travaillé au labo FilmNeverDie (tout un programme car pour ceux qui ne pratiquent pas la langue de Shakespeare cela veut dire « le film ne meurt jamais »), sans doute le labo argentique le plus connu d’Australie. C’est là que le fondateur historique du labo, Gary, les prend sous son aile et leur apprend comment gérer un laboratoire moderne.

Devenus tireurs expérimentés, ils murissent doucement leur propre idée, celle de leur propre labo « idéal » : Mori Film Lab se peaufine.

De retour au pays de Jacques Brel, ils se lancent dans l’aventure.

Trois grands axes se profilent :

  • le laboratoire proprement dit avec leur « sainte trinité » du développement, à savoir la qualité du travail, la rapidité tout en restant abordable
  • la vente d’appareils analogiques révisés et garantis 6 mois
  • la création d’une communauté de photographes

Bon, c’est bien d’avoir des idées mais il faut trouver les fonds, et nous ne sommes pas en Australie. Dès lors, ils lancent un appel sur KissKissBankBank.

Et ça marche ! Des centaines de personnes répondent et font les dons nécessaires au lancement de cette aventure et après des mois de travail, le labo Mori Film Lab ouvre ses portes le 15 décembre 2020 à Bruxelles, plus précisément à la Rue du Croissant 66B, 1190 Forest.

Voilà, voilà … et lorsque je vous parlais de professionnalisme, il s’est avéré lors de notre rencontre : sens du détail, connaissance du matériel, connaissance du marché, volonté de proposer le meilleur. Nous avons donc pu conclure la vente d’appareils qui se retrouveront bientôt sur leurs étagères et qui feront le bonheur de nouveaux photographes.

Car, outre la vente, le développement, je vous ai cité la création d’une communauté de photographes. Des amateurs, voire même des professionnels qui aiment travailler avec les sels d’argent et qui partagent cet engouement.

Des activités ludiques sont ainsi organisées régulièrement (le mieux étant de vous abonner à leur « newsletter ») qui soudent cette petite bande : des sorties photos, des expos dans leurs locaux, des cours pour apprendre à développer, la possibilité de tester un vieil appareil, des conseils de réparations quand c’est possible, etc.

Bref, une jeune entreprise qui mérite d’être connue et encouragée car si l’argentique semble intéresser de plus en plus de monde, surtout les plus jeunes qui y découvrent un monde plein de surprises, il y a finalement peu d’endroit où trouver les réponses utiles à une bonne pratique.

Déjà celle du choix de son boitier, du/des films, leur développement et la photographie en elle-même, avec des conseils avisés.

Vous savez maintenant à qui vous adresser …

Les nouveautés en un lieu

Connaissez-vous le leporello ?

Alors non, ce n’est pas le valet de Don Juan mais plutôt un livre « accordéon », qui se déplie pour présenter soit du texte, soit des images, soit – comme ici – des photos.

Pour la petite histoire, le nom de ce carnet est un clin d’œil au personnage Leporello, qui dans le premier acte du Don Giovanni de Mozart montre à Elvire la liste des conquêtes de son maître Don Juan, énumérées sur un papier plié en accordéon sans fin.

C’est lors d’un stage organisé à la bibliothèque provinciale de La Louvière la semaine du 27/02 au 03/03/23 que j’ai découvert ce terme et ce qu’il cache.

Etaient réunies une dizaine de personnes, de tous âges et horizons pour fabriquer notre premier livre dépliant.

Les lundi et mardi seront consacrés aux prises de vue, le long du Canal du Centre. Nous allons rencontrer des ouvrages d’art assez exceptionnels, comme l’ascenseur à bateaux de Strépy-Thieu, les anciens ascenseurs et le Pont Canal du Sart, sans oublier la Cantine des Italiens, autre lieu historique de l’immigration qui fit la richesse des mines wallonnes.

Le temps était splendide, un ciel bleu et … un vent glacial ! Mais armés de nos bonnets, gants, écharpes et boitiers bien chargés, nous avons fait moisson de vues qui allaient alimenter notre livre.

