Argentique

Le Bilora Bella 66

Ah, je vous sentais frustré par le Bilora Bella que j’ai présenté ICI.

En effet, et même si je le réaffirme encore, le film en 127 existe toujours. Toutefois, il est moins aisé à trouver que du 120, avec moins de possibilités que ce dernier (moins de sensibilités proposées p. ex.).

Alors j’ai cherché dans la gamme Bilora un appareil qui utilise le 120. Il s’agit donc du Bilora Bella 66 (produit, toutes séries confondues, de 1958 à 1963).

Petite précision, lorsque j’ai acheté celui-ci sur 2ememain.be, j’ai failli m’étrangler quand il est arrivé : l’objectif à pris un coup et est de travers, la couronne portant les indications a aussi pris, elle est pliée. Quant au dos, la clé de fermeture est plus que fantaisiste et ne tient plus bien.

Bref, malgré ses 15€, je me suis fait avoir et le vendeur n’est pas de bonne fois. Que voulez-vous, ce sont les risques …

Bref, oublions ces défauts et passons à la présentation.

Il est plus grand que le Bella, la pellicule 120 est plus haute que la 127.

Si le Bella était en fonte d’alu issue d’une fonderie par moulage (bloc moulé), ici nous avons affaire à de l’aluminium moulé sous pression (des « tôles »), les ajustements sont moins bons, les gorges où doivent coulisser les bords du dos (qu’on enlève complètement) sont moins profondes et sans doute plus sujettes à des fuites de lumière, surtout si – comme ici – la clé de verrouillage ne tient plus fermement.

Bref, ils ont voulu faire des économies et ça se ressent.

Ce Bilora Bella 66 -3 a été produit en 1959 et 1960. S’il a encore un aspect sérieux, presque « couteux », la mécanique est simple mais de qualité :

  • un obturateur avec deux vitesses, le 1/50s pour le flash, le 1/100s et une pause B
  • un objectif Rodenstock Achromat f8 avec de vraies lentilles en verre
  • une mise au point à partir d’1,5m jusque l’infini
  • une griffe pour le flash, déportée sur la gauche, une prise PC sur le fut de l’objectif
  • un déclencheur sur le dessus du porte objectif, fileté si besoin
  • un système pour éviter les doubles déclenchements

Comme le Bella que je vous exposais, il n’y a pas de système pour y accrocher une sangle. Normalement, le sac tout prêt en est équipé.

Esthétiquement (mais ça dépend des goûts de chacun), l’appareil est agréable à la vue. Ergonomiquement, il faut s’habituer à le prendre en main mais il est facile à comprendre et à utiliser.

L’avancement du film n’arme pas le déclencheur. Toutefois, lorsque vous avez pris une photo, vous devrez tourner la molette au moins une fois pour pouvoir de nouveau déclencher. Cela évite les doubles expositions involontaires, certes, mais ça empêche les volontaires aussi.

Voilà, voilà … si vous voulez vous initier au moyen format 6×6 sans casser votre tirelire, cet appareil est un bon candidat (quand il est en bon état) : pas cher à l’achat (comptez 15€ maximum avec son sac tout prêt), facile à transporter (il n’est pas trop lourd), simple à utiliser, avec une optique qui sort du lot des Diana et ses clones, ou des Holga bien plus fragiles et moins bien construits, voire même des Lubitel 2 pour la facilité de visée (par très claire avec le TLR = Twin Lens Refelx).

Il est aussi bien plus « qualitatif » que les Kodak ou Agfa des mêmes années, moins courant aussi et plus solide (métal contre plastique).

Mon conseil – si je puis me permettre – lorsque vous en voyez un, prenez-le.

Des exemples de photos prises avec cet appareil LA.

Video de présentation

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI.

Les données techniques :

  • Caméra en alliage coulé avec revêtement gris moucheté. Comprend un étui de transport en plastique et en vinyle.
  • Bilora, Allemagne, de 1959 à 1960
  • Les inscriptions sur le corps de l’appareil photo : ‘FILM 82 / n° 120 / 6 x 6 cm / 2 1/4 x 2 1/4 » ‘BILORA’. Sur le pourtour de l’objectif : ‘5 ft – 6 – 8 -10 – 15 – Inf / 1,5 m – 2 – 3 – 5 – infini / ouverture f16 – 8 Rodenstock / B & W COLOR BELLA 66 Achromat 1:8.
  • Modèle : Bella 66 – 3

Quelques références : https://emulsive.org/articles/5-frames-of-lucca-tuscany-on-a-bilora-bella-66-3-120-format-ei-400-fomapan-400-action-by-massimo-fagni, http://camera-wiki.org/wiki/Bilora_Bella, https://collections.museumsvictoria.com.au/items/384292, https://thecamerasite.lauro.fi/07_Viewfinder_Cameras/Pages/bilorat.htm en anglais,

Les photos oubliées

Les photos oubliées … celles du Nikon D40

Lorsque j’ai reçu la nouvelle batterie pour le Nikon D40, que j’ai chargée, j’ai pu enfin avoir accès à l’appareil et notamment à sa carte mémoire, oubliée là avec des photos, dont certaines très intimes, que je ne gardent pas.

Mais comme promis, voici ce que peut encore offrir un appareil de 6,1 Mp en 2022.

Petit florilège …

Argentique

L’Olympus Superzoom 140 S

L’avant dernier acheté à Soignies le 3 avril 2022. Un petit appareil coincé dans une belle pochette trop petite pour lui : si je n’avais pas été attentif, en l’extrayant, j’aurais pu arracher son protège objectif- interrupteur.

Il est propre, le compartiment pile pas oxydé mais celle qui est dedans est HS, impossible de l’essayer. Brève négociation à ce sujet et je l’emporte, je verrai bien à la maison.

C’est un petit compact assez typique de la fin des années nonante (1999) et qui, manifestement, est assez recherché.

Connu comme Infinity Accura 140S aux USA, il a, en fait, les mêmes spécifications que l’Olympus Mju 140S qui avait déjà fait chavirer quelques photographes amateurs.

Outre sa simplicité d’utilisation – j’y reviendrai – il propose un zoom de 38 à 140mm (de f4 à f11) qui, s’il n’est pas le plus grand, est assez étonnant. En effet les ingénieurs nippons ont réussi à caser 10 éléments optiques en 8 groupes dans cet assemblage très compact mais qui s’étire, s’étire …

Vous pouvez suivre ses va-et-vient dans le viseur, qui affiche des repères bien utiles pour éviter les erreurs de cadrage, surtout en gros plan. Ah, un truc que j’aime bien, le viseur est équipé d’une correction dioptrique.

Bon, pour le mettre en batterie, il suffit de faire coulisser le clapet qui protège l’objectif et inversement pour le refermer, mais laissez lui le temps de rentrer l’objectif.

Il est bien sûr tout automatique – je citais sa simplicité d’utilisation : dès l’installation du film, dont il lit le codage DX pour régler sa cellule (sensibilité des films), qu’il accroche à votre place et fait avancer à chaque vue prise.

Le petit flash intégré se déclenche automatiquement mais vous pouvez le débrayer si besoin.

Si vous le jugiez utile, il existait une commande à distance infra-rouge (la RC300), ainsi qu’une pochette de transport mais Olympus fournissait la dragonne qui permet de le porter au poignet ou autour du cou.

Je pense avoir fait le tour du propriétaire … pour le reste, je vous renvoie ici plus bas, aux spécifications techniques.

Si je résume, c’est un chouette petit appareil, facile à utiliser et qui peut se glisser dans un petit sac, voire même une poche (bien que je le trouve un peu gros pour ça). Sa forme arrondie, héritée du Mju, le rend agréable à prendre en mains.

Ses caractéristiques en font un chouette compagnon de voyage même si, pour ma part, je trouve que le zoom est trop long.

Mais faites attention au clapet de protection de l’objectif qui, je le rappelle, est aussi l’interrupteur : comme je vous l’expliquais, l’appareil que je vous présente était dans un petit sac très serré. Si moi j’ai fait l’effort de le retirer délicatement, d’autres n’ont pas eu cette précaution et finalement, après avoir remis une nouvelle pile, il s’est avéré que l’appareil ne fonctionnait plus.

Pour un exemplaire en bon état, avec sa dragonne, vous devriez pouvoir l’emporter pour une quinzaine d’euros maximum.

Petite video d’illustration

Quelques exemples de photos prises avec cet appareil ICI.

Un peu de technique :

Aappareil photo entièrement automatique à obturateur d’objectif à mise au point automatique de 35 mm avec objectif zoom intégré de 38 à 140 mm.
Film codé DX standard de 35 mm (24 × 36 mm).
Objectif Olympus 38 ~ 140 mm, F4 ~ 11, 10 éléments en 8 groupes.
Obturateur électronique programmé.
Viseur zoom image réelle (avec repère de mise au point automatique, repères de correction de gros plan, indicateur de mise au point automatique et indicateur de flash). Avec correcteur dioptrique.
Système de mise au point automatique multiple de type passif. Verrouillage de la mise au point possible.
Plage de mise au point Large : 0,6 m ~ infini, Télé : 0,9 m ~ infini.
Contrôle automatique programmé de l’exposition, mesure de la lumière sur 3 zones. Commutable en mesure spot.
Plage d’exposition automatique : Large : EV 2 (F4, 4 sec.) ~ EV 16 (F12.8, 1/400 sec.) ; Télé : EV 5 (F11, 4 sec.) ~ EV 17 (F22.9, 1/250 sec.)
Compteur d’exposition de type progressif affiché sur l’écran LCD.
Retardateur électronique avec env. 12 s. retard.
Télécommande (en option) à infrarouge avec env. 3 s. retard.
Réglage automatique avec un film codé DX avec ISO 50, 100, 200, 400, 800, 1600 et 3200. Les vitesses de film autres que celles ci-dessus seront automatiquement réglées sur la vitesse inférieure suivante. Pour les films non codés DX et les films avec moins de 50 ISO, la sensibilité du film est réglée sur 100 ISO.
Chargement automatique. (Passe automatiquement à la première image lorsque le capot arrière de l’appareil photo est fermé).
Avance du film automatique du film.
Rembobinage automatique du film (activation du rembobinage automatique à la fin du film, arrêt automatique du rembobinage). Rembobinage possible à tout moment avec le bouton de rembobinage.
Flash intégré.
Temps de recyclage : env. 0,5 à 5,5 s. (à température normale avec pile neuve).
Plage de fonctionnement du flash : Avec un film négatif couleur ISO 100 : Large : 0,6 ~ 6,4 m; Télé : 0,9 ~ 2,3 m
Avec film négatif couleur ISO 400 : Large : 0,6 ~ 12,8 m; Télé : 0,9 ~ 4,6 m
Modes de flash : flash automatique, flash atténuant les yeux rouges, désactivé, flash d’appoint, flash scène nocturne et flash scène nocturne atténuant les yeux rouges.
Contrôle de la batterie affiché sur l’écran LCD.
Source d’alimentation : Une pile au lithium de 3 V CR 123A.
Dimensions : 120 (L) × 65,5 (H) × 46 (P) mm
Poids : 255 g (Sans batterie).

