Le Canon Powershot G12 et le Nikon Coolpix P7100, les frères ennemis ?

Le Canon Powershot G12 et le Nikon Coolpix P7100, les frères ennemis ?

Recherche rapide : Préambule Un peu d’histoirePrésentation des appareils : Canon Nikon Que penser ? Vidéos d’illustrationUn peu de techniqueDes références.

Préambule.

Les compacts experts deviennent rares et les quelques uns qui restent sont à des prix décourageants.

Mais posons d’abord les bases : qu’est-ce qu’un compact expert ? C’est généralement un appareil qui tient dans une (grande) poche ou un (petit) sac ; doté de spécificités techniques solides qui lui permettent, le cas échéant, de rivaliser avec un reflex ; son objectif n’est pas interchangeable souvent et il contient un zoom raisonnable ; il bénéficie d’un viseur et d’un écran, idéalement monté sur axe.

Ces appareils sont souvent utilisés lorsque la présence d’un reflex est trop voyante et/ou encombrante.

Il est vrai que l’introduction des hybrides a fortement fait revoir quelques uns des aspects cités plus haut, comme la compacité bien évidemment : un Olympus OM-D-EM 1 avec un pancake est presque aussi petit que les deux appareils que nous allons voir.

Le Canon G12, je l’ai acheté en brocante à la personne qui m’a déjà vendu ses deux Pentax LX, qui ont fait l’objet d’un article. Il était dans sa boite et je connais son histoire. Il a pas mal baroudé, fidèle bloc note de notre grand voyageur.

Le Nikon P7100 a aussi été acheté en brocante mais il a dû connaître des jours meilleurs car le vendeur de cet infortuné ne savait même pas ce qu’il vendait, d’autant qu’il n’avait plus de batterie. J’ai donc commencé par acheter un chargeur et une batterie avant de pouvoir le tester et, heureusement, la dépense ne fut pas inutile, il fonctionne.

Un peu d’histoire.

Le Canon Powershot G12 est sorti en 2010 et le Nikon Coolpix 7100 en 2012.

Chez Canon, les Powershot G désigne une série d’appareils compacts haut de gamme, comme je l’écrivais plus haut, pour être une alternative moins encombrante aux reflex de la marque tout en ayant peu ou prou la même flexibilité (programmes PSAM).

Ils utilisent des batteries au lithium-ion et non des piles, ce qui leur assure une bonne autonomie, vous pouvez contrôler l’exposition manuellement ou vous contenter du tout auto. Les appareils enregistrent au format RAW (sauf le G7) et JPEG.

Par rapport aux autres Powershot de la marque, les objectifs des G ouvrent plus grand. Ils traitent leur image plus rapidement et on peut leur ajouter un flash externe de la marque.

En outre, leur qualité de fabrication, déjà excellente en général, est encore un cran au dessus avec, par exemple, un châssis métallique.

La série s’égrène du G1 au G9 X et les derniers sont souvent à leurs deuxièmes, voire troisième itérations.

Toutefois, on découpe la production en plusieurs familles :

