Recherche rapide : Préambule – Etat des lieux : démontage – remontage – vérification de la mise au point – Le résultat – Au final.
Préambule.
Remise en état du WELTIX de Jean-Pascal.
Je remercie encore une fois notre mentor, Jean-Pascal, pour sa générosité car ce boitier des années 1938/1939 va reprendre du service et il sera une pièce importante pour la suite des évènements. Mais commençons déjà par le début.
C’est dans un carton contenant plusieurs anciens boitiers (donnés par J-P) que j’ai trouvé ce WELTIX qui n’attendait qu’une seule chose… Refaire des photos ! Un rapide examen nous montra qu’il était presque totalement opérationnel*. Les vitesses semblaient justes et un rapide démontage de la face avant de l’obturateur COMPUR nous montrera qu’il était en parfait état et qu’aucune trace de graisse durcie ne viendra perturber son fonctionnement. Par contre, au niveau des lentilles, ce n’était pas le même constat. Des traces de champignons ou d’un autre résidu commençaient à apparaitre. Il est évident qu’un petit nettoyage s’imposait mais une question n’allait pas tarder à arriver : Comment vérifier la mise au point… Et oui, ce n’est pas un reflex [ni un télémétrique] et rien ne permet « à priori » de vérifier la bonne adéquation entre la couronne des distances et la position des lentilles. Il est aussi évident que l’on ne va pas passer des dizaines de pellicules de test pour rechercher la bonne position de cette couronne.
*Fred, de Studio Argentique, avait déjà photographié avec le Weltix et m’avait fait part de son expérience : les images sont belles mais très sombres. J’ai donc expliqué le phénomène à Olivier et vous découvrez la suite.
Etat des lieux.

Vue avant du WELTIX et du groupe de lentille qu’il faudra nettoyer.
Démontage.
1) Commençons déjà par nettoyer les lentilles.
Le démontage de la lentille avant est d’une facilité déconcertante et un spanner vient rapidement à bout de sa couronne de fixation.


En premier on dévisse le groupe avant et on démonte la couronne de mise au point.

On arrive enfin à la lentille frontale que l’on passera à l’alcool à 90°.

On en profite pour démonter le groupe avant fixe qui recevra lui aussi un passage à l’alcool.

La lentille arrière demandera que peu d’effort et le spanner accomplira le travail avec une facilité déconcertante ! La aussi, passage à l’alcool.
Remontage.
b) Le remontage.
On remet toutes les lentilles en place et au besoin on utilise une bombe à air-sec pour éliminer toute trace de poussière.

Et la question redoutée arrive ! Suis-je vraiment à la mise au point sur l’infini ? Et oui, qui me dit que je n’ai pas désynchronisé les lentilles et la couronne de mise au point avec tous mes démontages ? Une vérification avec une pellicule me montrera rapidement que c’était le cas !
Vérification.
c) La vérification de la mise au point.
Bon et bien, je fais quoi maintenant ? Ce n’est pas un reflex qui me permet de vérifier ce synchronisme par une rapide visée dans l’oculaire… Allez réfléchissons un peu…

Les verres de visée sont conçus pour faire apparaitre l’image issue de l’objectif et les éléments de mise au point (stigmomètre et microprisme) sont étudiés pour amplifier un défaut de mise au point. Donc en mettant un verre de visée à la place du film et en regardant celle-ci avec une loupe, je devrais reproduire le même phénomène qui est utilisé dans un reflex. Ainsi, j’ai utilisé un verre de visée de CANON AE-1 Program comme moyen de test. Le support métallique de ce verre permet de ne pas marquer le verre de visée avec les bandes autocollantes qui permettent de le maintenir en place durant les réglages. Finalement, vous mettez le boitier sur un pied photo et vous enclenchez la pose « B » avec l’ouverture maximale (Ici f 2.9). Vous allez avoir tout le temps nécessaire pour examiner votre stigmomètre avec votre loupe et ainsi vérifier la mise au point. Si celle-ci n’est pas parfaite, il suffit de décaler la couronne de mise au point qui est fixée au moyen de 3 petites vis.

Le résultat.
d) quelques photos montrant le résultat de notre restauration.
J’ai pris une pellicule N&B (BERGGER Pancro 400) pour ne pas avoir à me soucier de la vitesse d’obturation (ciel assez nuageux). Ne n’ai effectivement pas eu à utiliser une vitesse lente ( <1/50) mais j’ai fini avec une ouverture très faible f 11 !


Le début de la pellicule a été fait avec un Olympus OM-1 et son 50 mm f 1.4, le Weltix avec son 50 mm f 2.9 l’a terminée… La restauration est donc terminée, la mise au point est parfaite.
Au final.
Mais pour quelle raison va-t-il avoir une place importante pour la suite… Et bien il va m’accompagner durant les sorties de commémoration des différents évènements liés à la seconde guerre mondiale. Un reporter de cette période ne peut pas utiliser un CANON A1 ou un OLYMPUS OM-1 quand il est dans une jeep ou un GMC… C’est un anachronisme qu’il convient d’éviter.


Magnifique travail Olivier, comme d’habitude. Et comme notre ami est toujours modeste, il n’a pas mentionné qu’il avait aussi intégralement recousu le sac tout prêt qui s’était défait.
Un bel exemple de restauration dans les règles et pour la bonne cause.


Excellent ! Le Weltix méritait l’intervention d’un spécialiste. C’est un très beau boîtier, extrêmement petit et agréable en main. Bravo pour cette remise en état !
Bonsoir Fred, eh oui, notre ami Olivier a de l’or dans les mains. Bien amicalement