Retour au chaud et débriefing de la journée : pour demain, nous devrons sélectionner les 10 premières photos qui seront le point de départ de notre travail.

Dès mercredi matin, nous attaquons la maquette de celui-ci : l’animateur nous avait imprimé les photos que chacun avait sélectionnées, aux dimensions choisies, en N/B ou en couleurs, selon les sensibilités des uns et des autres.

C’est là que nous commençons à comprendre que ce n’est pas si simple que prévu : il faut prévoir les séquences, le rythme que l’on veut donner, les respirations éventuelles (page blanche), l’endroit où vont se positionner les pliures et puis, il faut construire les « passes-partout » qui donneront la tenue de l’ensemble.

Cutters et règles en métal (la boîte de pansements n’était pas loin, au cas où !), crayons et gommes, nous avons calculé – ou pas d’ailleurs, selon l’humeur de certain, coupé, recommencé, collé, décollé, … bref, refait cent fois sur le métier …

Et nos livres ont commencés à prendre forme … dans les rires et la bonne humeur.

Enfin l’animateur a imprimé sur papier photo de qualité nos épreuves : nous allions pleinement réaliser notre premier livre accordéon, notre premier leporello.

Après les tâtonnements des maquettes, venait le temps de vraiment réaliser LE livre.

Appliqués et consciencieux, nous avons repris nos lames tranchantes (la boite de pansements était toujours là, proche), nos règles et équerres, le papier collant, le « double face », la colle en bombe …

Petit à petit, les livres prenaient forme, avec parfois des ratés tels qu’il fallait faire appel à la débrouillardise pour sauver la réalisation. Mais avec un peu d’humilité, des fous rires et un brin d’astuce, tout le monde aura un livre original.

Que retenir de ce stage enrichissant ?

Outre les rencontres, les échanges toujours riches entre gens de bonne volonté et à la passion commune, que nos photos méritent d’être mises en valeur et que le leporello est un instrument fort pour montrer nos travaux.

L’utilisation des appareils numériques produit une quantité énorme d’images, trop souvent remisées dans la carte mémoire ou le disque dur d’un ordinateur, la mémoire d’un smartphone. Et finalement, nous ne les montrons pas assez, pas avec le « panache » qu’elles méritent.

Comme le proclame Philippe (Filimages) : « à quoi servent les images que l’on ne montre pas ? »

Le leporello est une réponse pour nous inciter à modifier nos habitudes et à trouver des moyens élégants de mettre nos photos, nos histoires en valeur.

Personnellement j’ai adoré ce stage et trouvé là un moyen de publication épatant.

Argentique

L’Olympus OM 707, suite avec un 35 – 70 Photoline

Voilà, voilà, comme prévu, l’ami Pierre a retrouvé un objectif pour l‘Olympus OM 707 que je vous présentais il y a quelques temps.

Il s’agit d’un Photoline 35 – 70mm ouvrant de f3,5 à 4.5 traité multicouches. Il a bien servi mais il est parfaitement fonctionnel et va me permettre d’aller un peu plus loin dans la présentation du boitier.

Source d’un modèle d’illustration, Ebay.

J’avoue qu’une fois monté sur l’appareil, l’ensemble est très cohérent.

J’allume l’appareil et en avant pour le test …

Comme ce n’est pas un objectif Olympus AF , le levier qui doit opérer l’avance ou le recul de l’objectif n’est pas efficient. Ici, je règle la distance et la focale à la main.

En soi, ce n’est pas gênant et même plus confortable que de le faire avec le pouce sur un curseur quand on a l’œil au viseur : tourner une bague est plus « naturel ».

Quoique … en reprenant le boitier en main, si j’enfonce la touche AF/PF, je peux faire varier la focale avec le curseur mais alors l’objectif ne fait plus la mise au point !

les commandes AF/PF, celle du flash, le drive et le retardateur

Seconde remarque, le viseur est large, clair et, dans le coin supérieur gauche, une petite fenêtre indique l’ouverture choisie, la vitesse déterminée et un point vert indique si l’autofocus a accroché le sujet, validant la mise au point et la prise de vue. Un point rouge signale que celle-ci n’est pas bonne. En dessous, il y a encore des indications sur l’utilisation du curseur PF/Programme Shift.

