Argentique

Le Nikon FM : un argentique recherché

Préambule.

Parfois les planètes s’alignent, on ne sait pourquoi … Toujours est-il qu’après les FG et FA précédent, j’ai trouvé sur la brocante de Braine-l’Alleud ce bel exemplaire de Nikon FM.

Toute petite négociation car le prix était très attrayant et hop, dans le sac à dos, où il est bien seul. Comme le faisait remarquer Olivier, j’ai parfois l’impression, comme lui, que la source se tarit. Mais ça dépend des jours et des … brocantes.

Parfois il n’y a rien à se mettre sous les yeux et parfois on ne sait pas où donner de la tête et des mains, en tout cas pour être dans les premiers à trouver de belles affaires, en connaisseurs. Franchement, ce qui m’agace le plus, se sont ces gens qui achètent en lot, sans savoir ce qu’il y a dans ledit lot et qui essaieront ensuite de revendre à la pièce parce qu‘ils ont été voir le prix sur Internet mais qui sont incapables de faire la différence entre 2 Zeiss Ikon, par exemple. Quel gâchis souvent !

Un peu d’histoire.

Ici encore, je vous la fait courte parce que justement je me suis épanché dans les articles sur les Nikon FG et FA précités mais aussi sur le Nikon F2S et le Nikkormat FTn.

Pour plus de clarté, je reprends encore le tableau ci-dessous (merci Collection-appareils) :

Le Nikon FM fait partie des boitiers de moyenne gamme, destinés aux amateurs très exigeants et des pro en recherche d’un second boitier sérieux.

Il est dans la succession du Nikkormat déjà cité, un peu plus moderne et compact que son aîné. Fabriqué de 1977 à 1982 (commercialisé en mai 1977), il succède au Nikkormat FT3 et il sera le premier d’une lignée (FM, FE, FM2, FE2, FA et FM3A) qui perdurera jusqu’en 2006.

Source : Kamera museum, Photo : Ralf Peter Müller

Cet appareil, destiné au grand public exigeant, ne renie en rien la qualité de fabrication et le sérieux des ingénieurs nippons. Il permettait d’entrer dans le monde Nikon sans casser (trop) sa tirelire et en bénéficiant du sérieux de la maison.

A l’époque, ses grands concurrents se nommaient Olympus OM-2, Pentax MX, Canon AE-1 et Minolta XE, bien que, si on veut rester objectif, il commençait à dater un peu, surtout dans les dernières années de sa production.

Il inaugure le nouveau système de couplage du posemètre AI (Aperture Index) développé par Nikon et un nouveau design, plus compact et léger. Son corps, réalisé en un amalgame cuivre/alu, est solide. Ce châssis sera celui de nombreux autres appareils moyen de gamme de la marque.

De fait, la célèbre monture F évolue et elle autorise un couplage entre le boîtier et le diaphragme totalement automatique sans l’utilisation des « oreilles de lapin », classiques des objectifs non AI.

Si on y regarde de près, le Nikon FE et le FM sont comme de faux jumeaux : ils partagent le même châssis, les mêmes dimensions externes, les mêmes contrôles généraux et les mêmes spécifications de base, et la même conception globale. De fait, si vous enlevez simplement l’électronique du FE, vous avez un FM.

Je pose ici un nouvel aparté car l’Histoire de la photographie s’invite dans notre réflexion. A l’inverse du milieu automobile où la course a nourri les voitures de Monsieur Tout le Monde, en photographie, les constructeurs sont partis des demandes des amateurs pour faire évoluer leurs appareils. Ainsi les appareils ont perfectionnés leurs viseurs, télémétriques ou réflex ; les tailles des boitiers se sont condensées pour un port plus agréable ; le chargement des films s’est simplifié ; la mise au point s’est améliorée jusqu’à devenir automatisée (AF) ; la contrainte de juger de la qualité de la lumière s’est déplacée vers des cellules embarquées de plus en plus performantes ; la rapidité des prises de vue s’est affranchie du levier d’armement pour embarquer des moteurs de plus en plus silencieux et performants, etc.