  • du G1 au G6, les objectifs ouvrent à f2 ; les écrans sont articulés ; ils utilisent des CompactFlash CF pour le stockage des images ; on peut ajouter des compléments optiques (grand angle et télé) ; le capteur est de 1/1,8″. Ils possédaient une télécommande infra-rouge. A noter que vous ne trouverez nulle part un G4, la prononciation du mot étant l’ l’homonyme du mot mort et nos amis japonais et Chinois sont un peu superstitieux.
  • du G7 au G12, quelques changements, pas toujours bienvenus : les objectifs passent de f2 à f2,8 mais ils sont stabilisés et ils se rétractent dans l’appareil. Leur amplitude est plus grande et le mode macro débute à 1cm du sujet. Les écrans deviennent fixes (sauf sur le G11) mais sont plus grands (2,5″ au lieu de 2″) ; ils perdent leur télécommande à infra-rouge ; pire, le G7 perdait le mode RAW et devant le tollé général, il fut rétabli sur les G9 et suivant. Une bonne nouvelle, ces nouveaux appareils sont plus fins et donc moins encombrants.
  • le G1 X tranche complètement avec le reste de la gamme : son capteur est un CMOS et non plus un CCD. C’est un grand capteur de 1/1,5″, plus grand qu’un micro 4/3 et un peu plus petit qu’un APS-C. En fait cet appareil ne remplace pas le G12 comme on pouvait s’y attendre, mais il introduit une gamme parallèle qui a compté 5 modèles différents. Ils seront plus gros et lourds que les G classiques. Son zoom est plus limité : 28 – 112mm (x4). Le G1 X mark 2, sorti en 2014, perdra même son viseur interne. Il faut ajouter un viseur électronique externe. Puis, en octobre 2017, il y aura un G1 X Mark 3 qui proposera cette fois un capteur APS-C de 24Mpx. Il retrouve un viseur électronique et, s’il est moins lourd que ses prédécesseurs, il ressemble plus à un petit réflex, comme le G 5X. Il sera aussi le premier de la gamme à être tropicalisé.
  • Les derniers de la série, les G15 et G16. Le G15 est la suite du G12, il sera l’entrée de gamme de la série G pourtant il propose il zoom commençant à f1,8 (grand angle) jusque f2,8 (télé), un écran fixe de 3″ mais avec 922.000px et cette fois le flash est extractible et fixé au boitier. Quant au G16, il garde le meilleur du G15 mais bénéficie d’un traitement d’image plus rapide grâce à un nouveau processeur Digic 6, gagne la vidéo en HD à 60i/s et embarque le Wi-Fi.
  • je parlerai peu des autres Gn X (G7 X, G3 X, G5 X, G9 X) car ils ont dorénavant des grands capteurs de 1″, sont tout petits pour contrer le Sony RX 100, mais ils ont perdus ce qui pour moi devrait rester l’apanage des compacts experts, leur viseur intégré (sauf le G5 X Mark 2 qui l’a retrouvé pour un moment trop court).

Et chez Nikon ?

Il s’agit de la série des Coolpix dit P, comme Performance.

Les Coolpix sont une gamme d’appareils compacts, destinés à des public différents selon la lettre qui suit le nom générique de Coolpix : les S pour Style, les L pour Ludiques et donc les P pour Performance.

C’est un peu plus compliqué de tracer des catégories ici car les tous premiers appareils, de P1 à P 520, sont des appareils bien construits mais bien éloignés de celui qui nous préoccupe. Il faut attendre le P5000 pour vraiment le qualifier de haut de gamme et le P7000 (2010) pour voir apparaître le modèle qui sera ensuite poursuivi pour ces compacts haut de gamme de la marque jaune.

Présentation des Canon Pwershot G12 et Nikon Coolpix P7100.

1. Le G12

C’est le successeur du G11 (jusque là, c’est logique), dont il reprend le meilleur, comme son écran monté sur rotule et qui permet de l’orienter dans toutes les directions, la possibilité de descendre à 1cm pour les prises de vue macro et son objectif équivalant à un 28 – 140 mm, stabilisé. La stabilisation d’ailleurs permet de compenser les mouvements de vibrations et de translation (technique très efficace en macro). De plus, un niveau électronique fait aussi son apparition, de quoi ne plus rater son cadrage.

Mais on lui ajoute des petites touches qui vont l’inscrire comme le compagnon normal des reflex de la marque : texture du boitier, granuleuse, comme celles des reflex ; deux molettes pour les réglages, une à l’avant et l’autre à l’arrière ; un processeur Digit 4 plus rapide et plus sensible ; disposition des molettes de réglages et disposition des menus, clairs et simples à consulter.

Si on pouvait lui reprocher un viseur un peu riquiqui, il a au moins le mérite d’être là et à 100% de la visée. Ce n’est pas encore un viseur électronique mais un qui suit les mouvements de l’optique, en temps réel.

