Argentique

Les plus beaux télémétriques à objectifs fixes (à mon humble avis)

Si vous me suivez régulièrement, vous savez que j’ai beaucoup hésité entre des télémétriques à objectifs fixes et ceux à objectifs interchangeables … pour finalement (presque) toujours utiliser la même focale à savoir le 28 ou le 35mm parce qu’elles permettent de bien utiliser le zone focus en photo de rue.

Mais la distance focale, c’est une habitude à prendre, ou plutôt à trouver. Ainsi lorsque j’utilisais les Yashica Electro 35 ou le Canonet 17, je m’étais habitué au 40 – 45mm, finalement très proches de la vision humaine.

Et j’avoue que dans cette gamme d’appareils, vous aurez le choix et ils sont, pour la plupart, toujours fonctionnels sans trop d’interventions.

Voici le Top 3 de ceux que j’ai utilisé et apprécié :

Le Canonet QL 17 G III est un superbe appareil, sorti en 1972, surtout si vous arrivez à le trouver en livrée noire, à mon avis la plus belle mais aussi – sorry – la plus chère (comptez environ 200€). Pas de difficultés au niveau des piles, quoique si vous utilisez la LR44 à tout faire, il faut compenser en sous exposant un peu ou alors utiliser la WeinCell MRB 625 qui respecte le voltage initial. Juste vérifier l’état des mousses qui ont tendances à se laisser aller, mais l’intervention est super simple à faire. A part ça, un appareil facile à prendre en mains, avec un objectif de légende : un 40mm ouvrant à f1,7 qui permet de travailler même en début de soirée, à main levée. Déclencheur discret, assistance à la mise au point (le petit ergot sur le fut de l’objectif), un chargement de film simplifié (le QL pour quick load), un viseur clair et collimaté, une position automatique fiable … et vous voilà parti baguenauder dans la Ville

Le Yashica Electro 35 GTN, qui aurait mérité un exæquo avec le Canonet si je n’étais pas si attaché à cette marque. Et en plus, c’est avec un Yashica que j’ai ouvert ma découverte de ces magnifiques appareils : un Electro 35 GTN noir – comme il se doit ! Même dans cette couleur, il est plus abordable que le Canonet : comptez environ 150€ pour un bel exemplaire. Lui aussi est sorti au début des années septante. Sa particularité est d’avoir des contacts dorés à l’or fin, ce qui assure une meilleure longévité de ceux-ci est une meilleure connectivité. Un objectif fabuleux de 45mm ouvrant lui aussi à f1,7 pour vous offrir les mêmes fantaisies que le Canonet. Pour les piles, là aussi la sempiternelle LR44 fera l’affaire et l’appareil accepte mieux la sensible différence de voltage. Vérifiez les mousses aussi mais l’opération est toujours facile à faire. Certains auteurs font mention d’un souci avec un amortisseur en caoutchouc qui poserait problème. Honnêtement, et j’en ai eu plusieurs entre les mains, je n’ai jamais eu le moindre soucis à ce niveau là. Mêmes remarques que précédemment au niveau déclencheur, viseur, position automatique, … Un must lui aussi

Le Konica C35 automatic, lui aussi apparu en 1972. Il est un peu plus petit que les deux précédents et un peu simplifié mais pour le confort du photographe qui cherche justement un appareil facile et rapide à mettre en œuvre. Un magnifique objectif de 38mm ouvrant à f2,8, un automatisme qui fonctionne super bien (cellule précise), un déclencheur sensible et discret, une taille contenue, un chargement facile : il ne lui manque rien. Il existe aussi en noir, toujours plus cher mais, personnellement, pour celui -ci, je trouve que le bis-tons lui va bien. Comptez entre 80 et 100€ pour un bel exemplaire. Ici aussi, au niveau pile, la bonne vieille LR44 fait l’affaire. Vérifier les mousses (histoire connue) et prévoir un bouchon d’objectif car la cellule est toujours sur ON, ce qui décharge la pile. Un film dans la chambre et vous voilà parti bien équipé pour la Street.

Voilà, ça c’est mon trio de tête, mais il y a de beaux outsiders :

Le Canonet QL 19 G III, qui est exactement le même que le 17 si ce n’est son objectif qui ouvre à f1,9 (les numéros reprennent, vous l’avez compris, les focales). Généralement boudé au profit de son grand frère, il est pourtant tout aussi excellent. Si vous mettez un film rapide dedans, vous compenserez la différence d’ouverture en basse lumière. Il se trouve entre 50 et 100€. Une très belle affaire.

Le Yashica Electro 35 GSN, qui est exactement le même que le GTN si ce n’est que le second nommé est considéré comme Pro parce que livré d’office en noir ! Vous aurez donc le même objectif 45mm ouvrant à f1,7, le même mode programme, les mêmes sensations au déclenchement … mais vous devriez le payer autour des 50 à 60€. Une autre bonne affaire.

Le Minolta Hi-Matic 7s, malheureusement, j’ai possédé cet appareil avant de commencer à bâtir le site et je l’ai revendu pour acheter le Yashica dont question plus haut. C’est aussi un superbe appareil avec un objectif magnifique de 45mm ouvrant à f1,8, avec position automatique. Il est lui aussi sensible au voltage de la pile, il vaut mieux utiliser une WeinCell MRB 625. Je pouvais lui reprocher un objectif un peu moins maniable que les Canon ou Yashica et surtout un déclencheur avec une longue course, déroutante mais néanmoins très discret. Un très bel appareil aussi tout métallique. Il se négocie souvent autour des 60€ car moins recherché.

Les nouveautés en un lieu

1970 – 1990 où comment perdre en qualité sur vingt ans !

