Ce sera sans doute la dernière brocante de cette année.

Quoiqu’il fasse anormalement bon et chaud ce 11 novembre 22, la manifestation se tient dans le grand hall de Louve Expo, à La Louvière.

Beaucoup de chalands, un peu moins d’exposants mais tout le monde semble ravi d’être là.

Et moi, je fouine comme d’habitude pour tenter de trouver quelques pépites à vous présenter ensuite.

Comme d’habitude, il y a ceux qui ne savent pas ce qu’ils vendent mais ont l’honnêteté de le dire et de pratiquer des prix raisonnables, et puis ils y a ceux qui ne savent pas non plus ce qu’ils vendent mais qui ont été voir sur Internet et qui proposent des prix délirants (un Voigtländer Vitoret en bel état à 135€ ou de vieux folding Kodak au soufflet asthmatique et dont l’objectif n’attend qu’une main un peu maladroite pour se faire la malle à 50€, par exemple !).

Bon, laissons-là ces chagrins et voilà un stand sympa, où je vais pécher les deux appareils que je vous présente, le premier étant ce Yashica FX-1 (le second sera un Polaroid, si, si …).

Je n’ai pas souvent abordé Yashica pour ses reflex mais plutôt pour ses excellents Electro 35.

Pourtant vous pourriez aller relire l’article que j’ai consacré au superbe et trop méconnu Yashica FR-1, il vous donnera les clés de l’histoire, compliquée, de la marque et de ces reflex de qualité.

Vous y découvrirez aussi que le Yashica FX-1, proposé en 1975 est le premier d’une longue série d’appareil de notoriété, qui utilisait certaines des fonctions du Contax RTS (le déclencheur électro-magnétique, la monture acceptant les objectifs C/Y signés Carl Zeiss).

Il a d’ailleurs été le premier à introduire cette monture commune C/Y (Contax/Yashica) qui permet d’utiliser les objectifs Yashica et les Carl Zeiss T*.

Vraiment un appareil de transition, qui partageait les fonctions des « anciens » reflex Yashica (à monture M42) et celles des futurs FR.

Il est le digne représentant de ces appareils des années septante : massif (650gr tout nu), agréable à prendre en mains, majoritairement en métal et qui demandent, impérativement, d’opter pour une sangle confortable si vous voulez le porter autour du cou, vos cervicales vous diront merci (celle d’origine étant définitivement anecdotique avec son fin filet de plastique).

Lorsque je l’ai acheté, je me suis posé la question de savoir où était la pile car rien n’indiquait qu’il y ait une trappe quelconque à l’extérieur. Arrivé à la maison, après l’avoir nettoyé, je me suis dit qu’elle était peut-être dans la chambre et j’ai trouvé comment ouvrir le dos de l’appareil, que j’ai refermé aussi vite car il y avait un film dans la chambre !

En passant, pour ouvrir la porte arrière, il faut avancer le levier marqué 1 et puis appuyer sur le bouton marqué 2 (ce qui nécessite les deux mains). Impossible de l’ouvrir par inadvertance.

Revenons à notre pile. J’ai dû regarder sur le mode d’emploi pour comprendre qu’elle était cachée dans le barillet de la molette de rembobinage. Ça, je ne l’avais encore jamais vu !

De fait, il faut soulever la petite manivelle, tirer sur l’ensemble, qui se soulève aisément, se saisir du fut ainsi dégagé et tourner dans le sens anti horaire pour ouvrir le réceptacle où se niche la pile, une PX28 de 6v (alcaline ou oxyde d’argent, ouf), que vous pourrez remplacer facilement par une 426A (4LR 44 empilées) – attention, le plus se met en bas. Pour refermer, opération inverse, sans forcer.

C’est ainsi, muni d’une nouvelle pile, que j’ai collé mon œil au viseur pour vérifier que la cellule fonctionnait, et oui, ça marche !

Puisque j’en parle du viseur, il n’a pas de stignomètre à coïncidence (le centre au milieu divisé par une ligne qu’il faut remettre en ordre) mais un rond, toujours au milieu du viseur, à micro prisme fin pour effectuer la mise au point.Sur la droite, une échelle avec une aiguille qui monte ou descend selon la luminosité et vos réglages.

Comme d’habitude, une zone en haut pour la surexposition et en bas pour la sous exposition.

En haut, en bandeau, une ligne vous renseigne sur le réglage d’ouverture sélectionnée (de f1,2 à f32).

Un viseur classique, assez clair finalement, et qui donne une bonne idée de vos réglages et des infos issues de la cellule.

Une cellule au CdS, alimentée donc par la pile de 6v. En fait, la cellule est « divisée » en deux partie, positionnées de part et d’autre du pentaprisme.

Vous pourrez régler sa sensibilité de 12 à 3200 Asa en soulevant le fut de la pile et en tournant la tirette de réglage jusqu’à ce que le repère soit en face de la valeur voulue. Ça demande un peu d’entrainement, car « la tirette » offre quelque résistance. Notez que la plage est assez large pour l’époque où la concurrence plafonnait souvent à 1600 Asa. La mesure se fait à pleine ouverture.

Notez le petit bouton de test pour la pile.