Les videos ci-dessous vous présentent les différentes fonctions, je ne vais pas m’étendre dessus. Juste vous dire que ces appareils sont de formidables bloc-note encore de nos jours, voire même d’excellents appareils sur qui ont peu compter en voyage.

Celui-ci a appartenu à Jean Meurise, infatigable globe-trotter, avec qui il a bourlingué en Inde, au Pakistan, en Afghanistan, sans se plaindre.

Pour avoir utilisé un G9, en complément alors d’un Canon 40D, lors de sorties plus discrètes, je confirme que c’est là un duo de choc : un Powershot G et un reflex.

Sa grande force, c’est sa capacité à monter en sensibilité sans perdre trop de détails : idéal pour des images tout terrain, passant de l’éclat du soleil à l’ombre des musées ou des ruines. Jusqu’à 1600Iso, le grain reste bien contenu.

Des compléments optiques ont été prévus, comme cet astucieux complément Fish Eye et Macro de la marque Gloxy ou ce Canon TC-DC58D 58mm 1.4x Teleconverter Lens pour offrir un téléobjectif de presque 200mm au Powershot.

Sa batterie bien chargée autorise au moins 350 vues, dont la moitié avec flash (soit plus de 400 photos sans flash). Et en écrivant sur le flash, on peut adjoindre un flash externe sur la griffe porte accessoire du boitier (ceux de la gamme EX sont compatibles).

Ce n’est pas un appareil léger (400gr) mais on le sent bien en mains et il tient dans toutes les grandes poches et, mieux, dans les petits sacs à dos que l’on traine en ville.

2. Le P7100.

Il est l’équivalant de son concurrent, avec la touche Nikon bien évidemment.

Très bien construit aussi, il possède les mêmes atouts et les mêmes commandes mais disposées façon Nikon bien évidemment.

Cette itération remplace le P7000 en lui apportant, comme il se doit, des petites améliorations utiles, comme un écran mais qui ne bouge que de haut en bas, pas dans toutes les directions. Il faudra faire un peu plus d’exercice pour les cadrages acrobatiques. Il est un fifrelin plus grand que celui du Canon et surtout mieux défini (921.000 px contre 460.000px).

Son objectif est plus long que celui du Canon puisqu’il est l’équivalant d’un 28 – 200mm. Son ouverture est un peu moins flatteuse mais loin d’être ridicule (f2,8 – 5,6). Et lui aussi pouvait être équipé de compléments optiques, comme son homologue.

Son viseur est de la même eau que celui de son concurrent : un peu étriqué mais couvrant 100% de la scène.

Il est capable d’accepter les flashs dédiés aux reflex de la marque et il en possède un, qui ici, sort comme un beau diable de son emplacement.

Les différents modes scènes et la célèbre roue PASM est bien évidemment présente, un peu différemment que son concurrent.

Deux roues sont implantées devant et derrière le boitier pour les réglages fins et rapides, seule leurs dispositions est différentes, comme il se doit.

Les habitués de la marque ne seront pas non plus dépaysés avec les commandes et le menu, proches eux aussi des reflex.

Que penser de ces deux appareils ?

Vous l’aurez compris, difficile de départager ces deux boitiers.

Et lorsqu’on les met côte à côte, il est difficile de les distinguer tant ils sont proches dans leur conception.

Intrinsèquement, les petites différences de l’un et de l’autre ne permettent pas vraiment de les départager et on avance vers un beau match nul que seuls les aficionados de l’une ou l’autre marque remettront en question.

Ceci étant, 15 ans après leur sortie ces deux boitiers tiennent toujours la route, quand bien même leurs capteurs n’offrent que 10,1Mpx. La qualité de leur image reste très bonne et, surtout, la qualité de leur fabrication a rarement été égalée, même dans les productions récentes.