Les références : https://www.newwavepool.shop/products/olympus-superzoom-140s-35mm-camera?variant=33418718281814, https://imuckaz.wordpress.com/2014/04/10/camera-review-olympus-superzoom-140-s/, en anglais, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-13404-Olympus_Superzoom%20140S.html, en français.

Argentique

Le Kodak Brownie Bullet II

Il faisait partie des vieux machins que j’ai trouvé chez le vide-grenier dont je vous ai parlé ICI.

J’aurais pu faire l’impasse mais il y avait encore un film dedans et vous savez que je suis curieux …

Je ne vais pour refaire l’histoire de cet appareil car il est identique au Brownie Starlet que je vous ai présenté il y a quelques temps.

Enfin, quand je dis identique, je devrais écrire « presque » car celui-ci est dépourvu de contacts flashs.

Il est donc encore plus dépouillé que le Starlet qui ne brillait pas d’artifices superflus :

Techniquement, difficile de faire plus « a minima » :

  • viseur de Galilée
  • objectif à ménisque de marque Dakon
  • Obturateur rotatif Rotary (ça ne s’invente pas !)
  • armement par molette sous l’appareil
  • déclencheur à poussoir sur le côté de l’objectif
  • deux réglages d’ouverture : un pour les films couleur (13) , le second pour les films en N/B (14)
  • mise au point de 1,2m à l’infini (14) ou 1,5m à l’infini (13).

Le tout dans un corps en plastique noir, rainuré et dont la façade est ornée d’une fine plaque d’alu qui reprend les noms de l’engin.

Si le Starlet a vu le jour en 1957, issu lui-même de la série des Brownie Star, celui qui nous préoccupe fut fabriqué d’août 1961 à novembre 1968.

Comme souvent, c’est un peu compliqué chez Kodak pour s’y retrouver : au Brésil, cet appareil s’appelait Rio-400 (pour commémorer le 400ème anniversaire de Rio) tandis qu’en Angleterre, ils ont fabriqué en 1953 un Brownie Starlet destiné à être exporté aux … USA ! Mais il s’agissait d’une version re badgée du Brownie 127 sorti lui en 1954.

Ça va, je ne vous ai pas perdu ?

Reprenons notre descriptif : si l’appareil est simplissime, il possède quand même la particularité d’une chambre courbe, pour tenter de garder la distance film/obturateur la plus constante possible. Et les ingénieurs se sont fendus d’un système empêchant le double déclenchement.

A part ça, rien de transcendant.

Je pourrais vous dire qu’il est compact, pas vraiment moche, qu’il a un grand viseur, qu’il est léger, que sa petite dragonne fait un peu « sac à mains », mais je sens que la liste des limites de l’appareil va être plus longue (pas de contacts flashs ni possibilité d’en monter un sur le boitier, molette d’avancement du film pas commode à manipuler, viseur sans marquages, tenue en mains datant d’avant l’invention du mot ergonomie, seulement deux vitesses et deux ouvertures, production de masse)

Ah oui, il utilise aussi le film en 127, que l’on trouve encore mais je ne ferai pas l’effort d’en acheter un pour remettre dans l’appareil.

Franchement, si je compare avec le Bilora Bella présenté il y a quelques jours, comme on dit « y a pas photos ! »

Souvent je me demande comment des clients pouvaient acheter ce type d’appareil quand on voit se que les autres constructeurs proposaient à la même époque. La renommée de Kodak ? La force de leur publicité ? Ou tout simplement le prix ?

Sauf comme objet de décoration, ce type d’appareil n’a – me semble-t-il – plus aucun intérêt. Certains les transforme en lampe de bureau ou en serre-livres (en les lestant de plâtre).

Donc, si vous en trouvez un (et il y en a toujours sur une brocante), pensez à ce que vous allez en faire mais ne dépensez pas plus de 5€ pour l’acquérir, en parfait état.

Des exemples de photos prises avec cet appareil LA.

Les données techniques :

Production08/1961-11/1968       –      Kodak USA
Type de film127
Format image12 vues
BoîtierBakelite noire avec stries horizontales. Façade en aluminium unie. Déclencheur en plastique gris
ObjectifDAKON fix-focus.
2 diaphragmes (E.V. 13 et 14)
ViseurOptique direct dit de « Galilée »
ObturateurRotatif monovitesse vers 1/60s

Pour le mode d’emploi, c’est par LA ou ICI (mais c’est pour le plaisir de découvrir ces vieux écris car l’appareil est archi simple à utiliser).

Quelques références : https://www.philcameras.be/kodak-brownie-2/, en français, https://brownie-camera.com/13.shtml, https://www.browniecam.com/portfolio-items/256-brownie-bullet-ii/

Argentique

Le Kodak Adventix C450 Autofocus

Après Obelix et Astérix, voici l’Adventix C450 !

Ses aventure commencent en 1992 lors que Kodak présente 2 petits appareils à la forme de savonnette, en vogue à l’époque, et qui singe l’Olympus Mju.

Ceux-là portent le nom de Cameo (c’est pas la même BD) et le Cameo Motor, le plus sophistiqué des 2 possède un moteur, reconnait le codage DX des films (sensibilité Asa/Iso), arbore un objectif en verre et un petit écran à cristaux liquides.

Tous les deux possèdent un flash à la forme originale qui a pour avantage de limiter l’effet yeux de lapin apeuré.

Comme chez Kodak « rien ne se perd, tout se transforme », en 2000, il ressortent le bon vieux Cameo en lui donnant un petit coup de jeune, avec un nouveau design, un autofocus, des lentilles en verre et, surtout, un nouveau film au format APS.

C’est un format dont je vous ai déjà parlé ICI. Qui, malheureusement, n’existe plus. Et donc, à moins de tomber sur des stocks anciens (si, si, il en reste beaucoup), vous risquez de ne pas pouvoir utiliser votre appareil.

C’est là que nait la gamme Adventix, qui réunit les appareils avec films APS, et certains appareils photo jetables.

Dans cette nouvelle gamme, vous trouverez donc des appareils à objectif fixe simplistes, d’autres avec mise au point automatique et les dernières franchement sophistiquées avec zoom et fonctionnalités APS entières (changement de cadres, données enregistrées, faculté de changer le film en cours de route, …).

Celui que je vous présente aujourd’hui, je l’ai trouvé, comme d’habitude, dans une brocante, à Mons.

Il est absolument neuf !

C’est moi qui ai ouvert la boîte le premier, pour vous le présenter et ôter les 2 piles AAA qui étaient dans le paquet, complètement oxydées.

Un paquet contenant donc le petit boitier, sa house, sa dragonne, un film Kodak APS, le mode d’emploi et les fameuses piles. De quoi, à l’époque, commencer de suite à photographier (z’étaient forts les gars du marketing chez Kodak !).

Léger (170gr hors film), le boitier garde une forme assez arrondie et le fameux flash qui couvre l’objectif et lorsqu’il est ouvert, se positionne haut pour éviter l’effet « yeux rouges ».

Pour le reste, c’est un appareil tout simple : un objectif (un Ektanar) fixe de 25mm ouvrant à f5,6 avec de vraies lentilles en verre et autofocus. La mise au point minimale est de 80 cm.

Alimenté par deux piles AAA très communes, l’appareil s’allume lorsque vous tirez le flash vers le haut. Vous l’aurez deviné, celui-ci est automatique mais vous pouvez le gérer grâce au petit écran à l’arrière.

Autres réglages, celui des cadres, typiques du format APS : le C (pour carré), le H (pour le 16:9 horizontal) et le P (pour panorama – enfin, ce qui s’en approche un peu).

Vous voyez dans le viseur les réglages que vous avez choisi, ce qui aide pour la prise de vue bien évidemment.

Les films auront une sensibilité comprises entre 50 et 800 Asa (couleur) et l’appareil se règle automatiquement à la sensibilité détectée.

Si l’ouverture du diaphragme est comprise entre f5,6 et f12,6 (pas le plus lumineux), l’obturateur varie de 1/90s à 1/250s. Guère mieux que des Kodak des années septante, en gros.

Ah, pour faire moderne, il gère la fonction « top flash plus », finalement une gestion du flash selon la quantité de lumière présente.

Vous l’aurez compris, rien de transcendant sur ce Kodak Adventix, juste de l’éprouvé remis au goût du jour.

Si ce n’est que celui que j’ai trouvé était toujours neuf 22 ans après sa sortie, ce type d’engin présente peu d’intérêt.

Oui sa forme est agréable en mains, ses fonctions – a minima – facilitent la prise de vue mais vous ne pourrez pas l’utiliser facilement, les films APS n’étant pas facile à trouver.

Je pense que cet exemplaire fera l’objet d’un don pour le Musée de la photographie de Charleroi, il aura au moins fonction documentaire.

Petite (toute petite) video de présentation

Des références : https://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-12474-Kodak_Advantix%20C450.html, https://app-phot-col.com/boit_deta_5.php?numephot=6&dn=6&numero=1047&marque=KODAK&modele=ADVANTIX%20C450&ty=B, en français, http://camera-wiki.org/wiki/Advantix, https://collectiblend.com/Cameras/Kodak-Eastman/Advantix-C450.html, en anglais

Numérique

Le Nikon D40

Une fois n’est pas coutume, je vous présente un numérique, trouvé lui aussi en brocante, dans un sac, avec son chargeur, une pile (HS hélas), son objectif de base et un Sigma, les modes d’emploi simplifiés.

Ce Nikon m’a fait de l’œil, je l’avoue car je n’en ai jamais eu en mains, du moins en numérique …. hormis celui de mon frère lorsque nous échangeons nos appareils lors d’une réunion familiale, par exemple.

Il n’est pas vraiment récent, c’est un appareil sorti en 2006. Le nombre de ses pixels ferait sourire aujourd’hui – 6,1 millions – mais il ne s’en sort pas si mal : la carte mémoire oubliée par la vendeuse contient quelques photos qui prouvent que les images sont très bonnes, nous y reviendrons (notamment dans un nouvel opus des « photos oubliées »).

Mais commençons par le début. Positionné comme entrée de gamme, ce D40 reprend des éléments d’autres Nikon antérieurs et/ou supérieurs : le capteur du Nikon D50, les algorithmes du D200 et le système de mesure 3D Color Matrix Metering II du D80.

Destiné aux photographes amateurs qui veulent pouvoir évoluer, il est proposé en kit avec un objectif AF-S DX ED II 18 – 55mm ouvrant de f3,5 à f5,6. Comme c’est un APS, cela donne une focale de 28,8 à 88mm en équivalent 24×36. Du classique, de l’éprouvé.