Pour « absorber » ces sensibilités, l’obturateur (électronique) en tissu (qui se déplace horizontalement sans trop de bruit) nous donne des vitesses de 2s à 1/1000s plus le mode bulb. A ce sujet, le déclencheur est fileté pour y placer un déclencheur filaire.

Et puisque je vous présente le déclencheur, sachez qu’il est électro magnétique, assez sensible mais autorisant la mise au point en l’enfonçant à mi-course pour activer la cellule. Une sécurité permet de le mettre sur L (lock).

Il possède un retardateur( +/- 10 secondes) que vous enclenchez en tirant le levier vers le bas et en appuyant sur le déclencheur.

J’allais oublier, mais autour de la couronne à gauche (quand on regarde dans le viseur), il y a aussi moyen de corriger l’exposition sur 2 diaphragmes. La position 1x équivaut au zéro (penser à remettre l’appareil dans celle-ci pour éviter les déconvenues ensuite).

Les vitesses se règlent avec le barillet à droite, près du déclencheur, avec une position auto. Car c’est un appareil qui fonctionne aussi bien en tout automatique qu’en manuel. En tout auto, c’est la présélection de l’ouverture qui va actionner la sélection de la vitesse adéquate par le « contrôleur » du boitier.

Vous aurez noté le compteur de vues, qui se remet à zéro automatiquement.

Lorsqu’il est en manuel, c’est un priorité ouverture. Vous gardez les indications de la cellule mais c’est vous qui réglez la vitesse et l’ouverture.

Le boitier possède aussi un bouton pour le test de la profondeur de champ, en bas du fut porte objectif.

Et tant que nous sommes là tout près, vous verrez aussi le bouton pour déverrouiller l’objectif, comme je l’ai déjà écrit, à monture commune Contax et Yashica. Qui a développé une série d’excellents objectifs qui tiennent aisément la comparaison avec les Carl Zeiss T* (T* en rouge pour indiquer qu’ils sont traités multi-couches).

Suite au développement conjoint avec Zeiss Ikon du système Contax, Yashica construisit un appareil moins sophistiqué, mais apte à être utilisé avec les objectifs Zeiss des Contax, et les objectifs de la gamme de ML.

Ces deux lettres indiquent que les objectifs ont été traité multi-couches pour éviter les reflets et assurer un maximum de clarté à la prise de vue.

Celui qui est monté sur le boitier est le 50mm ouvrant à f1,7.

La particularité de ces objectifs est de permettre la visée et la mise au point à pleine ouverture, quelque soit l’ouverture sélectionnée. Ils offrent une action entièrement automatique du diaphragme en fermant au réglage présélectionné seulement pendant la durée de l’exposition.

Mais je vous écris beaucoup sur la « mécanique » mais il faut se rendre compte que cet appareil est – pour l’époque – un véritable condensé d’électronique. Une large mappe souple assure les contacts (autour du pentaprisme) et un « cerveau » calcule les interactions ouverture/vitesse/sensibilité en mode automatique. En mode manuel, il restitue les informations de la cellule.

C’est, en 1975, l’appareil le plus sophistiqué chez Yashica. Il sera détrôné par le FR-1 un peu plus tard, mais c’est le lot de tous les pionniers.

Ai-je fait le tour ?

Ah non, il peut utiliser des flashs électroniques. La vitesse de synchronisation est le 1/60s (contact central sur la griffe porte accessoires). Mais il peut accepter des flash plus anciens avec prise PC, toujours au 1/60s (il faut mettre le barillet de vitesse sur le chiffre 60).

Plus anecdotique, on peut utiliser des films infra rouge avec le boitier (il faut y ajouter un filtre rouge).

Cet appareil s’inscrit aussi dans le « système » mis au point avec les appareils Contax RTS et pourra utiliser les adaptateurs pour microscope, les soufflets pour la macro, les supports pour rétro-copie, des viseurs particuliers, des loupes, des tubes allonges automatiques, etc.

Ceci étant, mon exemplaire va demander quelques travaux, outre le nettoyage : changer la mousse du miroir et celles du dos, qui sont parties depuis longtemps. Une fois cela fait, il sera à nouveau tout à fait fonctionnel.

Costaud je vous disais.

Que penser de cet appareil ?

Moins connu et couru que le Contax RTS, il en est pourtant l’émanation et ne manque pas d’attraits.

Il est aussi un peu plus difficile d’en trouver. Pourtant, ce sont des boitiers fait pour traverser le temps.

Simple, fiable, solide, il a tout pour rejoindre votre besace. Mais n’oubliez pas d’acheter une bonne sangle, idéalement large et fleurie, comme à l’époque.

Question prix, disons qu’à 50€ avec un objectif Yashica ML vous ferez une excellente affaire.

Pour vous donner des idées d’images prises avec cet appareil ICI.

Source : Collection-appareils, Photokina 1977-78

Pour le mode d’emploi, c’est par ICI

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Yashica_FX-1, https://lens-db.com/camera/yashica-fx-1-1975/, https://www.lomography.com/magazine/275904-lomopedia-yashica-fx-1, en anglais; https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Yashica/Yashica_FX-1, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-4711-Yashica_FX-1.html en français