Le Pentax Espio 928

S’il y a bien une gamme d’appareils compacts qui eut du succès, c’est celle des Espio de Pentax.

Petits, légers, bien conçus et souvent performants, ils ont été lancé au début des années nonante (comme le Pentax Espio AF Zoom) pour les plus anciens et ont perduré jusqu’en 2003 (comme le Pentax Espio 24EW) pour les plus récents.

Ce qui est encore un avantage aujourd’hui, car ils ont, théoriquement, moins servis que des modèles sortis dans les années quatre-vingt.

Pour en revenir à celui du jour, s’il s’appelle Espio 928 ici, il se nomme IQZoom 928 outre Atlantique. Il y aura aussi un Espio 928M, moins intéressant car il perd une série de fonctionnalités de l’original, même s’il est un peu plus récent : l’Espio 928 est apparu sur le marché en 1994 et le 928M deux ans plus tard.

Si habituellement Pentax nomme ses compacts en fonction de leur focale, ici ils ont décidé de brouiller un peu les pistes : le zoom se déploie de 28 mm à 90 mm. Vous aurez compris, 928 est le chiffre « mix » des deux focales.

Alors le 928 est un compact pourtant assez imposant, vous ne le mettrez pas dans une poche de Jean’s, mais bien dans un petit sac, ou vous le porterez avec la dragonne au bout du poignet car on le saisit très facilement grâce à sa poignée un peu proéminente.

Sous ses dehors discrets, c’est pourtant un « haut de gamme » que vous aurez en mains, voyons cela de plus près.

C’est son tableau de bord qui retient l’attention : il est constitué de 4 boutons qui encadrent l’écran ACL sur le dessus de l’appareil. Seulement 4 boutons pour gérer :

  • la correction d’exposition
  • la gestion du flash
  • le réglage de l’hyperfocale
  • la pose B
  • les expositions multiples

Ceci implique qu’il y aura parfois des combinaisons de boutons pour couvrir toutes les fonctions (ça, j’aime moins, il faut de la mémoire). Vous trouverez le mode d’emploi en bas de l’article.

Sinon, il offre un beau viseur avec correction dioptrique et des grilles pour la correction de la parallaxe.

Pour le mettre en route, un gros bouton rond ON/OFF, près du viseur, sur lequel il faut appuyer au centre.

Entouré d’une collerette crantée, il permet de passer du mode image classique au monde panorama. Un jeu de caches va venir réduire la fenêtre de visée et dans la chambre, d’autres caches vont masquer une partie de la pellicule pour donner cette impression de « largeur » dans l’image.

Parlons du zoom : un 28mm (ouvrant à f3,5) allant jusqu’au 90mm. Pas vraiment un très grand angle mais déjà bien « large » et un mini télé. Assez pour être très polyvalent.

Il est reconnu pour présenter peu de vignetage et offrir une belle homogénéité partout, avec un beau contraste.

Voyons ce que cela donne : vous avez glissé un CR123 dans la trappe, en dessous de l’appareil. Vous ouvrez la porte arrière pour découvrir la chambre dans laquelle vous allez poser un film. Ce qui est d’une simplicité enfantine : vous tirez sur l’amorce jusqu’à la ligne rouge et vous refermez l’appareil, qui va enrouler le film sur la bobine et le mettre à la première vue, en ayant, au passage, réglé la sensibilité de sa cellule par la lecture du codage DX de votre pellicule.

Ah, si un « E » apparait sur l’écran LCD, c’est que le film ne s’est pas bien accroché, il faut recommencer l’opération.

Lorsque le 928 s’allume, il se met en position 28mm. Vous changerez la longueur via le bouton en forme de goutte, sur le dessus du boitier.

En visant à travers l’objectif, vous verrez la zone de mise au point, avec deux petites lampes sur le côté : lampe verte, l’autofocus est verrouillé et la mise au point nette. Si elle clignote, c’est que vous êtes trop prêt du sujet ou que le boitier ne parvient pas à faire la mise au point.

Par défaut, le flash est en automatique, mais vous pouvez le débrayer. Il y a le mode « anti-yeux rouges » et une fonction qui nécessitera de le poser sur un trépied ou une surface stable, la prise de vue de nuit, qui débraye le flash mais passe en vitesse lente.

