Recherche rapide : Préambule – Un peu d’histoire – Présentation du Ricoh XR-S – Que penser de cet appareil ? – Vidéos d’illustration – Un peu de technique – Des références
Préambule.
Souvent le hasard fait bien les choses car ce Ricoh, cela faisait un moment que je le cherchais. En fait depuis l’article sur le Canon Prima Sol, le premier appareil photographique à fonctionner uniquement à l’énergie solaire (1995) alors que celui-ci, auquel je faisais allusion, utilisait aussi l’énergie de notre bon vieux soleil, mais pas que !
Et, mea culpa, il était resté dans ma boîte des appareils que je dois encore vous présenter, depuis un petit moment déjà.
Comble de l’ironie, c’est par un temps particulièrement gris et sombre que je vais commencer à vous le décrire.
Un peu d’histoire.
Les grands acteurs japonais de la photographie ont souvent été soit des opticiens, comme leurs homologues allemands, soit actifs dans le domaine de l’électronique avant de développer leurs activités dans la photo. Ricoh, lui, a commencé par le … papier.
L’Institut de Recherche Riken, Institut de Recherche Physique et Chimique a créé en 1927 l’entreprise Rikagaku Kogyo pour commercialiser le produit de ses recherches, notamment dans le domaine des papiers sensibilisés. En 1936, la division papier est scindée pour devenir Riken Kankoshi Co., Ltd, le précurseur de Ricoh. Sous la direction de Kiyoshi Ichimura, la société se développe bien et introduit pas mal d’innovations.
Par exemple, dans les années ’50, Ricoh est la première entreprise au Japon a introduire un système de convoyeur à bande pour la fabrication des appareils photo, ce qui augmente considérablement la capacité de production. Elle atteint 10.000 unités par mois contre moins de 1.000 unités dans l’industrie photographique plus artisanale de l’époque. Cette capacité permettait de garantir des prix plus abordables tout en gardant un seuil de qualité élevé. Un bel exemple fut la production du Ricohflex Modèle III qui sera adopté par une majorité de Japonais cherchant un bon appareil (on estime que cet appareil a atteint plus de 50% des ventes nationales à son apogée).

Ricoh reçu le prestigieux prix Okochi Memorial Prize Production en 1957 pour sa capacité de production élevée et rigoureuse.
En 1960, Ricoh inaugure sa nouvelle usine de Numazu, celle destinée à la fabrication de papier. En 1962, celle-ci s’agrandit pour installer une production intégrée de papier sensibilisé, une première mondiale.
Se voulant toujours être dans pionnier dans l’innovation, en 1960, l’entreprise lance le Ricoh Auto 35, un appareil photo automatique avec une cellule au sélénium. En 1962, il propose le Ricoh Auto Half, un demi-format entièrement automatique très compact qui possédait en plus un moteur sous forme d’un ressort, le tout dans un format guère plus grand que celui d’un paquet de cigarettes.
Le nom de Ricoh Company Ltd. devient le nom officiel de l’entreprise en 1963.
Vous aurez remarqué que je ne cites pas toutes les autres avancées de Ricoh en terme de photocopieurs, mais il y en eut un paquet. Ils furent aussi très actifs dans le domaine de l’électronique et de l’informatique. Ainsi ils proposèrent en 1971 le premier ordinateur de bureau, le Ricom 8.
Ils continuent à développer des appareils photo mais vous aurez compris que ce n’est pas leur activité de cœur business comme on dit, mais ils restent très présents et attentifs aux évolutions.
Ils ont par exemple développé leur premier appareil digital en 1995, le Ricoh DC-1.
Au niveau des appareils argentiques, nous l’avons vu, ils ont développé des TLR avec la gamme Ricohflex, des compacts télémétriques avec les Ricoh 35 ; puis des compacts très compacts avec télémètre comme le Ricoh 500G ; des reflex avec la gamme des Ricoh KR ( Ricoh KR 5) et XR avec monture K, sans oublier quelques collaborations comme avec Olympus pour le Ricoh Miraï, ou avec Nikon pour le Ricoh Singlex (mais fabriqué par Mamiya) avec monture F ou en monture M42 (Ricoh Singlex 2) ; des compacts innovants comme le FF-70, d’autres ultra fins comme le Ricoh R 1. Et ne passons pas à côté du GR, toujours d’actualité en digital de nos jours.
De fait, Ricoh Co Ltd est une entreprise très diversifiée, qui offre du matériel d’impression, des réseaux de gestion de l’information, des photocopieuses, des centraux téléphoniques, etc. Elle produit aussi des circuits LSI et d’autres composants électroniques sophistiqués.
Il est donc logique que Ricoh ait mis sa technologie au service de la photographie.
Bref, si la marque ne s’est plus trop engagée dans le domaine des boitiers photographiques, hormis donc le GR qui en est à sa quatrième itération digitale, elle a quand même toujours été parmi les entreprises innovantes. Nous allons encore le découvrir avec le réflex qui nous préoccupe aujourd’hui.
Présentation du Ricoh XR-S.
De prime abord, c’est un réflex classique, très classe dans sa robe noire, ce qui fait bien ressortir le nom du modèle, en lettres blanches et rouge, soulignées d’un trait rouge.