Si le chiffre 2000 (vitesse) clignote, cela signifie qu’il y a surexposition; si « lo » apparait en clignotant, c’est une sous exposition et le flash est nécessaire.

Lorsque la lumière est faible, vous distinguerez un faisceau rouge sur le sujet: il s’agit de la lampe d’assistance de l’autofocus. Cet éclairage fonctionne jusqu’à trois mètres maximum (avec un 50mm).

Pour mémoire, le mode d’emploi de l’appareil est ICI (multilangues) car je ne vais pas reprendre toutes les manipulations possibles.

Juste ajouter que si vous enfoncez la touche AF, lorsque vous poussez le curseur de « mise au point » vers la droite ou la gauche, vous pouvez faire varier les combinaisons ouvertures/vitesses pour choisir celle qui vous convient le mieux.

Donc, je modifie la focale avec la bague de l’objectif et lorsque j’appuie à mi-course sur le déclencheur, le boitier fait la mise au point, relativement vite si la luminosité est bonne, de manière plus poussive si elle est médiocre.

La recherche du point est assez bruyante mais pas dérangeante. Le déclencheur est franc, sec. Par contre, le bouton du déclencheur, sur la poignée Power Plus 300 est un peu déconcertant : sur le dessus, il y a une espèce de bouton qu’on a envie d’enfoncer, mais c’est le mini-flash qui est dessous, le vrai déclencheur est un peu plus bas. Question d’habitude à trouver.

J’ai mis un « film test » dedans pour voir comment il réagissait mais je ne mettrai pas un film pour faire des photos avec.

Ceci étant, pour ouvrir la porte arrière, il faut d’abord enfoncer un petit bouton et faire glisser vers le bas le verrou. Lorsqu’on place un film dans la chambre, il faut tirer l’amorce jusqu’au repère de la flèche rouge et refermer le dos : le boitier enroule le film jusqu’à la première vue et vous indique le nombre de vues disponibles selon le film engagé.

A chaque prise de vue, rrrr… le moteur entraine le film vers la suivante. C’est un peu sonore, mais pas plus que les concurrents d’alors.

Alors, que penser, in fine, de cet Olympus OM 707 ?

Pour avoir manipulé un Minolta 7000 AF et un Pentax SFX, je dirais que l’Olympus fait plus ou moins jeu égal en termes de tenue en main, de manipulations des commandes, de bruit. Comme les autres cités, les commandes sont un peu complexes (appuyer sur un bouton, faire glisser un curseur, désengager le programme, etc.) mais c’était le lot d’une « informatique » encore balbutiante.

En terme d’ergonomie, on l’a bien en mains mais il est lourd car tout en métal (sauf la porte arrière) : avec les 4 piles dans la poignée et le zoom, on passe le kilo.

Point de vue « look », il n’est plus dans la veine très recherchée des « vintages » – tout mécaniques – et pas encore dans celle des « modernes » que les acheteurs boudent injustement.

C’est typiquement un appareil de transition ente deux époques, deux technologies, j’ai même presque envie d’écrire, deux écoles : le tout manuel et le tout assisté, qui fera le bonheur de tant de photographes au seuil des années nonante et deux mille ensuite.

Est-ce un bon appareil ?

Oui, car il offre un bon confort d’utilisation si on a les optiques adéquates, qui autorisent à profiter de tous les aménagements de l’appareil.

Moins si on n’a pas ces optiques car l’appareil est alors « amputé » d’une partie de ses avancées technologiques.

Reste que si vous en trouvez un dans les 30 à 50€ avec un objectif soit compatible soit d’origine, vous vivrez une expérience particulière, celle des débuts de l’autofocus. Et il ne s’en tire pas trop mal.