Toutefois, n’en déplaise à certains, Nikon a toujours fabriqué d’excellents appareils, techniquement parlant, presque parfait pour leur fiabilité et leur précision (voir l’histoire du mythique F) mais la marque n’aime pas prendre de risques ni se lancer dans des innovations comme ont pu le faire Minolta, Fujica, Pentax, Miranda, par exemple.

Au moment de lancer le Nikon F, ils ont été confronté à un choix : se lancer dans des innovations peut-être éphémères, des gadgets peu utiles ou rester dans un conformisme rassurant mais susceptible de leur faire perdre des parts de marché.

Ils ont opté pour un entre-deux, plus Normand que Nippon : leur nouvel appareil serait simple, extrêmement bien construit, fiable, construit dans une robe nouvelle, dans l’ère du temps. Un appareil qui donnera l’impression aux amateurs d’être comme des professionnels de l’image, avec un boitier très sérieux. Et, concession à la nouveauté, les Led dans le viseur pour contrôler la luminosité. Puisque nous en sommes à faire les fous, on ajoute un petit bouton, près du levier d’armement pour pouvoir exécuter facilement des expositions multiples que Lomography ne renierait pas !

Finalement, la légende du Nikon FM tient plus à sa qualité de construction et sa fiabilité qu’à son audace novatrice, même si quelques améliorations ont pu conforter sa notoriété. Et, à l’époque, les gens de Nikon ne se sont pas trop trompés : les clients préféraient un appareil sûr, qui allait les accompagner longtemps et fidèlement.

Présentation du Nikon FM.

Ne cherchez pas un logo sur la face avant ou le prisme, le FM se fait discret. Ces deux lettres sont inscrites à côtés du numéro de série, à l’arrière, sous le levier d’armement.

C’est un appareil entièrement mécanique, qui peut fonctionner sans piles, celles-ci étant seulement destinées à alimenter la cellule. Et tant qu’à parler alimentation, deux LR44 suffisent.

Selon les critères de l’époque, il est très classique, voyez ce croquis annoté ci-dessous :

Source : Mes appareils photo.

Ah, que j’aimerais retrouver cette simplicité dans nos appareils modernes, bardés de fonctions, de trucs et de machins qui en arrivent aux mêmes résultats : savoir gérer le triangle d’exposition, c’est-à-dire la lumière, la vitesse, la sensibilité.

Petit aparté à ce sujet ; j’ai récemment eu l’opportunité de faire l’acquisition d’un Nikon Z Fc. Sa présentation et la manière de l’appréhender sont très proches de cet appareil. Même son design parait être un clone moderne. Je crois que, comme les Fuji XT et le dernier Fuji EX-5, c’est une idée qui mérite d’être suivie car elle permet de se concentrer sur l’essentiel : faire une photo pensée, réfléchie.

Mais revenons à notre bon vieux FM : bien qu’il semble conventionnel, ce boitier est entièrement parti d’une feuille blanche, pour de nouveaux concepts. Par exemple, sa taille, bien plus petite que les prédécesseurs Nikkormat. Sa conception même a fait appel à une réduction drastique du nombre de pièces internes, afin d’alléger l’ensemble mais aussi pour réduire les couts de fabrication.

Source : Nikonclassic. Si, si, je vous assure, il y a moins de pièces qu’avant !

Toutefois, il s’inscrit d’office dans le vaste système Nikon des objectifs F, des flashs et de moteurs d’entrainement (le défaut des Nikkormats, qui n’avaient reçus sur le tard qu’un ré-armeur bien lent), à savoir en l’occurrence le MD-11 et le MD-12. En effet, ce modèle est prévu, mécaniquement, pour recevoir l’ajout d’un moteur ; un dos dateur, le MF-12 pouvait être ajouté (date et heure).

Contrairement aux appareils destinés aux professionnels, on ne peut pas ici retirer et changer le prisme. Par contre, on peut changer les verres de visées, selon ses habitudes ou ses besoins. Pratique je vous écrivais.