En passant, l’APS-C chez Nikon s’appelle DX et le coefficient de conversion est de 1,5 (contre 1,62 chez Canon p. ex.).

Ce qui a fait râler pas mal d’anciens Nikonistes qui auraient aimé faire le pas sans se ruiner en nouveaux objectifs en passant au numérique, c’est que cet appareil n’accepte que les « nouveaux » objectifs AF-S et les plus anciens AF-I (et HSM chez Sigma ou BIM chez Tamron).

L’appareil n’ a pas de moteur intégré pour l’autofocus, qui doit être, dans ce cas, porté par l’objectif.

De fait, ce Nikon a eu la lourde tâche de faire oublier aux futurs clients leur addiction au compact en leur proposant quelque chose de simple d’utilisation mais qui donne de meilleurs résultats, tout ça a un prix attractif car il fallait rivaliser avec le concurrent de toujours, Canon et son Eos 400D, voire les Pentax K100D et Pentax K110D.

La firme l’a donc fignolé : belle présentation, qualitative et confortable à l’usage, volume réduit (à l’époque, c’était le plus petit reflex Nikon), simplification de l’interface.

Donc, nous avons un barillet avec les classiques sélections PSAM (programme, vitesse, ouverture et manuel) plus 8 programmes « résultats » – pardon, ici on parle de huit vari-programmes : auto, auto (sans flash), portrait, paysage, enfants, sports, gros plan et portrait de nuit; chacun d’entre eux s’ajuste automatiquement afin d’optimiser les résultats quelles que soient les situations.

Pour vous éviter d’ouvrir le mode d’emploi, les ingénieurs vous ont concocté un menu d’aide avec images de démonstration : « le nouveau système d’aide du D40 permet de sélectionner les réglages appropriés pour de nombreuses fonctionnalités : chaque réglage est illustré par une image exemple et dispose d’un menu d’aide avancé correspondant à l’élément sélectionné. L’icône en forme de point d’interrogation (?) du D40 indique qu’une aide est disponible pour l’élément sélectionné. Il vous suffit d’appuyer sur le bouton d’aide situé à côté de l’écran ACL pour afficher une page d’aide contextuelle » dixit le site officiel Nikon.

Cette interface se veut conviviale et même didactique puisque l’un des modes d’affichage proposés représente sous forme graphique les paramètres d’ouverture et de vitesse. Si l’illustration du diaphragme est très figurative, celle du temps de pose est beaucoup moins parlante : une barre qui augmente quand le temps de pose diminue, c’est plutôt trompeur…

Puisque nous citons cet écran ACL, à l’arrière de l’appareil, il affiche les paramètres de prise de vue, tels que la balance des blancs, la sensibilité, la rafale sélectionnée, le mode autofocus, la mesure de lumière, etc. Et vous pouvez tout modifier en appuyant simplement sur la touche Info. Les options s’affichent alors avec une aide textuelle.

Retenons surtout que ces aides vont inciter les plus curieux à comprendre ce qui se passe et à mieux analyser leurs prises de vues, pour progresser.

Bon, comme pour tous les appareils numériques, il reste quelques réglages coincés dans les menus et pas forcément très explicites.

Allez, on l’allume ce D40 et là, bonne surprise, la mise sous tension est quasi instantanée et l’appareil est immédiatement opérationnel. Un bon point ça.

Si j’en crois les essais faits par les sites « experts », à l’époque les images étaient considérées comme très bonnes, évidemment supérieures à celles des boitiers précédents (D70 et D50). N’essayons pas de les comparer à ce qui se fait actuellement, ça ne sert à rien, nous sommes à des années lumières … 18 ans séparent ce Nikon des derniers Hybrides Z de la marque !

A l’époque, les « experts » s’extasiaient des 6,3cm de diagonale de l’écran arrière, de 230.000 points, c’est vous dire.

Je reviens sur une particularité que je citais au début, le fait que l’appareil n’a pas de moteur d’entrainement pour la mise au point des optiques. Ce qui signifie que le boitier ne fonctionnera qu’avec les optiques à moteur interne, soit les anciens AF-I et les AF-S dotés de la motorisation SWM (Silent Wave Motor).

Bien sûr, la baïonnette du D40 accepte toutes les optiques Nikkor mais la mise au point sera manuelle, on ne peut pas avoir le beurre et …

Au niveau de la réactivité, les rafales sont de 2,5i/seconde en illimités si vous êtes en JPEG. Car l’appareil propose du JPEG et du RAW, pardon du NEF.

Le flash, intégré, est synchronisé jusqu’au 1/500s, ainsi que les flashs dédiés.

La sensibilité est aussi celle de l’époque, de 200 à 1600 Iso, extensible à 3200 Iso en Hi-I mais peu exploitable, le bruit numérique étant alors trop important. Il faut toutefois reconnaître que le traitement des images est bon, j’en touchais un mot au début de l’article.

Car les ingénieurs de chez Nikon ont vraiment pensé à simplifier la vie du photographe amateur, notamment avec le mode « auto sans flash » qui permet de prendre des photos en lumière ambiante sans se soucier des réglages car l’appareil va adapter la sensibilité jusqu’à 1600 Iso.

Pour l’époque, c’était un plus intéressant.

Pour le stockage des photos, une carte SD ou SDHC suffit. Il ne faut pas investir non plus dans une bête de course et ça vous permettra de recycler vos anciennes cartes, celles qui tirent la langue avec nos appareils plus modernes. Au fait, avec une charge complète, vous devriez pouvoir faire environ 470 photos.

En résumé, cet appareil est-il encore utilisable ?

Ben oui, sans soucis. J’ai même retrouvé une batterie (EN-EL 9 et EN_EL 9a) pour le faire fonctionner.

Pour tout vous dire, je l’ai acheté pour les photos d’illustration du site car je n’ai pas besoin de haute résolution pour le Web. Plus confortable qu’un compact pour ce genre d’exercice, il est agréable à utiliser et rempli parfaitement sa fonction, comme il l’a fait en son temps.

Je dirais même que pour ces photographies d’illustration, justes destinées au Web ou à des tirages limités au 10X15cm, il fait parfaitement l’affaire.

D’autant qu’au prix où vous pouvez maintenant acquérir ce type de boitier, ce serait dommage de s’en passer. J’ai payé le mien 30€ avec les 2 objectifs, le sac, le chargeur, les documents. Ajoutez 15€ environ pour la batterie.

Bien souvent ces appareils n’ont pas beaucoup « tourné » et ils sont encore tout à fait exploitables, tenant compte de leur limite intrinsèque.

Ne les jetez pas trop vite, ils peuvent encore rendre de bons services. Et si, réellement, vous trouvez que 6,1Mp c’est trop peu, tournez-vous vers le D40X, son grand-frère, il propose 10,2 Mp.

Petite video d’illustration

Et celle d’un gars qui s’est posé la même question

Des références : https://www.lesnumeriques.com/appareil-photo-numerique/nikon-d40-p1612/test.html, https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon_D40, https://fr.nikon.ca/nikon-products/product-archive/dslr-cameras/d40.html, https://www.cnetfrance.fr/produits/nikon-d40-39365974.htm, https://www.01net.com/tests/test-le-premier-reflex-nikon-a-la-portee-de-tous-127.html en français, https://www.kenrockwell.com/nikon/d40.htm, en anglais

Argentique

Le Minolta Autopak 500

Celui-là vient aussi de mon passage chez le vide-grenier et il n’a rien à voir avec la qualité très approximative des Diana et consorts que je vous ai présenté il y a peu.

C’est un appareil « sérieux », bien fini et … qui a ce petit quelque chose qui fait qu’on s’arrête pour le regarder de plus près.

De fait, c’est la forme inhabituelle de l’objectif, carré, qui retient l’attention. Son côté dépouillé aussi, comme un genre zen : l’essentiel est là, bien disposé et rien de plus.

Et franchement, dans sa belle livrée blanche, qui n’a pas bougé depuis sa sortie au monde, en 1966, il me fait penser à ces objets habillés par Courège (que ceux qui se souviennent de la Matra Baghéra Courège lèvent le doigt).

Bref, pour en revenir à notre Minolta Autopak 500, même s’il a été lancé en même temps (et en collaboration avec) que la ligne Instamatic de Kodak, il est bien plus luxueux, son design est recherché et il est un peu plus gros qu’un Instamatic.

Pourtant, il utilise la même cassette Autopak de Kodak, la fameuse 126 qui, si elle n’existe plus, peut être contournée, je l’ai déjà signalé ICI.

Ce Minolta Autopak 500 fut aussi distribué en Allemagne par Quelle – la grande société de vente par correspondance – via sa division Foto Quelle, sous le nom de Revuematic 500. Au Royaume-Unis, il est re- badgé Ilford Monarch, plus « classe » !

Techniquement l’appareil apporte quelques incongruités pour cette gamme de boitier utilisant le 126, généralement simplissime pour ne pas écrire simpliste !

Petite revue :

  • un objectif Rokkor de 38mm ouvrant à f2,8, rarissime sur ce type de boitier
  • une mise au point manuelle dont vous voyez les indications dans le viseur
  • un posemètre au sélénium entoure l’objectif
  • une exposition réglée automatiquement par l’appareil avec des temps d’exposition de 1/90s, sauf en synchro flash qui est au 1/40s (Flashcube)
  • une première mondiale en ce qui concerne d’ailleurs le flash car l’Autopak 500 est le premier appareil capable de déclencher automatiquement un flash en cas de faible lumière.

Tout ça dans une boite élégante de 320 gr.

Vous l’avez compris, cet appareil est avant tout destiné aux amateurs. Déjà le choix du film, en cassette 126, pour ne pas se compliquer la vie en mettant son film dans le boitier. Ensuite, le système d’exposition automatique qui vous simplifie la prise de vue : vous visez, l’appareil fait le reste, y compris, comme je l’indiquais plus haut, la gestion du flash. L’avance des vues est confiée à un levier d’armement discret qui tombe pourtant naturellement sous les doigts. Notez qu’il faut l’actionner deux fois pour avancer à la vue suivante.

Pour alimenter l’engin, une trappe sous l’appareil accueille deux piles AAA très communes.

A ce sujet, le bouton rouge, au dos, près du viseur, ne sert pas à vérifier les piles mais à libérer le Flashcube que vous auriez monté.

Une dragonne toute simple vient compléter le tout et vous incite à l’emporter partout.

Pour ouvrir l’appareil, un loquet sur la droite déverrouille le dos, monté sur une vraie charnière. Dessous, la chambre, ici très propre. L’ajustement des pièces doit assurer une bonne étanchéité à la lumière.

Ah oui, j’allais oublier de vous parler de ce curieux bouton, sur le côté gauche : il sert à régler la distance du sujet à photographier. Et, cerise dans le viseur, ces distances sont reprises, sous forme de pictogrammes, sur le côté gauche de celui-ci. Ces réglages ont toute leur importance lorsqu’on est en mode flash car l’ouverture est couplée alors avec la mise au point.

