Voilà quelques jours, je vous présentais ce magnifique appareil, en bien mauvais état, hélas, pour mon exemplaire.
Mais il est équipé du magnifique Tessar ouvrant à f2,8, ce qui vaut bien de plonger les mains dans ses entrailles pour essayer de le remettre en route.
Pour rappel :
- le déclencheur ne déclenche plus
- la roue du télémètre est bloquée
- le réglage des ouvertures aussi
- il semble qu’un élément qui devrait être caché par le cuir soit maintenant apparent
- il a besoin d’un bon nettoyage
Comme la plupart d’entre nous, j’ai cherché des tutoriels pour comprendre comment ouvrir l’appareil sans dégâts. Armé de mes tournevis de précision, je me lance …
D’abord ôter le dos, qui avait été mal engagé et dont un bord était plié. Petit passage à la polisseuse de bijoutier (un petit accessoire qui ressemble à une lime à ongles avec 2 faces pour polir les pièces et retirer les traces de rouille, d’oxydation, etc.) sur les bords car il y a des traces d’oxydation.
Ensuite, retirer les 4 vis qui tiennent une plaque, en dessous de l’appareil, afin de pouvoir ensuite dégager le bloc optique.


Ceci étant fait, il faut maintenant dévisser les 2 vis qui sont près de la bobine et de l’autre côté. Pour retirer la bobine détachable, ne pas tirer dessus mais écarter gentiment le ressort qui la maintient en place.



En remettant l’appareil à l’endroit, vous allez devoir maintenant démonter la molette de rembobinage et le compteur de vue.

Pas de panique, il n’y a pas de ressort vicieux ni de petites pièces à perdre.
Voici comment se présente l’ensemble une fois la cuirette ôtée des deux côtés et après avoir enlevé les 4 vis qui tiennent le bloc optique. En pratiquant cette opération, je me suis aperçu que le cuir, à gauche, avait été remplacé par du simili cuir, sans bande de protection devant le bras du mécanisme, qui l’a perforé.

On voit bien le rideau, qui ressemble à un vieux volet métallique ; au dessus, les 2 fenêtres du télémètre ; sur le côté gauche, les rouages du mécanisme.
D’abord, tout nettoyer car tout le métal est oxydé.
A ce stade, voici ce qu’on obtient :



Première image : le bloc optique, devant à droite, la chambre, à côté, et derrière, le mécanisme avec aussi le télémètre .Au milieu la chambre et ensuite le mécanisme du volet et le télémètre.
Je vous épargne le spectacle navrant des races de moisissures dans les plis du bloc optique (bon d’accord, j’ai oublié de faire les photos, choqué que j’étais !) : petite brosse dure, pinceau et bien souffler l’intérieur avant de mettre le tout sur le radiateur pour que ça sèche bien.

Maintenant c’est propre et sain dans le soufflet. Et heureusement, pas de trace de champignon sur l’optique, ouf !
Je reviendrai ensuite sur le bloc optique pour tenter de débloquer le mécanisme du télémètre.
Voyons plutôt le mécanisme de remontage et déclenchement.

Premier constat, rien ne bouge plus, la rouille a fait son office. Pas le choix, un petit coup de D40 pour nettoyer et enlever l’oxydation des pièces. Quelques secondes plus tard, les rouages acceptent de tourner.
J’essaye de comprendre l’enchainement de cet ensemble de roues et pignons afin de déterminer pourquoi le volet ne se lève pas et, si après l’avoir levé manuellement, pourquoi il reste bloqué et que le déclencheur ne fait pas son office.

Bon, là, je cale : j’ai l’impression que le volet est lui aussi oxydé. Re petit coup de D40 dans la fente du volet. Ça bouge un peu mieux mais rien à faire, il reste figé, comme s’il manquait un élastique pour remontre les 2 parties.
Alons voir si j’ai plus de chance avec le bloc optique. Pour mémoire, la petite roue qui doit faire tourner l’optique est bloquée.