Pour le reste, du conventionnel bien pensé, comme l’obturateur à plan focal vertical, qui donne des vitesses de 1s jusqu’au 1/1000s, plus pose B et retardateur de 10s (levier en façade). La synchro flash est fixé au 1/125s. Un levier, à côté du fut d’objectif, permet d’estimer la profondeur de champ.

Le viseur couvre 93% du cadre avec un grossissement de 0,86x. A l’intérieur du viseur, en un seul coup d’œil, vous avez accès aux éléments utiles pour votre prise de vue : en haut, l’ouverture choisie ; à gauche, la vitesse ; et à droite, l’échelle avec les diodes qui vous indiqueront une sur ou sous exposition.

À l’aide d’une paire de photodiodes au gallium logées juste à côté de l’oculaire, le système dispose du modèle de détection standard 60/40 avec pondération centrale. La plage de sensibilité est de 12 à 32000 Iso.

le circuit de mesure

Comme je l’écrivais ici plus haut, la petite innovation ce sont les petites lampes LED, bien visibles quelles que soient les conditions de lumière et en tout cas bien plus facile à lire que les anciennes versions à aiguille flottante.

Autre détail bien pensé, la mise sous tension de la cellule se fait lorsque vous écartez le levier d’armement du boitier, ce qui facilite aussi sa prise rapide en cas de photos rythmées. Ne pas oublier dès lors de bien le rabattre pour économiser les piles.

Le petit bouton coulissant, à côté du levier d’armement permet de faire, simplement, autant d’expositions que voulues sur la même image.

Enfin, par dessous, les contacts électriques bien visibles indiquent que l’on peut monter un moteur, le MD-12, pour atteindre les 3,5 ips (images par seconde).

Encore un mot sur ce qui pourrait n’être qu’un effet stylistique : la forme du support du prisme autorise toujours le montage des anciennes optiques F (pré-AI), celles avec les oreilles de lapin. Un onglet sur le pourtour de la monture permet toujours leur utilisation, à condition de composer diaphragme fermé.

Le système AI pour indexation d’ouverture maximale automatique autorise un couplage d’ouverture entre une optique Nikkor et la cellule. La mesure se fait à travers l’objectif (TTL). La force de ce système est de permettre la réversion de compatibilité et donc de toujours pouvoir utiliser une ancienne optique.

La modification des dispositifs de couplage a permit de renouveler tous les anciens modèles : le Nikon F2 Photomic est devenu le Nikon F2 Photomic A, le Nikomat/Nikkormat FT2 est devenu le Nikomat/Nikkormat FT3 , et le Nikomat/Nikkormat EL est devenu le Nikon EL2. On dit merci qui ? Le Nikon FM !

Pour ouvrir le dos de l’appareil et le charger d’une pellicule, comme d’habitude, vous tirez sur la bobine de rembobinage mais comme il y a une sécurité, il faut faire tourner la couronne autour de la manivelle, pour la déverrouiller.

Voilà, nous avons fait le tour de l’engin.

Que penser de ce Nikon FM ?

C’est un appareil que l’on prend plaisir à regarder, à toucher, à sentir. C’est fabriqué avec minutie et sérieux, fait pour durer une éternité si on y prend soin. Amoureux de belle mécanique, c’est un boitier incontournable.

Les commandes sont douces, précises, sans rien de superflu, que de l’essentiel mais judicieusement disposé pour que vous puissiez vous concentrer sur votre image.

Je parle souvent, sur le site, de boitier école : pour moi, celui-ci en fait clairement partie, et je ne suis pas le seul à le penser (voir la seconde vidéo ci-dessous).

En 1982, la marque proposera un FM2, qui reprend les caractéristiques de ce boitier bien né, et le fait doucement évoluer avec, notamment, un obturateur en titane, qui propose des vitesses de 1s à 1/4000s.