Un dernier mot sur le viseur : il est très clair, collimaté avec correction de la parallaxe et, comme dit plus haut, indication des distances.

Voilà, voilà … un beau joujou, que l’on ne trouve pas facilement mais qui vaut le détour.

Bien sûr, certains vont rechigner sur la cassette 126, qui demandera un peu d’effort de détournement pour qu’on puisse utiliser l’appareil, mais c’est faisable.

Franchement, l’appareil mérite bien quelques efforts. Avec lui, vous photographiez avec style et différemment.

Toutefois, soyons conscients que même si l’appareil offre des qualités que les autres utilisateurs de la cassette 126 (les Instamatic et les Agfmatic en tête) n’ont pas, il reste quand même que la qualité du film reste ce qu’elle est.

Donc si vous en trouvez un, ne le laissez pas seul, emportez-le (et négociez son prix, autour des 15€ maximum s’il est en parfait état avec sa dragonne).

Petite video d’illustration

Un peu de technique :

Type: appareil photo argentique à viseur
Fabricant: Minolta
Année de lancement : 1966
Film : cartouche de film 126
Objectif : Rokkor 1 : 2,8/38 mm avec 4 éléments
Viseur : cadre lumineux avec marques de parallaxe, symboles de distance reflétés dans le viseur, indicateur de flash
Obturateur : vitesse 1/90 sec. en normal ou 1/40 sec. en mode flash
Avance du film : le levier a besoin de deux mouvements pour avancer à la prochaine vue
Flash : Flash cube, déclenchés si nécessaire
Dimensions : 118 × 71 × 57 mm
Poids : 320 grammes

Des références : https://filmphotography.eu/en/minolta-autopak-500/, https://vintagecameralab.com/minolta-autopak-500/, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Minolta_Autopak_500, http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_Autopak_500, https://jeanaharbor-tokyo.com/Visual-Arts/zcywb-24131/Japan-s-Film-Camera-Minolta-Rokkor-Autopak.cgi, http://www.mrmartinweb.com/126.htm en anglais, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=20696, https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Minolta/Minolta_Autopak_500, https://www.suaudeau.eu/memo/histoire/histoire_minolta/Histoire_de_Minolta.html en français

Argentique

Le Bilora Bella

Sur un stand de brocante, bien seul, un sac « tout prêt »en plastique gris perle attire mon attention.

Je l’ouvre et découvre un petit appareil simple mais bien construit, un Bilora Bella.

Outre le fait que je vais vous le présenter, je vais aussi tenter de vous prouver que ces appareils sont bien plus intéressants que le Holga, le Diana F et consorts.

Ceux de chez Lomography ne m’en voudront pas car c’est avec ce type de boitier que vous aurez envie d’acheter leurs films thématiques, j’y reviendrai.

Mais commençons par le commencement, la présentation de ce joli petit appareil, que je pensais classer dans les appareils-bijoux mais qui sera mieux dans celle des lomographes.

Il ressemble comme deux gouttes d’eau au Bilora Bella 3c dit « Die blaue Bella », fabriqué de 1955 à 1958 mais y a quelques subtiles différences qui améliorent son confort d’utilisation.

Un peu d’histoire pour situer la marque Bilora.

C’est un fabricant allemand d’accessoires photographiques (des trépied notamment) et d’appareils photo.

Le nom est la contraction de Kürbi & Niggeloh, Radevormwald, société fondée en 1909 qui fabriquait donc des trépieds et qui vient aux appareils photo en 1935.

Leur premier appareil était un « box », le Bilomatic. Mais déjà à l’époque, ils construisent pour d’autres fabricants, comme Voigtländer, avec un Voigtländer Box qui est la copie conforme – à quelques détails esthétiques près – du Box de Bilora.

Après les Box, ce seront quelques boîtes en bakélite (les Boy – 1950), un presque télémétrique (le Radix – 1949), de faux double objectifs (les Bonita 66, qui ressemblent au Kodak Dualflex – 1951), une association avec Agfa-Gevaert pour fabriquer les Gevabox), les premiers Bella qui verront une multitude de versions – 1953 à 1963, puis les Belleluxa – 1961, les Bellina – 1963, pour terminer par les Bilomatic avec des cartouches en 126 (Kodapak) – 1968 – 1975.

La firme a, entre-temps, continué à fabriquer des trépieds et des flashs.

Quant aux appareils photos, soit sous son propre nom, soit pour compte d’autrui, comme – déjà cité – Voigtländer, Geva, ou Ansco, elle a sorti, de 1935 à 1975, date de la fin, quelque chose comme 1 million d’appareils photo.

De nos jours, la marque Bilora existe toujours, notamment, pour ses trépieds, qui ont survécu à tout.

Pour en revenir à notre Bella, plus de vingt versions ont été produites. Je vous recommande l’excellent site www.kameraschaetze.de pour en découvrir toutes les subtilités.

Celui qui nous préoccupe aujourd’hui est un Bilora Bella 46-1 qui date de 1956.

Fabriqué par moulage, l’appareil est destiné à être bon marché mais de qualité. Ici pas de plastique, mais un alliage sans doute d’aluminium. D’aucun dise que la fonderie est grossière; franchement, je ne trouve pas : c’est carré, c’est net, c’est costaud, fait pour durer.

Première particularité, il utilise du film 127 – rassurez-vous, on en trouve encore par exemple chez Retrocamera ou Fotoimpex. Plus petit que le film 120 mais plus grand que le 135, il autorise des formats 4×4 ou 4×6,5, celui du Bella 46-1.

Pour info – ça peut-être utile en cas d’achat – les modèles 44 utilisent aussi du 127 (douze images 4x4cm); les modèles 46 font donc des cadres de 6,5x4cm sur 127, et les modèles 66 prennent des photos 6×6 sur pellicule 120.

Ce n’est pas un télémétrique mais un « point and shot » avec mise au point réglable de 1m à l’infini. Il suffit de tourner la bague au bout de l’objectif pour régler la distance estimée.

Deux ouvertures, f8 et f11, trois vitesses, 1/50 – 1/100 – pause B. Le flash est synchronisé au 1/50s. S’il y a bien une griffe, il faut utiliser un flash avec un câble, que l’on branche sur le côté de l’objectif. Une plaque avec des trous circulaires appropriés vient se placer devant l’axe de l’objectif selon l’ouverture choisie.

L’objectif est un achromat f8 sans traitement de surface.

Sur le dessus , qui traverse le capot, à gauche, une grosse molette en métal strié sert à bobiner le film. Comme souvent, le fait de faire avancer le film à une autre vue n’arme pas le déclencheur. Ici aussi, les doubles impressions seront voulues ou accidentelles mais tout à fait réalisables sans se compliquer la vie.

Pas de compteur de vues, mais une fenêtre rouge au dos (rouge inactinique) pour voir défiler les chiffres des prises de vue. La fenêtre est placée au centre d’un gros verrou, avec une sécurité, qui permet d’ouvrir le dos, tout le dos, qui s’escamote en tirant dessus.

Apparait alors la chambre noire. De profondes rainures laissent penser que l’appareil est bien étanche à la lumière, et la rigueur de l’assemblage me conforte dans cette idée.

Vous pouvez voir à l’intérieur de celle-ci le mécanisme à retour automatique du déclencheur. Puis, de part et d’autre de la chambre, les bobines : à gauche (l’appareil ouvert devant vous) la bobine réceptrice, à droite, le rouleau sur sa bobine. Il n’y a pas de roulettes d’entrainement mais deux espèces de rails, qui servent aussi au verrouillage du loquet de fermeture, qui assurent le trajet de la pellicule. A remarquer que le presse film est incurvé car le plan du film est courbe. En effet, il est plus facile de concevoir un objectif avec un ou deux éléments qui projette l’image sur un plan semi circulaire qu’un qui projette sur un plan droit.

Pourquoi ? Parce que le Bella utilise un objectif avec une lentille à ménisque à un seul élément. Or il est difficile de maintenir la netteté sur un plan film avec un seul élément. En incurvant le plan du film, les bords de l’image resteront à une distance plus proche du centre focal de l’image, améliorant ainsi la netteté.

La chambre et le dos amovible sont peint en noir mat et soit rainuré (près de l’objectif), soit guilloché (le dos) pour éviter tout rebond de lumière à l’intérieur. Bien pensé.

Amusant, une étiquette à l’intérieur nous dit que l’appareil vient du Studio Albert, à Flénu (près de Mons).

Pour caler les bobines, ici pas de plastique comme sur les Diana, Holga et consorts, mais des ressorts en métal, qui tiennent et empêchent le film de bouger dans la chambre.

Un filetage au 1/4 (standard) autorise à monter l’appareil sur un … trépied, Bilora bien sûr !

Le viseur est un simple tunnel, sans aucune indications (cadre, parallaxe, échelle des distances) mais étrangement clair et large.

Enfin, le déclencheur, monté verticalement prés de l’objectif. Il est fileté pour y fixer un éventuel déclencheur souple. Il n’est pas spécialement souple mais il est franc et tombe, finalement, assez bien sous l’index de la main droite.

Un mot d’ailleurs sur la tenue de l’appareil : de part la forme de la chambre, un peu arrondie, il est plus large au milieu que sur les côtés. Ce n’est pas désagréable en soi, juste particulier pour la tenue en mains et il faut un petit temps pour s’y habituer.

Je pense que c’est un appareil avec lequel il faut travailler sans courir, en utilisant le plus possible le préréglage de la distance (d’autant qu’avec les ouvertures de l’objectif, vous avez toutes les chances d’être net au delà du mètre).

Normalement, il devrait y avoir des œillets sur les côtés pour fixer une courroie. Bizarrement, sur mon exemplaire il n’y en a pas et semble ne jamais en avoir eu d’ailleurs. Aurais-je déniché un exemplaire unique ?

Plus réaliste, comme souvent avec ces anciens appareils, de petites modifications en cours de route ajoutent un petit plus au fur et à mesure. Et comme à l’époque il était impensable de se séparer de son « sac tout prêt », c’est lui qui est muni des attaches et de la sangle en plastique, réglable s’il -vous -plait.

Alors, en résumé ? Pour 5€ (je n’ai pas négocié le prix) voilà un appareil tout métallique, dense mais pas lourd, avec autant de réglages qu’un Diana (né presque 10 ans plus tard) mais vachement bien construit, avec lequel vous pourrez aussi faire des surimpressions à gogo mais avec une bien meilleure définition (la lentille est en verre), dont les réglages sont constants et tiennent (vitesses, ouvertures bien crantées).

Et en plus, il est beau (oui, je sais, les goûts et les couleurs …). Plus de soixante ans après sa sortie d’usine, il est toujours parfaitement fonctionnel.

Seul bémol, peut-être, son format de film un peu inhabituel, mais c’est la rançon de sa compacité et – je le redis – on en trouve toujours à la vente.