Après avoir retiré les 3 vis qui tiennent la plaque de protection, on découvre une autre plaque, visée sur le support.
Ici encore, un petit jet de D40 et ça se débloque : la roue tourne et l’optique aussi. L’amplitude du mouvement est assez courte mais n’oublions pas que c’est un 50mm. Ne reste plus qu’à remettre toutes les petites vis dans le bon ordre (soyez plus prévoyant que moi et faites un petit croquis des emplacements des vis).
Avant le remontage du tout, désolé de ne pas avoir trouvé la panne, je profite du moment pour tout bien nettoyer, les verres du télémètres surtout.

Première tentative de dépannage mais résultat mitigé car seul l’optique et son mécanisme fonctionne. Pour le reste, je n’ai pas encore trouvé.
Pour ne rien perdre, je remonte le tout et je le range soigneusement.
Ah, et ne faites pas comme moi, démonter le bouton des vitesses et d’enroulement, ce n’est pas nécessaire et puis il vous faudra retrouver le bon endroit des 3 pièces qui le compose pour y glisser 3 minuscules vis.
Je continue de chercher et je reviendrai sans doute dessus. Au pire, si je trouve un autre exemplaire, fonctionnel, je ferai une greffe du bloc optique.


Cela doit représenter un sacré paquet d’heures de travail, entre le nettoyage et la remise en état ! Hâte de voir ce que tu vas arriver à faire avec celui-là. Amitiés.
Bonjour Fred, je perds surtout beaucoup de temps à saisir et à retrouver ces toutes petites vis qui se barrent tout le temps ! Je dois trouver comment démonter et réparer le rideau pour aller plus loin. J’ai des pistes et je m’y mets bientôt. Toutes mes amitiés.
Quelle patience ! C’est de l’horlogerie de haute précision…
Bon dimanche, Jean-Pascal.
Bonjour Phil, je crois que le plus difficile, c’est de comprendre la logique de ces assemblages. Parfois tu as des manuels de réparations (Olivier m’en a déjà passé quelques uns, et je l’en remercie encore) qui te facilite la vie mais pour certaines marques ou appareils vraiment anciens, il faut y aller en essais/erreurs. Et là tu as raison, mieux vaut être patient. Merci aussi pour tes encouragements, ça fait toujours plaisir. Toutes mes amitiés et bonne semaine.
Bonjour JP, quelle belle initiative, je ne peux que t’encourager à pratiquer la restauration du matériel ancien. Au fur et à mesure, tu vas acquérir de l’expérience et tu finiras par dominer presque toutes les pannes (sauf les pièces cassées ou absentes… quoique parfois… Cf : la restauration du CANON 50 mm Macro). J’ai d’ailleurs un boitier FUJICA AX-5 qui a passé quelques années dans un endroit humide et qui était bloqué (tout le mécanisme). J’ai fait comme toi, un démontage complet, et il est reparti partiellement. En effet, j’ai encore un problème avec le rideau (qui fonctionne très bien quand c’est toi qui ilote manuellement les électro-aimants). Bref, j’ai eu trois boitiers (AX-5) pour pièce et je pensais remettre en route ce boitier avec les 3 autres. Le résultat est que j’ai remis en route les 3 boitiers (Fonctionnement parfait !) et je n’avais donc plus de donneurs pour remettre en état le premier. Parfois, la réparation te conduit à des résultats imprévisibles, mais ô combien intéressants. Le WD-40 n’est qu’une solution temporaire, car il finira par s’évaporer et tu vas retrouver le blocage initial. Il faut vraiment démonter les pièces oxydées et retirer la couche de rouille (surtout au niveau des axes de rotation). Ensuite, tu lubrifies avec de l’huile ou de la graisse silicone (ce lubrifiant est hydrofuge et en plus, il ne va pas sécher). Mais, dans un premier temps, ta solution est suffisante pour déceler les problèmes. Bonne répararation. Bien amicalement.
Bonjour Olivier, ben oui, je progresse, lentement mais sûrement. Et j’ai acheté au fur et à mesure quelques produits efficaces, dont des huiles siliconées et d’autre à base de cuivre, très fluide mais à réserver aux appareils sans électronique. Si tu voyais toutes les petites vis, ressorts, rondelles minuscules, etc. que je mets de côté, je pense que j’arriverais presque à égaler ton stock ;-). Merci en tout cas pour tes encouragements, c’est gentil. Passes une belle semaine. Toutes mes amitiés.