Il sera produit à des millions d’exemplaires, il n’est donc pas vraiment rare, mais sa robustesse et sa fiabilité renforce sa cote malgré le temps qui passe. Pour un bel exemplaire avec un objectif Nikkor, comptez quand même dans les 200€ en version bis-tons ou noire.

Publicité d’époque.

Source : Collection-appareils. Cliquez sur l’image pour ouvrir.

Vidéos d’illustration.

Un peu de technique.

Pour le mode d’emploi, c’est par LA.

Des références.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon_FM, https://collection-appareils.fr/x/html/appareil-907-Nikon_FM.html, https://www.mes-appareils-photos.fr/Nikon-FM.htm, https://www.lomography.fr/magazine/78087-nikon-fm, https://35mm-compact.com/reflex/nikon-fm.htm, en français ; https://camera-wiki.org/wiki/Nikon_FM, https://www.mir.com.my/rb/photography/hardwares/classics/nikonfmseries/fm/index.htm, https://imaging.nikon.com/imaging/information/chronicle/cousins09-e/, https://casualphotophile.com/2018/05/11/nikon-fm-35mm-film-camera-review/, https://www.kenrockwell.com/nikon/fefm.htm en anglais ; https://nikonclassics-michalke.de/blog/?p=613, https://kameramuseum.de/objekte/nikon-fm/, en allemand

Numérique

Le Canon Powershot G12 et le Nikon Coolpix P7100, les frères ennemis ?

Recherche rapide : Préambule Un peu d’histoirePrésentation des appareils : Canon Nikon Que penser ? Vidéos d’illustrationUn peu de techniqueDes références.

Préambule.

Les compacts experts deviennent rares et les quelques uns qui restent sont à des prix décourageants.

Mais posons d’abord les bases : qu’est-ce qu’un compact expert ? C’est généralement un appareil qui tient dans une (grande) poche ou un (petit) sac ; doté de spécificités techniques solides qui lui permettent, le cas échéant, de rivaliser avec un reflex ; son objectif n’est pas interchangeable souvent et il contient un zoom raisonnable ; il bénéficie d’un viseur et d’un écran, idéalement monté sur axe.

Ces appareils sont souvent utilisés lorsque la présence d’un reflex est trop voyante et/ou encombrante.

Il est vrai que l’introduction des hybrides a fortement fait revoir quelques uns des aspects cités plus haut, comme la compacité bien évidemment : un Olympus OM-D-EM 1 avec un pancake est presque aussi petit que les deux appareils que nous allons voir.

Le Canon G12, je l’ai acheté en brocante à la personne qui m’a déjà vendu ses deux Pentax LX, qui ont fait l’objet d’un article. Il était dans sa boite et je connais son histoire. Il a pas mal baroudé, fidèle bloc note de notre grand voyageur.

Le Nikon P7100 a aussi été acheté en brocante mais il a dû connaître des jours meilleurs car le vendeur de cet infortuné ne savait même pas ce qu’il vendait, d’autant qu’il n’avait plus de batterie. J’ai donc commencé par acheter un chargeur et une batterie avant de pouvoir le tester et, heureusement, la dépense ne fut pas inutile, il fonctionne.

Un peu d’histoire.

Le Canon Powershot G12 est sorti en 2010 et le Nikon Coolpix 7100 en 2012.

Chez Canon, les Powershot G désigne une série d’appareils compacts haut de gamme, comme je l’écrivais plus haut, pour être une alternative moins encombrante aux reflex de la marque tout en ayant peu ou prou la même flexibilité (programmes PSAM).

Ils utilisent des batteries au lithium-ion et non des piles, ce qui leur assure une bonne autonomie, vous pouvez contrôler l’exposition manuellement ou vous contenter du tout auto. Les appareils enregistrent au format RAW (sauf le G7) et JPEG.

Par rapport aux autres Powershot de la marque, les objectifs des G ouvrent plus grand. Ils traitent leur image plus rapidement et on peut leur ajouter un flash externe de la marque.

En outre, leur qualité de fabrication, déjà excellente en général, est encore un cran au dessus avec, par exemple, un châssis métallique.