Puis, quand on y regarde de plus près, sur le prisme, au dessus du nom Ricoh, trois petits mots interpellent : solar battery system .
Et c’est là qu’on se rend compte que sur les deux faces du prisme il y a effectivement des mini-panneaux solaire !

Mais n’allons pas trop vite, commençons par la présentation du tout.
Sur le capot, à droite, un levier d’armement moderne ; à son côté, le compteur de vues qui revient automatiquement à zéro ; devant lui, la roue de sélection des vitesses, de 15s à 1/1000s, avec une synchro flash au 1/125s, une pose B, une position L pour lock (fermer) et une position A, pour automatique. Un minuscule petit bouton marqué d’un point vert sert à déverrouiller la roue pour changer les positions.

A gauche, une roue encercle la manivelle, utile lors du rebobinage et pour ouvrir la porte arrière de l’appareil. Cette roue a une double fonction : indexer la cellule de la sensibilité, en Asa (de 12 à 1200Asa), et permettre une correction d’exposition de -2 à +2. Le tout aussi minuscule bouton Self sert à lancer le retardateur.

Sur la face avant, sous le nom, un levier pour activer la cellule et à côté du nom, un second levier pour le contrôle de la profondeur de champ (encore rare à l’époque sur des appareils dits grand public)
Sur la droite toujours, contre le fut d’objectif, le bouton pour débloquer la monture de l’objectif en monture K.

A gauche, autour du fut de l’objectif, le bouton du dessus sert à verrouiller l’AE et, en dessous, la prise synchro pour les anciens flashs. Pour les flashs modernes, la griffe est munie d’un contact au centre pour la synchronisation.

A l’arrière, rien de spécial à part deux boutons qui raviront les Lomographistes car ils permettent de faire des surimpressions.
La semelle porte le filet pour fixer un trépied, le cache pour les piles (2LR44) et les engrenages pour la motorisation si on y ajoute un Winder. Les 2 LR44 doivent se placer le plus vers le bas dans le compartiment.

Tout est résumé ci-dessous.


Au delà de cette énumération presque à la Prévert (je n’ai pas trouvé le raton laveur !), découvrons ce qui se cache là-dessous.
D’abord que le boitier est basé sur le XR-7, sorti en 1982. Lui aussi conçu pour la baïonnette K, il possède un obturateur géré électroniquement (d’où les 2 piles de 1,5v). Il propose des vitesses identiques à celles reprises par le XR-S, l’automatisme à priorité ouverture. Le bouton à l’avant (11) permet de visualiser la vitesse choisie par l’automatisme sur le bord droit du viseur. La compensation d’exposition, le verrouillage de l’exposition (AE) sont là aussi, la surimpression itou. Tous ces éléments seront repris donc dans le XR-S.
A cette longue liste s’ajoute la technologie embarquée de l’énergie solaire : les deux cellules rechargeaient une batterie S capable de tenir 5 ans. Il sera le premier reflex à utiliser l’énergie des minis-panneaux photovoltaïques pour alimenter le circuit de mesure. En cas de manque de soleil (ou de lumière forte), voire de défaillance de la batterie S (ce qui risque d’arriver après 45 ans !), les 2 piles de 1,5v prennent le relais et désactivent le circuit solaire.
Nous avons donc un reflex moderne avec son obturateur piloté par quartz, une AE priorité à l’ouverture, et ce que vous avons découvert du XR-7, plus un viseur à cristaux liquides multi-informations.
Il y aura un modèle plus récent, le Ricoh XR Solar (1994), mais c’est un appareil photo sans lien de parenté finalement, fabriqué en Chine par Cosina, et qui ne dispose pas de l’exposition automatique.