Si la scène est trop sombre, le flash s’enclenche par défaut. Une petite lampe rouge, dans le viseur, vous signale que la scène est sous exposée.

Autre fonction intéressante, le mode infini que vous actionnez en appuyant sur le bouton « montagne ». Utile si votre sujet est au delà des 3m, le boitier se met sur l’infini. En fait, le boitier passe en mode ‘hyperfocale » Et si vous appuyez une seconde fois sur l’icône montagne, vous passez en mode Spot AF.

Encore une pression et le 928 passe en mode Easy Share, c.-à-d. la même chose que le mode infini mais verrouillé au 28mm.

A ce moment là, la mise au point auto est débrayée, ce qui vous autorise à prendre des photos « en rafale » tant que votre doigt est sur le déclencheur.

Attention, l’appareil reste sur ce mode sauf si vous le désactivez ou l’éteignez.

Je vous citais la pose B. Etonnante sur un compact, elle peut atteindre 10 minutes !

Heu, dans ce cas-là, il faut investir dans la télécommande à infra-rouge, sinon risque de bougé et la crampe !

Lorsque vous composez votre image, si vous gardez le doigt enfoncé à mi-course, vous pouvez bloquer la mise au point et ses réglages.

Le retardateur a deux fonctions : retardateur de 10s et si vous appuyez longuement dessus, il entraine le rebobinage anticipé.

Pour la correction d’exposition, vous devez appuyer sur le bouton anti-yeux rouges et régler la distance focale avec le gros bouton derrière le déclencheur. Pas très pratique mais ça existe.

Attention ici aussi, vous devez penser à remettre la correction à zéro vous même car éteindre l’appareil ne réinitialisera pas ce réglage.

Bref, un petit appareil bien fourni et relativement compact, qui fut un succès en son temps.

Des défauts ? Ben oui, l’appareil parfait n’existe pas, ce sont toujours des compromis plus ou moins acceptables. Il est un peu bruyant (moteur), un peu compliqué avant d’avoir l’habitude, un peu gros pour un compact, et … c’est tout.

Et de nos jours ?

Il faut avouer que peu de compacts offrent de telles fonctions, qui plus est avec la qualité d’image que délivre ce Pentax Espio 928. Il est donc « toujours dans le coup » pour qui veut un appareil relativement sophistiqué, même si les puristes regretteront de ne pas avoir plus la main sur le boitier.

Mais ce n’était pas la préoccupation au moment de la conception de cet appareil, fait pour délivrer de bonnes images sans trop de prise de tête. Et cela reste vrai aujourd’hui si vous cherchez un petit compact qui sort de l’ordinaire.

Si lors d’une brocante, chez un vide grenier vous en trouvez un dans les 20€ maximum, prenez-le, il sera un fidèle compagnon de sortie.

Pub d’époque

Source : Collection-appareils, Camara juillet 1998. J’aime bien ce type de publicité car on peut voir en un coup d’œil les protagonistes de l’époque.

Video d’illustration

Quelques exemples de photos prises avec cet appareil ICI et LA.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Un peu de technique :

Objectif 28-90 mm f3.5 – 9, 9 éléments en 7 groupes, autofocus avec verrouillage de la mise au point, minimum de la mise au point à 0,58m
Obturateur électronique offrant les vitesses de 1/5s à 1/400s, plus pause B de 1/2-10min. Modes flash automatique, photo de nuit, anti-yeux rouges
Sensibilité de 25-3200 ISO, codage DX automatique, retardateur, avance automatique du film, compensation d’exposition jusqu’à +/- 3 EV, télécommande (en option), mode panorama

Des références : http://camera-wiki.org/wiki/Pentax_Espio/IQZoom_928, https://www.135compact.com/pentax_espio_928.htm, https://www.35mmc.com/14/10/2021/pentax-iqzoom-928-review/, https://35hunter.blog/2019/02/09/why-a-pentax-espio-should-be-top-of-your-compact-film-camera-wishlist/ en anglais; https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=1667, en français

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