Source : Retrocamera.be
Source : Fotoimpex.de : la preuve que ça se vend toujours, ils sont en rupture de stock !

Avec son format carré, il va faire des ravages !

Petites videos d’illustration

Un peu de technique :

Fabricant : Bilora
Type : rouleau de film 127
Format négatif : 4 x 6,5
Année de fabrication : 1955 – 1958
Lentille : Achromatique 8/70
Fermeture : par verrou avec sécurité
Appareil photo à viseur sans télémètre, pas de cadre collimaté
Griffe du flash sous la mention « BILORA » avec connecteur PC sur le fut d’objectif pour la synchro (1/50s)
Boîtier : bleu / gris, alliage métallique, bande de cuir synthétique

Quelques exemples de photos prises avec l’appareil ICI

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Bilora_Bella, https://www.flickr.com/photos/steevithak/sets/72157615666629829/, https://archive.ph/407Xh, http://cameras.alfredklomp.com/bella/, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Bilora_Bella, https://mikeeckman.com/2017/09/bilora-bella-3c-1955/, https://retinarescue.com/bilora_bella.html, en anglais, https://www.collectiongeven.com/piwigo/index.php?/category/740, https://www.collectiongeven.com/piwigo/picture.php?/507/category/740, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=502, https://www.collection-appareils.fr/general/html/type_film.php#127 en français, https://www.kameraschaetze.de/bilora/, https://www.kameraschaetze.de/bilora-bella/ en allemand

Les nouveautés en un lieu

L’Atelier de JP a dépassé les 100.000 vues !

Et là, je vous dis MERCI !

C’est grâce à ces encouragements que je vais continuer à écumer les brocantes, les vides-greniers, les vieux tiroirs des uns et des autres, pour vous présenter des pépites, des appareils qui ont une histoire, des appareils amusants, attachants, fous, extravagants, historiques, beaux, moches, intrigants, …

La riche histoire de l’argentique me promet encore des surprises, que j’aurai envie de partager avec vous et – si je réussi mon pari – vous inciteront à passer à l’action et à entrer dans le monde de l’argentique.

Attention, pour certains, cela risque de devenir une addiction mais là, on s’arrête quand on veut et ça ne fait de mal qu’au portefeuille si on exagère.

Si le numérique nous a apporté une qualité d’image encore jamais vue, une souplesse d’utilisation extraordinaire, nous permet de faire des économies (quoique !?) et de tester des tas de choses sans que ça nous coûte vraiment, ça reste une usine à gaz et il manque de charme, de … goût.

La technologie nous permet un mariage jamais vu de l’ancien et du moderne, profitons-en et redécouvrons ce que les ingénieurs nous ont concocté de meilleur au fil des 183 ans de la photographie argentique.

Sans succomber aux modes qui portent aux nues tels ou tels appareils, certes très bons mais dont les prix frisent l’inconcevable.

Ayez un maître mot lors de vos achats : le plaisir de posséder et d’utiliser un appareil qui vous plait et vous suivra longtemps.

Argentique

L’Agfamatic 200 Sensor

Petit appareil perdu dans une brocante ce samedi 7 mai … il m’a fait signe, désespéré et je l’ai emporté …

Plus sérieusement, il est complet, avec sa boite « toute prête », sa lanière et même un film dedans (avec 9 vues sur 24)..

Et puis, comme je vous avais présenté des Kodak Instamatic, il était normal que je fasse aussi la présentation d’un concurrent.

Pour mémoire, en 1962, Kodak invente le Kodapak, une cartouche de film ultra simplifiée : une cassette en plastique qui contient un film, doublé d’un papier épais jaune, annoté des numéros de vue, qui s’enroule dans la partie gauche lorsque vous prenez les photos. En fin de film, pas besoin de rebobiner donc et il suffit de déposer le tout chez votre labo préféré.

Clairement, Kodak vise le marché des amateurs, pas forcément éclairés mais désireux de garder des photos de moments joyeux, de vacances, de fêtes familiales, etc.

Et avec l’appareil prévu pour ces films les Kodak Instamatic, il vont inonder le marché de boitiers peu chers, d’assez bonne qualité et – surtout – ultra simples à utiliser.

Vous savez comment va le monde, tout le monde veut sa part du gros gâteau et certains ont les moyens de se l’offrir.

C’est le cas d’Agfa-Gevaert, une société belgo-allemande qui est, entre autre, spécialisée dans la fabrication de pellicule photographique et qui viendra, comme les autres, à fabriquer des appareils photo.

Les premiers sortent en 1926 (ça ne nous rajeunit pas !), ce sont les fameux Billy

Source : Flickr

Puis, en 1930, ils sortent l’Agfa Box, vendu à perte mais qui utilise du film 120 Agfa, qui se rattrape sur les ventes de consommables. Un peu comme Kodak, non ?

S’en suivront ensuite des appareils pour film 35mm, qu’Agfa fabrique bien évidemment. La seconde guerre mondiale redéfinit le paysage de nombreuses entreprises et au sortir de celle-ci Agfa reprend sa production d’appareils photos et de films, qu’il peaufine. ce sera la gamme des « Solinette ».

Source : TheCamerasite

En 1954, présentation des « Silette » et en 1956 du Automatic 66, le premier appareil photo dont l’exposition est à commande entièrement automatique.

Source : Philcamera
Source : Flickr

C’est en 1968 qu’apparait le gros bouton rouge, qui sera comme la signature des appareils Agfa.

Et à l’entame des années septante, c’est la riposte à Kodak en sortant les Agfamatic Sensor.

Las, toutes les belles histoires ont une fin et celle de la division photographique d’Agfa s’arrête en 1983. Les derniers appareils photo fabriqués, les Selectronic, l’ont été, en fait, par Chinon.

Outre l’utilisation de cassette 126, très simple comme nous l’avons déjà noté, la particularité des appareils Agfamatic est ce gros bouton orange, le déclencheur Sensor.

C’est un mécanisme particulier qui a été inventé pour éviter les flous de bougé, notamment lorsqu’on appuie trop fort sur le déclencheur à vitesse assez lente, ce qui est le cas des appareils comme les Instamatic de Kodak et les Agfamatic.

Car il faut bien le reconnaître, le déclencheur d’un Instamatic, ce n’est pas quelque chose de doux : une barrette de métal, posée sur le dessus du capot, qu’il faut enfoncer fermement pour déclencher.

le déclencheur du 355X, une barrette métallique à enfoncer.

Le Sensor, cette pastille orange, typique des appareils Agfamatic Sensor a été une petite révolution à l’époque de sa création. Les ingénieurs voulaient offrir un déclenchement sans vibration. Ils ont donc imaginé un bouton souple qui permet une tension délicate d’une partie en métal moulé. On peut déclencher en appuyant tout doucement sur le Sensor sans causer la moindre vibration contrairement aux anciens déclencheurs mécaniques sur lesquels il fallait « pousser » et qui risquaient de déstabiliser l’appareil lors de la prise de vue.

Un confort supplémentaire qui a détourné quelques clients de Kodak vers Agfa. D’autant que, comme son rival, sous l’apparente simplicité des appareils, se cachent parfois un petit monde de sophistication. J’y reviendrai peut-être si, au détour d’une brocante, je trouve un appareil intéressant à ce sujet comme un Optima 535 par exemple, ou un 1035.

Bref, venons-en à notre Agfamatic 200.

Il fit partie d’une famille de 4 boitiers qui commence à l’Agfamatic 50, 100, 200 et 300. Tous les quatre sont apparus sur le marché en 1972. Comme vous vous en doutez, chacun est une évolution du précédant : le 50 a une seule vitesse d’obturation et une seule ouverture; le 100 possède lui deux réglages d’exposition, nuage ou soleil; le 200 en a quatre : nuageux/ombragé, brumeux, ensoleillé, ensoleillé à la mer ou sur la neige; quand au 300, il gagne une exposition automatique grâce à une cellule et on peut y faire la mise au point par zone.

Donc, plus précisément, notre Agfamatic 200 propose 1/80s lorsqu’il y a du soleil et 1/40s quand il fit plus gris. C’est vous qui choisissez la vitesse en tournant la bague chromée autour de l’objectif et placez un trait noir en face du pictogramme ad hoc. Pour les photos en manque de lumière, vous devrez passer par un Magicube à fixer dans la griffe sur le capot. Notez qu’une marque apparait dans le viseur pour indiquer si la face que vous avez introduite n’est pas une lampe brûlée.

L’objectif est un 44mm ouvrant à f8,2, ce qui permet d’espérer des photos nettes au delà des deux mètres jusque l’infini.

L’appareil est joli, surtout avec son sac « tout prêt », qui fait très moderne, clipsé à l’arrière du boitier. Personnellement, je le trouve plus joli que les Instamatic de Kodak, mais c’est affaire de goût personnel, nous sommes d’accord.

Mise en perspective de deux modèles proches techniquement.

Facile à transporter à défaut de le glisser en poche (ça, ce sera pour les pockets qui sortent l’année d’après chez Agfa et en 1972 pour Kodak), il vous accompagne partout.

Pas besoin de mode d’emploi : vous vérifiez la lumière, tournez la bague sur le pictogramme adéquat, effleurez le Sensor et clic, l’image est dans la boîte.

Comme neuf photos ont déjà été prises avec cet appareil, je me dois de terminer le film pour découvrir ce qui s’y cache.

C’est aussi typiquement un appareil qui fut offert comme cadeau de communion, d’anniversaire, ou pour partir au camp scout/guide. Il n’est donc pas difficile d’en trouver, en bon état.

Reste la question délicate du film en 126, qui n’existe plus. Des solutions sont proposées, je vous en ai touché un mot ICI.

Plus une petite video d’illustration d’un adaptateur

Vraiment, c’est presque dommage de ne pouvoir en profiter plus car c’est un petit boitier qui me plait beaucoup.

Source : PhilCamera

Une video d’illustration de l’appareil

Un peu de technique

Production1972 – 1977         Agfa Camera Werk – Munchen Germany
Type de film126
Format image28×28
BoîtierBoîtier en plastique garni d’aluminium et gros bouton Sensor orange
ObjectifAGFA Color-Agnar f:8,2/44mm, fix-focus, 3 diaphragmes : f8, f11, f16
ViseurOptique collimatée
ObturateurPARATOR 2 vitesses, 1/40 et 1/80s
Flashuniquement les Magicubes
Poids, dimensions70x100x60mm 
DiversDéclencheur SENSOR dans le levier d’armement

Des références : https://www.lense.fr/wikilense/fiche/agfa-agfamatic-200-sensor/, https://derpantoffel.blogspot.com/2013/10/agfamatic-200-sensor.html, https://www.philcameras.be/agfamatic-126/, https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Agfa/Agfa_Agfamatic_200_sensor, https://passionargentique.jimdo.com/agfa/, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=82 en français, https://www.jamescockroft.com/20201217/photography/enter-the-agfamatic-200/

Argentique

Le Ferrania Eura, bis

Autre brocante, autre boite qui titille mon regard et à nouveau, un Ferrania (presque) complet dedans.