La série s’égrène du G1 au G9 X et les derniers sont souvent à leurs deuxièmes, voire troisième itérations.

Toutefois, on découpe la production en plusieurs familles :

  • du G1 au G6, les objectifs ouvrent à f2 ; les écrans sont articulés ; ils utilisent des CompactFlash CF pour le stockage des images ; on peut ajouter des compléments optiques (grand angle et télé) ; le capteur est de 1/1,8″. Ils possédaient une télécommande infra-rouge. A noter que vous ne trouverez nulle part un G4, la prononciation du mot étant l’ l’homonyme du mot mort et nos amis japonais et Chinois sont un peu superstitieux.
  • du G7 au G12, quelques changements, pas toujours bienvenus : les objectifs passent de f2 à f2,8 mais ils sont stabilisés et ils se rétractent dans l’appareil. Leur amplitude est plus grande et le mode macro débute à 1cm du sujet. Les écrans deviennent fixes (sauf sur le G11) mais sont plus grands (2,5″ au lieu de 2″) ; ils perdent leur télécommande à infra-rouge ; pire, le G7 perdait le mode RAW et devant le tollé général, il fut rétabli sur les G9 et suivant. Une bonne nouvelle, ces nouveaux appareils sont plus fins et donc moins encombrants.
  • le G1 X tranche complètement avec le reste de la gamme : son capteur est un CMOS et non plus un CCD. C’est un grand capteur de 1/1,5″, plus grand qu’un micro 4/3 et un peu plus petit qu’un APS-C. En fait cet appareil ne remplace pas le G12 comme on pouvait s’y attendre, mais il introduit une gamme parallèle qui a compté 5 modèles différents. Ils seront plus gros et lourds que les G classiques. Son zoom est plus limité : 28 – 112mm (x4). Le G1 X mark 2, sorti en 2014, perdra même son viseur interne. Il faut ajouter un viseur électronique externe. Puis, en octobre 2017, il y aura un G1 X Mark 3 qui proposera cette fois un capteur APS-C de 24Mpx. Il retrouve un viseur électronique et, s’il est moins lourd que ses prédécesseurs, il ressemble plus à un petit réflex, comme le G 5X. Il sera aussi le premier de la gamme à être tropicalisé.
  • Les derniers de la série, les G15 et G16. Le G15 est la suite du G12, il sera l’entrée de gamme de la série G pourtant il propose il zoom commençant à f1,8 (grand angle) jusque f2,8 (télé), un écran fixe de 3″ mais avec 922.000px et cette fois le flash est extractible et fixé au boitier. Quant au G16, il garde le meilleur du G15 mais bénéficie d’un traitement d’image plus rapide grâce à un nouveau processeur Digic 6, gagne la vidéo en HD à 60i/s et embarque le Wi-Fi.
  • je parlerai peu des autres Gn X (G7 X, G3 X, G5 X, G9 X) car ils ont dorénavant des grands capteurs de 1″, sont tout petits pour contrer le Sony RX 100, mais ils ont perdus ce qui pour moi devrait rester l’apanage des compacts experts, leur viseur intégré (sauf le G5 X Mark 2 qui l’a retrouvé pour un moment trop court).

Et chez Nikon ?

Il s’agit de la série des Coolpix dit P, comme Performance.

Les Coolpix sont une gamme d’appareils compacts, destinés à des public différents selon la lettre qui suit le nom générique de Coolpix : les S pour Style, les L pour Ludiques et donc les P pour Performance.

C’est un peu plus compliqué de tracer des catégories ici car les tous premiers appareils, de P1 à P 520, sont des appareils bien construits mais bien éloignés de celui qui nous préoccupe. Il faut attendre le P5000 pour vraiment le qualifier de haut de gamme et le P7000 (2010) pour voir apparaître le modèle qui sera ensuite poursuivi pour ces compacts haut de gamme de la marque jaune.

Présentation des Canon Pwershot G12 et Nikon Coolpix P7100.

