Celui-là vient aussi de mon passage chez le vide-grenier et il n’a rien à voir avec la qualité très approximative des Diana et consorts que je vous ai présenté il y a peu.

C’est un appareil « sérieux », bien fini et … qui a ce petit quelque chose qui fait qu’on s’arrête pour le regarder de plus près.

De fait, c’est la forme inhabituelle de l’objectif, carré, qui retient l’attention. Son côté dépouillé aussi, comme un genre zen : l’essentiel est là, bien disposé et rien de plus.

Et franchement, dans sa belle livrée blanche, qui n’a pas bougé depuis sa sortie au monde, en 1966, il me fait penser à ces objets habillés par Courège (que ceux qui se souviennent de la Matra Baghéra Courège lèvent le doigt).

Bref, pour en revenir à notre Minolta Autopak 500, même s’il a été lancé en même temps (et en collaboration avec) que la ligne Instamatic de Kodak, il est bien plus luxueux, son design est recherché et il est un peu plus gros qu’un Instamatic.

Pourtant, il utilise la même cassette Autopak de Kodak, la fameuse 126 qui, si elle n’existe plus, peut être contournée, je l’ai déjà signalé ICI.

Ce Minolta Autopak 500 fut aussi distribué en Allemagne par Quelle – la grande société de vente par correspondance – via sa division Foto Quelle, sous le nom de Revuematic 500. Au Royaume-Unis, il est re- badgé Ilford Monarch, plus « classe » !

Techniquement l’appareil apporte quelques incongruités pour cette gamme de boitier utilisant le 126, généralement simplissime pour ne pas écrire simpliste !

Petite revue :

  • un objectif Rokkor de 38mm ouvrant à f2,8, rarissime sur ce type de boitier
  • une mise au point manuelle dont vous voyez les indications dans le viseur
  • un posemètre au sélénium entoure l’objectif
  • une exposition réglée automatiquement par l’appareil avec des temps d’exposition de 1/90s, sauf en synchro flash qui est au 1/40s (Flashcube)
  • une première mondiale en ce qui concerne d’ailleurs le flash car l’Autopak 500 est le premier appareil capable de déclencher automatiquement un flash en cas de faible lumière.

Tout ça dans une boite élégante de 320 gr.

Vous l’avez compris, cet appareil est avant tout destiné aux amateurs. Déjà le choix du film, en cassette 126, pour ne pas se compliquer la vie en mettant son film dans le boitier. Ensuite, le système d’exposition automatique qui vous simplifie la prise de vue : vous visez, l’appareil fait le reste, y compris, comme je l’indiquais plus haut, la gestion du flash. L’avance des vues est confiée à un levier d’armement discret qui tombe pourtant naturellement sous les doigts. Notez qu’il faut l’actionner deux fois pour avancer à la vue suivante.

Pour alimenter l’engin, une trappe sous l’appareil accueille deux piles AAA très communes.

A ce sujet, le bouton rouge, au dos, près du viseur, ne sert pas à vérifier les piles mais à libérer le Flashcube que vous auriez monté.

Une dragonne toute simple vient compléter le tout et vous incite à l’emporter partout.

Pour ouvrir l’appareil, un loquet sur la droite déverrouille le dos, monté sur une vraie charnière. Dessous, la chambre, ici très propre. L’ajustement des pièces doit assurer une bonne étanchéité à la lumière.

Ah oui, j’allais oublier de vous parler de ce curieux bouton, sur le côté gauche : il sert à régler la distance du sujet à photographier. Et, cerise dans le viseur, ces distances sont reprises, sous forme de pictogrammes, sur le côté gauche de celui-ci. Ces réglages ont toute leur importance lorsqu’on est en mode flash car l’ouverture est couplée alors avec la mise au point.

Un dernier mot sur le viseur : il est très clair, collimaté avec correction de la parallaxe et, comme dit plus haut, indication des distances.

Voilà, voilà … un beau joujou, que l’on ne trouve pas facilement mais qui vaut le détour.

Bien sûr, certains vont rechigner sur la cassette 126, qui demandera un peu d’effort de détournement pour qu’on puisse utiliser l’appareil, mais c’est faisable.

Franchement, l’appareil mérite bien quelques efforts. Avec lui, vous photographiez avec style et différemment.

Toutefois, soyons conscients que même si l’appareil offre des qualités que les autres utilisateurs de la cassette 126 (les Instamatic et les Agfmatic en tête) n’ont pas, il reste quand même que la qualité du film reste ce qu’elle est.

Donc si vous en trouvez un, ne le laissez pas seul, emportez-le (et négociez son prix, autour des 15€ maximum s’il est en parfait état avec sa dragonne).

Petite video d’illustration

Un peu de technique :

Type: appareil photo argentique à viseur
Fabricant: Minolta
Année de lancement : 1966
Film : cartouche de film 126
Objectif : Rokkor 1 : 2,8/38 mm avec 4 éléments
Viseur : cadre lumineux avec marques de parallaxe, symboles de distance reflétés dans le viseur, indicateur de flash
Obturateur : vitesse 1/90 sec. en normal ou 1/40 sec. en mode flash
Avance du film : le levier a besoin de deux mouvements pour avancer à la prochaine vue
Flash : Flash cube, déclenchés si nécessaire
Dimensions : 118 × 71 × 57 mm
Poids : 320 grammes

Des références : https://filmphotography.eu/en/minolta-autopak-500/, https://vintagecameralab.com/minolta-autopak-500/, https://camerapedia.fandom.com/wiki/Minolta_Autopak_500, http://camera-wiki.org/wiki/Minolta_Autopak_500, https://jeanaharbor-tokyo.com/Visual-Arts/zcywb-24131/Japan-s-Film-Camera-Minolta-Rokkor-Autopak.cgi, http://www.mrmartinweb.com/126.htm en anglais, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=20696, https://fr.wikibooks.org/wiki/Photographie/Fabricants/Minolta/Minolta_Autopak_500, https://www.suaudeau.eu/memo/histoire/histoire_minolta/Histoire_de_Minolta.html en français