Je ne vais pas vous refaire les explications qui sont ICI pour ceux qui auraient raté le premier épisode.

Au vu de l’image des coffrets cadeaux, celui-ci date de 1964.

La boite a vécu mais hormis une partie de la serrure, disparue, elle est toujours en assez bon état.

Cet exemplaire à malheureusement pris un coup sur le dessus, près de la griffe flash, où il manque un morceau de plastique. Heureusement, cela n’aura pas de conséquence à la prise de vue, la lumière ne peut pénétrer par là dans la chambre.

Il est accompagné d’un livret expliquant le fonctionnement des flash Ferrania et l’appareil que j’ai acheté possède, dans sa boite et sa gaine, d’un flash à lampe … Ilford !

Ah oui, et il y a un toujours un film à l’intérieur, raison pour laquelle j’ai craqué. Comme il est difficile à ouvrir quand on ne connait pas le truc, gageons qu’il soit intact. Je n’arrive pas à bien lire à quel chiffre nous sommes, mais je vais le terminer. Comme dira Phil, suspens !

N’empèche, pour faire fonctionner ce flash, il me faut trouver la pile adéquate et ce n’est pas gagné. La plupart des anciens utilisent des piles de 22,5v !

Je ne pense pas que ce soit le cas ici, l’espace est trop petit.

Mais comme il y a du soleil, je vais pouvoir m’en passer jusque la fin du film !

Argentique

Le Diana original et ses clones d’époque

Si vous vous en souvenez, j’ai trouvé ces appareils chez un vide-grenier.

Tous les trois sont neufs, dans leur boîte avec leurs modes d’emploi et … des poussières !

Surtout le Diana, dont je ne pourrai, hélas, garder la boîte, trop abîmée (déchirée, qui a été dans l’humidité et porte des moisissures).

L’appareil en lui-même est aussi en mauvais état : sale, rouillé par endroit, avec le cerclage de l’objectif qui ne tient plus, un obturateur avec des tâches de rouille qui déclenche mais « à son aise ». Bref, je vais voir si je peux le récupérer, avec de la patience.

Les deux autres sont en fait des clones d’époque du Diana … enfin, si on veut car il s’agit en fait du même (ou presque) appareil mais badgés différemment. C’est là tout le sel de cette « découverte » : trouver en 2022 des appareils sortis il y a soixante ans, en plastique, mais neufs.

Je vous ai présenté le Diana F+, la version « moderne » de cet ancien best-seller chinois. Profitons-en pour parler du vrai, celui d’origine, le Diana tout court.

Petite mise au point de départ : l’original est le Diana, qui a existé en Diana F s’il était équipé d’un … flash !

Celui que je vous présente est donc un Diana, tout comme le Banner et le Anny, même si ce dernier a un look un peu différent.

Lomography a ressorti le Diana + (sans flash) et son fameux Diana F+ car ils ont choisi pour base l’original, surtout celui avec flash, auquel ils ont ajouté quelques fantaisies et améliorations.

Pour mémoire, c’est la Great Wall Plastic Factory de Kowloon, Hong Kong, qui a commis cet appareil, au début des années soixante. Voulu dès le départ comme un appareil bon marché, contrairement au Holga, il était avant tout destiné à l’exportation, notamment vers les Etats-Unis et l’Angleterre.

Pour vous donner une idée, l’importateur et distributeur américain le vendait par caisse de 144 appareils, à 50 cent US l’unité.

Les clients étant essentiellement des détaillants ou des intermédiaires pour créer des produits promotionnels.

Le Anny est, dans notre cas, siglé Reader Digest et il a été envoyé, sans doute comme cadeau, à un abonné en 1973.

Triste sort que d’être réduit à des cadeaux promotionnels, des lots de foire, de tombola … Il s’en est quand même vendu quelques uns, comme « vrais » appareils photos mais on pouvait douter de la sincérité des vendeurs par correspondance !

Si on en croit la légende, le Diana et ses clones immédiats ont vu leur production s’interrompre au seuil des années septante. C’était sans compter sur les copistes taïwanais, chinois et même hongkongais (on n’est jamais aussi si bien servi que par soi-même) qui ont continué encore quelques années.

Le fossoyeur de cet appareil mythique fut, notamment, le Kodak Intamatic, presque aussi bon marché mais tellement mieux fini et qui utilisait une nouveauté bienvenue auprès des photographes vraiment amateur, la cassette 126 qui était véritablement plus facile à charger que les films en 120 du Diana.

De nos jours, la firme Lomography est la seule à vendre ce Diana, il est vrai un peu amélioré, je vous renvoie à l’article que je lui ai consacré. Ils ont racheté les droits en 2007.

Mais, et je l’ai découvert en préparant cet article, un certain Greg Dash de Cyclops Cameras a lancé, en 2014, un projet participatif pour créer un Diana … digital. Mille appareils seront ainsi produit. Ce curieux phénomène s’appelait Rhianna (pour éviter les soucis avec Lomography) et s’est vendu 65 GBP pièce.

Source : Ebay

Que retenir de ce drôle de cube en plastique, souvent noir et bleu ?

Quand j’ai déballé le Banner, en voulant retirer le bouchon de l’objectif, j’ai eu la moitié de celui-ci en main, tout comme le cerclage métallique (si, si du vrai fer blanc chromé) du vrai Diana.

Construit trop vite, sans réelle volonté de garantir un minimum de qualité, les (mauvaises) surprises peuvent être légions : le tube de colle sera un précieux allié.

Fabriqué à partir de plastiques phénoliques de faible qualité, du type que l’on trouve couramment dans les jouets importés d’Asie dans les années 1960, ne vous attendez pas à de hauts standards de fabrication, ni même de constance dans celle-ci.

Au point de vue construction, l’avance du film est manuelle, avec une grosse molette, placée sur le dessus du capot, pas vraiment ergonomique, qui fait « clic » à chaque tour,

le tableau de bord, réduit à sa plus simple expression (appareil pas encore nettoyé) : la grosse molette pour l’avance du film et sur le côté de l’objectif, le déclencheur.

Ah, un point important : si la molette fait avancer le film, elle n’arme pas le déclencheur et ne se bloque pas à la vue suivante (hé, on n’est pas chez Rolleiflex ici, hein !). Il faut donc vérifier par la fenêtre rouge l’avancement des chiffres du film. Pas toujours évident, je vous le concède … mémoire de poison rouge, attention !

Le déclencheur est donc toujours « armé » et il suffit d’appuyer dessus pour faire la photo. La combinaison des deux permet les superpositions, volontaires ou non. Si vous êtes, comme moi, du genre distrait, gaffe car les surprises vont suivre !

Alors ne me demandez pas la vitesse d’obturation, elle varie non pas en fonction d’un quelconque réglage mais bien selon qui a construit l’appareil. Disons que ça fluctue entre 1/30 et 1/60 s.

La lentille, parlons-en de la lentille : c’est une lentille en plastique à ménisque très rudimentaire, qui ne couvre qu’imparfaitement la diagonale du film, ce qui a pour conséquence un vignetage assez prononcé et totalement aléatoire. Le manque de qualité de la lentille va aussi produire un contraste assez prononcé avec un rendu des couleurs étrange, sans compter les aberrations chromatiques et le flou, heu … artistique (?) de la chose.

Comme il n’y a pas de molette crantée pour l’avancement du film, celui-ci peut bouger, se coincer, ne pas avancer comme il le devrait. Bref, la aussi, surprise au menu !

La position de l’ouverture du diaphragme est confiée à trois pictogrammes – soleil, ombrageux, nuageux – via un petit levier dont la position est, comment dire, parfois fantaisiste (vérifiez toujours si l’ouverture est bien placée).

La version à 3 ouvertures propose des ouvertures de f11, f13 et f19, et – le luxe ! – il existe des filtres à clipser de 32 mm. Notons que la variante Diana Deluxe offre f 9, f 16 et f 22.

Si le Diana – enfin, l’appareil étiqueté ainsi – existe en plus de cinquante variantes similaires à la conception de base, il y eut plusieurs fabricants, plusieurs usines, qui n’ont pas utilisé toutes les mêmes plastiques (certains sont de meilleures qualités que d’autres), ou ont introduit de subtiles variantes à la physionomie générale (comme le Anny qui semble posséder une cellule), encore, certains ont ajouté des fonctionnalités comme une pause B (bulb), la possibilité de réellement faire du 6×6 (le Diana Deluxe), par exemple.

Pour insérer une bobine de 120, vous devrez déverrouiller tout le dos de l’appareil, grâce à une clé sous l’appareil. Il ne tombe pas tout seul, il fut parfois l’aider un peu, pour le faire glisser hors des « rails » en plastique prévus pour assurer l’étanchéité à la lumière.

Faites attention, car les languettes sur lesquels vous allez placer le rouleau sont fragiles.

Bon, bobine de film à gauche (appareil ouvert devant vous) et bobine réceptrice vide à droite. Vous tirez lentement sur le film pour insérer la languette dans la bobine réceptrice, et vous tournez un peu pour vérifier que la pellicule s’enroule bien. Faites-y attention car, je le rappelle, il n’y a pas de roulettes d’entrainement. Si vous le mettez mal, ce sera la galère pour le faire avancer ensuite.

En images, c’est plus clair :

Bon, il s’agit d’un Diana F+ de chez Lomography, mais le principe n’a pas évolué (le vrai Diana n’a juste pas de mode Bulb ni mode sténopé et on ne peut pas retirer l’objectif, enfin, heu … si, mais involontairement si ça a été mal collé !)

Voir les chiffres défiler à travers la pastille rouge n’est pas toujours aisé mais surtout, n’éclairez pas avec votre smartphone ou une lampe de poche, vous allez « griller » votre film (fuite de lumière assurée).

Ah oui, j’allais oublier de vous parler du viseur ! Son seul avantage est d’être à l’aplomb de l’objectif, un peu au dessus. Il ne contient, vous vous en doutez bien, aucune indication, même pas de cadre et à fortiori rien pour compenser la parallaxe. En fait, deux feuilles de simple plastique, sans grossissement.

-« Mais, me direz-vous à raison, qui voudrait d’un appareil aussi mal foutu ? »

Et bien par exemple le San Francisco Art Institute semble avoir été la première école à utiliser le Diana dans son programme de photographie en 1967-1968 comme moyen de stimuler la vision créative sans dépendre indûment des fonctionnalités et de la technologie de l’appareil photo. Ce sera au tour des étudiants de l’Université de l’Ohio à Athens ensuite, pour les mêmes raisons. Avec un point d’orgue quand une ancienne de l’école, devenue artiste confirmée, Nancy Rexroth, commis une exposition et un livre – Iowa – en 1976.