1. Le G12

C’est le successeur du G11 (jusque là, c’est logique), dont il reprend le meilleur, comme son écran monté sur rotule et qui permet de l’orienter dans toutes les directions, la possibilité de descendre à 1cm pour les prises de vue macro et son objectif équivalant à un 28 – 140 mm, stabilisé. La stabilisation d’ailleurs permet de compenser les mouvements de vibrations et de translation (technique très efficace en macro). De plus, un niveau électronique fait aussi son apparition, de quoi ne plus rater son cadrage.

Mais on lui ajoute des petites touches qui vont l’inscrire comme le compagnon normal des reflex de la marque : texture du boitier, granuleuse, comme celles des reflex ; deux molettes pour les réglages, une à l’avant et l’autre à l’arrière ; un processeur Digit 4 plus rapide et plus sensible ; disposition des molettes de réglages et disposition des menus, clairs et simples à consulter.

Si on pouvait lui reprocher un viseur un peu riquiqui, il a au moins le mérite d’être là et à 100% de la visée. Ce n’est pas encore un viseur électronique mais un qui suit les mouvements de l’optique, en temps réel.

Les videos ci-dessous vous présentent les différentes fonctions, je ne vais pas m’étendre dessus. Juste vous dire que ces appareils sont de formidables bloc-note encore de nos jours, voire même d’excellents appareils sur qui ont peu compter en voyage.

Celui-ci a appartenu à Jean Meurise, infatigable globe-trotter, avec qui il a bourlingué en Inde, au Pakistan, en Afghanistan, sans se plaindre.

Pour avoir utilisé un G9, en complément alors d’un Canon 40D, lors de sorties plus discrètes, je confirme que c’est là un duo de choc : un Powershot G et un reflex.

Sa grande force, c’est sa capacité à monter en sensibilité sans perdre trop de détails : idéal pour des images tout terrain, passant de l’éclat du soleil à l’ombre des musées ou des ruines. Jusqu’à 1600Iso, le grain reste bien contenu.

Des compléments optiques ont été prévus, comme cet astucieux complément Fish Eye et Macro de la marque Gloxy ou ce Canon TC-DC58D 58mm 1.4x Teleconverter Lens pour offrir un téléobjectif de presque 200mm au Powershot.

Sa batterie bien chargée autorise au moins 350 vues, dont la moitié avec flash (soit plus de 400 photos sans flash). Et en écrivant sur le flash, on peut adjoindre un flash externe sur la griffe porte accessoire du boitier (ceux de la gamme EX sont compatibles).

Ce n’est pas un appareil léger (400gr) mais on le sent bien en mains et il tient dans toutes les grandes poches et, mieux, dans les petits sacs à dos que l’on traine en ville.

2. Le P7100.

Il est l’équivalant de son concurrent, avec la touche Nikon bien évidemment.

Très bien construit aussi, il possède les mêmes atouts et les mêmes commandes mais disposées façon Nikon bien évidemment.

Cette itération remplace le P7000 en lui apportant, comme il se doit, des petites améliorations utiles, comme un écran mais qui ne bouge que de haut en bas, pas dans toutes les directions. Il faudra faire un peu plus d’exercice pour les cadrages acrobatiques. Il est un fifrelin plus grand que celui du Canon et surtout mieux défini (921.000 px contre 460.000px).

Son objectif est plus long que celui du Canon puisqu’il est l’équivalant d’un 28 – 200mm. Son ouverture est un peu moins flatteuse mais loin d’être ridicule (f2,8 – 5,6). Et lui aussi pouvait être équipé de compléments optiques, comme son homologue.

Son viseur est de la même eau que celui de son concurrent : un peu étriqué mais couvrant 100% de la scène.

Il est capable d’accepter les flashs dédiés aux reflex de la marque et il en possède un, qui ici, sort comme un beau diable de son emplacement.

Les différents modes scènes et la célèbre roue PASM est bien évidemment présente, un peu différemment que son concurrent.

Deux roues sont implantées devant et derrière le boitier pour les réglages fins et rapides, seule leurs dispositions est différentes, comme il se doit.