Drôle de constat, non ?

Alors que l’électronique aurait dû aider à l’amélioration de la qualité des appareils, force est de constater qu’il n’est est rien.

Je m’explique : dans les années septante (nos amis français traduiront en soixante-dix), la grande majorité des appareils que l’on pourrait qualifier de compact bénéficient en général d’objectifs de grande qualité.

Je citerai, par exemple, les Yashica Electro 35 avec leur 45mm ouvrant à f1,7, comme les Canonet QL 17 (40mm f1,7) ou même QL 19 (40mm f1,9), les Minolta Hi-Matic 7 (45mm f1,8), Hi-Matic 9 (45mm f1,7).

Au pire, les marques nous proposaient des appareils avec des optiques autour des 40mm ouvrant à f2,8. Le Konica C35 (38mm f2,8), l’Olympus Trip 35 (40mm f2,8), le,Rollei 35 (40mm f2,8), le Yashica Electro MC (40mm f2,8), le Minolta Hi-Matic F (38mm f2,7), le New Canonet 28 (40mm f2,8).

Ces listes ne sont pas exhaustives, j’ai noté les plus connus et ceux que j’ai eu en mains.

Ce sont des télémétriques à objectifs fixes, certains avec des cellules au sélénium, certains dit automatiques au sens où il y a une position A qui automatise les réglages de l’ouverture, décidée par l’appareil, mais qui savent redevenir manuels.

Ces appareils sont presque entièrement en métal, le plastique n’ayant pas encore tout remplacé. Gage de solidité car ces appareils fonctionnent pour la plupart encore comme au premier jour, sans grande intervention. Seules les piles, autrefois au mercure, pourraient poser problème mais il existe toujours des alternatives modernes et quelques bricolages peuvent s’avérer nécessaires, sans être rédhibitoires.

Et puis la technologie avance et quelques marques nous proposent les premiers appareils autofocus (vous en trouverez quelques uns sur le site) comme le Konica C 35 AF (38mm f2,8), le Canon AF 35MII (38mm f2,8), le Fujica DL 100 (38mm f2,8). Nous sommes à la fin des années septante, début quatre-vingt.

Si nous gardons des objectifs de qualité, le plastique a tout envahi. Avouons que ce sont des plastiques solides car pour la plupart, ils fonctionnent eux aussi toujours sans trop de bobos …

Mais là où il pouvait y avoir une bosse, sans conséquence sur le fonctionnement de l’appareil, il y a maintenant des fissures et l’étanchéité à la lumière peut rapidement être compromise.

Modernité oblige, ils sont tout automatique sans plus de possibilité de revenir en manuel. Leur moteur n’est pas toujours discret mais il charge la pellicule, arme le déclencheur, avance le film et rembobine celui-ci au terme. Les réactions des autofocus se comptent en millisecondes, par encore en nanosecondes. Ils sont cependant précis même s’ils ne permettent pas (encore) le pré focus (ou alors moyennant quelques manipulations) pour les sujet décentralisés.

Un sursaut, le dernier, au milieu des années quatre-vingt, nous propose des appareils plus compacts, tout automatique, tout motorisé, avec autofocus, en plastique mais avec de très bonnes optiques.

Citons, par exemple le Canon MC (35mm f2,8), l’Olympus AF-1 (35mm f2,8), le Ricoh FF-70 (35mm f2,8) pour les hauts de gamme.

Mais un entrée de gamme comme l’Olympus Trip AF MD n’hérite plus que d’un 35mm ouvrant à f3,8. Ça n’en fait pas un mauvais appareil, mais nous quittons l’excellence de ses ainés.

Petite anecdote à ce sujet : l’excellent objectif de l’Olympus Trip 35 s’est retrouvé ensuite dans le XA, puis dans le F-1 mais plus dans le Trip AF MD.

Et enfin, arrivent les années nonante, avec leur lot de compacts « modernes » : ils sont tout plastique, tout automatique, tout motorisé, les cellules sont encore plus précises, les autofocus plus rapides et précis, permettant la mise au point sur un sujet décentralisé avec mémoire de ce point (appuis à mi-course du déclencheur).

Et grande nouveauté, certains se dotent de zoom raisonnables, généralement autour de 35 – 70mm.

Mais la qualité de leur objectif n’a plus rien à voir avec celle de leur glorieux aînés : un Canon Prima Twin S fait presque figure d’exception avec son 35 mm à f3,8 (le 70mm est à f6). L’OLympus Espio 738G n’ouvre plus son 38mm qu’à f4,8 et son 70mm à f8,5. Le Canon Prima Zoom shot lui emboite le pas avec un 35mm à f4,5 et un 60mm à f6,7. Le Minolta AF35 C (sans zoom) a un 35mm ouvrant à f4,5. Le Fuji DL-500 Mini Wide qui offre un 28mm et un 45mm ouvre respectivement à f3,5 et f4,5.

Qu’est ce qui peut bien justifier cette dégradation de la qualité des objectifs au fil du temps ?

Tout d’abord la réduction des coûts que permettent ces appareils, fabriqués en très grande série, relativement plus abordables que leurs aînés et que l’on n’hésite plus à changer rapidement.

Ensuite, pour compenser un peu, la sensibilité des films, qui permet de se sortir des mauvaises situations en jouant sur les ISO.

Mais, clairement, alors que nous aurions pu espérer un cumul des avantages de l’autofocus, des cellules plus précises, des automatismes, ces appareils peuvent décevoir par la qualité, en retrait, de leurs optiques.