Si, de nos jours, beaucoup de photographes sont hantés par le piqué, le bokkeh, la précision chirurgicale, le rendu, etc. et acceptent de se plier aux réglages ardus de leur usine à gaz photographique, de nombreux autres ont envie de simplicité, d’approximation, de rêverie, sans prise de tête.

De fait, avoir ce « machin » en mains soit vous ôte tous vos complexes photographiques, soit vous bloque complètement (mais je vais avoir l’air idiot avec ce truc en mains !).

Si vous faites le pas, vous aurez envie de tester toutes les possibilités de réglages et comme elles sont « a minima », vous ne vous en préoccuperez plus, juste allez-vous vous concentrer sur le sujet.

Alors, tenté ?

Je vous résume ses qualités :

  • format photo normalement de 4×4, qui vous permet de faire 16 photos sur un rouleau de 120
  • ouvertures souvent de f11, f13 et f19
  • vitesses oscillants de 1/30s à 1/60s selon les modèles
  • possibilité de faire des surimpressions, volontaires ou pas
  • légèreté de l’ensemble (mois de 400gr avec le film, la courroie)
  • facilité d’utilisation vu le nombre de réglages proposés

Je passerai sur les défauts, vous les avez compris en lisant la « fiche technique ». Quoique certains auteurs insistent aussi sur de possibles fuites de lumière dues à l’assemblage un peu « rustique ». Le gaffer, je ne le dirai jamais assez, reste votre meilleur allié dans ce cas.

Est-ce un appareil à acheter ? Si vous en trouvez un en brocante, vide grenier ou dans un grenier, prenez-le, c’est tendance, surtout si c’est un vrai, de la belle époque (1960 – 1975).

Quant à acheter un Diana F+ de chez Lomography, pourquoi pas, ils ont fait l’effort de le rendre un peu plus agréable à l’emploi mais il n’est pas plus fiable que l’ancien, c’est la conception qui veut ça.

Mais c’est un appareil marrant, avec lequel on peut tout oser, ayant perdu vos complexes, l’œil au viseur.

Comme ma fibre « seconde main » me titille néanmoins, je dirais qu’il existe des appareils qui vous donneront les mêmes sensations, avec – souvent – une meilleure qualité d’image, ce qui n’empêche pas les fantaisies. Et comme ceux-là vous les trouverez pour une bouchée de pain, utilisez-les.

J’en ai déjà cité quelques uns dans la rubrique Lomographie, le dernier en date étant le Ferrania Euro

Petit résumé de mes trouvailles :

Si vous voulez contempler la plus grande collection de Diana, c’est par LA et ça vaut le détour.

Quelques images prises avec cet appareil ICI

Des références : https://lafillerenne.fr/blog/701/, https://www.lomography.fr/magazine/337781-diana-un-historique-rapide, https://microsites.lomography.com/diana/fr/galleries/detrich/ https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-2406-Great%20Wall%20Plastic%20Factory_Diana.html en français, https://lensgarden.com/light/the-real-diana-camera-a-plastic-wonder/, https://analogsoulphoto.wordpress.com/2011/01/19/the-lovely-ladies-original-diana-camera-and-diana-f/, https://en.wikipedia.org/wiki/Diana_(camera)

Argentique

Petite moisson de vieux appareils

En passant devant un vide-grenier, poussé par une intuition sans doute, je m’y arrête et pousse la porte …

Dans le joyeux capharnaüm du magasin, au détour d’une allée, je découvre des tas de vieux appareils, pêle-mêle.

Bon, j’y vais et je trie : quelques Kodak Instamatic plus ou moins en bon état (je vous en ai déjà présenté quelques uns), un vieux Kodak à soufflet, malheureusement troué et dont une pièce métallique se balade dans la chambre (!?), de vieilles caméras de tous les âges, un Kodak Disc tout à fait inutilisable, deux Polaroid Swinger 20 – dont un en parfait état et dans sa trousse d’origine avec ses accessoires – qui ne sont plus utilisables non plus faute de film, le fameux film 20 qui donne son nom à l’appareil, un autre Polaroid Land 80 (dont le film n’existe plus) et …

… ceux que je choisi de prendre. Dans le désordre :

  • Un Anny W20, badgé Reader Digest,
  • Un Banner,
  • Un vrai Diana, tous les trois dans leur boite, neufs !
  • Un Kodak Brownie Bullet II avec encore un film à l’intérieur.
  • Un Minolta Autopack 500.

Bref, de quoi m’amuser quelques jours pour vous les présenter bientôt.

Argentique

Le Ferrania Eura

Une brocante de début avril, avec du soleil, assez exceptionnel.

Mais hormis cet astre, pas grand chose à me mettre sous les yeux ou entre les mains … et puis, au retour vers la voiture, j’aperçois un vieil appareil en bakélite, dans une trousse, avec ses accessoires qui ont l’air d’époque.

La dame du stand étant occupée, je prends cette trousse en mains et regarde ce qui s’y trouve : un boitier aux formes très datées, un flash, des ampoules, un second flash avec son câble. Bref, un « set » complet.

La dame a terminé son autre vente et revient vers moi. Je lui demande quelques précisions sur cet appareil et là elle me dit que c’est le sien, qu’elle avait reçu pour sa communion et qu’il est avec les accessoires qui l’ont toujours accompagné.

Poliment, au risque d’un impair, j’ose lui demander de quand date cette communion : « au début des années soixante », me dit elle en souriant.

Reste maintenant le moment délicat, celui où je m’enquiers du prix … une brève hésitation, parce que la dame me demande ce que je compte en faire. Et je lui explique ma démarche, le site, les achats et les tests que je fais.

Rassurée sans doute, elle me laisse partir avec ce souvenir qu’elle avait gardé mais plus guère utilisé, finalement.

A moi maintenant d’essayer de vous le présenter.

Vous allez voir, ce petit appareil tout en plastique va vous réserver des surprises car, très honnêtement, je pensais que sa présentation serait rapide … c’était sans compter sur le hasard, qui fait si souvent bien les choses !

Source : Bencinistory

Voici tout d’abord comment se présentait les coffrets cadeaux de cet appareil. Celui qui nous occupe date de 1966, celui que cette charmante dame m’a vendu (seule la tirette est HS).

Mais peut-être un mot d’abord sur Ferrania, une marque italienne qui, à l’origine, fabriquait essentiellement des films pour appareils photo, le cinéma et le monde médical.

Si elle a produit des appareils photos, c’est pour vendre aussi de la bobine (si je puis écrire), comme l’on fait Kodak, Agfa, Adox, Gaumont, etc. plus ou moins aux mêmes époques.

Elle n’a pas fabriqué tous les appareils qu’elle vendait sous sa marque, seulement les plus simples, les autres étant confiés à des partenaires, pour la plupart européens.

Son nom vient de la commune de Cengio, au lieu dit Ferrania, située en province de Savone (Ligurie) où, en 1917, se crée la FILM (Fabbrica Italiana Lamine Milano). Elle fusionnera en 1932 avec la SA Michele Cappelli. En 1935, ils rachètent la FIAMMA, active dans la construction d’excellents appareils.C’est à partir de cette époque qu’elle engrange les connaissances nécessaires (conception, fabrication) à la fabrication d’appareils photo.

Puis, en 1937, elle rachète encore la société FILMA, de Turin qui, comme son nom ne l’indique pas, fabriquait des luminaires caisson en tôles (mais bon, les fondateurs étaient dans plusieurs entreprises).

La société sera rachetée en 1964 par le groupe 3M, car outre la photographie, elle était impliquée dans l’impression notamment.

Pour compliquer un peu les choses, certaines caméras Ferrania ont été fabriquées par Dacora en Allemagne, tandis que leur série Condor l’était par Galileo en Italie.

Officiellement Ferrania est née en 1937 et elle est prête à commencer l’aventure.

Au début, elle recyclera des appareils fabriqués autrefois par Cappelli, des 6×6, 6X9 et 4,5×6. C’est en 1939 que la société Ferrania crée deux nouveaux appareils, le Zeta et l’Eta, qui seront présentés à la Foire de Milan en 1940. Si le Zeta est un 6X9 « classique », l’Eta rompt avec les formes usuelles des appareils de l’époque.

Source : Bencinistory, le Zeta en haut (6X9) et l’Eta (4,5×6) en dessous

Les années quarante verront l’avènement d’appareils télémétriques, folding et box tous assez originaux. Parfois en étroite collaboration avec l’entreprise Galileo, fabriquant d’appareils et d’optiques réputés.

En 1950, sortait notamment l’Elioflex, un reflex à double objectif qui utilisait du film 120 pour des négatifs 6×6, avec objectif Galileo. Ce fut un succès commercial car ce boitier, encore une fois, rompait avec les appareils traditionnels du paysage photographique italien.

Cette période fut l’âge d’or de la marque, avec une production d’appareils renommés (Condor, Falco, Rondine, Ibis, Astor et leurs nombreuses déclinaisons), jusqu’en 1952, qui marque une rupture. Celle d’avec Galileo d’abord pour des raisons internes. Puis une certaine rationalisation de la production afin de réduire les coûts et augmenter la production.

Les nouveaux appareils sont souvent des variations sur des thèmes plus anciens, qui évoluent par petites touches.

Enfin, en 1959, apparait l’Eura, un appareil fabriqué à Milan, tout en plastique, ultra-économique en format 6×6 pour film 120. Le boitier sera présenté comme  » une avancée décisive pour que TOUT LE MONDE puisse photographier en toute simplicité, en toute confiance, avec satisfaction, à moindre frais ».

Très simple d’utilisation, j’y reviendrai, il fit l’objet d’une campagne de publicité non seulement en Italie mais partout en Europe. L’Eura sera sans doute le plus grand succès commercial de la marque car, outre sa simplicité, les résultats photographiques étaient salué par la presse photo de l’époque.

Dans le même esprit, en 1962 les modèles Euralux 34 et 44 restaient proches de l’Eura : tout en plastique, mais plus petits, utilisant alors le film 127 pour des négatifs respectivement de 3×4 et 4×4, ils gardaient la même simplicité d’utilisation mais introduisait une espèce de coquille à l’avant, qui renfermait un petit flash à ampoules, rabattable.

Ce petit boitier noir, tout plastique, est donc un « phénomène » finalement un peu oublié de nos jours, quoique … les Lomographistes ne pouvaient qu’être enthousiastes à sa (re)découverte, j’en parlerai plus loin avec un projet étonnant.

Simple, écrivais-je, je dirais même simplissime, comme pouvaient l’être le Bilora Gevabox ou l’Agfa Clack, contemporains.

Son objectif est une lentille en plastique à ménisque, avec une mise au point de 2m à l’infini. Notons toutefois que la lentille est recouverte d’un traitement bleuté, anti-réfléchissant.

Tiens, juste en passant, c’est quoi une lentille à ménisque ? C’est une lentille qui a deux surfaces courbes, convexe d’un côté et concave de l’autre, plus épaisse au centre que sur les bords. Souvent combinée à un autre objectif, elle diminue la distance focale et augmente l’ouverture du système. L’utilisation d’une telle lentille produit un plan focal plus petit et occasionne moins d’aberrations qu’un objectif plan – convexe standard, améliorant la qualité de l’image.