Notez qu’il a existé aussi un XR-2s (1972) qui n’a rien à voir avec une éventuelle succession de celui-ci puisque antérieur à ce modèle.
Que penser de cet appareil ?
Vous le savez, j’aime bien les appareils noirs et je trouve celui-ci particulièrement agréable à l’oeil. Le boitier est agréable à tenir en mains, pas trop lourd et toutes les commandes tombent bien, exceptés le minuscule bouton pour engager le retardateur (Self) et l’aussi minuscule bouton à point vert pour modifier la position des vitesses.
Si les cellules solaires ne servent plus à rien car je n’ai pas la batterie S d’origine, j’ai mis deux LR44 communes dans l’appareil.
Et là vous comprendrez ma frustration car impossible de déclencher et le miroir reste bloqué en haut. Je pense que c’est une question de contact car, ayant enlevé la semelle, j’ai pu ré armer mais impossible de déclencher, alors que le retardateur émet son signal caractéristique (preuve que les piles sont bien mises et fonctionnelles). C’est dommage.
Ceci étant, si vous en trouvez un en pleine forme, préparez u billet de 50€ pour vous faire plaisir, et vous ne le regretterez pas, le boitier a des arguments à faire valoir : il est assez complet, agréable et facile à prendre en mains et, ce qui est toujours important, pour moi, il sort des sentiers archi battus en assurant des prestations dignes des autres marques de l’époque.
Et vous, vous en pensez quoi ?
Vidéos d’illustration.
Un peu de technique.
Pour le mode d’emploi multi-lingues, c’est par ICI.
- Type : reflex 35mm avec obturateur automatique à contrôle électronique du plan focal
- Obturateur : obturateur métallique à mouvement vertical à commande électronique, automatique de 16 à 1/1000s ; manuel de 16 à 1/1000s, piloté par Quartz Control (uniquement manuel) plus pose B. Verrouillages d’obturateur en position L (lock = fermé)
- Viseur : le champ de vision couvre 93 % horizontalement et verticalement ; grossissement de 0,88X (avec objectif 50mm f/1,4) ; affichage par écran LCD (Liquid Crystal Display) : compensation d’exposition – B – Manuel – surexposition et sous-exposition – indicateur de vitesse d’obturation (clignote en verrouillage AE) – avertissement batterie (quand la batterie est presque épuisée) – lumière LED prête à clignoter – numéro de stop
- Posemètre : Photodiode au silicium TTL à pleine ouverture SPD (photodiode au silicium) pour la mesure pondérée au centre
- Plage de vitesse du film : ASA 12-3200
- Réglage d’exposition : Système d’ajustement d’exposition ( + 2 – – 2, par incréments d’1/3)
- Système de verrouillage AE (mémoire)
- Retardateur automatique : délai de fonctionnement de 10 secondes ; pendant le fonctionnement, la lumière LED rouge clignote et émet un bip
- Source d’alimentation : les minis-panneaux solaires rechargent la batterie de stockage (Batterie-S, tension de sortie des cellules photovoltaïques de 3,5v)
Autres piles utilisables : deux piles SR-44 1,55V oxyde d’argent, ou deux LR-44 ; piles alcalines 1,5V
Autres fonctionnalités : Multi-exposition, levier de prévisualisation - Objectif Rikenon 50mm f2 (diam. filtre 52mm)
- Dimensions nu : 136 x 89 x 51mm
- Poids nu : 475gr
- Produit : 1981 – 1990
Des références.
https://bromurefilm.com/products/ricoh-xr-s, https://www.collection-appareils.fr/x/html/page_standard.php?id_appareil=15196, https://focusargentique.fr/appareils-photo/ricoh/, https://www.ricoh.be/fr/a-propos-de-nous/entreprise/histoire/, https://www.ricoh.com/about/history, en français ; https://kameramuseum.de/objekte/ricoh-xr-s-mit-solarzellen/, en allemand ; https://mailch.blogspot.com/2012/02/users-review-ricoh-xr-s-35-mm-film.html, https://camera-wiki.org/wiki/Ricoh_XR-S, en anglais ; https://www.ricoh-imaging.co.jp/japan/products/ricoh-filmcamera/cameralist/XR-S.html, en japonais