Les habitués de la marque ne seront pas non plus dépaysés avec les commandes et le menu, proches eux aussi des reflex.

Que penser de ces deux appareils ?

Vous l’aurez compris, difficile de départager ces deux boitiers.

Et lorsqu’on les met côte à côte, il est difficile de les distinguer tant ils sont proches dans leur conception.

Intrinsèquement, les petites différences de l’un et de l’autre ne permettent pas vraiment de les départager et on avance vers un beau match nul que seuls les aficionados de l’une ou l’autre marque remettront en question.

Ceci étant, 15 ans après leur sortie ces deux boitiers tiennent toujours la route, quand bien même leurs capteurs n’offrent que 10,1Mpx. La qualité de leur image reste très bonne et, surtout, la qualité de leur fabrication a rarement été égalée, même dans les productions récentes.

Est-il dés lors toujours intéressant d’en acheter un ? Pour ma part, je réponds un beau oui franc (puisque j’ai racheté celui de Jean) car j’ai ce qui me manque dans les nouveaux produits : un châssis à l’épreuve du temps, une très bonne qualité d’image, des écrans orientables et – surtout – un vrai viseur interne.

Le prix d’un Canon G12 se négocie autour des 250€ et celui du Nikon P7100 aussi, pour peu qu’ils soient avec une bonne batterie et leur chargeur. Ça vous laisse un peu de sous pour acheter un bon petit sac de balade.

Vidéos d’illustration.

Données techniques.

Pour les appareils numériques, la liste est toujours aussi longue et indigeste.

Je vous renvoie donc aux articles citées ci-dessous, qui ont résumé (eux aussi) ça pour vous.

Mettons juste ce qui oppose ou réunit ces 2 appareils :

  • ils ont tous deux un capteur CCD de 1/17″ de 10Mpx
  • ils ont tous les deux un viseur plutôt étriqué mais qui a le mérite d’exister et d’aider lorsque le soleil brille
  • le capteur du Canon est stabilisé, tout comme celui du Nikon (principe VR = Vibration Reduction, par déplacement des lentilles.
  • le Canon propose un écran de 7,5cm mais de seulement 460.000 pixels alors que l’écran du Nikon, un rien plus grand (7.6cm) propose 921.000 px. Ils sont tous les deux en 4/3 ; pour tous les deux, les écrans sont inclinables et non tactiles
  • les objectifs diffèrent aussi : 28 -200mm (x7) pour le Nikon, qui ouvre de f2,8 à 5,6 (diamètre de 38m), tandis que le Canon donne un 28 -140mm (x5), qui ouvre de f2,8 à 4,5 (diamètre de 39mm)
  • les sensibilités se tiennent dans un mouchoir : de 80 à 3200Iso (extensible à 6400) pour le Nikon contre 100 à 3200Iso pour le Canon
  • le Canon supporte très bien de monter jusqu’à 1600Iso sans dégradation notable des images, alors que le Nikon peine au delà des 800Iso
  • tous les deux sont superbement construit, fait pour durer, bien organisés (selon la marque et ses habitudes)
  • fichiers RAW et JPEG pour tous les deux
  • le Canon propose 370 photos avec une charge de batterie contre 350 pour le Nikon
  • le Canon utilise une Compact Flash pour les images alors que le Nikon les enregistre sur une carte SD

Des références.

https://monappareilphotopro.fr/canon-powershot-g12-avis/, https://www.lesnumeriques.com/appareil-photo-numerique/canon-powershot-g12-p9931/test.html, https://www.lesnumeriques.com/appareil-photo-numerique/nikon-coolpix-p7100-p11957/test.html, https://monappareilphotopro.fr/nikon-coolpix-p7100-avis/, https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon_Coolpix_P7000, https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikon_Coolpix_P7100, https://fr.wikipedia.org/wiki/Canon_PowerShot_G12 en français : http://www.photographyreview.com/reviews/canon-g12-vs-nikon-p7100, en anglais