Il y seulement deux ouvertures f8 (nuageux) et f12 (ensoleillé) et une seule vitesse, le 1/50s. Pas de pause bulbb, ni retardateur.

Mais on peut y brancher un flash !

Pour l’ergonomie, disons que c’est un peu atypique : le bouton d’avance du film est en dessous (habituellement il est au dessus) et guère pratique à cet endroit.

Et le verrouillage de la porte arrière, qui s’enlève entièrement, demande que l’on tourne le gros bouton du dessous vers « ouvrir » tout en descendant le curseur. Pas pratique du tout, même si cette technique permet de sécuriser le dos des ouvertures fortuites. Sur le dos amovible, au milieu, une fenêtre en rouge inactinique pour lire les numéros des photos (un compteur efficace en soi mais souvent peu lisible). Petite coquetterie utile, cette fenêtre est entourée d’un feutre noir pour éviter les fuites de lumière.

Je note que l’assemblage des plastiques est bon, avec des rainures qui s’emboitent bien et est sans doute bien étanche. Mais attention, c’est du plastique, qui pourrait se déformer si on l’expose à de fortes chaleurs.

Heu, pour refermer le dos, il faut le placer contre, remonter le curseur de gauche, ce qui libère la roue d’ouverture/blocage et revient bloquer le mécanisme. Il faut exercer une petite pression sur la partie droite pour bien clipser l’ensemble.

Je crains que même avec de l’habitude, changer de film demande un peu de patience.

Encore un mot, à propos de la chambre cette fois. Comme pour l’Agfa Clack, est elle légèrement bombée et le dos porte des « rails » qui servent de presse film.

Autre bizarrerie, la griffe du flash est montée sur la partie du dos qui s’enlève. La notice prévient d’ailleurs de tenir l’appareil contre soi lorsqu’on veut retirer le flash, pour éviter tout risque d’ouverture en tirant trop fort sur le flash.

Le viseur est un simple tunnel de Galilée finalement très lumineux à défaut d’être précis (pas de cadre).

Lorsque vous manœuvrez le bouton de bobinage pour faire avancer le film, dites-vous bien qu’il n’arme pas l’obturateur. Amateur de doubles expositions involontaires (ou pas), pensez-y, cela vous évitera des déconvenues car le déclencheur est toujours « armé ».

Le déclencheur, d’ailleurs, c’est le gros curseur rouge, sur le côté de l’objectif, qu’il suffit de descendre du bout de l’index.

Au niveau réglages, pas de panique : vous placez le repère de la couronne soit sur le chiffre qui correspond (plus ou moins) à la distance sujet – appareil (2 – 3 – 8 – infini).

Pour l’ouverture, même chose : vous placez le curseur soit sur 8 soit sur 12, fonction de la lumière disponible, ou le flash et la distance du sujet (sur 12 si vous êtes vers les 2 m, 8 si vous êtes au delà).

Sur l’appareil que j’ai acheté, on a dû recoller la couronne, mais pas à la bonne place car les symboles ne correspondent pas au mouvement de l’objectif ni à la position des ouvertures. Je vais regarder à remettre ça en place.

Ah oui, toujours sur le fut de l’objectif, une prise pour le câble du flash que vous aurez mis dans la griffe.

Qui dit appareil simple dit mode d’emploi restreint : ici, on frise le concentré

Voilà, voilà …

Admirez au passage la lanière en plastique, d’origine. Sa fragilité nous rappelle que l’appareil, nu, pèse moins de 300gr.

Les designers italiens ont bien travaillé et le style de l’appareil est plus élégant que l’Agfa Clack ou le Bilora Gevabox, mais les goûts et les couleurs …

Comme je l’écrivais plus haut, un appareil typique de la Lomographie : simple à utiliser, pas mal fichu, plaisant à l’œil avec son côté « vintage » assumé.

Lors du confinement dû à la pandémie de Covid 19, des photographes, essentiellement italiens, ont eu l’idée d’utiliser cet appareil pour raconter leur quotidien de confinés, mais je leur laisse la « parole » :

« Quinze passionnés de photographie racontent avec le même appareil – un Ferrania Eura de 1959 – l’immobilité qui nous entourait lors du premier confinement (mars/avril 2020).

Dans cette situation aliénante, celle qui a caractérisé la première vague, dans laquelle les journées sont devenues répétitives et semblables les unes aux autres enveloppées dans cette couverture de silence.

Chiara Vannoni, créatrice, dans cette perspective a cherché qui utiliserait la FERRANIA EURA et pourrait lire le même moment avec des yeux différents, créant ainsi le Collectif aLongSunday.

Comme un dimanche après-midi très long et désert où quinze passionnés de photographie ont repris leur EURA. L’idée était de documenter ces moments en appuyant leur intemporalité pour décrire un moment inédit avec un regard ancien. Cet appareil photo petit et léger de 1959 était la clé pour accompagner l’attente.

Ferrania Eura est le véritable protagoniste de ce projet. Le fil rouge qui unit les photographes ». Source : aLongSunday

Je vous invite, naturellement, à découvrir leurs travaux en tenant compte du contexte particulier du moment et du comment :

« NOS PHOTOS : Le claquement doux puis le claquement presque impertinent de la roue d’avance étaient le fil conducteur qui liait nos souvenirs de ces jours surréalistes.

Chacun, de la manière permise dans les lieux où il se trouvait, a commencé à emporter ce petit moyen format avec lui et à lui faire écrire ce qui se passait autour de lui.

Il y a ceux qui ont l’habitude de la photographie pour le travail, ceux qui la voient comme un passe-temps, ceux qui en ont une passion. Dans ce groupe, la variété n’est pas seulement géographique.

LE CONTEXTE HISTORIQUE : Le court-circuit du temps qui ne semblait plus s’écouler était amplifié par la vue de la petite caméra qui donnait une image presque intemporelle de ces jours étranges.

La grande vague qui nous a saisis et nous a enfermés dans nos maisons a brisé la réalité de ces mois en mille fragments.

Le confinement a eu des répercussions qui vont au-delà de celles économiques et sanitaires au sens strict. Dans le projet photographique, il est possible d’observer à la fois la trace de la documentation de la réalité et les différentes visions qui la filtrent pour la raconter.

Avec l’arrivée de l’été, les signes d’un mécanisme de refoulement tantôt inconscient, tantôt volontaire commencent à apparaître, frisant le déni.

Un projet comme celui-ci, sans se focaliser sur l’actualité des médias connus de tous, rappelle que même dans la réalité de chacun quelque chose s’est passé  » Source : aLongSunday

Les photos de ce groupe de passionnés, outre le message, vous donneront un aperçu des capacités étonnantes de cet appareil (il suffi de cliquer sur le nom de chaque photographe sous le titre Project 1.0.).

Franchement, ayant vu ces photos, je me demande encore pourquoi certain(e)s achètent encore un Holga ou un Diana F ? Ils ne présentent guère plus de réglages que celui-ci et en plus, ils souffrent d’un important vignetage – parait-il leur « signature » – dont est exempt le Ferrania Eura.

En ressortir fera aussi preuve d’écologie : l’appareil existe déjà, pas besoin d’en recréer de nouveau pour tenter l’expérience.

Vous l’aurez compris, ce petit appareil improbable m’a séduit. Il me reste quelques bobines en 120 que je destinais à un Diana F+ (oui, je sais, je cumule les fautes de goût !).

Il n’est pas trop difficile d’encore en trouver, tout le monde ne s’en est pas débarrassé, la preuve. Souvent offert comme cadeau, certains ont été précieusement conservé. Son prix ne doit pas dépasser 10€ si le set est complet, comme ici. Sinon, pas plus de 5€ pour l’appareil seul.

Juste à vérifier que l’obturateur fonctionne, que la coque n’a pas subit de chute et qu’elle n’est pas fissurée ou cassée.

Sinon, bonne découverte et, surtout, bon amusement !

Quelques publicités d’époque

Source : Photrio.com
Source : Bencinistory

D’autres exemples de photos prises avec l’appareil ICI et LA.

Caractéristiques

Film 120 rouleau, format image 6x6cm
Objectif ménisque f/8, filtre à enfiler
Ouverture : f/8 et f/12, réglage : levier et échelle sur le barillet de l’obturateur
Plage de mise au point : 2-8m +inf
Mise au point manuelle de la cellule avant
Obturateur Everset, une vitesse 1/50
Armement et déclencheur : par le même levier, sur le barillet de l’objectif-obturateur

Remontage : bouton sur la plaque inférieure
Viseur télescopique inversé
Prise Flash PC : sur le barillet de l’obturateur
Retardateur : aucun
Capot arrière : amovible, s’ouvre par un loquet sur le côté droit de la caméra
Gravure au dos de la couverture : Made in Italy
Prise trépied : ¼’
Pattes de sangle
Corps : plastique et aluminium ; Poids : 244 g
N° de série aucun

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Des références : https://camerapedia.fandom.com/wiki/Ferrania_Eura, https://www.lomography.com/magazine/224211-ferrania-eura-the-beauty, http://ericconstantineau.com/photo/review_ferraniaeura_en.html, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Ferrania en anglais, https://it.wikipedia.org/wiki/Ferrania_Eura, https://bencinistory.altervista.org/001%20CAM.%20FERRANIA/storiaferrania3.html, https://www.alongsunday.com/, https://thefilmrenaissance.wordpress.com/2016/07/02/ferrania-eura-the-italian-holga/, https://bencinistory.altervista.org/001%20CAM.%20FERRANIA/intro%20ferrania.html en italien, https://www.mes-appareils-photos.fr/Ferrania-Eura.htm, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=105, https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferrania en français

Les nouveautés en un lieu

Le Zeiss Ikon Super Ikonta 531/2, suite …

Cet appareil, que je vous ai présenté ICI, je l’ai vendu à un photographe portugais, avec qui j’ai noué de très bons contacts.

Lorsqu’il a reçu l’appareil, il a procédé à quelques petits travaux : changement du verre de visée devenu trop illisible, nettoyage des mécanismes d’ouverture et il a, avec parcimonie, huilé quelques rouages.

En fait, il compte bien l’utiliser pour ses travaux personnels, ce qui me comble bien évidemment.

Il a eu la gentillesse de me dédier une photo, qui est une surimpression (bel exercice de style quand on sait que Zeiss a mis en place un mécanisme pour empêcher cela).

A mon tour, je la partage avec vous, je la trouve superbe.

© Carlos Gross

Avec du talent, il est possible de tirer le meilleur parti d’un appareil vieux de soixante ans !

Il me reste à souhaiter que cette combinaison Carlos + Zeiss Ikon puisse nous régaler de magnifiques photos encore longtemps.

Quelques exemples ICI.