Toutefois, soyons de bons comptes, je vous les recommande toujours pour partir dans des endroits difficiles car au prix qu’ils coutent actuellement vous ne trouverez pas mieux et s’ils sont en retrait de leurs aînés, ils ne sont pas absolument mauvais.

Bien meilleurs en tout cas que les jetables que l’on vous propose parfois en alternative. Pour mémoire, leur objectif est souvent en plastique, autour des 35mm et ouvrant à …. f11 ! Sans ces petites aides utiles que sont l’autofocus et, éventuellement, un petit zoom, ni les automatismes pratiques.

Maintenant, à vous de voir quelles sont vos priorités avant de passer à l’achat.

Chaque époque a ses avantages et ses inconvénients, qui sont autant de plaisirs de la découverte.

Bonnes photos.

Mes appareils et leurs accessoires

Pour la photo de rue (évolution septembre 2020)

Hé oui, le propre d’un curieux est de tester quelques appareils tant pour partager ses découvertes – même si mes analyses sont éminemment subjectives – que pour faire évoluer son propre matériel.

Après quelques remises en question, j’ai revu mon matériel, pour toutes les disciplines que j’essaie de couvrir.

Et donc, pour la photo de rue aussi.

Mais avant de vous présenter ce matériel, reprenons peut-être les grandes lignes des besoins communément admis pour cette pratique.

  • l’appareil doit être très portable
  • il doit être rapide à mettre en œuvre et /ou en sortie de vieille
  • il doit être silencieux
  • son autofocus doit être performant, même en basse lumière
  • avec objectifs interchangeables ou fixes mais idéalement avec un grand angle ou un 50mm
  • il doit avoir une bonne autonomie, ou vous êtes prêt à investir dans des batteries

Ça, c’est la théorie … car en pratique, chacun fait comme il en a envie : certains font de la photo de rue avec un réflex, d’autres avec un télémétrique argentique, d’autres avec des compacts argentiques, ou numériques – hybrides ou APS-C, quelques uns photographient au téléobjectif, d’autres avec un 28mm !

Mettons nous d’accord. Le plus important est de connaître votre appareil et de vous sentir bien avec lui. Quelle est votre pratique ? le travail proche du sujet ? Optez pour un grand angle (35 ou 28mm). Vous aimez garder une distance équivalente à la vue humaine ? Travaillez avec un 50mm (ou un 45mm). Vous préférez voir de loin et saisir à la volée . Prenez un téléobjectif (bon, pas un 500mm quand même).

Ensuite, que vous soyez orienté argentique ou numérique, c’est une question de goût personnel, ou de curiosité.

Et donc, personnellement, j’ai fixé mes choix sur :

  • en numérique : un Lumix DMC-GX80, un capteur 4/3 petit, performant, qui tient dans la main, réagit vite et sort de veille sans délai, absolument silencieux, que j’ai équipé d’un Lumix 14 mm f2,5 (soit un équivalent 28 mm en 24×36) pancake (très compact), . Il faut juste penser à acheter au moins une batterie supplémentaire. J’aime bien son viseur télémétrique, dans la tradition de ce type d’appareil car on peut viser avec les deux yeux ouverts si besoin. Si je devais le faire évoluer, je passerais au Lumix GX9. Ses menus sont moins compliqués que chez Sony mais moins simples que chez Canon, pour moi encore et toujours les meilleurs dans ce domaine.
  • en argentique : bon j’avoue, j’hésite encore entre mon Canon QL 17 G III, le Ricoh R1 et le Leica M5

Pourquoi hésiter entre ces trois là ?

Le Ricoh R1 est le plus moderne et est doté d’un autofocus performant. Avec son 30mm ouvert à f1:3,5, il correspond à la distance que j’apprécie. Et surtout, il est tellement fin que je peux le mettre dans n’importe quelle poche, sac, boîte à gants, … partout quoi ! Je pourrais lui reprocher son viseur, situé au milieu de l’appareil, alors que j’aime mieux un viseur décalé vers la gauche de l’appareil (télémétrique), ce qui permet de garder, dans certaines circonstances, les deux yeux ouverts, pour éviter les importuns dans le champ.

Le Canon QL 17 G III, en version noire (la plus rare), c’est une partie d’histoire du télémétrique abordable et performant des années septante. Comme les Yashica Electro 35 GSN, c’est une magnifique machine, un bel objet que l’on aime manipuler. Et solide, car il fonctionne toujours, à plus de quarante ans ! Ensuite, il est doté d’un objectif de légende, un 45mm qui ouvre à f:1,7. A l’époque, il était comparé au f2 du Leica CL, c’est dire. Nous pourrions lui reprocher son objectif fixe, mais comme je l’ai déjà écris par ailleurs, en photo de rue, quand on s’est habitué à une focale, on la change rarement. Elle celle-ci est très proche de la vision humaine. De plus, ce superbe objectif permet sans soucis d’utiliser le principe du zone focus (pré déterminer la distance de mise au point) grâce à son échelle des distances, gravée sur le fut. Il a besoin d’une pile mais peut fonctionner sans. Son mode automatique est sans faille.

Le Leica M5, en version noire, que j’aime bien parce que c’est un Leica avec toutes les qualités de la marque mais que les Leicaistes boudent ! Pourtant, il a beaucoup de qualités : sa cellule, précise; la molette des vitesses qui dépasse un peu du capot et permet de modifier les réglage du bout de l’index, sans quitter le viseur des yeux; le rappel de la vitesse choisie dans le viseur; un viseur et un patch très lisible; un parc optique d’exception, qui permet d’essayer des objectifs d’autres marques (moyennant des bagues d’adaptation parfois) pour éviter les coûts astronomiques de l’enseigne rouge. Par contre, ce qui m’énerve, c’est le chargement par la semelle et sur mon exemplaire, les deux passants de lanière qui ne sont que d’un côté (tenue verticale de l’appareil). Sinon, qualité des images certaines dans quasi toutes les situations.