Est-il dés lors toujours intéressant d’en acheter un ? Pour ma part, je réponds un beau oui franc (puisque j’ai racheté celui de Jean) car j’ai ce qui me manque dans les nouveaux produits : un châssis à l’épreuve du temps, une très bonne qualité d’image, des écrans orientables et – surtout – un vrai viseur interne.

Le prix d’un Canon G12 se négocie autour des 250€ et celui du Nikon P7100 aussi, pour peu qu’ils soient avec une bonne batterie et leur chargeur. Ça vous laisse un peu de sous pour acheter un bon petit sac de balade.

Vidéos d’illustration.

Données techniques.

Pour les appareils numériques, la liste est toujours aussi longue et indigeste.

Je vous renvoie donc aux articles citées ci-dessous, qui ont résumé (eux aussi) ça pour vous.

Mettons juste ce qui oppose ou réunit ces 2 appareils :

  • ils ont tous deux un capteur CCD de 1/17″ de 10Mpx
  • ils ont tous les deux un viseur plutôt étriqué mais qui a le mérite d’exister et d’aider lorsque le soleil brille
  • le capteur du Canon est stabilisé, tout comme celui du Nikon (principe VR = Vibration Reduction, par déplacement des lentilles.
  • le Canon propose un écran de 7,5cm mais de seulement 460.000 pixels alors que l’écran du Nikon, un rien plus grand (7.6cm) propose 921.000 px. Ils sont tous les deux en 4/3 ; pour tous les deux, les écrans sont inclinables et non tactiles
  • les objectifs diffèrent aussi : 28 -200mm (x7) pour le Nikon, qui ouvre de f2,8 à 5,6 (diamètre de 38m), tandis que le Canon donne un 28 -140mm (x5), qui ouvre de f2,8 à 4,5 (diamètre de 39mm)
  • les sensibilités se tiennent dans un mouchoir : de 80 à 3200Iso (extensible à 6400) pour le Nikon contre 100 à 3200Iso pour le Canon
  • le Canon supporte très bien de monter jusqu’à 1600Iso sans dégradation notable des images, alors que le Nikon peine au delà des 800Iso
  • tous les deux sont superbement construit, fait pour durer, bien organisés (selon la marque et ses habitudes)
  • fichiers RAW et JPEG pour tous les deux
  • le Canon propose 370 photos avec une charge de batterie contre 350 pour le Nikon
  • le Canon utilise une Compact Flash pour les images alors que le Nikon les enregistre sur une carte SD

Des références.

https://monappareilphotopro.fr/canon-powershot-g12-avis/, https://www.lesnumeriques.com/appareil-photo-numerique/canon-powershot-g12-p9931/test.html, https://www.lesnumeriques.com/appareil-photo-numerique/nikon-coolpix-p7100-p11957/test.html, https://monappareilphotopro.fr/nikon-coolpix-p7100-avis/, https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon_Coolpix_P7000, https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon_Coolpix_P7100, https://fr.wikipedia.org/wiki/Canon_PowerShot_G12 en français : http://www.photographyreview.com/reviews/canon-g12-vs-nikon-p7100, en anglais

Reader Comments

  1. Sympa cette présentation de ces deux compacts experts. J’avais offert le Canon G10 à ma compagne pour un voyage au Canada. Elle en était ravi et je l’ai aussi utilisé en parallèle de mon Canon 10D. On possède toujours le Canon G10, il fonctionne toujours. Un chouette appareil le G12 !

    1. re bonjour Fred, ça faisait un moment que je voulais comparer les deux et j’ai eu l’opportunité de les acheter à quelques mois d’intervalle. De nos jours, il est compliqué de trouver des compacts expert à prix raisonnable. Ceux-là coutaient environ 500€ chacun. De nos jours, on est plutôt vers les 2000€ (Fuji X100 je ne sais plus quel numéro). Ce sont de bons appareils en tout cas. Si on y prend garde, ils rendent longtemps service. Toutes mes amitiés et bonne semaine

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