Voilà … selon l’humeur du moment, j’ai donc toujours dans mon sac le Lumix GX80 et l’un des trois autres avec moi.

Si je dois alimenter rapidement mes sites, j’utilise principalement le Lumix. Si j’ai le temps, j’alterne les prises de vue avec l’un ou l’autre, sachant que pour les argentiques, je devrai déposer le film, attendre le développement et le scan pour pouvoir exploiter les photos.

Si vous avez eu la curiosité d’aller voir la rubrique les Incontournables, vous y avez découvert quelques titres de livres qui parlent de la pratique de la photo de rue. Et je vous encourage à les parcourir si vous hésitez encore dans le choix de votre matériel.

Il me reste à vous souhaiter de bonnes sorties et à prendre beaucoup de plaisir à photographier la vie du dehors …

Le Zinc du photographe

Récapitulatif de mes appareils (novembre 2020)

Le récapitulatif que je vous présente ici est celui des appareils que j’utilise vraiment régulièrement.

J’ai encore quelques pépites dans mes armoires, que je sors au fur et à mesure de mes envies d’essais, tests et autres comparaisons, toujours très subjectives, mais c’est plus pour le plaisir de découvrir ces quelques belles machines – et pourtant je ne suis pas collectionneur, je vous assure !

Donc, ceux que je vous présente ici sont mes appareils de « tous les jours ».

En photo de rue :

  • Lumix GX9 + 14 mm f1:2,5 (28mm en 24×36)
  • Leica M5
  • Ricoh R1 (argentique) focale fixe 30 mm f1:3,5

En photo de paysage, urbaine, portrait :

  • Canon Eos 6D
  • Canon 7D
  • Canon Eos 30 (argentique)

Avec ces trois Canon Eos, des objectifs de la marque :

  • EF 17 – 40 mm f1:4 série L,
  • EF 24 – 70 mm f1:2,8 constant série L,
  • EF 70 – 200 mm f1:4 série L,
  • EF 70 – 300 f1:4 -5,6 IS USM
  • EF 28 – 80 f1:3,5 – 5,6 autofocus
  • et un doubleur de focale Kenko (x2)

Pour les autres :

  • Mamya 645 Super (argentique) 4,5×6
  • Kodak Classic Smile (instantané) 89x108mm ZeroInk

Parfois je me dis que ce qui est fatiguant c’est de penser à ces appareils électroniques dont je sais que les jours sont comptés. Parce que les obturateurs ont été prévus pour X milliers de déclenchements et puis … on ne sait pas, sauf à – peut-être – devoir passer par le SAV, pour autant que le coût de la réparation ne dépasse pas la valeur de l’appareil et/ou que les pièces soient encore disponibles.

Avec les anciens appareils argentiques la question se pose sous une autre forme : jusqu’à quand fabriquera t’on encore les pellicules pour les alimenter ? Au rythme ou certaines disparaissent, ça fait peur.

Jamais je pense, depuis l’invention de la photographie, les industriels n’ont aussi bien orchestré l’obsolescence programmée de leurs appareils, obligeant à toujours faire « évoluer » son parc, pas seulement pour rester au goût du jour mais tout simplement pour pouvoir continuer à photographier.

A l’époque de l’argentique, ne nous leurrons pas, la bataille marketing faisait aussi rage et les nouveaux produits sortaient aussi régulièrement, mais pas au rythme d’aujourd’hui (Canon aura attendu 10 ans avant de remplacer son fleuron, le F-1 p. ex.). Et il n’était pas rare qu’un photographe garde son appareil dix, vingt ans sans que ses photos n’en pâtissent. Les réglages étaient toujours liés au triangle de l’exposition, point barre ! Mais il savait s’en servir et comprendre la lumière, plutôt que les 500 pages de réglages des appareils « modernes ».

Le Zinc du photographe

Leica M5

Je vous ai déjà présenté le Leica M5 dans la rubrique « télémétrique » (petit comparatif très subjectif…).

Si j’en parle à nouveau (enfin, façon d’écrire !) c’est qu’il rejoins mes appareils pour la photo de rue, en tout cas pour l’instant car je vais le mettre « en compétition » avec le Leica M6.

Pourquoi les opposer ? Le Leica M5 a été le premier de la marque à intégrer une cellule, fiable, mais en 1973 l’électronique n’avait pas encore atteint le degré de miniaturisation que nous connaissons de nos jours. Ce qui imposa un choix douloureux aux ingénieurs de Wetzlar car le M5 rompait avec la tradition du M3, petit, (relativement) léger : il est plus grand d’environ 1,5cm partout, ce qui est conséquent. Mais il fut pensé dans la bonne tradition de la marque, pour durer, malgré un haut degré de sophistication. Et, même si ce n’est pas ce qui saute immédiatement aux yeux, avec une certaine réflexion au niveau de l’ergonomie de l’appareil.

Un exemple ? Cette idée bizarre de mettre deux attaches de portage sur un seul côté de l’appareil, qui le fait pendre verticalement. Hé bien, aussi étrange que cela paraisse, ça permet une préhension rapide et presque naturelle de l’appareil. C’est juste que c’est perturbant, au début. Un second exemple ? La roue des vitesses qui dépasse très légèrement du capot, ce qui permet de changer celles-ci du bout de l’index, sans quitter le viseur de l’œil (les infos apparaissant dans ledit viseur).

Comme je l’écrivais lors de ma première sortie avec le M5, je l’ai trouvé très agréable à manipuler, mais je n’en ai pas encore vu le résultat, n’ayant toujours pas pu faire développer la pellicule (fichu confinement !).

Pourquoi l’opposer au Leica M6 ? Parce que celui-là, né dans les années ’80, a su concilier la taille du M3 et l’électronique de la cellule embarquée, en ajoutant au passage un cadre pour le 28mm (pour mémoire, le M5 a les cadres du 35 – 50 – 90 – 135 mm dans le viseur). Ensuite, la nouvelle conception de la cellule lui permet de nouveau d’accepter toutes les optiques M, ce qui n’est pas le cas avec le M5 (la cellule étant montée sur un bras escamotable, les objectifs avec un fût entrant dans la chambre sont prohibés ou il faut installer des « bricolages » ridicules – cf. en bas de page les références de l’excellent site Summilux ). Il concilie donc la technologie inaugurée avec le M5 et le ratio poids/encombrement du M3.

Je ne l’ai pas encore essayé, faute de temps et surtout parce que je sais qu’il me faudra encore un temps incertain pour pouvoir faire développer les films.

Et donc, l’un ou l’autre rejoindra « mes appareils », ceux que je vais réellement utiliser et qui deviennent mes compagnons de photographie.

Au delà, il me faudra encore faire d’autres choix car, comme je l’ai déjà écris, je ne suis pas collectionneur et les appareils que je possède, je les utilise.

Je devrais donc faire un choix, final, entre un des 2 Leica, le Canon P et le Canonet QL 17 GIII.

Tiens, je vais peut-être inaugurer une rubrique « à vendre », qui sait ?

Comme d’habitude, pour en savoir plus sur le Leica M5 http://summilux.net/materiel/Leica-M5 et sur le Leica M6, que je vous présenterai ultérieurement, http://summilux.net/materiel/Leica-M6.

Argentique

Les Yashica Electro 35

Quelques lectures sur les plus beaux télémétriques anciens ont attiré ma curiosité vers les Yashica Electro 35.

Comme d’habitude, les bonnes adresses sont en bas de page.

Et donc, je me suis laissé tenter par un Electro 35 GSN, en premier. Fabuleuse machine des années ’70 avec, là aussi, un objectif magique de 45 mm ouvrant à f1:1,7. Une visée claire, facile à régler, un déclencheur très discret.

Ensuite, je suis passé à l’Elecro 35 GT, en noir. Petite anecdote de ces années-là : le noir passait pour faire professionnel. Outre ce petit clin d’œil, en noir, les Electro 35 sont magnifiques.

Puis, pour faire la balance, j’ai trouvé un Electro 35 GTN, l’équivalent du GSN, mais en mode « pro ». Du plaisir tout simple et un fabuleux moyen de communication en Street Photography.

Quant vous prenez quelqu’un en photo, et qu’il s’en aperçoit, (presque) à tous les coups, c’est l’occasion de parler souvenirs et photos à l’ancienne, au point qu’il en oublie ensuite d’avoir été mis en boîte.

Enfin, pour clôturer ma trilogie, j’ai craqué pour le petit dernier de la série : l’Electro 35 GX. Plus petit que ses prédécesseurs, toujours aussi agile et magnifique en noir, c’est un excellent appareil pour la photo de rue.

Honnêtement, c’est un plaisir de travailler avec ces appareils : lumineux, faciles à utiliser, discrets. Juste un petit travail pour trouver les piles adéquates, mais les bonnes vieilles LR 44 et CR123 font l’affaire (et un peu de bricolage sur le GX pour les faire tenir dans le logement ad hoc).

Ces appareils valent largement une marque célèbre mais inabordable. Peut on leur reprocher un objectif unique, non interchangeable ? Peut-être mais, franchement, quand vous êtes habitué à une focale, en changez-vous souvent ? Un objectif fixe, c’est un exercice de style : celui d’appréhender la juste distance (surtout en photo de rue), de maîtriser son cadre en jouant des particularités de l’optique. Et quand on peut – enfin – jongler avec ces possibilités, rare sont les fois où l’on change son caillou.

Encore un petit dernier, un Electro 35 MC, trouvé dans une brocante, mal en point : couvert de poussière avec un vilain coup sur le pourtour de l’objectif. Je le teste, il déclenche; le télémètre fonctionne. Allez, je négocie pour le plaisir et je l’emporte pour une bouchée de pain.

Rentré à la maison, je le nettoie délicatement, parviens à redresser le tour de l’objectif, trouve une pile et test : tout fonctionne parfaitement. Vraiment solide ces appareils ! Il date des années ’70 (1972) pourtant. Et comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessus, il tient dans la main.

Contrairement à ses grands frères, il est automatique avec priorité à l’ouverture. L’utilisateur sélectionne celle-ci (en fonction de la sensibilité du film et des conditions météorologiques) et l’appareil règle la vitesse d’obturation. Son automatisme n’est pas débrayable.

Vous aurez noté que les futs des objectifs portent une échelle de profondeur de champ. Rapide et pratique pour utiliser le zone focus (plage de netteté à régler préalablement). Ce qui ajoute encore à l’agrément de ces appareils.

Pour le reste, ce sont de magnifiques objets, solides, qui fonctionnent presque comme au premier jour sans grand entretien ni intervention. A essayer, vraiment, pour le plaisir.

Ici encore, je vous renvoie au site de Monsieur Suaudau, décidément une mine de renseignements, en français : http://www.suaudeau.eu/memo/pratique/tel_yas.html. Là encore, un petit tour sur le site http://35mm-compact.com/compact/yashicaelectro35gx.htm pour comprendre l’intérêt de ce petit bijou, dont un objectif de 40 mm ouvrant à f1:1,8. Et puis sur http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-1377-Yashica_Electro%2035%20GSN.html et sur https://mgroleau.com/photo/japon/yashica/yashica_electro35.html ou encore https://francoislegeait.blogspot.com/2015/11/yashica-electro-35-gt-une-occasion-en-or.html

Une idée des tailles : Yashica Electro 35 GX, au fonds, Electro 35 MC au milieu et un Canon Ixus 2 (APS) devant
Argentique

Le Canonet 19 QL GIII

N’étant pas spécialiste, je préfère vous renvoyer auprès de personnes qui ont les compétences et me borner à vous donner mes impressions, toutes subjectives, celles que l’on peut expliquer parce qu’on a eu l’appareil en mains. En bas de page, vous trouverez les adresses utiles.

Le Canonet QL 19 G3 est apparu en 1972, en remplacement du QL 19, sorti moins d’un an avant lui.

QL pour « quick load », à savoir un système tout mécanique assez génial pour charger sa pellicule sans soucis et en épargnant quelques précieuses vues : vous tirez un peu de film, jusqu’à un repère orange, vous vérifiez d’être bien au dessus des roulettes d’entrainement et … vous refermez le dos de l’appareil, armez deux ou trois fois en vérifiant la petite fenêtre au dos et si le porte bobine, à gauche, tourne, c’est bon ! Plus facile qu’un Leica M4 avec sa bobine en corolle…

Et « G III » pour grade trois, ce qui correspond à la troisième évolution du New Canonet.

Pour terminer avec les explications du nom, 19 signifie l’ouverture maximale de l’objectif (de même, vous aurez compris que le Canonet 28 ouvre à f1:2,8, le Canonet 17 ouvre à f1:1,7 … facile pour s’y retrouver !).

C’est un appareil bien équilibré, joli avec sa robe bi-tons, métal et noir (il a existé en noir, mais ils sont rares et … chers). Pas beaucoup de plastic là-dedans. Si nous le comparons au Yashica Electro 35 et Minolta Hi-Matic, de la même époque, ce n’est pas le plus grand mais vous ne pourrez pas le glisser dans une poche non plus (ce qui serait dommage, on ne le verrait pas !). D’ailleurs avec près de 620 gr, il déformerait votre poche.

Il est facile à utiliser, soit en mode tout auto, soit tout manuel. L’avantage est que la pile ne sert qu’à alimenter la cellule et donc en cas de pile usagée, vous pouvez continuer à faire des photos. C’est rassurant. Au sujet de la cellule, elle est sensible au changement de voltage (1,35 V à l’origine). Donc si vous mettez des LR 44 de 1,5 V il aura tendance à surexposer; pensez à corriger (via la sensibilité du film par exemple).

Ce Canonet QL 19 G 3 se place juste en dessous du QL 17 G 3. La seule différence de ce dernier tient dans l’optique qui est un 40mm ouvrant à f1:1,7. Mais le prix du second semble inversement proportionné à cette petite différence : en 2019, un 19 se négociait aux alentours de 50€, en parfait état, alors qu’il fallait compter entre 90€ et 100€ pour un 17 dans le même état (et je ne parle pas de la version noire du 17 qui dépasse souvent les 200€).

Donc, si vous voulez vous faire plaisir avec un bon appareil télémétrique abordable, cherchez plutôt un Canonet QL 19 G 3.

Franchement, c’était un appareil attachant. A part y mettre une nouvelle pile (une LR 44 à tout faire) et changer les mousses devenues collantes, je n’avais rien dû bricoler pour l’emporter en balade.

Juste un petit soucis : la fenêtre du télémètre était « voilée » mais ça n’empêchait pas de viser (télémètre très correct) et faire de belles photos, même par temps (très) couvert, voire en début de soirée. Grâce notamment à un objectif de 45mm assez lumineux (f1:1,9).

Cependant, je l’ai revendu (après avoir nettoyé la fenêtre de visée – très facile à faire sur ce genre d’appareil, enfin surtout grâce aux explications de ce site de référence : http://www.suaudeau.eu/memo/index.html et 35mm-compact.com/compact/canonetql17g3.htm).

Si vous voulez en savoir plus, je vous recommande les excellents sites 35mm compact (http://35mm-compact.com/compact/canonetql19.htm) et https://www.filmisundead.com/test-avis-canonet-ql-19-canon/.

En photo de paysage, portrait, urbaine

Canon Eos 5 D Mark II

En photo « généraliste », c’est un Canon Eos 5 D Mark II qui m’épaule pour exprimer ce que je ressens. Mes optiques privilégiées sont un 24 – 70 mm f1:2,8 série L constant de chez Canon et un 70 – 200 mm f1:4 (série L) de chez Canon, auxquels j’ai ajouté un 17 – 40 mm f1:4 toujours en série L. Ce n’est pas le plus léger des appareils mais il assure et me rassure.

Son viseur ne couvre que 98% du cadre ? Sa rafale ne dépasse pas 3,9 images seconde ? Sa sensibilité n’est que de 25600 ISO ? Bon, et alors ? Je l’ai payé un prix raisonnable avec moins de 40000 déclenchements. Pour avoir des caractéristiques plus « performantes », il me fallait sortir, au bas mot, 2500€. Donc, comme je ne photographie pas par nuit noire des endroits tout noirs, que je ne fais pas de photos sportives et que je connais les limites de mon cadre, il est parfait.

Du côté des avantages : il est tropicalisé, costaud (certains disent indestructible, mais je n’ai pas essayé !), très digne successeur du 5 D premier du nom, qui a ouvert la légende.

Et pour tout vous avouer, j’ai hésité à le revendre : j’avais acheté un Canon 6 D qui devait le remplacer dans mon sac, mais … il est très attachant et – petite coquetterie – il va bien avec les optiques au liseré rouge.

Ce n’est pas par snobisme que j’utilise les optiques Canon au filet rouge, mais pour leurs qualités optiques et leur solidité. Pour tout vous dire, j’avais d’abord acquis un Tamron 24 -70 f1:2,8 constant, qui faisait le job. Puis, j’ai eu l’occasion (c’est le cas de le dire puisque acheté en seconde main) d’acheter la même chose chez Canon, avec le liseré rouge et là, comme on dit, « y a pas photo » ! Tout d’abord, le silence de fonctionnement, l’onctuosité des bagues, leur tropicalisation, la qualité des images, p. ex., font toute la différence.

il y a même une échelle de profondeur, parfois bien pratique

Bref, le Canon Eos 5 D mark II est pour moi un excellent choix, même si je vous avoue que, parfois, il me semble bien lourd, d’où l’importance, comme souligné ailleurs, d’une bonne sangle et d’un bon sac.

Et finalement, j’ai racheté un troisième boitier Canon Eos, l’Eos 5D … Mark III . Je vais tester le nouveau venu pour voir qui sera le plus souvent dans le sac, avec le 24 – 70 mm f2,8. Mais je garde les deux, ils fonctionnement trop bien.

Comme je le dis souvent, même si mon premier réflex fut un Fuji ST 601, c’est avec le Canon Ftb des parents que j’ai appris et pris goût à la photo.

Je fus parfois infidèle à la marque, mais j’y reviens toujours car je n’ai pas encore trouvé mieux. Il y a une constance chez eux. Et, franchement, je commence à pouvoir en témoigner : le Canon P (1958), le Canonet 17 QL GIII (1972), le F-1 News (1981), l’Eos 30 (au début des années 2000), l’Eos 5D MII, l’Eos 5D mark III, l’Eos 6D, l’Eos 50M, le Zoemini C sont mes partenaires privilégiés.

Le Canon Eos 5 D MarkII est un appareil idéal, même s’il eut pu être plus léger. Mais vous pouvez le sortir partout, par tous les temps, il répond toujours présent. Au niveau ergonomie, la poignée aurait pu être un peu plus fine et creusée, comme l’Eos 5D Mark III, mais pour le reste, il ne lui manque rien et tout tombe sous les doigts, rapidement, presque sans plus regarder. Comme dit l’adage, « l’essayer, c’est l’adopter! »

La seule chose que l’on pourrait reprocher à ces appareils, en comparaison avec leurs aïeux, c’est qu’ils se marquent de manière moins esthétique !

Bon, écrit ainsi, ça à l’air bête, mais quand vous voyez un A-1 ou un F-1 patinés, c’est beau à voir. Alors que les nouveaux Eos, même si leur coque est composite (alliage de magnésium et « plastique » renforcé), se marquent de façon moins jolie : la couleur se perd et reste apparent le plastique gris qui est dessous, donnant air un peu « cheap » à l’ensemble, alors qu’ils sont très solides. Je crois que le gaffer va ressortir !

Tiens, ça me fait penser au malheureux photo-reporter Bill Biggart, tragiquement disparu dans l’effondrement de la seconde tour des Twin Towers, le 11 septembre 2001. Il était équipé de 3 appareils Canon, deux Eos argentiques et un Eos 30D numérique. Les sauveteurs ont retrouvé son corps et quelques effets personnels, dont les 3 appareils. Les deux argentiques, hélas, étaient éclatés et les pellicules à l’intérieur voilées. L’Eos numérique était lui fêlé de partout, toutefois Chip East, l’ami de toujours, réussit, avec mille précautions à sortir la carte et à la lire, dévoilant ainsi la toute dernière photo prise par Bill Biggart, moins de deux minutes avant son décès.

L’historie complète est à lire dans « les Héros du photojournalisme » dont les références sont dans ‘Les incontournables », les livres.

Les télémétriques

Canonet QL 17 G 3

Cet appareil est l’aboutissement de la gamme Canonet, commencée au début des années ’60.

C’est un appareil relativement compact, même s’il fait son poids (620 gr.), tout en métal, à une époque où les constructeurs fabriquaient « pour durer ».

Cet appareil date de 1972 et il sera construit à plus de 1 200 000 exemplaires (jusqu’en 1982), tant son succès fut grand. Ridiculement appelé le « Leica du pauvre », il est toujours apprécié pour ses qualités propres : silencieux, facile à charger (le QL veut dire « quick loading » ou chargement rapide – essayez de faire ça avec un Leica M4 !); objectif fixe 40 mm ouvrant à f1:1,7; automatique à priorité vitesse ou tout manuel; la cellule est une Cds qui fonctionne en mode priorité à la vitesse, avec le rappel du diaph dans le viseur par un galvanomètre; retardateur et deux prises synchro flash. Bref, du classique qui plait toujours.

C’est un bel appareil, esthétiquement. Fabriqué en livrée bis-tons noir et argent, ou tout noir, c’est un appareil – un peu comme les Yashica Electro 35 – qui traverse le temps sans vraiment se démoder. Et, ce qui ne gâte rien, il est plaisant à prendre en main, bien équilibré et facile à appréhender.

Hormis remplacer les mousses, ce qui demande un peu de temps et de patience, trouver une pile pour remplacer celle initialement prévue au mercure, vérifier que le télémètre est bien calé, il y a peu de chose à faire pour que la machine se réveille et redevienne efficace.

A propos de pile, il faut noter que la cellule est sensible au voltage. Donc si vous optez pour une LR44 à tout faire, pensez à compenser sur la sensibilité car l’appareil aura tendance à surexposer. Sinon, une pile zinc-air PX 675 fera l’affaire (avec un adaptateur), voire une WeinCell MRB 625, plus onéreuse.

Au niveau des prix, comptez de 50€ à plus de 200€ pour la version noire, plus rare (prix indicatifs en début d’année 2020). Il est évident que sur l’exemplaire à 50€ (version bi-tons), vous devrez changer les mousses et le nettoyer. Disons que pour un exemplaire en parfait état de marche, prêt à prendre vos premières photos, vous serez plutôt vers les 90€ minimum.

Je viens de recevoir mon « nouveau » Canonet QL 17 G 3 en version noire : magnifique !

Le gros avantage de cet appareil est sa visée, très claire, large et lumineuse, à la Leica M3 (si, si j’ose … j’ai les 2!). Il est silencieux, vraiment facile à charger et rapide à mettre en œuvre.

Son seul « défaut » serait son objectif fixe, un superbe 40 mm ouvrant à f1:1,7 ? Pas forcément, en général on s’habitue à une distance, notamment en photo de rue et on change peu de focale, justement parce que l’on a bien appréhendé cette distance. D’autant que 35 et 40 mm sont très proches.

Honnêtement, j’ai parfois difficile à choisir qui je vais sortir en rue !

Pour des infos plus techniques, je vous renvoie chez http://www.suaudeau.eu/memo/collection/Tlmfx/canonetg3ql17.html, jamais avare en bons conseils, http://www.collection-appareils.fr/x/html/appareil-10538-Canon_Canonet%20G-III%2017%20QL%20.html et http://35mm-compact.com/compact/canonetql17g3.htm, toujours utiles à consulter. Et j’ajoute http://benber.fr/presentation-canonet-ql17-g-iii/, qui lui aussi l’a testé et … approuvé !

Mes appareils et leurs accessoires

Pour la photo de rue

En numérique, j’utilise finalement un Canon Eos 50 M. Petit, léger, discret et tout à fait dans la veine des compacts hybrides – c’est un APS-C , il a pour moi un avantage certain : les menus de réglages ne sont pas pléthoriques, ni trop abscons, dans la (bonne) tradition des Canon qui ont écris, il est vrai, une bonne partie des pages de l’histoire de la photographie moderne (innovation, ergonomie, qualité). Il est équipé soit d’un 22 mm (équivalant à un 35 mm en 24×36), soit d’un zoom 15 – 45 mm (équivalant à un 24 – 70 mm en 24×36). Muni d’une bague d’adaptation, je peux aussi y monter mes autres objectifs EF (bon, je n’y placerai pas le 24 – 70 f1:2,8 L, on ne le verrait plus derrière !)

Et pour une fois, je peux partager les batteries de l’Eos 100 D, dont je parle un peu plus loin, avec l’Eos 50 M. Comme j’en avais acheté 2 d’avance, chaque appareil aura donc 2 batteries et je peux déjà vous dire que le 50 M les utilisera plus que le 100 D (ben oui, c’est un hybride et l’autre un réflex).

En argentique, j’utilise un télémétrique Canon P et une optique 35 mm Canon f1:2,8 en monture LTM 39mm. Cet appareil date de 1958 et il fonctionne parfaitement. Il est secondé par une cellule à main. Et ici, pas de bottin de téléphone à ingurgiter, le mode d’emploi compte 34 pages, toutes utiles !

Restons encore chez Canon , en télémétrique, car je viens d’acquérir un Canonet 17 QL G 3. En fait, j’ai toujours regretté d’avoir revendu un 19 QL G3 que j’avais acheté car c’est vraiment un chouette appareil, très silencieux, facile à charger, automatique ou tout manuel, avec un objectif de 40mm qui ouvre à f1:1,7. Objectif qui a la réputation d’égaler un certain Leica CL et son 40 mm en f1:2. Il m’a juste fallu changer les mousses (classique) et lui retrouver une pile, y mettre un film et c’est reparti.

Toutefois, une petite infidélité à Canon, car j’emmène aussi un Leica M5 ou un M6 lors de mes balades. Leur avantage est la cellule embarquée, qui facilite quand même les choses

Toujours en argentique, un petit Richo R1 traîne toujours dans ma voiture ou une poche. Avec son 30 mm ouvrant à f1:3,5 (il peut passer en 24 mm rapidement) et son autofocus, c’est un petit bijou qui tient (je dirais presque, se cache) au creux de la main et en photo de rue, il est redoutable de discrétion et d’efficacité. Une fois que vous avez bien appréhendé la distance à respecter pour capturer vos photos, c’est un jeu d’enfant. Un objectif un peu plus lumineux aurait été le must absolu !

J’ai ajouté, en ce tout début janvier 2020, un Rollei A 110. Comme son nom l’indique, il utilise de la pellicule sous forme de « cassette » au format 110. Hé oui, on en trouve toujours (voir la rubrique). A son époque, il était le petit appareil en 110 le plus cher: tout métal, il pèse plus lourd que le Ricoh (150 gr contre 185gr). Il m’a été livré complet avec son étui en cuir et son mode d’emploi multilingues. A part un panachage de LR 44 et SR 43 pour compenser la pile PX 27 (au mercure), et un film, je n’ai rien dû changer ou modifier : tout fonctionne comme au premier jour et il date de 1974. Son objectif est en Tessar Carl Zeiss de 23 mm ouvrant à f1:2,8.